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mercredi 4 septembre 2024

GUY film d'Alex LUTZ (FR-2018)

 

Guy est un film français réalisé et joué par Alex Lutz, sorti en 2018.

Présentation

Gauthier (Tom Dingler) est un jeune journaliste. Apprenant qu'il serait le fils illégitime de Guy Jamet (Alex Lutz), un chanteur de variétés qui a connu le succès dans les années 1960, décide de s’en rapprocher en réalisant sur lui un documentaire à l’occasion de la sortie d’un album de reprises accompagné d’une tournée de concerts.

Autour du film

La musique du film

La musique du film est composée par Vincent Blanchard et Romain Greffe. Ils ont écrit des chansons de variétés du chanteur fictif Guy Jamet incarné par Alex Lutz.

Alex Lutz fait des reprises de deux titres préexistants : Slow Dancing with the Moon (francisé en Un slow avec la lune) écrite par Mac Davis et Je reviendrai à Montréal de Robert Charlebois. On peut également entendre d'autres chansons dans le film : Boys Will Be Boys (Duncan Sisters), Never Forget Who You Are (Philippe Briand, Gabriel Saban), Don't Wake Me Up (Jonathan Feurich, Maximilian Peter Nikolaus Schunk, Steven Bashir), Deeper Blue (Joseph Gileadi), Stroboscopic (Pierre Terrasse) et Aerodynabeat (Guillaume Tetzieff, OC Banks).

Mon opinion

Très atypique et difficile à classer, ce que n’aime généralement pas le grand public, puisqu’il emprunte à plusieurs genres (comédie dramatique, faux documentaire et film musical), il ne faut pas s’étonner qu’un tel film, malgré une bonne critique des professionnels, ait été un semi-échec commercial. Malgré ses indéniables qualités, dont la moindre n’est pas le jeu excellent d’Alex Lutz et de la musique, qui ont été justement récompensés par un César du meilleur acteur, amplement mérité pour l’acteur-caméléon, et celui de la meilleure musique originale, le film n’a fait que 175 000 entrées, ce qui, comparé à des succès exceptionnels récents comme Un p’tit truc en plus d’Artus ou Le comte de Monte Cristo avec Pierre Niney (plus de 10 millions d’entrées chacun), est relativement modeste, mais meilleur que beaucoup d’autres. C’est en tout cas mieux que le précédent film d’Alex Lutz, le talent de mes amis (2015) qui n’avait que péniblement atteint les 100 000 entrées.  

Autres films avec Alex Lutz :

dimanche 17 décembre 2023

DIRTY DANCING Comédie romantique d'Emile ARDOLINO (USA 1987)

 

Dirty Dancing est un film musical américain d'Emile Ardolino, sorti en 1987 adapté du livre de Eleanor Bergstein qui est aussi l’auteur du scenario.

Présentation

Au cours de l'été 1963, des newyorkais, le Dr Houseman (Jerry Orbach) et sa famille, sa femme (Kelly Bishop) et leurs deux filles, la benjamine Frédérique, que tout le monde appelle « Baby » (Jennifer Grey) et l’aînée Lisa (Jane Brucker) viennent, comme chaque été, passer leurs vacances dans l’hôtel-pension de famille de la famille Kellerman dans les Catskill). L’immense « resort », situé au bord d’un lac au milieu des montagnes, propose toutes sortes d’activités physiques et sportives : gymnastique, golf, canoé, et surtout danse avec des animateurs professionnels. 

Baby (Bébé en français) a 17 ans. Bonne élève, elle est plus effacée que sa grande sœur, s’intéresse au sort du monde et fait partie du mouvement pour la paix, créé au lendemain de la 1ère guerre mondiale mais réactivé aux Etats-Unis au moment de la guerre du Vietnam.

L’un des danseurs professionnels vedettes de l’hôtel, dont toutes les femmes sont amoureuses, est Johny Castle (Patrick Swayze) qui se produit avec Penny (Cinthya Rhodes) et tout le monde les croit en couple.

 Par hasard, Bébé trouve Penny en pleurs dans un coin reculé de l’hôtel et apprend qu’elle est enceinte et décide de l’aider. Cela la rapproche de Johny Castle, que l’on accuse à tort d’être l’amant de Penny alors qu’il s’agit de Robbie, un autre employé de l’hôtel et, pour remplacer Penny qui vient d’avorter, Johny donne à Bébé des cours de danse accélérés pour qu’elle puisse être sa partenaire lors du grand spectacle de l’hôtel. Pendant ces cours ils se rapprochent et deviennent amants.

Afin de couvrir Johny que le directeur de l’hôtel veut renvoyer car on le croit coupable de vols, Bébé doit avouer sa relation à ses parents.       

Mon opinion

Je n’avais jamais vu ce film et je m’en étais fait une fausse opinion. Je le pensais vulgaire et ringard. En réalité, ce film est beaucoup plus profond qu'il y paraît car il aborde, bien qu’à la marge, les préoccupations de la société américaine, la question des différences de classes, les relations sexuelles avec une mineure, la ségrégation et la lutte pour les droits civiques, la guerre du Vietnam et surtout l’avortement, ce qui n’était pas du tout consensuel pour une comédie romantique grand public à l’époque. A sa sortie, le film fut d’ailleurs déconseillé, aux Etats-Unis, aux enfants de moins de 13 ans. Mais il faut surtout le voir pour les scènes de danse. La bande originale s’est aussi installée, au fil des années, parmi les standards de la musique mondiale, en particulier grâce à la chanson finale du film (I’ve Had) The Time of My Life. Patrick Swayze, dont on sait peu qu’il a été élevé dans une famille de danseurs, est époustouflant d’énergie ainsi que, dans les débuts du film, sa partenaire Cinthya Rhodes qui avait déjà joué dans plusieurs films où la danse joue un rôle primordial comme Flashdance ou Staying alive (1983), la suite du fameux Saturday Night Fever. Jennifer Grey, qui n’était pas danseuse, donne une prestation d’autant plus remarquable. 

dimanche 22 janvier 2023

SALSA ! Film de Joyce BUNUEL (FR-CUBA 2020)

Vu à la télévision

Salsa ! est un film franco-cubain co-écrit et réalisé par Joyce Buñuel, sorti en 2000. Jean -Claude Carrière a aussi collaboré au scénario.

Présentation

Remi Bonnet (Vincent Lecoeur), un pianiste classique, décide d'abandonner le conservatoire où il étudie la musique pour se consacrer à une musique vers laquelle il se sent attiré, la salsa.

Dans un premier temps, il tente de se faire admettre dans un groupe de musique cubain, mais il réalise qu'il n'est pas crédible à leurs yeux. Grâce à du maquillage et des séances de bronzage intensives, il arrive à se faire passer pour Mongo, un Cubain fraîchement arrivé à Paris. Mais la supercherie tourne court lorsqu'il rencontre Nathalie, une future mariée à qui il donne des cours de danse…

Mon opinion

J’ai vu ce film à la télévision un peu par hasard. La salsa n’est pas mon fort et je n’aurais pas regardé ce film si les premières images de ce jeune pianiste qui s’est fourvoyé dans le classique et décide de changer diamétralement d’horizon ne m’avait pas interpellé.

L’histoire est peu crédible mais fait un film sympathique qui, ce qui est suffisamment rare dans le cinéma français pour être signalé, mêle musique et danse. 

Dans le même esprit, je vous recommande : 

jeudi 19 janvier 2023

HIGH STRUNG (FREE DANCE) Film musical de Michael DAMIAN (USA-2016)

 

Free Dance (titre original : High Strung) est un film musical américain réalisé par Michael Damian sur un scénario coécrit avec Janeen Damian. Le film est sorti en 2016 directement sur Netflix. On peut actuellement le trouver en DVD ou en VOD ainsi qu’en streaming sur Youtube.

Résumé

Ruby (Keanan Kampa), une jeune danseuse classique a obtenu une bourse pour intégrer le prestigieux Manhattan Conservatory of Arts à New York. En rentrant chez elle, elle rencontre Johnnie Blackwell (Nicholas Galitzine), un jeune anglais, qui joue du violon dans le métro pour gagner de quoi payer son logement et l’avocat qui doit lui procurer une « Green Card » sans laquelle il sera expulsé des Etats-Unis.

Pendant qu’ils assistent à une exhibition de « street dancers », Johnnie se fait voler son violon. Il est désespéré car, d’une part, c’est son gagne-pain, et d’autre part ce violon lui avait été offert par son grand-père auquel il était très attaché. Sa situation d’immigré illégal l’empêche d’aller porter plainte et Ruby lui propose de l’accompagner dans un dépôt vente pensant que le violon y aura été vendu.

Au conservatoire, Ruby, si elle réussit dans les cours de danse classique, a des difficultés avec ceux de danse contemporaine qui sont dirigés par Oksana (Jane Seymour, à l'opposé de son rôle de Dr. Queen, femme médecin).

De son côté, Johnnie rencontre des danseurs de rue qui habitent le même immeuble que lui et l’intègrent dans leur groupe.

En allant emprunter un violon au Conservatoire pour remplacer celui de Johnny qui a été volé, Ruby voit une annonce pour un prestigieux concours. En lui apportant le violon, elle lui propose de postuler en tant que musicien. Mais Johnny, trop fier pour accepter ce qu’il croit être de la pitié, refuse son offre.

Mais Ruby, bien que meurtrie par la rebuffade de Johnny, ne se le tient pas pour dit et, après qu’il a retrouvé son violon, elle lui propose un pari risqué : se présenter au concours avec lui, en intégrant sa troupe de hip-hop.

En dépit des préventions du jury, leur prestation originale est reçue par une ovation générale et ils gagnent le concours.

Mon opinion  

J’avais vu un extrait de ce film sur Youtube et j’avais été séduit par son énergie et ce mélange entre musique classique, danse et hip-hop et j’ai été enthousiasmé en le visionnant, en particulier par le solo de violon sur le quai du métro, la « battle » entre Johnny et Kyle (Richard Southgate), le beau-gosse trop sûr de lui qui méprise Johnny, lors de la réception huppée. Mais ce que j’ai préféré, c’est la scène finale du spectacle jouissif donné par Johnny, Ruby et la bande de danseurs de rue, devant les jurés, médusés par leur culot et la qualité de leur prestation, du Conservatoire. Réjouissant !    

samedi 14 janvier 2023

LES MISERABLES Film musical de Tom HOOPER (USA-GB 2012)

 

Les Misérables est un film musical britannico-américain réalisé par Tom Hooper en 2012. Il est adapté de la comédie musicale du même nom écrite par Claude-Michel Schönberg (musique), Alain Boublil et Jean-Marc Natel (paroles originales françaises), sortie en France en 1980 au Palais des Congrès.  Devenue depuis un succès mondial, elle a été jouée à Anvers (1999), Monréal et Lausanne (2009), etc. Mais c’est sa version anglaise qui a été le plus jouée à New York mais surtout à Londres où elle est présentée en continu depuis 1985, détrônant en longévité Cats qui fut jouée durant 23 ans.

Le texte et le scénario français ont été librement adaptés de l’œuvre grandiose et connue dans le monde entier de Victor Hugo écrite en 1862.

Pour le film, la musique originale a été retravaillée par Claude-Michel Schönberg et les paroles ont été réécrites par Herbert Kretzmer à partir de la version anglaise de la comédie musicale.

Le film (159 mn) est presqu’intégralement chanté par les acteurs eux-mêmes. Seule la version originale en langue anglaise existe. Elle existe en DVD-Blu ray avec des sous-titres français et de très longs bonus, extrêmement éclairants sur le making of du film.  

Fiche technique

Réalisation : Tom Hooper

Scénario : William Nicholson d'après la comédie musicale originale

Son : Simon Hayes

Musique : Claude-Michel Schönberg

Production : Tim Bevan, Eric Fellner, Cameron Mackintosh, Debra Hayward

Sociétés de production : Cameron Mackintosh Ltd., Working Title

Langue originale : anglais

Format : couleur — 35 mm — 1,85:1 — son Dolby Digital, SDDS, DTS

Distribution

·         Hugh Jackman : Jean Valjean

·         Russell Crowe : Javert

·         Anne Hathaway : Fantine

·         Amanda Seyfried : Cosette adulte

·         Eddie Redmayne : Marius

·         Sacha Baron Cohen : Thénardier

·         Helena Bonham Carter : Mme Thénardier

·         Samantha Barks : Éponine

·         Aaron Tveit : Enjolras

·         Daniel Huttlestone : Gavroche

·         Colm Wilkinson : Monseigneur Myriel

·         George Blagden : Grantaire

·         Fra Fee : Courfeyrac

·         Killian Donnelly : Combeferre

·         Hugh Skinner : Joly

·         Alistair Brammer : Prouvaire

·         Isabelle Allen : Cosette enfant

Présentation

Le film commence en 1815 au bagne de Toulon où Jean Valjean (Hugh Jackman), exécute sa peine, une condamnation à dix-neuf ans de travaux forcés pour avoir volé du pain, peine alourdie suite à plusieurs tentatives d’évasion. Les bagnards employés à redresser un galion échoué, sous la pluie et dans la vase, sont surveillés par l'intraitable Javert (Russel Crowe). Peu avant sa libération, Javert oblige Valjean à tirer seul le mât du galion hors de la vase. 

Une fois libéré, Jean Valjean erre à la recherche d’un travail et d’un logement que son statut d’ancien bagnard lui interdit. Transi de froid, épuisé et affamé, il frappe à la porte de Monseigneur Myriel, l’évêque de Digne, qui le reçoit avec humanité. Mais, en partant de chez l’homme d’église, Valjean lui dérobe son argenterie. Arrêté peu après par les gendarmes, il est ramené devant l'évêque qui, loin d’être en colère, fait comme si c’était lui qui lui avait fait cadeau de son argenterie. Il fait promettre à Valjean d’utiliser cet argent à faire le bien.

On retrouve ensuite notre héros en 1823. Il a changé de nom, est devenu un homme riche et respecté, propriétaire d'une manufacture et maire de Montreuil-sur-Mer dans le Pas-de-Calais. Il ne sait pas que l'une de ses ouvrières, Fantine (Anne Hathaway), la mère de Cosette (Isabelle Allen) a été renvoyée par le contremaître sous la pression des autres ouvrières, car elle était fille-mère.  Pour payer la pension de Cosette, malencontreusement confiée à un couple d’aubergistes sans scrupules, les Thénardier (Sacha Baron Cohen et Helena Bonham Carter, extraordinaires !), Fantine s’enfonce dans la déchéance : après avoir vendu ses cheveux et ses dents, elle se prostitue. Arrêtée par Javert après s'être défendue contre un client abusif, elle est sauvée de la prison par Valjean qui, voyant son état, la conduit à l’hôpital où elle mourra peu après en lui ayant fait promettre de s’occuper de sa fille Cosette.

Valjean retrouve Cosette et l’arrache aux mains des infâmes Thénardier. Poursuivis par Javert qui n’a maintenant plus de doute sur son identité, Valjean et Cosette se réfugient dans un couvent.

Nous retrouvons notre héros neuf ans plus tard. Il a récupéré sa fortune et sa respectabilité. Devenu tuteur de Cosette, qui est maintenant une belle jeune fille (Amanda Seyfried), il met son argent au service des pauvres. Nous sommes en juin 1832, au moment des journées révolutionnaires contre la monarchie de Juillet et Louis-Philippe. Paris s’embrase à l’annonce de la mort du général Lamarque, un républicain, dont les obsèques sont le détonateur d’une insurrection populaire.

Marius Pontmercy (Eddie Redmayne), un jeune homme d’origine bourgeoise qui a rompu avec son grand-père monarchiste, décide de rejoindre les Amis de l'ABC, un club révolutionnaire formé d’étudiants. Après avoir croisé Cosette se promenant avec Jean Valjean au Luxembourg, il en tombe éperdument amoureux. Il persuade Éponine, l'une des filles Thénardier (Samantha Barks), de l'aider à la retrouver. Ce qu’il ne sait pas, c’est qu’Eponine est secrètement amoureuse de lui.

La révolte gronde et, pendant la procession funéraire du général Lamarque, des barricades sont érigées dans tout Paris. Javert prétend être un allié des révolutionnaires pour espionner les rebelles mais Gavroche (Daniel Huttlestone), le fils abandonné des Thénardier, le démasque. Pendant la première escarmouche contre les soldats, Éponine est tuée en s’interposant entre les militaires et Marius. Elle meurt en lui avouant son amour et en lui remettant une lettre que Cosette lui avait confiée pour lui. La réponse de Marius à Cosette est interceptée par Valjean, qui se joint à la révolte pour veiller sur Marius.

Valjean, que les révolutionnaires ont chargé d’exécuter Javert, y renonce. À l'aube, les soldats lancent un assaut au cours duquel ils détruisent les barricades et se livrent à un véritable carnage parmi les révolutionnaires. C’est alors que Gavroche, qui fanfaronnait en haut d’une barricade, est tué. Enjolras (Aaron Tveit), le leader charismatique des étudiants, est le dernier à mourir avec son ami Grantaire (George Blagden). Marius, grièvement blessé, est sauvé par Valjean qui le porte surs ses épaules et s'en fuit à travers les égouts. Peu après, Thénardier, trouvant Marius inconscient, lui vole sa chevalière, une bague de famille de grand prix. Au moment de quitter les égouts, Valjean rencontre Javert qui, enfin repentant de tout ce qu’il a fait subir à l’ex-bagnard, se suicide en se jetant dans la Seine.

Marius et Cosette sont réunis. Valjean, pensant que sa présence pourrait perturber leur bonheur, prévoit de quitter le pays et révèle son plan à Marius, qui lui promet de respecter son secret. Les Thénardier, dont le culot est sans bornes, s'invitent au mariage en grande pompe entre Marius et Cosette. En lui montrant la bague volée, Thénardier vient raconter à Marius qu’il a vu Valjean porter un cadavre qui l’avait au doigt. Marius reconnaît alors son anneau et comprend que Valjean lui a sauvé la vie la nuit du massacre. Après avoir récupéré sa bague et forcé Thénardier à lui révéler où Valjean est parti, il fait jeter dehors l’ignoble couple et, avec Cosette, se met en quête de Valjean, qu’ils trouvent, mourant, dans le couvent où il s’est réfugié.

Récompenses

Le film a reçu un nombre incroyable de récompenses (parmi lesquelles 3 Golden Globes, un Bafta Awards et 5 Oscars), une majorité d’entre elles allant à Anne Hathaway pour sa magnifique interprétation de Fantine.   

Mon opinion

Lorsqu’en 2009, nous avions organisé, mon collègue Pierre-Philippe et moi, un voyage en Grande-Bretagne pour les élèves de la section d’anglais-européen du collège où je travaillais, j’aurais aimé voir la comédie musicale Les Misérables dont des affiches représentant Cosette étaient placardées dans tout Londres où le spectacle est présenté en continu depuis 1985. Nous avions choisi de les amener voir Billy Elliot, sans doute plus accessible à des enfants de collège, que je ne regrette pas d'avoir vu. Mais j’étais resté sur ma faim et, lorsque j’ai découvert sur Youtube, grâce à une reprise de l’émouvant morceau « Empty chairs at empty tables » (qui se passe après le massacre des révolutionnaires de l'ABC par les troupes royalistes) par le jeune prodige Cormac Thompson, j’ai voulu en savoir davantage. J’ai donc découvert qu’il avait été tiré, de la comédie musicale originelle, un film réalisé en 2012, dont je n’avais jamais entendu parler, et pour cause puisque sa sortie en 2013 en France est restée confidentielle (il a été programmé dans 303 salles seulement sur plus de 2000 salles). Pourtant, avec la notoriété de sa distribution (Hugh Jackman, Russel Crowe, Anne Hathaway, Eddie Redmayne, Amanda Seyfried, Sacha Baron Cohen, Helena Bonham Carter… ) qui, il faut le souligner, chantent en direct (incroyable performance !), le film aurait dû avoir d’autant plus de succès que la comédie musicale et l’œuvre de Victor Hugo sont mondialement connues, y compris des anglo-saxons. Il est vrai que le public français n’est pas très ouvert aux comédies musicales et encore moins aux films musicaux, comme en témoigne l’ignorance complète d’un excellent film comme High Strung. Et c’est dommage. Je ne saurais trop vous conseiller de voir ce film dont une edition en Blu-ray, sous-titrée français, existe.       

lundi 25 octobre 2021

BOHEMIAN RHAPSODY Biopic de Bryan SINGER (GB-USA 2018)

 


Bohemian Rhapsody est un film biographique britannico-américain coproduit et réalisé par Bryan Singer, sorti en 2018.

Résumé

Le film est un biopic de Freddie Mercury, le chanteur mythique du groupe Queen. Il commence en 1970, alors que Farrokh Bulsara, d’origine parsi, a 24 ans. Etudiant en art, il travaille aussi comme bagagiste à l'aéroport d’Heathrow. Passionné de musique rock, il assiste à un concert du groupe Smile, alors composé du guitariste Brian May, du batteur Roger Taylor et du chanteur-bassiste Tim Staffell. Staffel ayant démissionné, Farrock, qui a adopté le prénom de Frederik (qui deviendra Freddie) le remplace au pied levé et prend très vite la direction du groupe auquel il impose son style provoquant et renomme le groupe Queen. Sous son impulsion, le groupe qui, jusque-là jouait dans des boîtes de nuit ou des pubs miteux prend une nouvelle dimension et se fait remarquer du label EMI qui enregistre son 1er disque. Freddie, qui ne s’est pas encore avoué son homosexualité, épouse Mary, une vendeuse de prêt à porter avec qui il restera ami jusqu’au bout. Les succès s’enchaînant, l’argent coule à flot, et Freddie, soumis à l’influence néfaste de son amant-manager, Paul Preter, se perd dans la mégalomanie, l’alcool et la drogue et enchaîne les conquêtes masculines. Il finit par se séparer de Queen et se lance dans une carrière solo avant de renouer avec le groupe à l’occasion du concert caritatif « Live Aid » au stade de Wembley en 1985. Ce concert géant, au retentissement mondial, donne un coup de fouet à sa carrière. Atteint du sida, Freddy retrouve un certain équilibre avec son nouvel amant, Jim Hutton qui restera avec lui jusqu’à son décès le 24 novembre 1991, à l’âge de 45 ans.

Mon opinion

Bien que je ne sois pas un grand fan du groupe Queen ni de Freddie Mercury, dont je reconnais cependant le talent et les incroyables capacités vocales, je tenais absolument à voir ce film pour la prestation de Rami Malek, découvert dans la déstabilisante série de politique fiction Mr. Robot. J’étais un peu surpris qu’il ait été choisi pour ce rôle car je le voyais pas dans la peau de Freddie Mercury. Pas plus que je ne voyais Bryan Singer, le réalisateur de blockbusters comme X-men, Superman returns ou Jack le chasseur de géants, films qui ne brillent pas par leur finesse, diriger un biopic du chanteur de Queen.

Je suis loin d’avoir été convaincu par ce film, à la différence de Rocketman consacré à Elton John, un autre artiste sulfureux. Je dois cependant reconnaître la performance remarquable de Rami Malek qui a obtenu pour ce rôle l’Oscar du meilleur acteur 2019 ainsi qu'une floppée d’autres prestigieuses récompenses amplement méritées. J’ai cependant été gêné par le play-back, trop souvent visible, et les nombreuses libertés scénaristiques d’autant moins compréhensibles que le scénariste Anthony McCarten, par ailleurs scénariste d’Une merveilleuse histoire du temps, consacré à la vie du physicien Stephen Hawking, a collaboré avec les membres de Queen [ces « erreurs » ont été listées par Alex, une lycéenne française de 17 ans, fan du chanteur. Voir ICI].      

mercredi 17 juin 2020

SISTER ACT 2 - BACK IN THE HABIT film musical de Bill DUKE (USA-1993)



Sister Act, acte 2 (Titre original : Sister act - Back in the habit) est une comédie américaine réalisée par Bill Duke et sortie en 1993. Il s’agit de la suite du film Sister Act sorti en 1992.

Résumé

Après l’épisode du couvent Ste. Catherine, Dolores Van Cartier (Whoopi Goldberg) est retournée à Las Vegas et a repris sa carrière de meneuse de revue. Elle reçoit une délégation de sœurs qui lui demandent de revenir à San Francisco car la mère supérieure (Maggie Smith) a besoin d’elle pour redorer le blason de son école, qui accueille des jeunes défavorisés. En effet, l’école San Francisco où les sœurs enseignent est menacée de fermeture en raison des agissements de l'immonde Mr. Crisp, un financier sans scrupules. Bien que d'abord réticente, Dolores reprend donc du service et réendosse l’habit de sœur Marie-Clarence. Elle parviendra à monter une chorale avec les élèves difficiles qu'elle mènera jusqu’à la réussite.

Mon opinion

Vu à la télévision. 

Les suites de films qui ont marché sont rarement un succès car trop souvent, on reprend les mêmes ingrédients jusqu’à plus soif. Dans le cas de ce film, l’intelligence du scénariste Joseph Howard a été de conserver les personnages principaux mais de transformer l’essai en intégrant des jeunes dans la distribution. Et ce 2ème opus, s’il a été critiqué par les professionnels, a plu au public. Un opus 3 était prévu mais il n’est jamais sorti. En revanche, la comédie musicale qui en a été adaptée près de 20 ans après a battu des records dans le monde entier, que ce soit en Amérique (Pasadena et Atlanta, 2006-2007 ; New York, 2011 ; Montréal, 2014), ou en Europe (Londres, 2009 ; Hambourg, 2010 ; Vienne et Milan, 2011 ; Paris, 2012 ; Pays Bas, 2013 ; Suisse, 2018…)                                                                                                    

jeudi 18 juillet 2019

YESTERDAY, film musical de Danny BOYLE (GB-2019)



Yesterday est un film britannique réalisé par Danny Boyle, sorti en 2019 sur un scenario de Richard Curtis, le scénariste de Quatre mariages et un enterrement, Coup de foudre à Notting Hill, Le journal de Bridget Jones, Love actually, Good morning England, etc. Il s'agit d'une uchronie, décrivant un monde parallèle où personne ne se souviendrait des Beatles, sauf le personnage principal.

Présentation

Jack Malik (Himesh Patel), est un jeune compositeur-interprète qui n’arrive pas à percer et n’a, comme public, que sa famille et ses amis.

Pour gagner sa vie, Jack travaille comme manutentionnaire dans un supermarché du Suffolk. Une seule personne, Ellie Appleton (Lily James), son amie d’enfance, croit en lui et lui sert de manager bénévole.

Après un ultime essai peu glorieux au festival Latitude, Jack, complètement découragé, se fait percuter par un bus en rentrant chez lui à vélo, pendant une panne d’électricité qui affecte la planète entière pendant 12 minutes. Lorsque la lumière revient, Jack se retrouve à l’hôpital, se réveillant d’un coma avec Ellie qui le veille. A part deux dents de devant qu’il a perdues dans le choc, l’accident ne lui a pas laissé de séquelles.

Plus tard, ayant abandonné l’idée d’interpréter ses propres chansons, il fait une reprise à la guitare d’un des titres-phares des Beatles, Yesterday. Et, pour la 1ère fois de sa vie, il est acclamé par son public. Il se rend compte alors que tout le monde le croit l’auteur du morceau et que personne, autour de lui, ne semble connaître le fameux groupe anglais. Au fur et à mesure, il découvre que d’autres choses ont aussi été « effacées » de ce monde dans lequel il s’est réveillé : les Beatles ne sont pas les seuls à avoir « disparu ». C’est aussi le cas du Coca-Cola ou de... Harry Potter.

D’abord hésitant, il reprend un à un les grands standards des Beatles sans oser dire qu’il n’en est pas l’auteur. Mais pour quelqu’un qui n’a connu que l’échec, il se repaît de ce succès tardif même s’il se sait imposteur.

Un jour, sa notoriété grandissant, il a la surprise d’avoir la visite chez lui d’Ed Sheeran (lui-même) qui lui propose de faire sa 1ère partie de concert à Moscou puis à Los Angeles où, pris en charge par Debra Hammer (Kate McKinnon), la manageuse de Sheeran, il finit par vite éclipser le maître.   

Mon opinion sur ce film

De la 1ère image à la dernière, ce film est une pure jouissance. On retrouve, dans le parcours du héros, un inconnu auquel le hasard (ici une panne de courant) donne un incroyable coup de pouce jusqu’à le porter au faîte de la gloire, schéma d’un autre grand film du même réalisateur, Slumdog Millionaire.
Mais ici, rien des noirceurs de ce chef d’œuvre mais une pure comédie, terriblement efficace et d’autant plus enthousiasmante qu’elle est portée par la musique des Beatles que l’on redécouvre, comme si, nous aussi, nous l’avions oubliée avec, en prime, un pèlerinage sur tous les lieux mythiques qui sont liés à l’histoire du groupe : Abbey Road, Strawberry fields, Penny Lane, etc.

Chapeau bas à l’acteur Himesh Patel, qui interprète en live les chansons du film. Un grand moment de nostalgie joyeuse ! Bravo aussi à la craquante Lily James (A vif !, Baby driver, Les heures sombres...)  

jeudi 13 juin 2019

SISTER ACT comédie d'Emile ARDOLINO (USA - 1992)



Sister Act est une comédie et un film musical américain d'Emile Ardolino, sorti en 1992. E. Ardolino avait précédemment réalisé un autre film musical célèbre, Dirty Dancing (1987). Il ne put, hélas, pas profiter du succès de Sister Act car il mourut un an après sa sortie, en 1993. 

Présentation

L’action commence dans un cabaret le « Clair de Lune », situé à Reno dans le Nevada. Une chanteuse, Dolores Van Cartier (Whoopi Goldberg) en est la vedette. Dolores est la compagne du gérant du cabaret, Vince LaRocca (Harvey Keitel). Un soir, elle assiste au meurtre d’un homme par Vince. Bravant les menaces de Vince si elle ne tient pas sa langue, elle va le dénoncer à la police. Le lieutenant Eddie Souther (Bill Nunn), qui recueille son témoignage, la met à l’abri jusqu’au procès, dans un couvent de San Francisco avec la complicité de l’évêque et de la Mère supérieure (Maggie Smith) qui, seule, connaît la vérité. Sous le nom de Marie-Clarence, Dolores va se faire passer pour une des religieuses. On imagine combien il sera difficile, pour Dolores, de se plier aux règles strictes du couvent. La Mère supérieure, consciente de l’atout que représente une chanteuse, va l’affecter à la chorale. Dolorès, sincèrement passionnée par cette activité, va alors donner un nouvel élan à ses compagnes, au fil du temps, en leur apprenant le gospel. L'établissement religieux invitera notamment les sœurs à une réorchestration musicale de leurs chants et les préparera à donner un concert de gospel devant le Pape Jean-Paul II.

Mon opinion sur ce film

Bien que le film ait près de 20 ans, il n’a pas pris une ride et on est toujours enthousiasmé par l’extraordinaire prestation de Whoopi Goldberg et la non moins éblouissante interprétation de Maggie Smith. Sister Act a eu un succès international mérité, à telle enseigne qu’il a été suivi, un an plus tard, par Sister Act 2, qui, malgré les mauvaises critiques et un succès moindre, a tout de même réalisé 100 millions de dollars de recettes mondiales. La comédie musicale qui en a été tirée à partir de 2006 a été encore plus appréciée et a connu pas moins de 9 adaptations (la dernière, à Montréal, en 2014). Au-delà de la comédie, qui est très réussie, le film traite aussi de la criminalité, de la mafia et de la situation des jeunes des quartiers défavorisés de San Francisco, où il a été tourné.      

mercredi 30 janvier 2019

LES PARAPLUIES DE CHERBOURG de Jacques DEMY (FR-D 1964)


En hommage au décès du compositeur Michel Legrand, mort le 26 janvier 2019



Les Parapluies de Cherbourg est un film musical franco-allemand de Jacques Demy, sorti en 1964. C'est le premier des deux films entièrement chantés de Jacques Demy, le second étant Une chambre en ville (1982).

Présentation

Geneviève (Catherine Deneuve) travaille avec sa mère, Mme Emery (Anne Vernon), veuve, dans le magasin de parapluies qu’elle tient à Cherbourg. Geneviève est amoureuse de Guy Foucher (Nino Castelnuovo), un jeune homme mécanicien dans un garage. Guy a été élevé par sa marraine Elise (Mireille Perrey), une dame âgée et malade dont s’occupe une jeune fille Madeleine (Ellen Farner). Mme Emery ne voit pas d’un bon œil cette idylle entre sa fille et un ouvrier. Elle préfèrerait qu’elle épouse Roland Cassard (Marc Michel), un diamantaire qui voyage entre Anvers, Paris et New York.  Nous sommes en 1957, au moment de l’intensification de la guerre d’Algérie. Guy est appelé sous les drapeaux. Après son départ, Geneviève se rend compte qu’elle est enceinte. Au début, elle reste fidèle à son amourmais son absence se prolongeant, elle cède aux instances de sa mère et épouse Cassard.

Lorsque Guy revient, blessé, de la guerre, c’est pour apprendre que sa marraine est morte et que Geneviève en a épousé un autre. Déprimé, il se met à boire et n’est sauvé que par Madeleine, qui l’épouse et lui donne un fils, prénommé François. Grâce à l’héritage de la marraine de Guy, celui-ci réalise son rêve : ouvrir son propre garage.

Deux ans passent et, à la veille de Noël, alors que Madeleine et son fils sont allés voir les vitrines, une voiture s’arrête devant la station service de Guy. Geneviève est au volant avec, assise à côté d’elle, sa petite Françoise. Les anciens amants échangent quelques mots dans lesquels on ressent toute leur tristesse d’avoir été séparés par les circonstances de la vie. Geneviève remonte dans sa voiture et s’en va. Peu après, Madeleine revient avec son fils et tous les trois se lancent dans une bataille de boules de neige.

Mon opinion

J’ai vu pour le jour de l’an Lesdemoiselles de Rochefort dont j’ai parlé dans ce blog. Je n’avais jamais encore vu Les parapluies de Cherbourg qui l’avait précédé de 3 ans. Ce film a été programmé par Arte le lendemain du décès du compositeur Michel Legrand, intervenu le 26 janvier 2019. J’ignorais totalement que le sujet du film, sous ses aspects légers, voire franchement « cucul la praline » (les textes sont d’une indigence rare !), était aussi sombre. Je dois dire que j’ai de beaucoup préféré Les demoiselles de Rochefort, ne serait-ce que pour les moments dansés, qui sont totalement absents des Parapluies. Je trouve que ce film a beaucoup plus mal vieilli que Les demoiselles dont j’ai du mal à comprendre qu’il ait pu obtenir la Palme d’or au festival de Cannes 1964. Bien sûr, il reste le magnifique et entêtant refrain "Ô mon amour ne me quitte pas"  et quelques beaux moments, comme celui des bouleversantes retrouvailles de Geneviève et Guy et de la bataille de boules de neiges finale.    

Depuis quelques jours je vis dans le silence des quatre murs de mon amour
Depuis ton départ l’ombre de ton absence me poursuit chaque nuit et me fuit chaque jour
Je ne vois plus personne, j’ai fait le vide autour de moi
Je ne comprends plus rien parce que je ne suis rien sans toi
J’ai renoncé à tout parce que je n’ai plus d’illusions
De notre amour écoute la chanson
Non, je ne pourrai jamais vivre sans toi, je ne pourrai pas
Ne pars pas, j’en mourrai, un instant sans toi et je n’existe pas
Mon amour ne me quitte pas, mon amour je t’attendrai toute ma vie
Reste près de moi, reviens je t’en supplie
J’ai besoin de toi, je veux vivre pour toi
Oh mon amour ne me quitte pas
Ils se sont séparés sur le quai d’une gare
Ils se sont éloignés dans un dernier regard
Oh je t’aime ne me quitte pas
  

dimanche 28 janvier 2018

ACCROSS THE UNIVERSE film de Julie Taymor (GB/USA-2007)


Across the Universe est un film musical anglo-américain de 2007 réalisé par Julie Taymor et écrit par Dick Clement et Ian La Frenais. Le script est fondé sur une histoire originale inspirée des textes de 34 chansons des Beatles, réinterprétées par les acteurs du film.

Présentation

Jude (Jim Sturgess, découvert dans Upside down) est ouvrier aux chantiers navals de Liverpool mais rêve d’aller en Amérique pour retrouver son père, dont il sait qu’il habite New York et travaille à l’Université Columbia.

Arrivé sur place, il apprend que son père, qu’il imaginait être un célèbre professeur, est en fait gardien de l’Université. Il est en outre marié et a des enfants et n’a pas grand-chose à faire de ce jeune adulte qui débarque d’Angleterre. Cependant, Il ne renvoie pas Jude et lui propose un lit de camp dans les locaux techniques de l’Université mais il ne va pas jusqu’à l’inviter chez lui et le présenter à sa famille.

Heureusement pour Jude, dès son arrivée sur le campus, il a rencontré Maxwell « Max » Anderson (Joe Anderson), un fils de famille qui préfère passer son temps avec ses copains à faire les 400 coups plutôt que de se consacrer à ses études.

Malgré tout, Max est un brave garçon et il invite Jude à passer Thanksgiving dans sa famille. Là, Jude rencontre la jeune sœur de Max, July (Evan Rachel Wood), et c’est le coup de foudre.

Quelque temps après, July vient rejoindre son frère et Jude à Greenwich village où ils occupent un squat qu’ils partagent avec Sadie (Dana Fuchs), une chanteuse dont la carrière démarre, et sa bande. Nous sommes dans les années 1960, en pleine contestation contre la guerre du Vietnam (le président est Lyndon B. Johnson), du LSD, des voyages spirituels et du rock'n roll…

Lucy milite dans une association anti-guerre pendant que Jude dessine pour des revues engagées.
Quant à Max, malgré tous ses efforts, il est incorporé et devra affronter l’enfer du Vietnam dont il reviendra plus blessé moralement que physiquement.

Ayant pris part à une manifestation anti-guerre, Jude est expulsé et doit repartir, la mort dans l’âme, en Angleterre.

Mais, ne pouvant se faire à cette vie, il décide de revenir à New York. Il y arrive pour assister à l’évacuation par la police du concert que donne Sadie sur le toit d’un immeuble (référence au dernier concert des Beatles sur le toit d’Apple Records en 1969 – voir plus bas). Jude, qui arrive alors que le toit a été évacué, profite des micros restés branchés pour entonner le fameux hymne à l’amour des Beatles « All you need is love » et le transforme en déclaration d’amour pour Lucy. Le générique de fin défile lui sur une autre chanson-culte des Beatles « Lucy in the sky with diamonds » (interprétée par Bono).

Distribution
  • Evan Rachel Wood : Lucy Carrigan
  • Jim Sturgess : Jude
  • Joe Anderson : Maxwell Carrigan
  • Dana Fuchs : Sadie
  • Martin Luther McCoy : Jo-Jo
  • T.V. Carpio : Prudence
  • Spencer Liff : Daniel
  • Angela Mounsey : Martha Feeny, la mère de Jude
  • Robert Clohessy : Wesley « Wes » Huber, le père de Jude
  • Salma Hayek fait une rapide apparition dans le rôle de Bang Bang Shoot Shoot Nurses, de même que Bono (Dr Robert) et Joe Cooker (Bum/Pimp/Mad Hipple)  
Chansons des Beatles dans le film*

Les compositions des Beatles entendues sur la bande originale, listées dans l'ordre chronologique du film. La plupart sont interprétées sans doublage par les acteurs du film qui sont aussi chanteurs, Jim Sturgess, Dana Fuchs, Evan Rachel Wood, Joe Anderson, Martin Luther McCoy ainsi que quelques guest-stars comme Bono, Joe Cooker.  
  • Girl, par Jim Sturgess
  • Helter Skelter, qui apparaît deux fois dans le film (tout comme le refrain de Revolution). Est interprété par Dana Fuchs (reprise plus tard dans le film, combinée avec Across The Universe), Hold Me Tight, par Evan Rachel Wood et Lisa Hogg, …
  • All My Loving, par Jim Sturgess
  • I Want to Hold Your Hand, par T.V. Carpio
  • With a Little Help from My Friends, par Joe Anderson et Jim Sturgess
  • It Won't Be Long, par Evan Rachel Wood
  • I've Just Seen a Face, par Jim Sturgess
  • Let It Be, par Carol Woods et Timothy T. Mitchum
  • Come Together, par Joe Cocker et Martin Luther McCoy
  • Why Don't We Do It in the Road ?  par Dana Fuchs
  • If I Fell, par Evan Rachel Wood
  • I Want You (She's So Heavy), par Joe Anderson, Dana Fuchs et T.V. Carpio
  • Dear Prudence, par Dana Fuchs, Jim Sturgess, Evan Rachel Wood et Joe Anderson
  • Flying, par The Secret Machines (les interprètes n'apparaissent pas à l'écran)
  • Blue Jay Way, par The Secret Machines (les interprètes n'apparaissent pas à l'écran)
  • I Am the Walrus, par Bono et The Secret Machines
  • Being for the Benefit of Mr. Kite!, par Eddie Izzard
  • Because, par Evan Rachel Wood, JimSturgess, Joe Anderson, Dana Fuchs, T. V. Carpio et Martin Luther McCoy
  • Something, par Jim Sturgess
  • Oh! Darling, par Dana Fuchs et Martin Luther McCoy
  • Strawberry Fields Forever, par Jim Sturgess et Joe Anderson
  • Revolution, par Jim Sturgess (le refrain est repris plus tard dans le film par Evan Rachel Wood durant la scène dans la cabine téléphonique)
  • While My Guitar Gently Weeps, par Martin Luther McCoy (avec Jim Sturgess pour l'un des couplets)
  • Across the Universe, par Jim Sturgess
  • Happiness is a Warm Gun, par Joe Anderson et Salma Hayek
  • A Day in the Life, par Jeff Beck (extrait instrumental)
  • Blackbird, par Evan Rachel Wood
  • Hey Jude, par Joe Anderson (avec Angela Mounsey pour l'un des couplets)
  • Don't Let Me Down, par Dana Fuchs et Martin Luther McCoy
  • All You Need Is Love, écrite par John Lennon, interprétée par Jim Sturgess (d’abord a Capella puis accompagné par Dana Fuchs, T.V. Carpio et Martin Luther McCoy
  • Lucy in the Sky with Diamonds, par Bono (avec The Edge aux chœurs ; la chanson sert de générique de fin)
Noms des personnages*

Les noms des personnages du film sont, pour la plupart, tirés de noms cités dans des chansons des Beatles :

  • Lucy Carrigan, inspiré de la chanson Lucy in the Sky with Diamonds
  • Max Carrigan, inspiré de la chanson Maxwell's Silver Hammer
  • Jude Feeny, inspiré de la chanson Hey Jude
  • Sadie, inspiré de la chanson Sexy Sadie'
  • Jo-Jo, inspiré de la chanson Get Back
  • Desmond, inspiré de la chanson Ob-La-Di, Ob-La-Da (absente du film)
  • Mr. Kite, inspiré de la chanson Being for the Benefit of Mr. Kite
  • Martha Feeny, inspiré de la chanson Martha My Dear
  • Doctor Robert, insipré de la chanson Doctor Robert
  • Prudence, Inspiré de la chanson Dear Prudence
  • Rita, inspiré de la chanson Lovely Rita (absente du film)
  • Bill, inspiré de la chanson The Continuing Story of Bungalow Bill (absente du film)
  • Molly, inspiré de la chanson Ob-La-Di, Ob-La-Da (absente du film)

Autres références aux Beatles*

Certains faits et propos tenus par les personnages font référence à des chansons originales des Beatles ou à des anecdotes les concernant :

Au début du film, un vieil homme dit : «Lorsque j'aurai soixante-quatre ans, je serai loin d'ici»,  référence à la chanson When I'm Sixty-Four.

Lors de la scène du repas de Thanksgiving, la grand-mère de Max et Lucy parle de la sauce aux canneberges (« cranberry sauce ») ; ces mots sont murmurés par John Lennon dans la chanson Strawberry Fields Forever et font partie des prétendus « indices » cachés dans les chansons des Beatles.

Quand Jude et Max rencontrent Sadie, elle leur dit : «Vous avez l'air plutôt proprets. Mais vous pourriez avoir tué votre mamie au marteau », en référence à la chanson Maxwell's Silver Hammer (« Le Marteau d'argent de Maxwell »).

Lorsque le personnage de Prudence fait son apparition dans l'appartement que Max, Jude et Sadie partagent, elle entre par la fenêtre de la salle de bain, rappelant directement la chanson She Came in Through the Bathroom Window (« Elle est entrée par la fenêtre de la salle de bain. »), phrase que prononce d'ailleurs Jude après cette scène.

Le concert du début du film, à Liverpool, se déroule dans un club nommé « The Cavern », en référence au Cavern Club, salle de spectacle où les Beatles ont fait leurs débuts.
Avant de chanter Strawberry Fields Forever, Jude essaye de dessiner une pomme verte, logo d'Apple Records, label fondé par les Beatles.

Plus loin, après sa dispute avec July, il « crucifiera » des fraises saignantes sur un tableau, motif qui deviendra le logo de la marque de disques de Sadie mais est aussi une métaphore de la guerre qui se déroule au Vietnam et des manifestations sanglantes ayant lieu au même moment aux Etats-Unis. Ce logo, qui évoque aussi un cœur saignant, sert aussi d’affiche au film.  

Le concert final sur le toit est à rapprocher du « rooftop concert » de 1969, dernier concert des Beatles, sur le toit d'Apple Records**, lui aussi interrompu par l'intervention de la police.


Mon opinion sur ce film

J’ai voulu voir ce film en raison de la présence, au générique, de Jim Sturgess. Dans ce film, il incarne Jude, le personnage principal avec celui de Lucy (Evan Rachel Wood).

Le film est un OCNI (Objet Cinématographique Non Identifié), et peut décontenancer le public. Il mêle en effet une histoire d’amour entre Jude et Julie, une histoire d’amitié (avec Max – Joe Anderson), avec des parties chantées et dansées, des images psychédéliques, et des scènes complètement déjantées qu’on ne peut comprendre qu’à la lumière du texte des chansons. Le tout donne quelque chose de surprenant, bizarre, un peu comme si l’on avait mélangé de la glace à la fraise avec de la menthe, en saupoudrant le tout de LSD. La seule attitude à avoir vis-à-vis d’un tel film est, soit de s’arrêter de le regarder, soit de se laisser embarquer sans trop chercher à comprendre. Après la première surprise, c’est ce que j’ai fait. Mais je dois reconnaître qu’il faut une sacrée dose d’ouverture d’esprit (et surtout aimer la musique des Beatles) pour ne pas décrocher.    

Notes

* Ces paragraphes sont issus de l’article de Wikipedia consacré au film.
** Label fondé par les Beatles en 1968 qui n'a rien à voir avec la marque Apple, fondée par Steve Jobs en 1976. 

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dimanche 19 mars 2017

LA LA LAND film musical de Damien Chazelle (USA-2017)


La La Land est un film américain écrit et réalisé par Damien Chazelle, sorti le 9 décembre 2016 aux États-Unis et au Canada et le 25 janvier 2017 en Belgique et en France. Ce film marque la troisième collaboration entre Ryan Gosling et Emma Stone après Crazy, Stupid, Love (2011) et Gangster Squad (2013). En anglais américain, l'expression « La La Land » désigne le quartier de Hollywood à Los Angeles, ainsi qu'une situation déconnectée de la réalité.

La La Land est aussi le titre d’une chanson du groupe Green Velvet (2001) ; La-La Land Records est le nom d’une société discographique spécialisée dans les bandes originales de films fondée en 2002 ; The La la land store est enfin un immense magasin de disques fourre-tout, qui vend des T-shirts, des posters de stars de Hollywood et de groupes de rock et une multitude d'objets souvenirs rappelant la musique et le cinéma, situé au 7001, Hollywood Blvd. à Los Angeles.      
 
Damien Chazelle est un réalisateur américain, de père français. Il a écrit le scénario de cette comédie musicale en 2010, alors qu’il n’avait que vingt-cinq ans. Ne parvenant pas à trouver un studio susceptible de financer le film, il décide d'abord de réaliser Whiplash, un projet moins ambitieux. Devant le succès de ce premier film, Summit Entertainment accepte de produire La La Land en 2015.

Présenté en ouverture de la Mostra de Venise en août 2016, le film remporte un succès critique. Emma Stone obtient, quant à elle, la Coupe Volpi de la meilleure interprétation féminine. En janvier 2017, lors de la 74e cérémonie des Golden Globes, La La Land reçoit un record historique de sept récompenses, avant d'être distingué par quatorze nominations pour les Oscars 2017, égalant ainsi le record historique de Ève (1950) et de Titanic (1997). Il remporte six trophées, dont ceux du Meilleur réalisateur pour Damien Chazelle et de la Meilleure actrice pour Emma Stone, ainsi qu'une double consécration pour le compositeur Justin Hurwitz (Meilleure musique et Meilleure chanson originale pour City of Stars).

Résumé

Le film se déroule de nos jours, presque entièrement à Los Angeles. Il commence au milieu d’un embouteillage monstre sur une autoroute dont tous ceux qui ont un peu pratiqué la capitale de la Californie ont fait les frais. La scène est tournée lorsqu'on arrive de San Francisco au nord et que l'on découvre l'immensité de Los Angeles, qui occupe toute la cuvette, au sud, dont on reconnaît Downtown hérissée de tours, dans un lointain brumeux.

Mia (Emma Stone), est serveuse au café Warner situé au sein des studios d’Hollywood. Rêvant depuis son plus jeune âge d’être actrice, elle enchaîne sans succès des castings plus désastreux les uns que les autres. Sebastian (Ryan Gosling)  est un pianiste de jazz éclectique dont le rêve est d’ouvrir son propre club.

Lorsque le bouchon commence à se dissiper, Mia, qui répète son texte, ne démarre pas assez vite au gré de Sebastian qui la double en klaxonnant.  Furieuse, elle lui fait un doigt d’honneur en l’injuriant.

Peu après, elle passe une énième audition qui se révèle infructueuse.

Le soir, Mia se rend avec ses amies à une fête organisée dans une villa sur les hauteurs de Hollywood Hills (Someone in the Crowd). Lorsqu'elle veut reprendre sa voiture pour rentrer chez elle, elle constate, dépitée, que, mal stationnée, elle a été emmenée à la fourrière.

En parallèle, on voit Sebastian renvoyé le soir de Noël du café-concert où il joue car il n'a pas respecté les ordres du patron et s'est lancé une fois de plus dans une improvisations de jazz de son cru au lieu du répertoire de Noël imposé.

Alors qu'elle entre dans le restaurant, Mia l'entend interpréter le magnifique morceau, fil rouge du film, qui lui a valu son renvoi (Mia and Sebastian's Theme); alors qu'elle s’avance pour le féliciter, Sebastian, furieux d'avoir été viré, la bouscule, après avoir empoché les maigres pourboires qu’il a récoltés au cours de la soiré. 

Plusieurs mois plus tard, Mia croise à nouveau Sebastian dans une soirée où celui-ci joue dans un groupe des reprises de chansons des années 1980. Elle se moque de lui et de sa carrière stagnante ; il réplique en se moquant de sa piètre carrière d'actrice. Après le concert, ils repartent ensemble pour reprendre leurs voitures et, tout en se plaignant d’avoir passé la soirée ensemble, ils improvisent des pas de danse en contemplant le coucher de soleil sur Mount Hollywood drive, qui conduit à Griffith Park et à l'Observatoire Griffith (A Lovely Night) - l'un des plus beaux moments du film qui en compte beaucoup.

Etant tombés amoureux malgré des débits plutôt ratés, ils s’entraînent mutuellement à découvrir leurs passions respectives : Mia emmène Sebastian visiter les studios d’Hollywood où elle côtoie tous les jours stars et tournages et lui confie son rêve de devenir actrice et le plaisir qu’elle a à jouer la comédie. De son côté Sebastian invite Mia, qui dit ne pas aimer le jazz, dans un club où l'on joue un jazz authentique, le Lighthouse Cafe à Hermosa Beach, et il lui confie son rêve : ouvrir un jour son propre établissement. Au cours d’une conversation, Mia dit à Sebastian qu’elle n’a jamais vu La Fureur de vivre, l’un des films emblématiques de James Dean ; enthousiaste, elle accepte de le voir avec lui au cinéma Rialto (Pasadena). Elle a cependant oublié la soirée au restaurant organisée par son petit ami, Greg,  en l'honneur du passage de son frère à Los Angeles. La soirée avec Greg et son frère se révélant d’un ennui mortel, Mia la quitte brusquement pour rejoindre Sebastian au cinéma où le film vient à peine de commencer. Au moment où leurs mains se retrouvaient et où ils allaient échanger leur premier baiser, la pellicule brûle et le film s’interrompt. Comme la scène qu’ils s’apprêtaient à voir se déroulait au planétarium de l'Observatoire Griffith, qui domine Hollywood, Sebastian entraîne Mia vers ce lieu mythique du récit de La Fureur de vivre (Planetarium). Une fois sur place, ils peuvent terminer leur baiser interrompu lors de la séance de cinéma.

Après de nouvelles auditions ratées, Mia commence à désespérer. Mais, encouragée par Sebastian, elle se décide à se mettre à rédiger un one-woman-show qui raconte son départ de sa ville natale, Boulder, au Nevada, pour réaliser ses rêves à LA. De son côté, Sebastian décroche un emploi dans un club de jazz et emménage avec Mia (Summer Montage). Il y retrouve Keith (John Legend), un de ses vieux camarades de lycée, qui lui propose de venir jouer avec le groupe de jazz-rock qu’il a monté. Dans un premier temps, Sebastian refuse car, d’une part, il semble avoir un contentieux avec Keith, et d’autre part, il est trop puriste pour aimer le style musical du groupe. Cette fois, c'est Mia qui l’encourage à faire un essai avec Keith. Ni l'un ni l'autre n'imagine alors que la conséquence de ce choix entraînera leur séparation. En effet, le succès venant, Sebastian se prend au jeu et il accepte de partir en tournée avec son nouveau groupe, abandonnant Mia à l'écriture de son "one-woman show".

Un soir, Mia, après avoir essayé en vain d’avoir Sebastian au téléphone, rentre chez elle pour découvrir qu'il lui a fait la surprise de lui préparer un repas d’amoureux. D'abord heureuse, elle déchante lorsqu'il lui apprend que le succès du groupe l’amène à prolonger sa tournée de plusieurs mois et qu’ils vont être séparés si le succès se confirme. Sebastian reconnaît qu’après des années de galère il a enfin, non seulement trouvé un revenu stable mais qu’en plus il est heureux de pouvoir jouer devant des salles pleines et un public enthousiaste. Ils ont leur première querelle d’amoureux, Mia accusant Seb d’avoir abandonné son rêve d'un jazz pur et ne pouvant accepter d’être plus longtemps séparée de lui, elle lui demande de démissionner. Seb lui fait remarquer que c'est elle, à l'origine, qui lui a conseillé de signer le contrat avec le groupe de Keith. La discussion s'envenime : Seb affirme qu'elle l'aimait davantage quand il était un artiste fauché. Vexée et furieuse, Mia quitte l'appartement.

Plus tard, après avoir terminé l’écriture de son spectacle, Mia s’apprête à le présenter dans un théâtre qu’elle a loué pour l’occasion. Sebastian, qui avait promis d’assister à la première, lui fait faux-bond car il est retenu par une séance photo avec son groupe. Le spectacle est un échec : seule une dizaine de personnes y assiste et les critiques qu'entend Mia de la part de certains spectateurs sont meurtrières. Mia craque et décide d'abandonner la carrière d'actrice. Elle quitte Los Angeles et retourne vivre chez ses parents à Boulder City au Nevada.

Quelques jours après, on retrouve Sebastian, seul dans l’appartement qu’ils ont habité ensemble. Il reçoit un appel d'une directrice de casting qui a assisté au spectacle de Mia et veut lui faire une proposition pour un premier rôle dans un film qui doit se tourner à Paris. Malgré leur brouille, Sebastian roule jusqu'à Boulder City pour annoncer la bonne nouvelle à Mia mais celle-ci, traumatisée par ses échecs, refuse de le suivre pour éviter une nouvelle humiliation. Il lui fixe un ultimatum : il viendra l'attendre à 8.00 H précise le lendemain matin devant chez ses parents pour la conduire au casting.

Durant l'audition, les recruteurs demandent à Mia de leur raconter une histoire : elle commence en parlant de sa tante, qui a vécu à Paris et lui a donné l’envie de devenir comédienne alors qu’elle n’était qu’une petite fille. Puis, elle se lance dans une improvisation en chantant (Audition/The Fools Who Dream). Certain que Mia a réussi son audition, Sebastian lui conseille de tenter sa chance dans le cinéma. Ils se promettent alors de s'aimer toujours, sans savoir de quoi le lendemain sera fait.

On les retrouve cinq ans plus tard, Mia, devenue une actrice célèbre, est désormais mariée à un autre homme avec qui elle a une fille. Un soir, après avoir dîné au restaurant, Mia et son mari vont boire un verre dans un club de jazz. En entrant, Mia remarque le logo du bar : Seb's (c'était elle qui l'avait suggéré à Sebastian lorsqu'ils étaient ensemble.) Mia s'installe dans le public et regarde Sebastian jouer du piano. Celui-ci interprète la chanson qu'il jouait lorsqu'ils s'étaient rencontrés pour la première fois (Epilogue). Durant cette chanson, chacun imagine ce qu'aurait pu être leur histoire si la vie ne les avait pas séparés. À la fin de la chanson, Mia se lève et part avec son mari ; sur le seuil de la porte d'entrée, elle et Sebastian s'adressent un dernier sourire dans lequel on ressent toute la frustration de s'être laissés dicter un avenir différent de celui dont ils avaient rêvé.

Difficultés à réaliser le film

Damien Chazelle a commencé à travailler sur son scénario alors qu'il était étudiant à l'université d’Harvard, avec son meilleur ami et colocataire, Justin Hurwit, le compositeur de la bande originale du film. En 2010,  peu après avoir achevé leurs études, ils déménagent tous les deux à Los Angeles et continuent à travailler sur le scénario, modifiant l’action initiale, qui se déroulait à Boston, pour la déplacer à Los Angeles.

D. Chazelle peine à trouver des financements : les studios sont réticents à l'idée de produire un film musical contemporain ne comprenant que des chansons originales, inconnues du public. En outre, il s'agit d'un film musical de jazz - un genre que The Hollywood Reporter a qualifié de « genre définitivement éteint » (idée plusieurs fois évoquée dans le film) - et Justin Hurwitz et lui étaient alors jeunes et inconnus. Des amis finissent par lui présenter deux producteurs, Fred Berger et Jordan Horowitz, qui transmettent le scénario au studio Focus Features avec un budget estimé à environ un million de dollars. Toutefois, celui-ci demande à D. Chazelle de modifier plusieurs éléments : faire du personnage principal un artiste de rock plutôt qu'un pianiste de jazz ; changer la scène d'ouverture, jugée beaucoup trop complexe à réaliser et… trouver une autre fin au film. D. Chazelle, peu disposé à faire de si gros sacrifices, décide d'abandonner provisoirement La La Land et s'attelle à un nouveau projet, Whiplash, un film au budget plus modeste.

Ce film sort en 2014 et est bien accueilli lors de sa première projection au festival du film de Sundance. Avec ce succès d'estime, Damien Chazelle se remet alors à espérer pouvoir réaliser le projet dont il rêve depuis des années. Un an plus tard, Whiplash obtient la consécration avec cinq nominations à la 87e cérémonie des Oscars, dont celle dans la catégorie du meilleur film, et près de cinquante millions de dollars de recettes dans le monde (pour un budget initial de 3,3 millions).

Il est désormais temps de repartir à l'assaut des producteurs. En 2015, Summit Entertainment et Black Label Media acceptent de participer au financement de La La Land et d'en assurer la distribution. Patrick Wachsberger, du studio indépendant Lionsgate, convainc même Damien Chazelle d'augmenter le budget de son film car les comédies musicales de qualité, selon lui, ne peuvent être réalisées avec un budget réduit. Le tournage débute officiellement le 10 août 2015 et s'achève au bout d'un peu plus d'un mois, à la mi-septembre 2015, ce qui est un record pour un film de ce genre (certains films ont mis plusieurs mois à se faire, jusqu'à 8 pour Twilight et 10 pour Le Seigneur des Anneaux !)

Influences

Le film se nourrit de diverses influences, bien que la principale soit la comédie musicale hollywoodienne de l'âge d'or, à commencer, bien évidemment, par la plus célèbre d'entre elles West side story (1961). La La Land comprend ainsi de nombreuses références à des classiques tels que Broadway qui danse, Chantons sous la pluie ou Tous en scène ou Beau fixe sur New York, avec Gene Kelly. La photographie colorée et l'ambiance pop du film sont quant à elles inspirées par Les Parapluies de Cherbourg (1964) et Les Demoiselles de Rochefort (1967)* de Jacques Demy - et notamment par ce dernier, qui comprend plus de danse et dont la bande originale est plus proche du jazz. La sublime scène au Planétarium Griffith, poétique et fantastique, m’a aussi rappelé Mary Poppins, lorsque les deux amoureux, en apesanteur, dansent dans les étoiles. Damien Chazelle déclare également avoir été inspiré par des films musicaux moins connus des années 20 comme ceux dédiés à une ville (Manhatta*; L'Homme à la caméra (1929)), qui filment respectivement New York et plusieurs villes soviétiques [*Il ne s’agit pas d’une coquille. Plusieurs films sont intitulés Manhattan, mais le film auquel il est fait référence s’intitule bien Manhatta (sans le "n"). Il s’agit d’un court-métrage documentaire sur Manhattan, réalisé par le peintre Charles Sheeler et le photographe Paul Strand en 1921].



* On vient d'apprendre (26/01/2019) la mort à 86 ans du musicien français Michel Legrand, compositeur de très nombreuses musiques de film, en particulier des chefs-d'oeuvre de Jacques DemyLes parapluies de Cherbourg et Les demoiselles de Rochefort qui ont beaucoup inspiré La La Land.  

Outre la référence au film La Fureur de vivre, avec la scène à l'observatoire Griffith, le film fait allusion à Magic in the Moonlight de Woody Allen (2014), où jouait déjà Emma Stone. Dans ce film, Stanley (Colin Firth) et Sophie (Emma Stone) trouvent refuge pendant l’orage dans l’observatoire de Nice, situé au sommet du mont Gros (France).

Tout au long du film, on peut voir plusieurs fausses affiches de films hollywoodiens créés par le chef décorateur David Wasco ; l'une d'entre elles, censée être celle d'une comédie musicale des années 1930, porte le titre du premier film réalisé par Damien Chazelle, Guy and Madeline on a Park Bench.

Pour retrouver l'esprit de ces films, le réalisateur souhaitait que les numéros musicaux soient filmés en une seule prise, comme l'étaient les films des années 30 avec Ginger Rogers et Fred Astaire. Il voulait également imiter l'apparence des films en format CinemaScope des années 1950, comme Beau fixe sur New York, et a ainsi utilisé un équipement Panavision en format large ; le format CinemaScope d'époque n'étant plus aujourd'hui disponible.

Les lieux de tournage

L'action du film étant située à Los Angeles, le réalisateur a sélectionné plus de soixante lieux de tournage différents dans la ville. Il souhaitait tourner dans des endroits du Los Angeles « historique », à l'abandon, voire démolis. Des scènes ont ainsi été filmées dans des lieux mythiques de Hollywood (le Château Marmont, qui apparaît souvent dans le cinéma, en particulier dans le film de Sofia Coppola, Somewhere, des villas de Hollywood Hills, des studios de la Warner Bros, etc.). Le film est émaillé d'autres lieux touristiques comme les Watts Towers, Hermosa Beach ou South Pasadena. Un bon nombre de scènes n'ont nécessité qu'une seule prise. L'une des plus belles scènes, selon moi, se déroule sur Mount Hollywood Drive, qui évoque un autre lieu mythique, Mulholland Drive, mais on est très loin de l'ambiance glauque qui a inspiré David Lynch pour son film homonyme, Mulholland Drive.

Une scène se déroule également dans le funiculaire d'Angels Flight, construit en 1901 et fermé au public depuis 2013 à la suite d'un déraillement. L'équipe du film a  obtenu l'autorisation exceptionnelle de l'utiliser durant une journée de tournage.

On voit aussi plusieurs fois l’Observatoire Griffith, construit en 1935, dans le style art-déco. Cet endroit emblématique, qui domine Los Angeles et la baie de Santa Monica, a servi de décors à de très nombreux films ou séries, La fureur de vivre (1955), dont on voit un extrait dans La La Land, Mannix (1967), Terminator (1984), MacGyver, Bienvenue à Gattaca (1997), Terminator Genisys (2015), etc...      

La scène d'ouverture est la première à avoir été tournée. Elle a nécessité de bloquer l'accès à une portion d'un échangeur autoroutier permettant la connexion entre l'Interstate 105 et l'Interstate 110, qui conduit au centre-ville de Los Angeles (le Judge Harry Pregerson Interchange). Il a fallu obtenir l'autorisation de mobiliser la rampe d'accès à l'échangeur pendant deux jours, un samedi et un dimanche d'août 2015 ainsi que, une semaine avant, une partie du dimanche " afin de faire des essais de costumes" se souvient le réalisateur. Les répétitions des chorégraphies, supervisées par la chorégraphe Mandy Moore, ont quant à elles été effectuées sur plusieurs parkings de Los Angeles. Plus de cent danseurs mobilisés. Alors que la scène devait être tournée au niveau du sol, Chazelle a finalement décidé de la filmer sur l'échangeur, à environ trente mètres de hauteur, afin de montrer l'étendue de la ville. Le chef décorateur David Wasco déclara qu'il craignait fortement qu'un danseur ne passe accidentellement par-dessus la rambarde de sécurité et ne s'écrase en-dessous. Par ailleurs, les contraintes techniques furent presque insurmontables : des coups de vent violent menaçaient de faire tomber les grues sur les danseurs, les chorégraphies mettaient en danger les danseurs, etc., ce qui imposa de nombreuses modifications et une multiplication des prises. En outre, toutes les scènes devaient être tournées au même moment de la journée dans le but d'obtenir la même luminosité : « C'était un casse-tête technique. Bien que la scène puisse sembler être un seul plan-séquence, elle a été tournée en trois plans : le premier constituant les trois premières minutes, le deuxième jusqu'à quatre minutes et quarante-cinq secondes, et enfin le troisième jusqu'à la fin de la scène. Tandis que la scène finale a été tournée en steadicam, les deux premières prises ont été tournée avec des grues afin de filmer entre les voitures avec aisance.  

Initialement, le réalisateur souhaitait que la caméra passe de voiture en voiture, dans lesquelles le spectateur entendrait différents genres musicaux sur la radio de bord. Il s'est pour cela inspiré des ouvertures de films tels que Taxi Driver ou Fenêtre sur cour, où la mise en scène est relativement similaire (des inconnus vaquant à leurs occupations sans s'occuper de celles du voisin). Par ailleurs, l'ouverture musicale s'inspire également du film Aimez-moi ce soir (Love me Tonight), comme l'a confié le réalisateur lui-même : "Aimez-moi ce soir, le film de Rouben Mamoulian sorti en 1932, qui s'ouvre avec les sons du matin à Paris - il y a un cordonnier et un balayeur de rue - ; ces sons créent rythmes et cascades en nombre". La scène en elle-même est aussi inspirée du quotidien du réalisateur, qui vit à Los Angeles : "La scène vient du fait que je vis à Los Angeles et que je suis tout le temps dans les bouchons, à me demander si je veux me tirer une balle ou bien danser."  Je dois dire,pour y être allé, que les gigantesques bouchons des autoroutes de Los Angeles, particulièrement le matin au moment où les gens commencent leur journée, sont particulièrement impressionnants et un élément incontournable à prendre en compte pour les temps de trajet

Les scènes de danse

La scène de danse de six minutes (dite "de la Prius" (la voiture de Mia) sur Mount Hollywood Dr., devait être tournée durant la brève durée de « l'heure dorée », au coucher du soleil (sunset), particulièrement spectaculaire vu depuis la colline d'Hollywood. Elle fut tournée en huit prises, étalées sur deux jours. Lorsque Ryan Gosling et Emma Stone parvinrent enfin à réussir la scène, "tout le monde sauta de joie", selon les termes de cette dernière. Les deux acteurs principaux, qui ne sont pas danseurs de comédie musicale, faisaient de nombreuses erreurs de chorégraphie, notamment durant les numéros filmés en une seule prise. Néanmoins, Damien Chazelle s'est montré compréhensif envers leur manque d'expérience et a validé la prise malgré la subsistance de quelques erreurs. Par exemple, lors du tournage de la scène de la première danse entre Mia et Sebastian, Emma Stone a trébuché contre le dos d'un banc mais s'est rattrapée et a continué à jouer.

A la différence d'Emma Stone, qui n'est pas musicienne, Ryan Gosling, en plus d’être un acteur reconnu, est aussi bon musicien que chanteur.  En 2009, il avait fait partie du groupe les Dead Man's Bones, accompagné de Zach Shields également à la voix et à la guitare et de Morgan Slade, bassiste et compositeur. Le groupe sort son premier album la même année.

Bande originale

Les chansons et la bande originale du film ont été composées et orchestrées par Justin Hurwitz, qui avait déjà travaillé avec D. Chazelle sur ses deux premiers films. Les paroles des chansons ont été écrites par le duo de paroliers Pasek et Paul, à l'exception de Start a Fire, composée par John Legend (qui joue et chante dans le film), Hurwitz, Marius De Vries et Angélique Cinelu. Afin d'interpréter les six chansons où leurs personnages interviennent, Emma Stone et Ryan Gosling ont suivi des cours de danse et de chant. Depuis sa sortie, le 20 janvier dans l'hexagone, la bande originale du film La la land est une des meilleurs ventes sur ITunes France selon Le Figaro.

Lors de la 89e cérémonie des Oscars, le compositeur Justin Hurwitz obtint deux récompenses : celles de la meilleure musique et de la meilleure chanson originale pour City of Stars.

Sortie

La première mondiale de La La Land a eu lieu lors de la soirée d'ouverture du Festival international du film de Venise, le 31 août 2016. Le film est également projeté lors du Festival de Telluride, du Festival de Toronto en septembre 2016, et de l'AFI Fest en novembre 2016. Initialement, la sortie du film était prévue le 15 juillet 2016, mais en mars, le distributeur a annoncé que le film connaîtrait une sortie limitée le 2 décembre 2016 aux États-Unis, avant de sortir dans tout le pays le 16 décembre. La sortie fut à nouveau décalée au 9 décembre, où Lionsgate diffuse le film dans cinq salles. Le distributeur étend la sortie à deux cents salles le 16 décembre, puis à toutes les salles américaines le 25 décembre. Le 13 janvier, le film sort dans certains cinémas IMAX. La La Land sort le 22 décembre aux Pays-Bas, le 26 décembre en Australie et le 12 janvier 2017 au Royaume-Uni. Les sorties dans le reste du monde doivent s'étaler tout au long du mois de janvier 2017. Le film est finalement sorti le mercredi 25 janvier en France et en Belgique. Lors d'une conférence donnée par Justin Hurwitz à Austin (Texas) le 12 mars 2017, Lionsgate confirme la sortie du film le 11 avril en Digital et le 25 avril en Blu-Ray, DVD et avec une édition spéciale Blu-Ray 4K.

Réception critique

Après sept nominations et sept récompenses à la cérémonie des Golden Globes le 8 janvier 2017, La La Land connaît un succès critique. Ce succès se poursuit à Los Angeles aux Producers Guils of America Awards 2017 dans la catégorie Meilleur film. Ryan Gosling et Emma Stone remportent tous deux les récompenses dans les catégories respectives Meilleur acteur et Meilleure actrice aux Screen Actors Guild Awards 2017. La Mostra de Venise et le Festival International du Film de Toronto avaient également réservé un bon accueil au film en août et septembre 2016. Ces derniers ont choisi de récompenser Damien Chazelle pour son travail de réalisateur. Le film est nominé quatorze fois à la cérémonie des Oscars le 26 février 2017.

En France, l'accueil critique a été très positif : le site Allociné recense une moyenne des critiques presse de 4,3/5.49.

[Ce texte est en grande partie emprunté à plusieurs articles de l'encyclopédie en ligne Wikipedia]

Mon opinion sur ce film

J'ai hésité à aller voir ce film sur lequel les mauvaises critiques étaient aussi nombreuses que les bonnes. J'ai fini par y aller avant qu'il ne soit plus à l'affiche et je ne le regrette pas. Certes, si ce film n'est pas exempt de certaines critiques, comme sa longueur et la confusion de la scène finale dont on ne comprend pas forcément tout lors d'un premier visionnage, je l'ai beaucoup aimé. Je ne suis pourtant pas un grand fan des comédies musicales et je dois dire que la 1e scène (qui, semble-t-il, a représenté, pour le réalisateur, un exploit technique sans précédent) ne m'a pas emballé. Heureusement, le reste du film, en particulier certaines scènes, comme celle du duo de claquettes sur Hollywood Mountain Drive, celle du Planétarium, celle de l'audition de Mia ou la dernière scène, qui dégage une énorme émotion (à condition de la comprendre !!!), m'ont enchanté comme ne l'avait fait aucun film depuis de longs mois... 

Mais je conçois que ce film atypique ait pu dérouter beaucoup de spectateurs. En ce qui me concerne, j'ai apprécié son originalité et, bien qu'il fasse de nombreuses allusions (on peut même parler d'hommages) à ses grands prédécesseurs dans le domaine du film musical ou de la comédie musicale, son apport d'un souffle de fraîcheur sont un de ses grands atouts par les temps qui courent.

Bref, j'ai adoré et je recommande fortement La La Land à tous les amoureux de cinéma, de jazz (dont je suis pourtant un très mauvais défenseur), et de la ville de Los Angeles qui est superbement mise en lumière par Damien Chazelle.