Ce blog est consacré au cinéma et aux séries TV. J'y traite principalement des films et des séries que j'aime mais je me réserve aussi le droit d'en critiquer certains.
Deux moi est une comédie dramatique française
écrite et réalisée par Cédric Klapisch sorti en 2019.
Présentation
Deux trentenaires, Rémy (FrançoisCivil) et Mélanie (Ana Girardot), habitent deux appartements
contigus dans le même quartier à Paris. Tous les deux prennent le même métro
pour se rendre à leur travail, font leurs courses dans la même épicerie arabe
de leur quartier, fréquentent la même pharmacie, l’un pour demander des
somnifères car il ne dort pas, l’autre pour acheter des excitants car elle dort
trop… Ils se croisent quasi quotidiennement sans se connaître ni se reconnaître.
Tous deux sont victimes de la solitude des grandes villes. Un jour, Rémy, qui
travaille comme manutentionnaire dans un gigantesque entrepôt style Amazon, après
avoir appris qu’une grande partie de ses collègues allait être licenciée pour
être remplacé par des robots fait une crise d’angoisse dans le métro et se voit
prescrire des séances avec un psychothérapeute (François Berléand). De
son côté, Mélanie consulte aussi une psy (Camille Cottin) pour sa
narcolepsie. L’un et l’autre se voient conseiller de chercher à faire des
rencontres… Finalement, à la toute fin du film, leurs chemins se croiseront
pour le plus grand bonheur du spectateur.
Mon opinion
Pourquoi ce titre improbable pour
ce joli film plutôt réussi bien dans l’esprit doux-amer des précédents films de
Cédric Klapisch ? Malgré sa longueur, on supporte plutôt bien ce
marivaudage grâce à la fraîcheur des deux acteurs principaux, François Civil,
toujours touchant, et sa charmante partenaire Ana Girardot, grâce aussi à l'humour - pour une fois "soft" ! - de Camille Cottin et François Berléand (que l'on choisirait volontiers pour psy). J’avais
cependant de beaucoup préféré François Civil dans Mon inconnue, belle
fable poétique et décalée, sans parler de sa magnifique prestation dans Le chant du loup, l'un des films français les plus aboutis de l’année.
Ana Girardot, née le 1er août 1988, est une actrice
française.
Biographie
Ana Girardot est la fille d'Hippolyte Girardot et d'Isabel
Otero, et la petite-fille des peintres Antonio Otero et Clotilde Vautier
(1939-1968). Elle n'a aucun lien de parenté avec la comédienne Annie Girardot.
Elle choisit d'être comédienne contre l'avis initial de son
père et, durant deux ans, prend des cours de théâtre à New York. Après quelques
rôles secondaires à la télévision et au cinéma, elle obtient un rôle principal
particulièrement remarqué par la critique dans le film Simon Werner a disparu...
de Fabrice Gobert présenté lors du Festival de Cannes 2010. Elle joue le rôle
de l’énigmatique Lucy dans les Revenants saison 1 (2012) et saison 2(2016) du
même réalisateur.
Un homme idéal est un
thriller français coécrit et réalisé par Yann
Gozlan sorti en 2015 avec PierreNiney dans le rôle principal.
Résumé
Mathieu Vasseur (Pierre Niney), jeune auteur de 25 ans,
essaie en vain de faire publier son premier manuscrit. En attendant, il travaille
pour une entreprise de déménagement… Son destin bascule le jour où il tombe par
hasard sur le manuscrit d’un homme solitaire qui vient de mourir et dont ils
doivent débarrasser l’appartement. Le manuscrit est celui du récit d’un appelé
pendant la guerre d’Algérie. Mathieu hésite avant finalement de s’en emparer,
et de signer le texte de son nom, après lui avoir seulement donné un nouveau
titre, « Sable noir ». Le manuscrit est de suite accepté par une
maison d’édition et devient un best-seller, récompensé par le Prix Renaudot.
Mathieu Vasseur devient du jour
au lendemain le nouvel espoir le plus en vue de la littérature française.
On nous le montre trois ans après,
filant le parfait amour avec la charmante Alice Fursac (Ana Girardot), qui l’avait snobé lors de leur première rencontre,
mais qui maintenant l’amène pour le présenter à ses parents, de riches
bourgeois vivant dans une somptueuse demeure au bord de la mer Méditerranée.
Mathieu, pressé par son éditeur,
ne parvient pas à écrire la première ligne de son deuxième roman et, pour
préserver son secret, il va s’enfoncer dans une spirale mensongère qui
l’amènera à commettre deux meurtres et à se faire passer pour mort.
Mon opinion sur ce film
Le thème de l’auteur qui vole le
manuscrit d’un autre et le publie sous son nom rappelle plusieurs œuvres
littéraires, en particulier le roman d'Henri Troyat Le mort saisit le vif (1942) où le héros signe le roman La Colère, dont le véritable auteur est
décédé. Comme dans Un homme idéal, la
spirale de l'imposture conduit le personnage aux portes de la folie. Deux films
aussi traitent du même sujet : The Words
et A Murder of Crows.
Dès le début, le ton est donné
car Mathieu travaille à son manuscrit devant une photo de Romain Gary, qui est
son auteur favori. Or, on sait tous combien la mystification fut la marque de
fabrique de ce grand écrivain qui obtint une deuxième fois le Prix Goncourt
pour son roman La vie devant soi
qu’il publia sous le nom d’emprunt d’Emile Ajar, en se gaussant de la critique
et des milieux littéraires.
Il n’empêche que, grâce à la
formidable prestation de Pierre Niney,
ce film se hisse au niveau d'un Polansky (The Ghost Writer) ou d'un Woody Allen (Match Point). Le réalisateur a parié (et il a eu 100 % raison ! )
sur la présence extraordinaire du jeune et talentueux Pierre Nineyqui oblitère pratiquement le jeu de tous les
autres acteurs. Il arrive à insuffler à son personnage de menteur un côté
sympathique car là où d’autres s’en seraient fichés, Mathieu reste conscient qu’il doit son talent
à un autre et reste paralysé par la culpabilité. L’angoisse monte peu à peu et
on craint plus pour lui plus que pour tous les autres dont on ne pleurera pas
la disparition. L’impression que l’on garde, avec les dernières images où
Mathieu, retourné à l’anonymat, contemple depuis la rue, sa double réussite (le
succès de son vrai livre au titre plus que symbolique « Faux-semblants »
et son bébé, dans les bras de la femme qu’il aime et ne pourra jamais épouser),
est celle d’un terrible gâchis.
Simon Werner a disparu est
le premier long-métrage du réalisateur Fabrice Gobert sorti le 22 septembre 2010. Il a
été sélectionné dans la section « Un certain regard » lors du
Festival de Cannes 2010. Il a également été nommé pour le César du meilleur
premier film en 2011.
Résumé
Un lycée dans une paisible banlieue bourgeoise des environs de Paris. Les élèves de terminale vont en cours sans
trop se forcer, font du sport, de la musique, flirtent (et plus si affinité),
fument gentiment des pétards et font des soirées arrosées.
Un élève des élèves disparaît
brusquement, ce qui n'a pas l'air de bouleverser ses copains. Puis c'est le
tour d'une fille un peu bizarre, puis d'une autre... Ont-ils fugué ? Pour
quelle raison ? Le prof de physique est peut-être un pédophile, il a sans doute
abusé de son fiston... Fantasmes, bla-bla sans queue ni tête, rien de
sérieux... Sauf que Simon Werner, qui ne demandait rien à personne, se fait
planter un poignard dans le ventre par un marginal qui vit dans une cabane dans
les bois, comme ça, sans raison aucune.
Que font les adultes ? Rien...
Les flics mènent une très vague enquête, ils draguent l'étang mais ne cherchent
pas qui habite la cabane dans les bois où a été retrouvé le corps.
Mon opinion
Une fois de plus j’aurais dû fuir
en voyant que le film avait été sélectionné dans le cadre d’Un certain regard à
Cannes qui, sauf exception, équivaut à « film prise de tête ».
Moi qui critiquais le scénario de
Numéro Quatre !!! C'est un chef d'œuvre de littérature à côté de celui-ci.
Les acteurs : la plupart
s'expriment sans ouvrir la bouche. C'est un fait, c'est ainsi que parlent de
nos jours la plupart des adolescents. Sans doute, bientôt faudra-t-il les doubler
ou les sous-titrer... Ceci dit, faudrait-il encore que leurs dialogues en
vaillent la peine. En l'occurrence, pour entendre : "C'est super !
T'es un enculé ! Elle est bonne. Tu te l'es faite ? T'as une capote ? » et
autres dialogues dignes de Shakespeare... Dans ces conditions, il est vrai
qu'on peut se passer de sous-titres. Hélas, on ne peut même pas se rabattre sur
les mimiques des ados en question, aussi expressifs qu’une limande ayant trop
traîné sur le banc du poissonnier.
En résumé : intrigue, scénario et
dialogues inexistants (ou pour reprendre l’expression favorite des ados en
question : « nuls »). Les acteurs sont là, ils font ce qu'on
leur dit de faire, point barre... Quelques-uns sortent cependant un peu du lot :
c’est le cas d’Ana Girardot(Alice), Jules Pélissier (Jérémie), Laurent
Delbecque (Simon Werner). On ne peut pas en dire autant des adultes aussi
transparents que des ectoplasmes fatigués.
Heureusement qu'il y a la BO,
écrite spécialement pour le film par un groupe qui s'appelle "Sonic
Youth". C’est le seul intérêt du film avec, je dois cependant le
reconnaître, l'image, la lumière et les cadrages (signés Agnès Godard) qui sont
eux-aussi très maîtrisés.
Mais on sent que le réalisateur,
Fabrice Gobert, a un peu trop lorgné du côté des séries ou des films américains ou anglais qui traitent jusqu'à
plus soif du mal-être des adolescents comme Paranoïd Park,Kaboom
ou GenerationRX... sans toutefois atteindre le niveau d'Elephant,Paranoïakou de Skins qui sont autrement maîtrisés.
Bref, pas de quoi fouetter un
chat, (euh, pardon, surtout pour un ami des bêtes comme moi, un ado !) On a
beau savoir que c'est un premier film, je ne peux m'empêcher de le comparer à
des pépites que j'ai vues récemment comme La guerre est déclarée ou Toi,moi, les autres, films français aussi, faits avec peu de moyens (le
premier a même été tourné avec un appareil photo numérique !), ce qui
prouve que point n'est besoin de travellings ou d’équipements hors de prix pour
réaliser un bon film quand on a le talent.
Fabrice Gobert s'est depuis heureusement rattrapé en réalisant l'énigmatique série Les Revenants (2012), même si celle-ci n'est pas exempte de maladresses.