dimanche 19 mars 2017

LA LA LAND film musical de Damien Chazelle (USA-2017)


La La Land est un film américain écrit et réalisé par Damien Chazelle, sorti le 9 décembre 2016 aux États-Unis et au Canada et le 25 janvier 2017 en Belgique et en France. Ce film marque la troisième collaboration entre Ryan Gosling et Emma Stone après Crazy, Stupid, Love (2011) et Gangster Squad (2013). En anglais américain, l'expression « La La Land » désigne le quartier de Hollywood à Los Angeles, ainsi qu'une situation déconnectée de la réalité.

La La Land est aussi le titre d’une chanson du groupe Green Velvet (2001) ; La-La Land Records est le nom d’une société discographique spécialisée dans les bandes originales de films fondée en 2002 ; The La la land store est enfin un immense magasin de disques, T-shirts, et objets souvenirs rappelant la musique et le cinéma, situé au 7001, Hollywood Blvd. à Los Angeles.      
 
Damien Chazelle est un réalisateur américain, de père français. Il a écrit le scénario de cette comédie musicale en 2010, alors qu’il n’avait que vingt-cinq ans. Ne parvenant pas à trouver un studio susceptible de financer le film, il décide de réaliser Whiplash, un projet moins ambitieux. Devant le succès de ce premier film, Summit Entertainment accepte de produire La La Land en 2015.

Présenté en ouverture de la Mostra de Venise en août 2016, le film remporte un succès critique. Emma Stone obtient, quant à elle, la Coupe Volpi de la meilleure interprétation féminine. En janvier 2017, lors de la 74e cérémonie des Golden Globes, La La Land reçoit un record historique de sept récompenses, avant de recevoir quatorze nominations pour les Oscars 2017, égalant ainsi le record historique de Ève (1950) et de Titanic (1997). Il remporte six trophées, dont ceux du Meilleur réalisateur pour Damien Chazelle et de la Meilleure actrice pour Emma Stone, ainsi qu'une double consécration pour le compositeur Justin Hurwitz (Meilleure musique et Meilleure chanson originale pour City of Stars).

Résumé

Le film se déroule de nos jours, presque entièrement à Los Angeles. Il commence au milieu d’un embouteillage monstre sur une autoroute dont la capitale de la Californie est coutumière. Mia (Emma Stone), est serveuse au café Warner situé au sein des studios d’Hollywood. Rêvant depuis son plus jeune âge d’être actrice, elle enchaîne sans succès les castings. Sebastian (Ryan Gosling), est un pianiste de jazz éclectique dont le rêve est d’ouvrir son propre club. Lorsque le bouchon commence à se dissiper, Mia, qui répète son texte, ne démarre pas assez vite au gré de Sebastian qui la double en klaxonnant.  Furieuse, elle lui fait un doigt d’honneur en l’injuriant. Peu après, elle passe une audition qui se révèle infructueuse. Le soir, Mia se rend avec ses amies à une fête organisée dans une villa sur les hauteurs de Hollywood Hills (Someone in the Crowd). Lorsqu'elle veut reprendre sa voiture pour rentrer chez elle, elle constate, dépitée, qu'elle a été emmenée à la fourrière.

Durant un concert dans un restaurant qui l’emploie, Sebastian est renvoyé car il a joué des improvisations de jazz au lieu des chansons de Noël exigées par le propriétaire. Alors qu'elle entre dans le restaurant, Mia l'entend interpréter le morceau qui lui a valu son renvoi (Mia and Sebastian's Theme), et s’avance pour le féliciter au moment où Sebastian se précipite au dehors avec les maigres pourboires qu’il a récoltés. Tout à sa colère, il la bouscule et quitte le club. 

Plusieurs mois plus tard, Mia croise à nouveau Sebastian dans une soirée où celui-ci joue dans un groupe de reprises de chansons des années 1980. Elle se moque de lui et de sa carrière stagnante ; il réplique en se moquant de sa piètre carrière d'actrice. Après le concert, ils repartent ensemble pour reprendre leurs voitures et, tout en se plaignant d’avoir passé la soirée ensemble, ils improvisent des pas de danse en contemplant le coucher de soleil sur Mulholland drive (A Lovely Night).

S'étant rapprochés, ils s’entraînent à découvrir leurs passions respectives : Mia emmène Sebastian visiter les studios d’Hollywood et lui confie son rêve de devenir actrice et le plaisir qu’elle a à jouer la comédie. De son côté Sebastian l'invite dans un club de jazz et lui confie son rêve : ouvrir un jour son propre établissement. Au cours d’une conversation, Mia dit à Sebastian qu’elle n’a jamais vu La Fureur de vivre, l’un des films emblématiques de James Dean ; enthousiaste, elle accepte avant de s'entendre rappeler par son petit ami, Greg  qu’ils sont attendus à un dîner en l'honneur du passage du frère de Greg à Los Angeles. La soirée avec Greg et ses amis se révélant d’un ennui mortel, Mia la quitte brusquement pour rejoindre Sebastian au cinéma où le film vient de commencer. Au moment où leurs mains se retrouvaient et où ils allaient échanger leur premier baiser, la pellicule brûle et le film s’interrompt. Comme la scène qu’ils s’apprêtaient à voir se déroulait au planétarium de l'Observatoire Griffith, qui domine Hollywood, Sebastian l’entraîne vers ce lieu mythique du récit de La Fureur de vivre (Planetarium). Une fois sur place, ils peuvent terminer leur baiser interrompu lors de la séance de cinéma.

Après de nouvelles auditions ratées, Mia commence à désespérer. Mais, encouragée par Sebastian, elle se décide à écrire un one-woman-show pour le théâtre où elle sera la seule actrice et n’aura donc pas à passer d’auditions. De son côté, Sebastian décroche un emploi dans un club de jazz et emménage avec Mia (Summer Montage). Il y retrouve Keith (John Legend), un de ses vieux camarades qui lui propose de venir jouer avec le groupe de jazz-rock qu’il a monté. Dans un premier temps, Sebastian refuse car, d’une part, il semble avoir un contentieux avec Keith, et d’autre part, il est trop puriste pour aimer le style musical du groupe. Cette fois, c'est Mia qui l’encourage à faire un essai avec Keith. Ni l'un ni l'autre n'imagine alors que la conséquence de ce choix sera leur séparation. En effet, le succès venant, Sebastian se prend au jeu et il accepte de partir en tournée avec son nouveau groupe, abandonnant Mia à l'écriture de son "one-woman show".

Un soir, Mia, après avoir essayé en vain d’avoir Sebastian au téléphone, rentre chez elle pour découvrir qu'il lui a fait la surprise de lui préparer un repas d’amoureux. D'abord heureuse, elle déchante lorsqu'il lui apprend que le succès du groupe l’amène à prolonger sa tournée et qu’ils vont être séparés plusieurs mois voire davantage si le succès se confirme. Sebastian reconnaît qu’après des années de galère il a enfin, non seulement trouvé un revenu stable mais qu’en plus il est heureux de pouvoir jouer devant des salles pleines et un public enthousiaste. Ils ont leur première querelle d’amoureux, Mia accusant Seb d’avoir abandonné son rêve et ne pouvant accepter d’être plus longtemps séparée de lui, elle lui demande de démissionner. Seb lui fait remarquer que c'est elle, à l'origine, qui lui a conseillé de rejoindre ce groupe. La discussion s'envenime : Seb affirme qu'elle l'aimait davantage quand il était un artiste fauché. Vexée et furieuse, Mia quitte l'appartement.

Plus tard, après avoir terminé l’écriture de son spectacle, Mia s’apprête à le présenter dans un théâtre qu’elle a loué pour l’occasion. Sebastian, qui avait promis d’assister à la première, lui fait faux-bond car il est retenu par une séance photo avec son groupe. Le spectacle est un échec : seule une dizaine de personnes y assiste et les critiques qu'entend Mia de la part de certains spectateurs sont meurtrières, Mia craque et décide d'abandonner l’idée de devenir actrice. Elle quitte Los Angeles et retourne vivre chez ses parents à Boulder City au Nevada.

Quelques jours après, on retrouve Sebastian, seul dans l’appartement qu’ils ont habité ensemble. Il reçoit un appel d'une directrice de casting qui a assisté au spectacle de Mia et veut lui faire une proposition pour un premier rôle dans un film qui doit se tourner à Paris. Malgré leur brouille, Sebastian roule jusqu'à Boulder City pour annoncer la bonne nouvelle à Mia mais, traumatisée par ses échecs, elle refuse de le suivre pour éviter une nouvelle humiliation. Le lendemain matin, Sebastian l'attend devant la maison de ses parents et conduit Mia au casting. Durant l'audition, les recruteurs demandent à Mia de leur raconter une histoire : elle commence en parlant de sa tante, qui lui a donné l’envie de devenir comédienne alors qu’elle n’était qu’une petite fille puis elle improvise en chantant (Audition/The Fools Who Dream). Certain que Mia a réussi son audition, Sebastian lui conseille de tenter sa chance dans le cinéma. Ils se promettent alors de s'aimer toujours, sans savoir de quoi le lendemain sera fait.

On les retrouve cinq ans plus tard, Mia, devenue une actrice célèbre, est désormais mariée à un autre homme avec qui elle a une fille. Un soir, après avoir dîné au restaurant, Mia et son mari vont boire un verre dans un club de jazz. En entrant, Mia remarque le logo du bar : Seb's (c'était elle qui l'avait suggéré à Sebastian lorsqu'ils étaient ensemble. Mia s'installe dans le public et regarde Sebastian jouer du piano. Celui-ci interprète la chanson qu'il jouait lorsqu'ils s'étaient rencontrés pour la première fois (Epilogue). Durant cette chanson, Mia repense à ce qu'aurait pu être leur histoire si la vie ne les avait pas séparés. À la fin de la chanson, elle se lève et part avec son mari ; sur le seuil de la porte d'entrée, elle et Sebastian s'adressent un dernier sourire.

Difficultés à réaliser le film

Damien Chazelle a commencé à travailler sur son scénario alors qu'il était étudiant à l'université d’Harvard avec son meilleur ami et colocataire, Justin Hurwit, le compositeur de la bande originale du film. En 2010,  peu après avoir achevé leurs études, ils déménagent tous les deux à Los Angeles et continuent à travailler sur le scénario, modifiant l’action initiale, qui se déroulait à Boston, pour la placer à Los Angeles.

Chazelle peine à trouver des financements : les studios sont réticents à l'idée de produire un film musical contemporain ne comprenant que des chansons originales, inconnues du public. En outre, il s'agit d'un film musical de jazz - un genre que The Hollywood Reporter a qualifié de « genre définitivement éteint » - et Justin Hurwitz et lui étaient alors jeunes et inconnus. Des amis finissent par lui présenter deux producteurs, Fred Berger et Jordan Horowitz, qui transmettent le scénario au studio Focus Features avec un budget estimé à environ un million de dollars. Toutefois, celui-ci demande à Chazelle de modifier plusieurs éléments : faire du personnage principal un artiste de rock plutôt qu'un pianiste de jazz ; changer la scène d'ouverture, jugée beaucoup trop complexe à réaliser et… trouver une autre fin au film. Chazelle, peu disposé à faire de si gros sacrifices, décide d'abandonner provisoirement La La Land et s'attelle à un nouveau projet.

Il décide alors d'écrire Whiplash, un film au budget plus modeste. Le film sort en 2014 et est bien accueilli lors de sa première projection au festival du film de Sundance. Damien Chazelle se remet alors à espérer réaliser son projet initial. Un an plus tard, quand Whiplash obtient cinq nominations à la 87e cérémonie des Oscars, dont celle dans la catégorie du meilleur film, et près de cinquante millions de dollars de recettes dans le monde (pour un budget initial de 3,3 millions). En 2015, soit cinq ans après l'écriture du scénario, Summit Entertainment et Black Label Media acceptent de participer au financement et d'en assurer la distribution. Patrick Wachsberger, du studio indépendant Lionsgate, convainc même Damien Chazelle d'augmenter le budget de son film car les comédies musicales de qualité, selon lui, ne peuvent être réalisées avec un budget réduit. Le tournage a officiellement débuté le 10 août 2015 et s'est achevé au bout de quarante jours, à la mi-septembre 2015.

Influences

Le film se nourrit de diverses influences, bien que la principale soit la comédie musicale hollywoodienne de l'âge d'or. La La Land comprend ainsi plusieurs références à des classiques hollywoodiens tels que Broadway qui danse, Chantons sous la pluie ou Tous en scène ou Beau fixe sur New York, avec Gene Kelly. La photographie et l'ambiance du film sont quant à eux inspirés par Les Parapluies de Cherbourg (1964) et Les Demoiselles de Rochefort (1967) de Jacques Demy - et notamment par ce dernier, qui comprend plus de danse et dont la bande originale est plus proche du jazz. La scène du Planétarium, poétique et fantastique, m’a aussi rappelé Mary Poppins. Damien Chazelle déclare également s'inspirer des films musicaux des années 1920 dédiés à une ville, comme Manhatta (1921)* ou L'Homme à la caméra (1929), qui filment respectivement New York et plusieurs villes soviétiques [*Il ne s’agit pas d’une coquille. Plusieurs films sont intitulés Manhattan, mais le film auquel il est fait référence s’intitule bien Manhatta. Il s’agit d’un court-métrage documentaire sur Manhattan, réalisé par le peintre Charles Sheeler et le photographe Paul Strand].
Outre la référence au film La Fureur de vivre, avec la scène de l'observatoire Griffith, le film fait allusion à Magic in the Moonlight de Woody Allen (2014), où jouait déjà Emma Stone. Dans ce film, Stanley (Colin Firth) et Sophie (Emma Stone) trouvent refuge pendant l’orage dans l’observatoire de Nice, situé au sommet du mont Gros à Nice.

Le chef décorateur David Wasco a créé plusieurs fausses affiches de classiques hollywoodiens, auxquelles Damien Chazelle a parfois donné un nom ; l'une d'entre elles, censée être celle d'une comédie musicale des années 1930, porte le titre de son premier film, Guy and Madeline on a Park Bench.

Pour retrouver l'esprit de ces films, le réalisateur souhaitait que les numéros musicaux soient filmés en une seule prise, à l'image des films des années 1930 avec Ginger Rogers et Fred Astaire. Il voulait également imiter l'apparence des films en format CinemaScope des années 1950, comme Beau fixe sur New York, et a ainsi utilisé un équipement Panavision en format large ; le format CinemaScope d'époque n'étant plus aujourd'hui disponible.

Les lieux de tournage

L'action du film étant située à Los Angeles, le réalisateur a sélectionné plus de soixante lieux de tournage différents dans la ville. Il souhaitait tourner dans des endroits du Los Angeles « historique », à l'abandon, voire démolis. Des scènes ont ainsi été filmées dans des lieux mythiques de Hollywood (le Château Marmont, des villas de Hollywood Hills, des studios de la Warner Bros), et d'autres dans des lieux touristiques tels que les Watts Towers, Hermosa Beach ou South Pasadena. Un bon nombre de scènes n'ont nécessité qu'une seule prise. L'une des plus belles scènes se déroule sur Mulholland Drive mais on est très loin de l'ambiance glauque qui a inspiré David Lynch pour son film homonyme, que personnellement j'ai détesté, Mulholland Drive.  

Une scène se déroule également dans le funiculaire d'Angels Flight, construit en 1901 et fermé au public depuis 2013 à la suite d'un déraillement. L'équipe du film a obtenu l'autorisation pour l'utiliser durant une journée de tournage.

On voit aussi, dans le film, le Planétarium de l’Observatoire Griffith, construit en 1935, dans le style art-déco. Cet endroit emblématique, qui domine Los Angeles et la baie de Santa Monica, a servi de décors à de très nombreux films ou séries, La fureur de vivre (1955), dont on voit un extrait dans La La Land, Mannix (1967), Terminator (1984), MacGyver, Bienvenue à Gattaca (1997), Terminator Genisys (2015)...      

La scène d'ouverture est la première à avoir été tournée. Elle a nécessité de bloquer l'accès à une portion d'un échangeur autoroutier permettant la connexion entre l'Interstate 105 et l'Interstate 110, qui conduit au centre-ville de Los Angeles (le Judge Harry Pregerson Interchange). Il a fallu obtenir l'autorisation de mobiliser la rampe d'accès à l'échangeur pendant deux jours, un samedi et un dimanche d'août 2015 ainsi que, une semaine avant, une partie du dimanche afin de faire des essais de costumes » se souvient le réalisateur. Les répétitions des chorégraphies, supervisées par la chorégraphe Mandy Moore, ont quant à elles été effectuées sur plusieurs parkings de Los Angeles, tout en essayant de retrouver la dimension de l'autoroute.Deux jours de tournage furent nécessaires et plus de cent danseurs mobilisés. Alors que la scène devait être tournée au niveau du sol, Chazelle a finalement décidé de la filmer sur l'échangeur, à environ trente mètres de hauteur, afin de montrer l'étendue de la ville. Le chef décorateur David Wasco déclara qu'il craignait fortement qu'un danseur ne passe accidentellement par-dessus la rambarde de sécurité et tombe en bas. Par ailleurs, les contraintes techniques furent presque insurmontables : des coups de vent violent menaçaient de faire tomber les grues sur les danseurs, les chorégraphies rapprochaient dangereusement les danseurs près de la route, ce qui a imposé de les modifier et de faire plusieurs prises. En outre, toutes les scènes devaient être tournées au même moment de la journée dans le but d'obtenir la même luminosité : « C'était un casse-tête technique. Nous avons gardé l'idée du mouvement, mais on a dû à certains moments nous placer derrière les danseurs au lieu de devant. Pour le problème des ombres, nous avons divisé la scène en plusieurs prises, et masqué les coupures avec la technique de transition panoramique rapide [terme technique : whip pan]. Pour le spectateur, c'est l'illusion d'une seule prise, comme le souhaitait Damien Chazelle », affirme Linus Sandgren, chef opérateur du film. Bien que la scène puisse sembler être un seul plan-séquence, elle a été tournée en trois plans : le premier constituant les trois premières minutes, le deuxième jusqu'à quatre minutes et quarante-cinq secondes, et enfin le troisième jusqu'à la fin de la scène. Tandis que la scène finale a été tournée en steadicam, les deux premières prises ont été tournée avec des grues afin de filmer entre les voitures avec aisance : « Nous avons beaucoup parlé de la manière exacte dont nous allions déplacer la caméra, mais en raison du fait qu'elle devait naviguer entre les voitures, nous devions utiliser des grues », affirme le réalisateur.

Initialement, le réalisateur souhaitait que la caméra passe de voiture en voiture, dans lesquelles le spectateur entendrait différents genres musicaux qui passeraient à la radio, dans le but de montrer l'animation des rues de Los Angeles. Il s'est pour cela inspiré des ouvertures de films tels que Taxi Driver ou Fenêtre sur cour, où la mise en scène est relativement similaire (des inconnus vaquant à leurs occupations). Par ailleurs, l'ouverture musicale s'inspire également du film Aimez-moi ce soir (Love me Tonight), Chazelle déclarant : « C'est une idée que j'ai eu grâce à Aimez-moi ce soir, le film de Rouben Mamoulian sorti en 1932, qui s'ouvre avec les sons du matin à Paris - il y a un cordonnier et un balayeur de rue - ; ces sons créent rythmes et cascades en nombre ». La scène en elle-même est aussi inspirée du quotidien du réalisateur, qui vit à Los Angeles : « La scène vient du fait que je vis à Los Angeles et que je suis tout le temps dans les bouchons, à me demander si je veux me tirer une balle ou bien danser. Et on avait déjà vu la version où vous voulez vous flinguer dans Chute libre ». Quant à la danse et la chorégraphie, elles sont inspirées des Demoiselles de Rochefort et des Sept Femmes de Barbe-Rousse.

Les scènes de danse

La scène de danse de six minutes (dite de la « Prius » sur Mulholland Drive) devait être tournée durant la brève durée de « l'heure dorée », au coucher du soleil. Elle fut tournée en huit prises, étalées sur deux jours. Lorsque Ryan Gosling et Emma Stone parvinrent enfin à réussir la scène, « tout le monde sauta de joie », selon les termes de cette dernière. Les deux acteurs principaux, qui ne sont pas danseurs de comédie musicale, faisaient de nombreuses erreurs de chorégraphie, notamment durant les numéros filmés en une seule prise. Néanmoins, Damien Chazelle s'est montré compréhensif envers leur manque d'expérience et a validé la prise malgré la subsistance de quelques erreurs. Par exemple, lors du tournage de la scène de la première danse entre Mia et Sebastian, Emma Stone a trébuché contre le dos d'un banc mais s'est rattrapée et a continué à jouer.

Ryan Gosling, en plus d’être un acteur reconnu, est aussi musicien et chanteur.  En 2009, il avait fait partie du groupe les Dead Man's Bones, accompagné de Zach Shields également à la voix et à la guitare et de Morgan Slade, bassiste et compositeur. Le groupe sort son premier album la même année.

Bande originale

Les chansons et la bande originale du film ont été composées et orchestrées par Justin Hurwitz, qui avait déjà travaillé avec Chazelle sur ses deux premiers films. Les paroles des chansons ont été écrites par le duo de paroliers Pasek et Paul, à l'exception de Start a Fire, composée par John Legend, Hurwitz, Marius De Vries et Angélique Cinelu. Afin d'interpréter les six chansons où leurs personnages interviennent, Emma Stone et Ryan Gosling ont suivi des cours de danse et de chant. Depuis sa sortie, le 20 janvier dans l'hexagone, la bande originale du film La la land est une des meilleurs ventes sur ITunes France selon Le Figaro.

Lors de la 89e cérémonie des Oscars, le compositeur Justin Hurwitz obtient deux récompenses : celles de la meilleure musique et de la meilleure chanson originale pour City of Stars.

Sortie

La première mondiale de La La Land a eu lieu lors de la soirée d'ouverture du Festival international du film de Venise, le 31 août 2016. Le film est également projeté lors du Festival de Telluride, du Festival de Toronto en septembre 201639, et de l'AFI Fest en novembre 2016. Initialement, la sortie du film était prévue le 15 juillet 2016, mais en mars, le distributeur annonce que le film connaitrait une sortie limitée le 2 décembre 2016 aux États-Unis, avant de sortir dans tout le pays le 16 décembre. Damien Chazelle a affirmé avoir voulu changer la date de sortie car la date initiale ne correspondait pas au contexte du film, et qu'il souhaitait participer aux festivals d'automne. La sortie est à nouveau décalée jusqu'au 9 décembre, où Lionsgate diffuse le film dans cinq salles. Le distributeur étend la sortie à deux cents salles le 16 décembre, puis à toutes les salles américaines le 25 décembre. Le 13 janvier, le film sort dans certains cinémas IMAX. La La Land sort le 22 décembre aux Pays-Bas, le 26 décembre en Australie et le 12 janvier 2017 au Royaume-Uni. Les sorties dans le reste du monde doivent s'étaler au courant du mois de janvier 2017. Le film est finalement sorti le mercredi 25 janvier en France et en Belgique. Lors d'une conférence donnée par Justin Hurwitz à Austin au Texas le 12 mars 2017, Lionsgate confirme la sortie du film le 11 avril en Digital et le 25 avril en Blu-Ray, DVD et avec une édition spéciale Blu-Ray 4K.

Réception critique

Après sept nominations et sept récompenses à la cérémonie des Golden Globes le 8 janvier 2017, La La Land connait un succès critique. Son succès se poursuit à Los Angeles aux Producers Guils of America Awards 2017 dans la catégorie Meilleur film. Ryan Gosling et Emma Stone remportent tous deux les récompenses dans les catégories respectives Meilleur acteur et Meilleure actrice aux Screen Actors Guild Awards 2017. La Mostra de Venise et le Festival International du Film de Toronto avaient également réservé un bon accueil au film en août et septembre 2016. Ces derniers ont choisi de récompenser Damien Chazelle pour son travail de réalisateur. Le film est nominé quatorze fois à la cérémonie des Oscars le 26 février 2017.


En France, l'accueil critique a été très positif : le site Allociné recense une moyenne des critiques presse de 4,3/5.49.

[Ce texte est en grande partie emprunté à plusieurs articles de l'encyclopédie en ligne Wikipedia]

Mon opinion sur ce film

J'ai hésité à aller voir ce film sur lequel les mauvaises critiques étaient aussi nombreuses que les bonnes. J'ai fini par y aller avant qu'il ne soit plus à l'affiche et je ne le regrette pas. Certes, si ce film n'est pas exempt de certaines critiques, comme sa longueur et la confusion de la scène finale qui comporte un certain nombre de maladresses, je l'ai beaucoup aimé. Je ne suis pourtant pas un grand fan des comédies musicales et je dois dire que la 1ère scène (qui, semble-t-il, ait représenté pour le réalisateur un exploit technique sans précédent) m'a refroidi. Heureusement, le reste du film, en particulier certaines scènes, comme celle du duo de claquettes sur Mulholland Drive, celle du Planétarium, celle de l'audition de Mia ou la dernière scène, qui dégage une énorme émotion, à condition de la comprendre, m'ont emballé comme ne l'avait fait aucun film depuis de longs mois... 

Mais je conçois que ce film, par son originalité et bien qu'il fasse de nombreuses allusions (on peut parler d'hommages) à ses grands prédécesseurs dans le domaine du film musical ou de la comédie musicale, apporte un souffle de fraîcheur dont on a bien besoin par les temps qui courent. Bref, j'ai adoré et je recommande fortement La La Land à tous les amoureux du cinéma, du jazz (dont je suis pourtant un très mauvais défenseur), et de Los Angeles qui est superbement mis en lumière par Damien Chazelle.  

1 commentaire:

  1. Bonjour Roland, et bien moi, justement, c'est la première séquence avec les voitures arrêtées dans un embouteillage qui m'a le plus plu dans ce film. Et les séquences finales. Pour le reste, j'ai trouvé ça insipide et sans saveur.

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