mardi 20 novembre 2018

TROIS JOURS A QUIBERON film biographique d'Emily Atef (AU-DE-FR 2018)


Vu dans le cadre des Rencontres des Cinémas d'Europe (Aubenas 17-25 novembre 2018)



Trois Jours à Quiberon (3 Tage in Quiberon) est un film dramatique franco-austro-allemand réalisé par Emily Atef, sorti le 13 juin 2018.

Résumé

Nous sommes en avril 1981. L’actrice Romy Schneider (Marie Bäumer) est venue à Quiberon pour une cure de thalassothérapie. Sortant alors d’un divorce difficile avec Harry Meyen (qui s’est suicidé en 1979), et en plein divorce avec Daniel Biasini, le père de sa fille Sarah, l’actrice se reproche de ne pas assez s’occuper de ses enfants. Elle qui, généralement, fuit la presse, accepte une interview de deux journalistes envoyés par le magazine Stern.

Refusant d’écouter les conseils de son amie Hilde (Birgit Minichmayer), qui réprouve l’interview, elle accepte de répondre aux questions du journaliste dans l’espoir de balayer une fois pour toutes l’image négative qu’elle a auprès de son public. Mais loin de l’apaiser, les questions intrusives et à la limite de l’indécence de Michael Jürgs rajoutent à son mal-être. Romy retombe dans ses addictions, la cigarette (elle fumait trois paquets par jour), l’alcool et les somnifères.   

Pendant qu’elle fait des photos, elle glisse sur un rocher et se brise le pied gauche. Rentrée à Paris, elle ne peut reprendre, comme prévu, le tournage de La passante du Sans-Souci de Jacques Rouffio, qui sera son dernier film. La mort accidentelle et particulièrement cruelle de David, son fils de 14 ans, en juillet 1981, précédera de peu son propre décès, moins d’un an plus tard, à l’âge de 43 ans, dans des conditions toujours non élucidées mais sans doute liées au cocktail médicaments et alcool.

C’est cette courte période que retrace le film.

Mon opinion

Le choix de l’actrice Marie Bäumer, dont la ressemblance physique (et la voix) avec Romy Schneider est frappante, est sans conteste le point fort du film. Dès les premières images, où on la voit de dos contempler la mer sur la terrasse de l’hôtel, on ne peut qu’en être troublé.

Sarah Biasini, la fille de Romy Schneider s’est dite scandalisée par ce film car, selon elle, sa mère n’était ni alcoolique ni accro aux médicaments et qu’elle entretenait avec ses enfants, en particulier avec son fils David, les relations d’une mère aimante.

La réalisatrice Emily Atef, quant à elle, se défend d’avoir voulu réaliser un biopic de l’actrice et insiste sur le fait qu’elle a fait œuvre de fiction, ce dont le spectateur aura du mal à convenir.

Quoiqu’il en soit des faits, on ressort du film bouleversés, non par les scènes de déchéance qui nous sont montrées, mais par l’empathie que l’on ressent pour cette femme complexe et malheureuse, passant sans cesse du rire aux larmes, incapable de renoncer à son métier d’actrice tout en souffrant de n’être pas plus proche de ses enfants. On pensera à d'autres stars disparues au destin comparable, comme La Callas, James DeanHeath LedgerRiver Phoenix, et bien évidemment l'icône absolue que fut Marilyn Monroe, ou, plus récemment Philip Seymour-Hoffman

J’ai personnellement trouvé ce portrait très beau et traité avec plus de finesse que ne le laissent penser certaines critiques et je recommande ce film à tous les amateurs de cinéma, et à tous ceux pour qui Romy Schneider restera à jamais une grande actrice.

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dimanche 18 novembre 2018

ROD PARADOT (Acteur français)



Rod Paradot est un acteur français, né le 4 avril 1996 à Stains. En 2016, il a reçu le César du meilleur espoir masculin pour La Tête haute.

Biographie

Fils unique d'un plombier et d'une agente de la fonction publique territoriale, préparant un CAP de menuiserie, Rod Paradot est repéré par la directrice de casting Elsa Pharaon pour être le héros du film La Tête haute, réalisé par Emmanuelle Bercot. Ce film faisant l'ouverture du 68e Festival de Cannes, il monte les marches du palais des festivals avec les autres vedettes du film, Catherine Deneuve, Benoît Magimel et Sara Forestier. Pour son, rôle dans ce film, il reçoit, le 26 février 2016, le César du meilleur espoir masculin. Le 28 mai 2018, il reçoit le Molière de la révélation masculine pour son rôle dans Le Fils de Florian Zeller - mis en scène par Ladislas Chollat.

Filmographie

Longs métrages
  • 2015 : La Tête haute d'Emmanuelle Bercot : Malony
  • 2018 : Luna d'Elsa Diringer : Alex
Courts métrages
  • 2016 : Campers de Laurent Barthélémy
  • 2016 : Arborg d'Antoine Delelis
Télévision
  • 2017 : Capitaine Marleau (Chambre avec vue) de Josée Dayan : Gabriel
  • 2018 : Ad Vitam (série) de Thomas Cailley
  • 2018 : Aux animaux la guerre (série) d'Alain Tasma : Jordan Locatelli

vendredi 16 novembre 2018

EZRA MILLER (Acteur américain)



Ezra Miller est un acteur américain né le 30 septembre 1992 à Hoboken (New Jersey).
Il est notamment connu pour ses rôles dramatiques dans Afterschool, Another Happy Day, We Need to Talk About Kevin, Le Monde de Charlie et LesAnimaux Fantastiques. Il incarne le super-héros Barry Allen (The Flash) dans l'univers cinématographique DC.

Biographie

Sa mère, Marta, est danseuse contemporaine. Son père, Robert S. Miller, était vice-président sénior et directeur exécutif de la division de publication de livres pour adultes de la Walt Disney Company, Hyperion Books. Il a deux sœurs, Saiya et Caitlin. Il a reçu une formation de chanteur, et a chanté avec le Metropolitan Opera. À 6 ans, il s'est produit pour l'ouverture de l'opéra contemporain de Philip Glass, White Raven. Il est allé à la Hudson School. Ezra Miller a commencé sa carrière cinématographique en 2008 avec Afterschool, d'Antonio Campos, dans lequel il incarne un adolescent en internat. Avec l'accord et le soutien de ses parents, il quitte définitivement le lycée à l'âge de 16 ans afin de se consacrer pleinement à sa nouvelle carrière d'acteur. Il apparaît dans City Island aux côtés d'Andy Garcia, Julianna Margulies et Steven Strait. Miller a aussi joué dans Beware the Gonzo et Every Day, où il tient le rôle de Jonah, un adolescent gay avec Liev Schreiber et Helen Hunt comme parents, deux films primés au Festival du film de TriBeCa. Il a par la suite joué dans le film de la BBC, We Need to Talk About Kevin avec John C. Reilly et Tilda Swinton, réalisé et adapté par Lynne Ramsay à partir du livre éponyme de l'écrivain américain Lionel Shriver paru en 2003. Le film s'est par ailleurs fait remarquer au Festival de Cannes, où il a été encensé par la critique. Miller a également interprété Damien (le copain de Becca) dans Californication, série télévisée de Showtime et est apparu dans Royal Pains en tant que Tucker Bryant pendant deux saisons. Il s'est aussi vu offrir le rôle de Patrick dans Le Monde de Charlie, adaptation cinématographique du livre du même nom de Stephen Chbosky. Il y joue un adolescent en dernière année de lycée au côté d'Emma Watson et Logan Lerman.

Ezra a également participé à l'adaptation cinématographique de Madame Bovary, roman de Gustave Flaubert, aux côtés de Mia Wasikowska. Il interprète le rôle de Léon, le deuxième amant de l'héroïne.

Depuis 2009, Ezra Miller est chanteur et batteur dans le groupe folk Sons of an Illustrious Father, basé à New York.

En 2014, il est choisi pour incarner le nouveau Flash dans l'univers cinématographique DC. Bien qu'apparaissant par caméos dans d'autres films, sa première véritable apparition est pour le film Justice League, sorti en 2017, il aura également droit à son film solo nommé Flashpoint en 2020.
En 2016, on le retrouve au casting de Les Animaux Fantastiques (2016) de David Yates, préquel de la saga Harry Potter ainsi que dans le 2ème film, les Animaux fantastiques : les crimes de Grindenwald (2018).

Filmographie

Cinéma
  • 2008 : Afterschool d'Antonio Campos : Robert
  • 2010 : City Island de Raymon de Felitta : Vincent Jr. « Vinnie » Rizzo
  • 2010 : Beware the Gonzo de Bryan Goluboff : Eddie « Gonzo » Gilman
  • 2010 : Every Day de Richard Levine : Jonah
  • 2011 : Another Happy Day de Sam Levinson : Elliot Hellman
  • 2011 : We Need to Talk About Kevin de Lynne Ramsay : Kevin Khatchadourian
  • 2012 : Le Monde de Charlie (The Perks of Being a Wallflower) de Stephen Chbosky : Patrick
  • 2014 : Madame Bovary de Sophie Barthes : Léon Dupuis
  • 2015 : The Stanford Prison Experiment de Kyle Patrick Alvarez : Daniel Culp
  • 2015 : Crazy Amy (Trainwreck) de Judd Apatow : Donald
  • 2016 : Batman v Superman : L'Aube de la justice (Batman v Superman: Dawn of Justice) de Zack Snyder : Barry Allen / Flash (caméo)
  • 2016 : Suicide Squad de David Ayer : Barry Allen / Flash (caméo)
  • 2016 : Les Animaux fantastiques (Fantastic Beasts and Where to Find Them) de David Yates : Croyance Bellebosse
  • 2017 : Justice League de Zack Snyder : Barry Allen / Flash
  • 2018 : Les Animaux fantastiques : Les Crimes de Grindelwald (Fantastic Beasts : The Crimes of Grindelwald) de David Yates : Croyance Bellebosse
  • 2020 : Flashpoint de ? : Barry Allen / Flash

Télévision
  • 2008 : Californication : Damien (5 épisodes)
  • 2009 : New York Unité Spéciale : Ethan (Saison 10 Episode 20)
  • 2009-2010 : Royal Pains : Tucker Bryant (5 épisodes)

Distinctions
  • 2011 : Prix de la révélation de l'année (Breakthrough Performer) pour Another Happy Day au festival international du film des Hamptons
  • 2012 : Trophée Chopard de la révélation masculine au festival de Cannes 2012
  • 2012 : Boston Society of Film Critics Awards du meilleur acteur dans un rôle secondaire pour Le Monde de Charlie
  • 2013 : Chlotrudis Award du meilleur acteur dans un second rôle pour Le Monde de Charlie


LES ANIMAUX FANTASTIQUES : LES CRIMES DE GRINDELWALD de David Yates (GB-USA 2018)




Les Animaux fantastiques : Les Crimes de Grindelwald (Titre original : Fantastic Beasts : The Crimes of Grindelwald) est un film fantastique américano-britannique réalisé par David Yates, sorti en novembre 2018.

Il s'agit du deuxième volet de la série Les Animaux fantastiques et du dixième film de la franchise du monde des sorciers de J. K. Rowling. Il fait suite au film Les Animaux fantastiques, du même réalisateur, sorti en 2016.

Présentation

Le premier volet des Animaux fantastiques se déroulait en 1926 à New-York où Norbert Dragonneau (Eddie Redmayne) s’était rendu pour rassembler de la documentation sur le livre qu’il écrivait, aussi nommé Les animaux fantastiques, livre censé se trouver dans la bibliothèque de Poudlard où Harry et Ron le découvrent.

Ce deuxième film commence à New York où, quelques mois après son arrestation par le Congrès magique des États-Unis, Gellert Grindelwald (Johnny Depp) s'évade et souhaite rassembler des sorciers de « sang-pur » afin de régner sur l’ensemble de la population « moldue ». Albus Dumbledore (interprété par Jude Law), alors jeune professeur à l'école de sorcellerie de Poudlard semble être le seul en mesure de l'arrêter. Les deux hommes, anciens amis d'enfance, seraient devenus ennemis depuis un accident au cours duquel la jeune sœur de Dumbledore, Ariana, aurait perdu la vie.

Dumbledore accepte la mission et fait alors appel à son ancien élève Norbert Dragonneau, qui a fait ses preuves en ayant déjà su déjouer les plans du mage noir. C'est l'occasion pour Norbert de retrouver ses amis Tina Goldstein (Katherine Waterston), dont il est amoureux et qui deviendra sa femme, la sœur de cette dernière, Queenie Goldstein (Alison Sudol) et Jacob Kowalski (Dan Fogler)[1], un « moldu » dont le rêve est de devenir boulanger, qu’il avait rencontré à New York.

Mon opinion sur ce film

Beaucoup plus sombre que LesAnimaux Fantastiques (1ère partie), qui, malgré quelques scènes d’action, restait relativement léger, Les crimes de Grindewald se rapproche beaucoup, par son atmosphère angoissante et sa noirceur, aux derniers opus de la saga Harry Potter, Harry Potter et les reliques de la mort 1 et 2 (2010 et 2011) où Harry et ses amis sont confrontés au combat final avec Voldemort. Tous les fans inconsolables de la fin bâclée de Harry Potter doivent cependant aller voir ce film et surtout le voir en 3D car ils y retrouveront toute l’ambiance magique qu’ils ont adorée dans Harry Potter. Les effets spéciaux sont stupéfiants, beaucoup plus impressionnants que tout ce que j’ai vu jusqu’alors depuis Avatar. Il faut aussi voir ce film sur grand écran, seul cadre où les images 3D prennent toute leur dimension. Je vous conseille aussi de lire (ou de relire car les interactions entre personnages sont complexes), les deux livres reprenant le scénario écrit pour les films par J. K. Rowling.   



[1] Personnages absents de la série Harry Potter.

lundi 12 novembre 2018

AD VITAM Série télé d'Arte (FR - 2018)



Ad Vitam est une série télévisée de science-fiction française en six épisodes de 55 minutes environ, créée par Thomas Cailley et Sébastien Mounier et diffusée entre le 8 novembre 2018 et le 22 novembre 2018 sur Arte.

Présentation

Alors qu’on pense avoir vaincu la mort et qu’on fête le 169e anniversaire de la doyenne de l’humanité ayant subi la régénération, on découvre sur la plage les corps de sept adolescents qui semblent s’être suicidés. Le policier Darius Asram (Yvan Attal), qui en est lui-même à sa 3ème régénération, est chargé de l’enquête. Celle-ci le mène sur la piste d’une secte dénommée Saul, qui milite contre la régénération et encourage ses membres au suicide.

Distribution

  • ·        Yvan Attal : Darius Asram
  • ·        Garance Marillier : Christa « Nora » Novak
  • ·        Anne Azoulay : Béat
  • ·        Niels Schneider : Virgil « Caron » Berti
  • ·        Victor Assié : Théo Lesky
  • ·        RodParadot : Léonard « Linus » Ader
  • ·        Aurélia Petit : le colonel Han
  • ·        Adel Bencherif : Élias Azuelo
  • ·        Hanna Schygulla

Mon opinion

A ne pas confondre avec le film Immortel, ad vitam d’Enki Bilal (2004), adaptation très libre de sa série en bande dessinée, la Trilogie Nikopol, que j’avais personnellement beaucoup aimé malgré ses imperfections.

Cette nouvelle série, qui mêle anticipation et polar, a été réalisée pour Arte par Thomas Cailley, connu pour son film Les combattants (2014), dont on a beaucoup parlé mais que je n’ai pas vu. Présenté en mai dernier lors de Series Mania, Ad Vitam y a été couronné par le prix de la Meilleure série française.

Les séries d'anticipation ne sont pas le fort de nos productions hexagonales. Le précédent essai de s’aventurer dans ce domaine, Arte l’avait fait en 2016 avec Tripalium, qui avait subi un échec retentissant (personnellement, j’avais décroché dès le 2ème épisode).

Je viens de visionner le 6ème et dernier épisode qui est loin de m'avoir convaincu. On a l'impression d'un cocktail improbable où les scénaristes auraient versé tout ce qui leur passait par la tête, bien remué, et servi dans un grand verre "on the rocks". En effet, à part l'esthétique glacée donnée par les teints blafards, la lumière crépusculaire, le béton brut d'appartements high tech complètement déshumanisés, on n'a pas trop su comment boucler un scénario sans queue ni tête qui se résume à une idée : devenir immortel, oui, mais pourquoi et surtout comment faire face à l'immortalité ? 

Bref, une grosse déception à la hauteur des attentes que l'on pouvait mettre dans cette série. 

dimanche 11 novembre 2018

THE GIFTED série américaine de SF (2018-2019)




The Gifted  (que l'on pourrait traduire par "Les doués") est une série de science-fiction créée par Matt Nix, et inspirée, sans en être dérivée, la série de comics X-Men de Marvel Comics, produite par 20th Century Fox Television et Marvel Television et diffusée depuis le 2 octobre 2017 sur le réseau Fox et en simultané au Canada sur le réseau CTV2 pour la première saison, puis sur Citytv pour la deuxième saison. En France et en Suisse, la série est diffusée depuis le 29 décembre 2017 sur Canal+ et reprise, depuis novembre 2018, sur la chaîne CStar de la TNT. La série compte à ce jour deux saisons (saison 1 : 2017-2018, 13 épisodes ; saison 2 : 2018, 16 épisodes)  

Résumé

Reed (Stephen Moyer) et Caitlin (Amy Acker) Strucker sont un couple ordinaire jusqu’à ce qu’ils s’aperçoivent que les pouvoirs surnaturels de leurs enfants, Lauren (Natalie Alyn Lind) et Andy (Percy Hynes White), se révèlent. Ils doivent alors fuir car ils sont pourchassés par le Sentinel Service, un organisme paramilitaire qui traque les mutants, et rejoignent la résistance mutante, dirigée par John Proudstar/Thunderbird (Blair Redford).  

Dans le même esprit : 



mercredi 24 octobre 2018

LA VIE DEVANT SOI film de Myriam BOYER (FR - 2010)




La Vie devant soi est un téléfilm français réalisé par Myriam Boyer, diffusé le 22 décembre 2010 sur Arte. Il s'agit de l'adaptation du roman éponyme de Romain Gary, publié en 1975 sous le pseudonyme d’Emile Ajar (couronné par le prix Goncourt).

Résumé

Madame Rosa (Myriam Boyer), une vieille femme juive, ancienne prostituée et déportée d’Auschwitz gère « une pension sans famille pour les gosses qui sont nés de travers », autrement dit une pension clandestine où les prostituées laissent leurs rejetons pendant quelques mois (ou plusieurs années) pour les mettre à l’abri de l'Assistance publique ou des représailles de leurs macs. Momo (Julien Soster), un jeune musulman d'environ 14 ans (mais qui croit n'en avoir que 10), raconte sa vie chez madame Rosa et son amour pour la seule « mère » qui lui reste.

Mon opinion sur ce film

J’ai vu ce film en rediffusion sur la chaîne RMC de la TNT hier soir. J’aime beaucoup Myriam Boyer, une actrice sincère qui n’hésite pas à tourner des rôles difficiles et peu commerciaux. Le roman d’Emile Ajar (avatar de Romain Gary) avait déjà fait l’objet de plusieurs adaptations (au cinéma en 1977, par Moshé Mizrahi en 1977 avec Simone Signoret ; au théâtre, en 2007, par Didier Long avec, déjà, Myriam Boyer dans le rôle-titre). Je n'ai pas vu le film déjà ancien de M. Mizrahi, mais j'imagine que Simone Signoret, dans le rôle de Madame Rosa, devait valoir le déplacement. C'est d'autant plus courageux à Myriam Boyer d'avoir osé s'affronter, à vingt ans de distance, au même rôle. 

Après avoir fait un triomphe avec ce rôle (pour lequel elle a obtenu le Molière de la meilleure comédienne en 2008) au théâtre pendant trois ans, Myriam Boyer a réalisé elle-même cette adaptation du roman de Romain Gary, elle s’est littéralement identifiée au personnage de Mme Rosa, femme forte avec une foi en l’humanité intacte bien que la vie l’ait beaucoup cabossée. Ecoutons-la parler de ce rôle magnifique : "Je voulais moins raconter Mme Rosa, que remettre au cœur du film l'esprit du roman et cette histoire de Belleville, imprégnée de tolérance. C'est un milieu que j'aime et que je crois savoir raconter, puisque j'en viens. S'il est souvent un peu vu d'en haut, je veux, quant à moi, le prendre de l'intérieur et des tripes. J'ai habité Belleville dans ces années-là et c'était vraiment comme ça, un mélange harmonieux. Personne, alors, ne songeait à parler d'intégration. Mais le plus terrible, c'est que trente ans après, les mêmes questions demeurent. Pour moi, La vie devant soi est une fable extraordinaire sur l'humanité, la vieillesse, la maladie et la mort. Romain Gary n'essaie pas de donner de réponses, mais il a l'âge de s'interroger, comme Mme Rosa".  
Dans ce beau rôle, que l’on dirait écrit pour elle, Myriam Boyer donne la pleine mesure de son talent. C’est une actrice rare, qu’on aimerait voir plus souvent. Un coup de chapeau aussi au jeune Julien Soster, éblouissant de justesse, dans le rôle de Momo. Il ne semble pas qu’il ait tourné depuis ce film, ce qui est bien dommage, car il a un talent naturel qu’on ne peut que saluer.  


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