jeudi 30 avril 2015

THEOREME film de Pier Paolo Pasolini (IT-1968)




Théorème (Teorema) est un film italien de Pier Paolo Pasolini. Il porte avant tout une vive critique de la bourgeoisie italienne (1968).

Synopsis

Annoncé par un télégramme, un personnage mystérieux d'une étrange beauté (Le visiteur : Terence Stamp, alors âgé de 29 ans) séjourne dans une riche famille milanaise. Les uns après les autres, tous les membres de la famille ont des rapports sexuels avec le visiteur, changeant radicalement la vie de chacun.

Distribution

  • ·         Terence Stamp : le Visiteur
  • ·         Silvana Mangano : Lucia, la mère
  • ·         Massimo Girotti : Paolo, le père
  • ·         Laura Betti : la servante
  • ·         Ninetto Davoli : Angelino, le Messager
  • ·         Anne Wiazemsky : Odetta, la fille
  • ·         Andrés José Cruz : Pietro, le fils
  • ·         Carlo De Mejo : un amant occasionnel de Lucia

Musique : Ennio Morricone

Autour du film

A sa sortie (Festival de Venise : septembre 1968 ; France : 25 janvier 1969), le film fit un énorme scandale. En Italie, sa saisie fut réclamée devant un tribunal romain pour « obscénité ». Le tribunal  réfuta les assertions de l'accusation et leva le séquestre du film. « Le bouleversement que m'a causé Théorème - déclara le président du tribunal - n'est nullement sexuel, il est essentiellement idéologique et mystique. Comme il s'agit essentiellement d'une œuvre d'art, elle ne peut pas être obscène. Un autre procès eut lieu à Venise à la fin du mois de novembre 1968. Pasolini y assura sa propre défense et déclara en substance : « Mon film, comme toutes les scènes qui le composent, est un film symbolique. »

A contrario, l’institution dont on aurait pu attendre le plus de réactions, l’Eglise catholique, récompensa le film : il obtint même le grand prix de l'Office catholique international du cinéma (OCIC), ce qui causa des réactions très vives parmi le public catholique. A l’époque, le jury de l'OCIC était présidé par un jésuite canadien du nom de Marc Gervais, admirateur de l'œuvre de Pasolini. Mais six mois plus tard, cédant aux critiques venues des parties les plus conservatrices de l’Eglise, l'Office catholique désavoua son jury, et regretta officiellement l'attribution du prix à Théorème.

Le Festival de Venise décerna le Prix d’interprétation féminine à Laura Betti.  

KRISTIN SCOTT THOMAS (Actrice franco-britannique)




Kristin Scott Thomas est une actrice anglo-française née le 24 mai 1960. 

Elle a fait ses études secondaires en Grande-Bretagne et les a poursuivies à l'Ecole nationale supérieure des arts et techniques du spectacle de Paris, mieux connue sous le nom d'Ecole de la Rue Blanche, qui a formé un grand nombre d’artistes français, comédiens, réalisateurs, décorateurs, costumiers, éclairagistes, etc.

Elle a commencé une carrière au cinéma en 1986 et a tourné avec nombre de metteurs en scène avant que Roman Polanski lui confie le rôle de Fiona dans Lunes de fiel (1992). Curieusement, dans le film suivant, Quatre mariages et un enterrement de Mike Newell (1994), son personnage portera à nouveau le prénom de Fiona. Mais c'est surtout le rôle de Katharine Cliffton dans le film Le patient anglais d' Anthony Minghella quelle deviendra une star internationale.

L'année suivante, on la retrouvera dans le rôle d'Annie, la maman de Grace, dans le beau film de Robert Redford, L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux (1998).
Dans La femme du Ve (2011), d'après le roman à suspens de Douglas Kennedy, elle joue le rôle de l'énigmatique et inquiétante Margit au côté d'Ethan Hawke.

Elle a tourné à ce jour dans plus 70 films, une 10e de pièces de théâtre et plusieurs séries télé. 
C'est une actrice élégante et racée qui a touché à beaucoup de rôles et est aussi à l'aise dans la comédie que dans la tragédie où elle excelle particulièrement.

Parmi ses autres films qui comptent (outre les films cités) :

  • ·         Nowhere boy de Sam Taylor-Wood (2010)
  • ·         Elle s’appelait Sarah de Gilles Paquet-Brenner (2010)
  • ·         Dans la maison de François Ozon (2012)
  • ·         Bel-ami de Declan Donnellan et Nick Ormerod (2012)
  • ·         Des saumons dans le désert de Lasse Hallström (2012)

Distinctions

  • ·         BAFTA Awards du meilleur second rôle pour Quatre mariages et un enterrement (1995)
  • ·         Prix Lumière 2011 de la meilleure actrice pour Elles’appelait Sarah
  • ·         Multinominée pour Le Patient anglais.

mercredi 29 avril 2015

L'HOMME QUI VOULAIT VIVRE SA VIE film d'Eric Lartigau (FR-2010)


L'Homme qui voulait vivre sa vie est un film français d'Éric Lartigau inspiré du livre du même nom de Douglas Kennedy, sorti le 3 novembre 2010.

Synopsis

Paul Exben (Romain Duris), jeune avocat d'affaire, jeune loup aux dents longues, est marié, père de deux enfants qu'il adore, et vit confortablement dans les beaux quartiers. Tout serait parfait si son mariage ne battait de l'aile. Sa femme Sarah (Marina Foïs) le trompe avec leur voisin, Greg (Eric Ruf), un photographe raté.

Paul tue accidentellement Greg à qui il est venu demander des comptes sur ses relations avec sa femme. Après s’être débarrassé du corps, il usurpe son identité et part pour un long périple.

Au bout de son errance, il échoue dans un petit pays d'Europe centrale (une correspondante m'a dit qu'il s'agissait du Montenegro). Comme dans le livre, le héros - qui avait toujours rêvé d'être photographe et, en s'enfuyant après le meurtre, avait emporté avec lui le matériel photographique de sa victime - se met à faire des photos et se révèle avoir du talent.

Mon jugement sur ce film

Déjà, l'affiche, affreuse, ne donne vraiment pas envie d'aller voir le film (sur l'affiche, Romain Duris fait plus penser à un tueur fou, à Raspoutine, que sais-je... qu'au personnage qu'il incarne). J’avais, par ailleurs, adoré le livre de Douglas Kennedy mais je n’imaginais pas que l’histoire, si « américaine », puisse être transposée en Europe. Par ailleurs, je ne suis vraiment pas fan de Duris et je ne le voyais pas du tout dans ce rôle. Je l'avais trouvé bien dans l'Auberge espagnole mais, depuis, son côté "speedé" m'énerve et sa diction "à la mitraillette", l'un des grands défauts des acteurs français, m'insupporte. 

Jusque-là, le film est fidèle au roman si ce n'est pour la scène "grand-guignolesque" où Paul se débarrasse du corps de son rival avec une maladresse qui aurait immédiatement conduit en tôle n'importe lequel d'entre nous. Pour disparaître, il choisit de faire croire qu'il s'est noyé en mer. Tout cela est bien moins crédible que dans le roman. Malgré tout, Paul parvient à quitter le France sans être inquiété et se retrouve seul, démuni de tout, dans un pays étranger.

Là, il rencontre un Français expatrié, Bartholomé (Niels Arestrup) qui, malgré ses airs de clochard, reconnaît en Paul le talent d'un grand photographe, et le fait exposer. C'est là que, pour notre héros, tout dérape. Comme dans le roman, le succès rend son anonymat, qui avait valeur pour lui de sauf-conduit, intenable et, lors de sa première exposition, il doit s'enfuir, comme après le meurtre, en effaçant ses traces. C'est le moment le plus réussi du film et, hélas, celui où le réalisateur aurait dû, dans son intérêt et dans le nôtre, s'arrêter. Malheureusement pour nous, il n'en est rien. 

Paul, ayant détruit toutes ses traces et vendu le peu qu'il a, s'embarque donc clandestinement sur un cargo pour l'Amérique du sud. Alors que le cargo est en pleine mer, il est réveillé par des bruits de lutte et des cris. L'équipage, qui a découvert des passagers clandestins, les jette à la mer. Paul, non seulement, a tout vu mais il a filmé la scène. Il est à son tour surpris et l'équipage le jette à son tour par-dessus bord. Pour leur éviter de se noyer, un matelot, plus humain que les autres, leur expédie un canot de survie. Paul sauve un des clandestins et, lorsqu'ils seront secourus, il révélera l'histoire à la presse. 

Rien de tout cela n'est dans le best-seller original. Pourquoi le réalisateur a-t-il cru bon d'ajouter cette scène, certes dramatique, mais totalement hors de propos. même si elle part d'un bon sentiment et témoigne d'une réalité, hélas, devenue quotidienne de nos jours ? Je peux comprendre que l'on soit parfois obligé d'adapter un roman, soit parce qu'il est trop long, soit pour "resserrer" l'action mais, dans le cas de ce film, l'auteur a été trahi du début à la fin sans que cela n'améliore (bien au contraire !) un livre parfaitement bâti et adaptable tel quel au cinéma. 
        
Si l'on fait abstraction que l'histoire a été transposée des Etats-Unis à la France, le début de l'adaptation cinématographique est relativement fidèle au livre. Ceci dit, je comprends d'autant moins que le réalisateur ait cru devoir transposer un roman qui se passe outre atlantique en Europe dans la mesure où celui-ci a été écrit pour "fonctionner" dans un pays immense, sans frontières véritables, où il est plus facile de changer d'identité que chez nous. C'était prendre un risque inutile et rendre les situations encore plus invraisemblables que dans le roman.

Je suis assez d'accord avec la critique de Télérama  (n°3173 du 6 au 12 novembre 2010) qui n'a pas, plus que moi, aimé la première partie ("Difficile néanmoins d'oublier les couacs de la partie française. Le portrait qui se voudrait cruel - mais sonne creux - de la bourgeoisie friquée (...) Le jeu tâtonnant de Romain Duris (en tant qu') avocat d'affaires, et de Marina Foïs, son épouse BCBG - des rôles qui ne leur vont pas, où ils paraissent déguisés." Et plus loin, soulignant les points positifs du film : "Le deuxième mouvement est, lui, d'autant plus intéressant qu'il brouille la piste de la culpabilité écrasante." Dans ce rôle, Duris est enfin lui-même, beaucoup plus crédible que dans la 1ère partie.

Je voudrais terminer cette critique par quelques coups de chapeau :

-  A Catherine Deneuve dont l'apparition rapide et, quoiqu'en disent certains commentateurs (libre à eux de ne pas l'aimer), parfaite.

- Au "vrai" photographe (Antoine d'Agata) dont on aurait aimé pouvoir mieux apprécier les clichés (certains sont sublimes mais on ne fait que les entrevoir !)

- A la belle musique, de Sacha et Evgueni Galpérine, qui renforce la nostalgie que ressent Paul quand il a tout abandonné (cette musique mélancolique m'évoque la superbe bande son du film le Regard d'Ulysse de TheoAngelopoulos).

- Quelques scènes émouvantes aussi (au début lorsque Paul joue avec ses enfants, avec Niels Arestrup (remarquable) et Ivana (Branc Katik), la journaliste étrangère... -

BEL-AMI film de Declan Donnellan et Nick Ormerod (GB-2012)




Bel-Ami est un drame italo-britannique réalisé par Declan Donnellan et Nick Ormerod et sorti en 2012, avec Robert Pattinson dans le rôle-titre.

Synopsis

Cette 9e adaptation de l’œuvre de Guy de Maupassant (parue en 1885) suit assez fidèlement le déroulement du roman. L’histoire se déroule sous la IIIème République à Paris. Georges Duroy (Robert Pattinson) est un jeune homme ambitieux, qui, au retour de deux années pendant lesquelles il a servi dans l’armée pendant la conquête de l’Algérie (1830-1847), vivote en occupant un emploi mal payé au bureau du chemin de fer et vit dans une mansarde misérable. Un soir, lors d’une virée au bordel, il rencontre Charles Forestier, un de ses anciens camarades d'Algérie, devenu rédacteur politique au journal « La Vie Française ». Charles l’invite chez lui et lui propose, pour lui mettre le pied à l’étrier, d’entrer au journal et d’y publier ses souvenirs de guerre. Comme Georges ne sait pas écrire, Charles le met en contact avec son épouse, Madeleine Forestier (Uma Thurman), une femme intelligente et ambitieuse, qui le prend sous son aile et lui dicte ses premiers articles. Elle l’introduit aussi auprès des femmes influentes de la capitale, dont Clotilde de Marelle (Christina Ricci) et Virginie Rousset (Kristin Scott Thomas), épouse du directeur de « La Vie Française ». Usant de son charme et de son intelligence, Georges passe de la pauvreté à la richesse en devenant d’abord l'amant de Clotilde puis,  après la mort de Forestier, de sa veuve. Tout en continuant à aimer en secret Clotilde, il couchera avec Virginie Rousset et en profitera pour asseoir son influence au journal. Dans un univers où la politique et les médias se bousculent pour avoir de l'influence, où le sexe est synonyme de pouvoir et la célébrité est une obsession, Georges ne recule devant rien pour réussir…

Mon opinion sur ce film

Je m’étais promis de voir le film lors de sa sortie ne serait-ce que pour y découvrir Robert Pattinson, le célèbre vampire de Twilight, dans un autre contexte mais je n’en avais pas eu l’occasion. J’ai profité du passage du film sur Arte pour le voir. Je n’ai été déçu ni par la réalisation (somptueux décors de l’époque, beaux costumes, belle distribution…) J’ai trouvé Robert Pattinson très à l’aise dans ce rôle de jeune ambitieux prêt à tout pour se sortir de la misère. Il a su insuffler à son personnage juste assez de l’ambiguïté qui manque au personnage de Maupassant pour nous le rendre sympathique. Beau film historique dans l’esprit de Chéri de Stephen Frears, adaptation elle aussi réussie du roman de Colette,  auquel il s’apparente par beaucoup d’aspects.  

mardi 28 avril 2015

TAXI TEHERAN de Jafar Panahi (2015)

 

Taxi Téhéran (en persan : تاکسی, Taxi) est un faux documentaire iranien écrit, réalisé et produit par — et mettant en vedette — Jafar Panahi. Le film, présenté à la Berlinale 2015, y remporte l'Ours d'or du meilleur film et le prix FIPRESCI. Durée : 82 minutes.

Résumé

Se faisant passer pour un chauffeur de taxi, le réalisateur iranien Jafar Panahi, interdit de film en Iran, sillonne les rues de Téhéran. Au gré des passagers qui se succèdent et se confient à lui, le réalisateur dresse le portrait de la société iranienne entre rires et émotion.

Contexte

Depuis 2010, le réalisateur iranien Jafar Panahi n'a plus le droit de filmer dans son pays. Bravant l'interdit, il a tout de même secrètement tourné "Taxi Téhéran" pour lequel il s'est glissé dans la peau d'un faux chauffeur de taxi. À mi-chemin entre le documentaire et la fiction, le film présente un portrait de Téhéran, la capitale iranienne, filmé depuis le taxi équipé d’une caméra cachée. Les passagers sont des anonymes (un vendeur de DVD piratés, deux femmes transportant des poissons rouge dans un bocal ou des personnalités sociales et politiques iraniennes : une avocate interdite d’exercer…). Comme ses deux films précédents, Ceci n'est pas un film et Pardé, le film a été produit malgré l'interdiction qui lui a été faite de réaliser des films en Iran pour une période de vingt ans.

Distribution

·         Jafar Panahi (lui-même)
·         Les personnages filmés dans le taxi sont des acteurs non-professionnels qui, pour des raisons de sécurité, restent anonymes.

Production

L'œuvre a été sélectionnée en compétition dans la section principale du 65e Festival international du film de Berlin où elle a été projetée en première mondiale le 6 février 2015. Le film a la particularité de ne pas avoir de générique afin de ne pas dévoiler l'identité des passagers du taxi auxquels le chauffeur ne demande jamais de régler leur course. Le film se termine par ce texte rédigé par le cinéaste : « Le ministère de l’Orientation islamique valide les génériques des films distribuables. À mon grand regret, ce film n’a donc pas de générique. J'exprime ma gratitude à tous ceux qui m’ont soutenu. Sans leur précieuse collaboration, ce film n’aurait pas vu le jour. »
- Le 14 février 2015, l'Ours d'or est attribué au film.

Mon opinion

Je ne vais pas y aller par quatre chemins : si j’ai bien compris le propos de Jafar Panahi et salue son courage pour avoir réalisé ce film dans des conditions aussi périlleuses pour lui que pour ses interprètes (même s’ils restent anonymes !), si je me place sur le seul point de vue du spectateur, je n’ai pas été emballé par ce « film » qui n’en est pas vraiment un. Il n’est pas non plus un documentaire… Si c’était le cas, les clients du taxi seraient de « vraies » personnes, or il semble évident que certains sont des acteurs, même non-professionnels et que les dialogues ne sont pas entièrement spontanés. Bref, quoiqu’en disent les critiques qui ont presque tous unanimement encensé le film, je me suis ennuyé (alors que le film est court : 85 minutes seulement), surtout pendant les intermèdes où il ne se passe rien. Les meilleurs moments du film sont ceux qui ont été sélectionnés dans la bande-annonce. Le seul moment vraiment émouvant est celui où l’avocate nous dévoile sa situation et celle de sa cliente (qu’elle ne peut défendre), une jeune fille emprisonnée pour avoir voulu assister à un match de basket. On compatit bien sûr à l’inanité des règles stupides imposées au peuple iranien mais elles sont celles de toutes les dictatures et ne sont que fariboles face à l’horreur que fait régner DAESCH dans tous les pays où ces barbares agissent.


En ce sens, j’ai trouvé que le propos de Taxi Téhéran était très en-deçà de celui du décapant Persépolis de Marjane Satrapi qui est toujours d’actualité bien qu’il soit sorti voici près de dix ans. 

dimanche 26 avril 2015

UN HOMME IDEAL film français de Yann Gozlan (FR-2015)



Un homme idéal est un thriller français coécrit et réalisé par Yann Gozlan sorti en 2015 avec PierreNiney dans le rôle principal.

Résumé

Mathieu Vasseur (Pierre Niney), jeune auteur de 25 ans, essaie en vain de faire publier son premier manuscrit. En attendant, il travaille pour une entreprise de déménagement… Son destin bascule le jour où il tombe par hasard sur le manuscrit d’un homme solitaire qui vient de mourir et dont ils doivent débarrasser l’appartement. Le manuscrit est celui du récit d’un appelé pendant la guerre d’Algérie. Mathieu hésite avant finalement de s’en emparer, et de signer le texte de son nom, après lui avoir seulement donné un nouveau titre, « Sable noir ». Le manuscrit est de suite accepté par une maison d’édition et devient un best-seller, récompensé par le Prix Renaudot.  

Mathieu Vasseur devient du jour au lendemain le nouvel espoir le plus en vue de la littérature française.

On nous le montre trois ans après, filant le parfait amour avec la charmante Alice Fursac (Ana Girardot), qui l’avait snobé lors de leur première rencontre, mais qui maintenant l’amène pour le présenter à ses parents, de riches bourgeois vivant dans une somptueuse demeure au bord de la mer Méditerranée.

Mathieu, pressé par son éditeur, ne parvient pas à écrire la première ligne de son deuxième roman et, pour préserver son secret, il va s’enfoncer dans une spirale mensongère qui l’amènera à commettre deux meurtres et à se faire passer pour mort.

Mon opinion sur ce film

Le thème de l’auteur qui vole le manuscrit d’un autre et le publie sous son nom rappelle plusieurs œuvres littéraires, en particulier le roman d'Henri Troyat Le mort saisit le vif (1942) où le héros signe le roman La Colère, dont le véritable auteur est décédé. Comme dans Un homme idéal, la spirale de l'imposture conduit le personnage aux portes de la folie. Deux films aussi traitent du même sujet : The Words et A Murder of Crows.

Dès le début, le ton est donné car Mathieu travaille à son manuscrit devant une photo de Romain Gary, qui est son auteur favori. Or, on sait tous combien la mystification fut la marque de fabrique de ce grand écrivain qui obtint une deuxième fois le Prix Goncourt pour son roman La vie devant soi qu’il publia sous le nom d’emprunt d’Emile Ajar, en se gaussant de la critique et des milieux littéraires.

Il n’empêche que, grâce à la formidable prestation de Pierre Niney, ce film se hisse au niveau d'un Polansky (The Ghost Writer) ou d'un Woody Allen (Match Point). Le réalisateur a parié (et il a eu 100 % raison ! ) sur la présence extraordinaire du jeune et talentueux Pierre Niney qui oblitère pratiquement le jeu de tous les autres acteurs. Il arrive à insuffler à son personnage de menteur un côté sympathique car là où d’autres s’en seraient fichés,  Mathieu reste conscient qu’il doit son talent à un autre et reste paralysé par la culpabilité. L’angoisse monte peu à peu et on craint plus pour lui plus que pour tous les autres dont on ne pleurera pas la disparition. L’impression que l’on garde, avec les dernières images où Mathieu, retourné à l’anonymat, contemple depuis la rue, sa double réussite (le succès de son vrai livre au titre plus que symbolique « Faux-semblants » et son bébé, dans les bras de la femme qu’il aime et ne pourra jamais épouser), est celle d’un terrible gâchis.

DRÔLE DE FAMILLE ! Série télévisée française de St. Clavier (2009-2013)


Drôle de famille ! est une série humoristique française réalisée par Stéphane Clavier, diffusée depuis le 30 décembre 2009 à partir d’un scénario de Nathalie Saugeon, d'après les personnages de Marie-Luce David et Laurence Gall. 100 mn. 

Résumé

> Episode 1 : Divorcée, Juliette (Christine Citti), 43 ans, travaille comme sage-femme et élève seule ses deux filles, Virginie (Camille Claris) et Louise (Carla Besnaïnou). Sa meilleure amie, Elsa (Juliette Arnaud) a 40 ans et elle est mère célibataire de Gaël (Zacharie Chasseriaud), 12 ans. Pour résoudre leurs problèmes d'argent, les deux amies décident de prendre un appartement en colocation. Mais le seul appartement qu'elles trouvent est bien trop grand pour elles et elles recherchent un/e troisième colocataire qui leur permettrait de partager les frais. Mathieu (Samuel Theis), 28 ans, divorcé et père d'Apolline (Laura Genovino) est lui aussi séduit par ce mode de vie. Mais, malgré la différence d’âge, Juliette et Mathieu deviennent amants. Quant à Elsa, elle tombe amoureuse de son psy, Antoine (Denis Sebbah).

> Épisode 2 : Deux heureux événements

Mathieu ayant dû partir quelque temps pour son travail, il propose à Juliette et à Elsa de prendre en pension sa mère, Françoise (Christiane Millet), dont l’appartement est en réfection. Mais Françoise a des idées bien à elle sur l’éducation des enfants et se mêle de tout, rendant la cohabitation difficile. Juliette et Elsa mettent cependant de l’eau dans leur vin car Françoise, pleine de bonne volonté, leur rend de grands services, d’autant qu’elles viennent d’apprendre l’une et l’autre qu’elles sont enceintes, Juliette de Mathieu, Elsa d’Antoine. Mais Antoine n’est pas prêt à être père et réagit très mal à l’annonce de la grossesse d’Elsa qui, ayant déjà élevé seule Gaël, décide de garder le bébé. A contrario, Juliette n’ose pas annoncer la nouvelle à Mathieu et décide d’avorter mais, se ravisant in extremis, elle sera celle des eux qui accouchera la première. Tout se complique lorsque Maxime, le père biologique de Gaël, annonce à Elsa son retour en France après 12 ans d’absence pour prendre la direction d’un grand restaurant. Gaël, qui ne connaît pas son père, demande à le rencontrer. Lors de leurs retrouvailles,  Elsa et Maxime retombent amoureux. Quand Maxime apprend qu’Elsa est enceinte, cette dernière n’ose pas lui dire que c’est Antoine et non lui qui est le père du bébé.

> Épisode 3 : Chacun pour soi ! réalisé par Stéphane Kurc, scénaristes : Camille Pouzol, Diane 
Clavier (1ère diffusion le 5 septembre 2012 sur France 2).

C’est le choc lorsque Virginie, la fille aînée de Juliette, annonce son mariage avec Paul (Anthony Martin). Juliette réagit très mal face à cette nouvelle car elle trouve le mariage de sa fille prématuré. A contrario, Elsa soutient Virginie et Paul et propose même de payer les frais de mariage aux deux jeunes gens si leur propre mère s’y oppose.

> Épisode 4 : Vacances à l'orientale réalisé par Christophe Douchand, scénaristes : Camille Pouzol, Diane Clavier (1ère diffusion le 24 avril 2013 sur France 2.)

Les colocataires débarquent à Marrakech dans un riad que fréquente de temps à autre Françoise, la mère de Mathieu ! Enfin, c'est ce qu'ils croient... Sans le dire, la très jeune mamie a vendu son appartement parisien et a acheté le riad. Elle compte sur ces vacances en famille pour avouer en douceur la vérité : elle vit là et file même le parfait amour avec Youssef (Lyes Salem), un architecte veuf, de quinze ans son cadet. Une fois séduits par la magie du lieu et la personnalité de son amant, son fils Mathieu et la famille au sens large ne pourront qu'adhérer à son nouveau choix de vie !

Mon opinion sur cette série

Sympathique série humoristique française dans l'esprit de Fais pas ci, fais pas ça ou de Clem, où j'ai revu avec plaisir Samuel Theis, un acteur très doué que j'avais remarqué en 2008 dans un docu-fiction réalisé par Thierry Bénisti intitulé l'Odyssée de l'amour. Je l'avais revu dans Versailles, le rêve d'un roi du même réalisateur (2008), Forbach de Claire Burger (2008), Un village français (2009). Dans cette série, j'ai découvert d'intéressants jeunes talents, en particulier Zacharie Chasseriaud qui, à tout juste 19 ans, a déjà un impressionnant palmarès derrière lui (une 20e de rôles aussi bien au cinéma qu'à la télévision). 

Malheureusement et c'est un défaut des séries en général et des séries françaises en particulier, le scénario se complique à outrance avec la multiplication des personnages, les rebondissements à n'en plus finir et l'écheveau des relations entre les uns et les autres. Dans le cas de Drôle de famille !, on ne peut que regretter que ce défaut apparaît déjà dès 3ème épisode et culmine avec le 4ème qui n'échappe que de justesse au ridicule. 

mardi 21 avril 2015

L'ORDRE DES GARDIENS téléfilm de Nisha Ganatra (USA-2013)


L'Ordre des Gardiens (The Hunters) est un téléfilm américain produit et réalisé par Nisha Ganatra en 2013. Scénario : Matthew Huffman et Jeff Schechter. Durée : 1h20. Date de sortie du DVD : 21 mai 2014. Le film est dérivé du roman graphique éponyme de Joshua Williamson.

Résumé

Carter (Dan Payne) and Jordyn Flynn (Michelle Forbes) sont des chercheurs de trésors (Hunters). Leurs deux fils, Paxton (Robbie Amell), 21 ans et Tripp (Keenan Tracey), 16 ans, s’élèvent plus ou moins seuls dans le grand et luxueux ranch familial. Paxton rêve de faire le tour du monde en voilier alors que son cadet, surdoué, s’ennuie dans la pension privée où il est confiné et s’en enfuit régulièrement pour venir retrouver son aîné au ranch.   

Quand Carter et Jordyn disparaissent lors d’une de leur mission, leurs fils, avec l’aide de Dylan (Alexa Vega), l’ex-petite copine de Paxton, partent à leur recherche sans savoir qu’ils font eux aussi partie des « Gardiens », un ordre mystérieux chargé de protéger des artefacts  mythologiques dont les pouvoirs sont convoités par quelqu’un qu’ils considèrent comme un ami de leurs parents, le richissime homme d’affaire Mason Fuller (Victor Garber).

Ensemble, ils retrouveront cependant le miroir brisé de Blanche-Neige et le soustrairont à la convoitise de Mason.

Distribution

  • ·         Robbie Amell: Paxton Flynn
  • ·         Keenan Tracey : Tripp Flynn
  • ·         Alexa Vega : Dylan Savini
  • ·         Victor Garber : Mason Fuller
  • ·         Michelle Forbes : Jordyn Flynn
       
Mon opinion : Du sous-Indiana Jones


Ce téléfilm laisse à penser qu’il s’agit du pilote d’une série dont le thème rappelle furieusement la série Warehouse13, sauf que les héros ne sont pas des agents du FBI mais de simples adolescents. Les héros sont sympathiques mais c’est insuffisant pour faire un film, voire un téléfilm. Divertissant mais vraiment trop léger et manquant d’ambition pour marquer les esprits.

lundi 20 avril 2015

LA COULEUR DES SENTIMENTS (THE HELP) film de Tate Taylor (USA-2011)




La Couleur des sentiments (The Help) est un film dramatique américain écrit et réalisé par Tate Taylor, adapté du best-seller éponyme de Kathryn Stockett, mettant en scène Emma Stone, Viola Davis et Octavia Spencer. Distribué par Walt Disney Studios Motion Pictures, ce film est sorti le 12 août 2011 aux États-Unis.

Résumé

L’action se passe au début des années 1960, à Jackson (Mississippi). L’héroïne, une jeune femme blanche du nom d’Eugenia, surnommée « Skeeter » (moustique en américain) depuis son enfance (Emma Stone), vient juste de terminer ses études de journalisme et souhaite devenir écrivain. Ayant décroché un poste à la rubrique féminine du journal local, elle décide de s'intéresser aux conditions de vie des domestiques noires (The help = domestique) employées par la bonne société blanche de la ville. Elle-même a été élevée par une nounou noire, Constantine, qui a été renvoyée de la maison en son absence pour des raisons qu’elle ignore et dont elle ne s’est pas vraiment préoccupée jusque-là. Pour l’aider dans son enquête, elle convainc Aibileen (Viola Davis), la domestique de l’une des ses meilleures amies, de se confier à elle. Ce qu’elle découvre de la vie de ces femmes la décide à aller plus loin et, peu à peu, après avoir persuadé Minny (Octavia Spencer), plus rebelle, de lui parler, tout un groupe de femmes noires accepte de lui faire ses confidences. Skeeter qui, jusqu’à présent n’avait pas pris la mesure du drame qu’elles vivaient, découvre un autre monde, fait de haine et de violence, qu’elle ignorait totalement et décide de publier anonymement tous ces témoignages. Le livre, édité par une maison New-Yorkaise sous le titre « The help » (La domestique), deviendra un best-seller dans tous les Etats-Unis et jouera aussi un rôle dans le mouvement pour les droits civiques qui est au centre du film Selma.

Mon opinion

J’ai vu ce film par le plus grand des hasards sur France Ô. Au début, j’ai failli décrocher car les premières images m’ont paru particulièrement ennuyeuses et inintéressantes : on y assiste en effet à une réception  où les bonnes bourgeoises blanches se reçoivent entre elles dans leurs belles maisons pour des parties de cartes ou des thés entre amies. Elles sont servies par des domestiques noires qui s’occupent aussi des enfants, dans une ambiance qui n’a, a priori, rien de révoltant, au contraire. Si ce n’est que l’une de ces « dames », sous prétexte d’hygiène, interdit à sa domestique noire d’utiliser les toilettes de « sa » maison et décide son mari à faire construire des toilettes réservées aux domestiques noirs à l’extérieur. Certes, cela nous choque mais on se dit qu’on est tombé sur une patronne particulièrement odieuse.

Mais peu à peu, le film gagne en épaisseur avec les témoignages des domestiques, et nous comprenons, en même temps que l’héroïne qui avait vécu jusque-là dans son monde protégé, que cette attitude reflète l’opinion de toute la société blanche vis-à-vis des noirs. En réalité, nous sommes en plein apartheid et nous commençons à mesurer l’ampleur de la ségrégation qui régit les relations sociales de cette petite ville du Sud des Etats-Unis.

La mise en scène, avec cette évolution d’un monde apparemment idyllique des débuts, au véritable enfer caché que nous découvrons à travers le récit de ces femmes noires, exploitées sans vergogne et méprisées par leurs patronnes blanches (voire pire), est remarquablement maîtrisée.

Le jeu des actrices est aussi à saluer. Les jurés des Oscars ne s’y sont pas trompés puisqu’ils ont décerné à Octavia Spencer, formidable dans le rôle de Minny, l'Oscar de la « meilleure actrice dans un second rôle ».

Un film salutaire qui aurait mérité un titre moins insipide que celui qui lui a été donné en français et qui, s’il se comprend a posteriori, ne rend pas compte de la gravité et de la profondeur du thème abordé. Pire, l'affiche, par ses tons pastels, trahit encore plus le propos final du film. Par certains côtés, en particulier cette progression d'un monde où tout est apparence à  une réalité beaucoup plus obscure rappelle un autre film remarquable, Pleasantville, dont le propos n'est pas si éloigné qu'il y paraît de The help. 

vendredi 17 avril 2015

(500) JOURS ENSEMBLE film de Marc Webb (USA-2009)

 

(500) jours ensemble est un film américain de Marc Webb sorti en 2009. Son titre anglais est (500) days of Summer, ce qui est nettement plus original que le titre français. Je n'avais pas vu ce film lors de sa sortie et j'ai profité de son passage à la télévision hier soir pour le regarder. J'aime en effet beaucoup l'acteur principal, Joseph Gordon-Levitt, que j'avais découvert dans Brick (2005) et retrouvé dans Inception (2010).

Synopsis

Le héros, Tom Hansen (Joseph Gordon-Levitt), a fait des études d'architecture mais il n'a trouvé à s'employer que dans une entreprise qui réalise des cartes de vœux. Dès qu'il la voit, il tombe amoureux de la nouvelle assistante de son patron, Summer Finn (Zoey Deschanel) qui n'a rien de particulièrement attirant à mon point de vue.

Tom est un garçon romantique qui cherche l'âme-sœur. Au contraire, Summer ne croit pas à l'amour et ne veut pas se lier. Tout en le mettant en garde, et comme elle n'est pas insensible au charme, à la gentillesse et à la joie de vivre de Tom, elle acceptera cependant une relation avec lui puis, brusquement, alors qu'ils vivent (du moins du point de vue de Tom) le parfait amour, Summer disparaîtra brusquement de sa vie. Lorsqu'il la  rencontre ensuite par hasard, elle fait comme si rien ne s'était passé et elle invitera Tom à ses fiançailles avec un autre. Tom est profondément blessé par cette attitude qu'il ne comprend pas et qu'il ressent, de la part de celle qui ne voulait pas du mariage, comme une trahison.

Mon opinion sur ce film


Rien de bien original, on le voit, dans un tel scénario. Le réalisateur a voulu se distinguer en faisant se dérouler l'histoire sur 500 jours mais en découpant ce temps en séquences de durée inégale et en nous les présentant dans le désordre. Le résultat aurait pu être intéressant mais il rate malheureusement complètement son effet, en jetant le spectateur dans la confusion sans que l'on comprenne la raison de ce procédé. Une autre trouvaille du réalisateur est plus originale : elle consiste à mêler aux images filmées des plages de dessin et même, dans une séquence, un oiseau animé emprunté à Walt Disney. Le procédé, sans être nouveau, aurait pu apporter quelque chose au film. Or, il n'est pas suffisamment exploité pour qu'il puisse vraiment nous convaincre. Reste la BO, composée de morceaux de rock et de pop : elle aussi est sympathique mais cela ne suffit pas à rendre le film accrocheur. Le seul bon souvenir que je garderai de (500) days of Summer sera la prestation de Joseph Gordon-Levitt qui met tout son cœur à jouer avec sincérité et spontanéité le rôle de Tom.  Une mention particulière pour la délicieuse Chloë Moretz, qui joue la jeune sœur de Tom, particulièrement craquante.

mercredi 15 avril 2015

J'AIME REGARDER LES FILLES film de Frédéric Louf (FR-2011)




J'aime regarder les filles est un film français de Frédéric Louf, sorti en 2011 qui emprunte son titre au tube de Patrick Coutin (1981).

Synopsis

Primo (Pierre Niney) a 18 ans, il habite à Paris une chambre située sous les toits que lui paient ses parents, fleuristes en province. C'est l'année du bac qu'il a peu de chances d'obtenir en raison de ses notes catastrophiques. C'est aussi l'année de l'élection de François Mitterrand comme président de la République et de tous les espoirs de changement de société qu'elle promet.

En revenant de passer un week-end houleux chez ses parents (son père lui reproche de ne rien foutre, soutenu par son grand frère, Nino (Johan Libéreau) jaloux d'avoir dû se sacrifier pour travailler avec son père, qui considère son cadet comme le "chouchou à sa maman"), Primo passe devant un immeuble situé dans les beaux quartiers de Paris où a lieu une fête avec des jeunes de son âge mais pas de son milieu. Sur un coup de tête, il s'incruste, se faisant passer pour l’un des invités, tous fils et filles à papa, étalant la fortune de leurs parents avec l'indécence que l'on peut afficher à cet âge. Dans le groupe, il y a la jolie Gabrielle (Lou de Laâge) dont il tombe amoureux et ils couchent ensemble. Pour ne pas déchoir à ses yeux, il s'invente une vie qui n'est pas la sienne et néglige ses études, cherchant par des petits boulots à trouver l'argent qui lui permettra de s'acheter quelques vêtements plus "classieux" que ses jeans et ses t-shirts de "prolétaire". Il ira jusqu'à ne pas payer son loyer pour cela. Il passe néanmoins le bac (et, à la grande surprise de l'un de ses professeurs, le réussit) pour pouvoir montrer à Gabrielle qu'il n'est pas un looser et pouvoir s'inscrire en fac.

Comédie de mœurs douce-amère où l'on découvre un jeune talent prometteur, Pierre Niney, pensionnaire de la comédie française, dont c'est toutefois déjà le 12ème film. En ce qui me concerne, je l'avais remarqué dans un rôle pourtant secondaire, celui du serveur des Neiges du Kilimandjaro, où il remonte le moral à Marie-Claire (Ariane Ascaride), dans lequel son magnétisme ne passe pas inaperçu. C'est ce qui m'avait d'ailleurs donné envie de voir d'autres films où il figurait.

Mon opinion sur le film

Si je ne suis pas déçu par la prestation de Pierre Niney (car c'est principalement sur ses épaules que repose le film de Frédéric Louf), je garde, comme trop souvent avec les films français que je vois, une impression d'amateurisme. En effet (mais peut-être est-ce voulu ?), on reste toujours à la surface des choses, rien n'est approfondi, les personnages (à part celui de Primo) sont à peine ébauchés, comme dans une aquarelle trop diluée. Quelques beaux moments, cependant, en particulier le dialogue entre les deux copains sur les toits, avec Montmartre en second plan. Un regret, que Johan Libéreau, découvert dans Les témoins, d'André Techiné soit cantonné, dans ce film, au rôle de frère aîné "bas du plafond"... 

En conclusion, agréable comédie romantique qui ne me laissera cependant pas un souvenir impérissable.

Mon classement : Film moyen

CET AMOUR-LA de Josée Dayan (FR-2001)



Cet amour-là. Film français de Josée Dayan (2001) avec Jeanne Moreau et Eymeric Demarigny, ce film est une adaptation du roman autobiographique de Yann Andréa paru en 1999 sur l'histoire d'amour entre Marguerite Duras et un étudiant fragile et timide fasciné par son œuvre.

Synopsis

Nous sommes en 1975. Yann Andréa, de son vrai nom Yann Lemée, est étudiant en philosophie de 18 ans à l'université de Caen lorsqu'il assiste à une projection du film India Song réalisé par Marguerite Duras. Il rencontre l'auteur et lui dit son admiration pour son œuvre. Elle lui donne son adresse à Paris et, pendant cinq ans, Yann Lemée lui écrit sans jamais recevoir de réponse. En 1980, Yann reçoit enfin un message de Marguerite sous la forme de son dernier livre, L'homme assis dans le couloir, qu'elle lui a fait envoyer. Yann, déçu par cette œuvre, ne répond pas et cesse même de lui écrire. De son côté, Marguerite ne se décourage pas et continue à lui adresser ses livres suivants : Le navire Night, Aurélia Steiner et Les mains négatives. Yann recommence alors à lui écrire. Il lui téléphone même à Trouville où elle rédige des chroniques pour le journal Libération. Marguerite Duras invite alors son jeune admirateur à venir la voir à Trouville, qui est tout près de Caen, pour "prendre un verre". Il ne la quittera plus. Pendant 16 ans, ils vivront ensemble, lui le jeune homme de 28 ans et elle, la femme âgée de près de 70 ans, malade, désabusée et alcoolique mais toujours supérieurement intelligente. Leur relation est passionnelle, aussi bien sur le plan intellectuel (ce qu’on peut comprendre) que physique. Marguerite Duras se nourrira de lui et lui se nourrira d'elle. En 1983, Yann Andréa publiera M. D. aux Editions de Minuit qui est le récit de la cure de désintoxication qu’a subie Marguerite Duras lors de la préparation de son film Savannah Bay. Ce récit terrible, lucide, n’obtiendra une réponse qu’en 1992, lorsque Marguerite Duras publiera à son tour Yann Andréa Steiner, qui est inspiré de cette étrange relation.

Marguerite Duras meurt en 1996, faisant de Yann Andréa, malgré les différends qui avaient fini par les opposer, son exécuteur testamentaire. Trois ans après, en 1999, Yann Andréa publie Cet amour-là, le récit sans fard de sa relation tumultueuse avec Marguerite Duras.

Le film 

Je ne suis pas un grand fan de Josée Dayan, qui s'est surtout illustrée dans des téléfilms et des séries télé pompeuses et rarement réussies, sa pire réalisation restant sa lamentable adaptation des Rois maudits en 2005). En ce qui concerne le cinéma, elle n'avait jusqu'à ce film, réalisé qu'un autre long métrage en 1990, Plein fer, un thriller se passant dans le milieu de la boule marseillaise, qui ne laissa aucun souvenir à personne malgré la présence de Serge Reggiani.

Je m'attendais donc au pire avec cette adaptation du livre sensible et émouvant de Yann Andréa. Or, je dois reconnaître que, loin de la lourdeur de char d'assaut dont elle a fait sa marque de fabrique, Josée Dayan a, avec ce film, réalisé une adaptation troublante du livre de Yann Andréa. Il est vrai que le choix de Jeanne Moreau, qui sait incarner une Marguerite Duras plus vraie que nature, est pour beaucoup dans cette réussite. Dans le rôle de Yann Andréa, Aymeric Demarigny, jeune comédien français que l'on connaît peu,  interprète aussi avec une justesse fascinante ce personnage de jeune homme fragile et timide qui ne se rebellera qu'à l'extrême limite contre la tyrannie de la "vieille dame indigne". Je l'avais remarqué, il y a des années, dans un téléfilm que je n'ai jamais pu retrouver, Marie-tempête (2000) et revu, en pâlichon Charles IV de France dans l'adaptation déjà citée des Rois maudits. Il y était désastreusement mauvais, mais il n'était pas le seul, hélas car même Philippe Torreton ânonnait son texte et des acteurs de talent comme Gérard Depardieu ou même... une certaine Jeanne Moreau n'étaient pas au mieux de leur forme.

Cet amour-là  est une belle surprise.

PROMETHEUS de Ridley SCOTT (USA-2012)


Prometheus est un film de science-fiction américain en 3 D, réalisé par Ridley Scott et sorti en mai 2012. 

Synopsis

Ridley Scott avait, depuis longtemps, déclaré vouloir écrire un prequel à Alien, réalisé en 1979. Tout en faisant référence de manière assez confuse (en particulier à l'extrême fin du film) à cette œuvre mythique pour des millions de spectateurs, Prometheus s'en écarte avec l'ambition de créer sa propre mythologie.

L'histoire commence en 2089 avec la découverte par des archéologues, Elisabeth Shaw (Noomi Rapace) et Charlie Holloway (Logan Marshall-Green), dans une grotte de l'île de Skye en Ecosse, de signes d'une civilisation extraterrestre.

Les deux archéologues sont convaincus que les signes trouvés indiquent la direction d'une planète située au-delà du système solaire d'où est originaire une espèce d'extraterrestres très évolués qu'ils appellent "les ingénieurs". Selon eux, ils seraient les créateurs de l'humanité. Ils convainquent une puissante société, la Weyland Corporation, de monter une expédition pour se rendre sur cette planète très éloignée de la Terre. Le voyage doit durer deux ans et se fera en état de vie suspendue, le vaisseau étant, pendant ce temps, sous le contrôle d'un robot humanoïde, David (Michael Fassbender). 

Lorsque le Prometheus parvient au terme de son voyage, David réveille l'équipage et l'assiste pendant ce pénible processus.

Dès la première réunion de débriefing, les tensions apparaissent. Après que Peter Weyland, le grand patron de Weyland Corporation, un homme en fin de vie, ait  exposé, lors d'une projection holographique (il est censé être mort lors du départ de l'expédition), les objectifs de la mission à l'équipe, le véritable chef se révèle être Meredith Vickers (Charlize Theron). Cette dernière, une femme froide et autoritaire, s'empresse de contredire les objectifs exposés par le patron. Quant aux deux archéologues qui sont à l'origine de la mission, leurs objectifs sont purement scientifiques : rencontrer ceux qu'ils appellent "les ingénieurs". Le reste de l'équipe est composé de mercenaires, du commandant du vaisseau, le capitaine Janek et de son équipage, et de quelques scientifiques. En fait, chacun a l'air de poursuivre son propre but, ce qui, dès l'abord, augure bien mal pour la réussite d'une mission aux enjeux aussi importants.

Mais on n'en a pas fini avec les intérêts particuliers des uns et des autres car, pendant le voyage, on fait connaissance avec le robot, David, et ce qu'on découvre sur lui nous met mal à l'aise : en effet, David est un robot évolué qui a ses propres sentiments et développe ses propres goûts (en particulier pour le cinéma!) et on sent que lui aussi poursuit des buts particuliers qui n'apparaissent pas clairement. Je sais que, personnellement, j'aurais eu une certaine réticence à mettre ma vie entre ses mains. Pourtant, tout se passe bien jusqu'à l'arrivée. David effectue sa tâche avec professionnalisme et le vaisseau atterrit sans encombre sur la planète qui est le but de la mission.

A son arrivée sur la planète des "ingénieurs", l'équipage découvre des infrastructures qui confirment l'existence d'une civilisation technologiquement développée : des routes rectilignes mènent à une gigantesque structure artificielle que les protagonistes désignent sous le nom de "pyramide" bien qu'elle ait plutôt la forme d'un dôme. L'atmosphère de la planète n'est pas respirable pour les humains mais, une fois à l'intérieur de la "pyramide", un inextricable complexe de couloirs et de salles, les cosmonautes s'aperçoivent qu'ils peuvent enlever leurs casques car l'air y est respirable. Au cours de leur exploration, ils doivent se rendre à l'évidence : ceux qu'ils pensaient rencontrer sont morts. Les salles et les tunnels sont jonchés de monceaux de cadavres de géants aux caractéristiques non-humaines. Dans une salle, ils découvrent une tête humaine géante et inquiétante (celle de l'affiche), entourée de milliers de ce qui semble être des urnes funéraires. Devant ces découvertes inattendues, deux des membres de l'équipe prennent peur et décident de retourner seuls au vaisseau, mais ils se perdent dans les méandres de la "pyramide". Le robot David, lui, s'est écarté du groupe et semble poursuivre un but précis : il pénètre dans une salle circulaire qui évoque un centre de contrôle dans lequel un corps humanoïde, en état de vie suspendu, est enfermé dans une sorte de sarcophage. En appuyant sur des symboles qu'il semble connaître, David active un processus holographique montrant un système solaire où flotte une planète : la nôtre.

Une tempête de sable oblige les explorateurs à regagner d'urgence l'abri du Prométheus.  A leur arrivée, ils s'aperçoivent que les compagnons qu'ils croyaient les avoir devancés se sont perdus dans les méandres de la pyramide dont ils sont devenus prisonniers. La tempête empêche d'aller les secourir.

Avec elle, le professeur Shaw rapporte au vaisseau une des têtes extraterrestres découverte dans la pyramide. David, lui aussi, a rapporté en cachette une minuscule capsule extraite de l'une des urnes. L'équipe de scientifiques analyse la tête rapportée : il s'avère qu'elle est composée de deux parties, la partie externe n'étant qu'un casque qui renferme une tête parfaitement humaine. Soumis à des tests, celle-ci semble reprendre vie puis explose. Pendant ce temps, on voit David proposer une boisson à Charly Holloway, dans laquelle il a subrepticement glissé la mystérieuse capsule. Charly, n'ayant aucune raison de se méfier de David, boit le verre. Peu après, il fait l'amour avec Elisabeth Shaw, avec qui il est amant. Au réveil, on découvre qu'il a été infecté par la capsule absorbée avec sa boisson et que sa santé se détériore très vite. 

Pendant ce temps, les deux membres de l'équipe restés dans la pyramide sont tués par une créature reptilienne.

Toujours sur le vaisseau, Elisabeth Shaw est prise de malaises et il s'avère qu'elle est enceinte de plusieurs mois. Les examens révèlent que la créature qu'elle héberge n'est pas humaine et, échappant aux mains de David qui voudrait qu'elle mène cette grossesse monstrueuse à terme, elle utilise l'équipement chirurgical sophistiqué du bord pour pratiquer sur elle-même une césarienne et extraire la créature qui ressemble à un poulpe.

On découvre aussi que Peter Weyland, que l'on croyait mort, vit sur le vaisseau et poursuit ses propres objectifs : découvrir le secret des "ingénieurs" pour pouvoir combattre la mort qui l'attend. David, qu'il a créé à cet effet, lui est entièrement dévoué et est son assistant secret. Il équipe Peter Weyland d'un scaphandre qui doit lui permettre de se rendre dans la pyramide et le centre de contrôle découvert par le robot.

Malgré ce qu'elle vient de subir, Elisabeth Shaw et Holloway, de plus en plus malade, participent aussi à l'expédition. De retour dans la pyramide, ils découvrent les corps sans vie de leurs deux collègues : leurs scaphandres ont été lacérés et leurs casques détruits. Puis, David amène toute l'équipe dans le "Centre de contrôle" qu'il a découvert et, avant que quiconque n’ait pu s'y opposer, il active le sarcophage. L'humanoïde se réveille, tue le vieux Weyland et massacre plusieurs membres de l'équipe, dont David. Les autres parviennent à s'enfuir. Au moment où ils se présentent devant le Prometheus, Vickers leur refuse l'entrée et tue Holloway au lance-flammes pour éviter que la contamination ne se propage au vaisseau.

Pendant ce temps, le pilote alien a pris place dans ce qui ressemble à un fauteuil et il active la pyramide. Shaw comprend in extremis que ce qu’ils ont pris pour un mausolée est en fait un gigantesque vaisseau extraterrestre programmé pour se rendre sur Terre et détruire l'humanité. Alors que le processus de décollage est enclenché, elle convainc le capitaine Janek et son équipage de se sacrifier en lançant le Prometheus contre le vaisseau extraterrestre afin d'empêcher son décollage. Avant cela, Janek éjecte Meredith Vickers dans une capsule de survie. Les seuls membres encore en vie de l'équipe terrienne sont alors Shaw, Vickers et la tête de David, détachée de son tronc, qui continue cependant à donner des instructions à Elisabeth Shaw. Peu après que l'explosion ait détruit le vaisseau extraterrestre, celui-ci retombe en morceaux sur la planète, l'un des débris tuant Vickers. Il ne reste plus désormais que Shaw et la tête de David. Shaw, à court d'oxygène, se réfugie dans les débris de la capsule de survie mais elle y est attaquée par le pilote alien qui a miraculeusement survécu uniquement pour être confronté au monstre mis au monde par Shaw lors de son accouchement. La tempête retombée, l'équipe, composée des archéologues, de David et de Peter Weyland, retourne à la pyramide. Ils découvrent que leurs compagnons sont morts. La santé de Holloway s'étant dramatiquement détériorée, ils retournent au vaisseau mais Meredith Vickers, armée d'un lance-flammes, lui en interdit l'accès et le détruit comme elle l'aurait fait d'un insecte dangereux. Comme ils ne peuvent regagner la terre, la tête de David se fait forte de conduire Shaw, en utilisant l'un des nombreux autres vaisseaux aliens encore enfouis sur la planète pour retrouver les "ingénieurs".

Lors de la dernière image du film, on voit apparaître, jaillissant de l'écran grâce à la 3D, la créature d'Alien, piteuse tentative du réalisateur pour nous rappeler ce lointain héritage.    
 
Mon opinion sur ce film

Bien que passionné de science-fiction, je ne suis pas fan de films où les extraterrestres sont dépeints comme des monstres abjects armés de griffes et de crocs dégoulinant de bave uniquement préoccupés de détruire l'espèce humaine. J'ai beaucoup hésité à aller voir ce film et c'est après avoir lu plusieurs critiques pro et contre que je me suis décidé. Je n'ai pas regretté pour les effets 3D qui sont vraiment stupéfiants. Quant au contenu lui-même du film, je suis beaucoup plus circonspect. Je ne veux pas faire la liste de toutes les invraisemblances constatées, à commencer par le début où l'on reconnaît, dans les peintures rupestres découvertes dans la grotte de l'île de Skye, une vague évocation de notre grotte Chauvet ardéchoise. En outre, le comportement des archéologues est bien peu scientifique du début à la fin du film: quand on connaît les précautions invraisemblables que prennent de nos jours les archéologues pour ne pas contaminer le site de leur étude (on peut imaginer qu'en 2089, ces précautions seront encore plus draconiennes), on a du mal à les prendre au sérieux. Idem pour l'ensemble de l'expédition. Une telle mission, montée avec une équipe aussi disparate, des objectifs aussi différents entre les membres de l'expédition, n'avait pas la moindre chance d'aboutir. Quant à leur arrivée sur cette planète inconnue, leur confrontation avec une civilisation aussi différente de la nôtre, elle aurait dû les inciter à une prudence extrême. Or, leur première réaction en arrivant à l'intérieur de la structure alien, et bien qu'ayant constaté qu'elle renferme des milliers de cadavres, est d'ôter leur casque ( !), comme si seul l'oxygène était important !!! C'est de la folie pure totalement contraire à toute démarche scientifique. Je m'arrêterai là.

Quant au propos "philosophique" du film, j'ai déjà dit plus haut ce que j'en pensais. Sans vouloir faire systématiquement des "petits hommes verts" de joyeux drilles (en fait, tout en étant convaincu qu'on ne peut pas être seuls dans l'univers, je ne sais pas, pas plus que personne au monde, si les aliens nous sont favorables ou pas). Mon espoir est qu'ils soient moins agressifs, moins mauvais, moins destructeurs que ne l’est l’humanité. D’autre part, je suis convaincu que, si une espèce mille fois techniquement plus développée que la nôtre était à l'origine de la vie sur Terre, elle n'aurait aucun intérêt à détruire ce qu'elle a créé, à moins que, par nos agissements, nous ne représentions pour elle une menace. C'est généralement ce qui se passe : lorsqu’une espèce en attaque une autre, c’est soit pour se nourrir, soit pour se défendre. Seul l'être humain agresse délibérément une autre espèce (voire la sienne). Seul l'être humain est capable de faire le mal gratuitement.

Alors faire des aliens d'horribles monstres assoiffés de carnage est une attitude tellement convenue et infantile qu'elle m'est insupportable.


Et ce n'est pas tout : le propos du réalisateur est brouillé. Qui sont ces "ingénieurs", qui sont les corps enfermés dans les monstrueux scaphandres dans la pyramide, que vient faire le calmar dans le ventre de l'archéologue, pourquoi s'en prend-il à l'alien dans la capsule de survie, quel but poursuit le robot David ? Et, last but not least, que vient faire la créature monstrueuse sortant de l'écran à le toute fin du film si ce n'est pour donner au spectateur un ultime frisson d'horreur. Tout cela n'est pas sérieux et même parfaitement ridicule et, tout en sachant qu'il s'agissait d'un film de divertissement à grand spectacle, je m'attendais à mieux. A côté de ce film, Avatar, de James Cameron, est un chef d'œuvre de poésie et d'intelligence que je regrette de ne pas avoir vu en 3D. Mais même des séries à bien petit budget comme The Event ou V sont, en ce qui me concerne, préférables à une idiotie pareille.

mardi 14 avril 2015

SIMON WERNER A DISPARU de Fabrice Gobert (FR-


Simon Werner a disparu est le premier long-métrage du réalisateur Fabrice Gobert sorti le 22 septembre 2010. Il a été sélectionné dans la section « Un certain regard » lors du Festival de Cannes 2010. Il a également été nommé pour le César du meilleur premier film en 2011.

Résumé

Un lycée dans une paisible banlieue bourgeoise des environs de Paris. Les élèves de terminale vont en cours sans trop se forcer, font du sport, de la musique, flirtent (et plus si affinité), fument gentiment des pétards et font des soirées arrosées.

Un élève des élèves disparaît brusquement, ce qui n'a pas l'air de bouleverser ses copains. Puis c'est le tour d'une fille un peu bizarre, puis d'une autre... Ont-ils fugué ? Pour quelle raison ? Le prof de physique est peut-être un pédophile, il a sans doute abusé de son fiston... Fantasmes, bla-bla sans queue ni tête, rien de sérieux... Sauf que Simon Werner, qui ne demandait rien à personne, se fait planter un poignard dans le ventre par un marginal qui vit dans une cabane dans les bois, comme ça, sans raison aucune.

Que font les adultes ? Rien... Les flics mènent une très vague enquête, ils draguent l'étang mais ne cherchent pas qui habite la cabane dans les bois où a été retrouvé le corps.

Mon opinion

Une fois de plus j’aurais dû fuir en voyant que le film avait été sélectionné dans le cadre d’Un certain regard à Cannes qui, sauf exception, équivaut à « film prise de tête ».

Moi qui critiquais le scénario de Numéro Quatre !!! C'est un chef d'œuvre de littérature à côté de celui-ci.

Les acteurs : la plupart s'expriment sans ouvrir la bouche. C'est un fait, c'est ainsi que parlent de nos jours la plupart des adolescents. Sans doute, bientôt faudra-t-il les doubler ou les sous-titrer... Ceci dit, faudrait-il encore que leurs dialogues en vaillent la peine. En l'occurrence, pour entendre : "C'est super ! T'es un enculé ! Elle est bonne. Tu te l'es faite ? T'as une capote ? » et autres dialogues dignes de Shakespeare... Dans ces conditions, il est vrai qu'on peut se passer de sous-titres. Hélas, on ne peut même pas se rabattre sur les mimiques des ados en question, aussi expressifs qu’une limande ayant trop traîné sur le banc du poissonnier.   

En résumé : intrigue, scénario et dialogues inexistants (ou pour reprendre l’expression favorite des ados en question : « nuls »). Les acteurs sont là, ils font ce qu'on leur dit de faire, point barre... Quelques-uns sortent cependant un peu du lot : c’est le cas d’Ana Girardot (Alice), Jules Pélissier (Jérémie), Laurent Delbecque (Simon Werner). On ne peut pas en dire autant des adultes aussi transparents que des ectoplasmes fatigués.

Heureusement qu'il y a la BO, écrite spécialement pour le film par un groupe qui s'appelle "Sonic Youth". C’est le seul intérêt du film avec, je dois cependant le reconnaître, l'image, la lumière et les cadrages (signés Agnès Godard) qui sont eux-aussi très maîtrisés. 

Mais on sent que le réalisateur, Fabrice Gobert, a un peu trop lorgné du côté des séries ou des films américains ou anglais qui traitent jusqu'à plus soif du mal-être des adolescents comme Paranoïd Park, Kaboom ou GenerationRX... sans toutefois atteindre le niveau d'Elephant, Paranoïak ou de Skins qui sont autrement maîtrisés.

Bref, pas de quoi fouetter un chat, (euh, pardon, surtout pour un ami des bêtes comme moi, un ado !) On a beau savoir que c'est un premier film, je ne peux m'empêcher de le comparer à des pépites que j'ai vues récemment comme La guerre est déclarée ou Toi,moi, les autres, films français aussi, faits avec peu de moyens (le premier a même été tourné avec un appareil photo numérique !), ce qui prouve que point n'est besoin de travellings ou d’équipements hors de prix pour réaliser un bon film quand on a le talent.

Fabrice Gobert s'est depuis heureusement rattrapé en réalisant l'énigmatique série Les Revenants (2012), même si celle-ci n'est pas exempte de maladresses.