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dimanche 10 novembre 2024

LEE MILLER Biopic réalisé par Ellen KURAS (GB-2024)

 

Lee Miller (Titre original : Lee) est un biopic britannique réalisé par Ellen Kuras et sorti en 2023. Il s'agit d'un film biographique sur la photographe Elizabeth « Lee » Miller. Le film a été présenté en avant-première mondiale au Festival international du film de Toronto 2023, mais il n’est sorti sur les écrans français qu’en 2024.

Résumé

Le film est un biopic sur la vie de Lee Miller (Kate Winslet), de son vrai nom Elizabeth Miller, connue pour avoir été la première journaliste britannique à avoir photographié les derniers camps de concentration nazis.

Le film commence avant le début de la 2nde guerre Mondiale sur la Côte d’Azur où des amis de milieux aisés mènent une vie insouciante. Parmi eux, Lee Miller, alors modèle et photographe de mode pour le magazine anglais Vogue, Roland Penrose (Alexander Skarsgård), écrivain, qui deviendra son mari, Solange d’Ayen comtesse de Noailles (Marion Cotillard), qui travaille pour la version française de Vogue, etc.   

Au début de la guerre, alors que Londres est menacée par les bombes allemandes, Lee Miller se fait embaucher, malgré les restrictions, par Audrey Withers (Andrea Riseborough), la rédactrice en chef du Vogue britannique.

De la mode, Lee Miller parvient, grâce à sa nationalité américaine, à se faire envoyer sur le terrain des combats en France. Alors que la Libération bat son plein, elle retrouve son amie Solange d’Ayen dans son appartement parisien dévasté. Elle a perdu son fils de 19 ans dans les combats dans les Vosges et son mari Jean, dont elle n’a plus de nouvelles, a été déporté pour faits de résistance. Lee apprend alors avec stupeur l’existence des camps de concentration nazis et n’aura de cesse de s’y rendre. Elle sera la première photographe de guerre à en révéler l’horreur mais ses photos, jugées trop choquantes, ne seront pas publiées par Vogue.  

Autour du film

Ce film a bien failli ne jamais se faire. Le projet remonte à plusieurs années quand la fameuse directrice de la photographie, Ellen Kuras (elle a travaillé avec Martin Scorsese, Spike Lee, etc.), est tombée, dans une librairie new-yorkaise, sut une biographie de la célèbre photographe de guerre Lee Miller. Frappée par la ressemblance physique de la reporter avec l’actrice Kate Winslet, avec qui elle avait travaillé sur le film de Michel Gondry Eternal Sunshine of the Spotless Mind, Ellen Kuras proposa l’idée de réaliser un biopic de Lee à l’actrice qui accepta avec enthousiasme. Mais, malgré la notoriété de l’une et de l’autre, le projet mit 20 ans à se faire car les financeurs se firent tirer l’oreille à telle enseigne que Kate Winslet dut engager ses propres fonds pour finir le tournage.

Mon opinion

Peut-être parce qu’il est réalisé par une femme (Ellen Kuras), avec une actrice engagée (Kate Winslet) sur un personnage lui aussi engagé pour la vérité (Lee Miller), le film est avant tout un film de femmes fortes. Sans doute à ce jour, c’est le plus beau rôle de Kate Winslet dont l’interprétation magistrale emporte l’enthousiasme tant elle incarne son personnage. Une telle performance devrait être, on l’espère, couronnée d’un Oscar. Le film a aussi le mérite de révéler le déni des nations libres d’admettre le choc des premiers témoignages sur la réalité des camps.

Dans le même esprit, je vous recommande : 

 

vendredi 10 mai 2024

LE TABLEAU VOLE - Film de Pascal BONITZER (FR-L 2024)

 


Le Tableau volé est une comédie dramatique française réalisée par Pascal Bonitzer et sortie en 2024. Le film est librement inspiré de la redécouverte dans les années 2000 du tableau d'Egon Schiele, Les tournesols, spolié par les nazis. Ecoutez ici le podcast "Art, les tournesols de Schiele, histoire d'une découverte".  

Résumé

André Masson (Alex Lutz), un commissaire-priseur parfaitement imbuvable, en particulier avec Aurore, (Louise Chevillotte), sa stagiaire, travaille au sein de la prestigieuse maison de vente d’art parisienne Scotie's. Lorsqu'il reçoit la lettre d’une avocate, Me Egerman (Nora Hamzawi), qui croit avoir identifié un tableau de prix dans la maison d'une famille dont elle a la charge à Mulhouse, il n'y croit pas une minute.

Bien que très sceptique, l’œuvre de Schiele ayant été parmi les plus plagiées, il décide cependant de faire le déplacement à Mulhouse, avec Bertina (Léa Drucker), son ex-femme, elle aussi experte en peinture, pour voir le tableau.

Face au tableau, tous leurs doutes sont balayés : il s’agit bien d’une authentique œuvre d’Egon Schiele, que tout le monde avait cru disparue. Ils évaluent la valeur du tableau à plusieurs dizaines de millions.

Leur première surprise passée, ils veulent savoir comment ce tableau a bien pu se retrouver dans cette maison. Martin Keller (Arcadi Radeff) leur raconte que le tableau se trouvait dans la maison lorsqu’ils l’ont achetée en viager à un policier de 81 ans. Ils ouvrent alors ensemble une vieille valise dans laquelle des papiers ayant appartenu à l’ancien propriétaire montrant que le couple avait collaboré avec la Gestapo. Le tableau a donc été spolié en 1939 par les Allemands.  

Or, un tableau spolié doit obligatoirement être restitué à ses ayants-droits.

La famille Wahlberg (en réalité les descendants de Karl Grunwald) a été décimée pendant la guerre mais le collectionneur d’art a pu s’enfuir aux Etats-Unis où ses descendants ont fait souche.

André Masson se rend alors aux Etats-Unis où il convainc Bob Wahlberg, le chef de la famille, de confier la vente à la maison française pour laquelle il travaille et de rétrocéder 10 % de la vente à Martin Keller et à sa mère. Bien que n’ayant aucune obligation à le faire, Wahlberg accepte pour des raisons religieuses.

Lors de la vente à Paris, le tableau, réalise une cote qui dépasse toutes les estimations.

Mon opinion

M’intéressant beaucoup à l’art, je suis allé voir ce film pensant qu’il traitait sans complaisance du marché de l’art. André Masson et son ex-épouse, nous sont, du moins au début, dépeints comme des requins sans foi ni loi, si ce n’est celle de l’argent qu’ils peuvent estimer tirer d’une telle affaire. Mais sous l’armure, des failles se révèlent au fur et à mesure que le film avance et ils paraissent de plus en plus sympathiques. C’est grâce à eux que Martin Keller obtient l’indemnisation qu’il aurait pu ne jamais toucher, si André n’avait pas convaincu Wahlberg. J’ai trouvé d’ailleurs la scène où, après la vente, foudroyé par l’énormité de la somme qu’il va toucher, le jeune homme craque et où son avocate, dans un élan d’humanité, vient le chercher et le console, réussissant à l’amener à la famille Wahlberg qui lui réserve une magnifique ovation. Je voudrais ajouter que, si j’ai beaucoup apprécié le jeu des acteurs confirmés que sont Alex Lutz et Léa Drucker j’ai découvert avec étonnement Arcadi Radeff, un jeune acteur encore peu connu qui a pourtant déjà une carrière non négligeable derrière lui (6 longs métrages, 13 courts métrages, 14 pièces de théâtre…)  Formé en Suisse, d’où il est originaire, il a crève l'écran et m'a rappelé, par la force rentrée et la pureté qui émane de lui, le Depardieu des débuts. Sa prestation m'évoque celle d'un acteur débutant, Tom Mercier, vu dans le film Synonymes, où jouait déjà d'ailleurs Louise Chevillotte. Je lui souhaite une grande carrière.  

Je vous recommande aussi :

- La femme au tableau de Simon Curtis (2015)

- Monuments men de George Clooney (2014)

Qui traitent aussi de la récupération de tableaux spoliés par les nazis. 

mardi 20 février 2024

LA ZONE D'INTERÊT Film de Jonathan GLAZER (US-GB-PL 2024)

 


La Zone d'intérêt (The Zone of Interest) est un drame américano-britannico-polonais réalisé par Jonathan Glazer. Il s'agit de l'adaptation du roman portant le même titre de Martin Amis. Le film a été présenté au Festival de Cannes 2023 mais est sorti sur les écrans en 2024.

Présentation

Le film commence par un long noir sur fond d’un bruit sourd continu qui pourrait être celui d’une locomotive mais qui est en fait celui des fours crématoires. Lui succède une scène idyllique où l’on assiste, sans transition, au déjeuner sur l’herbe au bord d’une rivière d’une famille "normale" composée d’un couple et de ses 5 enfants et d’un chien. Après s’être baignée, la famille retourne dans leur grande maison entourée d’un vaste jardin fleuri, de serres, d’un potager, d’une piscine et desservie par une floppée de serviteurs. 

On comprend alors que ce "petit paradis" est la villa où vivent Hedwig (Sandra Hüller, vue dans Anatomie d'une chute) et Rudolf Höss (Christian Friedel) et leur famille. Hedwig règne sur ses roses et sur ses domestiques, avec plus d'empathue pour les premières que pour les secondes.

Pour ceux qui ne sauraient pas qui est Rudolf Höss, il fut un nazi convaincu et le commandant du camp d'Auschwitz-Birkenau et l'un des principaux concepteurs de la solution finale. 

La maison est limitrophe du camp d’extermination dont elle n'est séparée que par un mur au-dessus duquel on voir dépasser les bâtiments et l'un des miradors du camp et, dans le lointain, les fumées des fours crématoires. 

Mais, à part ce que j'en ai dit, on ne voit rien du camp ni de ce qui s’y passe sauf pour, en bruit de fond,  les détonations de pistolets qui abattent les prisonniers, les aboiements des chiens et les cris des SS et de leurs victimes… sans que cela ne semble affecter en quoi que ce soit les habitants de la maison ni troubler les jeux des enfants. 

Par quelques touches, l’horreur nous est quand même subtilement distillée : les vêtements de juifs qui sont distribués aux domestiques polonaises alors qu’Hedwig conserve pour elle le somptueux manteau de fourrure d’une déportée dans la doublure duquel elle trouve un diamant, le contraste de l’amour qu’elle porte à ses enfants et à ses fleurs et de ce qui se passe ai-delà du mur (presque symbolique qui entoure le jardin), le même amour que porte Höss à sa jument pendant qu’il programme la construction de nouveaux fours crématoires, la mère d'Hedwige qui, après avoir trouvé l'endroit "paradisiaque" s'en va sans dire rien à sa fille, etc. 

Il y a aussi ces scènes en noir et blanc où on ne comprend pas ce que fait cette fillette maculée, pataugeant dans la boue, qui plante des pommes dans une butte de terre puis ramasse du charbon, la lecture du « gentil » Rudi qui, pour endormir ses gentilles têtes blondes leur lit un des extraits les plus effrayants du conte d’Hänsel et Gretel des frères Grimm... 

Vers la fin, on voit Rudolf Höss, après une fête avec les élites du nazisme, descendre un escalier sans fin dans l'obscurité, et s'arrêter à chaque palier pour vomir. On sait qu'il sera pendu après le procès de Nuremberg. 

Et pour conclure, le réalisateur nous offre une visite du musée d’Auschwitz où des femmes de ménage nettoient des salles où sont exposés les milliers de valises et de paires de chaussures des déportés morts dans le camp. 

Le générique de fin se déroule sur une bande son particulièrement dissonante qui m’a forcé à quitter la salle avant que la lumière ne se rallume.

Mon opinion

Lorsque j’ai connu le synopsis de ce film, j’ai de suite pensé à un autre film, qui m’a beaucoup marqué Le garçon au pyjama rayé qui traite du même sujet : le directeur SS du camp de concentration qui habite à côté du camp avec sa famille « normale » mais dont la  fin, terrible, est bouleversante. Je ne serais pas allé voir La Zone d’intérêt si une amie, qui l’avait vu, ne m’avait assuré qu’il n’y avait aucune scène insupportable, ce qui est vrai. Après les premières images idylliques qui se passent en été, sur fond de ciel bleu et de chants d’oiseaux, on n’est pas projetés dans l’horreur. Pourtant, celle-ci est bien là, en fond sonore et elle se révèle au fur et à mesure par de petits détails (le manteau de fourrure, le rouge à lèvres, les cendres dans la rivière…) Tout est suggéré, rien n’est montré. C’est très fort, ravageur même, et le spectateur sera longtemps hanté par cette bande son lancinante, à la limite du tolérable (sur le générique de fin) composée par Mica Levi. Un film que l'on n'oubliera pas de sitôt.     

mercredi 3 novembre 2021

SECRETS DE GUERRE Drame de Dennis BOTS (NL-2015)

 


Secrets de guerre est un drame de Dennis Bots (Pays Bas 2015)

Ce film peut être vu en intégralité et gratuitement sur You Tube.

Résumé

L’action se passe en 1943 dans village de South Limburg, près de Maastricht (Pays-Bas) occupé par les Allemands. Lambert (Joes Brauers), le fils du maire collaborateur et Arthur (Maas Bronkhuyzen) ont 12 ans tous les deux et sont inséparables. Ils vont à l’école et jouent aux jeux de leur âge. En voulant échapper à des garçons plus âgés qu’eux, ils se réfugient dans une grotte et tombent sur une cachette de résistants.  

A l’école, ils deviennent amis avec une fillette de leur âge, Marie (Pippa Allen) qui vient d’Amsterdam et est hébergée par son oncle et sa tante.

Arthur délaisse son copain pour se rapprocher de Marie. Un jour, il lui ment pour retrouver Marie qui lui a révélé qu’elle était juive et qu’elle était venue d’Amsterdam où ses parents avaient été arrêtés et déportés en camp de concentration. Son oncle et sa tante cachent aussi un cochon qu’ils ont soustrait aux confiscations allemandes.

Au cours du dîner, Lambert, par vengeance et sans prendre la mesure de sa révélation, vend la mèche, sans penser qu’ainsi il signe l’arrêt de mort de Marie et de sa famille.

Lorsqu’il comprend qu’il les a trahis, Arthur, furieux, le roue de coups et enfourche son vélo pour se rendre à Maastricht afin de faire libérer Marie mais, lorsqu’il arrive, celle-ci est en train de monter dans un camion allemand et c’est lui qu’on arrête et jette en prison.

Lambert, pour amadouer son père, se présente à lui en uniforme de milicien et obtient qu’il intervienne pour faire libérer Arthur.

Mais quelques jours après, c’est toute la famille d’Arthur qui est à son tour arrêtée pour faits de résistance. Lambert les aide à s’enfuir par les grottes.    

Mon opinion

Un film sur l’amitié trahie et ses conséquences en temps de guerre. Les jeunes acteurs sont admirables de justesse et de sincérité. Ce film peut être vu par tout public.

Dans le même esprit : 

mardi 2 novembre 2021

WINTER IN WARTIME Film de guerre réalisé par Martin KOOLHOVEN (NL-2008)

 


Winter in Wartime (Titre original : Oorlogswinter) est un film néerlandais réalisé par Martin Koolhoven et sorti en 2008.

Le film peut être visionné gratuitement sur You Tube en VF sous le titre « L’enfant soldat ».

Résumé

Le film se déroule en plein hiver dans un village des Pays-Bas lors de l’occupation allemande. Michiel van Beusekom (Martijn Lakemeier), 13 ans, est le fils du maire. Sans collaborer avec les Allemands, ce dernier essaie de ménager la chèvre et le chou, ce que lui reproche son fils qui adule son oncle Ben (Yorick Van Wageningen), qu’il croit engagé dans la Résistance.

Avant que Dirk, l’un des amis de Michiel, soit arrêté, il lui confie un message secret pour un autre de leurs amis résistants, Bertus, qui est abattu par les Allemands au moment où Michiel va lui remettre  le message. Michiel ouvre alors l’enveloppe : ce sont des coordonnées d’un lieu dans la forêt. Il s’y rend et découvre Jack (Jamie Campbell Bower) un jeune pilote de la R.A.F. blessé dont l’avion a été abattu et qui se cache dans un trou couvert de branchages. Il lui apporte de la nourriture et lui amène sa sœur, infirmière, pour le soigner.

Mais, après avoir retrouvé un soldat allemand abattu par Jack, le commandant SS, en représailles, fait arrêter des otages, dont le père de Michiel, qui sera exécuté devant les yeux de son fils.

Dès lors, Michiel n’a plus qu’une idée en tête, organiser l’évasion de Jack. Alors que tout est prêt, il découvre in extremis que son oncle Ben, loin d’être un résistant, collabore avec les Allemands et que c’est lui qui a trahi Dirk et Bertus et qu’il n’a rien fait pour faire libérer son père. Mettant tous les éléments bout à bout il comprend que, maintenant, il s’apprête à trahir Jack. Fou de douleur et de rage, il saute sur son vélo et intercepte Ben juste au moment où celui-ci allait livrer l’Anglais aux ennemis.

Mon opinion

Certes, le sujet n'est pas original et la fin ne nous surprend qu'à moitié. Il s'agit cependant d'un beau film, avec des personnages attachants, sur le difficile passage à l’âge adulte en temps de guerre d’un jeune garçon qui voit ses meilleurs amis, son père et le cheval qu’il adorait mourir en découvrant que son héros vénéré était un traitre.

Dans le même esprit, vous pouvez voir

samedi 30 octobre 2021

LE CERCLE LITTERAIRE DE GUERNESEY - Film de Mike NEWELL (GB-2018)

 


Le Cercle littéraire de Guernesey (Titre original : The Guernsey Literary and Potato Peel Pie Society) est un drame historique britannique réalisé par Mike Newell, sorti en 2018. Il s'agit de l'adaptation cinématographique du roman Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates (2008) de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows.

Résumé

L’action commence en Grande Bretagne juste à la fin de la 2nde Guerre mondiale. Juliet Ashton (Lily James vue dans Les heures sombres, Baby driver, Yesterday...), une jeune écrivaine traumatisée par les bombardements de Londres où elle a perdu ses parents, reçoit une lettre d’un inconnu, Dawsey Adams (Michiel Huisman), partie de Guernesey, qui a trouvé son adresse dans un livre dont elle a été propriétaire.

Dans sa lettre, il lui parle d'un mystérieux club de littérature, créé à Guernesey pendant l’occupation allemande. Intriguée, elle décide d’annuler la tournée de lectures prévue dans des bibliothèques et de se rendre sur l’île anglo-normande, au grand dam de Sidney (Matthew Goode vu dans Imitation Game, Match Point, A l'heure des souvenirs...), son éditeur et ami. Mais le plus déçu par sa décision est son petit ami Mark (Glen Powell), un militaire américain qui lui fait sa demande en mariage en lui offrant une somptueuse bague de fiançailles au moment où elle s’apprête à prendre le bateau.  

A son arrivée, le seul hôtel de l’île où elle aurait pu loger, est fermé car on refait son toit abîmé par les bombardements de l’île. L’un des ouvriers travaillant à sa réfection est Dawsey mais elle n’en sait rien. Pour trouver une chambre, il lui conseille de se rendre au bureau de poste où elle est reçue par un jeune garçon débrouillard, Eli (Kit Connor vu dans Mr Holmes), le petit fils du préposé, Eben Ramsey (Tom Courtenay). Celui-ci, d’abord peu aimable, devient plus chaleureux lorsqu’il apprend qui elle est, qu’elle a fait le voyage depuis Londres et le but de son voyage : rencontrer les membres du Cercle. Il lui conseille une pension, celle de la peu sympathique Charlotte, une vieille fille confite en dévotion.

Elle fait ensuite la connaissance des autres membres du Cercle et apprend son histoire et les circonstances de sa création : lors de l’occupation de Guernesey, les Allemands ont confisqué tous les animaux de l’île, dont les cochons de Dawsey. Mais Amelia (Penelope Wilton vue dans Downtown Abbey, Match point, Indian Palace et Indian Palace suite royale...) en avait caché un et invité ses voisins, affamés par des mois de privation, autour d’un festin. Pour la circonstance Eben Ramsey avait confectionné une tourte aux épluchures de patates et Isola (Katherine Parkinson), du gin qu’elle fabrique elle-même. Après le repas qui s’est terminé en pleine nuit, la petite troupe, bravant le couvre-feu instauré par les Allemands, s’est fait arrêter par les militaires. Ils ne s’en sont sortis qu’en improvisant un énorme mensonge : qu’ils faisaient tous partie d’un pseudo "Cercle littéraire de Guernesey des amateurs d’épluchures de patates". A partir de là, le cercle était créé et se réunissait depuis régulièrement.

Mais lorsque Juliet, enchantée par l’histoire, annonce à ses hôtes qu’elle allait publier leur histoire dans le London Times, elle se heurte à un mur et se rend compte qu’elle a éventé un terrible secret.

Faisant apparemment marche arrière, elle se livre à une enquête approfondie et découvre la vérité : Kit, la fillette blonde qu’élève Dawsey est la fille d’une jeune femme, Elisabeth, qui a eu une aventure avec Christian, un soldat allemand. Lorsque leur liaison fut découverte, Christian a été renvoyé en Allemagne et il est mort dans le torpillage de son bateau. Quant à Elisabeth, elle a été arrêtée pour avoir aidé un jeune garçon, travailleur forcé par les Allemands. Depuis, on a perdu sa trace et on parle, pudiquement, de son "absence". Juliet fait appel à son fiancé, Mark, resté à Londres et travaillant au QG de l’armée alliée, pour découvrir ce qu’est devenue Elisabeth. Hélas, celle-ci, déportée à Ravensbrück y est morte.

Pendant son séjour, Juliet s’est attachée à la petite Kit et à Dawsey et elle rompt avec Mark et revient vivre à Guernesey.  

Mon opinion

Splendide film qui commence comme une comédie mais nous révèle au fil de son développement le passé sombre de l’île de Guernesey pendant une occupation parmi les plus longues et les plus dures que subirent les pays envahis par les Allemands pendant la 2nde Guerre mondiale. En effet, ceux-ci occupèrent les îles anglo-normandes du 30 juin 1940 au 9 mai 1945. A Guernesey, les enfants d’âge scolaire furent évacués et la population laissée sur place fut soumise aux privations et à la famine. Mais le pire fut l’instauration de camps de concentrations à Aurigny qui servit à parquer, dans des conditions abominables, des déportés des pays de l’Est afin de les utiliser pour construire des fortifications faisant partie du Mur de l’Atlantique.

A part quelques images, le réalisateur ne nous montre rien de cette terrible histoire mais on en perçoit la pesanteur de l'occupation tout au long du film, par ailleurs allégée par l’humour et les fabuleux paysages de l’île. On est aussi séduit par les personnages aux personnalités bien marquées et attachantes. 

Mais le sujet du film, c’est avant tout la littérature et l’amour des livres qui le traverse et représente, pour tous ces personnages, du plus jeune au plus âgé, une liberté et un moyen de se rapprocher, quelles que soient les circonstances. Une belle leçon de culture et d’humanité.

Autres films de Mike NEWELL :

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mardi 26 octobre 2021

JOJO RABBIT Film de Taika WAITITI (USA-NZ- 2019)

 


Jojo Rabbit est un film américain réalisé par Taika Waititi, sorti en 2019. C'est une adaptation du roman Le Ciel en cage (Caging Skies), de Christine Leunens.

Résumé

L’action est censée se passer en Allemagne pendant les derniers mois de la Seconde Guerre mondiale. Johannes « Jojo » Betzler (Roman Griffin Davis), un blondinet de 10 ans, vit seul avec sa mère Rosie (Scarlett Johansson) à Falkenheim, une petite ville pimpante qui semble être restée à l’écart du conflit. La sœur aînée de Jojo, Inge, est morte et son père serait quelque part sur le front en Italie. Sa mère attentionnée, toujours sur son 31, sort tous les jours pour de mystérieuses activités. Jojo a deux amis, un garçon de son âge Yorki (Archi Yates), un petit gros à lunettes et un « ami imaginaire » qui n’est autre qu’Adolf Hitler (Taika Waititi), mais un Hitler d’opérette tel que peut l’imaginer un enfant de 10 ans.

Comme tous les gamins de son âge, Jojo est embrigadé dans les Deutsches Jungvolk, les Jeunesses hitlériennes à mi-chemin de la colonie scoute et du camp d ‘entraînement militaire. Le chef du camp, le capitaine Klenzendorf, ou capitaine K (Sam Rockwell) ne se fait, quant à lui, aucune illusion sur l’issue de la guerre.

Lors de son premier jour dans le camp, les nazillons qui le dirigent, obligent Jojo à tuer un lapin de sang froid pour montrer son courage. Celui-ci s’y refuse, ce qui lui vaut le surnom de Jojo Rabbit (Jojo-lapin). Mais, ne voulant pas passer pour un lâche au regard de ses camarades, il vole une grenade qui explose, le blessant au visage et à la jambe.

Après cela, alors que les gamins de son âge sont envoyés se battre lui est cantonné à distribuer des tracts et coller des affiches.

Un jour en rentrant chez lui alors que sa mère est absente, il découvre Elsa (Tomasin McKenzie), une jeune fille juive cachée dans le grenier.

Bien que nourri de propagande anti-juive, il se rend compte au cours des jours suivants qu’elle n’est pas si différente de lui et la couvre lorsqu’Elsa, lors d’une visite de la gestapo, se fait passer pour Inge.

Quelques jours après, Jojo découvre que sa mère a été pendue en place publique. Dévasté, il retourne chez lui dans le but de poignarder Elsa, qu’il rend responsable de la mort de sa mère, mais il ne va pas au bout de son geste et tombe dans les bras de la jeune fille qui le console.

Lorsque les Alliés prennent la ville, Jojo, qui erre au milieu des ruines revêtu d’un uniforme allemand, est arrêté et il est sauvé une nouvelle fois par le capitaine K.

Quand le fantôme d’Hitler lui apparaît et l’accuse de l’avoir trahi, Jojo, furieux, le jette par la fenêtre de sa chambre.

Mon opinion

Le film commence comme une comédie parodique avec des couleurs à la Wes Anderson soutenu par le standard des Beatles « I want to hold your hand » (en version allemande). Mais qu’on ne s’y trompe pas, sous ses dehors burlesques, ce film traite de la tragédie que fut, pour certains Allemands, le nazisme.    

J’ai personnellement beaucoup aimé ce film atypique et je regrette que la plupart des professionnels du cinéma (Télérama, Première, Les Cahiers du Cinéma…), n’aient visiblement pas vu sa dimension tragi-comique qui, par certains côtés, rappelle notre excellent et sous-estimé Papy fait de la résistance.

Mais la force et le courage du film de Taika Waititi est de nous présenter, sous la forme d’un conte, la guerre du côté des vaincus et à hauteur d’un enfant de dix ans dont l’univers a été détruit par les mensonges des adultes. La dernière scène où les deux enfants sortent de la maison et dansent sur la place où la vie reprend son cours normal est une formidable image de résilience et d’optimiste.   

mercredi 10 février 2021

LES ENFANTS DE LA CHANCE film de Malik CHIBANNE (FR-2016)

 

Les Enfants de la chance est un film français réalisé par Malik Chibane, sorti en 2016.

Résumé

Le film se déroule en 1942. Lorsque, lors d’une bagarre, Maurice (Matteo Perez), un jeune garçon juif de 12 ans, se brise la jambe, il assiste, depuis l'ambulance, à la rafle de toute sa famille qui sera emmenée à Drancy puis disparaîtra en camp de concentration. Les ambulanciers le conduisent à l’hôpital de Garches où le Dr. Daviel (Philippe Torreton) lui diagnostiquera une tuberculeuse osseuse. Il sera soigné avec d’autres enfants de son âge et, lors d’une descente de la Gestapo venue exiger qu'on leur livre les enfants juifs, le personnel de l’hôpital leur substituera des enfants en fin de vie afin que Maurice et son camarade soient épargnés.

A la Libération, sa tante, seule rescapée de sa famille, viendra le chercher et l’adoptera.  

Mon opinion

Ce film reprend, avec quelques libertés, le récit autobiographique de Maurice Grosman, N'habite plus à l'adresse indiquée. Le réalisateur réussit le tour de nous émouvoir sans toutefois tomber dans le pathos. Les jeunes acteurs sont magnifiques de fraîcheur et de sincérité. Philippe Torreton est remarquable en médecin courageux.  

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dimanche 17 mai 2020

MAÎTRES ET VALETS Série britannique (1971-1975 puis 2010-2012)



Maîtres et Valets (Titre original : Upstairs, Downstairs, littéralement : « En haut, en bas »), est un feuilleton télévisé britannique en 68 épisodes de 50 minutes, créé par Jean Marsh et Eileen Atkins et diffusé entre le 10 octobre 1971 et le 21 décembre 1975 sur le réseau ITV (London Weekend Television). Une deuxième série a été créée par Heidi Thomas et produite par la BBC (BBC Wales) ainsi que le réseau américain PBS pour sa série Masterpiece. Elle est composée de neuf épisodes de 60 minutes et a été diffusée du 26 décembre 2010 au 25 mars 2012 sur BBC One. Jean Marsh et Dame Eileen Atkins, cocréatrices de la série originale, ont fait partie de la nouvelle distribution. La 1ère série (1971-1975) était centrée sur la famille Bellamy. Six ans après la fin de la série originale, la seconde série s’intéresse à la famille Holland, qui emménage dans le même hôtel particulier. 

Présentation de la 2ème série (2010-2012)

La série se déroule à Londres pendant l’entre-deux guerres en pleine montée du fascisme. En 1936, le roi George V vient de mourir et son fils Edouard VIII lui succède pour un peu moins d’un an. Nous sommes en pleine montée du fascisme en Europe. Après un séjour aux Etats-Unis, Sir Hallam Holland (Ed Stoppard), un jeune diplomate, est nommé à Londres. Avec sa femme Agnes (Keeley Howes) ils emménagent au 165 Eaton Place, un hôtel particulier situé dans le quartier huppé de Belgravia. Le bâtiment n’a plus été occupé depuis le départ de la famille Bellamy, qui est au centre de la 1ère série (1971-1975). Agnes embauche Miss Rose Buck (Jean Marsh), l’ancienne gouvernante des Bellamy, pour recruter le personnel qui sera nécessaire pour diriger la maison. 

Elle embauchera :

- la cuisinière, Clarice Thackeray (Anne Reid)
- Harry Spargo, le chauffeur (Neil Jackson),
- M. Pritchard, le majordome (Adrian Scarborough)
- Johnny Proude, l’apprenti-valet (Nico Mirallegro)
- Les femmes de chambre, la mal-dégrossie Ivy (Ellie Kendrick) et Sarah, une réfugiée juive qui sera effondrée lorsqu'elle découvrira que le chauffeur est membre du parti nazi.

Peu de temps après arrive Lady Maud Holland (Eileen Atkins), la mère de Sir Hallam et belle-mère d’Agnes, accompagnée de son singe apprivoisé et de son secrétaire personnel, un Indien, M. Amanjit Singh (Art Malik). Forte personnalité, habituée à commander, elle s’impose dans la maison avec une poigne de fer qui ne peut que heurter la maîtresse de maison. Enfin arrive la sœur d’Agnes, Lady Percy (Claire Foy), une jeune écervelée qui jette son dévolu sur le chauffeur, Harry Spargo, fasciné par Oswald Mosley, fondateur de la British Union of Fascists.

Lors de leur 1ère réception, les Holland accueilleront Mrs. Wallis Simpson, arrivée au bras de l'ambassadeur du Reich Joachim Von Ribbentrop (Edward Baker-Duly), dont Sir Hallam ne goûte pas la présence. Par la suite, les Holland, qui font partie de la haute société, seront amenés à recevoir d’autres notabilités britanniques ou étrangères qui ont marqué cette période historique.     

Mon opinion

La force de cette série repose en priorité sur l’atmosphère « so British » dans laquelle elle baigne. Certes, elle rappelle fortement Downtown Abbey et Gosford Park mais la qualité des décors, des costumes, le jeu des acteurs, la subtilité des dialogues, alliés à la toile de fond historique dans laquelle elle se déroule, en font une série qui s'annonce comme passionnante.  

mardi 5 novembre 2019

AMEN drame historique de COSTA-GAVRAS (FR-2002)



Amen. est une co-production franco-germano-roumaine. Le film est un drame historique inspiré de faits réels et réalisé par Costa-Gavras. Il est sorti sur les écrans en 2002. Il s'agit d'une adaptation cinématographique de la pièce de théâtre Le Vicaire (Der Stellvertreter) de Rolf Hochhuth, critiquant l'inertie coupable du Vatican et particulièrement celle du pape Pie XII durant la 2de Guerre mondiale, à l'égard de l’extermination des Juifs. Les scénaristes ont aussi utilisé la biographie de Kurt Gerstein, L'espion de dieu, écrite en 1969 par Pierre JoffroyAmen. a été présenté en compétition officielle à la Berlinale 2002. Il a été nommé sept fois à la 28e cérémonie des César et a obtenu le César du meilleur scénario original ou adaptation.

Présentation

Le film se déroule pendant la 2ème Guerre mondiale. Kurt Gerstein (Ulrich Tukur), un ingénieur des mines allemand, travaille pour l'Institut d'hygiène. Bien que membre du parti nazi, il est horrifié lorsqu’il découvre que le gaz Zyclon B qu’il fournit aux nazis ne sert pas, comme il l’a cru, à la désinfection, mais alimente les chambres à gaz où l’on extermine les Juifs de toute l’Europe. Il prend tous les risques pour alerter les Américains et le Vatican sur ce qui est en cours en Allemagne. Comme allié, il trouve Ricardo Fontana (Mathieu Kassovitz), un jeune jésuite conseiller auprès du nonce apostolique en poste à Berlin. Lui ayant apporté les preuves de l’horrible réalité, il lui demande de l’introduire auprès du pape, certain qu’au vu des preuves rassemblées, ce dernier condamnera officiellement le régime nazi. Naïvement, Ricardo, dont la famille est très haut placée dans la hiérarchie vaticane, pense que le pape aura à cœur de révéler la triste vérité au monde. Mais ils doivent l’un et l’autre déchanter devant les tergiversations du Vatican et l’attitude attentiste du pape. Désespéré, Ricardo Fontana s’embarquera dans un convoi de déportés romains pour Auschwitz. Kurt Gerstein, dans sa tentative de libérer Ricardo du camp, se fera lui aussi arrêter mais survivra jusqu’à la fin de la guerre. Il sera cependant inculpé de crimes contre l’humanité par les Alliés qui ne voudront pas croire en sa bonne foi et se suicidera en prison. A contrario, l'infâme médecin nazi commandant du camp d'extermination (Ulrich Mühe) ne sera pas inquiété et, grâce à ses relations au Vatican, il obtiendra un visa pour l'Argentine. Le témoignage écrit de Kurt Gerstein servira malgré tout à faire condamner des criminels de guerre nazis lors du procès de Nuremberg. 

Mon opinion sur ce film

Je n’avais pas vu ce film lors de sa sortie au cinéma et je l’ai vu, il y a quelques jours, lors de sa rediffusion par la télévision. Je comprends qu’il n’ait pas plu au Vatican mais ses pires détracteurs ont été des organisations catholiques qui ont voulu en faire interdire l’affiche, dessinée par Oliviero Toscani, qui mêlait croix chrétienne et croix gammée. Elles ont été heureusement déboutées. Le film, bien que prenant de bout en bout, n’a cependant pas la force d’autres réalisations sur cette triste période (et en tout cas ni la force des formidables Z ou L'Aveu), comme La liste de Schindler ou le terrible Le garçon au pyjama rayé, qui vous prennent littéralement à la gorge, ou encore l'admirable Jardin des Finzi-Contini du grand Vittorio de Sica. Mais c’est un film salutaire qui a le mérite de révéler la lâcheté coupable dont ont fait preuve les autorités vaticanes dans cette pénible période, bien loin de la responsabilité morale dont elles se revendiquent.  

lundi 13 mai 2019

LE LABYRINTHE DU SILENCE film historique de G. RICCIARELLI (D-2014)




Le Labyrinthe du silence (Im Labyrinth des Schweigens) est un film dramatique historique allemand coécrit et réalisé par Giulio Ricciarelli, sorti en 2014.

Présentation

L’action se déroule à Francfort (Allemagne), en 1958. Le jeune procureur Johann Radmann (Alexander Fehling) est chargé par son supérieur, le procureur général Fritz Bauer (Gert Voss) de préparer l’accusation des responsables du camp d'Auschwitz en vue de les traduire devant la justice. 

Le film s'inspire de ce que l'on a appelé le « Second procès d'Auschwitz ». Le personnage principal est un portrait composite de trois procureurs historiques : Joachim Kügler, Georg Friedrich Vogel et Gerhard Wiese. Des protagonistes ayant réellement existé - le procureur général juif, Fritz Bauer et le journaliste Thomas Gnielka (André Szymanski) - y sont également incarnés. Radmann, jeune et idéaliste, se focalise en particulier sur le Dr Josef Mengele, surnommé l’Ange de la mort, qui pratiqua de 1943 à 1945 d’épouvantables expériences de vivisection sur des prisonniers du camp, en particulier sur des enfants. Radmann se trouve alors confronté à la politique du secret des autorités allemandes qui font tout pour empêcher la révélation des preuves et retarder les poursuites, en particulier contre les notables dont beaucoup se sont recasés dans le civil, après la fin de la guerre, sans être inquiétés le moins du monde. L’entêtement de Radmann finira toutefois par payer puisque le procès dit « d’Auschwitz » se tint entre décembre 1963 et août 1965 et visa 22 membres de la direction du camp de la mort. Malheureusement, malgré les mandats d'arrêt émis par le gouvernement allemand et les opérations clandestines du service de renseignement israélien du Mossad, Mengele, qui s’était réfugié en Argentine, mourut au Brésil en 1979 sans avoir pu être jugé.

Mon opinion sur ce film

Le film, que j’ai vu le 12/5/2019 sur RMC Story présente comme un thriller des faits relativement ignorés et montre bien comment un pays, dans une démarche schizophrène, a préféré ignorer son passé que de chercher la vérité et la justice. Nous savons tous que de nombreux criminels nazis se sont enfuis en Amérique du sud à la fin de la guerre et ont continué à vivre sous de faux noms sans être inquiétés. Mais, personnellement, je ne savais pas que les autorités allemandes avaient été à ce point complices et à un niveau aussi élevé. Le film est captivant et bouleversant. Belle prestation d’Alexander Fehling dans le rôle du procureur Radmann.

dimanche 24 février 2019

ALIAS CARACALLA, AU CŒUR DE LA RÉSISTANCE, téléfilm d'Alain TASMA (FR-2013)



Alias Caracalla, au cœur de la Résistance est un téléfilm dramatique historique français en deux parties, réalisé par Alain Tasma, diffusé en 2013.

Présentation

Ce téléfilm est en deux épisodes : Les Rebelles du 17 juin et Rex (pseudonyme de Jean Moulin).
Il reprend le récit de Daniel Cordier, compagnon de la Libération, dans son livre autobiographique Alias Caracalla (Paris, Gallimard, 2009), de juin 1940, et sa mission en France comme secrétaire de Jean Moulin, jusqu'au 23 juin 1943, date de l’arrestation et de la mort de Jean Moulin à Lyon.

Daniel Cordier a 20 ans quand il s’engage dans la France Libre en juin 1940. Venu de l’Action française, ses convictions d’extrême droite auraient plutôt dû le rapprocher de Pétain. Mais, après la défaite française, il choisit de poursuivre le combat en Afrique du Nord et se retrouve à Londres où il se rallie aussitôt à la France libre et devient, deux ans plus tard, le collaborateur et homme de confiance de Jean Moulin, de 1942 à 1944.

Distribution
  • Jules Sadoughi : Daniel « Alain » Cordier
  • Éric Caravaca : Jean « Rex » Moulin
  • Nicolas Marié : Georges « Bip » Bidault
  • Jean-Michel Fête : Henri « Charvet » Frenay
  • Léo-Paul Salmain : François Briant
  • Gauthier Battoue : Philippe Marmissolle-Daguerre
  • Julie Gayet : Marguerite Moret
  • Louis-Do de Lencquesaing : « Bernard » d’Astier de La Vigerie
  • Laurent Stocker : Pierre « Brumaire » Brossolette
  • Grégory Gadebois : Yvon « Léo » Morandat
  • Thierry Hancisse : Yves « Grégoire » Farge
  • Lou de Laâge : Suzanne « Suzette » Olivier
  • François Loriquet : Monsieur Moret
  • Géraldine Martineau : Laure « Mado » Diebold
  • Lazare Herson-Macarel : Hugues « Germain » Limonti
  • Olivier Chantreau : Paul « Kim » Schmidt
  • François Civil : Maurice « Salm » de Cheveigné
  • Milan Mauger : Stéphane Hessel
  • Laurent Capelluto : Raymond Aron

Mon opinion

Je n’avais pas encore vu ce téléfilm, pourtant sorti en 2013 et, depuis, diffusé à plusieurs reprises par la télévision. Je l’ai finalement visionné hier soir (23/02/2019) sur la chaîne RMC.

Je n’ai pas encore lu le livre de Daniel Cordier dont est tiré le film mais, autant que j’ai pu en juger, l’adaptation m’a paru fidèle. J’ai surtout apprécié le réalisme des reconstitutions de l’époque et le jeu sobre des acteurs, Jules Sadoughi, en tête, qui incarne Alain, pseudonyme de Cordier, et Eric Caravaca, qui joue le rôle de « Rex », autrement dit Jean Moulin. Mais, ce qui est la réussite d’une bonne réalisation, ce sont aussi les seconds rôles, particulièrement bien traités ici. Certains critiques ont reproché à ce film son manque d’action. Je trouve au contraire que c’est une de ses qualités de rendre avec finesse la tension permanente que vécurent ces héros « de l’ombre » qui ne rend que plus magnifique le sort terrible dont certains ont été les victimes. Le film m’a aussi beaucoup intéressé quand il montre les difficultés qu’a rencontré Jean Moulin pour organiser et unifier des mouvements au départ animés d’opinions et d’objectifs différents, voire irréconciliables. Il décrit aussi admirablement l’immense solitude de ces « héros du quotidien », baignant dans la délation et les risques permanents de la trahison. Cela m’a donné envie d’approfondir cette période que je connais mal.

mardi 1 janvier 2019

L'AS DES AS, comédie de Gérard OURY (FR-D 1982)




L’As des as est une comédie franco-allemande avec Jean-Paul Belmondo, réalisée par Gérard Oury, et sortie en 1982.

Présentation

En 1916, lors de la Première Guerre mondiale, deux pilotes d’avion, le Français Jo Cavalier (Jean-Paul Belmondo) et l’Allemand Günther von Beckmann (Frank Hoffmann) s’affrontent en combat aérien. Après s’être posés en catastrophe, les deux hommes se battent, mais se sauvent mutuellement la vie. Vingt ans plus tard, en 1936, Jo est devenu l’entraîneur de l’équipe française de boxe, équipe qui doit se rendre à Berlin pour participer aux Jeux olympiques, dans une Allemagne vivant sous le régime nazi d’Adolf Hitler.

Après un combat de boxe gagné par le boxeur poulain de Cavalier, l’équipe se retrouve dans le restaurant L’as des as, appartenant à Jo, où débute un débat sur la question « Faut-il aller ou non aux Jeux olympiques ? ». Jo répond qu’il y va à contre-cœur car il n’a nullement l’intention de défiler devant Hitler le bras tendu. Gabrielle Belcourt (Marie-France Pisier), une journaliste que Jo a malencontreusement bousculée et qu’il a provoquée, le piège en écrivant un article dans lequel elle révèle que Jo ne fera pas allégeance à Hitler. Elle doit aussi rejoindre Berlin où elle doit interviewer le Führer. Jo et la journaliste se retrouvent dans le train. Au cours du voyage, Jo rencontre un enfant juif de dix ans, Simon Rosenblum (Rachid Ferrache) qui lui demande un autographe. A l’arrivée en gare de Berlin, il prend en charge le garçon que personne n’est venu attendre pour le ramener chez ses grands-parents, gérants d’une librairie. Mais lorsqu’ils arrivent sur place, Jo tombe sur des agents de la Gestapo en train de mettre à sac le magasin. De retour à l’hôtel, il retrouve Simon revenu avec toute sa famille, qui fuient les nazis et, avec la complicité de Gabrielle et de son ami Günther, devenu un haut gradé de la Wermacht qui ne partage pas les idées d’Hitler, il les aide à fuir.

Mon opinion

Certes, le film est une comédie, voire, par moments, une farce. Mais il est beaucoup plus profond qu’il n’y paraît. Il aborde en effet avec intelligence l’attitude ambiguë des grandes puissances (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France…) dont l’aveuglement et la lâcheté ont permis à Hitler de mettre le monde à feu et à sang et d’instaurer une barbarie d’Etat dont les prémices étaient déjà évidentes en 1936. Le film doit aussi beaucoup au jeu très attachant du jeune Rachid Ferrache et à la belle affection qui naît entre Jo et Simon. Belmondo, comme toujours est flamboyant. Quant à Marie-France Pisier, elle est royale. Un coup de chapeau aussi à la performance de l’acteur qui joue à la fois Hitler et… sa sœur (Günter Meisner). Signalons aussi la brève apparition, dans le rôle d’un boxeur anonyme, de Florent Pagny qui, malgré son jeune âge, en était déjà à son 3ème rôle au cinéma. Sa notoriété de chanteur fait trop souvent oublier qu’entre cinéma et films de télévision, il a incarné pas moins d’une 30e de rôles. Il y aurait encore beaucoup à dire sur ce film : en particulier rendre hommage à la qualité du chef opérateur, Xavier Schwarzenberger, un autrichien qui a aussi tourné avec Fassbinder.       

jeudi 2 août 2018

EUROPA, EUROPA film d'Agnieszka HOLLAND (FR-D-PL 1990)



Europa Europa (Titre original : Hitlerjunge Salomon) est un film franco-polono-allemand réalisé par Agnieszka Holland, sorti en 1990. Le film est une adaptation de l'autobiographie de Salomon Perel. Il a été nominé pour recevoir l'Oscar du meilleur scénario adapté en 1991.

Résumé

Le film commence par la circoncision de Salomon « Sally » Perel, né le 20 avril 1925, dans une famille juive à Peine, localité proche de Brunswick en Allemagne.

En novembre 1938, à la veille de la Nuit de Cristal au cours de laquelle Bertha, la sœur de Salomon, qui doit fêter sa Bar Mitzvah (fête du passage à l’âge d’homme, soit 13 ans pour les juifs), est tuée.
La famille Perel, mesurant le danger, fuit alors l'Allemagne pour s'établir à Lodz en Pologne, ville d'origine du père, où elle se croit en sécurité.

Mais, le 1er septembre 1939, c’est l’invasion de la Pologne par les armées d'Hitler. Leurs parents décident alors de les envoyer, son frère aîné Isaac et lui, vers l'est. Au passage de la rivière Bug, les deux frères sont séparés. Salomon tombe entre les mains des Soviétiques qui, vu son jeune âge, l’envoient dans un orphelinat à Grodno où il apprend le russe et devient un membre des jeunesses communistes.

Le 22 juin 1941, les Allemands, malgré le pacte signé entre Hitler et Staline, attaquent l'Union soviétique et l'orphelinat est bombardé. Sally est à nouveau séparé de ses amis et se retrouve à errer avec les autres réfugiés jusqu’à ce qu’il soit capturé par la Wermacht. Il échappe à la mort grâce à sa parfaite maîtrise de l’allemand et est incorporé dans l’armée allemande et, en raison de son jeune âge, il devient la mascotte du régiment, sous le nom de Joseph « Jupp » Peters.

Lors d’une attaque de son unité par les soldats russes, Jupp est le seul survivant. Arguant de son statut de jeune communiste, il est sur le point de se rendre aux Soviétiques, mais, au moment où il arrive à leur niveau, ce sont ces derniers qui capitulent devant les renforts allemands et Jupp, bien malgré lui, devient, pour les Allemands, un héros de guerre qui, à lui seul, s’est rendu maître des ennemis.

Apprécié de tous, y compris du commandant de son unité, antisémite convaincu, qui n'a pas d'enfants et se montre disposé à l'adopter, Jupp est envoyé en Allemagne où il intègre les Hitlerjugend destinés à former la nouvelle élite du Reich. Vivant dans la hantise que l’on découvre qu’il est juif, il est protégé par son statut de héros, et parvient à traverser toute la guerre.

Lors des derniers combats, Jupp, sur le point d’être découvert, se rend aux troupes soviétiques mais il est à deux doigts de se faire exécuter comme nazi quand son frère Isaac, rescapé des camps et de la liquidation du ghetto de Łódź, le reconnaît in extremis et atteste de son statut de juif.

Divergences avec le livre

Dans la réalité, Salomon Perel fut fait prisonnier par les Américains, le 21 avril 1945, au lendemain de son 20e anniversaire. Il fut employé par les autorités d'occupation soviétiques avant de s'enfuir à l'Ouest et de retrouver son frère Isaac à Munich. Leur frère aîné David, qui a survécu lui aussi, était parvenu à fuir en Palestine où Sally le rejoignit finalement, débarquant à Haïfa en juillet 1948. Il participera à la guerre d'indépendance d'Israël. D’autres différences importantes sont notables entre le récit et le film. 

Acteurs
La réussite du film repose en grande partie sur la qualité du jeu de Marco Hofschneider, le jeune acteur qui incarne Salomon Perel adolescent. Sa candeur et son naturel auraient dû, à mon avis, lui valoir un prix d’interprétation amplement mérité. C’est son frère Rene qui joue le rôle d’Isaac, son aîné dans le film. On remarque aussi la présence de Julie Delpy, l’actrice franco-américaine, qui incarne Leni, et André Wilms, le soldat Robert Kellerman.

Mon opinion sur ce film   

Avec Europa, Europa, la réalisatrice polonaise, très marquée par l’holocauste et le communisme de par son histoire familiale, a réussi, avec ce film, à nous faire comprendre le terrible dilemme que fut celle des juifs polonais, mais aussi de l’ensemble du peuple polonais, écartelés entre le nazisme et le communisme. 

Europa, Europa est sans nul doute l’un des meilleurs films de la réalisatrice, en tout cas bien meilleur que le scabreux Total eclipse (1995), sur la relation amoureuse entre Rimbaud et Verlaine, qui m’a laissé un goût désagréable. J’avais par contre beaucoup aimé d’elle un très joli film sur l'enfance, The secret garden (1993), que je vous recommande. Europa, Europa a obtenu le Golden Globe Award du meilleur film étranger, récompense, selon moi, tout à fait méritée. Je voudrais aussi faire une mention spéciale pour la musique du film, composée par Zbiegnew Presner, dont les compositions ont été récompensées par deux Césars.    

Si ce film vous a plu, je vous recommande aussi :

jeudi 17 mai 2018

AMNESIA film de Barbet SCHOEDER (FR/SUISSE 2015)



Amnesia est l’avant-dernier film de Barbet Schroeder, le réalisateur de More. Amnesia est sorti en 2015 avec, dans le rôle principal, l’actrice Marthe Keller et le jeune acteur allemand Max Riemelt. Le film se déroule à Ibiza.

Résumé

L'action se situe en 1990, un an après la chute du mur de Berlin. Martha (Marthe Keller), allemande, née en 1920, est installée à Ibiza depuis la fin de la guerre. Traumatisé par ce qu’elle a vécu pendant cette période, elle a tout rejeté de l’Allemagne, refusant même de s’exprimer dans sa langue natale.  
Elle fait alors la rencontre d’un jeune musicien techno allemand, Jo (Max Riemelt), qui a loué la maison au-dessus de la sienne. Dans un premier temps, elle lui cache qu’elle est allemande et qu’elle hait son pays. De cette rencontre naissent des liens et une affection réciproque pudique qui les amèneront, l’un et l’autre, à reconsidérer leurs convictions. Lors de la visite de sa mère et de son grand père (Bruno Ganz), Jo découvrira brusquement que la bulle dans laquelle il a été élevé est un mensonge. Quant à Martha, elle fera le chemin inverse et se réconciliera avec son pays, se rendant compte que nier son passé est une forme de lâcheté.

Mon opinion sur ce film

Je n’avais pas vu ce film lors de sa sortie et j’ai profité de sa diffusion sur Arte pour le visionner. J’aime beaucoup Marthe Keller depuis que je l’avais découverte, il y a bien longtemps, au côté de Louis Velle, dans le téléfilm La demoiselle d’Avignon (1972) qui l’avait imposée en France. C’est une actrice fine et racée qui est parfaite dans le rôle de cette musicienne qui a renoncé à tout son passé pour se reconstruire dans un cadre idyllique.

Amnesia  c’est d’abord le nom de la boîte de nuit ou Jo rêve d’exercer ses talents de DJ mais c’est aussi l’amnésie volontaire que s’est imposée, d’une part Martha, et de l’autre la famille de Jo. Une triple amnésie en quelque sorte !   

Malgré sa présence lumineuse, ce film n’est pas un chef-d’œuvre et passe un peu à côté de son sujet. Max Riemelt, qui joue le rôle de Jo, est sympathique mais on croit assez peu à sa sincérité lorsqu’il déclare sa passion à Martha. Quant aux dernières images du film, on tombe vraiment dans le ridicule en découvrant sans transition une Marthe Keller artificiellement vieillie en bonne grand-mère qui reçoit la visite du jeune couple fait de Jo, de sa femme et de leur jeune enfant.

Heureusement, les paysages d’Ibiza, magnifiquement filmés par Luciano Tovoli, directeur de la photographie italien, rachètent quelque peu les maladresses du réalisateur dont le propos reste malgré tout intéressant.

Très belle prestation de Bruno Ganz dans le rôle du grand-père qui, devant l'inflexibilité de cette femme, confesse qu'il a collaboré, contre sa volonté avec les nazis, chose qu'il avait jusque-là caché à sa famille.

On aurait aussi pu attendre mieux de la bande son, assez décevante, aussi bien en ce qui concerne les "compositions" du DJ que les interprétations au violoncelle... 

lundi 9 avril 2018

LA LISTE DE SCHINDLER film de Steven SPIELBERG (USA- 1993)



La Liste de Schindler (Schindler's List) est un film dramatique et historique américain réalisé par Steven Spielberg, sorti en 1993, avec Liam Neeson, Ben Kingsley et Ralph Fiennes dans les rôles principaux.

Le film, inspiré du roman homonyme paru en 1982 de Thomas Keneally, décrit comment Oskar Schindler, un industriel allemand, réussit pendant la Seconde Guerre mondiale à sauver environ 1 200 Juifs promis à la mort dans le camp de concentration de Płaszów, sans pour autant occulter les travers d'un personnage un peu ambigu et cherchant à tirer un profit matériel de la situation.

Le film existe en DVD (2 DVD – durée 3.15 H avec d’intéressants bonus.

Présentation

À Cracovie (Pologne), durant la Seconde Guerre mondiale, l’ordre est donné par les Allemands de parquer tous les juifs dans le ghetto de Cracovie. Oskar Schindler (Liam Neeson), un industriel allemand, membre du parti nazi, corrompt des membres de la Wehrmacht et des officiers SS pour obtenir, parmi la population juive, une main d’œuvre qui ne lui coûtera rien et relancer la production d’une usine de métal émaillé en faillite. Pour les recruter, il engage un comptable juif, Itzhak Stern (Ben Kingsley). Celui-ci est par ailleurs un représentant local de la communauté juive et a des contacts parmi le marché noir et la communauté juive des affaires. Stern aide alors Schindler à trouver des financements pour lancer son entreprise. Schindler, qui, dans un premier temps, ne se préoccupe pas du sort des Juifs, devient l’ami intime d’Amon Göth (Ralph Fiennes), le commandant du camp, un sadique qui fait régner la terreur parmi les prisonniers.

Ayant pris conscience, lors de la liquidation du ghetto, de l’horreur et de la folie nazie, il fera tout pour protéger le maximum de Juifs en les embauchant dans son usine, où ils sont à l’abri des exactions de Goeth. Il fait alors inscrire leur nom sur la « liste de Schindler » qui finira par compter 1200 noms qui échapperont ainsi à la « solution finale ».

En 1945, lors de la fin de la guerre, Oskar Schindler et sa femme, ruinés, quittent le pays. Schindler est pourchassé comme membre du parti nazi et comme un profiteur de guerre. Fuyant l'avancée de l'armée rouge, il se rend aux Américains et il obtiendra la reconnaissance de « Juste parmi les Nations » décernée à ceux qui ont sauvé des Juifs.    

Dans les scènes finales, on peut voir la pendaison de Göth et un résumé de la vie de Schindler après la guerre. Puis le film en noir et blanc se colorise pour montrer les Schindlerjuden (Les « Juifs de Schindler ») accompagnés des acteurs du film venus, de nos jours, déposer des pierres sur la tombe de Schindler située dans le cimetière chrétien de Jérusalem. Dans la dernière scène, l'acteur Liam Neeson y dépose deux roses.  

Autour du film

Dans le bonus qui suit le film, Steven Spielberg présente l’extraordinaire travail de mémoire fait par la Shoah Foundation, la Fondation des archives de l'histoire audiovisuelle des survivants de la Shoah, qu’il a fondée en 1994 pour recueillir le témoignage de 52 000 rescapés (https://sfiaccess.usc.edu/).  
En 2004, La Liste de Schindler est sélectionné par la bibliothèque du Congrès pour être conservé au National Film Registry pour son « importance culturelle, historique ou esthétique ».

La Liste de Schindler est classé dans le Top 100 de l'American Film Institute à la huitième position. Il est également sixième dans le classement des meilleurs films de tous les temps sur le site de référence IMDB avec une note de 8,9⁄10. Par ailleurs, les personnages d'Oskar Schindler et Amon Göth sont classés parmi les « 100 Héros et Méchants » du cinéma.

Mon opinion sur ce film

J’ai ce film depuis plusieurs années dans ma DVDthèque mais je n’avais encore jamais eu le courage de le voir. Je m’y suis pris en trois fois, tant il est long (3.15 H et plus de 4 H avec les bonus). Le film décrit toute l’horreur et la folie du système nazi, appliqué à la population de Cracovie. J’avais déjà vu Le pianiste, de Roman Polanski, que je considère comme un chef-d’œuvre. Le film de Spielberg est bouleversant. Certaines scènes sont particulièrement difficiles à supporter. Mais je n’ai jamais ressenti l’émotion qui m’a saisi en visionnant Le Pianiste, en particulier la scène où l’officier SS l’oblige à jouer pour lui la Sonate de Chopin

Récompenses

Si le film lui-même a été multirécompensé (en particulier par trois Golden Globes et sept Oscars), il n'en a pas été de même des acteurs. Liam Neeson, dont c'est sans doute le plus grand rôle au cinéma, n'a, malgré une nomination aux Golden Globes, pas obtenu une récompense, pourtant amplement méritée, pour son jeu complexe. Seul Ralph Fiennes a obtenu un BAFTA comme "meilleur acteur dans un second rôle", ce qui est la moindre des choses pour son interprétation glaciale d'Amon Göth qui préfigure à 14 ans de distance, un autre meurtrier pyschopathe, l'effrayant Lord Voldemort dans Harry Potter

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