Ce blog est consacré au cinéma et aux séries TV. J'y traite principalement des films et des séries que j'aime mais je me réserve aussi le droit d'en critiquer certains.
Niki est un film
français réalisé par Céline Sallette et sorti en 2024. Il s'agit du
premier long métrage de la réalisatrice, retraçant la vie et l'œuvre de
l'artiste militante Niki de Saint Phalle (1930-2002), connue pour ses statues
féminines aux formes généreuses très colorées. Le film a été présenté en
avant-première mondiale dans la section « Un certain regard » du Festival de
Cannes 20243, en compétition pour la Caméra d’or. Il a fait partie de la
sélection des 80 films présentés dans le cadre des 26èmes Rencontres des
Cinémas d’Europe à Aubenas.
Résumé
Le film retrace la vie et l'œuvre
de la sculptrice Niki de Saint Phalle, entre les années 1950 et 1960
Niki (Charlotte Le Bon), de son vrai nom Catherine
de Saint Phalle est née à Neuilly-sur-Seine en 1930 et morte à La Jolla (comté
de San Diego, Californie) le 21 mai 2002. Sa mère, Jeanne Jacqueline Harper, était
américaine et son père André-Marie de Saint-Phalle (1906-1967), français.
Niki a d’abord été élevée par ses
grands-parents dans la campagne nivernaise, dont elle a toujours
conservé la nostalgie. Elle grandit ensuite à New York et se marie à l'âge de
18 ans avec le poète Harry Mathews (John Robinson), qu'elle connaît depuis l'enfance et avec qui elle aura deux enfants.
Dans les années 50, alors qu’elle
a 20 ans, encouragée par le peintre Hugh Weiss (Romain Sandère), elle travaille d'abord comme
mannequin pour plusieurs journaux de mode (Vogue, Life et Elle) et pose aussi pour des campagnes
publicitaires, par exemple pour le constructeur automobile Simca, où elle est
photographiée par Robert Doisneau en août 1952.
Niki a toujours caché un lourd
secret, son viol par son père lorsqu’elle avait 11 ans, des faits qu’elle ne révèlera
que peu de temps avant sa mort dans un livre justement intitulé Mon secret (1994). Ce viol la
conduira à faire plusieurs séjours en hôpital psychiatrique où elle sera traitée aux électrochocs, qui la priveront d'une partie de sa mémoire.
Elle racontera elle-même, dans « L’art
comme thérapie » (Cf. Marcel Briat. « Niki de Saint Phalle au Grand
Palais : le récit de son viol ou l’art comme thérapie » in : Le
Nouvel Obs – 23/9/2014) :
« J'ai commencé à peindre chez
les fous… J'y ai découvert l'univers sombre de la folie et sa guérison, j'y ai
appris à traduire en peinture mes sentiments, les peurs, la violence, l'espoir
et la joie. »
Vers 1955, elle voyage en Espagne
avec son mari et découvre l’œuvre de Gaudi.
Un peu plus tard, elle fréquente le cercle parisien des Nouveaux réalistes, fondé en 1960 par Yves Klein et le critique d'art Pierre Restany (Quentin Dolmaire).
A partir de poupées cassées, de céramiques brisées, elle crée des ex-voto, puis ses fameuses Nanas, des femmes plantureuses et colorées en grillage, papier mâché et polyester, des sculptures géantes, voluptueuses, chahuteuses, dansantes et s'impose par son originalité dans un monde de l'art assez blasé.
En 1971, après avoir divorcé de Harry, elle épouse l'un des membresdu groupe, Jean Tinguely (Damien Bonnard), auteur de machines infernales faites de pièces métalliques de récupération.
Mon opinion
Si je connaissais l’œuvre de Niki
de Saint Phalle, je ne connaissais rien de sa vie ni du secret douloureux qui explique
en grande partie son œuvre.
Dans le film, Niki est magnifiquement incarnée par Charlotte Le
Bon. La prestation des autres acteurs est aussi à saluer.
Un regret toutefois, l’absence
totale dans le film des sculptures de Niki de Saint Phalle ou même de leur évocation, en raison du refus des ayant-droit
de l’artiste de laisser reproduire ses œuvres[1],
ce qui est tout de même frustrant pour le spectateur. Mais cette absence ne
nuit pas au film qui est, comme le dit Françoise Dargent du Figaro, une évocation « élégante
et juste" du destin d'une artiste marquante du XXe siècle [2]
[1] Florence
Colombani, « « Niki » : ce biopic de Niki de Saint Phalle qui ne montre rien de
ses œuvres [archive] », sur Le Point, 15 octobre 2024 (consulté le 23 octobre
2024).
[2] Françoise
Dargent, « Festival de Cannes: une guerrière nommée « Niki » [archive] » Accès
limité, sur Le Figaro, 23 mai 2024 (consulté le 30 septembre 2024).
Monsieur Aznavour
est un biopic sur le chanteur français d’origine arménienne Charles Aznavour,
décédé en 2018, depuis ses premières années en France jusqu’à son décès en
2018. Le film, co-écrit et réalisé par Grand Corps Malade (de son vrai
nom Fabien Marsaud) et Mehdi Idir, est sorti en 2024.
Résumé
Le film commence alors que le
jeune Charles Aznavourian (Norvan Avedissian), fils d’immigrés arméniens
ayant fui le génocide de leur peuple par les Turcs (1916-1923) a 7 d’années.
Malgré des conditions de vie difficiles à Paris, ses parents, son père Micha et
sa mère Knar, sont liés par un optimisme inébranlable dans l’avenir que leur
offre la France. Après la faillite de son restaurant, Micha ouvre un café rue
Cardinal Lemoine à Paris, en face de l’Ecole des Enfants du spectacle où ils
inscrivent Charles. Malgré ses difficultés financières, la famille, qui vit
dans une ambiance où la musique joue un grand rôle, va très souvent au
spectacle, au cinéma et au théâtre.
A 9 ans, le jeune Charles qui a
francisé son nom en « Aznavour » participe à son 1er
spectacle. Vers 12-13 ans, est engagé au Casino de Paris et à l’Alcazar où il
voit Maurice Chevalier et Charles Trenet qu’il admire.
Pendant la guerre, les
Aznavourian ont caché résistants, Juifs et Arméniens dans leur appartement
parisien, en particulier le couple Manouchian.
En octobre 1941, Aznavour (Tahar
Rahim) il rejoint la compagnie de Jean Dasté avec laquelle il se
produit pendant un an et demi toute la zone occupée.
Cette année-là, il rencontre le
pianiste Pierre Roche (Bastien Bouillon) avec lequel il forme un
duo qui se produit avec des reprises de chansons connues. En 1946, ils rencontrent
l’humoriste Francis Blanche (Benjamin Cléry) qui anime une
émission de radio et les met en relation avec Edith Piaf (Marie-Julie
Baup). Celles-ci, déjà connue, s’apprêtait à partir faire une grande
tournée aux Etats-Unis avec les Compagnons de la chanson, le prend sous
son aile. Ayant rejoint Edith à New York, Roche et Aznavour sont
retenus à Ellis Island car ils sont arrivés aux USA sans visa. Edith paie leur
caution et, peu désireuse de s’encombrer de celui qu’elle appelle
affectueusement son « génie-con » et de son acolyte, elle les envoie à
Montréal pour se produire dans un cabaret miteux du nom du « Faisan doré ».
Intervient ensuite la séparation du duo, Roche restant à Montréal et Aznavour
rentrant en France où il a femme et enfant, suivant en cela les conseils d’Edith
qui lui dit qu’il ne réussira qu’en se faisant connaître à Paris. Ce n’est qu’en
1953 qu’après des années de galère qu’Aznavour connaîtra le succès et il
fera son premier Olympia en 1956.
A partir de 1960, il enchaîne les
tubes : Tu t’laisses aller (1960), Il faut savoir (1961), Les
Comédiens (1962). Le 30 mars 1963, il donne une représentation unique au
Carnegie Hall de New York. Connu aux États-Unis en tant qu'acteur dans le film
de TruffautTirez sur le pianiste, il y fait un tabac avec
un seul récital d'une heure. Alternant les titres français et les traductions
anglaises, mais aussi italiennes, espagnoles, il séduit le public. Ce seront ensuite
une série de succès : La Mamma,
Je t'attends (1963), Et pourtant (1963), Hier encore
(1964), For Me Formidable (1964), Que c'est triste Venise (1964),
La Bohème (1965), Emmenez-moi (1967) et Désormais (1969). En
pleine vague yéyé, Charles Aznavour écrit aussi deux de leurs plus
grands succès à Johnny Hallyday : Retiens la nuit (1961), et à Sylvie
Vartan : La plus belle pour aller danser (1963). En 1966, il offre à
Mireille Mathieu un de ses premiers succès.
Le film évoque aussi un épisode
peu connu de la vie du chanteur. La mort tragique par overdose de Patrick, le
fils qu’il avait eu d’une danseuse, Arlette Bordais, qui l’éleva seule jusqu’à
l’adolescence, et qu’Aznavour, bien que remarié avec sa 2ème
épouse Evelyn, avait accueilli dans sa famille.
Le film se termine par la mort,
le 2 octobre 2018, du chanteur à l’âge de 94 ans.
Mon opinion
J’avais beaucoup aimé le beau
film plus ou moins autobiographique Patients de Grand Corps
Malade, dont j’apprécie la sensibilité.
L’écueil avec les biopics, est le
casting. J’avais trouvé surprenant le choix de Tahar Rahim, qui ne
ressemble pas du tout physiquement à Aznavour - ne serait-ce que par la taille !-
et nous a plutôt habitué à des films d’action
(Un prophète, 2009), pour incarner le célèbre chanteur.
Mais je dois reconnaître que, malgré certaines imperfections de sa gestuelle, un
peu trop outrée, la doublure s’efface derrière l’original, en particulier
lorsqu’il est filmé de profil ou de trois-quarts. Quant à l’actrice qui
interprète Edith Piaf, elle m’a scotché par sa voix (en fermant les yeux
on croit entendre la véritable Piaf) même si, physiquement, elle ne lui
ressemble pas. Autre réussite à signaler (qui n’est pas crédité par Wikipedia
alors qu’il l’est par IMdB) est le jeu de Norvan Avedissian, qui incarne
le jeune Charles au début du film. Originaire d’Aulnay-sous-Bois en région
parisienne, ce garçon de 9 ans qui se produisait dans sa troupe de danse
arménienne, a séduit l’équipe du casting par son sourire et sa spontanéité. Malgré
son apparition des plus fugace, j’ai aussi retrouvé avec plaisir un acteur
français que j’aime beaucoup Victor Meutelet – que l’on voit
actuellement aux côtés de Muriel Robin dans la série policière Master Crimes, dans le rôle de Johnny Hallyday jeune.
Un bémol toutefois : la
longueur du film que l’on ressent surtout vers la fin car le début est plutôt sympathique
et enlevé. Mais à partir de la 2ème moitié, on perd tout intérêt à
suivre une carrière qui s’étire en longueur.
Un regret : que les
réalisateurs aient fait l’impasse presque totale sur son engagement pour l’Arménie,
son attachement à ses racines arméniennes, et sa lutte pour la reconnaissance
du génocide arménien duquel seules quelques images terribles nous ont été
montrées au début du film.
Guy est un film
français réalisé et joué par Alex Lutz, sorti en 2018.
Présentation
Gauthier (Tom Dingler) est
un jeune journaliste. Apprenant qu'il serait le fils illégitime de Guy Jamet (Alex
Lutz), un chanteur de variétés qui a connu le succès dans les années 1960,
décide de s’en rapprocher en réalisant sur lui un documentaire à l’occasion de
la sortie d’un album de reprises accompagné d’une tournée de concerts.
Autour du film
La musique du film
La musique du film est composée
par Vincent Blanchard et Romain Greffe. Ils ont écrit des
chansons de variétés du chanteur fictif Guy Jamet incarné par Alex Lutz.
Alex Lutz fait des
reprises de deux titres préexistants : Slow Dancing with the Moon
(francisé en Un slow avec la lune) écrite par Mac Davis et Je
reviendrai à Montréal de Robert Charlebois. On peut également
entendre d'autres chansons dans le film : Boys Will Be Boys (Duncan
Sisters), Never Forget Who You Are (Philippe Briand, Gabriel
Saban), Don't Wake Me Up (Jonathan Feurich, Maximilian Peter Nikolaus
Schunk, Steven Bashir), Deeper Blue(Joseph Gileadi),Stroboscopic
(Pierre Terrasse) et Aerodynabeat (Guillaume
Tetzieff, OC Banks).
Mon opinion
Très atypique et difficile à
classer, ce que n’aime généralement pas le grand public, puisqu’il emprunte à
plusieurs genres (comédie dramatique, faux documentaire et film musical), il ne
faut pas s’étonner qu’un tel film, malgré une bonne critique des
professionnels, ait été un semi-échec commercial. Malgré ses indéniables
qualités, dont la moindre n’est pas le jeu excellent d’Alex Lutz et de
la musique, qui ont été justement récompensés par un César du meilleur acteur,
amplement mérité pour l’acteur-caméléon, et celui de la meilleure musique
originale, le film n’a fait que 175 000 entrées, ce qui, comparé à des
succès exceptionnels récents comme Un p’tit truc en plus d’Artus
ou Le comte de Monte Cristo avec Pierre Niney(plus de 10
millions d’entrées chacun), est relativement modeste, mais meilleur que
beaucoup d’autres. C’est en tout cas mieux que le précédent film d’Alex Lutz, le
talent de mes amis (2015) qui n’avait que péniblement atteint les
100 000 entrées.
Bonnard, Pierre et Marthe
est un biopic français réalisé par Martin Provost, sorti sur les écrans en 2024.
Présentation
Le film commence avec la
rencontre du peintre Bonnard (interprété par Vincent Macaigne) et de celle
qui deviendra sa muse et sa compagne, Marthe (Cécile de France). L’aisance
venue, ils achètent une maison à la campagne en bord de Seine qu’ils appellent
La Roulotte et y mènent pendant plusieurs années une vie de bonheur et
d’insouciance, y recevant dans leur thébaïde d’autres peintres, comme Claude
Monet (André Marcon) et son épouse, Alice, venus en barque de Giverny, les
Nabis comme Paul Signac, Vuillard (Grégoire Leprince-Ringuet), Maurice
Denis, Paul Sérusier, etc. et des amis comme Misia (Anouk Grinberg),
Thadée Natanson (Stanislas Mehrar), etc.
En 1900, après plusieurs années
de vie commune, Bonnard se lasse de Marthe et trouve en une élève des
beaux-arts, Renée Monchaty (Stacy Martin), devenue son modèle et sa
maîtresse, une inspiration nouvelle. Sous le prétexte d’assister à la prise de
fonction d’une institution culturelle d’un de ses neveux à Rome, il part avec Renée
dans l’idée de l’épouser alors qu’il a toujours refusé d’épouser Marthe
Marthe ne supporte pas cette
trahison et, de rage, détruit tous les tableaux et toutes les esquisses
qu’avait laissées Bonnard en partant et, comme un exutoire, elle se met à
peindre.
Mais arrivé à Rome, Bonnard, se
sentant piégé dans une vie bourgeoise qu’il abhorre, abandonne Renée à trois
jours du mariage pour revenir auprès de Marthe et accepte de l’épouser en 1925.
Pierre Bonnard apprendra le
suicide de Renée à Paris lors de l’exposition des œuvres de Marthe à la galerie
Eugène Druet.
Ils resteront ensemble une 50e
d’années jusqu’à la mort de Marthe, en 1942, alors qu’elle souffre de démence
ou d’Alzheimer, à la villa Le Bosquet au Cannet, où ils s’étaient réfugiés lors
de la déclaration de guerre en 1939.
A son tour, après avoir retouché
encore une fois sa dernière peinture, l’Amandier en fleur, un arbre sous lequel
Marthe aimait aller lire, Pierre Bonnard s'éteint, le 23 janvier 1947.
Mon opinion
J’ai trouvé ce film très beau, même
s’il fait beaucoup de raccourcis et quelques impasses sur certains aspects plus
sombres de la vie du peintre. Vincent Macaigne, qui a abandonné, pour une fois, son côté
négligé, est méconnaissable dans le rôle de Bonnard, mimant à la perfection le
regard constamment étonné, décrit par ses portraits de l’époque, qu’avait le
peintre derrière les lunettes cerclées de métal. Son amour de la liberté, sa
passion pour la nature, inspirent son œuvre, colorée, lumineuse, qui le feront
qualifier de « peintre du bonheur ». Quant à Cécile de France,
elle incarne une superbe Marthe, à mi-chemin de la nymphe et de la naïade et le
film nous donne plusieurs fois l’occasion d’apprécier sa plastique parfaite.
Elle est nettement moins crédible lorsqu’on la voit acariâtre et âgée.
Le Promeneur du
Champ-de-Mars est un film français de Robert Guédiguian sorti en
salle le 16 février 2005. Il s'agit d'une adaptation cinématographique du roman
Le Dernier Mitterrand, de Georges-Marc Benamou.
Présentation
Le film nous présente un jeune
journaliste, Antoine Moreau (Jalil Lespert), alter-ego de Georges-Marc
Benamou, qui fut très proche de Mitterrand (Michel Bouquet),
recueillant les confidences du président dans les derniers mois de sa vie, afin
d’en écrire les mémoires.
Le film a été tourné :
Au château de Champs-sur-Marne (Seine-et-Marne)
À Oignies dans le Pas-de-Calais :
À la fosse n° 9 - 9 bis des mines
de Dourges.
Dans la rue des Magnolias.
À la basilique Saint-Denis à
Saint-Denis (Seine-Saint-Denis)
À Paris :
Dans la rue des Cascades dans le
20e arrondissement.
Au square de la
Place-des-Martyrs-Juifs-du-Vélodrome-d'Hiver dans le 15e arrondissement.
Au Champ-de-Mars dans le 7e
arrondissement.
À Rochefort-en-Yvelines dans les
Yvelines.
Dans le hameau de
Petit-Fort-Philippe à Gravelines dans le Nord.
À Vichy :
Au Casino.
Au Parc des sources.
Sur les rives de l'Allier.
À Jarnac en Charente.
À Chartres, vue aérienne de la
cathédrale
Mon opinion
Je voulais surtout voir ce film
pour l’immense acteur que fut Michel Bouquet (décédé voici presque un an,
le 13 avril 2022, à l’âge de 96 ans). Le film nous présente un Mitterrand complexe,
d’une cuture stupéfiante, manipulateur, matois, émule de Machiavel, jouisseur
(de la nourriture, des femmes…), dont on s’interroge en permanence pour savoir
s’il est sincère ou non, détournant la conversation lorsque le journaliste
insiste sur ses années Vichyssoises et son amitié avec Bousquet en lui
renvoyant avec colère son engagement dans la Résistance… Michel Bouquetincarne un Mitterrand plus vrai que nature, renforçant l’image mythique qu’il
nous a laissée, à la fois redoutable et fragile, qui fait face à la maladie et
à la mort avec une force d’âme incroyable, tenant à assurer son rôle de
président jusqu’à la dernière minute de son dernier jour à l’Elysée. Qu’on ait aimé
Mitterrand, pour l’immense espoir qu’il a porté lors de son élection en mai
1981, ou qu’on le déteste (car il a bien des côtés détestables), on ne pourra
rester insensible à ce film et même ne pas être ému par la déchéance physique
(et non morale) de ses derniers instants. Un film d’une intelligence rare. A
voir aussi le bonus où le réalisateur, Robert Guédiguian s’entretient
dans un dialogue croisé à la portée universelle, avecMichel Bouquet.
La Femme de Tchaïkovski
est un film russe réalisé par Kirill Serebrennikov, sorti en Russie en
2022 mais interdit de diffusion. Sa sortie en France a eu lieu en février 2023.
Le film a été présenté en compétition officielle au festival de Cannes 2022.
Présentation
Le film commence lors des
obsèques de Piotr Ilyitch Tchaïkovski, mort du choléra à St. Pétersbourg en
octobre 1893 à l’âge de 53 ans. Sa femme, Antonina Milioukova, dont il s’est
séparé quelques mois seulement après leur mariage, veut y assister mais elle
n’est pas la bienvenue.
Antonina était élève au
conservatoire où enseignait Tchaikovski. Après qu’elle lui a écrit une lettre
enflammée pour lui proposer de l’épouser, le compositeur se rend chez elle et
lui oppose un refus catégorique. Devant son insistance et lui ayant expliqué à
demi-mots qu’il est homosexuel et que leur relations ne pourront être que
platoniques, Tchaïkovski épouse Antonina en 1877. Il reprendra sa liberté au
bout de quelques mois seulement, lui consentant une pension des plus modestes,
tout en lui proposant le divorce. Mais Antonina refuse toutes les propositions
qui lui sont faites. S’ensuit une relation toxique avec son avocat, Chlykov,
qui lui fait trois enfants qui seront placés dans un orphelinat.
Les dernières scènes nous la
montrent perdant pied, en écho à ses 20 dernières années passées dans un
hôpital psychiatrique.
Mon opinion
Deux mots me viennent immédiatement
à l’esprit pour qualifier ce film : crépusculaire et sordide.
Crépusculaire, car le cinéaste s’ingénie à filmer dans une semi-obscurité, que
ce soit à l’intérieur (scènes en contrejour ou chichement éclairé par des
bougies ou des lampes à pétrole) ou à l’extérieur, soit c’est la nuit, soit on
est dans le brouillard (ou la fumée, on ne sait). Même les scènes censées se
dérouler au printemps (on le sait parce qu’il y a des cerises sur la table)
sont sombres et tristes. Sordide pour ces scènes répétitives où Antonina de met
à genoux dans la boue pour prier à l’extérieur d’une église ou d’un couvent
parmi les miséreux et les dégénérés, l’agression qu’elle subit de la part d’une
folle, le défilé d’éphèbes nus qui lui sont présentés comme des quartiers de viande,
celle où l’amant mourant se masturbe en crachant ses poumons… On cherche sans les trouver les beaux moments
qui existent, même dans les destins les plus terribles. Tout est glauque et
funèbre. On aurait au moins aimé entendre de la belle musique. Que nenni !
Ce que l’on entend est à l’unisson du reste du film, dysharmonique et funèbre.
J’emprunterai ma conclusion à l’une des critiques de spectateurs que j’ai lues : « Le fait qu'un artiste s'oppose à Poutine au point
d'être assigné à résidence dans un premier temps et de devoir finalement
s'exiler entraine-t-il l'obligation de couvrir de louanges tout ce qu'il
produit ? Personnellement, je ne le pense pas (…) J’avais beaucoup aimé "Le disciple",
sorti en 2016, premier film de Kirill Serebrennikov à sortir dans notre pays.
Deux ans plus tard, "Leto", en compétition à Cannes en 2018, m'était
sorti par les yeux, ne serait-ce que par son manque d'inventivité et la
médiocrité de sa musique. J'avoue humblement avoir fait l'impasse sur "La
fièvre de Petrov", 2021, de nouveau en compétition cannoise. Et voici
maintenant "La femme de Tchaïkovsky", une fois de plus en compétition
lors du dernier Festival de Cannes. Concernant ce film, je serai bref : c'est
un film dans lequel l'emphase le dispute à la prétention ! » [Critique
publié par Velocio sur le site d’Allociné le 13 février 2023].
Simone, le voyage du siècle, biopic français consacré à Simone Veil, écrit et réalisé par Olivier Dahan, sorti en 2022.
Résumé
Lorsqu’on évoque en France le nom de Simone Veil, on pense immédiatement et presqu’exclusivement à la loi sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG) qu’elle réussit à faire voter par l’Assemblée nationale, après un long et difficile combat, le 29 novembre 1974 (loi entrée en vigueur le 17 janvier 1975). Cette loi, véritable révolution des mœurs françaises, lui valut injures et menaces de mort de la part de l’extrême-droite mais aussi dans son propre camp.
Simone Veil était née Jacob, dans une famille bourgeoise d’origine juive mais non pratiquante et laïque. Son père, André Jacob, était un architecte reconnu, qui avait obtenu en 1919 le second grand prix de Rome. Sa mère, Yvonne Steinmetz, née en 1920, fille d’un fourreur parisien, était bachelière et étudiante en chimie, ce qui était rare à l’époque. Son mari exigera cependant qu’elle abandonne ses études et se consacre à sa famille.
Après la naissance de leurs filles, Madeleine (Milou) et Denise, la famille Jacob quitte Paris pour s'installer à Nice sur la Côte d'Azur. Un fils, Jean, naît en 1925. Simone, née en 1927, est la benjamine de cette fratrie.
En 1937, Simone entre en sixième au lycée de jeunes filles (lycée Albert-Calmette depuis 1962), où elle fait ses études secondaires jusqu'au baccalauréat (en 1944).
Arrive la déclaration de guerre. Lorsque l'armistice est signé le 22 juin 1940 par le gouvernement Pétain, la France est occupée mais Nice se retrouve en « zone libre ». Du fait de son statut, la famille Jacob se croit à l’abri des persécutions et, sans méfiance, Albert répond à l’obligation faite par le gouvernement Laval le 4 octobre 1940, de se faire « recenser » en tant que « juif ». La conséquence est immédiate : il ne pourra plus exercer sa profession d’architecte. Yvonne Jacob, la mère de Simone, passe alors ses journées à essayer de trouver de quoi permettre à sa famille de subsister et à ses enfants de poursuivre leurs études. C’est dans ces conditions difficiles que Simone passe son bac en 1944, tout en faisant partie des scouts où elle côtoie Nicole Clarence, cheftaine de son frère Jean et future résistante.
Le 3 septembre 1943, après la chute de Mussolini, les Allemands occupent l'Italie. Nice passe sous leur contrôle et la Gestapo commence sa sinistre besogne.
André Jacob, sentant la menace qui pèse sur sa famille, fait établir de faux papiers pour ses enfants.
Le 30 mars 1944, la veille des résultats du bac, alors que Simone va rejoindre des amies avec un copain pour fêter la fin des épreuves du baccalauréat, elle est contrôlée par des Allemands dans le centre-ville de Nice. Ceux-ci, comprenant que ses papiers sont faux, l’arrêtent et la conduisent à l’hôtel Excelsior. Le camarade à qui elle avait demandé de prévenir sa famille est filé et conduit sans le savoir les gestapistes à l’appartement des Jacob où ils interceptent toute la famille. Outre Simone, sont arrêtés sa mère Yvonne, son frère Jean et sa soeur Milou. Ils sont alors envoyés au camp de camp de Drancy, d'où les trois femmes partent pour Auschwitz. La dernière soeur, Denise, engagée dans la résistance, sera elle aussi arrêtée à Lyon et envoyée à Ravensbrück. Albert, le père de Simone et Jean, qui a tout juste 19 ans, seront eux aussi déportés et ne reviendront pas. Après avoir surmonté des épreuves inimaginables, avoir été déplacées de camp en camp (Auschwitz-Birkenau, Bobrek, Gleiwitz, Dora, Bergen-Belsen) et survécu à la "marche de la mort", Simone et sa soeur revinrent en France en mai 1945 sans leur mère Yvonne morte peu avant la libération du camp. Denise revint aussi mais ni leur père, ni leur frère dont elles ne purent jamais savoir comment ils étaient morts.
A son retour, Simone s’inscrit en droit en en Sciences Po. C’est là qu’elle rencontre son futur mari, Antoine Veil et l'accompagne, dans un premier temps, dans sa carrière.
Plus tard, renonçant à devenir avocate, et bien que déjà mère de famille, elle poursuit ses études de droit et devient magistrate. Après un incroyable parcours politique fait d’incessants combats en faveur de causes multiples pour lesquelles elle montre une ténacité exemplaire (statut des prisonniers politiques pendant la guerre d’Algérie (1954-1962), statut des femmes dans les prions...), elle devient ministre de la Santé (1974-1976), fit voter la loi sur l’IVG (1974-1975), puis présidente du parlement européen (1979), membre du Conseil constitutionnel (1998), entre à l’Académie française (2008). A sa mort en 2013, elle est inhumée au côté de son mari au cimetière du Montparnasse. En 2018, ses restes sont transférés au Panthéon.
Mon opinion sur le film
Déjà, en soi, le titre du film est mal choisi. Il aurait été plus approprié, à mon avis, de l’intituler tout simplement Simone Veil car on ne sait pas de quelle Simone il s’agit. En outre, on peut se demander pourquoi « le voyage du siècle » ? « Les combats d’une vie » eut été plus judicieux. Le choix de l’actrice ensuite : Elsa Zylberstein, malgré des couches de prothèses et de maquillage, a beau faire tout son possible pour ressembler à Simone Veil, en copier les mimiques et essayer d’en prendre la voix, cela sonne faux. Là aussi, l’erreur a été de vouloir singer un personnage plutôt que de le recréer, comme se fut le cas, par exemple, pour l'excellent film d'Anne FontainePrésidents. Une autre solution eut été de ne jamais filmer l’actrice en gros plan. Cela marche très bien quand on voit l'actrice de loin, de dos, à contrejour ou en silhouette mais, hélas, de face, le trucage est grotesque et, à la limite gênant. Le montage du film enfin est catastrophique, avec ses incessants flashbacksqui donnent le tournis.
Il reste néanmoins de ce film une redécouverte de l’action de cette extraordinaire personnalité aux idées de gauche qui refusa toujours de plier devant les compromis que tentèrent de lui imposer ses pairs et fit faire de grands pas à notre société.
Moonage Daydream
est un film documentaire de 2022 sur David Bowie. Écrit, réalisé,
produit et édité par Brett Morgen, le film utilise des images inédites
des archives personnelles de Bowie y compris des images de concerts en direct.
C'est le premier film à être officiellement autorisé par la succession de
Bowie. Son titre est inspiré d’une chanson de 1971. Le film a été projeté en
première mondiale au Festival de Cannes 2022.
Présentation
Le film, composé de captations de
concerts, d’interviews de Bowie, d’extraits de films et d’images
présentés sous une forme kaléidoscopique ne tente pas de faire, comme d’autres films
consacrés à des chanteurs (Rocketmanpour Elton John, ou Bohemian Rhapsody pour Freddy Mercury…) une approche biographique
organisée chronologiquement, mais plutôt un melting-pot d’une personnalité
multiple et insaisissable qui passa sa vie d’artiste à changer de personnalité,
de styles et de directions.
Mon opinion
Je ne serais pas allé voir ce film si une amie ne m'y avait entraîné. A vrai dire, je n’ai jamais été un grand fan
de Bowie, pas plus d’ailleurs que je ne le suis d’Elton John ou
de Freddy Mercury. Je reconnais cependant leurs extraordinaires qualités
créatives, leurs performances vocales et leur sens de l’harmonie mais leurs
attitudes outrancières, qui les ont fait aduler d'un certain public, m’en ont au contraire toujours
tenu à l’écart. J’ai toutefois de beaucoup préféré les biopics d’Elton John et
de Mercury qui m’avaient au moins appris beaucoup de choses sur l’humain
qui se cachait derrière le showman. Avec le film de Brett Morgen, on a l’impression
de voir un long clip vidéo de 140 minutes, avec une succession d’images envoyées
en rafales et soutenues par une musique assourdissante, mais, au fond, ne rien
avoir appris sur Bowie lui-même.
Leonardo est une
série télévisée en huit épisodes de 52 minutes créée par Frank
Spotnitz(X-Files) et Stephen Thompson(Sherlock). La
série est le résultat d'une coproduction internationale ambitieuse puisqu'elle est produite par Lux Vide en collaboration avec Rai Fiction,
Sony Pictures Entertainment, Big Light Productions et Freddie Highmore, ainsi que par France Télévisions et RTVE.
Elle a été tout d'abord diffusée en Italie à partir du 23 mars 2021, puis en France depuis le 7 février
2022. Elle est aussi disponible en intégralité et gratuitement sur France.TV/Slash.
Résumé
L’action se déroule en 1506 à
Milan. Léonard de Vinci (Aidan Turner) est accusé du meurtre de Caterina
da Cremona (Matilda de Angelis) par Stefano Giraldi (Freddie Highmore),
officier du Podestat. La série est faites de flash-back depuis l’enfance de
Leonard, rejeté par son père, le notaire Piero da Vinci (Robin Renucci),
sa jeunesse comme apprenti de Verocchio, les accusations de sodomie, son départ
pour Milan où il peint le portrait de Ginevra de’ Benci (Poppy Gilbert),
la fille du trésorier des Medici.
Mon opinion
Cette série n'a rien d'historique même si elle est censée nous raconter une partie de la vie de Léonard de Vinci. On pourra regretter les trop nombreuses
« libertés » qu’ont prises les scénaristes avec l’histoire (Gian
Galeazzo Sforza avait 25 ans lorsqu’il est mort, sans doute empoisonné sur les
ordres de son oncle Ludovico Sforza, et pas 13 ans ; Salaï, 10 ans lorsqu’il
fut embauché comme élève par Léonard et devint son amant ; etc.) Mais on culmine dans le vaudeville avec l'introduction du personnage fictif de Caterina da Cremona, son enfant caché et le procès d'empoisonnement fait à Léonard. Tout cela est pure invention! Les scénaristes ont dû se croire dans une énième version de Sherlockou de X-Files! La vie
de Léonard de Vinci et ce que nous en connaissons par les témoignages de sont temps et ses propres carnets fut pourtant suffisamment riche en évènements sans qu’il
soit besoin d’y ajouter d'absurdes intrigues. On appréciera cependant cette série pour ce qu’elle
vaut, ses splendides décors et ses somptueux costumes, tout en regrettant qu’elle
ne soit pas plus fidèle à la vérité historique...
Cloclo est un biopic
sur le chanteur Claude François écrit et réalisé par Florent-Emilio Siri,
sorti en 2012.
Résumé
Le film commence à Ismaïlia en
Egypte où naquit Claude François (c’est son vrai nom) en 1939. Son père était
employé par la compagnie du Canal de Suez et sa famille menait un train de vie
aisé jusqu’en 1956 où elle est expulsée d’Egypte suite à l’affaire de l’annexion
du Canal de Suez par Nasser. Fuyant le pays en catastrophe, les François débarquent
à St. Nazaire d’où ils regagnent Paris puis Monaco où ils se retrouvent dans la
misère. En 1958, bravant l’autorité de son père qui voudrait faire de lui un
comptable, le jeune Claude monte un petit orchestre et se produit au Sporting-Club
de Monaco. Ayant rencontré une jeune danseuse d’origine anglaise, Janet Woollacott,
il l’épouse, là encore contre la volonté de son père.
Monté à Paris, il fait le tour
des radios et des maisons de disques. Aucun refus ne le décourage et il fait le
siège des producteurs, obtient de petits succès avant que, grâce à la chanson Belles,
Belles, Belles ! (adaptée d’un titre américain), il obtienne la notoriété
en 1962. Enfin connu, il fait, la même année, la 1ère partie du récital
de Dalida à l’Olympia.
Prise en main par l’impresario Paul
Lederman (Benoît Magimel), sa carrière démarre alors pour ne plus s’arrêter
jusqu’à sa mort tragique par électrocution dans sa salle de bains, le 11 mars
1978, à l’âge de 39 ans.
Mon opinion
Je n’ai jamais été un fan de Claude
François, ni de ses chansons, ni de son personnage, mais je dois
reconnaître que ce film est une réussite. Jérémie Renier est troublant de
mimétisme avec son modèle, d’autant plus que, comme il le reconnaît lui-même, « il
ne savait ni chanter, ni danser, ni jouer de la batterie » et qu’il a dû
tout apprendre pour le rôle. J’ai trouvé beaucoup d’intérêt à la première
partie du film qui nous montre les difficultés dans lesquelles s’est débattu le
jeune Claude François, sa volonté farouche de réussir, son culot incroyable ,
difficultés qui ont sans doute forgé son caractère et sont aussi pour quelque
chose dans ce, qu’une fois la gloire atteinte, il est devenu : un personnage toujours insatisfait, coléreux et même tyrannique. Le réalisateur a eu le courage de ne rien nous
cacher de cette ambiguïté, jusqu’à son goût pour les très jeunes filles qui le
feraient, de nos jours, convoquer devant les tribunaux pour pédophilie.
Marquise est un film
français de Véra Belmont sorti en 1997.
Résumé
Le film se déroule au XVIIe
siècle au début du règne de Louis XIV. Marquise, de son vrai nom Marquise-Thérèse
de Gorla (Sophie Marceau), est une saltimbanque que son père n’hésite
pas à prostituer à l’occasion. Lors d’un passage à Lyon, Molière (Bernard Giraudeau)
remarque sa fraîcheur et sa beauté et lui propose d’intégrer sa troupe. L’un de
ses comédiens, Du Parc dit « Gros-René » (Patrick Timsit),
tombe aussitôt sous son charme et, pour la soustraire à son destin peu
glorieux, il l’épouse. Mais Marquise n’a aucune expérience de la scène et,
lorsqu’elle se retrouve devant le public, foudroyée par le trac, elle est
incapable de prononcer ses répliques. Pour faire bonne figure, elle fait la
seule chose qu’elle sait faire et se met à danser.
Elle est alors remarquée par
Philippe d’Orléans, dit « Monsieur », le frère du Roi (Frank de la
Personne) qui commande une comédie-ballet pour Louis XIV (Thierry
Lhermitte). Comme Molière, échaudé par sa première expérience, refuse de
lui confier un rôle, elle quitte la troupe pour aller trouver Racine (Lambert
Wilson), trop heureux de « voler » Marquise à son concurrent
direct. Lorsqu’elle se produit devant Louis XIV, celui-ci lui fait un triomphe.
Racine, tombé à son tour amoureux de Marquise, lui écrit une pièce, Andromaque.
Au faîte de sa gloire, adulée de
tous, elle meurt subitement en 1668 à l’âge de 35 ans.
Autour du film
Le film présente la mort de
Marquise comme un suicide alors qu’elle est sans doute due à une infection suite
à un avortement.
Mon opinion
J’ai beaucoup aimé ce film, malgré
ses raccourcis historiques un peu cavaliers. Il a le mérite de nous faire
connaître l’histoire vraie (bien que largement romancée) d’une comédienne adulée
en son temps, qui fut aussi une femme libre, magnifiquement incarnée par Sophie
Marceau.
Renoir est un film
français réalisé en 2012 par Gilles Bourdos et sorti en salle en 2013.
Résumé
Le film se passe vers la fin de
la vie d’Auguste Renoir (Michel Bouquet) dans la maison qu’il occupait,
avec toute sa tribu, à Cagnes-sur-Mer. Le
peintre souffre alors de rhumatismes qui le handicapent et le paralysent presqu’entièrement, ce qui, malgré tout, ne l'empêche pas de lutiner les servantes. Le film commence avec l’arrivée de son dernier modèle, Andrée Heuschling (Christa
Theret) qui a répondu à une annonce. Considérée par l’entourage du peintre
comme une prostituée, destinée à « finir dans le lit » du patriarche comme ses précédents modèles, sa beauté et sa jeunesse ne laissent pas non plus
indifférent les autres fils du peintre, Jean Renoir (Vincent Rottiers)
et même le très jeune Coco (Thomas Doretvu dansLe gamin au vélo). Jean, revenu blessé de la guerre de 14-18, est
alors en convalescence et tombe amoureux d’Andrée mais cache cette relation à
son père.
Mon opinion
L’interprétation de Michel Bouquet est stupéfiante de justesse. On a rarement vu une telle qualité d'image dans un film français, succession de tableaux
intimistes, dus au remarquable travail du directeur de la photographie Mark Lee
Ping-Bin. Les paysages naturels tournés aux Jardins du Rayol font au film
un somptueux décor vibrant à l'unisson de la peinture de Renoir. On regrettera cependant que le son ne soit pas à la
hauteur des images : on tend souvent l’oreille pour comprendre les
dialogues.
Le Prodige (Titre
original : Pawn Sacrifice) est un biopic américain consacré à la
vie du célèbre joueur d’échecs Bobby
Fischer. Réalisation : Edward
Zwick. Le film est sorti en 2015. Il est disponible en VF en DVD.
Résumé
Le film est consacré à la vie du
champion d'échecs américain Bobby
Fischer (Tobey Maguire).
Elevé seul par sa mère, Regina (Robin Weigart), une immigrée russe fantasque
réfugiée aux Etats-Unis. Changeant constamment de ville pour trouver un emploi,
Regina préfère faire la fête avec ses amis plutôt que de s’occuper de son fils
qui est élevé par sa sœur Joan, plus âgée que lui de six ans. C’est elle qui veilla
sur lui et lui apporta la stabilité qu’il ne trouvait pas auprès de sa mère.
Un jour de 1949, Joan, pour
distraire son petit frère, lui acheta divers jeux, parmi lesquels il y avait un
jeu d'échecs. Les deux enfants apprennent seuls les règles. Bobby se prend de
passion pour les échecs, se coupant du monde pour ne plus s’intéresser qu’à
cela. Il gardait même en permanence son échiquier sur sa table de nuit et
passait son temps à lire des livres sur cette discipline.
En novembre 1950, sa mère,
prenant en compte sa passion pour le jeu d’échecs, l’emmena voir Hermann Helms,
un organisateur de tournois, qui le présenta à Max Pavey, un champion connu.
Celui-ci l’invita à disputer une partie contre lui en janvier 1951. Bobby
perdit mais il raconta plus tard que sa défaite, au lieu de le décourager, lui avait
donné envie de continuer. Par la suite, sa mère l’inscrivit au Brooklyn
Chess Club où il se rendait une fois par semaine. Ainsi, alors qu’il est
seulement âgé de 10 ans, il participe à son premier championnat où il termine 5e.
En 1955, alors qu’il n’a pas encore 13 ans, il enchaîne les concours, finissant
32e au championnat amateur des États-Unis, puis 11e lors
du championnat junior.
À l'été 1955, Bobby, ne trouvant plus
de rivaux à son niveau à Brooklyn, s'inscrit au Manhattan Chess Club, dont
il devient le plus jeune des membres. Le club était fréquenté par les meilleurs
joueurs du pays et organisait le championnat des États-Unis depuis les années
1930. À la fin de la même année, son nom apparaît pour la première fois dans un
article du New York Times.
En juillet 1957, Bobby fut invité
à Moscou par la fédération d’échecs d’URSS ; tous ses frais (à part ceux
de son voyage) étaient pris en charge. Pour le financer Bobby participa à l'émission
de télévision « J'ai un secret ». Il gagna ce qui lui permit de payer
son voyage et celui de sa sœur qui l’accompagnait. Mais, une fois sur place, il
fut déçu qu’on ne l’autorise pas à rencontrer les champions du monde Mikhaïl
Botvinnik et Vassily Smyslov.
En janvier 1958, à 14 ans, Bobby
Fischer devint champion (adultes) d’échecs des États-Unis. Ce titre lui permit
de participer au tournoi interzonal qui avait lieu en Yougoslavie. Personne
n'était prêt à parier sur sa qualification. Ce fut donc une surprise lorsqu'il
termina 5e ex-æquo. Grâce à ce succès, il se vit conférer le titre
de « grand maître international » à l’âge de quinze ans et demi.
En mars 1959, âgé de 16 ans, il
arrêta sa scolarité pour se consacrer exclusivement aux échecs. Devenu financièrement
autonome, il coupa les ponts avec sa mère qu’il ne revit que 12 ans après.
Dès lors, Fischer enchaîna les
tournois dans le monde entier. Lors du tournoi de Zurich de mai 1959, il battit
pour la première fois un joueur soviétique, le grand maître Paul Keres.
En 1960, après son troisième
titre de champion des États-Unis, Fischer remporta ses deux premiers tournois
internationaux. Il enchaîna ensuite les compétitions mais son caractère changea :
il accumulait les caprices et alla même jusqu’à poursuivre la Fédération
américaine devant le tribunal, procès qu’il perdit, ternissant ainsi son image.
Les premières fractures de sa
personnalité commencèrent dès lors à apparaître. En août 1962, après son échec
au tournoi des candidats, Fischer publia un article dans Sports Illustrated,
où il accusait les Soviétiques de comploter pour conserver le titre de champion
du monde et écarter les joueurs des autres nations. En 1963, il décida de ne
pas participer à la coupe Piatigorsky qui avait lieu à Los Angeles. L’année
suivante, il boycotta les compétitions internationales organisées par la
Fédération internationale. Pour gagner de l'argent, Fischer commença à animer
une chronique dans le magazine américain Chess
Life. La même année, il participa à quelques tournois open aux États-Unis
qu'il remporta facilement. Cependant le seul tournoi de haut niveau qu'il
disputa entre février 1963 et 1965 fut le championnat des États-Unis qu'il
remporta.
En mars 1970, Fischer vainquit
l’ancien champion du monde Tigran Petrossian dans un tournoi qui eut lieu à
Belgrade. Il enchaîna ensuite les victoires jusqu’en 1972 où, à l'issue d'un
match mémorable en Islande, surnommé le « match du siècle », qui tint le public
en haleine, autant pour les parties que pour ses caprices, il devint champion
du monde, en battant le Russe Boris Spassky, champion du monde sortant, qu'il
n'avait jamais vaincu auparavant. Ce succès, largement médiatisé, mit
temporairement fin à 24 ans d'hégémonie soviétique sur le monde des échecs, et
fut, en pleine guerre froide, un tournant dans la compétition entre les
États-Unis et l'URSS.
Bobby Fischer fit don d'une
partie de l'argent gagné lors de ce match à l'Église universelle de Dieu (Worldwide
Church of God) dont il n’était pourtant pas membre et ne partageait pas les
idées. Cependant, il vécut dans un appartement loué par cette communauté et bénéficia
de ses largesses : jet privé, limousine avec chauffeur, etc. Fischer prit cependant
rapidement ses distances avec la secte, accusant même son fondateur d’être un
bonimenteur.
Dès lors, ayant refusé tous les
matches qui lui étaient proposés Fischer ne vivait plus que des droits d'auteur
pour ses livres (environ 6 000 dollars américains par an). Craignant que le KGB
ou le Mossad ne veuillent l'empoisonner, il amenait toujours avec lui une
valise contenant divers contrepoisons lorsqu'il mangeait au restaurant. En
1973, il accepta néanmoins de faire une apparition en tant qu'invité d'honneur
au premier tournoi international des Philippines où ses dépenses étaient payées
et il résida pendant un mois dans un hôtel près de Manille. Après cela, Fischer
ne disputa plus aucun tournoi officiel et perdit son titre par forfait pour
avoir refusé les conditions du match dont le but était de remettre son titre en
jeu contre son adversaire désigné, le jeune Soviétique Anatoli Karpov (contre
qui il n'a jamais disputé la moindre partie).
En 1975, après avoir renoncé au
titre de champion du monde, Fischer fit une croisière de deux mois autour du
monde. Pour ne pas être reconnu, il s’était laissé pousser la barbe et les
cheveux. De retour en Californie, il y vécut en ermite, refusant toute interview
et passant son temps à lire, faire de l’exercice et étudier les échecs. Depuis l'abandon
de son titre, sa personnalité bascula dans une paranoïa grandissante, notamment
contre les Juifs et les États-Unis qu'il accusait de comploter contre lui.
Celle-ci culmina en 1982, date à laquelle Fischer publia un pamphlet intitulé « I
Was Tortured in the Pasadena Jailhouse! » (J'ai été torturé dans les
geôles de Pasadena !)
En 1976 et 1977, Karpov voulut
organiser un match contre lui mais y renonça en raison des exigences de Fisher.
Entre ces années-là et le début
des années 1990, Fisher disparut complètement du monde des échecs. En 1991, une
jeune joueuse hongroise de dix-sept ans, Zita Rajcsanyi, vint le voir à Los
Angeles et découvrit qu’il vivait dans le dénuement. Elle le convainquit de
participer à un match-revanche qu’elle organiserait contre Spassky. Le match, qui
eut lieu de septembre à décembre 1992 en pleine guerre civile et en plein
embargo, fut richement doté et remporté par Fischer mais ce dernier, empêché de
rentrer aux USA car menacé de poursuites pour avoir violé l'embargo et pour fraude
fiscale, séjourna alors plus ou moins clandestinement dans divers pays : Hongrie,
Philippines, Argentine et Japon où, lors
de ses brèves apparitions publiques, il fit des déclarations antisémites
tonitruantes, allant jusqu’à citer Hitler et se félicitant même des attentats
du 11 septembre 2001 de Manhattan.
Le 13 juillet 2004, toujours sous
le coup du mandat d’arrêt international lancé contre lui, il fut arrêté à
l'aéroport de Tokyo et placé pendant neuf mois dans un centre de détention d’où
il aurait été extradé sans le soutien international dont il bénéficia. Il se
réfugia alors en Islande, pays de son titre de champion du monde, et demanda et
obtint la citoyenneté islandaise le 22 février 2005. Souffrant de graves
problèmes rénaux, il y mourut, le 17 janvier 2008 à l’âge de 64 ans. À sa mort,
l'ancien champion du monde Garry Kasparov déclara que « Fischer peut tout
simplement être considéré comme le fondateur des échecs professionnels et sa
domination, bien que de très courte durée, a fait de lui le plus grand de tous
les temps ».
Le film
Touffu, parfois confus, à l’image de la vie mouvementée de son héros et
les péripéties de sa carrière, le film repose surtout entièrement sur le jeu
extraordinaire de Tobey Maguire qui incarne un Bobby Fisher adulte à la
personnalité difficile à cerner. Passionnant en tout cas, même si la
répétitivité des scènes de tournoi, surtout dans le dernier tiers du film, est
un peu lassante et souvent difficles à suivre pour les non-initiés.