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dimanche 29 janvier 2023

YOUSSEF SALEM A DU SUCCES Comédie de Baya KASMI (FR-2022)

 


Youssef Salem a du succès est une comédie française réalisée par Baya Kasmi et sortie en 2022.

Présentation

Youssef Salem (Ramzi Bedia), 45 ans, originaire d'une famille d'immigrés algériens dans un quartier populaire de Port-de-Bouc, vit à Paris où il se consacre à l'écriture.

Après plusieurs revers, il décide d'écrire un roman en partie autobiographique, inspiré de sa jeunesse et notamment des tabous qui entourent la sexualité dans le milieu où il a grandi. Son livre s’intitule Le Choc toxique. L'ouvrage provoque un débat public passionné, mais aussi une crispation au sein de sa famille, particulièrement chez ses parents qui pensent qu’il écrit un ouvrage historique sur les héros de la révolution algérienne.

Lorsque, à la grande joie de son éditrice Lise (Noémie Lvovsky), son livre est couronné par le prestigieux prix Goncourt, il fait tout pour en cacher le contenu à sa famille.  

Mon opinion

La réalisatrice raconte avec humour les tribulations d’un écrivain piégé par un succès qui écorne l’image de sa famille en nous donnant à voir une comédie où l’on rit mais où, bien que le point de vue soit celui d’un arabe de 2ème génération, on peut parfaitement se reconnaître car au fond tout écrivain écrit, sans toutefois vouloir le reconnaître, sur lui-même. Le film aborde la sexualité sans tabou et cela fait du bien. C’est aussi un film sur les préjugés et le mensonge car, que l’on soit arabe ou Français de souche, on est confronté aux mêmes interdits : ne pas vouloir faire de peine à ses parents, vouloir qu’ils soient fiers de nous.   

mardi 3 mai 2022

SEULE LA TERRE EST ETERNELLE Documentaire de François BUSNEL et Adrien SOLAND (FR-2022)

 


Seule la terre est éternelle*, film documentaire de François Busnel et Adrien Soland sur l’écrivain américain Jim Harrison - 1.52 H (2022)

* A ne pas confondre avec le film Seule la terre.

Présentation

C’est à un proverbe sioux que le film emprunte son titre : “Seule la terre est éternelle”. Un portrait intimiste de Jim Harrison (auteur de Légendes d’automne, Dalva, etc.), tourné peu avant le décès né dans le Michigan et décédé du grand écrivain américain en mars 2016 à l’âge de 78 ans dans l’une de ses résidences, à Patagonia, dans l’Arizona.

Mon opinion

Portrait vivant d’un écrivain atypique qui a décrit, comme personne d’autre, la nature, les hommes et les grands espaces américains. Le film est une sorte de road-movie où les réalisateurs écoutent l’écrivain raconter sa vie, les moments qui l’ont marqué et inspiré, suivent l’écrivain dans ses pérégrinations  à travers les somptueux paysages dans lesquels il a vécu et qui ont inspiré son œuvre : les Grandes Plaines où paissent encore quelques bisons rescapés des grands massacres du Far-West, le Montana, avec ses rivières propices à la pêche à la mouche, le Nebraska, l’Arizona et l’Utah, avec ses gigantesques mesas et ses formations rocheuses à couper le souffle de Monument Valley où vivent encore les Indiens. Mais ce documentaire n’est pas juste, comme on pourrait le craindre, la simple occasion de nous montrer de belles images ; Il nous fait entrer de plain-pied dans l’intimité d’un écrivain unique, qui a vécu une vie riche et inspirée par ces paysages, par leur histoire, par leurs légendes.  Avec son visage ravagé de vieil indien et son corps meurtri et fatigué, Jim Harrison semble modelé par la terre qui l’a vu naître et mourir, de la sève de ces arbres, de l’eau de ses rivières, de l’immensité de ses ciels. Ce biopic inspirant donne une furieuse envie de lire et relire les œuvres de l’écrivain mais aussi de partir à la découverte de l’infini.  

Le roman Légendes d’automne a été adapté par Edward Zwick (1994) dans un très beau film du même nom.  

jeudi 4 novembre 2021

COUP DE FOUDRE EN TOSCANE/SHADOWS IN THE SUN comédie de Brad MIRMAN (GB-FR-IT 2005)

 


Film à voir en intégralité et gratuitement sur You Tube.

Coup de foudre en Toscane (Titre original : Shadows in the Sun) est une comédie romantique franco-italo-britannique réalisé par Brad Mirman, sorti en 2005.

Résumé

Jeremy Taylor (Joshua Jackson, vu dans la série Fringe), jeune écrivain ambitieux, vit à Londres où il travaille pour une grande maison d’éditions dirigée par Mr Benton (John Rhys-Davis). L’un de leurs concurrents ayant fait un « coup littéraire », il décide à son tour de secouer le petit monde de l’édition en signant avec un auteur célèbre qui a publié un best-seller vingt ans auparavant et dont plus personne n’a de nouvelles. L’auteur vit en reclus dans un petit village perdu de Toscane et Jeremy est missionné pour le rencontrer et le convaincre de se remettre à l’écriture. Il le fait avec d’autant plus de zèle que Weldon Parish (Harvey Keitel) est son idole et qu’il a dévoré « Shadows in the Sun » (Des ombres au soleil) alors qu’il était immobilisé après s’être brisé la clavicule.

Arrivé dans le village où vit Parish, il s’oppose au silence des locaux qui font comme s’ils ne le connaissaient pas. Il se présente alors à la ferme où vit Parish où il est accueilli par sa fille Isabella, (Claire Forlani), qui le met en garde contre le refus de son père de recevoir tout journaliste ou tout éditeur.

Mais, malgré les rebuffades, coups tordus et rites de passage que lui réserve Parish, Jeremy s’entête et, admirant son courage, Parish finit par l’admettre dans son cercle d’amis. Il finira même à se remettre à écrire et, par la même occasion, Jeremy trouvera l’amour dans les bras de la belle Isabella.   

Mon opinion  

Ne nous arrêtons pas au titre « gnan-gnan » de ce film qui mérite mieux qu’un titre aussi insipide. Je ne comprendrai jamais les producteurs quand ils remplacent un titre original par quelque chose de passe-partout. Certes, on a affaire à un film qui ne révolutionnera pas l’histoire du cinéma mais c’est au moins une jolie comédie avec de bons acteurs et tournée dans de beaux paysages. Il traite aussi d’un sujet qui n’est pas anodin : celui d’un auteur qui a été au sommet de sa gloire et qui, brusquement, n’a plus l’envie d’écrire car il croit avoir tout dit et est paralysé devant la page blanche. J'ai personnellement beaucoup aimé la scène de danse, très réussie, entre Jeremy et Isabella. Rien que pour ça, les paysages de Toscane et quelques répliques bien senties, ce film mérite mieux que de tomber aux oubliettes.  

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samedi 30 octobre 2021

LE CERCLE LITTERAIRE DE GUERNESEY - Film de Mike NEWELL (GB-2018)

 


Le Cercle littéraire de Guernesey (Titre original : The Guernsey Literary and Potato Peel Pie Society) est un drame historique britannique réalisé par Mike Newell, sorti en 2018. Il s'agit de l'adaptation cinématographique du roman Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates (2008) de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows.

Résumé

L’action commence en Grande Bretagne juste à la fin de la 2nde Guerre mondiale. Juliet Ashton (Lily James vue dans Les heures sombres, Baby driver, Yesterday...), une jeune écrivaine traumatisée par les bombardements de Londres où elle a perdu ses parents, reçoit une lettre d’un inconnu, Dawsey Adams (Michiel Huisman), partie de Guernesey, qui a trouvé son adresse dans un livre dont elle a été propriétaire.

Dans sa lettre, il lui parle d'un mystérieux club de littérature, créé à Guernesey pendant l’occupation allemande. Intriguée, elle décide d’annuler la tournée de lectures prévue dans des bibliothèques et de se rendre sur l’île anglo-normande, au grand dam de Sidney (Matthew Goode vu dans Imitation Game, Match Point, A l'heure des souvenirs...), son éditeur et ami. Mais le plus déçu par sa décision est son petit ami Mark (Glen Powell), un militaire américain qui lui fait sa demande en mariage en lui offrant une somptueuse bague de fiançailles au moment où elle s’apprête à prendre le bateau.  

A son arrivée, le seul hôtel de l’île où elle aurait pu loger, est fermé car on refait son toit abîmé par les bombardements de l’île. L’un des ouvriers travaillant à sa réfection est Dawsey mais elle n’en sait rien. Pour trouver une chambre, il lui conseille de se rendre au bureau de poste où elle est reçue par un jeune garçon débrouillard, Eli (Kit Connor vu dans Mr Holmes), le petit fils du préposé, Eben Ramsey (Tom Courtenay). Celui-ci, d’abord peu aimable, devient plus chaleureux lorsqu’il apprend qui elle est, qu’elle a fait le voyage depuis Londres et le but de son voyage : rencontrer les membres du Cercle. Il lui conseille une pension, celle de la peu sympathique Charlotte, une vieille fille confite en dévotion.

Elle fait ensuite la connaissance des autres membres du Cercle et apprend son histoire et les circonstances de sa création : lors de l’occupation de Guernesey, les Allemands ont confisqué tous les animaux de l’île, dont les cochons de Dawsey. Mais Amelia (Penelope Wilton vue dans Downtown Abbey, Match point, Indian Palace et Indian Palace suite royale...) en avait caché un et invité ses voisins, affamés par des mois de privation, autour d’un festin. Pour la circonstance Eben Ramsey avait confectionné une tourte aux épluchures de patates et Isola (Katherine Parkinson), du gin qu’elle fabrique elle-même. Après le repas qui s’est terminé en pleine nuit, la petite troupe, bravant le couvre-feu instauré par les Allemands, s’est fait arrêter par les militaires. Ils ne s’en sont sortis qu’en improvisant un énorme mensonge : qu’ils faisaient tous partie d’un pseudo "Cercle littéraire de Guernesey des amateurs d’épluchures de patates". A partir de là, le cercle était créé et se réunissait depuis régulièrement.

Mais lorsque Juliet, enchantée par l’histoire, annonce à ses hôtes qu’elle allait publier leur histoire dans le London Times, elle se heurte à un mur et se rend compte qu’elle a éventé un terrible secret.

Faisant apparemment marche arrière, elle se livre à une enquête approfondie et découvre la vérité : Kit, la fillette blonde qu’élève Dawsey est la fille d’une jeune femme, Elisabeth, qui a eu une aventure avec Christian, un soldat allemand. Lorsque leur liaison fut découverte, Christian a été renvoyé en Allemagne et il est mort dans le torpillage de son bateau. Quant à Elisabeth, elle a été arrêtée pour avoir aidé un jeune garçon, travailleur forcé par les Allemands. Depuis, on a perdu sa trace et on parle, pudiquement, de son "absence". Juliet fait appel à son fiancé, Mark, resté à Londres et travaillant au QG de l’armée alliée, pour découvrir ce qu’est devenue Elisabeth. Hélas, celle-ci, déportée à Ravensbrück y est morte.

Pendant son séjour, Juliet s’est attachée à la petite Kit et à Dawsey et elle rompt avec Mark et revient vivre à Guernesey.  

Mon opinion

Splendide film qui commence comme une comédie mais nous révèle au fil de son développement le passé sombre de l’île de Guernesey pendant une occupation parmi les plus longues et les plus dures que subirent les pays envahis par les Allemands pendant la 2nde Guerre mondiale. En effet, ceux-ci occupèrent les îles anglo-normandes du 30 juin 1940 au 9 mai 1945. A Guernesey, les enfants d’âge scolaire furent évacués et la population laissée sur place fut soumise aux privations et à la famine. Mais le pire fut l’instauration de camps de concentrations à Aurigny qui servit à parquer, dans des conditions abominables, des déportés des pays de l’Est afin de les utiliser pour construire des fortifications faisant partie du Mur de l’Atlantique.

A part quelques images, le réalisateur ne nous montre rien de cette terrible histoire mais on en perçoit la pesanteur de l'occupation tout au long du film, par ailleurs allégée par l’humour et les fabuleux paysages de l’île. On est aussi séduit par les personnages aux personnalités bien marquées et attachantes. 

Mais le sujet du film, c’est avant tout la littérature et l’amour des livres qui le traverse et représente, pour tous ces personnages, du plus jeune au plus âgé, une liberté et un moyen de se rapprocher, quelles que soient les circonstances. Une belle leçon de culture et d’humanité.

Autres films de Mike NEWELL :

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mardi 19 octobre 2021

LE MYSTERE HENRI PICK Film de Rémi BEZANCON (FR-2019)

 


Le Mystère Henri Pick est un film français coécrit et réalisé par Rémi Bezançon, sorti en 2019. Il s'agit de l’adaptation du roman homonyme de David Foenkinos (2016).

Résumé

Jean-Michel Rouche (Fabrice Luchini) est un critique littéraire renommé et le présentateur vedette d’une émission littéraire à la télévision.

Lorsqu’il reçoit « Les dernières heures d’une histoire d’amour » d’un certain Henri Pick, qui n’a jamais rien publié auparavant, il flaire l’arnaque. Le livre est en effet trop bien écrit et tellement truffé d’inspirations littéraires à l’œuvre de Pouchkine qu’il lui semble impossible qu’il soit celle d’un inconnu décédé depuis deux ans, pizzaiolo de son état, que personne, ni sa femme, ni sa fille, n’ont jamais vu écrire ni s’intéresser à la lecture.

Or, le manuscrit aurait été découvert « par hasard » par une jeune agente littéraire de Grasset, Daphné Despero (Alice Isaaz) dans une bibliothèque consacrée aux auteurs refusés située à Crozon au fin fond du Finistère.

Lorsqu’il reçoit l’agente, la femme et la fille du soi-disant auteur génial dans son émission, il met les pieds dans le plat et, malgré toute sa notoriété, se met à dos tout le gratin du Paris littéraire. A la suite de cet esclandre, il se voit retirer la présentation de son émission, tous ses amis lui tournent le dos, jusqu’à sa femme qui le met dehors.   

Il se lance alors dans une enquête qui le conduit en Bretagne et devient pratiquement une croisade afin de démontrer que le livre a été écrit par quelqu’un d’autre. D’abord réticente, Joséphine, la fille de Pick (Camille Cottin), accepte de l’aider et, ensemble, ils découvrent le pot-aux-roses. L’auteur est en fait un jeune écrivain talentueux, Frédéric Koskas (Bastien Bouillon) que l’échec de son premier roman a poussé à monter ce canular avec sa petite amie, qui n’est autre que Daphné Despero.

Mon opinion

On n’aurait pas rêvé mieux qu’un Fabrice Luchini en spécialiste de la littérature. Comme toujours, il écrase de sa présence tous les autres acteurs, sauf, peut-être Bastien Bouillon (découvert dans Simple), qui interprète avec brio un jeune auteur qui s’est fait manipuler par son agente-petite amie aux dents longues. Le milieu littéraire parisien prend quelques coups de griffes qui nous régalent plus, peut-être que l’énigme elle-même, un peu trop tirée par les cheveux et assez peu crédible.

Le film n’est pas sans rappeler Alceste à bicyclette, avec le même Luchini.

Dans le même esprit, on peut voir : 

jeudi 25 avril 2019

MON INCONNUE d'Hugo GELIN (FR-2019)



Mon inconnue est un film français réalisé par Hugo Gélin, sorti en 2019.

Présentation

Le film surprend dès la 1ère image par une scène à laquelle on ne s'attend pas : dans un Paris post-apocalyptique, un jeune homme blessé et effrayé fuit devant des soldats surarmés qui l’ont pris en chasse.
On comprend ensuite qu’il s’agit d’un roman que rédige, pendant ses cours de terminale, le héros de l’histoire, Raphaël (François Civil).

Après la classe, Raphaël est attiré par la musique d’un piano qui provient d’une pièce servant de débarras. C’est ainsi qu’il fait la connaissance d’Olivia (Joséphine Japy). C'est, entre eux, le coup de foudre immédiat. 

Pendant le générique, nous voyons ensuite la vie des deux jeunes gens se dérouler en accéléré : Raphaël et Olivia se sont mariés, ont aménagé ensemble et ont vécu le parfait bonheur pendant dix ans. Du moins pour le premier d’entre eux qui est devenu, grâce à son roman, un écrivain célèbre, adulé des fans et traduit dans le monde entier. 

Mais il n’en est pas de même pour Olivia, restée dans son ombre et qui a sacrifié sa carrière de pianiste pour lui.

Or, au soir d’une journée où il a dédicacé son avant-dernier roman, il écrit les derniers mots d'un manuscrit qui doit clore la saga qui l'a conduit au faîte de la gloire. On le voit s'installer à son ordinateur, sans un regard pour Olivia qui a amoureusement préparé le repas, et écrire le mot "fin" de son dernier roman dans lequel il fait mourir son héroïne. On comprend alors qu'en mettant un point final à son roman, il en a aussi mis un à leur belle histoire d'amour. Comme Olivia lui en fait le reproche, il quitte l’appartement, furieux, et sort pour se saouler.

Le lendemain matin, il se réveille seul avec une terrible gueule de bois. Son inséparable copain d’enfance, Félix (Benjamin Lavernhe) vient le chercher à scooter pour le conduire au lycée où il croit qu’une rencontre est prévue avec de jeunes lecteurs. Mais il doit se rendre à l’évidence : plus personne ne le connaît en tant qu’auteur célèbre. Il est redevenu simple prof dans un lycée parisien. A l’inverse, il découvre avec stupeur qu'Olivia, - qui semble ne plus le connaître – est devenue une concertiste célèbre.

Avec l’aide de son copain Félix et celui de Gabrielle, la grand-mère d’Olivia (Edith Scob), Raphaël va tout faire pour reconquérir le cœur d’Olivia.

Mon opinion sur ce film

Bien que peu convaincu par les commentaires que j’en avais lu et la bande-annonce, je suis tout de même allé voir ce film pour François Civil, que j’avais beaucoup apprécié dans Le chant du loup et dans Alias Caracalla. J'y suis aussi allé pour le réalisateur Hugo Gélin, dont j’avais adoré Comme des frères. J’ai beaucoup aimé ce film étonnant, en apesanteur, qui défie les genres, à mi-chemin de la comédie romantique et du film fantastique. Les acteurs sont épatants, en particulier François Civil, dont la spontanéité communicative fait merveille, mais aussi Joséphine Japy (que je ne connaissais pas), à la touchante fragilité, sans oublier le stupéfiant Benjamin Lavernhe, découvert dans Le goût des merveillesau talent comique insoupçonné. En prime, le spectateur se régalera d’une image magnifique et d’une superbe bande son (composée par Sage). Un très joli film et une belle réussite !   

dimanche 26 avril 2015

UN HOMME IDEAL film français de Yann Gozlan (FR-2015)



Un homme idéal est un thriller français coécrit et réalisé par Yann Gozlan sorti en 2015 avec PierreNiney dans le rôle principal.

Résumé

Mathieu Vasseur (Pierre Niney), jeune auteur de 25 ans, essaie en vain de faire publier son premier manuscrit. En attendant, il travaille pour une entreprise de déménagement… Son destin bascule le jour où il tombe par hasard sur le manuscrit d’un homme solitaire qui vient de mourir et dont ils doivent débarrasser l’appartement. Le manuscrit est celui du récit d’un appelé pendant la guerre d’Algérie. Mathieu hésite avant finalement de s’en emparer, et de signer le texte de son nom, après lui avoir seulement donné un nouveau titre, « Sable noir ». Le manuscrit est de suite accepté par une maison d’édition et devient un best-seller, récompensé par le Prix Renaudot.  

Mathieu Vasseur devient du jour au lendemain le nouvel espoir le plus en vue de la littérature française.

On nous le montre trois ans après, filant le parfait amour avec la charmante Alice Fursac (Ana Girardot), qui l’avait snobé lors de leur première rencontre, mais qui maintenant l’amène pour le présenter à ses parents, de riches bourgeois vivant dans une somptueuse demeure au bord de la mer Méditerranée.

Mathieu, pressé par son éditeur, ne parvient pas à écrire la première ligne de son deuxième roman et, pour préserver son secret, il va s’enfoncer dans une spirale mensongère qui l’amènera à commettre deux meurtres et à se faire passer pour mort.

Mon opinion sur ce film

Le thème de l’auteur qui vole le manuscrit d’un autre et le publie sous son nom rappelle plusieurs œuvres littéraires, en particulier le roman d'Henri Troyat Le mort saisit le vif (1942) où le héros signe le roman La Colère, dont le véritable auteur est décédé. Comme dans Un homme idéal, la spirale de l'imposture conduit le personnage aux portes de la folie. Deux films aussi traitent du même sujet : The Words et A Murder of Crows.

Dès le début, le ton est donné car Mathieu travaille à son manuscrit devant une photo de Romain Gary, qui est son auteur favori. Or, on sait tous combien la mystification fut la marque de fabrique de ce grand écrivain qui obtint une deuxième fois le Prix Goncourt pour son roman La vie devant soi qu’il publia sous le nom d’emprunt d’Emile Ajar, en se gaussant de la critique et des milieux littéraires.

Il n’empêche que, grâce à la formidable prestation de Pierre Niney, ce film se hisse au niveau d'un Polansky (The Ghost Writer) ou d'un Woody Allen (Match Point). Le réalisateur a parié (et il a eu 100 % raison ! ) sur la présence extraordinaire du jeune et talentueux Pierre Niney qui oblitère pratiquement le jeu de tous les autres acteurs. Il arrive à insuffler à son personnage de menteur un côté sympathique car là où d’autres s’en seraient fichés,  Mathieu reste conscient qu’il doit son talent à un autre et reste paralysé par la culpabilité. L’angoisse monte peu à peu et on craint plus pour lui plus que pour tous les autres dont on ne pleurera pas la disparition. L’impression que l’on garde, avec les dernières images où Mathieu, retourné à l’anonymat, contemple depuis la rue, sa double réussite (le succès de son vrai livre au titre plus que symbolique « Faux-semblants » et son bébé, dans les bras de la femme qu’il aime et ne pourra jamais épouser), est celle d’un terrible gâchis.