jeudi 4 septembre 2014

MINUIT A PARIS de Woody Allen (USA-ES 2011)


Minuit à Paris (Midnight in Paris) est une comédie américano-espagnole réalisée par Woody Allen et sortie en salles françaises le 11 mai 2011. Le film a été présenté en tant que film d'ouverture au Festival de Cannes 20112. En 2012, il est récompensé par l'Oscar du meilleur scénario original.

Synopsis

Gil Pinder (Owen Wilson) beau gosse évoquant un Robert Redford à qui on aurait fait un lavage de cerveau, et Inez (Rachel McAdams) sont deux jeunes fiancés américains préparant leur mariage. Ils passent quelques jours à Paris, accompagnant les parents d'Inez venus en France pour affaire.
On retrouve le schéma classique des films de Woody Allen : une famille américaine plutôt très aisée (ce que les Américains appellent « Upper Middle Class »), bourgeois parvenus et superficiels qui descendent dans des hôtels de luxe et s'étourdissent en faisant le tour des restaurants et des antiquaires ou des galeries d'art moderne.

Les futurs jeunes mariés sont beaux, blonds et amoureux... Inez est gentille, belle et plutôt sympathique mais assez insipide. Gil est, à Hollywood, auteur de scenarii pour la télévision qui marchent plutôt bien mais l'œuvre de sa vie est un roman auquel il travaille (ou du moins auquel il voudrait bien pouvoir travailler (tous les auteurs se reconnaîtront dans son personnage).
Il tombe sous le charme de Paris et envisage de s'y installer, ce que ni sa fiancée, qui ne jure que par la Californie et une villa à Malibu, ni encore moins ses futurs beaux-parents, ne peuvent concevoir.
La rencontre inopinée avec un autre couple américain dont le mari, Paul (Michael Sheen l'inoubliable Tony Blair du génial film The Queen de Stephen Frears) est un ancien flirt d'Inez, venu à Paris pour faire une conférence à la Sorbonne. Il est d'un pédantisme insupportable et sa présence va contribuer à éloigner un peu plus les jeunes fiancés.

Gil, fasciné par Paris, parcourt la ville pour s'imprégner de son atmosphère, ce que ne peut comprendre le reste de la famille, toute occupée à ses dîners mondains, à ses visites d'expositions (Rodin, Monet à Giverny, etc.), à courir les antiquaires et à préparer un mariage dont on comprend assez vite qu'il a du plomb dans l’aile.

Un soir, après une dégustation de vins assez poussée où Paul, qui a un avis aussi bien sur vins que sur la peinture ou la littérature, Gil s’éclipse pour rentrer seul à l'hôtel. Il se perd dans la ville et, alors que sonne minuit et qu'il est assis sur les escaliers de la butte Montmartre, une voiture des années 20 s'arrête à sa hauteur et on l'invite à y monter : à l'intérieur se trouvent Zelda (Alison Pill) et F. Scott Fitzgerald (Tom Hiddleston).

Gil croit d'abord que l’alcool lui joue des tours ou qu'il s'agit d'une farce mais il s'agit bien du vrai couple d'écrivains. Ceux-ci l'emmènent dans une soirée où il rencontre le musicien Cole Porter puis dans un bar où il se trouve face à Ernest Hemingway (Corey Stoll) qui lui propose de faire lire son manuscrit à Gertrude Stein (KathyBates)

Le matin venu, il retrouve sa fiancée à l'hôtel et il est à dix années lumières de ses minables intérêts et de ses ragots mondains. Ne sachant si ce qu'il a vécu la veille était dû à son état d'ébriété ou s'il a été victime d'un rêve ou d'une hallucination, il n'ose en parler à sa fiancée et, le lendemain, il prend n'importe quel prétexte pour retourner au même endroit que la veille. A minuit tapante, la même voiture s'arrête à son niveau et Zelda et Scott Fitzgerald le font monter pour l'emmener dans d'autres soirées où il rencontrera  cette fois Pablo Picasso (excellent Marcial Di Fonzo Bo), T. S. Eliot, Salvador Dalí (surprenant  Adrien Brody), Luis Buñuel (Adrien de Van), Man Ray, Henri Matisse, etc. Il va tomber sous le charme d'Adriana (Marion Cotillard), alors égérie de Picasso après avoir été celle de Modigliani.

Mais, alors que Gil est ébloui par l'époque dans laquelle il se trouve, Adriana, elle, ne rêve que de celle du Paris du Maxim's de la Belle époque. Lors d'un autre voyage temporel, Adriana restera dans ce temps qu'elle considère comme l'âge d'or, alors que Gil reviendra à notre époque, annoncera à Inez qu'il ne l'épouse pas et restera à Paris où il se console d'avoir perdu Adriana avec Gabrielle (Léa Seydoux), une jeune vendeuse de disques anciens de Cole Porter, fraîche et charmante, qui, comme lui, aime Paris à minuit et sous la pluie.

Mon opinion sur ce film

Le film commence assez mal : un enchaînement de cartes postales représentant des vues de Paris, de jour, à la tombée du soir, sous la pluie, de nuit... C'est un peu répétitif et augure mal du beau film qui va suivre.

Sans aller jusqu'à rejoindre Pierre Murat qui, dans sa critique de Télérama, présente ce film  comme un chef d'œuvre absolu, je dois dire que, pour moi, ce film a été un pur régal dont le thème, beaucoup plus profond qu'il n'y paraît, tourne autour de l'insatisfaction, chère à Woody Allen. Il y ajoute une touche de magie qui rend le film infiniment émouvant par la poésie et la nostalgie qui s'en dégage.
Owen Wilson qui, malgré une longue carrière d'acteur (son premier film en tant qu'acteur date de 1994), ne s'était guère jusque-là illustré dans des rôles marquants, est parfait dans ce rôle de grand gamin insatisfait de ce que lui offre la vie et qui réalise son rêve avec une distanciation et un humour presque britannique.

 Je n'avais pas été, jusque-là, un grand fan de Woody Allen mais ce film m'a fait l'apprécier malgré ses affèteries et ses grosses ficelles dont on se serait volontiers passé (franchement, si l'apparition de Carla Bruni dans un petit rôle insipide mais charmant est, à la rigueur supportable, celle de Gad Elmaleh en détective égaré à la cour de Versailles est tout à fait superflue et parfaitement ridicule !)

Saluons plutôt les magnifiques reconstitutions des années 1920 et de la Belle-Epoque rendues surtout crédibles par la qualité des interprètes parfaitement choisis, si ce n'est pour leur physique, du moins pour leur jeu d'acteurs (Picasso et Dali sont particulièrement remarquables, quant à Kathy Bates en Gertrude Stein, elle est tout simplement parfaite. Un pur régal.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Vos commentaires, chers lecteurs, seront les bienvenus. Ils ne seront toutefois publiés qu'après modération et seront systématiquement supprimés s'ils comportent des termes injurieux, dans le cas de racisme, de caractère violent ou pornographique. Si vous souhaitez une réponse, n'envoyez pas un message anonyme mais laissez un nom ou un pseudo auquel je puisse vous contacter.