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jeudi 12 septembre 2019

DEUX MOI comédie dramatique de Cédric KLAPISCH (FR-2019)



Deux moi est une comédie dramatique française écrite et réalisée par Cédric Klapisch sorti en 2019.

Présentation

Deux trentenaires, Rémy (FrançoisCivil) et Mélanie (Ana Girardot), habitent deux appartements contigus dans le même quartier à Paris. Tous les deux prennent le même métro pour se rendre à leur travail, font leurs courses dans la même épicerie arabe de leur quartier, fréquentent la même pharmacie, l’un pour demander des somnifères car il ne dort pas, l’autre pour acheter des excitants car elle dort trop… Ils se croisent quasi quotidiennement sans se connaître ni se reconnaître. Tous deux sont victimes de la solitude des grandes villes. Un jour, Rémy, qui travaille comme manutentionnaire dans un gigantesque entrepôt style Amazon, après avoir appris qu’une grande partie de ses collègues allait être licenciée pour être remplacé par des robots fait une crise d’angoisse dans le métro et se voit prescrire des séances avec un psychothérapeute (François Berléand). De son côté, Mélanie consulte aussi une psy (Camille Cottin) pour sa narcolepsie. L’un et l’autre se voient conseiller de chercher à faire des rencontres… Finalement, à la toute fin du film, leurs chemins se croiseront pour le plus grand bonheur du spectateur.

Mon opinion

Pourquoi ce titre improbable pour ce joli film plutôt réussi bien dans l’esprit doux-amer des précédents films de Cédric Klapisch ? Malgré sa longueur, on supporte plutôt bien ce marivaudage grâce à la fraîcheur des deux acteurs principaux, François Civil, toujours touchant, et sa charmante partenaire Ana Girardot, grâce aussi à l'humour - pour une fois "soft" ! - de Camille Cottin et François Berléand (que l'on choisirait volontiers pour psy). J’avais cependant de beaucoup préféré François Civil dans Mon inconnue, belle fable poétique et décalée, sans parler de sa magnifique prestation dans Le chant du loup, l'un des films français les plus aboutis de l’année.

mardi 14 juin 2016

Ana GIRARDOT (Actrice française)



Ana Girardot, née le 1er août 1988, est une actrice française.

Biographie

Ana Girardot est la fille d'Hippolyte Girardot et d'Isabel Otero, et la petite-fille des peintres Antonio Otero et Clotilde Vautier (1939-1968). Elle n'a aucun lien de parenté avec la comédienne Annie Girardot.

Elle choisit d'être comédienne contre l'avis initial de son père et, durant deux ans, prend des cours de théâtre à New York. Après quelques rôles secondaires à la télévision et au cinéma, elle obtient un rôle principal particulièrement remarqué par la critique dans le film Simon Werner a disparu... de Fabrice Gobert présenté lors du Festival de Cannes 2010. Elle joue le rôle de l’énigmatique Lucy dans les Revenants saison 1 (2012) et saison 2 (2016) du même réalisateur.

Filmographie

Longs métrages

  • 1992 : Après l'amour de Diane Kurys — Juliette
  • 2010 : Simon Werner a disparu... de Fabrice Gobert — Alice Cartier
  • 2012 : Cloclo de Florent Emilio Siri — Isabelle Forêt
  • 2012 : Radiostars de Romain Lévy — Sabrina
  • 2013 : Amitiés sincères de Stéphan Archinard et François Prévôt-Leygonie — Clémence
  • 2014 : Paradise Lost (Escobar: Paradise Lost) d'Andrea Di Stefano — Anne
  • 2014 : Le Beau Monde de Julie Lopes-Curval — Alice
  • 2014 : La prochaine fois je viserai le cœur de Cédric Anger — Sophie
  • 2014 : Un homme idéal de Yann Gozlan — Alice Fursac
  • 2015 : Foujita de Kôhei Oguri - Youki
  • 2016 : Saint-Amour de Gustave Kervern et Benoît Delépine
  • 2016 : Le Vin et le vent de Cédric Klapisch

Courts métrages

  • 2009 : Spiritual America de Marc Dujarric : Tara
  • 2012 : 216 Mois de Frédéric Potier et Valentin Potier : 'Lisa
  • 2012 : Les Chancelants de Nadine Lermite : Juliette
  • 2013 : Aurore boréale de Keren Ben Rafael
Télévision
  • 2010 : Yvette collection Chez Maupassant d'Olivier Tchasky : Yvette
  • 2010 : Diane, femme flic Episode Etoiles filantes de Jean-Michel Fages : Lola
  • 2012 : Les Revenants de Fabrice Gobert (série) : Lucy
  • 2016 : Les Revenants saison 2 de Fabrice Gobert (série) : Lucy

Clips
  • 2010 : It's Working de MGMT

Théâtre

  • 2014 : Roméo et Juliette de William Shakespeare, mise en scène Nicolas Briançon, Théâtre de la Porte-Saint-Martin

dimanche 26 avril 2015

UN HOMME IDEAL film français de Yann Gozlan (FR-2015)



Un homme idéal est un thriller français coécrit et réalisé par Yann Gozlan sorti en 2015 avec PierreNiney dans le rôle principal.

Résumé

Mathieu Vasseur (Pierre Niney), jeune auteur de 25 ans, essaie en vain de faire publier son premier manuscrit. En attendant, il travaille pour une entreprise de déménagement… Son destin bascule le jour où il tombe par hasard sur le manuscrit d’un homme solitaire qui vient de mourir et dont ils doivent débarrasser l’appartement. Le manuscrit est celui du récit d’un appelé pendant la guerre d’Algérie. Mathieu hésite avant finalement de s’en emparer, et de signer le texte de son nom, après lui avoir seulement donné un nouveau titre, « Sable noir ». Le manuscrit est de suite accepté par une maison d’édition et devient un best-seller, récompensé par le Prix Renaudot.  

Mathieu Vasseur devient du jour au lendemain le nouvel espoir le plus en vue de la littérature française.

On nous le montre trois ans après, filant le parfait amour avec la charmante Alice Fursac (Ana Girardot), qui l’avait snobé lors de leur première rencontre, mais qui maintenant l’amène pour le présenter à ses parents, de riches bourgeois vivant dans une somptueuse demeure au bord de la mer Méditerranée.

Mathieu, pressé par son éditeur, ne parvient pas à écrire la première ligne de son deuxième roman et, pour préserver son secret, il va s’enfoncer dans une spirale mensongère qui l’amènera à commettre deux meurtres et à se faire passer pour mort.

Mon opinion sur ce film

Le thème de l’auteur qui vole le manuscrit d’un autre et le publie sous son nom rappelle plusieurs œuvres littéraires, en particulier le roman d'Henri Troyat Le mort saisit le vif (1942) où le héros signe le roman La Colère, dont le véritable auteur est décédé. Comme dans Un homme idéal, la spirale de l'imposture conduit le personnage aux portes de la folie. Deux films aussi traitent du même sujet : The Words et A Murder of Crows.

Dès le début, le ton est donné car Mathieu travaille à son manuscrit devant une photo de Romain Gary, qui est son auteur favori. Or, on sait tous combien la mystification fut la marque de fabrique de ce grand écrivain qui obtint une deuxième fois le Prix Goncourt pour son roman La vie devant soi qu’il publia sous le nom d’emprunt d’Emile Ajar, en se gaussant de la critique et des milieux littéraires.

Il n’empêche que, grâce à la formidable prestation de Pierre Niney, ce film se hisse au niveau d'un Polansky (The Ghost Writer) ou d'un Woody Allen (Match Point). Le réalisateur a parié (et il a eu 100 % raison ! ) sur la présence extraordinaire du jeune et talentueux Pierre Niney qui oblitère pratiquement le jeu de tous les autres acteurs. Il arrive à insuffler à son personnage de menteur un côté sympathique car là où d’autres s’en seraient fichés,  Mathieu reste conscient qu’il doit son talent à un autre et reste paralysé par la culpabilité. L’angoisse monte peu à peu et on craint plus pour lui plus que pour tous les autres dont on ne pleurera pas la disparition. L’impression que l’on garde, avec les dernières images où Mathieu, retourné à l’anonymat, contemple depuis la rue, sa double réussite (le succès de son vrai livre au titre plus que symbolique « Faux-semblants » et son bébé, dans les bras de la femme qu’il aime et ne pourra jamais épouser), est celle d’un terrible gâchis.

mardi 14 avril 2015

SIMON WERNER A DISPARU de Fabrice Gobert (FR-


Simon Werner a disparu est le premier long-métrage du réalisateur Fabrice Gobert sorti le 22 septembre 2010. Il a été sélectionné dans la section « Un certain regard » lors du Festival de Cannes 2010. Il a également été nommé pour le César du meilleur premier film en 2011.

Résumé

Un lycée dans une paisible banlieue bourgeoise des environs de Paris. Les élèves de terminale vont en cours sans trop se forcer, font du sport, de la musique, flirtent (et plus si affinité), fument gentiment des pétards et font des soirées arrosées.

Un élève des élèves disparaît brusquement, ce qui n'a pas l'air de bouleverser ses copains. Puis c'est le tour d'une fille un peu bizarre, puis d'une autre... Ont-ils fugué ? Pour quelle raison ? Le prof de physique est peut-être un pédophile, il a sans doute abusé de son fiston... Fantasmes, bla-bla sans queue ni tête, rien de sérieux... Sauf que Simon Werner, qui ne demandait rien à personne, se fait planter un poignard dans le ventre par un marginal qui vit dans une cabane dans les bois, comme ça, sans raison aucune.

Que font les adultes ? Rien... Les flics mènent une très vague enquête, ils draguent l'étang mais ne cherchent pas qui habite la cabane dans les bois où a été retrouvé le corps.

Mon opinion

Une fois de plus j’aurais dû fuir en voyant que le film avait été sélectionné dans le cadre d’Un certain regard à Cannes qui, sauf exception, équivaut à « film prise de tête ».

Moi qui critiquais le scénario de Numéro Quatre !!! C'est un chef d'œuvre de littérature à côté de celui-ci.

Les acteurs : la plupart s'expriment sans ouvrir la bouche. C'est un fait, c'est ainsi que parlent de nos jours la plupart des adolescents. Sans doute, bientôt faudra-t-il les doubler ou les sous-titrer... Ceci dit, faudrait-il encore que leurs dialogues en vaillent la peine. En l'occurrence, pour entendre : "C'est super ! T'es un enculé ! Elle est bonne. Tu te l'es faite ? T'as une capote ? » et autres dialogues dignes de Shakespeare... Dans ces conditions, il est vrai qu'on peut se passer de sous-titres. Hélas, on ne peut même pas se rabattre sur les mimiques des ados en question, aussi expressifs qu’une limande ayant trop traîné sur le banc du poissonnier.   

En résumé : intrigue, scénario et dialogues inexistants (ou pour reprendre l’expression favorite des ados en question : « nuls »). Les acteurs sont là, ils font ce qu'on leur dit de faire, point barre... Quelques-uns sortent cependant un peu du lot : c’est le cas d’Ana Girardot (Alice), Jules Pélissier (Jérémie), Laurent Delbecque (Simon Werner). On ne peut pas en dire autant des adultes aussi transparents que des ectoplasmes fatigués.

Heureusement qu'il y a la BO, écrite spécialement pour le film par un groupe qui s'appelle "Sonic Youth". C’est le seul intérêt du film avec, je dois cependant le reconnaître, l'image, la lumière et les cadrages (signés Agnès Godard) qui sont eux-aussi très maîtrisés. 

Mais on sent que le réalisateur, Fabrice Gobert, a un peu trop lorgné du côté des séries ou des films américains ou anglais qui traitent jusqu'à plus soif du mal-être des adolescents comme Paranoïd Park, Kaboom ou GenerationRX... sans toutefois atteindre le niveau d'Elephant, Paranoïak ou de Skins qui sont autrement maîtrisés.

Bref, pas de quoi fouetter un chat, (euh, pardon, surtout pour un ami des bêtes comme moi, un ado !) On a beau savoir que c'est un premier film, je ne peux m'empêcher de le comparer à des pépites que j'ai vues récemment comme La guerre est déclarée ou Toi,moi, les autres, films français aussi, faits avec peu de moyens (le premier a même été tourné avec un appareil photo numérique !), ce qui prouve que point n'est besoin de travellings ou d’équipements hors de prix pour réaliser un bon film quand on a le talent.

Fabrice Gobert s'est depuis heureusement rattrapé en réalisant l'énigmatique série Les Revenants (2012), même si celle-ci n'est pas exempte de maladresses.