lundi 4 novembre 2024

MONSIEUR AZNAVOUR Biopic réalisé par GRAND CORPS MALADE et Mehdi IDIR (FR-2024)

 

Monsieur Aznavour est un biopic sur le chanteur français d’origine arménienne Charles Aznavour, décédé en 2018, depuis ses premières années en France jusqu’à son décès en 2018. Le film, co-écrit et réalisé par Grand Corps Malade (de son vrai nom Fabien Marsaud) et Mehdi Idir, est sorti en 2024.

Résumé

Le film commence alors que le jeune Charles Aznavourian (Norvan Avedissian), fils d’immigrés arméniens ayant fui le génocide de leur peuple par les Turcs (1916-1923) a 7 d’années. Malgré des conditions de vie difficiles à Paris, ses parents, son père Micha et sa mère Knar, sont liés par un optimisme inébranlable dans l’avenir que leur offre la France. Après la faillite de son restaurant, Micha ouvre un café rue Cardinal Lemoine à Paris, en face de l’Ecole des Enfants du spectacle où ils inscrivent Charles. Malgré ses difficultés financières, la famille, qui vit dans une ambiance où la musique joue un grand rôle, va très souvent au spectacle, au cinéma et au théâtre.

A 9 ans, le jeune Charles qui a francisé son nom en « Aznavour » participe à son 1er spectacle. Vers 12-13 ans, est engagé au Casino de Paris et à l’Alcazar où il voit Maurice Chevalier et Charles Trenet qu’il admire.

Pendant la guerre, les Aznavourian ont caché résistants, Juifs et Arméniens dans leur appartement parisien, en particulier le couple Manouchian.   

En octobre 1941, Aznavour (Tahar Rahim) il rejoint la compagnie de Jean Dasté avec laquelle il se produit pendant un an et demi toute la zone occupée.

Cette année-là, il rencontre le pianiste Pierre Roche (Bastien Bouillon) avec lequel il forme un duo qui se produit avec des reprises de chansons connues. En 1946, ils rencontrent l’humoriste Francis Blanche (Benjamin Cléry) qui anime une émission de radio et les met en relation avec Edith Piaf (Marie-Julie Baup). Celles-ci, déjà connue, s’apprêtait à partir faire une grande tournée aux Etats-Unis avec les Compagnons de la chanson, le prend sous son aile. Ayant rejoint Edith à New York, Roche et Aznavour sont retenus à Ellis Island car ils sont arrivés aux USA sans visa. Edith paie leur caution et, peu désireuse de s’encombrer de celui qu’elle appelle affectueusement son « génie-con » et de son acolyte, elle les envoie à Montréal pour se produire dans un cabaret miteux du nom du « Faisan doré ». Intervient ensuite la séparation du duo, Roche restant à Montréal et Aznavour rentrant en France où il a femme et enfant, suivant en cela les conseils d’Edith qui lui dit qu’il ne réussira qu’en se faisant connaître à Paris. Ce n’est qu’en 1953 qu’après des années de galère qu’Aznavour connaîtra le succès et il fera son premier Olympia en 1956.

A partir de 1960, il enchaîne les tubes : Tu t’laisses aller (1960), Il faut savoir (1961), Les Comédiens (1962). Le 30 mars 1963, il donne une représentation unique au Carnegie Hall de New York. Connu aux États-Unis en tant qu'acteur dans le film de Truffaut Tirez sur le pianiste, il y fait un tabac avec un seul récital d'une heure. Alternant les titres français et les traductions anglaises, mais aussi italiennes, espagnoles, il séduit le public. Ce seront ensuite une série de succès :  La Mamma, Je t'attends (1963), Et pourtant (1963), Hier encore (1964), For Me Formidable (1964), Que c'est triste Venise (1964), La Bohème (1965), Emmenez-moi (1967) et Désormais (1969). En pleine vague yéyé, Charles Aznavour écrit aussi deux de leurs plus grands succès à Johnny Hallyday : Retiens la nuit (1961), et à Sylvie Vartan : La plus belle pour aller danser (1963). En 1966, il offre à Mireille Mathieu un de ses premiers succès.

Le film évoque aussi un épisode peu connu de la vie du chanteur. La mort tragique par overdose de Patrick, le fils qu’il avait eu d’une danseuse, Arlette Bordais, qui l’éleva seule jusqu’à l’adolescence, et qu’Aznavour, bien que remarié avec sa 2ème épouse Evelyn, avait accueilli dans sa famille.   

Le film se termine par la mort, le 2 octobre 2018, du chanteur à l’âge de 94 ans.

Mon opinion

J’avais beaucoup aimé le beau film plus ou moins autobiographique Patients de Grand Corps Malade, dont j’apprécie la sensibilité.

L’écueil avec les biopics, est le casting. J’avais trouvé surprenant le choix de Tahar Rahim, qui ne ressemble pas du tout physiquement à Aznavour - ne serait-ce que par la taille !-  et nous a plutôt habitué à des films d’action (Un prophète, 2009), pour incarner le célèbre chanteur. Mais je dois reconnaître que, malgré certaines imperfections de sa gestuelle, un peu trop outrée, la doublure s’efface derrière l’original, en particulier lorsqu’il est filmé de profil ou de trois-quarts. Quant à l’actrice qui interprète Edith Piaf, elle m’a scotché par sa voix (en fermant les yeux on croit entendre la véritable Piaf) même si, physiquement, elle ne lui ressemble pas. Autre réussite à signaler (qui n’est pas crédité par Wikipedia alors qu’il l’est par IMdB) est le jeu de Norvan Avedissian, qui incarne le jeune Charles au début du film. Originaire d’Aulnay-sous-Bois en région parisienne, ce garçon de 9 ans qui se produisait dans sa troupe de danse arménienne, a séduit l’équipe du casting par son sourire et sa spontanéité. Malgré son apparition des plus fugace, j’ai aussi retrouvé avec plaisir un acteur français que j’aime beaucoup Victor Meutelet – que l’on voit actuellement aux côtés de Muriel Robin dans la série policière Master Crimes, dans le rôle de Johnny Hallyday jeune.  

Un bémol toutefois : la longueur du film que l’on ressent surtout vers la fin car le début est plutôt sympathique et enlevé. Mais à partir de la 2ème moitié, on perd tout intérêt à suivre une carrière qui s’étire en longueur.

Un regret : que les réalisateurs aient fait l’impasse presque totale sur son engagement pour l’Arménie, son attachement à ses racines arméniennes, et sa lutte pour la reconnaissance du génocide arménien duquel seules quelques images terribles nous ont été montrées au début du film.    

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