Ce blog est consacré au cinéma et aux séries TV. J'y traite principalement des films et des séries que j'aime mais je me réserve aussi le droit d'en critiquer certains.
Guy est un film
français réalisé et joué par Alex Lutz, sorti en 2018.
Présentation
Gauthier (Tom Dingler) est
un jeune journaliste. Apprenant qu'il serait le fils illégitime de Guy Jamet (Alex
Lutz), un chanteur de variétés qui a connu le succès dans les années 1960,
décide de s’en rapprocher en réalisant sur lui un documentaire à l’occasion de
la sortie d’un album de reprises accompagné d’une tournée de concerts.
Autour du film
La musique du film
La musique du film est composée
par Vincent Blanchard et Romain Greffe. Ils ont écrit des
chansons de variétés du chanteur fictif Guy Jamet incarné par Alex Lutz.
Alex Lutz fait des
reprises de deux titres préexistants : Slow Dancing with the Moon
(francisé en Un slow avec la lune) écrite par Mac Davis et Je
reviendrai à Montréal de Robert Charlebois. On peut également
entendre d'autres chansons dans le film : Boys Will Be Boys (Duncan
Sisters), Never Forget Who You Are (Philippe Briand, Gabriel
Saban), Don't Wake Me Up (Jonathan Feurich, Maximilian Peter Nikolaus
Schunk, Steven Bashir), Deeper Blue(Joseph Gileadi),Stroboscopic
(Pierre Terrasse) et Aerodynabeat (Guillaume
Tetzieff, OC Banks).
Mon opinion
Très atypique et difficile à
classer, ce que n’aime généralement pas le grand public, puisqu’il emprunte à
plusieurs genres (comédie dramatique, faux documentaire et film musical), il ne
faut pas s’étonner qu’un tel film, malgré une bonne critique des
professionnels, ait été un semi-échec commercial. Malgré ses indéniables
qualités, dont la moindre n’est pas le jeu excellent d’Alex Lutz et de
la musique, qui ont été justement récompensés par un César du meilleur acteur,
amplement mérité pour l’acteur-caméléon, et celui de la meilleure musique
originale, le film n’a fait que 175 000 entrées, ce qui, comparé à des
succès exceptionnels récents comme Un p’tit truc en plus d’Artus
ou Le comte de Monte Cristo avec Pierre Niney(plus de 10
millions d’entrées chacun), est relativement modeste, mais meilleur que
beaucoup d’autres. C’est en tout cas mieux que le précédent film d’Alex Lutz, le
talent de mes amis (2015) qui n’avait que péniblement atteint les
100 000 entrées.
Dirty Dancing est
un film musical américain d'Emile Ardolino, sorti en 1987 adapté du
livre de Eleanor Bergstein qui est aussi l’auteur du scenario.
Présentation
Au cours de l'été 1963, des newyorkais,
le Dr Houseman (Jerry Orbach) et sa famille, sa femme (Kelly Bishop)
et leurs deux filles, la benjamine Frédérique, que tout le monde appelle « Baby »
(Jennifer Grey) et l’aînée Lisa (Jane Brucker) viennent, comme
chaque été, passer leurs vacances dans l’hôtel-pension de famille de la famille
Kellerman dans les Catskill). L’immense « resort », situé au bord
d’un lac au milieu des montagnes, propose toutes sortes
d’activités physiques et sportives : gymnastique, golf, canoé, et surtout
danse avec des animateurs professionnels.
Baby (Bébé en français) a 17 ans.
Bonne élève, elle est plus effacée que sa grande sœur, s’intéresse au sort du
monde et fait partie du mouvement pour la paix, créé au lendemain de la 1ère
guerre mondiale mais réactivé aux Etats-Unis au moment de la guerre du Vietnam.
L’un des danseurs professionnels vedettes
de l’hôtel, dont toutes les femmes sont amoureuses, est Johny Castle (Patrick
Swayze) qui se produit avec Penny (Cinthya Rhodes) et tout le monde
les croit en couple.
Par hasard, Bébé trouve Penny en pleurs dans
un coin reculé de l’hôtel et apprend qu’elle est enceinte et décide de l’aider.
Cela la rapproche de Johny Castle, que l’on accuse à tort d’être l’amant de
Penny alors qu’il s’agit de Robbie, un autre employé de l’hôtel et, pour
remplacer Penny qui vient d’avorter, Johny donne à Bébé des cours de danse accélérés
pour qu’elle puisse être sa partenaire lors du grand spectacle de l’hôtel.
Pendant ces cours ils se rapprochent et deviennent amants.
Afin de couvrir Johny que le
directeur de l’hôtel veut renvoyer car on le croit coupable de vols, Bébé doit
avouer sa relation à ses parents.
Mon opinion
Je n’avais jamais vu ce film et
je m’en étais fait une fausse opinion. Je le pensais vulgaire et ringard. En réalité, ce film est beaucoup plus profond qu'il y paraît car il aborde, bien qu’à la marge, les préoccupations de la société américaine, la question des différences de classes, les relations sexuelles avec une mineure, la ségrégation et la lutte pour les droits civiques, la guerre du Vietnam et surtout l’avortement, ce qui n’était pas du tout consensuel pour une comédie romantique grand public à l’époque. A sa sortie, le film fut d’ailleurs déconseillé, aux Etats-Unis, aux enfants de moins de 13 ans. Mais il faut surtout le voir pour les scènes
de danse. La bande originale s’est aussi installée, au fil des années, parmi
les standards de la musique mondiale, en particulier grâce à la chanson finale
du film (I’ve Had) The Time of My Life. Patrick Swayze, dont on sait peu
qu’il a été élevé dans une famille de danseurs, est époustouflant d’énergie
ainsi que, dans les débuts du film, sa partenaire Cinthya Rhodes qui avait déjà
joué dans plusieurs films où la danse joue un rôle primordial comme Flashdance ou
Staying alive (1983), la suite du fameux Saturday Night Fever. Jennifer Grey,
qui n’était pas danseuse, donne une prestation d’autant plus remarquable.
Salsa ! est un
film franco-cubain co-écrit et réalisé par Joyce Buñuel, sorti en 2000. Jean
-Claude Carrière a aussi collaboré au scénario.
Présentation
Remi Bonnet (Vincent Lecoeur),
un pianiste classique, décide d'abandonner le conservatoire où il étudie la
musique pour se consacrer à une musique vers laquelle il se sent attiré, la
salsa.
Dans un premier temps, il tente
de se faire admettre dans un groupe de musique cubain, mais il réalise qu'il
n'est pas crédible à leurs yeux. Grâce à du maquillage et des séances de
bronzage intensives, il arrive à se faire passer pour Mongo, un Cubain
fraîchement arrivé à Paris. Mais la supercherie tourne court lorsqu'il
rencontre Nathalie, une future mariée à qui il donne des cours de danse…
Mon opinion
J’ai vu ce film à la télévision
un peu par hasard. La salsa n’est pas mon fort et je n’aurais pas regardé ce
film si les premières images de ce jeune pianiste qui s’est fourvoyé dans le
classique et décide de changer diamétralement d’horizon ne m’avait pas interpellé.
L’histoire est peu crédible mais
fait un film sympathique qui, ce qui est suffisamment rare dans le cinéma
français pour être signalé, mêle musique et danse.
Free Dance (titre
original : High Strung) est un film musical américain réalisé par Michael
Damian sur un scénario coécrit avec Janeen Damian. Le film estsorti
en 2016 directement sur Netflix. On peut actuellement le trouver en DVD ou en
VOD ainsi qu’en streaming sur Youtube.
Résumé
Ruby (Keanan Kampa), une
jeune danseuse classique a obtenu une bourse pour intégrer le prestigieux
Manhattan Conservatory of Arts à New York. En rentrant chez elle, elle
rencontre Johnnie Blackwell (Nicholas Galitzine), un jeune anglais, qui joue
du violon dans le métro pour gagner de quoi payer son logement et l’avocat qui
doit lui procurer une « Green Card » sans laquelle il sera expulsé des
Etats-Unis.
Pendant qu’ils assistent à une
exhibition de « street dancers », Johnnie se fait voler son violon.
Il est désespéré car, d’une part, c’est son gagne-pain, et d’autre part ce
violon lui avait été offert par son grand-père auquel il était très attaché. Sa
situation d’immigré illégal l’empêche d’aller porter plainte et Ruby lui
propose de l’accompagner dans un dépôt vente pensant que le violon y aura été
vendu.
Au conservatoire, Ruby, si elle
réussit dans les cours de danse classique, a des difficultés avec ceux de danse
contemporaine qui sont dirigés par Oksana (Jane Seymour, à l'opposé de son rôle de Dr. Queen, femme médecin).
De son côté, Johnnie rencontre
des danseurs de rue qui habitent le même immeuble que lui et l’intègrent dans
leur groupe.
En allant emprunter un violon au
Conservatoire pour remplacer celui de Johnny qui a été volé, Ruby voit une
annonce pour un prestigieux concours. En lui apportant le violon, elle lui propose
de postuler en tant que musicien. Mais Johnny, trop fier pour accepter ce qu’il
croit être de la pitié, refuse son offre.
Mais Ruby, bien que meurtrie par
la rebuffade de Johnny, ne se le tient pas pour dit et, après qu’il a retrouvé
son violon, elle lui propose un pari risqué : se présenter au concours
avec lui, en intégrant sa troupe de hip-hop.
En dépit des préventions du jury,
leur prestation originale est reçue par une ovation générale et ils gagnent le
concours.
Mon opinion
J’avais vu un extrait de ce film
sur Youtube et j’avais été séduit par son énergie et ce mélange entre musique
classique, danse et hip-hop et j’ai été enthousiasmé en le visionnant, en
particulier par le solo de violon sur le quai du métro, la « battle »
entre Johnny et Kyle (Richard Southgate), le beau-gosse trop sûr de lui qui méprise Johnny, lors de la réception huppée. Mais ce que j’ai
préféré, c’est la scène finale du spectacle jouissif donné par Johnny, Ruby et
la bande de danseurs de rue, devant les jurés, médusés par leur culot et la
qualité de leur prestation, du Conservatoire. Réjouissant !
Les Misérables est
un film musical britannico-américain réalisé par Tom Hooper en 2012. Il
est adapté de la comédie musicale du même nom écrite par Claude-Michel
Schönberg (musique), Alain Boublil et Jean-Marc Natel
(paroles originales françaises), sortie en France en 1980 au Palais des
Congrès. Devenue depuis un succès mondial,
elle a été jouée à Anvers (1999), Monréal et Lausanne (2009), etc. Mais c’est
sa version anglaise qui a été le plus jouée à New York mais surtout à Londres
où elle est présentée en continu depuis 1985, détrônant en longévité Cats qui
fut jouée durant 23 ans.
Le texte et le scénario français
ont été librement adaptés de l’œuvre grandiose et connue dans le monde entier
de Victor Hugo écrite en 1862.
Pour le film, la musique
originale a été retravaillée par Claude-Michel Schönberg et les paroles
ont été réécrites par Herbert Kretzmer à partir de la version anglaise
de la comédie musicale.
Le film (159 mn) est
presqu’intégralement chanté par les acteurs eux-mêmes. Seule la version
originale en langue anglaise existe. Elle existe en DVD-Blu ray avec des
sous-titres français et de très longs bonus, extrêmement éclairants sur le
making of du film.
Fiche technique
Réalisation : Tom Hooper
Scénario : William Nicholson
d'après la comédie musicale originale
Son : Simon Hayes
Musique : Claude-Michel
Schönberg
Production : Tim Bevan, Eric Fellner, Cameron Mackintosh, Debra Hayward
Sociétés de production : Cameron
Mackintosh Ltd., Working Title
Langue originale : anglais
Format : couleur — 35 mm — 1,85:1
— son Dolby Digital, SDDS, DTS
Le film commence en 1815 au bagne
de Toulon où Jean Valjean (Hugh Jackman), exécute sa peine, une condamnation
à dix-neuf ans de travaux forcés pour avoir volé du pain, peine alourdie suite à plusieurs tentatives d’évasion. Les bagnards employés à redresser un galion
échoué, sous la pluie et dans la vase, sont surveillés par l'intraitable Javert (Russel
Crowe). Peu avant sa libération, Javert oblige Valjean à tirer seul le mât
du galion hors de la vase.
Une fois libéré, Jean Valjean erre à la recherche d’un
travail et d’un logement que son statut d’ancien bagnard lui interdit. Transi
de froid, épuisé et affamé, il frappe à la porte de Monseigneur Myriel,
l’évêque de Digne, qui le reçoit avec humanité. Mais, en partant de chez
l’homme d’église, Valjean lui dérobe son argenterie. Arrêté peu après par les gendarmes,
il est ramené devant l'évêque qui, loin d’être en colère, fait comme si c’était
lui qui lui avait fait cadeau de son argenterie. Il fait promettre à Valjean d’utiliser cet
argent à faire le bien.
On retrouve ensuite notre héros
en 1823. Il a changé de nom, est devenu un homme riche et respecté, propriétaire
d'une manufacture et maire de Montreuil-sur-Mer dans le Pas-de-Calais. Il ne sait pas
que l'une de ses ouvrières, Fantine (Anne Hathaway), la mère de Cosette
(Isabelle Allen) a été renvoyée par le contremaître sous la pression des
autres ouvrières, car elle était fille-mère.Pour payer la pension de Cosette, malencontreusement confiée à un couple
d’aubergistes sans scrupules, les Thénardier (Sacha BaronCohen
et Helena Bonham Carter, extraordinaires !), Fantine s’enfonce dans la déchéance :
après avoir vendu ses cheveux et ses dents, elle se prostitue. Arrêtée par
Javert après s'être défendue contre un client abusif, elle est sauvée de la
prison par Valjean qui, voyant son état, la conduit à l’hôpital où elle mourra peu après en lui ayant fait promettre de s’occuper de sa fille Cosette.
Valjean retrouve Cosette et
l’arrache aux mains des infâmes Thénardier. Poursuivis par Javert qui
n’a maintenant plus de doute sur son identité, Valjean et Cosette se réfugient
dans un couvent.
Nous retrouvons notre héros neuf
ans plus tard. Il a récupéré sa fortune et sa respectabilité. Devenu tuteur de
Cosette, qui est maintenant une belle jeune fille (Amanda Seyfried), il
met son argent au service des pauvres. Nous sommes en juin 1832, au moment des
journées révolutionnaires contre la monarchie de Juillet et Louis-Philippe.
Paris s’embrase à l’annonce de la mort du général Lamarque, un républicain, dont
les obsèques sont le détonateur d’une insurrection populaire.
Marius Pontmercy (Eddie Redmayne), un jeune homme d’origine bourgeoise qui a rompu avec son grand-père monarchiste,
décide de rejoindre les Amis de l'ABC, un club révolutionnaire formé
d’étudiants. Après avoir croisé Cosette se promenant avec Jean Valjean au Luxembourg, il en tombe éperdument amoureux. Il persuade
Éponine, l'une des filles Thénardier (Samantha Barks), de l'aider à la
retrouver. Ce qu’il ne sait pas, c’est qu’Eponine est secrètement amoureuse de
lui.
La révolte gronde et, pendant la
procession funéraire du général Lamarque, des barricades sont érigées dans tout
Paris. Javert prétend être un allié des révolutionnaires pour espionner les
rebelles mais Gavroche (Daniel Huttlestone), le fils abandonné des Thénardier, le démasque. Pendant la première
escarmouche contre les soldats, Éponine est tuée en s’interposant entre les
militaires et Marius. Elle meurt en lui avouant son amour et en lui remettant une lettre que Cosette lui avait confiée pour lui. La réponse de Marius à Cosette est interceptée par
Valjean, qui se joint à la révolte pour veiller sur Marius.
Valjean, que les révolutionnaires
ont chargé d’exécuter Javert, y renonce. À l'aube, les soldats lancent un
assaut au cours duquel ils détruisent les barricades et se livrent à un
véritable carnage parmi les révolutionnaires. C’est alors que Gavroche, qui fanfaronnait
en haut d’une barricade, est tué. Enjolras (Aaron Tveit), le leader charismatique des étudiants, est
le dernier à mourir avec son ami Grantaire (George Blagden). Marius, grièvement blessé, est sauvé par
Valjean qui le porte surs ses épaules et s'en fuit à travers les égouts. Peu après, Thénardier, trouvant Marius inconscient,
lui vole sa chevalière, une bague de famille de grand prix. Au moment de
quitter les égouts, Valjean rencontre Javert qui, enfin repentant de tout ce qu’il
a fait subir à l’ex-bagnard, se suicide en se jetant dans la Seine.
Marius et Cosette sont réunis.
Valjean, pensant que sa présence pourrait perturber leur bonheur, prévoit de quitter
le pays et révèle son plan à Marius, qui lui promet de respecter son secret. Les
Thénardier, dont le culot est sans bornes, s'invitent au mariage en grande pompe entre Marius et Cosette. En lui
montrant la bague volée, Thénardier vient raconter à Marius qu’il a vu Valjean porter
un cadavre qui l’avait au doigt. Marius reconnaît alors son anneau et comprend que Valjean lui a sauvé la vie la nuit du massacre. Après avoir récupéré
sa bague et forcé Thénardier à lui révéler où Valjean est parti, il fait jeter
dehors l’ignoble couple et, avec Cosette, se met en quête de Valjean, qu’ils
trouvent, mourant, dans le couvent où il s’est réfugié.
Récompenses
Le film a reçu un nombre
incroyable de récompenses (parmi lesquelles 3 Golden Globes, un Bafta Awards et
5 Oscars), une majorité d’entre elles allant à Anne Hathaway pour sa magnifique interprétation de Fantine.
Mon opinion
Lorsqu’en 2009, nous avions
organisé, mon collègue Pierre-Philippe et moi, un voyage en Grande-Bretagne
pour les élèves de la section d’anglais-européen du collège où je travaillais, j’aurais
aimé voir la comédie musicale Les Misérables dont des affiches représentant
Cosette étaient placardées dans tout Londres où le spectacle est présenté
en continu depuis 1985. Nous avions choisi de les amener voir Billy Elliot, sans
doute plus accessible à des enfants de collège, que je ne regrette pas d'avoir vu. Mais j’étais resté sur ma faim et, lorsque j’ai découvert sur Youtube, grâce
à une reprise de l’émouvant morceau « Empty chairs at empty tables » (qui
se passe après le massacre des révolutionnaires de l'ABC par les troupes royalistes) par le jeune prodige Cormac Thompson, j’ai voulu en
savoir davantage. J’ai donc découvert qu’il avait été tiré, de la comédie
musicale originelle, un film réalisé en 2012, dont je n’avais jamais entendu
parler, et pour cause puisque sa sortie en 2013 en France est restée confidentielle
(il a été programmé dans 303 salles seulement sur plus de 2000 salles). Pourtant,
avec la notoriété de sa distribution (Hugh Jackman, Russel Crowe,
Anne Hathaway, Eddie Redmayne,Amanda Seyfried,Sacha Baron Cohen, Helena
Bonham Carter… ) qui, il faut le souligner, chantent en direct (incroyable performance !), le film aurait dû avoir d’autant plus de succès que la
comédie musicale et l’œuvre de Victor Hugo sont mondialement connues, y compris des anglo-saxons. Il est
vrai que le public français n’est pas très ouvert aux comédies musicales et
encore moins aux films musicaux, comme en témoigne l’ignorance
complète d’un excellent film comme High Strung. Et c’est dommage. Je ne saurais trop vous conseiller de voir ce film dont une edition en Blu-ray, sous-titrée français, existe.
Bohemian Rhapsody
est un film biographique britannico-américain coproduit et réalisé par Bryan
Singer, sorti en 2018.
Résumé
Le film est un biopic de Freddie Mercury, le chanteur mythique du groupe Queen. Il commence en 1970, alors que Farrokh
Bulsara, d’origine parsi, a 24 ans. Etudiant en art, il travaille aussi comme
bagagiste à l'aéroport d’Heathrow. Passionné de musique rock, il assiste à un
concert du groupe Smile, alors composé du guitariste Brian May, du
batteur Roger Taylor et du chanteur-bassiste Tim Staffell. Staffel ayant
démissionné, Farrock, qui a adopté le prénom de Frederik (qui deviendra Freddie)
le remplace au pied levé et prend très vite la direction du groupe auquel il
impose son style provoquant et renomme le groupe Queen. Sous son impulsion, le
groupe qui, jusque-là jouait dans des boîtes de nuit ou des pubs miteux prend
une nouvelle dimension et se fait remarquer du label EMI qui enregistre son 1er
disque. Freddie, qui ne s’est pas encore avoué son homosexualité, épouse Mary,
une vendeuse de prêt à porter avec qui il restera ami jusqu’au bout. Les succès
s’enchaînant, l’argent coule à flot, et Freddie, soumis à
l’influence néfaste de son amant-manager, Paul Preter, se perd dans la
mégalomanie, l’alcool et la drogue et enchaîne les conquêtes masculines. Il
finit par se séparer de Queen et se lance dans une carrière solo avant de
renouer avec le groupe à l’occasion du concert caritatif « Live Aid »
au stade de Wembley en 1985. Ce concert géant, au retentissement mondial, donne
un coup de fouet à sa carrière. Atteint du sida, Freddy retrouve un certain
équilibre avec son nouvel amant, Jim Hutton qui restera avec lui jusqu’à son
décès le 24 novembre 1991, à l’âge de 45 ans.
Mon opinion
Bien que je ne sois pas un grand
fan du groupe Queen ni de Freddie Mercury, dont je reconnais cependant le
talent et les incroyables capacités vocales, je tenais absolument à voir ce
film pour la prestation de Rami Malek, découvert dans la déstabilisante série de politique fiction Mr. Robot. J’étais un peu surpris qu’il
ait été choisi pour ce rôle car je le voyais pas dans la peau de Freddie Mercury. Pas plus que je ne voyais Bryan Singer, le
réalisateur de blockbusters comme X-men,Superman returns
ou Jack le chasseur de géants, films qui ne brillent pas par leur
finesse, diriger un biopic du chanteur de Queen.
Je suis loin d’avoir été
convaincu par ce film, à la différence de Rocketmanconsacré à Elton
John, un autre artiste sulfureux. Je dois cependant
reconnaître la performance remarquable de Rami Malek qui a obtenu pour
ce rôle l’Oscar du meilleur acteur 2019 ainsi qu'une floppée d’autres prestigieuses récompenses
amplement méritées. J’ai cependant été gêné par le play-back, trop souvent
visible, et les nombreuses libertés scénaristiques d’autant moins compréhensibles
que le scénariste Anthony McCarten, par ailleurs scénariste d’Une merveilleuse histoire du temps, consacré à la vie du physicien Stephen Hawking, a collaboré avec les
membres de Queen [ces « erreurs » ont été listées par Alex, une lycéenne française de 17 ans, fan du chanteur. Voir ICI].
Sister Act, acte 2 (Titre
original : Sister act - Back in the habit) est une comédie
américaine réalisée par Bill Duke et sortie en 1993. Il s’agit de la suite
du film Sister Act sorti en 1992.
Résumé
Après l’épisode du couvent Ste.
Catherine, Dolores Van Cartier (Whoopi Goldberg) est retournée à Las
Vegas et a repris sa carrière de meneuse de revue. Elle reçoit une délégation de
sœurs qui lui demandent de revenir à San Francisco car la mère supérieure (Maggie
Smith) a besoin d’elle pour redorer le blason de son école, qui accueille des jeunes défavorisés. En effet, l’école San Francisco où les sœurs enseignent
est menacée de fermeture en raison des agissements de l'immonde Mr. Crisp, un financier
sans scrupules. Bien que d'abord réticente, Dolores reprend donc du service et réendosse l’habit
de sœur Marie-Clarence. Elle parviendra à monter une chorale avec les élèves difficiles qu'elle mènera jusqu’à la réussite.
Mon opinion Vu à la télévision.
Les suites de films qui ont
marché sont rarement un succès car trop souvent, on reprend les mêmes
ingrédients jusqu’à plus soif. Dans le cas de ce film, l’intelligence du
scénariste Joseph Howard a été de conserver les personnages principaux mais de transformer
l’essai en intégrant des jeunes dans la distribution. Et ce 2ème
opus, s’il a été critiqué par les professionnels, a plu au public. Un opus 3
était prévu mais il n’est jamais sorti. En revanche, la comédie musicale qui en
a été adaptée près de 20 ans après a battu des records dans le monde entier,
que ce soit en Amérique (Pasadena et Atlanta, 2006-2007 ; New York, 2011 ;
Montréal, 2014), ou en Europe (Londres, 2009 ; Hambourg, 2010 ;
Vienne et Milan, 2011 ; Paris, 2012 ; Pays Bas, 2013 ; Suisse,
2018…)
Yesterday est un
film britannique réalisé par Danny Boyle, sorti en 2019 sur un scenario
de Richard Curtis, le scénariste de Quatre mariages et un
enterrement, Coup de foudre à Notting Hill, Le
journal de Bridget Jones, Love actually, Good morning England,
etc. Il s'agit d'une uchronie, décrivant un monde parallèle où personne ne se
souviendrait des Beatles, sauf le personnage principal.
Présentation
Jack Malik (Himesh Patel),
est un jeune compositeur-interprète qui n’arrive pas à percer et n’a, comme
public, que sa famille et ses amis.
Pour gagner sa vie, Jack travaille
comme manutentionnaire dans un supermarché du Suffolk. Une seule personne, Ellie
Appleton (Lily James), son amie d’enfance, croit en lui et lui sert de manager
bénévole.
Après un ultime essai peu
glorieux au festival Latitude, Jack, complètement découragé, se fait percuter
par un bus en rentrant chez lui à vélo, pendant une panne d’électricité qui affecte
la planète entière pendant 12 minutes. Lorsque la lumière revient, Jack se
retrouve à l’hôpital, se réveillant d’un coma avec Ellie qui le veille. A part
deux dents de devant qu’il a perdues dans le choc, l’accident ne lui a pas
laissé de séquelles.
Plus tard, ayant abandonné l’idée
d’interpréter ses propres chansons, il fait une reprise à la guitare d’un des
titres-phares des Beatles, Yesterday. Et, pour la 1ère fois
de sa vie, il est acclamé par son public. Il se rend compte alors que tout le
monde le croit l’auteur du morceau et que personne, autour de lui, ne semble
connaître le fameux groupe anglais. Au fur et à mesure, il découvre que d’autres
choses ont aussi été « effacées » de ce monde dans lequel il s’est
réveillé : les Beatles ne sont pas les seuls à avoir « disparu ».
C’est aussi le cas du Coca-Cola ou de... Harry Potter.
D’abord hésitant, il reprend un à
un les grands standards des Beatles sans oser dire qu’il n’en est pas l’auteur.
Mais pour quelqu’un qui n’a connu que l’échec, il se repaît de ce succès tardif
même s’il se sait imposteur.
Un jour, sa notoriété grandissant,
il a la surprise d’avoir la visite chez lui d’Ed Sheeran (lui-même)qui
lui propose de faire sa 1ère partie de concert à Moscou puis à Los
Angeles où, pris en charge par Debra Hammer (Kate McKinnon), la manageuse
de Sheeran, il finit par vite éclipser le maître.
Mon opinion sur ce film
De la 1ère image à la
dernière, ce film est une pure jouissance. On retrouve, dans le parcours du
héros, un inconnu auquel le hasard (ici une panne de courant) donne un
incroyable coup de pouce jusqu’à le porter au faîte de la gloire, schéma d’un
autre grand film du même réalisateur, Slumdog Millionaire.
Mais ici, rien des noirceurs de
ce chef d’œuvre mais une pure comédie, terriblement efficace et d’autant plus
enthousiasmante qu’elle est portée par la musique des Beatles que l’on
redécouvre, comme si, nous aussi, nous l’avions oubliée avec, en prime, un pèlerinage
sur tous les lieux mythiques qui sont liés à l’histoire du groupe : Abbey
Road, Strawberry fields, Penny Lane, etc.
Chapeau bas à l’acteur Himesh
Patel, qui interprète en live les chansons du film. Un grand moment de
nostalgie joyeuse ! Bravo aussi à la craquante Lily James (A vif !,Baby driver, Les heures sombres...)
Sister Act est une
comédie et un film musical américain d'Emile Ardolino, sorti en 1992. E. Ardolino avait précédemment réalisé un autre film musical célèbre, Dirty Dancing (1987). Il ne put, hélas, pas profiter du succès de Sister Act car il mourut un an après sa sortie, en 1993.
Présentation
L’action commence dans un cabaret
le « Clair de Lune », situé à Reno dans le Nevada. Une chanteuse, Dolores
Van Cartier (Whoopi Goldberg) en est la vedette. Dolores est la compagne
du gérant du cabaret, Vince LaRocca (Harvey Keitel). Un soir, elle assiste
au meurtre d’un homme par Vince. Bravant les menaces de Vince si elle ne tient
pas sa langue, elle va le dénoncer à la police. Le lieutenant Eddie Souther (Bill
Nunn), qui recueille son témoignage, la met à l’abri jusqu’au procès, dans un
couvent de San Francisco avec la complicité de l’évêque et de la Mère
supérieure (Maggie Smith) qui, seule, connaît la vérité. Sous le nom de
Marie-Clarence, Dolores va se faire passer pour une des religieuses. On imagine
combien il sera difficile, pour Dolores, de se plier aux règles strictes du
couvent. La Mère supérieure, consciente de l’atout que représente une
chanteuse, va l’affecter à la chorale. Dolorès, sincèrement passionnée par
cette activité, va alors donner un nouvel élan à ses compagnes, au fil du temps,
en leur apprenant le gospel. L'établissement religieux invitera notamment les
sœurs à une réorchestration musicale de leurs chants et les préparera à donner un
concert de gospel devant le Pape Jean-Paul II.
Mon opinion sur ce film
Bien que le film ait près de 20
ans, il n’a pas pris une ride et on est toujours enthousiasmé par l’extraordinaire
prestation de Whoopi Goldberg et la non moins éblouissante interprétation de
Maggie Smith. Sister Act a eu un succès international mérité, à telle enseigne
qu’il a été suivi, un an plus tard, par Sister Act 2, qui, malgré les mauvaises
critiques et un succès moindre, a tout de même réalisé 100 millions de dollars
de recettes mondiales. La comédie musicale qui en a été tirée à partir de 2006
a été encore plus appréciée et a connu pas moins de 9 adaptations (la dernière,
à Montréal, en 2014). Au-delà de la comédie, qui est très réussie, le film traite
aussi de la criminalité, de la mafia et de la situation des jeunes des
quartiers défavorisés de San Francisco, où il a été tourné.
En hommage au décès du compositeur Michel Legrand, mort le 26 janvier 2019
Les Parapluies de Cherbourg
est un film musical franco-allemand de Jacques
Demy, sorti en 1964. C'est le premier des deux films entièrement chantés de
Jacques Demy, le second étant Une chambre en ville (1982).
Présentation
Geneviève (Catherine Deneuve) travaille avec sa mère, Mme Emery (Anne Vernon), veuve, dans le magasin de
parapluies qu’elle tient à Cherbourg. Geneviève est amoureuse de Guy Foucher (Nino Castelnuovo), un jeune homme mécanicien
dans un garage. Guy a été élevé par sa marraine Elise (Mireille Perrey), une dame âgée et malade dont s’occupe une jeune
fille Madeleine (Ellen Farner). Mme
Emery ne voit pas d’un bon œil cette idylle entre sa fille et un ouvrier. Elle
préfèrerait qu’elle épouse Roland Cassard (Marc
Michel), un diamantaire qui voyage entre Anvers, Paris et New York. Nous sommes en 1957, au moment de l’intensification
de la guerre d’Algérie. Guy est appelé sous les drapeaux. Après son départ,
Geneviève se rend compte qu’elle est enceinte. Au début, elle reste fidèle à son
amourmais son absence se prolongeant, elle cède aux instances de sa mère et
épouse Cassard.
Lorsque Guy revient, blessé, de
la guerre, c’est pour apprendre que sa marraine est morte et que Geneviève en a
épousé un autre. Déprimé, il se met à boire et n’est sauvé que par Madeleine,
qui l’épouse et lui donne un fils, prénommé François. Grâce à l’héritage de la
marraine de Guy, celui-ci réalise son rêve : ouvrir son propre garage.
Deux ans passent et, à la veille
de Noël, alors que Madeleine et son fils sont allés voir les vitrines, une
voiture s’arrête devant la station service de Guy. Geneviève est au volant
avec, assise à côté d’elle, sa petite Françoise. Les anciens amants échangent
quelques mots dans lesquels on ressent toute leur tristesse d’avoir été séparés
par les circonstances de la vie. Geneviève remonte dans sa voiture et s’en va.
Peu après, Madeleine revient avec son fils et tous les trois se lancent dans
une bataille de boules de neige.
Mon opinion
J’ai vu pour le jour de l’an Lesdemoiselles de Rochefort dont j’ai parlé dans ce blog. Je n’avais jamais
encore vu Les parapluies de Cherbourg qui l’avait précédé de 3 ans. Ce
film a été programmé par Arte le lendemain du décès du compositeur Michel Legrand, intervenu le 26 janvier 2019. J’ignorais totalement
que le sujet du film, sous ses aspects légers, voire franchement « cucul la
praline » (les textes sont d’une indigence rare !), était aussi
sombre. Je dois dire que j’ai de beaucoup préféré Les demoiselles de Rochefort,
ne serait-ce que pour les moments dansés, qui sont totalement absents des Parapluies.
Je trouve que ce film a beaucoup plus mal vieilli que Les demoiselles dont j’ai
du mal à comprendre qu’il ait pu obtenir la Palme d’or au festival de Cannes
1964. Bien sûr, il reste le magnifique et entêtant refrain "Ô mon amour ne me quitte pas" et quelques beaux moments, comme celui des bouleversantes retrouvailles de Geneviève et Guy et de la bataille de boules de neiges finale.
Depuis quelques jours je vis dans
le silence des quatre murs de mon amour
Depuis ton départ l’ombre de ton
absence me poursuit chaque nuit et me fuit chaque jour
Je ne vois plus personne, j’ai
fait le vide autour de moi
Je ne comprends plus rien parce
que je ne suis rien sans toi
J’ai renoncé à tout parce que je
n’ai plus d’illusions
De notre amour écoute la chanson
Non, je ne pourrai jamais vivre
sans toi, je ne pourrai pas
Ne pars pas, j’en mourrai, un instant sans toi et je
n’existe pas
Mon amour ne me quitte pas, mon
amour je t’attendrai toute ma vie
Across the Universe est
un film musical anglo-américain de 2007 réalisé par Julie Taymor et écrit par Dick
Clement et Ian La Frenais. Le
script est fondé sur une histoire originale inspirée des textes de 34 chansons
des Beatles, réinterprétées par les
acteurs du film.
Présentation
Jude (Jim Sturgess, découvert dans Upside down) est ouvrier aux chantiers
navals de Liverpool mais rêve d’aller en Amérique pour retrouver son père, dont
il sait qu’il habite New York et travaille à l’Université Columbia.
Arrivé sur place, il apprend que
son père, qu’il imaginait être un célèbre professeur, est en fait gardien de l’Université.
Il est en outre marié et a des enfants et n’a pas grand-chose à faire de ce
jeune adulte qui débarque d’Angleterre. Cependant, Il ne renvoie pas Jude et
lui propose un lit de camp dans les locaux techniques de l’Université mais il
ne va pas jusqu’à l’inviter chez lui et le présenter à sa famille.
Heureusement pour Jude, dès son
arrivée sur le campus, il a rencontré Maxwell « Max » Anderson (Joe Anderson), un fils de famille qui
préfère passer son temps avec ses copains à faire les 400 coups plutôt que de
se consacrer à ses études.
Malgré tout, Max est un brave
garçon et il invite Jude à passer Thanksgiving dans sa famille. Là, Jude
rencontre la jeune sœur de Max, July (Evan
Rachel Wood), et c’est le coup de foudre.
Quelque temps après, July vient
rejoindre son frère et Jude à Greenwich village où ils occupent un squat qu’ils
partagent avec Sadie (Dana Fuchs),
une chanteuse dont la carrière démarre, et sa bande. Nous sommes dans les
années 1960, en pleine contestation contre la guerre du Vietnam (le président
est Lyndon B. Johnson), du LSD, des voyages spirituels et du rock'n roll…
Lucy milite dans une association anti-guerre
pendant que Jude dessine pour des revues engagées.
Quant à Max, malgré tous ses
efforts, il est incorporé et devra affronter l’enfer du Vietnam dont il
reviendra plus blessé moralement que physiquement.
Ayant pris part à une
manifestation anti-guerre, Jude est expulsé et doit repartir, la mort dans l’âme,
en Angleterre.
Mais, ne pouvant se faire à cette
vie, il décide de revenir à New York. Il y arrive pour assister à l’évacuation
par la police du concert que donne Sadie sur le toit d’un immeuble (référence
au dernier concert des Beatles sur le toit d’Apple Records en 1969 – voir plus
bas). Jude, qui arrive alors que le toit a été évacué, profite des micros restés
branchés pour entonner le fameux hymne à l’amour des Beatles « All you
need is love » et le transforme en déclaration d’amour pour Lucy. Le
générique de fin défile lui sur une autre chanson-culte des Beatles « Lucy
in the sky with diamonds » (interprétée par Bono).
Robert Clohessy : Wesley « Wes » Huber, le père de Jude
Salma Hayek fait une rapide apparition dans le rôle de Bang Bang
Shoot Shoot Nurses, de même que Bono
(Dr Robert) et Joe Cooker (Bum/Pimp/Mad
Hipple)
Chansons des Beatles dans le film*
Les compositions des Beatles
entendues sur la bande originale, listées dans l'ordre chronologique du film. La
plupart sont interprétées sans doublage par les acteurs du film qui sont aussi
chanteurs, Jim Sturgess, Dana Fuchs,Evan Rachel Wood, Joe
Anderson, Martin Luther McCoy ainsi
que quelques guest-stars comme Bono, Joe
Cooker.
Helter Skelter, qui apparaît deux fois dans le film (tout comme le
refrain de Revolution). Est interprété par Dana
Fuchs (reprise plus tard dans le film, combinée avec Across The Universe), Hold
Me Tight, par Evan Rachel Wood et Lisa Hogg, …
Happiness is a Warm
Gun, par Joe Anderson et Salma Hayek
A Day in the Life, par Jeff Beck (extrait instrumental)
Blackbird, par Evan Rachel
Wood
Hey Jude, par Joe Anderson
(avec Angela Mounsey pour l'un des
couplets)
Don't Let Me Down, par Dana Fuchs et Martin Luther
McCoy
All You Need Is Love, écrite par John Lennon, interprétée par Jim Sturgess (d’abord a Capella puis accompagné par Dana Fuchs, T.V. Carpio et Martin Luther
McCoy
Lucy in the Sky with Diamonds, par Bono (avec The Edge aux
chœurs ; la chanson sert de générique de fin)
Noms des personnages*
Les noms des personnages du film
sont, pour la plupart, tirés de noms cités dans des chansons des Beatles :
Lucy Carrigan, inspiré de la
chanson Lucy in the Sky with Diamonds
Max Carrigan, inspiré de la
chanson Maxwell's Silver Hammer
Jude Feeny, inspiré de la chanson
Hey Jude
Sadie, inspiré de la chanson Sexy Sadie'
Jo-Jo, inspiré de la chanson Get Back
Desmond, inspiré de la chanson Ob-La-Di, Ob-La-Da (absente du film)
Mr. Kite, inspiré de la chanson Being for the Benefit of Mr. Kite
Martha Feeny, inspiré de la
chanson Martha My Dear
Doctor Robert, insipré de la
chanson Doctor Robert
Prudence, Inspiré de la chanson Dear Prudence
Rita, inspiré de la chanson Lovely Rita (absente du film)
Bill, inspiré de la chanson The Continuing Story of Bungalow Bill
(absente du film)
Molly, inspiré de la chanson Ob-La-Di, Ob-La-Da (absente du film)
Autres références aux Beatles*
Certains faits et propos tenus
par les personnages font référence à des chansons originales des Beatles ou à des anecdotes les
concernant :
Au début du film, un vieil homme
dit : «Lorsque j'aurai soixante-quatre
ans, je serai loin d'ici», référence
à la chanson When I'm Sixty-Four.
Lors de la scène du repas de
Thanksgiving, la grand-mère de Max et Lucy parle de la sauce aux canneberges («
cranberry sauce ») ; ces mots sont murmurés par John Lennon dans la chanson Strawberry
Fields Forever et font partie des prétendus « indices » cachés dans les
chansons des Beatles.
Quand Jude et Max rencontrent
Sadie, elle leur dit : «Vous avez l'air
plutôt proprets. Mais vous pourriez avoir tué votre mamie au marteau », en
référence à la chanson Maxwell's Silver
Hammer (« Le Marteau d'argent de Maxwell »).
Lorsque le personnage de Prudence
fait son apparition dans l'appartement que Max, Jude et Sadie partagent, elle
entre par la fenêtre de la salle de bain, rappelant directement la chanson She Came in Through the Bathroom Window(« Elle est entrée par la fenêtre de la
salle de bain. »), phrase que prononce d'ailleurs Jude après cette scène.
Le concert du début du film, à
Liverpool, se déroule dans un club nommé « The Cavern », en référence au Cavern
Club, salle de spectacle où les Beatles
ont fait leurs débuts.
Avant de chanter Strawberry Fields Forever, Jude essaye
de dessiner une pomme verte, logo d'Apple Records, label fondé par les Beatles.
Plus loin, après sa dispute avec
July, il « crucifiera » des fraises saignantes sur un tableau, motif
qui deviendra le logo de la marque de disques de Sadie mais est aussi une
métaphore de la guerre qui se déroule au Vietnam et des manifestations
sanglantes ayant lieu au même moment aux Etats-Unis. Ce logo, qui évoque aussi
un cœur saignant, sert aussi d’affiche au film.
Le concert final sur le toit est
à rapprocher du « rooftop concert » de 1969, dernier concert des Beatles, sur
le toit d'Apple Records**, lui aussi interrompu par l'intervention de la police.
Mon opinion sur ce film
J’ai voulu voir ce film en raison
de la présence, au générique, de Jim Sturgess. Dans ce film, il incarne Jude, le personnage principal avec celui
de Lucy (Evan Rachel Wood).
Le film est un OCNI (Objet
Cinématographique Non Identifié), et peut décontenancer le public. Il mêle en
effet une histoire d’amour entre Jude et Julie, une histoire d’amitié (avec Max
– Joe Anderson), avec des parties chantées et dansées, des images
psychédéliques, et des scènes complètement déjantées qu’on ne peut comprendre
qu’à la lumière du texte des chansons. Le tout donne quelque chose de
surprenant, bizarre, un peu comme si l’on avait mélangé de la glace à la fraise
avec de la menthe, en saupoudrant le tout de LSD. La seule attitude à avoir vis-à-vis
d’un tel film est, soit de s’arrêter de le regarder, soit de se laisser
embarquer sans trop chercher à comprendre. Après la première surprise, c’est ce
que j’ai fait. Mais je dois reconnaître qu’il faut une sacrée dose d’ouverture
d’esprit (et surtout aimer la musique des Beatles) pour ne pas décrocher.
Notes
* Ces paragraphes sont issus de l’article de Wikipedia consacré au film.
** Label fondé par les Beatles en 1968 qui n'a rien à voir avec la marque Apple, fondée par Steve Jobs en 1976.
La La Land est un film
américain écrit et réalisé par Damien
Chazelle, sorti le 9 décembre 2016 aux États-Unis et au Canada et le 25
janvier 2017 en Belgique et en France. Ce film marque la troisième
collaboration entre Ryan Gosling et Emma Stone après Crazy, Stupid, Love
(2011) et Gangster Squad (2013). En anglais américain, l'expression « La
La Land » désigne le quartier de Hollywood à Los Angeles, ainsi qu'une
situation déconnectée de la réalité.
La La Land est aussi le titre d’une chanson du groupe Green Velvet
(2001) ; La-La Land Records est le
nom d’une société discographique spécialisée dans les bandes originales de
films fondée en 2002 ; The La la
land store est enfin un immense magasin de disques fourre-tout, qui vend des T-shirts, des posters de stars de Hollywood et de groupes de rock et une multitude d'objets
souvenirs rappelant la musique et le cinéma, situé au 7001, Hollywood Blvd. à
Los Angeles.
Damien Chazelle est un réalisateur américain, de père français. Il
a écrit le scénario de cette comédie musicale en 2010, alors qu’il n’avait que
vingt-cinq ans. Ne parvenant pas à trouver un studio susceptible de financer le
film, il décide d'abord de réaliser Whiplash, un projet moins ambitieux. Devant le
succès de ce premier film, Summit Entertainment accepte de produire La La
Land en 2015.
Présenté en ouverture de la Mostra de Venise en août 2016, le film remporte
un succès critique. Emma Stone
obtient, quant à elle, la Coupe Volpi de
la meilleure interprétation féminine. En janvier 2017, lors de la 74e
cérémonie des Golden Globes, La La
Land reçoit un record historique de sept récompenses, avant d'être distingué par quatorze nominations pour les Oscars 2017,
égalant ainsi le record historique de Ève (1950) et de Titanic(1997). Il remporte six trophées, dont ceux du Meilleur réalisateur pour Damien
Chazelle et de la Meilleure actrice pour
Emma Stone, ainsi qu'une double
consécration pour le compositeur Justin
Hurwitz (Meilleure musique et Meilleure chanson originale pour City of Stars).
Résumé
Le film se déroule de nos jours, presque entièrement
à Los Angeles. Il commence au milieu d’un embouteillage monstre sur une
autoroute dont tous ceux qui ont un peu pratiqué la capitale de la Californie ont fait les frais. La scène est tournée lorsqu'on arrive de San Francisco au nord et que l'on découvre l'immensité de Los Angeles, qui occupe toute la cuvette, au sud, dont on reconnaît Downtown hérissée de tours, dans un lointain brumeux.
Mia (Emma Stone), est serveuse au café
Warner situé au sein des studios d’Hollywood. Rêvant depuis son plus jeune âge d’être
actrice, elle enchaîne sans succès des castings plus désastreux les uns que les autres. Sebastian (Ryan Gosling) est un pianiste de jazz
éclectique dont le rêve est d’ouvrir son propre club.
Lorsque le bouchon commence
à se dissiper, Mia, qui répète son texte, ne démarre pas assez vite au gré de Sebastian
qui la double en klaxonnant. Furieuse,
elle lui fait un doigt d’honneur en l’injuriant.
Peu après, elle passe une énième audition qui se révèle infructueuse.
Le soir, Mia se rend avec ses amies à une fête organisée dans une villa sur les hauteurs de Hollywood Hills (Someone in the Crowd). Lorsqu'elle veut reprendre sa voiture pour rentrer chez elle, elle constate, dépitée, que, mal stationnée, elle a été emmenée à la fourrière.
En parallèle, on voit Sebastian renvoyé le soir de Noël du café-concert où il joue car il n'a pas respecté les ordres du patron et s'est lancé une fois de plus dans une improvisations de jazz de son cru au lieu du répertoire de Noël imposé.
Alors qu'elle entre dans le restaurant, Mia l'entend interpréter le magnifique morceau, fil rouge du film, qui lui a valu son
renvoi (Mia and Sebastian's Theme); alors qu'elle s’avance pour le féliciter, Sebastian, furieux d'avoir été viré, la bouscule, après avoir empoché les maigres pourboires qu’il a récoltés au cours de la soiré.
Plusieurs mois plus tard, Mia
croise à nouveau Sebastian dans une soirée où celui-ci joue dans un groupe des reprises de chansons des années 1980. Elle se moque de lui et de sa carrière
stagnante ; il réplique en se moquant de sa piètre carrière d'actrice. Après le
concert, ils repartent ensemble pour reprendre leurs voitures et, tout en se
plaignant d’avoir passé la soirée ensemble, ils improvisent des pas de danse en contemplant le coucher de soleil sur Mount Hollywood drive, qui conduit à Griffith Park et à l'Observatoire Griffith (A Lovely Night) - l'un des plus beaux moments du film qui en compte beaucoup.
Etant tombés amoureux malgré des débits plutôt ratés, ils s’entraînent mutuellement à
découvrir leurs passions respectives : Mia emmène Sebastian visiter les studios
d’Hollywood où elle côtoie tous les jours stars et tournages et lui confie son rêve de devenir actrice et le plaisir qu’elle a à jouer la comédie. De son côté Sebastian invite Mia, qui dit ne pas aimer le jazz, dans un club où l'on joue un jazz authentique, le Lighthouse Cafe à Hermosa Beach, et il lui
confie son rêve : ouvrir un jour son propre établissement. Au cours d’une
conversation, Mia dit à Sebastian qu’elle n’a jamais vu La Fureur de vivre, l’un
des films emblématiques de James Dean; enthousiaste, elle accepte de le voir avec lui au cinéma Rialto (Pasadena). Elle a cependant oublié la soirée au restaurant organisée par son petit ami, Greg, en l'honneur du passage de son frère à Los Angeles. La soirée
avec Greg et son frère se révélant d’un ennui mortel, Mia la quitte brusquement pour rejoindre Sebastian au cinéma où le film vient à peine de
commencer. Au moment où leurs mains se retrouvaient et où ils allaient échanger
leur premier baiser, la pellicule brûle et le film s’interrompt. Comme la scène
qu’ils s’apprêtaient à voir se déroulait au planétarium de l'Observatoire
Griffith, qui domine Hollywood, Sebastian entraîne Mia vers ce lieu mythique du récit de La Fureur de vivre
(Planetarium). Une fois sur place,
ils peuvent terminer leur baiser interrompu lors de la séance de cinéma.
Après de nouvelles auditions
ratées, Mia commence à désespérer. Mais, encouragée par Sebastian, elle se
décide à se mettre à rédiger un one-woman-show qui raconte son départ de sa ville natale, Boulder, au Nevada, pour réaliser ses rêves à LA. De son côté, Sebastian décroche un emploi
dans un club de jazz et emménage avec Mia (Summer
Montage). Il y retrouve Keith (John
Legend), un de ses vieux camarades de lycée, qui lui propose de venir jouer avec le groupe
de jazz-rock qu’il a monté. Dans un premier temps, Sebastian refuse car,
d’une part, il semble avoir un contentieux avec Keith, et d’autre part, il est
trop puriste pour aimer le style musical du groupe. Cette fois, c'est Mia qui l’encourage à faire un essai avec Keith. Ni l'un ni l'autre n'imagine alors que la conséquence de ce choix entraînera leur séparation. En effet, le
succès venant, Sebastian se prend au jeu et il accepte de partir en tournée avec son nouveau groupe,
abandonnant Mia à l'écriture de son "one-woman show".
Un soir, Mia, après avoir essayé
en vain d’avoir Sebastian au téléphone, rentre chez elle pour découvrir qu'il lui a fait la surprise de lui préparer un repas d’amoureux. D'abord heureuse,
elle déchante lorsqu'il lui apprend que le succès du groupe l’amène à prolonger
sa tournée de plusieurs mois et qu’ils vont être séparés si le succès se confirme. Sebastian reconnaît
qu’après des années de galère il a enfin, non seulement trouvé un revenu stable mais qu’en plus il
est heureux de pouvoir jouer devant des salles pleines et un public enthousiaste. Ils ont leur première
querelle d’amoureux, Mia accusant Seb d’avoir abandonné son rêve d'un jazz pur et ne pouvant
accepter d’être plus longtemps séparée de lui, elle lui demande de démissionner. Seb
lui fait remarquer que c'est elle, à l'origine, qui lui a conseillé de signer le contrat avec le groupe de Keith. La discussion s'envenime : Seb affirme qu'elle l'aimait
davantage quand il était un artiste fauché. Vexée et furieuse, Mia quitte l'appartement.
Plus tard, après avoir terminé l’écriture
de son spectacle, Mia s’apprête à le présenter dans un théâtre qu’elle a loué
pour l’occasion. Sebastian, qui avait promis d’assister à la première, lui fait
faux-bond car il est retenu par une séance photo avec son groupe. Le spectacle
est un échec : seule une dizaine de personnes y assiste et les critiques qu'entend Mia de la part de certains spectateurs sont meurtrières. Mia craque et décide d'abandonner la carrière d'actrice. Elle quitte Los Angeles et retourne vivre chez ses parents
à Boulder City au Nevada.
Quelques jours après, on retrouve Sebastian,
seul dans l’appartement qu’ils ont habité ensemble. Il reçoit un appel d'une
directrice de casting qui a assisté au spectacle de Mia et veut lui faire une
proposition pour un premier rôle dans un film qui doit se tourner à Paris. Malgré leur brouille, Sebastian
roule jusqu'à Boulder City pour annoncer la bonne nouvelle à Mia mais celle-ci,
traumatisée par ses échecs, refuse de le suivre pour éviter une nouvelle humiliation. Il lui fixe un ultimatum : il viendra l'attendre à 8.00 H précise le lendemain matin devant chez ses parents pour la conduire au casting.
Durant
l'audition, les recruteurs demandent à Mia de leur raconter une histoire : elle
commence en parlant de sa tante, qui a vécu à Paris et lui a donné l’envie de devenir comédienne
alors qu’elle n’était qu’une petite fille. Puis, elle se lance dans une improvisation en chantant (Audition/The Fools Who Dream). Certain
que Mia a réussi son audition, Sebastian lui conseille de tenter sa
chance dans le cinéma. Ils se promettent alors de s'aimer toujours, sans savoir
de quoi le lendemain sera fait.
On les retrouve cinq ans plus tard, Mia, devenue une actrice célèbre, est désormais mariée à un autre homme avec qui
elle a une fille. Un soir, après avoir dîné au restaurant, Mia et son mari vont
boire un verre dans un club de jazz. En entrant, Mia remarque le logo du bar :
Seb's (c'était elle qui l'avait suggéré à Sebastian lorsqu'ils étaient ensemble.) Mia s'installe dans le public et regarde Sebastian jouer du piano.
Celui-ci interprète la chanson qu'il jouait lorsqu'ils s'étaient rencontrés pour la
première fois (Epilogue). Durant
cette chanson, chacun imagine ce qu'aurait pu être leur histoire si la vie ne les avait pas séparés. À la fin de la chanson, Mia se lève et part
avec son mari ; sur le seuil de la porte d'entrée, elle et Sebastian
s'adressent un dernier sourire dans lequel on ressent toute la frustration de s'être laissés dicter un avenir différent de celui dont ils avaient rêvé.
Difficultés à réaliser le film
Damien Chazelle a commencé à travailler sur son scénario alors
qu'il était étudiant à l'université d’Harvard, avec son meilleur ami et
colocataire, Justin Hurwit, le
compositeur de la bande originale du film. En 2010, peu après avoir achevé leurs études, ils
déménagent tous les deux à Los Angeles et continuent à travailler sur le
scénario, modifiant l’action initiale, qui se déroulait à Boston, pour la déplacer à Los Angeles.
D. Chazelle peine à trouver des financements : les studios sont
réticents à l'idée de produire un film musical contemporain ne comprenant que
des chansons originales, inconnues du public. En outre, il s'agit d'un film
musical de jazz - un genre que The
Hollywood Reporter a qualifié de « genre définitivement éteint » (idée plusieurs fois évoquée dans le film) - et Justin Hurwitz et lui étaient alors
jeunes et inconnus. Des amis finissent par lui présenter deux producteurs, Fred
Berger et Jordan Horowitz, qui transmettent le scénario au studio Focus
Features avec un budget estimé à environ un million de dollars. Toutefois,
celui-ci demande à D.Chazelle de
modifier plusieurs éléments : faire du personnage principal un artiste de rock
plutôt qu'un pianiste de jazz ; changer la scène d'ouverture, jugée beaucoup
trop complexe à réaliser et… trouver une autre fin au film. D. Chazelle, peu disposé à faire de si
gros sacrifices, décide d'abandonner provisoirement La La Land et s'attelle à
un nouveau projet, Whiplash,
un film au budget plus modeste.
Ce film sort en 2014 et est
bien accueilli lors de sa première projection au festival du film de Sundance. Avec ce succès d'estime, Damien Chazelle se remet alors à
espérer pouvoir réaliser le projet dont il rêve depuis des années. Un an plus tard, Whiplash
obtient la consécration avec cinq nominations à la 87e cérémonie des Oscars, dont celle
dans la catégorie du meilleur film, et près de cinquante millions de dollars de
recettes dans le monde (pour un budget initial de 3,3 millions).
Il est désormais temps de repartir à l'assaut des producteurs. En 2015, Summit Entertainment et Black Label
Media acceptent de participer au financement de La La Land et d'en assurer la distribution.
Patrick Wachsberger, du studio indépendant Lionsgate, convainc même Damien Chazelle d'augmenter le budget
de son film car les comédies musicales de qualité, selon lui, ne peuvent être
réalisées avec un budget réduit. Le tournage débute officiellement le 10 août
2015 et s'achève au bout d'un peu plus d'un mois, à la mi-septembre 2015, ce qui est un record pour un film de ce genre (certains films ont mis plusieurs mois à se faire, jusqu'à 8 pour Twilightet 10 pour Le Seigneur des Anneaux!)
Influences
Le film se nourrit de diverses
influences, bien que la principale soit la comédie musicale hollywoodienne de
l'âge d'or, à commencer, bien évidemment, par la plus célèbre d'entre elles West side story (1961).La La Land comprend ainsi de nombreuses références à des classiques tels que Broadway qui danse, Chantons
sous la pluie ou Tous en scène ou Beau
fixe sur New York, avec Gene Kelly. La photographie colorée et l'ambiance pop du
film sont quant à elles inspirées par Les Parapluies de Cherbourg (1964)
et Les Demoiselles de Rochefort (1967)* de Jacques
Demy - et notamment par ce dernier, qui comprend plus de danse et dont la
bande originale est plus proche du jazz. La sublime scène au Planétarium Griffith, poétique et
fantastique, m’a aussi rappelé Mary Poppins, lorsque les deux amoureux, en apesanteur, dansent dans les étoiles.Damien Chazelle déclare également avoir été inspiré par des films musicaux moins connus des
années 20 comme ceux dédiés à une ville (Manhatta*; L'Homme
à la caméra (1929)), qui filment respectivement New York et plusieurs
villes soviétiques [*Il ne s’agit pas d’une coquille. Plusieurs films sont
intitulés Manhattan, mais le film auquel il est fait référence s’intitule bien Manhatta (sans le "n").
Il s’agit d’un court-métrage documentaire sur Manhattan, réalisé par le
peintre Charles Sheeler et le photographe Paul Strand en 1921].
* On vient d'apprendre (26/01/2019) la mort à 86 ans du musicien français Michel Legrand, compositeur de très nombreuses musiques de film, en particulier des chefs-d'oeuvre de Jacques Demy, Les parapluies de Cherbourget Les demoiselles de Rochefort qui ont beaucoup inspiré La La Land.
Outre la référence au film La
Fureur de vivre, avec la scène à l'observatoire Griffith, le film fait
allusion à Magic in the Moonlight de Woody Allen (2014), où jouait déjà Emma Stone. Dans ce film, Stanley (Colin Firth) et Sophie (Emma Stone) trouvent refuge pendant
l’orage dans l’observatoire de Nice, situé au sommet du mont Gros (France).
Tout au long du film, on peut voir plusieurs fausses affiches de films hollywoodiens créés par le chef décorateur David Wasco ; l'une d'entre elles,
censée être celle d'une comédie musicale des années 1930, porte le titre du premier film réalisé par Damien Chazelle, Guy and Madeline on a Park Bench.
Pour retrouver l'esprit de ces
films, le réalisateur souhaitait que les numéros musicaux soient filmés en une
seule prise, comme l'étaient les films des années 30 avec Ginger Rogers et Fred
Astaire. Il voulait également imiter l'apparence des films en format
CinemaScope des années 1950, comme Beau fixe sur New York, et a ainsi
utilisé un équipement Panavision en format large ; le format CinemaScope
d'époque n'étant plus aujourd'hui disponible.
Les lieux de tournage
L'action du film étant située à
Los Angeles, le réalisateur a sélectionné plus de soixante lieux de tournage
différents dans la ville. Il souhaitait tourner dans des endroits du Los
Angeles « historique », à l'abandon, voire démolis. Des scènes ont ainsi été
filmées dans des lieux mythiques de Hollywood (le Château Marmont, qui apparaît souvent dans le cinéma, en particulier dans le filmde Sofia Coppola,Somewhere, des villas
de Hollywood Hills, des studios de la Warner Bros, etc.). Le film est émaillé d'autres lieux
touristiques comme les Watts Towers, Hermosa Beach ou South Pasadena. Un bon
nombre de scènes n'ont nécessité qu'une seule prise. L'une des plus belles scènes, selon moi, se déroule sur Mount Hollywood Drive, qui évoque un autre lieu mythique, Mulholland Drive, mais on est très loin de l'ambiance glauque qui a inspiré David Lynch pour son film homonyme, Mulholland Drive.
Une scène se déroule également
dans le funiculaire d'Angels Flight, construit en 1901 et fermé au public
depuis 2013 à la suite d'un déraillement. L'équipe du film a obtenu
l'autorisation exceptionnelle de l'utiliser durant une journée de tournage.
On voit aussi plusieurs fois l’Observatoire Griffith, construit en 1935, dans le style
art-déco. Cet endroit emblématique, qui domine Los Angeles et la baie de Santa
Monica, a servi de décors à de très nombreux films ou séries, La
fureur de vivre (1955), dont on voit un extrait dans La La
Land, Mannix (1967), Terminator (1984), MacGyver,
Bienvenue à Gattaca(1997), Terminator Genisys(2015), etc...
La scène d'ouverture est la
première à avoir été tournée. Elle a nécessité de bloquer l'accès à une portion
d'un échangeur autoroutier permettant la connexion entre l'Interstate 105 et
l'Interstate 110, qui conduit au centre-ville de Los Angeles (le Judge Harry
Pregerson Interchange). Il a fallu obtenir l'autorisation de mobiliser la rampe
d'accès à l'échangeur pendant deux jours, un samedi et un dimanche d'août 2015
ainsi que, une semaine avant, une partie du dimanche " afin de faire des essais
de costumes" se souvient le réalisateur. Les répétitions des chorégraphies,
supervisées par la chorégraphe Mandy Moore, ont quant à elles été effectuées
sur plusieurs parkings de Los Angeles. Plus de
cent danseurs mobilisés. Alors que la scène devait être tournée au niveau du
sol, Chazelle a finalement décidé de la filmer sur l'échangeur, à environ
trente mètres de hauteur, afin de montrer l'étendue de la ville. Le chef
décorateur David Wasco déclara qu'il craignait fortement qu'un danseur ne passe
accidentellement par-dessus la rambarde de sécurité et ne s'écrase en-dessous. Par
ailleurs, les contraintes techniques furent presque insurmontables : des coups
de vent violent menaçaient de faire tomber les grues sur les danseurs, les
chorégraphies mettaient en danger les danseurs, etc., ce
qui imposa de nombreuses modifications et une multiplication des prises. En outre, toutes les
scènes devaient être tournées au même moment de la journée dans le but
d'obtenir la même luminosité : « C'était un casse-tête technique. Bien que la scène puisse
sembler être un seul plan-séquence, elle a été tournée en trois plans : le
premier constituant les trois premières minutes, le deuxième jusqu'à quatre
minutes et quarante-cinq secondes, et enfin le troisième jusqu'à la fin de la
scène. Tandis que la scène finale a été tournée en steadicam, les deux
premières prises ont été tournée avec des grues afin de filmer entre les
voitures avec aisance.
Initialement, le réalisateur
souhaitait que la caméra passe de voiture en voiture, dans lesquelles le
spectateur entendrait différents genres musicaux sur la radio de bord. Il s'est pour cela
inspiré des ouvertures de films tels que Taxi Driver ou Fenêtre sur cour, où la
mise en scène est relativement similaire (des inconnus vaquant à leurs
occupations sans s'occuper de celles du voisin). Par ailleurs, l'ouverture musicale s'inspire également du film Aimez-moi
ce soir (Love me Tonight), comme l'a confié le réalisateur lui-même : "Aimez-moi ce soir, le
film de Rouben Mamoulian sorti en 1932, qui s'ouvre avec les sons du matin à
Paris - il y a un cordonnier et un balayeur de rue - ; ces sons créent rythmes
et cascades en nombre". La scène en elle-même est aussi inspirée du quotidien
du réalisateur, qui vit à Los Angeles : "La scène vient du fait que je vis à
Los Angeles et que je suis tout le temps dans les bouchons, à me demander si je
veux me tirer une balle ou bien danser." Je dois dire,pour y être allé, que les gigantesques bouchons des autoroutes de Los Angeles, particulièrement le matin au moment où les gens commencent leur journée, sont particulièrement impressionnants et un élément incontournable à prendre en compte pour les temps de trajet.
Les scènes de danse
La scène de danse de six minutes
(dite "de la Prius" (la voiture de Mia) sur Mount Hollywood Dr., devait être tournée durant
la brève durée de « l'heure dorée », au coucher du soleil (sunset), particulièrement spectaculaire vu depuis la colline d'Hollywood. Elle fut tournée en
huit prises, étalées sur deux jours. Lorsque Ryan Gosling et Emma Stoneparvinrent enfin à réussir la scène, "tout le monde sauta de joie", selon les
termes de cette dernière. Les deux acteurs principaux, qui ne sont pas danseurs
de comédie musicale, faisaient de nombreuses erreurs de chorégraphie, notamment
durant les numéros filmés en une seule prise. Néanmoins, Damien Chazelle s'est
montré compréhensif envers leur manque d'expérience et a validé la prise malgré
la subsistance de quelques erreurs. Par exemple, lors du tournage de la scène
de la première danse entre Mia et Sebastian, Emma Stone a trébuché contre le
dos d'un banc mais s'est rattrapée et a continué à jouer.
A la différence d'Emma Stone, qui n'est pas musicienne, Ryan Gosling, en plus d’être un acteur reconnu, est aussi bon musicien que chanteur. En 2009, il avait fait
partie du groupe les Dead Man's Bones,
accompagné de Zach Shields également à la voix et à la guitare et de Morgan
Slade, bassiste et compositeur. Le groupe sort son premier album la même année.
Bande originale
Les chansons et la bande
originale du film ont été composées et orchestrées par Justin Hurwitz, qui avait déjà travaillé avec D.Chazelle sur ses deux premiers films. Les paroles des chansons ont
été écrites par le duo de paroliers Pasek
et Paul, à l'exception de Start a
Fire, composée par John Legend (qui joue et chante dans le film),Hurwitz, Marius De Vries et Angélique
Cinelu. Afin d'interpréter les six chansons où leurs personnages
interviennent, Emma Stone et Ryan Goslingont suivi des cours de
danse et de chant. Depuis sa sortie, le 20 janvier dans l'hexagone, la bande
originale du film La la land est une des meilleurs ventes sur ITunes France
selon Le Figaro.
Lors de la 89e
cérémonie des Oscars, le compositeur Justin
Hurwitz obtint deux récompenses : celles de la meilleure musique et de la
meilleure chanson originale pour City of
Stars.
Sortie
La première mondiale de La La
Land a eu lieu lors de la soirée d'ouverture du Festival international du film de Venise, le 31 août 2016. Le film
est également projeté lors du Festival de
Telluride, du Festival de Toronto en
septembre 2016, et de l'AFI Fest en
novembre 2016. Initialement, la sortie du film était prévue le 15 juillet 2016,
mais en mars, le distributeur a annoncé que le film connaîtrait une sortie
limitée le 2 décembre 2016 aux États-Unis, avant de sortir dans tout le pays le
16 décembre. La sortie fut à nouveau décalée au 9 décembre, où
Lionsgate diffuse le film dans cinq salles. Le distributeur étend la sortie à
deux cents salles le 16 décembre, puis à toutes les salles américaines le 25
décembre. Le 13 janvier, le film sort dans certains cinémas IMAX. La La
Land sort le 22 décembre aux Pays-Bas, le 26 décembre en Australie et
le 12 janvier 2017 au Royaume-Uni. Les sorties dans le reste du monde doivent
s'étaler tout au long du mois de janvier 2017. Le film est finalement sorti le
mercredi 25 janvier en France et en Belgique. Lors d'une conférence donnée par Justin Hurwitz à Austin (Texas) le 12
mars 2017, Lionsgate confirme la sortie du film le 11 avril en Digital et le 25 avril en Blu-Ray, DVD et avec une édition spéciale Blu-Ray 4K.
Réception critique
Après sept nominations et sept
récompenses à la cérémonie des Golden
Globes le 8 janvier 2017, La La Land connaît un succès
critique. Ce succès se poursuit à Los Angeles aux Producers Guils of AmericaAwards
2017 dans la catégorie Meilleur film. Ryan Gosling et Emma Stone remportent
tous deux les récompenses dans les catégories respectives Meilleur acteur et Meilleure
actrice aux Screen ActorsGuild Awards 2017. La Mostra de Venise et le Festival
International du Film de Toronto avaient également réservé un bon accueil
au film en août et septembre 2016. Ces derniers ont choisi de récompenser Damien Chazelle pour son travail de
réalisateur. Le film est nominé quatorze fois à la cérémonie des Oscars le 26
février 2017.
En France, l'accueil critique a
été très positif : le site Allociné recense une moyenne des critiques presse de
4,3/5.49.
[Ce texte est en grande partie emprunté à plusieurs articles de l'encyclopédie en ligne Wikipedia]
Mon opinion sur ce film
J'ai hésité à aller voir ce film sur lequel les mauvaises critiques étaient aussi nombreuses que les bonnes. J'ai fini par y aller avant qu'il ne soit plus à l'affiche et je ne le regrette pas. Certes, si ce film n'est pas exempt de certaines critiques, comme sa longueur et la confusion de la scène finale dont on ne comprend pas forcément tout lors d'un premier visionnage, je l'ai beaucoup aimé. Je ne suis pourtant pas un grand fan des comédies musicales et je dois dire que la 1e scène (qui, semble-t-il, a représenté, pour le réalisateur, un exploit technique sans précédent) ne m'a pas emballé. Heureusement, le reste du film, en particulier certaines scènes, comme celle du duo de claquettes sur Hollywood MountainDrive, celle du Planétarium, celle de l'audition de Mia ou la dernière scène, qui dégage une énorme émotion (à condition de la comprendre !!!), m'ont enchanté comme ne l'avait fait aucun film depuis de longs mois...
Mais je conçois que ce film atypique ait pu dérouter beaucoup de spectateurs. En ce qui me concerne, j'ai apprécié son originalité et, bien qu'il fasse de nombreuses allusions (on peut même parler d'hommages) à ses grands prédécesseurs dans le domaine du film musical ou de la comédie musicale, son apport d'un souffle de fraîcheur sont un de ses grands atouts par les temps qui courent.
Bref, j'ai adoré et je recommande fortement La La Land à tous les amoureux de cinéma, de jazz (dont je suis pourtant un très mauvais défenseur), et de la ville de Los Angeles qui est superbement mise en lumière par Damien Chazelle.