Monsieur Aznavour
est un biopic sur le chanteur français d’origine arménienne Charles Aznavour,
décédé en 2018, depuis ses premières années en France jusqu’à son décès en
2018. Le film, co-écrit et réalisé par Grand Corps Malade (de son vrai
nom Fabien Marsaud) et Mehdi Idir, est sorti en 2024.
Résumé
Le film commence alors que le
jeune Charles Aznavourian (Norvan Avedissian), fils d’immigrés arméniens
ayant fui le génocide de leur peuple par les Turcs (1916-1923) a 7 d’années.
Malgré des conditions de vie difficiles à Paris, ses parents, son père Micha et
sa mère Knar, sont liés par un optimisme inébranlable dans l’avenir que leur
offre la France. Après la faillite de son restaurant, Micha ouvre un café rue
Cardinal Lemoine à Paris, en face de l’Ecole des Enfants du spectacle où ils
inscrivent Charles. Malgré ses difficultés financières, la famille, qui vit
dans une ambiance où la musique joue un grand rôle, va très souvent au
spectacle, au cinéma et au théâtre.
A 9 ans, le jeune Charles qui a
francisé son nom en « Aznavour » participe à son 1er
spectacle. Vers 12-13 ans, est engagé au Casino de Paris et à l’Alcazar où il
voit Maurice Chevalier et Charles Trenet qu’il admire.
Pendant la guerre, les
Aznavourian ont caché résistants, Juifs et Arméniens dans leur appartement
parisien, en particulier le couple Manouchian.
En octobre 1941, Aznavour (Tahar
Rahim) il rejoint la compagnie de Jean Dasté avec laquelle il se
produit pendant un an et demi toute la zone occupée.
Cette année-là, il rencontre le
pianiste Pierre Roche (Bastien Bouillon) avec lequel il forme un
duo qui se produit avec des reprises de chansons connues. En 1946, ils rencontrent
l’humoriste Francis Blanche (Benjamin Cléry) qui anime une
émission de radio et les met en relation avec Edith Piaf (Marie-Julie
Baup). Celles-ci, déjà connue, s’apprêtait à partir faire une grande
tournée aux Etats-Unis avec les Compagnons de la chanson, le prend sous
son aile. Ayant rejoint Edith à New York, Roche et Aznavour sont
retenus à Ellis Island car ils sont arrivés aux USA sans visa. Edith paie leur
caution et, peu désireuse de s’encombrer de celui qu’elle appelle
affectueusement son « génie-con » et de son acolyte, elle les envoie à
Montréal pour se produire dans un cabaret miteux du nom du « Faisan doré ».
Intervient ensuite la séparation du duo, Roche restant à Montréal et Aznavour
rentrant en France où il a femme et enfant, suivant en cela les conseils d’Edith
qui lui dit qu’il ne réussira qu’en se faisant connaître à Paris. Ce n’est qu’en
1953 qu’après des années de galère qu’Aznavour connaîtra le succès et il
fera son premier Olympia en 1956.
A partir de 1960, il enchaîne les
tubes : Tu t’laisses aller (1960), Il faut savoir (1961), Les
Comédiens (1962). Le 30 mars 1963, il donne une représentation unique au
Carnegie Hall de New York. Connu aux États-Unis en tant qu'acteur dans le film
de Truffaut Tirez sur le pianiste, il y fait un tabac avec
un seul récital d'une heure. Alternant les titres français et les traductions
anglaises, mais aussi italiennes, espagnoles, il séduit le public. Ce seront ensuite
une série de succès : La Mamma,
Je t'attends (1963), Et pourtant (1963), Hier encore
(1964), For Me Formidable (1964), Que c'est triste Venise (1964),
La Bohème (1965), Emmenez-moi (1967) et Désormais (1969). En
pleine vague yéyé, Charles Aznavour écrit aussi deux de leurs plus
grands succès à Johnny Hallyday : Retiens la nuit (1961), et à Sylvie
Vartan : La plus belle pour aller danser (1963). En 1966, il offre à
Mireille Mathieu un de ses premiers succès.
Le film évoque aussi un épisode
peu connu de la vie du chanteur. La mort tragique par overdose de Patrick, le
fils qu’il avait eu d’une danseuse, Arlette Bordais, qui l’éleva seule jusqu’à
l’adolescence, et qu’Aznavour, bien que remarié avec sa 2ème
épouse Evelyn, avait accueilli dans sa famille.
Le film se termine par la mort,
le 2 octobre 2018, du chanteur à l’âge de 94 ans.
Mon opinion
J’avais beaucoup aimé le beau
film plus ou moins autobiographique Patients de Grand Corps
Malade, dont j’apprécie la sensibilité.
L’écueil avec les biopics, est le
casting. J’avais trouvé surprenant le choix de Tahar Rahim, qui ne
ressemble pas du tout physiquement à Aznavour - ne serait-ce que par la taille !-
et nous a plutôt habitué à des films d’action
(Un prophète, 2009), pour incarner le célèbre chanteur.
Mais je dois reconnaître que, malgré certaines imperfections de sa gestuelle, un
peu trop outrée, la doublure s’efface derrière l’original, en particulier
lorsqu’il est filmé de profil ou de trois-quarts. Quant à l’actrice qui
interprète Edith Piaf, elle m’a scotché par sa voix (en fermant les yeux
on croit entendre la véritable Piaf) même si, physiquement, elle ne lui
ressemble pas. Autre réussite à signaler (qui n’est pas crédité par Wikipedia
alors qu’il l’est par IMdB) est le jeu de Norvan Avedissian, qui incarne
le jeune Charles au début du film. Originaire d’Aulnay-sous-Bois en région
parisienne, ce garçon de 9 ans qui se produisait dans sa troupe de danse
arménienne, a séduit l’équipe du casting par son sourire et sa spontanéité. Malgré
son apparition des plus fugace, j’ai aussi retrouvé avec plaisir un acteur
français que j’aime beaucoup Victor Meutelet – que l’on voit
actuellement aux côtés de Muriel Robin dans la série policière Master Crimes, dans le rôle de Johnny Hallyday jeune.
Un bémol toutefois : la
longueur du film que l’on ressent surtout vers la fin car le début est plutôt sympathique
et enlevé. Mais à partir de la 2ème moitié, on perd tout intérêt à
suivre une carrière qui s’étire en longueur.
Un regret : que les
réalisateurs aient fait l’impasse presque totale sur son engagement pour l’Arménie,
son attachement à ses racines arméniennes, et sa lutte pour la reconnaissance
du génocide arménien duquel seules quelques images terribles nous ont été
montrées au début du film.
Autres biopics de chanteurs :
- Bohemian Rhapsody (Biopic de Freddie Mercury)
- Rocketman (Biopic d'Elton John)
- Dalida
- Cloclo (Biopic de Claude François)
- Guy (Faux biopic d'un chanteur fictif)
- Moonage Daydream (Biopic de David Bowie)
- La môme (d'Olivier Dahan)
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