lundi 16 avril 2018

LOLO comédie de Julie DELPY (FR-2015)



Lolo est une comédie française réalisée par Julie Delpy et sortie en 2015.

Résumé

Violette (Julie Delpy) est une parisienne qui travaille dans le milieu de la mode. Divorcée, elle vit seule avec son fils Eloi, dit « Lolo » (Vincent Lacoste) avec qui elle a une relation fusionnelle. Lolo se dit artiste et ne supporte aucun des hommes avec lesquels Violette voudrait refaire sa vie. Lors d’un séjour à Biarritz, elle a fait la connaissance de Jean-René (Danny Boon), un informaticien gentil et attentionné qu'elle méprise plus ou moins pour son côté provincial naïf et simplet.   

Quand Jean-René part s'installer à Paris pour raison professionnelle, il va faire la connaissance de Lolo, qui l'accueille avec une apparente amitié mais dès qu’il s'installe chez Violette, Lolo se montre sous son vrai jour et fait tout pour chasser Jean-René de la vie de sa mère.

Mon opinion sur ce film

Je ne serais peut-être pas allé voir ce film au cinéma mais, comme il est passé à la TV, je l’ai regardé. Il est rare qu’une comédie française ait mes suffrages. Bien que j’en ai apprécié certaines (La stratégie de la poussette, 20 ans d’écart, Tu honoreras ta mèreet ta mère, 100 % cachemire, etc.) mais, sur ce plan je suis assez difficilement bon public. J’aime bien Vincent Lacoste, que j’avais beaucoup apprécié dans Hippocrate, mais, là, je l’ai trouvé plutôt moyen. Quant au film lui-même, sans aller jusqu’à dire que c’est le « nanar de la semaine », comme l’a fait Le Figaro (28/10/2015), je l’ai trouvé juste moyen et guère meilleur que le dernier film, totalement raté, de Michèle Laroque, Brillantissime

jeudi 12 avril 2018

ZABRISKIE POINT de Michelangelo ANTONIONI (IT-USA 1970)



Zabriskie Point est un film italo-américain de Michelangelo Antonioni, sorti en 1970.

Le film illustre la contestation étudiante américaine durant la fin des années 60, ainsi que la libération sexuelle propre à ces années. Il s'inscrit dans la suite de films tels que Easy Rider de Dennis Hopper. Très contesté par l'Amérique puritaine - ce qui occasionne pendant le tournage de nombreux incidents avec des militants pro-Nixon (et lui a valu d'être censuré) - le film fut également critiqué à gauche pour son approche, jugée caricaturale, de la contre-culture de l'époque. Mal accueilli par la critique, Zabriskie Point fut un échec commercial à sa sortie : il influença cependant l'esthétique du cinéma américain des années 1970.

La bande originale est notamment composée, en partie, par le groupe Pink Floyd. C'est la deuxième collaboration entre Michelangelo Antonioni et le producteur Carlo Ponti, après le succès de Blow-Up (Palme d'or en 1967), et avant celui de Profession : reporter en 1975.

Présentation

Une étudiante idéaliste, Daria (Daria Halprin) et un militant plus radical, Mark (Mark Frechette), se croisent dans la vallée de la Mort en Californie pendant la contestation étidiante des années 1960 aux États-Unis.

Dans la première scène, le réalisateur filme une assemblée générale étudiante qui se déroule dans les locaux d’UCLA à Los Angeles (Université of California and Los Angeles). L’assemblée décide de l’occupation de la fac. Un jeune homme, Mark, qui va devenir, avec Daria, le personnage principal du film, se lève et déclare « Je suis prêt à mourir pour la révolution, mais je ne suis pas prêt à mourir d'ennui ». Cela suscite l'indignation dans l'assistance, qui pense qu'on ne peut arriver à rien sans organisation.

Tandis que la contestation grandit, Mark achète un revolver avec un de ses amis. Mark va ensuite voir un de ses amis en garde à vue en prison. A cause de son attitude provocante, il se fait à son tour arrêter. Quand on lui demande son identité, il répond « Karl Marx » - que le policier, qui d'évidence ne connaît pas ce nom, écrit "Carl Marx", suscitant l'hilarité chez les jeunes (et le spectateur, seul trait d'humour du film). Relâché un peu plus tard, Mark retourne à l’université où les affrontements entre policiers et étudiants ont pris un tour brutal. Une fusillade éclate, au cours de laquelle un étudiant noir est abattu. Mark sort alors son pistolet et s'apprête à riposter, mais quelqu'un tire avant lui et tue le policier. Craignant d'être poursuivi pour le meurtre, Mark vole un petit avion de tourisme, le Lilly 7 et se dirige vers la vallée de la Mort.

Sur la route qui la traverse, roule une voiture, conduite par Daria. Celle-ci est la secrétaire d’un avocat travaillant pour une agence publicitaire qui s’apprête à réaliser un projet immobilier en plein désert. Daria a rendez-vous avec son patron à Phoenix. L’avion de Mark la survole à la toucher à plusieurs reprises et atterrit un peu plus loin car l’avion est tombé en panne d’essence. Les deux jeunes gens font connaissance et, arrivés à Zabriskie Point, ils font l'amour. Durant la scène d'amour apparaissent d'autres couples, sableux et poussiéreux, nés de leurs fantasmes, et qui s'enlacent sur le sol (scène décriée par la censure qui n'a pourtant rien de bien décoiffant).

Puis, Mark et Daria repeignent l'avion avec des motifs psychédéliques et hippies (on trouve notamment un grand symbole de la paix arboré par les hippies, et une paire de seins). Les deux jeunes gens reprennent leurs routes respectives. Mark décidé de ramener l'avion volé à l’aéroport de Los Angeles et est abattu par la police lorsqu'il atterrit. Daria apprend par la radio la mort de son ami. Elle se rend dans la luxueuse demeure du désert d’Arizona où l'attend son patron et se laisse aller à son chagrin. Elle imagine l'explosion de la villa, une vision dans laquelle sont pulvérisés les objets qui symbolisent la société de consommation (une télévision, une garde-robe, des plats de restauration rapide, des tables et, pour finir, des livres). Daria repart seule dans le soleil couchant sur laquelle s'inscrit le mot "End".

Mon opinion sur ce film

Comme pour More, j’avais gardé un souvenir ébloui de ce film vu lors de sa sortie en 1970, en pleine contestation étudiante. J’ai voulu le revoir car, il y a deux ans, j’ai visité la Vallée de la Mort et vu le site de Zabriskie Point. Quelle déception !

Le début du film, malgré sa confusion, m’a replongé dans les souvenirs d'une époque que j'ai connue avec les mouvements étudiants aux Etats-Unis contre la guerre au Vietnam et Nixon et en France contre la réforme de l'université. Le film m’a intéressé jusqu’au vol de l’avion par Mark et son survol des paysages désertiques de la Vallée de la Mort. 

Mais j’ai décroché à partir de la scène d’amour « rêvée » à Zabriskie Point et trouvé pénible la répétition ad libitum de la scène de l’explosion de la villa. C’est vraiment prendre le spectateur pour un imbécile de penser qu’il lui faut voir la même scène (prise sous des angles différents) pour comprendre le message. J’ai envie de dire « c’est gros comme une maison » ! Dire que cette scène grossière a été considérée comme « marquante pour l’histoire du cinéma », je n’en reviens pas ! Pas plus d’ailleurs que celle de l’orgie (on a vu nettement pire depuis !) où les corps se roulent et s'entremêlent dans le borate à Zabriskie Point que j’ai trouvée plutôt ridicule. Dommage car le premier tiers du film, sans être exempt de critiques, est assez réussi. Mais pour les deux autres tiers, c’est un ratage complet et qu’est-ce qu’on apprécie de voir le mot fin s’inscrire sur les dernières images. Même la musique des Pink Floyd ne rattrape pas le coup !

Je ne dois pas être le seul à penser cela puisque le film, qui a été un échec commercial, a été classé parmi les « 50 plus mauvais films de tous les temps » (The Fifty Worst Films of All Time) et, 20 ans après sa sortie, David Fricke pour le Rolling Stone écrit : « Zabriskie Point a été un des plus extraordinaires désastres de l'histoire du cinéma moderne. »

Le film n’a pas non plus porté chance à son acteur principal, Mark Frechette. Bien que n'ayant aucune expérience en tant qu'acteur, il avait été engagé pour jouer le rôle principal masculin du film. Après le film, il n’a tourné que deux autres productions qui ont, elles-aussi été des échecs. Le 29 août 1973, Frechette attaque une banque à Boston, avec deux complices. Un des complices est tué. Frechette, dont l'arme ne contenait aucune balle, est condamné à 15 ans de prison. Deux ans après, il est retrouvé mort par un codétenu, la gorge écrasée par un haltère, dans la salle de sport de la Massachusetts Correctional Institution, où il était incarcéré. L'enquête conclut à un accident. Il n’avait que 28 ans. Daria Halprin, elle aussi amateur, ne tourna qu’un seul autre film après Zabriskie Point. Elle a cependant eu plus de chance que son co-acteur car, bien qu’ayant arrêté sa carrière, elle s’est reconvertie comme professeur d’université en art-thérapie.



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PARIS série TV d'Arte (FR-2015)



Paris est une série télévisée française en six épisodes de 52 minutes réalisée par Gilles Bannier et diffusée les 15 et 22 janvier 2015 sur Arte. Le scénario, écrit par Virginie Brac, s'inspire de la série 24 H Berlin, une journée en capitale. La musique d'Hervé Salters mérite aussi d'être remarquée. 

Présentation

Cette série chorale met en scène le destin de différents protagonistes, tous liés par un passé commun mais vivant dans des milieux sociaux très différents (le 1er cercle du pouvoir politique, le grand banditisme, le monde syndical…), dont les destins, se croisent dans Paris.

Une chanteuse transsexuelle, Alexis/Alexia Penmarch (Sarah-Jane Sauvegrain), un Premier ministre, Michel Ardant (François Loriquet), un voyou, Ange (Jérôme Robart) et des agents de la RATP : pendant 24 heures, Paris croise des destins qui basculent, entre passions, ruptures et espoirs. Quand la Ville lumière révèle sa part d’ombre...

5 heures, Paris s’éveille. Au Sunset, Alexia, transsexuelle, chante pour son ami Ange. À Matignon, le Premier ministre Michel Ardant, dont le fils adoptif Clément (Thomas Doret, découvert dans Le gamin au vélo) a fugué pour tenter de retrouver sa mère biologique, Coline Sergent (Emilie Deville), redoute les révélations de Lioukov, un homme d’affaires russe, qui le sait compromis dans un dossier de corruption. Son ami d’enfance, le procureur général Pierre Lanvin (Eric Caracava), mandate Ange pour cambrioler l’appartement de Lioukov… Parallèlement, à la RATP, une délégation syndicale dirigée par la « dame de fer » Cathy Penmarch (Nanou Garcia) prépare une grève pour s’opposer aux réformes du ministre des transports. Le mari de Cathy Penmarch, Yvon, est menacé de licenciement pour avoir détourné un bus. Quant à Leïla (Sonia Amori), la femme de ménage des Lanvin, elle se bat pour joindre les deux bouts avec son mari Mansour (Rachid Chaib), au chômage, et dont elle attend un enfant.

Mise en scène avec virtuosité, cette chronique chorale, que l’on doit à l’efficace tandem Virginie Brac/Gilles Bannier (Engrenages, Les beaux mecs) invite à une traversée de Paris, le temps de deux tours de cadran, qui lui insufflent son rythme et ses vibrations. Autour d’Alexia, lumineuse transsexuelle et fil rouge du récit, les destins se croisent, entre quotidien et romanesque, pour brosser un portrait en clair-obscur du Paris d’aujourd’hui. Lignes de tension, passions, ruptures, révélations... Un jeu de pistes où les objets des protagonistes, oubliés ou retrouvés, distillent avec malice des indices.

Mon opinion

J’ai vu cette série lors de sa rediffusion sur la Chaîne N°23 les 5 et 11 avril 2018 (2 X 3 épisodes). J’ai trouvé les personnages, en particulier Alex/Alexia et Clément particulièrement attachants et je regrette que la série n’ait pas été reconduite pour une 2nde saison.  

lundi 9 avril 2018

LA LISTE DE SCHINDLER film de Steven SPIELBERG (USA- 1993)



La Liste de Schindler (Schindler's List) est un film dramatique et historique américain réalisé par Steven Spielberg, sorti en 1993, avec Liam Neeson, Ben Kingsley et Ralph Fiennes dans les rôles principaux.

Le film, inspiré du roman homonyme paru en 1982 de Thomas Keneally, décrit comment Oskar Schindler, un industriel allemand, réussit pendant la Seconde Guerre mondiale à sauver environ 1 200 Juifs promis à la mort dans le camp de concentration de Płaszów, sans pour autant occulter les travers d'un personnage un peu ambigu et cherchant à tirer un profit matériel de la situation.

Le film existe en DVD (2 DVD – durée 3.15 H avec d’intéressants bonus.

Présentation

À Cracovie (Pologne), durant la Seconde Guerre mondiale, l’ordre est donné par les Allemands de parquer tous les juifs dans le ghetto de Cracovie. Oskar Schindler (Liam Neeson), un industriel allemand, membre du parti nazi, corrompt des membres de la Wehrmacht et des officiers SS pour obtenir, parmi la population juive, une main d’œuvre qui ne lui coûtera rien et relancer la production d’une usine de métal émaillé en faillite. Pour les recruter, il engage un comptable juif, Itzhak Stern (Ben Kingsley). Celui-ci est par ailleurs un représentant local de la communauté juive et a des contacts parmi le marché noir et la communauté juive des affaires. Stern aide alors Schindler à trouver des financements pour lancer son entreprise. Schindler, qui, dans un premier temps, ne se préoccupe pas du sort des Juifs, devient l’ami intime d’Amon Göth (Ralph Fiennes), le commandant du camp, un sadique qui fait régner la terreur parmi les prisonniers.

Ayant pris conscience, lors de la liquidation du ghetto, de l’horreur et de la folie nazie, il fera tout pour protéger le maximum de Juifs en les embauchant dans son usine, où ils sont à l’abri des exactions de Goeth. Il fait alors inscrire leur nom sur la « liste de Schindler » qui finira par compter 1200 noms qui échapperont ainsi à la « solution finale ».

En 1945, lors de la fin de la guerre, Oskar Schindler et sa femme, ruinés, quittent le pays. Schindler est pourchassé comme membre du parti nazi et comme un profiteur de guerre. Fuyant l'avancée de l'armée rouge, il se rend aux Américains et il obtiendra la reconnaissance de « Juste parmi les Nations » décernée à ceux qui ont sauvé des Juifs.    

Dans les scènes finales, on peut voir la pendaison de Göth et un résumé de la vie de Schindler après la guerre. Puis le film en noir et blanc se colorise pour montrer les Schindlerjuden (Les « Juifs de Schindler ») accompagnés des acteurs du film venus, de nos jours, déposer des pierres sur la tombe de Schindler située dans le cimetière chrétien de Jérusalem. Dans la dernière scène, l'acteur Liam Neeson y dépose deux roses.  

Autour du film

Dans le bonus qui suit le film, Steven Spielberg présente l’extraordinaire travail de mémoire fait par la Shoah Foundation, la Fondation des archives de l'histoire audiovisuelle des survivants de la Shoah, qu’il a fondée en 1994 pour recueillir le témoignage de 52 000 rescapés (https://sfiaccess.usc.edu/).  
En 2004, La Liste de Schindler est sélectionné par la bibliothèque du Congrès pour être conservé au National Film Registry pour son « importance culturelle, historique ou esthétique ».

La Liste de Schindler est classé dans le Top 100 de l'American Film Institute à la huitième position. Il est également sixième dans le classement des meilleurs films de tous les temps sur le site de référence IMDB avec une note de 8,9⁄10. Par ailleurs, les personnages d'Oskar Schindler et Amon Göth sont classés parmi les « 100 Héros et Méchants » du cinéma.

Mon opinion sur ce film

J’ai ce film depuis plusieurs années dans ma DVDthèque mais je n’avais encore jamais eu le courage de le voir. Je m’y suis pris en trois fois, tant il est long (3.15 H et plus de 4 H avec les bonus). Le film décrit toute l’horreur et la folie du système nazi, appliqué à la population de Cracovie. J’avais déjà vu Le pianiste, de Roman Polanski, que je considère comme un chef-d’œuvre. Le film de Spielberg est bouleversant. Certaines scènes sont particulièrement difficiles à supporter. Mais je n’ai jamais ressenti l’émotion qui m’a saisi en visionnant Le Pianiste, en particulier la scène où l’officier SS l’oblige à jouer pour lui la Sonate de Chopin

Récompenses

Si le film lui-même a été multirécompensé (en particulier par trois Golden Globes et sept Oscars), il n'en a pas été de même des acteurs. Liam Neeson, dont c'est sans doute le plus grand rôle au cinéma, n'a, malgré une nomination aux Golden Globes, pas obtenu une récompense, pourtant amplement méritée, pour son jeu complexe. Seul Ralph Fiennes a obtenu un BAFTA comme "meilleur acteur dans un second rôle", ce qui est la moindre des choses pour son interprétation glaciale d'Amon Göth qui préfigure à 14 ans de distance, un autre meurtrier pyschopathe, l'effrayant Lord Voldemort dans Harry Potter

Dans le même registre, vous pouvez voir :




dimanche 8 avril 2018

MORE film de Barbet SCROEDER (FR-1969)

More est un film franco-germano-luxembourgeois de Barbet Schroeder (1969). Le film est ressorti en Blu-ray en janvier 2016 en VOST. Durée : 112 min. 

Résumé

Stefan (Klaus Grünberg), un jeune étudiant allemand qui vient de finir ses études de mathématiques  décide de partir vers le soleil. Il part en auto-stop pour Paris où il rencontre Charlie, qui le déleste de toutes ses économies au poker puis le prend sous son aile. Il l'entraîne dans ses petites combines et le fait inviter dans des soirées branchées. Au cours de l'une de celles-ci, Stefan a le coup de foudre pour Estelle (Mimsy Farmer), une jeune Américaine sur le départ pour Ibiza. Il ne se doute pas qu'en la rejoignant à Ibiza, il va tomber dans l'enfer de la drogue. Au départ, il se contente de fumer un joint mais il se rend très vite compte qu'Estelle, sous ses dehors de charmante fille à qui l'on donnerait le Bon Dieu sans confession, se drogue à l'héroïne. Bien que réticent, il finit par se laisser convaincre de faire un essai. Et ce sera la spirale descendente qui l'entraînera à la mort;

Tourné à Ibiza, en pleine période hippie, sur la bande originale réalisée par les Pink Floyd, le film et la musique devinrent culte pour toute une génération. 

Autour du film

Ce film a été un « one shot » pour l’acteur masculin, Klaus Grünberg, qui, à part More, n’a plus tourné que dans des séries TV de 2ème classe. Ce n’a pas été le cas pour l'actrice féminine, Mimsy Farmer, déjà connue avant ce tournage, et dont la filmographie, sans être exceptionnelle, compte plus de 25 films. L'actrice a cependant mis un terme définitif à sa carrière cinématographique en 1989. Depuis 1992, elle vit en France et réalise des sculptures pour les décors de théâtre (Théâtre de l'Opéra de Bordeaux, Théâtre antique d'Orange, Théâtre des Variétés) et pour le cinéma (Troy, Marie-Antoinette, Charlie et la Chocolaterie, À la croisée des mondes : La Boussole d'or).

Mon opinion sur ce film

J’avais vu le film lors de sa sortie en 1969 et j’en avais gardé le souvenir de beaux paysages baignés par la mer et le soleil, de maisons immaculées et d’une histoire d’amour libre entre des jeunes gens, l’ensemble sublimé par la musique des Pink Floyd qui m’a accompagné de si longues années. Je me rappelais aussi bien sûr que le film traitait de drogue mais je ne me souvenais pas d'une fin aussi tragique. 

Je dois dire aussi que j'ai longtemps différé le moment de le revoir car je craignais d'être déçu. C’est en grande partie le cas car, malgré ses qualités, le film est très daté. J’ai trouvé aussi que la musique des Pink Floyd, qui avait alors été pour moi une révélation, passe – du moins dans la version remastérisée – au second plan. 

Le film en lui-même est l’histoire d’une terrible descente dans l’enfer de la drogue puisque le jeune héros, Stefan, au départ totalement « clean » et opposé à la consommation de drogues dures, en deviendra la victime pour l’amour et la fascination qu’il porte à Estelle. Malgré l’intervention de son ami Charlie, venu in extremis à Ibiza pour tenter de le sauver, il finira brutalement son misérable trip entre quatre planches (au sens propre).  

Je ne me souvenais pas non plus que le trafic de drogue sur l’île était organisé par un ancien nazi. Barbet Schroeder s’explique sur tout cela dans le bonus qui suit le film (du moins dans la version que j’ai regardée). 

Maintenant que je revois ce film avec le recul, je me rends compte combien il a pu être toxique pour une génération d'adolescents par la fascination qu'il a pu exercer sur eux, dans le climat de remise en question profonde de la société qui a accompagné les évènements de mai 68. A ne pas mettre entre toutes les mains.

vendredi 6 avril 2018

J. EDGAR de Clint EASTWOOD (USA-2011)



J. Edgar est un biopic réalisé par Clint Eastwood, sorti en 2011 et consacré à la vie de J. Edgar Hoover, directeur du Federal Bureau of Investigation (FBI) pendant 48 ans et sous huit présidents. Le scénario est écrit par Dustin Lance Black, également auteur du scénario de Harvey Milk. C'est Leonardo DiCaprio qui a été choisi pour interpréter le rôle principal. Le film est distribué par Warner Bros et produit par Malpaso Productions, la société de production d’Eastwood et Imagine Entertainment. Durée : 135 min.

Résumé

Arrivé à la fin de sa vie, mais toujours à la tête du FBI, J. Edgar Hoover utilise de jeunes agents du FBI pour transcrire ses Mémoires. Il se remémore son parcours, en commençant par l'éducation de sa mère Anne-Marie Hoover, une femme à la personnalité écrasante (Judi Dench). Il explique comment il a voulu créer un bureau fédéral d'investigation pour lutter contre les communistes et les anarchistes américains qui menaçaient le gouvernement. Puis son combat contre la pègre et sa bataille contre le Congrès pour obtenir le financement du bureau, obtenir du personnel et des locaux, autoriser ses agents à porter des armes, etc. Mais c’est suite au scandale de l’enlèvement et de la mort du fils de Charles Lindbergh par Bruno Hauptmann que le rapt d’enfant est devenu un crime fédéral aux Etats-Unis et que le FBI et son directeur sont devenus des héros nationaux auxquels le Congrès ne pouvait rien refuser.     

Dès son accession au "bureau" (alors simple annexe du ministère de la Justice) à l’âge de 22 ans, Edgar Hoover put compter sur le soutien sans faille de sa secrétaire Helen Gandy (Naomi Watts) et surtout de son bras droit, Clyde Tolson (Armie Hammer, désormais plus connu pour son rôle d'Oliver dans Call me by your name), avec qui il a entretenu des relations quasiment homosexuelles  (du moins c'est ce que suggère le film) jusqu’à son décès en 1972.

Mon opinion sur ce film

N'ayant pas vu ce film lors de sa sortie en salles, j'avais acheté le DVD. A la différence d’autres films de Clint Eastwood (Un monde parfait, 1993 ; Mémoires de nos pères, 2006 ; Au-delà, 2010 et même, malgré sa charge ultra-militariste, American sniper, 2015 ou de son récent film : Le 15 H 17 pour Paris, 2018), j’ai été très déçu par ce film trop long, brouillon qui tient plus de la veillée mortuaire que du film politique. Pourtant, il y avait à dire : anticommunisme primaire, collusion avérée d’Hoover avec la Mafia, etc. Que dire des acteurs si outrageusement grimés qu’ils ressemblent plus à des pantins d’un lugubre théâtre de marionnettes qu’on en oublie leur talent. Que dire de la psychologie de bazar ? Même Judi Dench, pourtant une des plus grandes actrices que je connaisse, n'échappe pas au naufrage avec son interprétation sans nuances de la mère abusive... Quant à l'acteur choisi pour incarner Nixon, c'est une erreur de casting comlète. Bref, pour moi, ce film est un parfait ratage et une tache dans la filmographie - il faut le dire, très inégale - de Clint Eastwood.   

Voyez plutôt : 

- The Queen (2006)
Pentagon papers (2017)
Les heures sombres (2017)

mercredi 4 avril 2018

LA LEGENDE DE BAGGER VANCE de Robert REDFORD (USA-2000)



La Légende de Bagger Vance (The Legend of Bagger Vance) est un film américain de 126 min. réalisé par Robert Redford, sorti en 2000. Il est adapté du livre du même nom écrit en 1995 par Steven Pressfield. Le film se passe dans le cadre de la Géorgie des années 1920. Directeur de la photographie: Michael Ballhaus.

Résumé

Champion de golf à 16 ans, fiancé de la ravissante et richissime Adèle Invergordon (Charlize Theron), Rannulph Junuh (Matt Damon) est enrôlé pour aller se battre lors de la 1ère fuerre mondiale. A son retour, hanté par le souvenir des atrocités qu'il a vécues sur le front, il revient chez lui dans le plus parfait anonymat, se noyant dans l’alcool et les tournois de cartes. Ce sont aux Etats-Unis, les années noires de la Grande Dépression et John Invergordon, le perre d’Adèle, ruiné, se suicide, laissant comme seul héritage à sa fille le parcours de golf pour lequel il s’était endetté.  Acculée par ses créanciers, Adèle leur fait face et refuse de vendre le golf, qui était l’œuvre de la vie de son père, pour une bouchée de pain. Elle propose au contraire à la ville d'organiser un grand tournoi de golf pour remplir les caisses et faire renaître Savannah de ses cendres. Elle va trouver elle-même les deux plus grands champions que compte l'Amérique et les convainc de venir s'affronter sur son green. Bobby Jones (Joel Gretsch) est le premier à accepter, ainsi que son concurrent, Walter Hagen (Bruce McGill).

Il ne reste plus qu'à convaincre l’enfant prodige de Savannah, Rannulph Junuh de s’inscrire à son tour au tournoi. Mais personne, à part le jeune Hardy Greaves (J. Michael Moncrief), dont Januh était l’idole, ne sait où le trouver. Januh cède à l’innocence et à la candeur d’Hardy, chose qu’il n’aurait pas faite devant la délégation d’élus de la ville. Une fois cela fait, en pleine nuit, venant de nulle part, débarque Bagger Vance (Will Smith), un mystérieux vagabond, qui se propose de devenir le caddie de Junuh contre cinq dollars et une paire de chaussures, et le coache jusqu’à la victoire.

Mon opinion sur ce film

Ce film magnifique s’inscrit dans la ligne d’autres films de Redford, comme L’homme qui murmurait à l’oreille deschevaux ou Et au milieu coule une rivière. Une belle leçon de vie, avec des acteurs au sommet de leur art, que ce soit MattDamon, Charlize Theron ou Will Smith dans le rôle du mystérieux Bagger Vance. Sans oublier la belle prestation du jeune J. Michael Moncrief. Le tout servi par la photographie raffinée et précise de Michael Ballhaus. On peut, a priori, être rebuté par un film sur le golf. Mais, à l’instar d’autres films dont le thème central est un sport (par ex. Et au milieu coule une rivière ou Jusqu’aubout du rêve, qui est centré autour du baseball, sport particulièrement hermétique pour des non-américains), ce film va beaucoup plus loin et est une merveilleuse leçon de vie. Alors, de grâce, laissez vos préjugés de côté et regardez La légende de Bagger Vance. Vous ne le regretterez pas !