dimanche 19 mai 2019

LES VESTIGES DU JOUR de James IVORY GB-USA 1993)


Vu à la télévision. 

Les Vestiges du jour (The Remains of the Day) est un film américano-britannique réalisé par James Ivory sorti en 1993, inspiré du roman du même nom de Kazuo Ishiguro.

Présentation
Le film alterne les séquences qui se passent en 1959 et en 1936.
En 1959, Miss Kenton (Emma Thompson), ancienne gouvernante de Lord Darlington (James Fox), récemment décédé, rédige une lettre à l’intention de l’ex-majordome, James Stevens (Anthony Hopkins). Elle y évoque un scandale qui a éclaté après la guerre ayant impliqué le comte. Afin d'aller rendre visite à Miss Kenton, Stevens obtient un congé de son nouveau patron, un riche américain nommé Jack Lewis (Christopher Reeve) qui a racheté le domaine après le décès Darlington. Chemin faisant, dans la vieille limousine Daimler que Lewis lui a prêtée, Stevens repense au jour de 1936 où il a engagé Miss Kenton.

Flash-back en 1936, où Stevens, responsable de toute la domesticité du domaine, fait engager son père au passé prestigieux comme majordome-adjoint, et Miss Kenton comme intendante. Celle-ci va se révéler une excellente professionnelle. Stevens – quadragénaire consciencieux, réservé, témoignant d'une autorité naturelle – a totalement intériorisé les devoirs de sa charge sur laquelle il centre son existence. Appréciant réellement la personnalité et la compagnie de Miss Kenton, il se refuse d'y voir une autre raison que professionnelle.

Lors de cette même année, Lord Darlington organise une conférence internationale chez lui en vue d’établir la paix avec l'Allemagne (dans le livre, cette conférence a lieu en 1923 ; en 1936, non seulement l'Allemagne était déjà remilitarisée, mais appuyait la guerre d'Espagne de toute sa force aérienne). Ses invités et lui désirent la soutenir politiquement. Seul un membre du Congrès américain, le sénateur Lewis, manifeste fermement son opposition, estimant qu’on ne peut négocier avec le diable. Pendant cette réunion, on annonce à Stevens le décès de son père mais, faisant passer ses devoirs avant son amour filial, il n’interrompt pas son service et délègue Miss Kenton pour rester au chevet de son père.

Peu avant la guerre, Stevens est forcé de licencier deux employées allemandes d’origine juive, décision qui ulcère Miss Kenton. Bien que bouleversé par la décision de Lord Darlington, Stevens ne laisse cependant rien paraître de son sentiment mais Miss Kenton, elle, menace de démissionner sans toutefois le faire. Plus tard, Lord Darlington, pris de remords (« Ce que nous avons fait est mal »), cherche à faire retrouver les jeunes filles pour leur rendre leur emploi, en vain.

Nous voici à nouveau en 1959. Dans un pub où il s'est arrêté, l'allure et les excellentes manières de Stevens le font prendre pour un respectable aristocrate par les clients, et il se laisse prendre à ce jeu : il admet avoir vu Churchill, en se gardant bien de préciser dans quel contexte. Le médecin du village n'est pas dupe et, lorsque tous deux se retrouvent seuls, pose une question concernant « le traître Darlington ». Stevens répète, fort gêné toutefois, qu'il n'avait pas à juger son maître, que chacun peut faire une erreur et que lui-même entreprend justement ce voyage pour essayer d'en réparer une.
Retour en 1939. Lors d'une autre soirée de décideurs anglais, l'un d'eux veut tester la compréhension que peut avoir le peuple de la situation internationale tendue et il questionne à cet effet Stevens, lequel est incapable de donner quelque avis que ce soit. Devant la froideur de Stevens à son égard, Miss Kenton se tourne vers Thomas Benn qui lui propose le mariage.

Lord Darlington organise une entrevue secrète entre le premier ministre anglais Neville Chamberlain et l'ambassadeur d'Allemagne Ribbentrop : la politique d'Hitler, en particulier ses visées sur la Bohême, est soutenue par tous les intervenants. Nous sommes alors bien loin de l'esprit conciliant et amical de la conférence de 1936.

1959. Vingt ans se sont écoulés : Stevens retrouve Miss Kenton. Ils discutent de tout et de rien, de son mariage raté à elle, mais aussi du procès que Lord Darlington a perdu après la Guerre alors qu'il voulait défendre son honneur. Stevens offre à Miss Kenton de revenir à Darlington. Venant d'apprendre la grossesse de sa fille, celle-ci se voit contrainte de ne pas accepter. Ils se quittent… mais les frustrations liées à leur attirance réciproque sont toujours bien présentes.

Mon opinion sur ce film

« Typically english » dans sa forme et dans son fonds, ce film restera sans nul doute le chef d’œuvre de James Ivory, un film élégant, subtil, tout en nuances, qui mêle intelligemment politique et affaires de cœur.

Dans le même esprit, on peut aussi voir : 



samedi 18 mai 2019

THE AFTERMATH (COEURS ENNEMIS) drame de James KENT (D-GB-USA 2019)



Cœurs ennemis (The Aftermath) est un film dramatique germano-britannico-américain réalisé par le réalisateur britannique James Kent (The white queen), sorti en 2019.

Présentation

Le film commence pendant l’hiver 1946, après la reddition de l’Allemagne nazie. Rachael (Keira Khightley), une jeune femme anglaise qui a perdu son fils de 11 ans dans les bombardements de Londres, arrive en Allemagne, pour rejoindre son mari, le commandant Lewis Morgan (Jason Clarke), chargé de la reconstruction de Hambourg, rasée par les bombardements Alliés.

Une somptueuse demeure à l’écart de la ville, épargnée par les bombes, a été réquisitionnée pour eux. Elle est celle d’un jeune architecte, Stefan Lubert (Alexander Skarsgard) qui y vit seul avec sa fille adolescente, Freda car sa femme a été tuée. Par humanité, Lewis va permettre aux Lubert de rester dans leur demeure à condition d’habiter le grenier et de rester discrets. Mais même cela paraît un sacrifice trop grand pour Rachael qui hait les Allemands qui lui ont tué son fils. La haine est aussi forte du côté de Freda, qui rend responsables les Anglais d’avoir tué sa mère. Autant par refus de l’autorité que par défi, elle se rapproche d’Albert (Jannik Schümann, vu dans Moi et mon monde), un hitlerjugen jusqu’auboutiste, qui a juré d’assassiner Lewis.   

La cohabitation se fait malgré tout et peu à peu, Rachael tombe sous le charme du beau Stefan, d’autant que, depuis la mort de son fils, elle n’a plus aucun amour pour son mari.   

Mon opinion

J’ai beaucoup aimé ce film magnifique auquel son titre français, une fois de plus, ne rend pas justice. En effet, en anglais, The aftermath, ce sont les « récoltes » et, par extension, les « conséquences de ses actes » comme dans l’expression française « Qui sème le vent récolte la tempête ». Peut-être eût-il mieux valu garder, sans le traduire, le titre original, qui est celui du roman de Rhidian Brook dont est adapté le film. En effet, les personnages sont confrontés aux conséquences de la guerre qui sont pour eux autant de plaies ouvertes. J’ai vu de nombreux films sur la 2nde guerre mondiale (Mémoires de nos pères, Pearl Harbor, Fury, etc.) mais toujours, jusque-là, à travers le regard des vainqueurs et jamais, à ce jour, à travers celui des vaincus. Très beau film porté par de grands acteurs, qui mérite d’être vu.    

mardi 14 mai 2019

FAUTEUILS D'ORCHESTRE comédie dramatique de Danièle THOMPSON (FR-2006)

Film vu sur Chérie 24 le 13/05/2019


Fauteuils d'orchestre est une comédie dramatique française réalisée par Danièle Thompson, sortie en 2006.

Présentation

Jessica, une jeune femme venue de province (Cécile de France) trouve un emploi de serveuse au prestigieux Bar des Théâtres, situé à l’époque (il a déménagé depuis 2011) Avenue Montaigne face au Théâtre des Champs Elysées, à la Salle Drouot et aux mythiques salles de concert comme Gaveau, Pleyel, etc. Son patron, Marcel (François Rollin) l’envoie apporter un en-cas au pianiste virtuose Jean-François Lefort (Albert Dupontel) en pleine répétition. Elle est éblouie par le luxe de sa suite d’autant plus qu’elle n’a pas où se loger pour la nuit. Subrepticement, elle s’introduit au théâtre au moment de la fermeture et y passe la nuit. Elle fera ensuite la connaissance d’autres artistes ou personnalités comme Catherine Versen (Valérie Lemercier), célèbre pour le rôle qu’elle joue dans un feuilleton télévisé populaire mais qui ne rêve que d’incarner le rôle de Simone de Beauvoir dans un film réalisé par le grand Sobinski (Sydney Pollack), Jacques Grumberg, un riche homme d’affaire condamné par un cancer qui se sépare de sa collection d’œuvres d’art (Claude Brasseur), son fils Frédéric (Christopher Thompson), avec qui il est en froid, et surtout Claudie (Dani), la concierge-confidente-soigneuse-maman poule de tout ce beau monde. Jessica devient amie avec chacun et, par sa spontanéité, son optimisme et sa gentillesse, sert de lien entre eux.

Mon opinion

Un joli film choral qui explore sous la forme d’une comédie douce-amère les coulisses (au sens propre et au sens figuré) de la vie des gens célèbres, avec leurs blessures, leurs rêves et leurs travers. On aime surtout la fraîcheur de Cécile de France, Valérie Lemercier, toujours aussi déjantée, Albert Dupontel, en pianiste torturé désireux de changer de vie, et l’apparition de la merveilleuse Suzanne Flon, morte en 2005, dont ce fut l’ultime apparition au cinéma.    

lundi 13 mai 2019

LE LABYRINTHE DU SILENCE film historique de G. RICCIARELLI (D-2014)




Le Labyrinthe du silence (Im Labyrinth des Schweigens) est un film dramatique historique allemand coécrit et réalisé par Giulio Ricciarelli, sorti en 2014.

Présentation

L’action se déroule à Francfort (Allemagne), en 1958. Le jeune procureur Johann Radmann (Alexander Fehling) est chargé par son supérieur, le procureur général Fritz Bauer (Gert Voss) de préparer l’accusation des responsables du camp d'Auschwitz en vue de les traduire devant la justice. 

Le film s'inspire de ce que l'on a appelé le « Second procès d'Auschwitz ». Le personnage principal est un portrait composite de trois procureurs historiques : Joachim Kügler, Georg Friedrich Vogel et Gerhard Wiese. Des protagonistes ayant réellement existé - le procureur général juif, Fritz Bauer et le journaliste Thomas Gnielka (André Szymanski) - y sont également incarnés. Radmann, jeune et idéaliste, se focalise en particulier sur le Dr Josef Mengele, surnommé l’Ange de la mort, qui pratiqua de 1943 à 1945 d’épouvantables expériences de vivisection sur des prisonniers du camp, en particulier sur des enfants. Radmann se trouve alors confronté à la politique du secret des autorités allemandes qui font tout pour empêcher la révélation des preuves et retarder les poursuites, en particulier contre les notables dont beaucoup se sont recasés dans le civil, après la fin de la guerre, sans être inquiétés le moins du monde. L’entêtement de Radmann finira toutefois par payer puisque le procès dit « d’Auschwitz » se tint entre décembre 1963 et août 1965 et visa 22 membres de la direction du camp de la mort. Malheureusement, malgré les mandats d'arrêt émis par le gouvernement allemand et les opérations clandestines du service de renseignement israélien du Mossad, Mengele, qui s’était réfugié en Argentine, mourut au Brésil en 1979 sans avoir pu être jugé.

Mon opinion sur ce film

Le film, que j’ai vu le 12/5/2019 sur RMC Story présente comme un thriller des faits relativement ignorés et montre bien comment un pays, dans une démarche schizophrène, a préféré ignorer son passé que de chercher la vérité et la justice. Nous savons tous que de nombreux criminels nazis se sont enfuis en Amérique du sud à la fin de la guerre et ont continué à vivre sous de faux noms sans être inquiétés. Mais, personnellement, je ne savais pas que les autorités allemandes avaient été à ce point complices et à un niveau aussi élevé. Le film est captivant et bouleversant. Belle prestation d’Alexander Fehling dans le rôle du procureur Radmann.

dimanche 12 mai 2019

L'ADIEU A LA NUIT d'André TECHINE (FR-2019)



L'Adieu à la nuit est un film dramatique français coécrit et réalisé par André Téchiné, sorti en 2019.
 
Présentation

Muriel (Catherine Deneuve) est propriétaire d’un centre équestre et d’un domaine agricole planté de cerisiers qu’elle mène avec l’aide de son régisseur et ami, Youssef. Lorsque son petit-fils Alex (Kacey Mottet-Klein) vient passer quelques jours au domaine avant de partir pour le Canada, elle est heureuse de l’accueillir, d’autant plus qu’elle l’a en partie élevé après le décès de sa mère. 

Mais elle se rend vite compte qu’Alex a changé et qu’il lui cache des choses. Sous l’influence de sa petite amie Lila, qu'il connaît depuis l'enfance (Oulaya Amamra), il s’est converti à l’islam et, au lieu du Canada, il s’apprête à partir faire le djihad en Syrie. D’abord sidérée, respectueuse de convictions qu'elle ne partage pas mais ne juge pas, puis, lorsqu'elle comprend que la détermination d'Alex va le conduire à la mort, au dernier moment, quitte à ce qu'il la haïsse, elle se résout  à le dénoncer pour le sauver.

Mon opinion sur ce film

Je ne vous cacherai pas que je m’attendais à mieux de la part d'un réalisateur de talent comme Téchiné. Le film m’a globalement déçu tant il est sobre et sans apprêt : aucune dramatisation, aucun effet de manches. Les acteurs sont excellents (Catherine Deneuve, bouleversante), mais la mise en scène s’apparente plus à un documentaire qu’à un véritable film. Le sujet, assez casse-gueule, est cependant bien traité. Téchiné a évité de tomber dans la critique primaire de la radicalisation religieuse. Il nous présente des faits et nous met devant un dilemme : que ferions-nous si cela nous arrivait ? Comment réagirions-nous si notre enfant avait décidé de partir se faire tuer en Syrie ?  

samedi 11 mai 2019

J. K. ROWLING : LA MAGIE DES MOTS téléfilm de Paul A. KAUFMAN (USA-2011)


Vu à la télévision 

J. K. Rowling : La Magie des mots (Magic Beyond Words: The J. K. Rowling Story) est un téléfilm américain réalisé par Paul A. Kaufman et diffusé en 2011.

Présentation

Ce film est un biopic sur une partie de la vie de J. K. Rowling, l’auteur de la célèbre saga Harry Potter, depuis son enfance jusqu’à la publication du premier volume de Harry Potter et son adaptation au cinéma. Le personnage de J. K. Rowling est interprété par Poppy Montgomery.

La mère de Joanne (son véritable prénom), Anne Volant (1945-1990), est technicienne de laboratoire et son père Peter James Rowling (né en 1945), ingénieur en aéronautique. Durant leur adolescence, ils habitent à Londres et se rencontrent lors d'un trajet en train entre King's Cross et Arbroath, en Écosse, en 1964. Joanne a une sœur cadette, Dianne (« Di »), née en 1967, qui apparaît aussi dans le film. En 1969, la famille Rowling s'installe à Bristol. Cette maison de banlieue inspirera inconsciemment Joanne pour imaginer une trentaine d'années plus tard la maison du 4, Privet Drive de la famille Dursley, l’oncle et la tante d’Harry. Joanne "Jo" et sa sœur sont élevées par leur mère dans l’amour des livres.

Avec Dianne, Jo passe beaucoup de temps à jouer au Glenwood Store de West Moors, une épicerie tenue par Kathleen et Ernest Rowling, ses grands-parents paternels. Elles jouent également avec les autres enfants de leur nouvelle rue, et notamment avec un frère et une sœur dont le nom de famille est Potter. Jo écrit son premier récit complet à l’âge de six ans : il s’agit de l’histoire d’un petit lapin nommé Rabbit, bloqué dans sa maison par la rougeole et consolé par un bourdon géant du nom de mademoiselle Bee. Grâce à ses histoires et à son imagination, Jo devient le leader des autres enfants de la rue. Lorsque les sœurs Rowling et les Potter jouent aux sorciers, Jo invente les scénarios, les sortilèges et les potions. À l'école primaire St Michael, qu'elle fréquente dès septembre 1972, son directeur d'école, Alfred Dunn, sera plus tard sa principale source d'inspiration pour le personnage d'Albus Dumbledore.

Jo a neuf ans lorsque ses parents décident de déménager dans un petit village anglais à la frontière avec le Pays de Galles. Leur nouvelle maison se trouve en bordure de la forêt de Dean, et le village est dominé par les ruines d'un château dont elle s’inspirera pour le château de Poudlard. Ce dernier déménagement coïncide avec la mort de sa grand-mère Kathleen, à l'âge de cinquante-deux ans. Bouleversée par cet événement, Rowling choisira plus tard d'inclure l'initiale de son prénom dans son pseudonyme : le « K » de J. K. Rowling.

La même année, les deux sœurs intègrent l'école voisine de leur nouveau domicile, mais Jo ne s’y plaît pas du tout. En septembre 1975, en guise d'activité parascolaire, Jo fait su scoutisme. Sa section se divise en six groupes, portant chacun un nom en lien avec l'univers de la fantasy (les « Fées », les « Lutins », les « Farfadets », etc.) 

A cette époque Jo rédige un court roman d'aventures évoquant sept diamants maudits et les mésaventures de leurs possesseurs, un hommage rendu à l'écrivain Edith Nesbit, auteur réputé de livres d’aventures pour enfants, qu'elle affectionne particulièrement.

A onze ans, Jo intègre le collège de Wyedean à Sedbury où travaille sa mère. Elle y découvre le théâtre de Shakespeare, avec notamment Le Roi Lear et Le Conte d'hiver, auquel elle empruntera le prénom de son personnage, « Hermione ». En cours, elle est impressionnée par Miss Shepherd, son enseignante d'anglais, stricte à l'humour « mordant », qui se montre consciencieuse, féministe et passionnée par son métier. Elle est aussi déstabilisée par l'enseignement de John Nettleship, surnommé Stinger (« celui qui pique ») par ses élèves, son professeur de chimie, sévère ou sarcastique. Ces deux professeurs lui inspireront les personnages des professeurs McGonnagal et Rogue.

Alors qu’elle a 15 ans, sa mère est diagnostiquée comme atteinte de sclérose en plaques ; son état se dégrade lentement mais inexorablement.  

Après son bac, Jo entre à l’université d'Exeter puis va à la Sorbonne où elle obtient un diplôme en littérature française et en philologie.  

Après ses études, Jo s'installe à Clapham, au sud de Londres. Elle enchaîne les emplois temporaires et travaille notamment au service de recherche d'Amnesty International en tant que secrétaire bilingue. Pendant ce temps, elle entame une vie parallèle en tant qu'écrivain, travaillant sur deux romans pour adultes qui n'ont a priori jamais été publiés.

En 1990, elle décroche un travail de secrétaire à la chambre de commerce de Manchester et décide  de s'installer dans cette ville avec son compagnon. C’est lors d’un voyage en train de Manchester à Londres qu’elle imagine l’histoire d'Harry Potter.

Après avoir été licenciée de son travail à la chambre de commerce de Manchester, elle trouve un poste de professeur d'anglais... au Portugal. Elle y vit en collocation avec deux autres jeunes femmes originaires, comme elle, de Grande-Bretagne. Ne travaillant qu’à mi-temps, elle se remet à l’écriture. Sa mère décède le 30 décembre 1990, ce qui inspirera le côté sombre de son roman, Harry étant lui-même orphelin.

En octobre 1992 Jo épouse Jorge Arantes, un journaliste de télévision portugais et, neuf mois plus tard, donne naissance à une fille, qu'elle prénomme « Jessica ». Mais son mariage est un échec. Son mari est violent et Jo le quitte pour retourner au Royaume-Uni avec sa fille et l’amorce du manuscrit d’Harry Potter. D’abord hébergée chez sa soeur à Édimbourg, Jo essaie de s’en sortir par ses propres moyens. Sans emploi, elle vit de l’aide sociale. En pleine dépression, elle envisage même le suicide. Sa maladie et son état d'esprit lui ont notamment inspiré les personnages des Détraqueurs, les créatures maléfiques d’Harry Potter qui insufflent à leurs victimes un profond sentiment de désespoir.

Elle finit par retrouver du travail et devient professeur dans une école d’Edimbourg, ce qui l'incite à vouloir terminer au plus vite son premier livre pour ne pas être obligée de l'abandonner. Elle se met donc au travail et écrit jour et nuit, déterminée à l'achever et tenter de le faire publier.

Elle achève le manuscrit d’Harry Potter à l'école des sorciers en 1995 et envoie les premiers chapitres à un agent, qui les lui retourne aussitôt. Un second agent, Christopher Little, se montre intéressé mais, après le refus successif de douze éditeurs, le manuscrit est enfin retenu par Bloomsbury Publishing qui vient de lancer une nouvelle division de livres pour enfants. Harry Potter à l'école des sorciers est finalement publié le 26 juin 1997. Le tirage initial n’est que de 1 000 exemplaires mais, très rapidement, le livre devient un phénomène d'édition et les tirages se succèdent. Le succès devient international avec, en 1997, une 1ère édition francophone puis, un an plus tard, le rachat des droits aux Etats-Unis. En 2001, c’est la sortie du 1er film de la saga qui devait en compter sept.
Cette même année, devenue richissime, Jo se remarie avec le médecin Neil Michael Murray. En 2003, elle donne naissance à son fils David et en 2005, à sa deuxième fille, Mackenzie.

mercredi 1 mai 2019

J'VEUX DU SOLEIL film documentaire de F. RUFFIN et G. PERRET (FR-2019)



Hier soir, une affluence record prenait d'assaut Le Navire à Aubenas pour une présentation du film "J'Veux du soleil", documentaire de François Ruffin et Gilles Perret sur le mouvement des Gilets Jaunes. Le film était suivi d'un débat auquel participaient des Gilets Jaunes ardéchois ainsi qu'Alain Lacoste, maire de St. Julien-du-Serre où une séquence du film a été tournée. Les 300 places de la salle n°2 ayant été vendues, de nombreux spectateurs ont dû renoncer à voir le film. Une nouvelle séance est programmée jeudi 2 mai à 20.30 H  

J'veux du soleil ! est un film documentaire français réalisé par Gilles Perret et François Ruffin, sorti en 2019. Construit comme un road-movie, il retrace le voyage des deux réalisateurs du Nord au Sud de la France à la rencontre des Gilets jaunes mobilisés au bord des routes du pays en décembre 2018.

Après Les Jours heureux (2013), La Sociale (2016) ou encore L'Insoumis (2018) réalisés par Gilles Perret, et Merci Patron ! (2016) réalisé par François Ruffin, J'veux du soleil est le premier projet commun entre les deux amis, qui se connaissent depuis une quinzaine d'années.

Présentation

Au volant de sa Citroën Berlingo, François Ruffin, accompagné par Gilles Perret et sa caméra, sillonne les routes de France, du nord au sud, pendant six jours à la rencontre de Gilets jaunes sur les ronds-points, les péages ou les parkings d'hypermarchés. Les deux hommes traversent ainsi neuf départements : l'Oise, la Saône-et-Loire, l'Ardèche, l'Isère, la Haute-Savoie, la Drôme, le Gard, les Bouches-du-Rhône et l'Hérault.

Historique

Gilles Perret, documentariste, et François Ruffin, député insoumis de la Somme et rédacteur en chef du journal Fakir, se sont rencontrés en 2005 lors de l’émission de radio-culte sur France Inter Là-bas si j'y suis (depuis, supprimée) et sont devenus amis. L'idée de réaliser un film ensemble sur les Gilets jaunes émerge lors d'un déjeuner au début du mois de décembre 2018, alors que Ruffin projette initialement de sillonner les routes de France pour écrire un livre sur le mouvement. Quelques jours plus tard, ils partent donc ensemble à bord de la Citroën Berlingo du député. Ils en reviennent au bout d'une semaine avec quelques vingt-quatre heures d'images.

Le 9 janvier 2019, François Ruffin annonce le film sur sa chaîne YouTube, depuis la salle de montage en compagnie de Gilles Perret et de la monteuse Cécile Dubois (qui avait déjà travaillé sur Merci Patron !). Il précise que ses droits d'auteurs seront reversés au Secours populaire. Il explique également que « si on ne fait pas ce boulot, la trace de ce mouvement exceptionnel dans notre histoire va être faite par BFM TV, des éditorialistes, des intellectuels à chemise blanche, qui vont résumer ça à un mouvement violent, d'alcooliques, voire de fascistes et d'antisémites ». L'objectif des deux réalisateurs est de donner la parole aux Gilets jaunes dans leur quotidien. Il s'agit du premier long métrage sur le mouvement.

La sortie en salles en France étant prévue pour début avril 2019, le montage de J'veux du soleil ! se réalise en un temps record. François Ruffin sollicite l'aide du public pour la diffusion du film, que ce soit en allant le proposer aux salles de cinéma ou en organisant des projections sur les ronds-points avec des Gilets jaunes. Une tournée d'avant-premières à travers toute la France précède la sortie en salles, d'abord dans une version non finalisée. La première projection publique a lieu le 16 février à Grenoble, dans l'Isère, et attire 350 personnes dans les trois salles du cinéma Le Club. Il a aussi été présenté en avant-première devant 300 personnes le 17 février à St. Julien-du-Serre (Ardèche) où des Gilets jaunes et le maire de la commune Alain Lacoste, avaient participé au tournage. À Marseille, où il est diffusé le 2 mars au cinéma Toursky du quartier Saint-Mauront, le film est un succès : les deux séances organisées font salle comble et les gérants doivent en rajouter une supplémentaire pour pouvoir accueillir tous les spectateurs ; J'veux du soleil réunit un total de 2 000 personnes au cours de cette journée. Le samedi 16 mars 2019, le film est diffusé en plein air et sur écran géant lors d'une grande fête organisée par les Gilets Jaunes de Dions (Gard). François Ruffin, Gilles Perret et de nombreux acteurs-figurants-Gilets Jaunes du rond-point dit de Dions et alentours sont présents. Environ 3 500 personnes participent à cette fête et à l'inauguration du très symbolique second portrait de Marcel. Toujours au mois de mars, il est diffusé durant le festival Les Écrans du doc à Décines-Charpieu. La dernière avant-première se déroule le 2 avril, veille de la sortie, au cinéma Lincoln, situé sur les Champs-Élysées, à Paris.

Le documentaire est officiellement sorti le 3 avril 2019 dans plus d'une centaine de salles en France, durant la campagne pour les élections européennes.

Accueil critique

Pour Clément Pétreault, dans Le Point, « le spectateur se retrouve [...] plongé dans des intimités rarement poussées au cœur de l'actualité » face à des « témoignages [...] sincères, parfois dérangeants, souvent révoltants ». Xavier Demagny, pour France Inter, considère que le parti-pris est assumé et que la vision de François Ruffin est « empathique, bienveillant[e], parfois même tendre ». Pour Luc Chessel, de Libération, le documentaire s'apparente à un « un joyeux et nécessaire best-of » qui « donne la parole aux Gilets jaunes ».

Le montage oppose les témoignages de Gilets jaunes et des extraits de discours d’hommes politiques (en particulier du président Emmanuel Macron), alternant avec des scènes de violences policières et des commentaires de journalistes présentant le mouvement sous son jour le plus négatif.  

Box-office

François Ruffin annonce le 28 mars 2019 sur son site web que J'veux du soleil a dépassé le chiffre de 20 000 spectateurs avant même sa sortie, sur l'ensemble des avant-premières du film.

Le 3 avril 2019, lors de son premier jour d'exploitation, le film réunit près de 12 000 entrées sur un ensemble de 91 salles, atteignant un total provisoire de 32 135 avec les avant-premières, ce chiffre cumulé plaçant le film en 4ème position des nouveautés au box-office français ce jour-là. Après sa première semaine d'exploitation, il totalise 74 619 entrées dans 120 cinémas. Le film se place ainsi à la 12ème place du box-office hebdomadaire.

Références culturelles

Le titre film reprend celui de la chanson « J'veux du soleil » du groupe Au p'tit bonheur. À la fin du documentaire, une manifestante, Marie, entonne a cappella cette chanson sur la plage en compagnie de François Ruffin puis, durant le générique, on la voit rejoindre trois membres du groupe Au p'tit bonheur pour interpréter le titre dans un studio d'enregistrement.

Outre cette chanson, le film utilise plusieurs chansons préexistantes :

  • ·      Douce France, à la fois dans la version originale de Charles Trenet et la reprise du groupe Carte de séjour ;
  • ·        Nationale 7 de Charles Trenet ;
  • ·        Voyage en Italie de Lilicub ;
  • ·        Y'en a marre des pauvres de Didier Super.

D'autre part, lors d'une discussion avec des Gilets jaunes, François Ruffin explique que le mouvement lui a fait penser au film L'An 01 de Jacques Doillon (1973), adapté de la bande dessinée éponyme de Gébé, largement inspiré du mouvement de mai 68 ; des extraits du film sont alors inclus dans le montage.

[Texte en grande partie repris de Wikipedia]

Mon opinion

En plein mois de décembre 2018, François Ruffin, journaliste, réalisateur et député de la France Insoumise, est parti du Nord de la France au volant de sa voiture pour parler avec les Gilets Jaunes mobilisés contre la politique anti-sociale d'Emmanuel Macron et de son gouvernement depuis le 17 novembre 2018. Accompagné de son ami et cameraman Gilles Perret, il va ainsi à la rencontre des manifestants d'une 10e de villes en France, terminant son périple à Montpellier. Il les écoute parler de leurs galères, de la solidarité qui s'est créée entre eux, de leurs espoirs et de la vie meilleure dont ils rêvent pour eux-mêmes et pour leurs enfants. Ces séquences alternent avec des images de répression policière, de prises de paroles d'Emmanuel Macron, et de commentaires des journalistes "aux ordres" qui contrastent de manière dramatique avec les témoignages rassemblés par François Ruffin. De cette confrontation naissent plusieurs passages comiques tant l'on mesure le fossé qui s'est créé entre ce qu'il est convenu d'appeler les "élites" et les "Français des ronds-points". 

Le film est une belle leçon d'humanité, et même d'optimisme, quand on entend ces témoignages, certains tellement poignants qu'ils vous tirent les larmes, de personnes comme vous et moi, qui ont tout compris de la dérive économique d'un système absurdes où les valeurs de la République ont été oubliées face à celles de l'argent. Un film salutaire !   

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