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mercredi 4 décembre 2024

EN FANFARE Comédie dramatique d'Emmanuel COURCOL (FR-2024)

 

En fanfare est une comédie dramatique française réalisée par Emmanuel Courcol et sorti en 2024. Il a été présenté en avant-première au Festival de Cannes 2024.

Film vu en avant-première lors des Rencontres des Cinémas d'Europe d'Aubenas (novembre 2024). Actuellement au cinéma. 

Résumé

Thibaut (Benjamin Lavernhe) est un chef d'orchestre de renom qui dirige des orchestres dans le monde entier. Lors d’une répétition, il fait un malaise. Les médecins lui diagnostiquent une leucémie foudroyante. La seule manière de le sauver est d’obtenir d’un donneur compatible une greffe de moelle osseuse.

Lors des examens, on s’aperçoit que son ADN n’est compatible avec aucun membre de sa famille et il apprend qu’il a été adopté. Sa mère (Ludmila Mikaël), enceinte au moment de l'adoption, avait renoncé à adopter le frère biologique de Thibault qui l'avait donc été par une autre famille. Ce frère, c'est Jimmy (Pierre Lottin) qui a grandi dans milieu populaire et vit dans le nord de la France. 

La rencontre est un choc pour les deux : Thibaut, élevé dans une famille bourgeoise, est devenu un grand chef d’orchestre alors que Jimmy, adopté par Claudine (Clémence Massart-Weit) est employé dans une cantine scolaire et fréquente une fanfare où il joue du trombone. Tout semble les opposer, à part l'amour en commun de la musique.

Mon opinion

Ce film est une belle réussite. En le voyant, on ne peut s’empêcher au fameux dialogue du chef d’œuvre de Saint-Exupéry entre le Petit Prince et le renard : « Je ne peux pas jouer avec toi, dit le renard, je ne suis pas apprivoisé ». Car les deux acteurs principaux du film, Benjamin Lavernhe et Pierre Lottin, excellents l’un et l’autre, passent une bonne partie du film à « s’apprivoiser ». Et, pour notre plus grande joie, ils y parviennent. Ce qui ne gâche rien, ce sont les dialogues (Khaled Amara, Emmanuel Courcol, Oriane Bonduel, Irène Muscari et Marianne Tomersy), dont certains pourraient figurer dans une anthologie du cinéma, et la musique de Michel Petrossian, qui fait une large place à des oeuvres classiques (Mozart, Ravel, Verdi, Beethoven etc.), de negro-spirituals et de musique populaire (Aznavour), parfaitement choisie. Un feel-good movie français qui fait du bien.  

vendredi 17 mai 2024

UN P'TIT TRUC EN PLUS Comédie d'ARTUS (FR-2024)

Un p'tit truc en plus est une comédie française réalisée par Artus et sortie en 2024. Il s'agit du premier long métrage réalisé et écrit par l’humoriste.

Résumé

Quand le film commence Paulo (Artus) et son père surnommé « La Fraise » (Clovis Cornillac) sont en train de commettre un casse dans une bijouterie. Pour échapper à la police, ils montent dans un car qui emmène des handicapés en vacances dans le Vercors.

Alice (Alice Belaïdi), la responsable du centre, qui attendait un handicapé retardataire du nom de Sylvain, croit que Paulo est celui qu’elle attendait. Paulo (sous le nom de Sylvain) monte alors dans le car, accompagné par La Fraise qui se fait passer pour son accompagnateur.  À la suite d’une confusion, les pensionnaires renommeront La Fraise « Orpi ».

Arrivés sur place, Alice apprend que le propriétaire du gîte a décidé d’augmenter le loyer pour l’année suivante et qu’elle sera obligée de renoncer à y retourner alors que les pensionnaires y sont très attachés. Parallèlement, elle se débat avec un problème personnel, tiraillée entre partir avec son copain qui veut s’expatrier aux USA ou rester avec ses pensionnaires auxquels elle est très attachée. Les essais de Paulo (connu maintenant sous le nom de Sylvain) pour se faire passer pour un handicapé, s’ils trompent les encadrants, sont vite battus en brèche par les handicapés eux-mêmes. Quant à La Fraise, devenu Orpi, il accepte de jouer le rôle d’un éducateur en attendant de trouver une solution à leur cavale.

Méprisant tour d’abord pour ces handicapés, Paulo et La Fraise finissent par les apprécier. Inversement, ils sont acceptés par les pensionnaires.

Distribution

  • ·         Marc Riso : Marc
  • ·         Céline Groussard : Céline
  • ·         Gad Abecassis : Gad
  • ·         Ludovic Boul : Ludovic
  • ·         Stanislas Carmont : Alexandre
  • ·         Marie Colin : Marie
  • ·         Thibaut Conan : Thibaut
  • ·         Mayane-Sarah El Baze : Mayanne
  • ·         Théophile Leroy : Baptiste
  • ·         Arnaud Toupense : Arnaud
  • ·         Sofian Ribes : Soso
  • ·         Boris Pitoeff : Boris
  • ·         Benjamin Vandewalle : le vrai Sylvain

Mon opinion

 Ce film est peut-être une comédie sans prétention mais il fait du bien, à l’instar d’Intouchables ou de Hors normes qui traitaient, l’un, de handicap physique, l’autre de handicap mental. Mais, à la différence d’Intouchable où François Cluzet jouait (avec talent) un handicapé qu’il n’était pas ou dans de nombreux autres films par ailleurs réussis (plusieurs bons films sur l’autisme comme Le cerveau d’Hugo, Sam I am Sam, Simple ou les magnifiques Rain man et Forrest Gump , pour ne citer que ceux-là), ce sont des acteurs qui jouent le rôle de handicapés. C’est pourquoi on doit féliciter Artus d’avoir « osé » (le mot est justifié) mettre en scène de véritables handicapés avec leurs faiblesses, mais surtout à nous avoir montré leur « P’tit truc en plus », leur gentillesse, leur force, leur joie de vivre, leur sens de l’humour et… leur intelligence.

J’ai eu la surprise, moi qui vais beaucoup au cinéma, de trouver pour une fois une salle pleine, avec des spectateurs de tout âge et de toutes conditions, et nous avons tous ri aux situations cocasses et aux dialogues du film. Depuis, j’ai appris que le film avait, en 15 jours de programmation, dépassé les deux millions d’entrées, et qu’il était même en tête du box-office, loin devant des films pourtant à l’affiche depuis plus longtemps que lui.  Bravo Artus qui s’est vu refuser, pour lui et ses comédiens « handicapés » d’être habillé, comme les « stars du tapis rouge » par les grandes marques de luxe. Telerama aussi a fait la fine bouche. Gageons que tous, devant le succès public du film, changeront vite. Bravo à la région Auvergne Rhône-Alpes d'avoir aidé le film à se réaliser dans les très beaux paysages du Vercors et de St. Laurent-en-Royans. 

Je vous recommande aussi :

> Sur l'autisme

samedi 23 mars 2024

SCANDALEUSEMENT VÔTRE Comédie de Thea SHARROCK (GB-2024)

 

Scandaleusement vôtre (Titre original : Wicked Little Letters) est une comédie dramatique franco-britannique réalisée par Thea Sharrock et sortie en 2023 mais sur les écrans français seulement fin mars 2024.

Thea Sharrock est aussi la réalisatrice de l’émouvant film Avant toi (Me before you) avec Emilia Clarke et Sam Claflin, qui traite de l’euthanasie volontaire.  

Résumé

Dans les années 20, de mystérieuses et ordurières lettres anonymes sont envoyées à Edith Swan (Olivia Colman), une bigote respectée de Littlehampton, un village paisible du Sussex. Les lettres scandalisent ses parents rigides et confits en dévotion, qui accusent leur voisine, Rose Gooding (Jessie Buckley). Le seul tort de Rose est d’avoir la langue bien pendue, d’être maman célibataire d’une fillette dénommée Nancy (Alisha Weir) et vivant en concubinage avec Bill (Malachi Kirby), un musicien noir.

Le procès à charge fait par Spedding le chef de la police et son adjoint Papperwick révolte l’agent Gladys Moss (Anjana Vasan) qui, malgré l’interdiction et le mépris que lui montrent ses chefs masculins (elle est une femme et qui plus est d’origine indienne), enquête et démontre grâce à la graphologie, alors considérée comme du charlatanisme, l’innocence de Rose et la culpabilité d’Edith, seul auteur des lettres.

On a peine à croire que le film soit tiré de faits réels dont les protagonistes s’appelaient effectivement Rose Gooding, Edith Swan et Gladys Moss. Gladys a réellement existé et elle a été la première femme nommée officier de police dans le Sussex en 1919. Dans la réalité Rose Gooding a été condamnée à deux peines de prison, de deux mois et demi en 1920, et de 12 mois de travaux forcés en 1921. Comme des lettres injurieuses continuaient à circuler malgré son emprisonnement, elle fut innocentée, libérée et dédommagée. Gladys Moss, qui contrairement à ce que dépeint le film ne résidait pas à Littlehampton, y a été spécialement envoyée en août 1921 afin de surveiller les familles Gooding et Swan. Les soupçons se sont alors portés sur Edith Swan, qui a été arrêtée à la suite d'un flagrant délit. Lors d'un troisième procès en décembre 1921 elle a cependant été acquittée par le jury. Finalement en 1923, après une autre série de lettres, Edith Swan a été condamnée elle aussi a un an de travaux forcés lors d’un quatrième procès.      

Mon opinion sur ce film

Les Anglais, lorsqu’ils se décoincent, sont les champions de l’humour. J’ai rarement autant ri car les injures dont regorgent les lettres d’Edith sont d’une grande inventivité. Le film est une comédie, certes, presque une farce, mais il va bien au-delà car il dénonce le machisme, l’étroitesse d’esprit et la bigoterie qui peuvent régner dans un petit village. La fin, heureuse pour Rose, marque le triomphe des femmes sur l’obscurantisme. Quant à Edith, on comprend que c’est une victime et que sa condamnation va lui permettre de se libérer une fois pour toutes de l’emprise de son père. Jouissif !  

Un grand coup de chapeau aux acteurs : Olivia Colman (vue dans Empire of light, Barbie et Wonka), Timothy Spall (Harry Potter, Le discours d’un roi, Mr. Turner…), Jessie Buckley, Anjana Vasan.      

dimanche 21 janvier 2024

MAKING OF Comédie de Cédric KAHN (FR-2023)

 

Making of est une comédie française réalisée par Cédric Kahn, sorti en 2023.

Présentation

Simon (Denis Podalydès) est réalisateur de cinéma. Son film est inspiré du combat mené par des ouvriers pour empêcher la fermeture de leur usine et le déménagement de ses outils de production. Le making of du film doit être fait par un jeune stagiaire. Le tournage vient de débuter lorsque deux coproducteurs, accompagnés de leur avocate, convoquent une réunion au cours de laquelle ils annoncent qu’ils retireront leur participation financière au film si la fin, qui devait, dans le scenario original, se terminer de manière positive (rachat de l’usine par les ouvriers), se termine par l’échec. Or, dans la réalité, les choses se sont déroulées autrement, le tribunal ayant ordonné l’expulsion des ouvriers de l’usine et leur licenciement, Simon, pour rester en accord avec la vérité, refuse de changer la conclusion de son film.

Chacun restant sur sa position, les coproducteurs se retirent et le producteur, Marquez (Xavier Beauvois), un ami de longue date de Simon, s’engage à trouver de nouveaux financeurs. Mais il fait faux bond.         

Le tournage devient chaotique :

- le stagiaire chargé du making of s’avère incapable et est remplacé au pied levé par un des figurants, Joseph (Stefan Crepon), pizzaiolo dans le civil, qui rêve de faire du cinéma et a écrit un scénario qu’il remet à Simon ;

-  Alain (Jonathan Cohen), l'acteur principal, suggère sans cesse de nouvelles modifications au scénario afin de mettre son personnage en valeur. Il se met ainsi à dos les autres comédiens, en particulier Nadia (Souheila Jacoub) pour qui ce rôle est important ;

- Simon, quant à lui, a des problèmes dans son couple, sa femme ne supportant plus que sa famille passe au second plan après le cinéma, elle lui annonce qu’elle veut divorcer. Epuisé physiquement et moralement par tous ces conflits, Simon fait une attaque cardiaque et doit être hospitalisé.

Le tournage reprendra cependant et arrivera jusqu’au bout grâce à la mobilisation des comédiens, des bénévoles, mais aussi de Marquez qui trouvera in extremis l’argent qui manquait pour boucler les financements.

Mon opinion

Comédie, si l’on veut. Certes, il y a quelques échanges verbaux raffinés (on entend beaucoup la phrase « Vous me faites tous chier ! ») mais le fond, la liquidation d’une usine par des patrons-voyous ainsi que les difficultés d’un tournage, où le réalisateur est pris entre son désir de réussir une œuvre et les contingences matérielles (le temps, l’argent, les egos des uns et des autres…), relève plutôt du drame social. En fait, ce film est plus un documentaire sur le tournage d’un film, un « making of » qu’un film à proprement parler. Mais c’est réussi car le spectateur est en haleine de bout en bout, assistant aux passes d’arme, aux échanges parfois violents, aux rebondissements, sans en perdre une miette. On ne peut s’empêcher de penser que, même si c’est une fiction, le film est en grande partie autobiographique, tous les réalisateurs ayant sans doute peu ou prou vécu les mêmes choses. Un grand bravo à Stefan Crepon qui crève l’écran, comme il l’avait déjà fait dans le personnage de Karl dans le film de François Ozon Peter von Kant.      

jeudi 4 janvier 2024

CELIBATAIRES... OU PRESQUE Comédie de Tom GORMICAN (USA-GB 2013)

 


Célibataires… ou presque  (Titre original : That Awkward Moment), est une comédie britannico-américaine écrite et réalisée par Tom Gormican sortie en 2013. Vu à la télévision.

Résumé

Trois jeunes new yorkais sont amis et se retrouvent régulièrement pour boire une bière ou dans l’appartement de l’un d’entre eux pour une partie de jeux vidéo. Jason (Zac Efron) et son meilleur ami, Daniel (Miles Teller), travaillent pour un éditeur et sont célibataires. Jason est en permanence à la recherche d’une nouvelle aventure féminine alors que Daniel, sans être complétement puceau, a, de par son physique moins avantageux, plus de mal à conclure avec une fille. Quant à Mikey (Michael B. Jordan), qui est médecin, il était marié et heureux avec sa femme Vera (Jessica Lucas), jusqu’à ce que celle-ci lui annonce brutalement qu’elle ne l’aime plus et divorce.

Lorsque le film commence, Jason est assis sur un banc dans un parc de New York et attend le passage d’une nouvelle « proie ». En voix off, il nous explique qu'il attend depuis longtemps, mais afin d'expliquer pourquoi, il a besoin de revenir au début. Il commence par dire au public que toute relation atteint le moment décisif (traduction du titre original « That Akward Moment ») où elle se termine inéluctablement.

C’est justement ce « moment akward » où les trois copains se retrouvent célibataires. Pour consoler Mikey, sous le coup de la nouvelle de son divorce, ils se retrouvent tous les trois dans un bar à la recherche d’un coup d’un soir.

C’est alors que Jason rencontre Ellie (Imogen Poots), une fille piquante et cultivée, et lui fait des avances. Tous les deux finissent chez la fille que Jason prend pour une prostituée.

Le lendemain, à l’agence, Jason se rend compte de son erreur : Ellie est un auteur et il est chargé de proposer la couverture de son prochain livre.

Mon opinion

Je me doutais bien, au vu du scénario, que je n’allais pas voir un film inoublable. Je ne serais certainement pas allé le voir au cinéma mais l’occasion faisant le larron, je me suis dit qu’une fois en passant il ne me ferait pas de mal de voir une comédie légère. Par ailleurs j’aime bien Zac Efron dont j’ai vu quelques films assez sympathiques. Mais le fait d’entendre parler, pendant 94 minutes exclusivement de sexe sur un débit de mitraillette, finit par lasser. D’ailleurs, j’ai décroché avant la fin.  

Voyez plutôt : 

- We are your friends

- Le secret de Charlie 

mardi 25 avril 2023

LA PLUS BELLE POUR ALLER DANSER Comédie de Victoria BEDOS (FR-2023)

 


La Plus Belle pour aller danser est une comédie française réalisée par Victoria Bedos sortie en 2023.

Résumé

Dans une pension de famille pour personnes âgées tenues par son père Vincent Bison (Philippe Katherine), Marie-Luce (Brune Moulin) est une jeune fille de 14 ans timide et mal dans sa peau. Quand, à la rentrée, elle intègre un nouveau lycée, elle flashe sur Emile (Loup Pinard), qui ne la remarque pas jusqu’au moment où elle s’invite à une soirée, déguisée en garçon sous le prénom de Léo. Le mystérieux Léo devient alors la coqueluche du lycée et Emile la (le) trouve soudain à son goût. L’innocent stratagème de Marie-Luce marche trop bien et elle se retrouve prise à son propre piège, amoureuse d’un garçon qui aime les garçons.

Mon opinion

Plus sensible qu’il n’y paraît, cette sympathique comédie explore la psychologie des adolescents qui hésitent souvent sur leur sexualité. Il n’y a rien de glauque dans ce film qui est drôle dans être vulgaire et démontre combien les préjugés sont stupides. La jeune actrice est étonnante de fraîcheur et est tout aussi juste en fille qu’en garçon. Philippe Katherine incarne un papa dépassé et touchant dans ses efforts pour comprendre sa fille dont, comme beaucoup de parents, il n’a pas mesuré qu’elle est devenue une femme. Très beau rôle aussi pour Pierre Richard qui ne nous déçoit jamais. La bande son, délicieusement nostalgique, outre la chanson de Sylvie Vartan à laquelle est emprunté le titre du film, nous permet d’entendre en fond sonore des tubes des années 60.    

  

dimanche 16 avril 2023

EASY VIRTUE (UN MARIAGE DE RÊVE) comédie de Stephan ELLIOTT (GB-2008)

 


Easy virtue
(titre français : Un mariage de rêve) est, à l’origine, une pièce de théâtre à succès de Noel Coward créée en 1925. La pièce fut adaptée par Hitchcock en 1928 dans un film muet en noir et blanc. Ce film, sorti en 2008 er réalisé par Stephan Elliott en est la troisième adaptation.

Résumé

Après une longue absence, John Whittaker (Ben Barnes), revient dans sa famille qui habite un  immense manoir dans la campagne anglaise, marié à une Américaine rencontrée lors du Grand Prix automobile qu’elle disputait en tant que pilote de course. Dès son arrivée, Larita Huntington (Jessica Biel) choque par sa beauté et sa liberté de mœurs dans cette famille d’aristocrates compassés qui la considèrent comme une intrigante. Dès le premier jour, la mère de John, Veronica Whittaker (Kristin Scott Thomas), et ses deux filles, Hilda et Marion, déclarent une guerre larvée à l’intruse. Seul Jim (Colin Firth), le père de famille, qui cache sous un humour grinçant son traumatisme de la guerre de 14, et les domestiques, en particulier l’étrange majordome Furber (Kris Marshall) sont de son côté. Des recherches faites par l’une des deux sœurs auprès d’un oncle américain révèlent que Larita a menti sur son passé : elle a dit qu’elle était veuve mais elle s’est bien gardée de dire qu’elle avait « aidé » son vieux mari à passer de vie à trépas. La révélation ayant lieu juste avant le bal de Noël, son apparition jette un froid. Elle demande alors aux musiciens de jouer un tango mais John se refuse à être son cavalier. La voyant désemparée, c’est Jim qui acceptera de danser avec elle après quoi ils quitteront ensemble la propriété devant le regard médusé de la famille [la scène du tango est à voir ICI].

Mon opinion

J’avais vu, sur Youtube, un extrait de ce film représentant la scène du tango que j’avais trouvé remarquablement dansée.

Dommage qu’on n’ait pas trouvé mieux, pour traduire le savoureux titre original, Easy virtue désignant une « femme de petite vertu » ou aux mœurs légères, que cet insipide titre français

Par ailleurs, le thème de l’intrus (homme ou femme) qui a du mal à s’intégrer dans une famille d’un niveau social supérieur n’est pas d’une grande originalité mais, avec ce film, on a un bijou de méchanceté assaisonné d’humour anglais qui vaut le détour.  

En outre les acteurs, que ce soit Jessica Biel, en outsider affirmée, Ben Barnes, en fils de famille aussi veule qu’inconstant, Kristin Scott Thomas, en venimeuse garce, Colin Firth qui cache sous un cynisme de façade de profondes blessures, que Kris Marshall, le troublant majordome, sont parfaits. 

Dans le même esprit, je vous recommande :  

- Midnight in Paris

- Match point

- Le talentueux Mister Ripley

- Plein soleil 

- Awake 

  - Sa mère ou moi

- Gran hotel

- Maîtres et valets (Upstairs, downstairs)

vendredi 10 mars 2023

LES PETITES VICTOIRES Comédie de Mélanie AUFFRET (FR-2023)

 

Les Petites Victoires est une comédie française réalisée par Mélanie Auffret, sortie en 2023. Le film a été présenté au festival international du film de comédie de l'Alpe d'Huez 2023, où il a obtenu les prix spécial du Jury et le prix du public.

Présentation

Le film se déroule dans le petit village breton fictif de Kerguen. Son maire, Alice Le Guennic (Julia Piaton),  qui est aussi l’institutrice de la petite école uniclasse, est impliquée  dans la survie de son village qui se meurt peu à peu depuis la perte de son café et de sa boulangerie. Elle convainc les habitants d’ouvrir un dépôt de pain communautaire et se bat pour que son école soit maintenue malgré les menaces du rectorat.

Le trublion du village, Émile Menoux (Michel Blanc) est un sexagénaire qui se met à dos tous ses concitoyens par son comportement irascible. Il a perdu son frère voici plusieurs mois et vit désormais seul et quasiment reclus jusqu’au jour où on comprend que son attitude vient du fait qu’il ne sait pas lire. Mais, loin de se décourager, il décide d’apprendre à lire et s’invite dans la classe d’Alice. Aussi désagréable avec les enfants qu’il l’est avec les adultes, il finit cependant par s’en faire des amis et devient un soutien indéfectible d’Alice qui a souvent du mal à instaurer la discipline dans sa classe.

Les « petites victoires », commencées avec Emile, s’enchaînent alors, que ce soit avec Jeannine (Marie-Pierre Casey), Patrick (Sébastien Chassagne), etc.

Mon opinion

Ce film, qui peut n’être vu que comme une sympathique comédie, pose malgré tout la question de l’illettrisme qui touche en France plus de 7% de personnes (soit 2,5 millions) entre 18 et 65 ans. La plupart des causes de l’illettrisme remontent à l’enfance (parcours scolaire perturbé, surtout en zones rurales, enseignants incompétents, etc.)  Les personnes victimes d’illettrisme trompent leur monde en développant leur  mémoire visuelle mais, au quotidien, elles manquent d’autonomie et sont dépendantes des autres, ou se ferment peu à peu à une vie sociale normale. Michel Blanc, en vieux bougon désagréable, est parfait et fait un super-duo avec Julia Paton. Les enfants, comme toujours, sont formidables de naturel et apportent la touche de fraîcheur indispensable à ce type de film. Ils mériteraient autant d'être crédités au générique que les adultes.  

jeudi 9 mars 2023

MON CRIME comédie de François OZON (FR-2023)

 

Mon crime est une comédie française réalisée par François Ozon, sortie en 2023. Il s'agit d'une adaptation de la pièce de théâtre du même nom de Georges Berr et Louis Verneuil présentée en 1934 au Théâtre des Variétés.

Présentation

Le film se déroule en 1934, à Paris. Madeleine Verdier (Nadia Tereszkiewicz), une actrice débutante sans emploi, partage une minable chambre de bonne avec son amie Pauline Mauléon (Rebecca Marder), une jeune avocate sans clients. Lorsque le film commence, leur propriétaire M. Pistole (Franck de Lapersonne), vient leur réclamer 3000 francs de loyer en retard et menace de les jeter dehors. Pauline lui dit que Madeleine attend un contrat et lui demande quelques jours de délai. Mais, lorsque Madeleine revient, elle est en larmes car le rôle que lui a proposé  Montferrand, le producteur (Jean-Christophe Bouvet ) est celui d’une soubrette à condition qu’elle couche avec lui et a tenté de la violer. Elle s’en est libérée en le mordant et s’est enfuie de sa somptueuse villa Art Nouveau de Neuilly en courant.

Peu après son retour, l’inspecteur Brun (Régis Laspalès) vient interroger les deux jeunes femmes car on a retrouvé Montferrand tué d’une balle en pleine tête et une forte somme d’argent disparue. La dernière à l’avoir vu vivant étant Madeleine, elle est convoquée par le juge Rabusset (Fabrice Luchini) qui l’inculpe, malgré les mises en garde de son greffier, M. Trapu (Olivier Broche) qui trouve que les charges sont minces.

Or, plutôt que de se défendre, les deux amies montent un plan machiavélique : tablant sur le fait que Madeleine était en état de légitime défense, Pauline se fait fort d’obtenir son acquittement, donnant du coup un retentissement médiatique à l’affaire qui leur permettra d’être reconnues, l’une comme actrice, l’autre comme avocate.

Le pari est risqué d’autant plus que le jury, entièrement composé d’hommes (les femmes ne furent jurés qu’à partir de 1944), emmené par le procureur général Maurice Vrai (Michel Fau), peut la condamner sévèrement. Mais Pauline lui a préparé une plaidoirie digne de l’actrice qu’elle est et Madeleine ressort libre sous les applaudissements de la foule.

Dès lors, les deux amies, s’appuyant sur la presse, en l’occurrence le jeune reporter Gilbert Raton (Félix Lefebvre), qui n’a d’yeux que pour elles, deviennent la coqueluche du Tout Paris, Madeleine comme actrice, Pauline comme avocate.

Mais c’était sans compter sur la véritable criminelle Odette Chaumette (Isabelle Huppert), une ex-actrice du cinéma muet qui voudrait revenir sur le devant de la scène et leur fait du chantage. Or personne, ni les deux amies, ni la justice, n’ont intérêt à ce que l’erreur judiciaire soit reconnue et, grâce à l’intermédiaire de Palmarède (Danny Boon), un homme d’affaire haut en couleurs, M. Bonnard (André Dussollier), patron des pneus Bonnard et père d’André (Edouard Sulpice), le fiancé de Madeleine, de payer les 300000 francs exigés par Odette pour qu’elle garde le silence sur sa culpabilité.

Mon opinion

Avec Mon crime, François Ozon revient aux comédies dans lesquels il excelle comme Huit femmes ou Potiche. Sous les aspects d’un vaudeville boulevardier, il aborde dans ce film un propos plus profond, faisant de ses actrices les véritables héroïnes d’une société outrageusement masculine qu’elles tournent en dérision. Comme dans Huit femmes, qui était à l’origine, comme Mon crime, une pièce de théâtre, Isabelle Huppert révèle dans l’excès des talents comiques qu’on aimerait plus souvent la voir déployer. Je suis sorti de la séance avec le sourire aux lèvres. 

jeudi 16 février 2023

LOUIS 28 Série TV (FR-2023)

 


Série diffusée en replay sur la plateforme gratuite France.TV/Slash.

Louis 28 est une série télévisée française créée par Géraldine de Margerie et Maxime Donzel, diffusée depuis le 27 janvier 2023 sur France.TV/Slash. La 1ère saison comporte 10 épisodes de 22 minutes. 

Présentation

L’action est censée se passer à Paris, de nos jours mais, dans cette uchronie parodique, la royauté n’a pas été abolie en 1789 et c’est toujours un roi, Baudoin, qui est à la tête de la France. Lorsque celui-ci meurt avec 31 autres passagers dans le crash de son avion, le cardinal de Saint-Avit (Gilles Gaston-Dreyfus) s’empresse de trouver un prétendant au trône qu’il puisse manipuler à son aise. Son choix se porte sur le fils naturel que Baudoin a eu avec Samia (Nadia Roz), une femme d’origine marocaine, professeur de français à Melun, qui a élevé seul son fils Cédric (Nils Othenin-Girard) qui, de ce fait, va devenir Louis 28. Cédric est un lycéen très ordinaire, pas vraiment avantagé par son physique qu’il tient de son père biologique, l’un des derniers descendants des Bourbon : il est pataud, a les dents en avant et n’a pas l’air très dégourdi. Une aubaine pour Saint-Avit qui se voit déjà le manipuler tout à son aise et abolir les décrets progressistes voulus par Baudoin (légalisation de l’avortement, du mariage gay, du divorce, etc.) pour réinstaurer un « ordre moral » désuet.

C’était sans compter sur la détermination et le bon sens de Samia qui défend son fils bec et ongles contre les magouilles de la cour.

Pour cela, elle met de son côté les inséparables et redoutables La Pompa (Marie-France Alvarez) et La Vipère (Brice Michelini), ainsi que les non-moins redoutables Mme de Maintenant (Sarah Stern) et la générale borgne (Anne Loiret).

Mon opinion   

J’ai entendu présenter cette nouvelle série que l’on peut voir gratuitement sur la plateforme France.TV/Slash qui nous avait déjà régalés avec les séries Skam, Stalk, Les engagés et Parlement, sur France info. J’avoue ne pas avoir été emballé au début par le manque de glamour de Cédric, devenu presque par hasard Louis 28 mais je l’ai apprécié de plus en plus au fur et à mesure des épisodes de la série qui se termine par… une révolution. C’est drôle, irrévérencieux, ancré dans notre époque et pas mal d’allusions à la politique actuelle sur un ton persifleur et décalé sont assez jouissives.   

samedi 4 février 2023

LA FAMILLE ASADA Film de Ryota NAKANO (JPN - 2020 sorti en 2023)

 


La Famille Asada (浅田家!, Asada-ke!?) est un film japonais réalisé par Ryōta Nakano, sorti en 2020. Le scénario s'inspire de la vraie vie du photographe Masashi Asada et des albums qu'il a édités.

Présentation

Pour son 12ème anniversaire, le père de Masahshi (Ryūto Iwata) lui offre l’appareil photo, un Nikon, avec lequel, jusque là, il avait pris chaque année les photos de ses deux fils pour réaliser des cartes de vœux qu’il envoyait à sa famille et à ses amis.

A partir de là, le jeune Masahshi va être pris de « fièvre photographique » et faire des photos de sa famille, d’abord un peu réticente, en particulier son frère aîné (Satoshi Tsunabuki), sous forme de saynètes dans lesquelles il met en scène leurs désirs inassouvis : son père ayant toujours rêvé d’être pompier, il demande à son frère de convaincre le chef des pompiers de leur prêter des uniformes et un camion de pompier ; il fait de même pour son frère qui s’était rêvé en pilote de formule 1, etc.  

A l’adolescence, Masashi (Kasunari Ninomyia) quitte sa famille pour aller faire des études de photographie à Tokyio, où il est hébergé par Wakana (Haru Kuroki), son amour d’enfance, qui travaille comme vendeuse.  Après quelques mois de vache maigre, son travail finit par être reconnu quand Wakana loue pour lui une salle d’exposition et qu’il est repéré par une éditrice de livres d’art. Elle lui propose d’éditer un livre dont la publication est un échec jusqu’à ce qu’il reçoive un prestigieux prix de photographie.

Puis Masahshi se lance dans la photo de familles dans laquelle il reprend ce qui a fait son succès avec la Famille Asada, des sortes de saynètes composées à partir des rêves des personnes que ses clichés vont immortaliser.

Intervient alors le tsunami du 11 mars 2011 qui ravage la région de Fukushima au Japon. Apprenant cela, il part en voiture pour tenter de savoir ce qu’est devenue l’une des familles qu’il a filmées. Là, il rejoint un bénévole qui s'est donné pour mission de récupérer et nettoyer les albums photos rescapés du tsunami et de permettre aux survivants de retrouver celles qui leur appartiennent. Autour d’eux se créée un petit groupe de jeunes gens et de jeunes filles Ensemble, ils parviennent à constituer un petit musée du souvenir qui permettra à des centaines de familles de retrouver des photos des leurs disparus dans la catastrophe.

Mon opinion

Ce film est une pépite comme on aimerait en voir plus souvent. Ici, pas de famille dysfonctionnelle comme tant beaucoup d’autres films asiatiques : les Asada sont soudés comme les doigts de la main. La mère, infirmière, fait vivre la famille. Le père au foyer adore ses fils et fait tout pour les soutenir. La petite amie héberge son ami d’enfance sans contrepartie. L’étudiant qui nettoie les photos ne demande rien en échange à ceux qu’il aide. Pour autant, le film, qui commence et finit comme une comédie  ne dégouline pas de bons sentiments. Le tsunami est là, comme un fait tragique que l’on affronte et que l’on surmonte. Je ne pensais pas être ému à ce point par une civilisation si différente de la nôtre à laquelle on a du mal à s’identifier. Mais les sentiments de la perte, de la mort à laquelle on ne s’attendait pas, sont les mêmes, quelles que soient les traditions et la couleur de peau. C’est un magnifique film qu’il faut voir absolument.  

dimanche 29 janvier 2023

YOUSSEF SALEM A DU SUCCES Comédie de Baya KASMI (FR-2022)

 


Youssef Salem a du succès est une comédie française réalisée par Baya Kasmi et sortie en 2022.

Présentation

Youssef Salem (Ramzi Bedia), 45 ans, originaire d'une famille d'immigrés algériens dans un quartier populaire de Port-de-Bouc, vit à Paris où il se consacre à l'écriture.

Après plusieurs revers, il décide d'écrire un roman en partie autobiographique, inspiré de sa jeunesse et notamment des tabous qui entourent la sexualité dans le milieu où il a grandi. Son livre s’intitule Le Choc toxique. L'ouvrage provoque un débat public passionné, mais aussi une crispation au sein de sa famille, particulièrement chez ses parents qui pensent qu’il écrit un ouvrage historique sur les héros de la révolution algérienne.

Lorsque, à la grande joie de son éditrice Lise (Noémie Lvovsky), son livre est couronné par le prestigieux prix Goncourt, il fait tout pour en cacher le contenu à sa famille.  

Mon opinion

La réalisatrice raconte avec humour les tribulations d’un écrivain piégé par un succès qui écorne l’image de sa famille en nous donnant à voir une comédie où l’on rit mais où, bien que le point de vue soit celui d’un arabe de 2ème génération, on peut parfaitement se reconnaître car au fond tout écrivain écrit, sans toutefois vouloir le reconnaître, sur lui-même. Le film aborde la sexualité sans tabou et cela fait du bien. C’est aussi un film sur les préjugés et le mensonge car, que l’on soit arabe ou Français de souche, on est confronté aux mêmes interdits : ne pas vouloir faire de peine à ses parents, vouloir qu’ils soient fiers de nous.   

dimanche 22 janvier 2023

LICORICE PIZZA film de Paul Thomas ANDERSON (USA-2021)

 

Vu dans le cadre du Festival Télérama 2023

Licorice Pizza est un film américain écrit et réalisé par Paul Thomas Anderson, sorti en 2021.

Présentation

Le film se déroule en 1973 à San Fernando, aux environs de Los Angeles.

C’est la rentrée des élèves du lycée où Gary Valentine (Cooper Hoffman) est scolarisé. Comme chaque année, des photographes viennent faire des photos des élèves pour le traditionnel album de classe. Alana Kane (Alana Haim) est assistante photographe. Lors de l’une de ces séances, elle rencontre Gary, 15 ans, un élève particulièrement extraverti, qui lui fait des avances. Mais, ayant 10 ans de plus que lui, elle le repousse. Mais Gary, particulièrement entreprenant, lui propose de l’inviter à dîner. Intriguée par ce garçon qui n’a rien d’un tombeur mais qui a un entregent extraordinaire, elle accepte et les deux jeunes gens se lient d'amitié. Une grande partie de son audace lui vient de ce qu’il a déjà tourné dans plusieurs émissions de variétés à la télévision. Gary est embauché pour participer à une émission à New York et, sa mère n’étant pas disponible pour l’accompagner, il demande à Alana de lui servir de chaperon, ce qu’elle accepte. Puis Gary, jamais à court d’idées, se lance dans la commercialisation de matelas à eau et, outre sa bande de copains qu’il met à contribution, il propose à Alana de s’associer avec lui. Arrive le choc pétrolier qui met fin à la fabrication et à la vente des matelas. Casse-la ne tienne, Gary se reconvertit dans l’installation de flippers et de jeux d’arcade, autorisés depuis peu dans le comté de Los Angeles.

Pendant tout ce temps, Gary et Alana, refusant d’accepter le fait qu’ils sont amoureux l’un de l’autre, se chamaillent, s’évitent, se retrouvent pour finir, à la toute fin du film, échanger leur premier baiser.

Mon opinion

J’avais lu d’excellentes critiques sur le dernier film de Paul Thomas Anderson (le réalisateur du troublant Magnolia, mais aussi de There will be blood ou Phantom Thread, que je n’ai pas vus). Il avait même reçu trois nominations aux Oscars 2022 (qu’il n’a pas obtenues mais il en a néanmoins obtenu quelques-unes, bien que moins prestigieuses). Mais, pour moi, quelle déception ! Un scénario alambiqué et sans queue ni tête. Ce film s'inscrit dans la mode actuelle des réalisations nostalgiques des années 70 et m’a fait penser, par sa laideur, son montage anarchique, son mauvais goût, sa vulgarité à Once upon a time…inHollywood de Quentin Tarantino, que j’ai détesté. On est très loin de la poésie de La La Land. Tout y est moche, à commencer par les acteurs (Alana Haim et Cooper Hoffman ne sont ni l’un ni l’autre des figures de mode), la photo, la musique…  Une horreur ! Même des acteurs comme Sean Penn ou Bradley Cooper sont méconnaissables tellement ils sont à contre-emploi et mis dans des situations ridicules. Comme quoi, mes critiques récurrentes sur le manque de professionnalisme des films français peuvent aussi s’appliquer, parfois, à certains films américains.  

 

lundi 16 janvier 2023

LES CYCLADES Comédie de Marc FITOUSSI (FR-B 2022)


Les Cyclades
est une comédie franco-belgo-grecque écrite et réalisée par Marc Fitoussi, sortie en 2022.

Résumé 

Blandine (Olivia Côte), technicienne en imagerie médicale dans une clinique, vit avec son fils Benjamin (Alexandre Desrousseaux), un jeune adulte qui vit encore avec elle et avec qui a des relations fusionnelles. Suite à un divorce qui s’est mal passé, Blandine est en pleine dépression et Benjamin, qui s’apprête à quitter la maison pour emménager dans une colocation, s’inquiète pour elle. En triant des affaires entassées au garage pour le déménagement de Benjamin, ce dernier tombe sur un CD de la musique du Grand Bleu qui n’est pas au nom de Magalie et l’interroge sur qui était cette Magalie. Blandine se souvient alors que Magalie était sa meilleure amie au collège et qu’elles étaient tellement fan du Grand Bleu qu’elles avaient voulu partir toutes les deux pour Amorgos, l’île grecque des Cyclades où se déroule le film. Mais le rêve ne s’était pas réalisé car elles étaient mineures et n'avaient pas l'argent du voyage puis une brouille les avait définitivement séparées. 

Benjamin décide alors de retrouver Magalie (Laure Calamy) et organise une rencontre entre Blandine et cette dernière, pensant ainsi aider sa mère à sortir de sa dépression. La rencontre au restaurant entre les deux ex-amies n’est pas une réussite car leurs vies ont pris des chemins trop différents : Blandine est rangée, a un fils, un emploi fixe et mène une vie ennuyeuse et sans fantaisie alors que Magalie est tout le contraire. Elle est vive, drôle, excentrique, n'a aucun tabou, est sans travail et vit plus ou moins d'expédients. Lorsqu’elle revient de son rendez-vous avec Magalie, Blandine cache soigneusement à son fils qu’elles ne sont pas sur la même longueur d’ondes. Après la découverte du CD, Benjamin avait prévu d’emmener sa mère en Grèce pour lui permettre d’accomplir le rêve qu’elle n’avait pu réaliser enfant mais, croyant qu’elle s’entend bien avec Magalie, il change ses plans et renonce à ce voyage, proposant à Magalie de faire le voyage à sa place. 

N’osant pas révéler à son fils que c’est une mauvaise idée en raison de leurs caractères diamétralement opposés, Blandine accepte malgré tout de partir avec Magalie. Dès le premier jour, en raison du comportement "borderline" de cette dernière, il leur arrivera toutes sortes d'aventures imprévues qui changeront Blandine à jamais et renouera leur amitié. 

Mon opinion 

Je suis allé voir ce film « par défaut ». La bande annonce, que j’avais vue au cinéma, ne m’avait pas séduit et je pensais avoir à faire à une de ces comédies à la limite de la farce dont le cinéma français a trop souvent, hélas, le secret. Mais j’ai finalement eu une bonne surprise. Au fond, comme dans Close ou dans Cet été-là, c'est l'histoire d'une amitié d'enfants. C'est une comédie, certes, mais pas aussi creuse que ce que l'on pouvait penser et au fond, bien sympathique et même, par moments, émouvante. Comme dans Les 8 montagnes, où deux garçons qui ont été amis d'enfance ont été séparés par la vie et se retrouvent à l'âge adulte, chacun ayant fait son chemin dans des directions différentes, c'est le cas ici mais avec ces deux femmes que tout sépare et qui se retrouvent malgré leurs différences. Un joli film en fin de compte, où celles qui paraissent les plus affranchies et revenues de tout (Magalie, mais aussi Bijou, étonnante Kristin Scott Thomas), sont au fond les plus fragiles. Pari réussi pour ce film à classer dans les feel-good-movies. En prime, les paysages lumineux des Cyclades et le souvenir impérissable du Grand Bleu.

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vendredi 16 septembre 2022

TOUT LE MONDE AIME JEANNE Comédie de Céline DEVAUX (FR-PT 2022)

 


Tout le monde aime Jeanne est une comédie franco-portugaise réalisée par Céline Devaux et sortie en 2022.

Résumé

Jeanne Mayer (Blanche Gardin) est distinguée comme « Femme de l’année » pour avoir mis au point le Projet Nausicaa, une structure immergée censée nettoyer les océans de ses déchets plastique. Or, au moment de son lancement, la structure coule et Jeanne coule avec elle, perdant toute crédibilité de la part de ses sponsors et se trouvant du jour au lendemain confrontée à la faillite personnelle.

Heureusement, au décès de sa mère Claudia (Marthe Keller), morte un an auparavant, elle a hérité d’un appartement à Lisbonne, en copropriété avec son frère Simon (Maxence Tual), kinésithérapeute. Il lui prête ‘argent nécessaire pour partir à Lisbonne afin de se charger de vendre l’appartement de leur mère, dont on apprend qu’elle n’est pas morte de mort naturelle mais qu’elle s’est suicidée en se jetant d’un des deux ponts qui franchissent le Tage.   

A l'aéroport, elle rencontre Jean (Laurent Lafitte), un ancien camarade de lycée aux manières particulièrement sans-gêne.

Arrivée à Lisbonne, elle est attendue par Vitor (Nuno Lopes), un ex, qui est désormais marié et est professeur de musique.

Lorsque Jeanne se retrouve seule, les souvenirs de son enfance et de sa mère, avec laquelle elle ne s’entendait pas bien, remontent à la surface et accentuent sa dépression. Elle appelle Jean, qui s’occupe de sa nièce, Theodora et qui, sous ses aspects provocateurs, s’avère beaucoup plus complexe et sensible que ce qu’il veut bien laisser paraître. Il s’avère qu’il connaît bien la dépression pour avoir déjà été hospitalisé en HP (hôpital psychiatrique) et l’aide à surmonter la sienne.   

Mon opinion

Je connaissais Blanche Gardin que j’avais vue dans des stand-up dont l’humour passablement « trash » ne m’avait pas particulièrement séduit. Avant ce film, je ne savais pas qu’elle était déjà apparue dans une 20e de films et autant de pièces de théâtre et qu’elle était assez engagée pour avoir refusé une décoration du ministère de la Culture en 2019 en adjoignant à son refus une lettre sans détour sur la politique sociale d’Emmanuel Macron. Ce film est à son image qui aborde, sous l’aspect d’une comédie où l’humour noir est à l’honneur, des sujets comme celui du deuil et des relations ambigües mère-fille.

Dire qu’il est totalement réussi serait aller un peu vite en besogne car, connaissant le mordant de Blanche Gardin, on se serait attendu à des dialogues plus incisifs. Les petites séquences animées intercalées tout au long du film qui représentent la voix intérieure de l’héroïne, pour être une trouvaille intéressante, ne m’ont pas paru être exploitées au mieux.

Il en reste une comédie plus mélancolique que véritablement comique, avec quelques belles séquences qui mettent en valeur Lisbonne (le film a bénéficié de l’aide des services du tourisme portugais), en particulier la séquence du générique de fin, avec la déambulation des deux héros sur le entre les containers colorés du port de commerce de Lisbonne.      

lundi 1 août 2022

LA PETITE BANDE Comédie pour la jeunesse de Pierre SALVADORI (FR-2022)

 

La Petite Bande est une comédie destinée à la jeunesse française réalisée par Pierre Salvadori, sur un scénario de Pierre Salvadori et Benoît Graffin. Le film est sorti en salles en 2022.

Résumé

L'histoire se déroule dans un village de Corse où le principal pourvoyeur d’emploi est une usine qui pollue la rivière. Cinq collégiens, Cat (Colombe Schmidt), Fouad (Mathys Clodion-Gines), Antoine (Aymé Medeville) et Sami (Redwan Sellam) et Aimé (Paul Belhoste) décident de mettre le feu à l’usine. Lorsqu’ils s’y introduisent de nuit, ils ne s’attendent pas à y trouver le directeur (Laurent Capelluto), et, dans la plus grande désorganisation, ils l’enlèvent et le séquestrent dans la cabane qu’ils ont construite dans la forêt.

Mon opinion

Très déçu par ce film dont le scénario ne tient pas la route. Dommage car les paysages de Corse sont beaux, les jeunes acteurs sympathiques et talentueux, quant au reste… L'écologie n'est qu'un prétexte. les motivations des enfants bien ténues... Les parents, absents... Bien que le film ne dure que 106 minutes, on attend avec impatience que cette farce ridicule à côté de laquelle le plus mauvais film de de Funès ferait figure de chef-d’œuvre, le dénouement final dont on se doutait bien qu’il ne serait guère brillant. A part quelques trouvailles, comme celle du kayak ou des masques, une comédie parfaitement ratée qui ne fait même pas rire. A fuir absolument !

mercredi 2 février 2022

MARQUISE Film historique de Véra BELMONT (FR-1997)

 


Marquise est un film français de Véra Belmont sorti en 1997.

Résumé

Le film se déroule au XVIIe siècle au début du règne de Louis XIV. Marquise, de son vrai nom Marquise-Thérèse de Gorla (Sophie Marceau), est une saltimbanque que son père n’hésite pas à prostituer à l’occasion. Lors d’un passage à Lyon, Molière (Bernard Giraudeau) remarque sa fraîcheur et sa beauté et lui propose d’intégrer sa troupe. L’un de ses comédiens, Du Parc dit « Gros-René » (Patrick Timsit), tombe aussitôt sous son charme et, pour la soustraire à son destin peu glorieux, il l’épouse. Mais Marquise n’a aucune expérience de la scène et, lorsqu’elle se retrouve devant le public, foudroyée par le trac, elle est incapable de prononcer ses répliques. Pour faire bonne figure, elle fait la seule chose qu’elle sait faire et se met à danser.

Elle est alors remarquée par Philippe d’Orléans, dit « Monsieur », le frère du Roi (Frank de la Personne) qui commande une comédie-ballet pour Louis XIV (Thierry Lhermitte). Comme Molière, échaudé par sa première expérience, refuse de lui confier un rôle, elle quitte la troupe pour aller trouver Racine (Lambert Wilson), trop heureux de « voler » Marquise à son concurrent direct. Lorsqu’elle se produit devant Louis XIV, celui-ci lui fait un triomphe. Racine, tombé à son tour amoureux de Marquise, lui écrit une pièce, Andromaque.  

Au faîte de sa gloire, adulée de tous, elle meurt subitement en 1668 à l’âge de 35 ans.

Autour du film

Le film présente la mort de Marquise comme un suicide alors qu’elle est sans doute due à une infection suite à un avortement.

Mon opinion

J’ai beaucoup aimé ce film, malgré ses raccourcis historiques un peu cavaliers. Il a le mérite de nous faire connaître l’histoire vraie (bien que largement romancée) d’une comédienne adulée en son temps, qui fut aussi une femme libre, magnifiquement incarnée par Sophie Marceau

 

mercredi 19 janvier 2022

JACKPOT Comédie de Tom VAUGHAN (USA-2008)

 Jackpot (Titre original : What Happens in Vegas...) est une comédie américains réalisée par Tom Vaughan, sortie en 2008.

Résumé

Jack (Ashton Kutcher) vient de perdre son emploi. Quant à Joy (Cameron Diaz), elle vient de se faire larguer par son petit-ami.

Leurs amis respectifs leur conseillent, pour se remonter le moral, d’aller faire un tour à Las Vegas.

Là, ils se rencontrent et au terme d’une soirée plus qu’arrosée, ils se retrouvent mariés.

Au matin, après avoir dessoulé, ils se rendent compte de leur erreur et veulent divorcer. Mais c’était sans compter sur le hasard qui fait gagner à Jack 3 millions de dollars avec un jeton que lui a prêté Joy.

Le juge, excédé d’avoir à prononcer des divorces à la pelle suite aux trop nombreux mariages de couples irresponsables les condamne à rester mariés pendant 6 mois au terme desquels ils devront décider qui va garder le jackpot.

Pendant ces six mois, Jack et Joy vont se livrer une lutte sans merci pour obliger l’autre à divorcer et à renoncer au magot.

Mais ils vont finir par tomber amoureux l’un de l’autre.

Mon opinion

C’est débile mais, même si on n’évite pas complètement l’hystérisation et la vulgarité, on s’amuse bien pendant un peu plus d’une heure. Et Cameron Diaz et Ashton Kutcher on l'air de s'amuser encore pplus que nous, alors...   

    

mardi 26 octobre 2021

JOJO RABBIT Film de Taika WAITITI (USA-NZ- 2019)

 


Jojo Rabbit est un film américain réalisé par Taika Waititi, sorti en 2019. C'est une adaptation du roman Le Ciel en cage (Caging Skies), de Christine Leunens.

Résumé

L’action est censée se passer en Allemagne pendant les derniers mois de la Seconde Guerre mondiale. Johannes « Jojo » Betzler (Roman Griffin Davis), un blondinet de 10 ans, vit seul avec sa mère Rosie (Scarlett Johansson) à Falkenheim, une petite ville pimpante qui semble être restée à l’écart du conflit. La sœur aînée de Jojo, Inge, est morte et son père serait quelque part sur le front en Italie. Sa mère attentionnée, toujours sur son 31, sort tous les jours pour de mystérieuses activités. Jojo a deux amis, un garçon de son âge Yorki (Archi Yates), un petit gros à lunettes et un « ami imaginaire » qui n’est autre qu’Adolf Hitler (Taika Waititi), mais un Hitler d’opérette tel que peut l’imaginer un enfant de 10 ans.

Comme tous les gamins de son âge, Jojo est embrigadé dans les Deutsches Jungvolk, les Jeunesses hitlériennes à mi-chemin de la colonie scoute et du camp d ‘entraînement militaire. Le chef du camp, le capitaine Klenzendorf, ou capitaine K (Sam Rockwell) ne se fait, quant à lui, aucune illusion sur l’issue de la guerre.

Lors de son premier jour dans le camp, les nazillons qui le dirigent, obligent Jojo à tuer un lapin de sang froid pour montrer son courage. Celui-ci s’y refuse, ce qui lui vaut le surnom de Jojo Rabbit (Jojo-lapin). Mais, ne voulant pas passer pour un lâche au regard de ses camarades, il vole une grenade qui explose, le blessant au visage et à la jambe.

Après cela, alors que les gamins de son âge sont envoyés se battre lui est cantonné à distribuer des tracts et coller des affiches.

Un jour en rentrant chez lui alors que sa mère est absente, il découvre Elsa (Tomasin McKenzie), une jeune fille juive cachée dans le grenier.

Bien que nourri de propagande anti-juive, il se rend compte au cours des jours suivants qu’elle n’est pas si différente de lui et la couvre lorsqu’Elsa, lors d’une visite de la gestapo, se fait passer pour Inge.

Quelques jours après, Jojo découvre que sa mère a été pendue en place publique. Dévasté, il retourne chez lui dans le but de poignarder Elsa, qu’il rend responsable de la mort de sa mère, mais il ne va pas au bout de son geste et tombe dans les bras de la jeune fille qui le console.

Lorsque les Alliés prennent la ville, Jojo, qui erre au milieu des ruines revêtu d’un uniforme allemand, est arrêté et il est sauvé une nouvelle fois par le capitaine K.

Quand le fantôme d’Hitler lui apparaît et l’accuse de l’avoir trahi, Jojo, furieux, le jette par la fenêtre de sa chambre.

Mon opinion

Le film commence comme une comédie parodique avec des couleurs à la Wes Anderson soutenu par le standard des Beatles « I want to hold your hand » (en version allemande). Mais qu’on ne s’y trompe pas, sous ses dehors burlesques, ce film traite de la tragédie que fut, pour certains Allemands, le nazisme.    

J’ai personnellement beaucoup aimé ce film atypique et je regrette que la plupart des professionnels du cinéma (Télérama, Première, Les Cahiers du Cinéma…), n’aient visiblement pas vu sa dimension tragi-comique qui, par certains côtés, rappelle notre excellent et sous-estimé Papy fait de la résistance.

Mais la force et le courage du film de Taika Waititi est de nous présenter, sous la forme d’un conte, la guerre du côté des vaincus et à hauteur d’un enfant de dix ans dont l’univers a été détruit par les mensonges des adultes. La dernière scène où les deux enfants sortent de la maison et dansent sur la place où la vie reprend son cours normal est une formidable image de résilience et d’optimiste.