samedi 21 juin 2014

LE JARDIN DES FINZI-CONTINI de Vittorio de Sica (IT-1970)


Film réalisé par Vittorio de Sica en 1970 à partir du court roman, ou une longue nouvelle éponyme de l'écrivain italien antifasciste  Giorgio Bassani, publié en 1962. Il raconte les relations entre jeunes gens de la bonne société  juive de Ferrare, dans les années 30, au début du fascisme. Le film a remporté l'Ours d'or à Berlin en 1971 et  un Oscar du meilleur film étranger l'année suivante.
            Bassani n'a pas été associé au scénario et a critiqué le film car, selon lui, il était trop éloigné de son roman, ce qui n'est pas faux. C'est néanmoins un film magnifique réédité en DVD en 2007 par M6 Vidéo dans une version entièrement remastérisée et augmentée d'intéressants bonus.

 Synopsis

           A Ferrare, tout le monde connaît les Finzi-Contini, grands bourgeois retranchés à l'intérieur des murs de leur palais, entouré d'un immense parc (qui joue un bien plus grand rôle dans le livre que dans le film, où il n'apparaît que comme un vague décor).
         Le livre commence aussi plus tôt que le film et raconte les brèves rencontres entre Micol (interprétée par Dominique Sanda) et son frère Alberto (Helmut Berger), les enfants de la famille Finzi-Contini, à la synagogue et lors des examens qu'ils viennent passer en candidats libres au collège de la ville, avec les autres enfants de Ferrare.
Cette partie est quasi absente du film, sauf sous forme de courts flash-backs, difficiles à comprendre pour quelqu'un qui n'aurait pas lu le livre.
         Le film, lui, ne commence vraiment qu'au début de l'été 1938, alors que les lois raciales promulguées par Mussolini interdisent aux jeunes gens juifs d'utiliser les courts de tennis publics de Ferrare.
        La famille Finzi-Contini, qui possède un court privé, ouvre alors l'accès de son parc aux jeunes gens et leur permet de venir s'y entraîner. Au cours des mois qui suivent, les visites du héros, Giorgio (Lino Capolicchio), qui n'est autre que l'auteur du livre, vont se faire quotidiennes et l'amour va naître entre le narrateur et le belle Micol alors que son frère Alberto meurt doucement d'une maladie non précisée.
        Dans le film, l'amour de Giorgio pour Micol, qui  le considère comme un gamin, et le fait qu'il découvre qu'elle le "trompe" avec le meilleur ami de son frère, Malnate (Fabio Testi), qu'elle a d'abord repoussé, est mis en évidence alors que ces relations sont abordées de manière beaucoup plus subtiles dans le livre. C'est sans doute cela qui a déplu à l'auteur, dont l'écriture, tout en délicatesse, s'accorde mal à une lecture unique telle qu'elle nous est imposée dans le film. 
        En Italie, le régime fasciste multiplie les mesures vexatoires contre les juifs mais la famille Finzi-Contini, pilier de l’aristocratie de Ferrare depuis des générations, refuse de croire à l'imminence de la menace alors que, hors des murs, le pire se déroule.
Le film se clôt en 1943 sur les images terribles de l'arrestation de la famille Finzi-Contini et du père de Giorgio, et de leur rassemblement, avant d'être déportés,  dans l'école où les enfants s'étaient connus. La fin prend littéralement à la gorge quand Micol, soutenant sa grand-mère qui n'a plus toute sa tête, regarde, par les fenêtres sales de la salle de classe, les frondaisons du jardin des Finzi-Contini que l'on devine au-delà des remparts de Ferrare. La musique qui accompagne ces images, celle d'un chant funèbre en yiddish, est d'une sublime et tragique beauté.
        Le film a reçu, dès sa sortie, un accueil chaleureux. Il faut dire que son réalisateur n'était pas n'importe qui puisqu'il s'agissait de Vittorio de Sica, alors au sommet de sa gloire. Certains critiques l'ont cependant trouvé d'un romantisme extrême, à la limite de la mièvrerie et de la sensiblerie, ce qui ne se justifie qu'en partie, la fin du film, avec le décès d'Alberto, presqu'immédiatement suivi de l'arrestation de la famille Finzi-Contini et son enfermement dans l'école, concluant sur une note qui ne peut être en aucune manière qualifiée de mièvre.
        Dernière remarque. Certains pourraient rechigner à revoir un film qui a près de 30 ans. Ce serait dommage car c'est une œuvre qui, à la différence de beaucoup, n'a pas pris une ride. Ses héros sont toujours jeunes et beaux et  ils le resteront à jamais ainsi gravés pour l'éternité sur la pellicule. Les terribles évènements qu'ils rappellent seront hélas, eux aussi, toujours d'actualité et la folie meurtrière des hommes envers d'autres hommes, l'iniquité, la cruauté font et feront toujours partie de l'âme humaine.

        Mais, quelles que soient les qualités du film, il faut aussi lire le livre de Bassani car il apporte une dimension poétique et quasi-métaphysique que l’on ne retrouve pas dans le film.  

1 commentaire:

  1. Bonsoir Roland, je n'ai pas lu le roman de Bassini (une lacune de ma part) mais j'ai revu le film il y a quelques mois et je l'ai trouvé très beau et bien entendu douloureux : les décors, les costumes, les acteurs, la musique, une ambiance générale. Une histoire tragique. Et Dominique Sanda était bien jolie.

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