mardi 16 janvier 2018

SEULE LA TERRE film de Francis Lee (GB-2017)


Seule la Terre (Titre original : God's Own Country) est un film britannique écrit et réalisé par Francis Lee, sorti en 2017.  

Résumé

Johnny (Josh O’Connor) travaille du matin au soir dans la ferme familiale, perdue dans le brouillard du Yorkshire. Les mots sont rares entre son père, sa grand-mère et lui et se limitent aux taches de la ferme. Entre les humains quasi-mutiques, aucune marque d'affection ne se manifeste jamais John accomplit le travail imposé à contrecoeur tout en essayant d’oublier la frustration de son quotidien en se saoulant chaque soir au pub du village et en s’adonnant à des aventures homosexuelles sans lendemain. 

Quand un saisonnier roumain, Gheorghe (Alec Secareanu), est embauché par son père, handicapé suite à un AVC, pour le seconder pour la période de l'agnelage, Johnny est attiré par cet homme plus âgé que lui, bosseur, compétent et calme, dont on comprend qu'il a vécu une vie douloureuse, bien qu'on ne sache rien de son passé. Mais John se défend de cette attirance, se rendant pérpétuellement odieux envers cet immigré roumain jusqu'au moment où celui-ci se rebiffe et qu'une bagarre n'éclate entre eux. Lors de cette affrontement qui les rappoche physiquement, les deux hommes cèdent à l'attrait sexuel puis une relation plus complice et tendre naîtra entre eux, à partir de laquelle John trouvera la part d'humanité qui lui manquait.

Accueil et distinctions

Seule la Terre a rencontré un accueil critique très favorable, obtenant 99 % d'avis favorables sur le site Rotten Tomatoes, basés sur 98 commentaires collectés et une note moyenne de 8,2⁄103 et un score de 85⁄100 sur le site Metacritic, basé sur 21 commentaires collectés, correspondant au status universal acclaim.

En France, l'accueil critique a été aussi très positif : le site Allociné recense une moyenne des critiques presse de 3,8⁄5, basée sur 16 critiques de presse collectées, et des critiques spectateurs à 4,3⁄5.
Télérama a salué les décors d'un film qui constitue à la fois « une rugueuse éducation sentimentale et une lumineuse chronique paysanne », et loue tout particulièrement la performance de Josh O'Connor.Le film a été sélectionné dans la catégorie « World Cinema Dramatic » et projeté en avant-première mondiale en janvier 2017 au Festival du film de Sundance dont il a remporté le prix du meilleur réalisateur, ainsi que le Hitchcock d'or au Festival du film britannique de Dinard 2017. Le 10 décembre 2017, lors des British Independent Film Awards 2017, il a remporté le British Independent Film Award du meilleur film ainsi que plusieurs prix, dont celui de meilleur acteur pour Josh O'Connor

Mon opinion personnelle

Je suis allé voir ce film sur la foi de toutes les excellentes critiques qui l’entouraient. J’ai failli quitter le cinéma dans la 1ère partie car, d’une part, les scènes crues d’amour entre hommes m’ont gêné mais aussi pour l’ambiance glauque et désespérée dans laquelle baigne le film. 

John, jeune garçon immature entièrement semble presque demeuré tant il est soumis à son père et installé dans une routine mortifère. A la différence de ce que dit Télérama (dont je me méfie autant des enthousiasmes que des critiques "pour la critique"), le spectateur  ne trouve même pas son compte (ce qui était au moins le cas dans Le secret de Brokeback Moutain) dans la beauté des paysages dont le réalisateur ne nous montre que l'austérité, la boue, filmés sous une lumière crépusculaire et sous un crachin permanent. Rien non plus n'est épargné au spectateur des scènes pénibles (le film commence par les vomissements de John après sa nuit de cuite), ni de l'austérité des tâches de la ferme (mise-bas d'une vache dont le veau  mort-né sera abattu d'une balle de carabine, rudesse de l'agnelage, etc.) Certes, c’est peut-être la réalité de ce que vivent beaucoup de petits paysans mais est-on obligé de nous montrer cela en gros plan dans un film non-documentaire ? 

Le film devient plus acceptable dans la deuxième partie où, au-delà de la seule satisfaction physique que John trouve dans de brutaux rapports sexuels, il se rapproche de Gheorghe qui lui apporte une forme de tendresse qu’il n’a jamais connue dans sa propre famille. 

La scène qui m’a cependant le plus ému est le timide "merci" que bredouille le père diminué après son second AVC au fils qui le baigne, grande première dans des relations que l'on n'imaginait pas évoluer entre eux. On comprend que cela, John  le doit à la présence tranquille et lumineuse de Gheorghe (dont l’acteur roumain aurait, à mon avis, davantage mérité une distinction que Josh O’Connor), grâce auquel il trouve enfin l'humanité qui lui a toujours fait défaut.  

Mais, à part ces quelques instants privilégiés, le film, qui n'est pas dénué de qualités, est bien pesant et me laissera une impression désagréable. Mention spéciale pour la musique, discrète (c'est rare !) qui sous-tend le film, composée par le groupe britannique A Winged Victory for the Sullen, en particulier la belle chanson du générique de fin. 


dimanche 14 janvier 2018

Jim STURGESS acteur britannique

Jim Sturgess (de son vrai nom James Anthony Sturgess), né le 16 mai 1978 à Londres, est un acteur,  chanteur et compositeur britannique qui a composé de nombreuses musiques de films. Son doubleur est généralement Donald Reignoux (qui est aussi la "voix française" de Jesse Eisenberg, Channing Tatum, Joseph Gordon-Levitt, Jamie Bell, Anton Yelchin ou Andrew Garfield, pour ne citer que ces stars internationales. Il a aussi doublé Hunter Parrish dans Weeds

Carrière

Il s’est fait connaître dans le rôle de Young Charlie dans la série télévisée The Quest. (2002-2004). Jim Sturgess a également fait de la radio. Au cinéma, il est tout d'abord connu pour son rôle de Jude, le rôle masculin principal dans Across the Universe, comédie musicale américaine où il reprend quelques titres des Beatles tels que All My Loving, Something, Strawberry Fields Forever....
Il a également tenu le rôle de George Boleyn, dans le film Deux sœurs pour un roi, aux côtés de Natalie Portman, Scarlett Johanssonet Eric Bana en 2008. Toujours en 2008, il est la vedette du film Las Vegas 21 au côté de Kevin Spacey et Kate Bosworth.

En 2009, il tourne dans Heartless, un film britannique qui parle des gangs londoniens et de la difficulté qu'ont les personnes avec un handicap à s'intégrer dans la société. Il y joue le rôle principal sous le prénom de Jemy, un jeune homme complexé par la tache de naissance qui recouvre une partie gauche de son visage et qui va ensuite signer un pacte avec le diable pour acquérir une beauté extérieure. Ce thriller psychologique est acclamé par la critique et l'impose comme un acteur à suivre.
En 2010, il interprète le rôle principal du film Les chemins de la liberté de Peter Weir. Il y incarne le  Polonais Janusz, échappé du goulag en 1940 — avec quelques autres prisonniers, notamment incarnés par Ed Harris, Colin Farrell et Dragos Bucur — qui entreprennent un périple de milliers de kilomètres à pied, du nord de la Sibérie jusqu'en Inde.

En 2011, il confirme en tête d'affiche en donnant la réplique à Anne Hathaway dans le drame romantique Un Jour, adapté du roman de David Nicholls sorti en 2009

En 2012, on le retrouve dans Cloud Atlas d'Andy et Lana Wachowski et Tom Tykwer, aux côtés de Halle Berry, Tom Hanks, Hugo Weaving et Bae Doona, film dans lequel il interprète six rôles différents. Il est notamment le héros dans "Le journal de la traversée du Pacifique d'Adam Ewing", qui se déroule en 1849, dans lequel un jeune juriste, au cours d'un voyage à travers l'Océan Pacifique, voit sa vie menacée par un médecin cupide, trouve l'amitié d'un esclave auto-affranchi et décide finalement de s'engager avec son épouse dans la lutte contre l'esclavage. Il joue également, dans "L’Oraison de Sonmi-451" qui se déroule en 2144, le rôle de Hae-Joo Chang, lieutenant de l'Union Rebelle contre l’État totalitaire à New-Seoul, chargé d'éduquer et de protéger Somni, clone naïf qui a conscience du lien entre les époques, les actes et leurs conséquences.

La même année, dans le film de science-fiction indépendant Upside Down, de Juan Solanas, il renoue avec la figure du jeune premier romantique en interprétant le rôle principal d'Adam Kirk, qui fera tout pour retrouver l'amour de sa vie, Eden Moore, incarnée par Kirsten Dunst. Le film, sans doute trop atypique et ambiotieux, fut mal distribué et se solda par un échec commercial.

Derniers films

  • ·        2017 : Geostorm de Dean Devlin, rôle de Max
  • ·        2018 : JT LeRoy de Justin Kelly, rôle de Geoffrey Knoop 

vendredi 12 janvier 2018

WONDER film de Stephen Chbosky (USA-2017)



Wonder est un film dramatique américain coécrit et réalisé par Stephen Chbosky*, sorti en 2017. Il s’agit de l’adaptation du roman du même nom de R. J. Palacio (2012).

Résumé

August « Auggie » Pullman (Jacob Tremblay) est un garçon de 10 ans né avec une maladie génétique appelée syndrome de Treacher Collins qui provoque une malformation du visage. Pendant ses 10 premières années, il a subi 27 opérations chirurgicales. C'est sa mère Isabel (Julia Roberts) qui a assuré son éducation à la maison. Enfant intelligent et passionné par les sciences et surtout l’espace, il se prépare à intégrer sa première année de middle school (équivalent en France du CM2 ou de la première année de collège) dans une école privée de son quartier. Auggie et sa famille appréhendent grandement ce moment, craignant que les autres élèves ne le stigmatisent, en dépit du soutien du principal de l'école, Mr Touchman (Mandy Patinkin). Peu avant la rentrée, sa mère emmène Auggie visiter l'école en compagnie de trois autres élèves : si Julian (Bryce Geishar) se montre désagréable, Charlotte (Elle McKinnon) et surtout Jack se montrent plus amicaux. Avec l'aide de ses parents (Julia Roberts et Owen Wilson) et de sa sœur Olivia « Via » (Izabela Vidovic), il doit surmonter moqueries, mises à l'écart et méchancetés d'autres élèves, mais réussira à se faire accepter.

Le film adopte principalement le point de vue du petit Auggie, mais aussi, ponctuellement, le point de vue de trois autres personnages principaux : sa sœur, celle de Miranda (Danielle Rose Russell), la meilleure amie de cette dernière, et celle de Jack (Noah Jupe), qui deviendra son meilleur ami.

Mon opinion sur ce film

Au vu du synopsis, j’avais hésité à aller voir ce film. Je ne le regrette pourtant pas car il est magnifique du début à la fin. Julia Roberts y apparaît tellement sans apprêt qu’on a du mal à la reconnaître. Les jeunes acteurs qui entourent Auggie sont époustouflants de justesse et de naturel. Quant à Jacob Tremblay, le jeune acteur canadien qui joue le rôle principal (et ne souffre, heureusement. Ce film est porteur d’une magnifique leçon de courage et d’optimisme.  



Notes additives :

- Stephen Chbosky est aussi le réalisateur de la série de SF Jericho
- Dans la réalité, le jeune acteur Jacob Tremblay ne souffre d'aucun handicap.

Dans le même esprit, vous pouvez voir :

mercredi 10 janvier 2018

LA PROMESSE DE L'AUBE d'Eric BARBIER (FR-B 2017)



La Promesse de l'aube est un film biographique franco-belge coécrit et réalisé par Éric Barbier, sorti en 2017. Il s'agit d'une nouvelle adaptation du roman de Romain Gary (1960), après la précédente adaptation par Jules Dassin (1970).

Résumé

Reprenant le récit autobiographique que fait Romain Gary de sa vie dans son livre La promesse de l’aube, le film retrace les premières années de l’écrivain et de l’importance que joua sa mère, incarnée par Charlotte Gainsbourg, dans sa carrière multiforme (ambassadeur, aviateur, écrivain…)
De son enfance en Pologne où sa mère Mina, immigrée Russe, vit difficilement de son métier de modiste, à son adolescence à Nice, le film retrace la vie du jeune Roman Kacew jusqu’à la guerre de 40 où, ne se résolvant pas à la défaite, il vole un avion sur la base de Mérignac pour rejoindre l’Algérie et, de là, l’Angleterre… Cette vie hors du commun, il la devra à sa mère qui lui aura fait promettre de devenir un grand homme et un écrivain célèbre. C’est l’amour fou de cette mère attachante et excentrique qui fera de lui l’un des romanciers majeurs du XXème siècle, à la vie pleine de rebondissements, de passions et de mystères. Mais cet amour maternel sans bornes sera aussi son fardeau…

Mon opinion sur ce film


Je ne connais pas l’adaptation de Jules Dassin (1970) et j’ai tenu à aller voir ce film, d’une part pour Romain Gary, qui est un écrivain qui m’a toujours fasciné, et pour Pierre Niney, un acteur que j’apprécie particulièrement depuis que je l’avais découvert dans Les neiges du Kilimandjaro où, pourtant, il tenait un tout petit rôle. Quant à Charlotte Gainsbourg, je ne l’aime pas particulièrement et les quelques films que j’avais vu précédemment avec elle ne m’avaient pas convaincu. Dans le cas de La promesse de l’aube, je dois faire mon mea culpa car elle est véritablement extraordinaire dans le rôle de cette femme excessive et mythomane qui vit à travers son fils. Très beau rôle, parfaitement assumé. Magnifique film que cette nouvelle adaptation de La promesse de l’aube.  

Dans le même esprit, je vous recommande : 

- L'Odyssée
- Yves Saint-Laurent
- Cet amour-là
- Une merveilleuse histoire du temps 

lundi 8 janvier 2018

MARIA BY CALLAS film de Tom VOLF (FR-2017)


Maria by Callas, film documentaire de Tom Volf (2017).

Présentation

"Il y a deux personnes en moi, Maria et La Callas…" disait d'elle La Callas. C'est ce que veut montrer ce film documentaire. 

Maria by Callas est le récit d’une vie exceptionnelle. 

D’abord mariée à un industriel italien féru d’opéra, Giovanni Battista Meneghini, qui la poussera dans sa carrière jusqu’à l'épuisement, elle s'en séparera, ne supportant plus la pression qu’il lui imposait. Avant que le divorce (alors interdit en Italie), ne soit prononcé, elle eut une aventure, qui devint une véritable passion, avec  Aristote Onassis, grec comme elle.

Les années 1960 sont marquées par un certain déclin de sa carrière, Maria Callas ne donnant plus que quelques représentations par an, privilégiant sa relation avec Onassis qu’elle espère pouvoir épouser. Du moins jusqu’en 1968, date à laquelle il la "trahit" en se mariant avec Jackie Kennedy. Blessée dans sa confiance mais toujours profondément amoureuse d'Aristo, comme elle le surnomme, Maria Callas lui restera fidèle jusqu'au bout : durant le séjour d'Onassis à l'hôpital américain de Neuilly pour la pneumonie qui lui sera fatale (1975), elle lui rendra régulièrement visite, lui apportant soutien et réconfort. Après le décès d’Onassis, Maria Callas, inconsolable, se cloîtrera dans son appartement parisien, n’en sortant que pour promener ses chiens et, dépressive, fera plusieurs tentatives de suicide. Épuisée moralement et physiquement, alternant barbituriques et excitants, se soignant à la coramine pour ses brusques chutes de tension, elle meurt brutalement d'une embolie pulmonaire le 16 septembre 1977, à l'âge de 53 ans.

Mon opinion sur ce film

Composé de documents d’archives (dont beaucoup étaient restés inédits), d’enregistrements de concerts, d’interviews et de lectures de lettres (lues en voix off avec délicatesse par Fanny Ardant), nous découvrons, derrière la diva inaccessible à l’impressionnante carrière, une femme simple, fragile, manquant terriblement de confiance en soi et en son talent. 

Ce portrait intimiste de Maria Callas nous donne l’occasion de réentendre cette voix unique, à la fois par son timbre si particulier, par son registre exceptionnellement étendu de près de trois octaves, par une virtuosité inégalée alliée à un phrasé unique et, enfin, par son talent de tragédienne qui lui valut d’être choisie par Pasolini pour interpréter Médée dans le film du même nom. 

Tom Volf, 31 ans, le réalisateur de ce film, s’est passionné pour la Callas qu'il a découverte il y a moins de dix ans. C'est en réalisant des captations de spectacles et des clips promotionnels pour le Théâtre du Châtelet qu'il a découvert l'opéra. Une aventure qui l'a porté très loin : il a d’abord publié un beau livre sur la Callas, réalisé une exposition et, maintenant un film[1].

On peut être critique vis-à-vis de ce film et certains seront déçus car, lorsque le générique de fin s’affiche sur l’écran, on a une impression d’inachevé. Mais peut-être était-ce la volonté du réalisateur qui rend ainsi un hommage supplémentaire à cette grande dame, aussi secrète qu’incomprise, dont la vie et la carrière se sont brutalement interrompues au grand dam de ses admirateurs. Il a au moins le mérite de nous faire découvrir la femme authentique et chaleureuse qui se cachait derrière la diva.




[1] Tom Volf : «Il y avait une magie dans l'art de la Callas», article d’Ariane Bavelier, Le Figaro premium culture (11/05/2017)

jeudi 4 janvier 2018

PADDINGTON 2 film de Paul KING (FR/GB 2017)


Paddington 2 est un film franco-britannique réalisé par Paul King, sorti en 2017. C'est la suite du film Paddington, du même réalisateur, sorti en 2014. Il s'agit de la deuxième adaptation pour le cinéma des aventures de l'Ours Paddington, écrites par l'auteur anglais Michael Bond, très célèbres auprès des enfants britanniques.

Résumé

Le film commence par le sauvetage de la noyade de bébé-ours Paddington par un couple d’ours âgés, Pastuzo et Lucy, dans la jungle péruvienne. Désormais, son « oncle » d’adoption étant décédé et sa « tante » Lucy étant très âgée et vivant en maison de retraite, Paddington vit à Londres aux côtés de la famille Brown à Windsor Gardens, quartier où il est devenu très populaire pour tous sauf à un individu vindicatif et irascible, qui s’est érigé en chef de la sécurité de la communauté. Au moment de son sauvetage, son oncle et sa tante d’adoption s’apprêtaient à visiter Londres mais ont dû y renoncer pour l’élever.

En vue du 100e anniversaire de sa tante Lucy, Paddington cherche pour elle un cadeau. Chez un antiquaire de ses amis, qu’il le trouve : il s’agit d’un livre animé en relief représentant les principaux monuments de Londres. Mais ce livre est un « unicum » et donc très cher et Paddington n’a pas le 1er shilling pour le payer. Il se décide alors à trouver du travail pour rassembler la somme nécessaire à l’achat du livre mais, comme l’un de ses défauts est une insigne maladresse,  son premier emploi d’aide coiffeur se solde par une catastrophe. Il réussit mieux en tant que laveur de vitres. Mais au moment où il a fini par rassembler la somme nécessaire à l’achat du livre, celui-ci est volé et Paddington est accusé du vol…

Les origines

A Noël 1956 à Londres, Michael Bond, l’auteur du personnage de Paddington, rentrait chez lui, lorsqu’il vit un petit ours en peluche abandonné dans un magasin. Il décida de l’acheter et de l’offrir à sa femme. Ils le nommèrent Paddington, comme la gare près de laquelle ils vivaient alors. Michael Bond se mit à écrire quelques histoires à son propos et bientôt se retrouva avec un livre. La suite : un premier album en 1958 puis presque une trentaine d’autres, une traduction dans 40 langues et plus de 35 millions de livres vendus dans le monde. Dans l’œuvre de Bond, la famille Brown trouve le petit ours seul dans la gare avec une étiquette indiquant "S’il vous plaît, prenez soin de cet ours. Merci".[1] L’ours Paddington est vite devenu un personnage incontournable du paysage littéraire britannique avec une série de livres et de dessins-animés.

Le film

La conception et la réalisation de l’ourson du film ont été confiées aux studios Framestore situés à Londres, qui ont réalisé un nombre incalculable d’effets spéciaux pour le cinéma (entre autres ce sont eux qui ont mis en images Dobby et les hippogriffes dans la saga Harry Potter, mais aussi les effets spéciaux de A la croisée des mondes, Le monde de Narnia, etc.) Les mouvements sont fluides, l’interaction avec le monde réel est très bien faite. Une réelle prouesse de réalisme.[2]

Mon opinion sur ce film

Je suis allé voir ce film sur la foi de bonnes critiques de la part d’amis mais je dois dire que, bien que j’aie l’esprit jeune et même si j’ai passé un bon moment, le film en lui-même ne m’a pas emballé. Certes, il y a quelques moments où j’ai ri, mais sans plus. Je dois par contre reconnaître que j’ai été estomaqué par la réalisation technique et les effets spéciaux. J’ai, en particulier, trouvé très originales les scènes où Londres s’anime à partir du livre pop-up. Belle mise en valeur de la capitale anglaise. En conclusion, un film divertissant plutôt pour un jeune public. 



[1] Allociné – 5 choses à savoir sur Paddington (par Sarah Metzger, 29/11/2014).
[2] Site Cinecomca 21/11/2014. 

mardi 2 janvier 2018

WEST SIDE STORY Film musical de Robert WISE (USA-1961)


La comédie musicale

A l’origine, West Side Story fut une comédie musicale créée le 26 septembre 1957 au Winter Garden Theatre de Broadway.

La musique a été écrite par Leonard Bernstein; le livret de Stephen Sondheim et Arthur Laurents est librement inspiré de la tragédie Roméo et Juliette de William Shakespeare. La chorégraphie et la mise en scène étaient de Jerome Robbins. Le spectacle fut présenté 732 fois à Broadway avant de partir en tournée. Nommé en 1957 pour le Tony Award de la meilleure comédie musicale (finalement accordé à The Music Man de Meredith Willson), il remporta cependant le prix de la meilleure chorégraphie. La production londonienne connut une durée de représentation encore plus importante et le spectacle fit l'objet de nombreuses reprises et bénéficia d'un succès international. Repris à Paris en 2012 (Théâtre du Châtelet), puis en 2015 au Grand Rex, il a été encore représenté à la Seine musicale du 12 octobre au 12 novembre 2017, devant un public toujours aussi enthousiaste.

Le film

Un film a fait l'objet d'une adaptation de la comédie musicale en 1961. Réalisée par Robert Wise et Jerome Robbins, il est interprété, dans les rôles titres, par Natalie Wood dans le rôle de Maria, George Chakiris, dans celui de Nardo, avec Richard Beymer (Tony), Rita Moreno (Anita), et Russ Tamblyn (Riff). Le film a remporté dix Oscars (sur onze nominations) lors de la 34e cérémonie des Oscars.

Résumé

L’histoire s'inspire de celle de Roméo et Juliette mais se situe dans les années 50 à New York dans le quartier de Upper West Side à Manhattan. 

Deux bandes rivales de jeunes gens désoeuvrés, celles des Jets et des Sharks, s'opposent pour pour le monopole du territoire. 

Les Jets, issus de la classe ouvrière blanche défavorisée, se considèrent comme les véritables Américains car ils sont nés sur le sol américain, même si leurs parents sont eux-mêmes des immigrés venus d'Europe. Les Sharks appartiennent à la deuxième génération d'émigrés venus, plus récemment, de Porto Rico*.

Tony, bien qu’il soit ami du chef du clan des Jets, Riff, n'en fait plus partie et travaille dans un drugstore. Lors d’un bal, il rencontre Maria, la sœur de Bernardo « Nardo », le chef des Sharks, promise à Chino, un jeune Portoricain. Comme dans Roméo et Juliette, les deux jeunes gens tombent fous amoureux dès le premier regard.

Mais les deux bandes ont décidé de s’affronter le soir-même sous le pont de l’autoroute et, loin de respecter la consigne de se battre « à la loyale », les protagonistes sortent chacun un couteau et s’entretuent. 

Tony, qui était venu les séparer, tue Nardo, le frère de Maria pour venger Riff qui a été tué par ce dernier. 

En représailles, Chino, l’amant éconduit de Maria, tue Tony, venue la retrouver pour s’enfuir loin de New York.

Dans la scène finale, on assiste, sur le cadavre de Tony, sinon à la réconciliation des bandes rivales, mais du moins à une trêve.  

Mon opinion sur ce film

Le film est passé hier soir (1er janvier 2018) sur Arte dans sa version restaurée en 2012 qui permet d’apprécier des images et un son parfait. Et, Oh, surprise, le film n'a pas pris une ride. 

Comme beaucoup de spectateurs, je pensais l’avoir vu tant nous avons tous en tête les scènes-culte  et des tubes comme "Maria" mais, en réalité, je me suis aperçu que je ne le connaissais pas dans sa totalité.

A part le début, qui m’a paru très long, surtout après l’étrange scène d’ouverture des dix premières minutes où l’on nous présente une résille fixe qui s’avère reprendre la silhouette de Manhattan sur un fond de musique symphonique, et les interminables prolégomènes où les bandes des Sharks et des Jets se défient, on entre dans l’action véritable et, là, on reste littéralement cloué à son siège face au dynamisme des acteurs, stupéfié par la modernité des dialogues, et surtout par l’époustouflante chorégraphie de Jerome Robbins portée par l'incroyable inventivité de la musique de Bernstein.  


Il n’y a pas à dire. Ce film est et reste un chef d’œuvre qui n’aura pas vieilli en 60 ans. Chapeau !

_____________
* Le statut de Porto Rico est atypique. L'archipel, situé dans les Grandes Antilles, n'est pas, à la différence de ce que l'on croit généralement (et moi le premier !) un Etat américain mais un "territoire américain", rattaché aux Etats-Unis un peu comme le sont les états du Commonwealth à la couronne britannique. Depuis 1917, les Portoricains ont la nationalité américaine sans, pour autant, être "citoyens" américains... [Wikipedia : Porto Rico



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