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mardi 15 octobre 2024

Dance Collection: Tango (Gotan Project "Tango Santa Maria")


3 extraits de films sur la musique de Gotan Project :

  • Shall We Dance (2004) avec Jennifer Lopez & Richard Gere 
  • Take the Lead (2006) avec Katya Virshilas & Antonio Banderas  
  • Easy Virtue (2008) avec Jessica Biel & Colin Firth  


dimanche 17 décembre 2023

DIRTY DANCING Comédie romantique d'Emile ARDOLINO (USA 1987)

 

Dirty Dancing est un film musical américain d'Emile Ardolino, sorti en 1987 adapté du livre de Eleanor Bergstein qui est aussi l’auteur du scenario.

Présentation

Au cours de l'été 1963, des newyorkais, le Dr Houseman (Jerry Orbach) et sa famille, sa femme (Kelly Bishop) et leurs deux filles, la benjamine Frédérique, que tout le monde appelle « Baby » (Jennifer Grey) et l’aînée Lisa (Jane Brucker) viennent, comme chaque été, passer leurs vacances dans l’hôtel-pension de famille de la famille Kellerman dans les Catskill). L’immense « resort », situé au bord d’un lac au milieu des montagnes, propose toutes sortes d’activités physiques et sportives : gymnastique, golf, canoé, et surtout danse avec des animateurs professionnels. 

Baby (Bébé en français) a 17 ans. Bonne élève, elle est plus effacée que sa grande sœur, s’intéresse au sort du monde et fait partie du mouvement pour la paix, créé au lendemain de la 1ère guerre mondiale mais réactivé aux Etats-Unis au moment de la guerre du Vietnam.

L’un des danseurs professionnels vedettes de l’hôtel, dont toutes les femmes sont amoureuses, est Johny Castle (Patrick Swayze) qui se produit avec Penny (Cinthya Rhodes) et tout le monde les croit en couple.

 Par hasard, Bébé trouve Penny en pleurs dans un coin reculé de l’hôtel et apprend qu’elle est enceinte et décide de l’aider. Cela la rapproche de Johny Castle, que l’on accuse à tort d’être l’amant de Penny alors qu’il s’agit de Robbie, un autre employé de l’hôtel et, pour remplacer Penny qui vient d’avorter, Johny donne à Bébé des cours de danse accélérés pour qu’elle puisse être sa partenaire lors du grand spectacle de l’hôtel. Pendant ces cours ils se rapprochent et deviennent amants.

Afin de couvrir Johny que le directeur de l’hôtel veut renvoyer car on le croit coupable de vols, Bébé doit avouer sa relation à ses parents.       

Mon opinion

Je n’avais jamais vu ce film et je m’en étais fait une fausse opinion. Je le pensais vulgaire et ringard. En réalité, ce film est beaucoup plus profond qu'il y paraît car il aborde, bien qu’à la marge, les préoccupations de la société américaine, la question des différences de classes, les relations sexuelles avec une mineure, la ségrégation et la lutte pour les droits civiques, la guerre du Vietnam et surtout l’avortement, ce qui n’était pas du tout consensuel pour une comédie romantique grand public à l’époque. A sa sortie, le film fut d’ailleurs déconseillé, aux Etats-Unis, aux enfants de moins de 13 ans. Mais il faut surtout le voir pour les scènes de danse. La bande originale s’est aussi installée, au fil des années, parmi les standards de la musique mondiale, en particulier grâce à la chanson finale du film (I’ve Had) The Time of My Life. Patrick Swayze, dont on sait peu qu’il a été élevé dans une famille de danseurs, est époustouflant d’énergie ainsi que, dans les débuts du film, sa partenaire Cinthya Rhodes qui avait déjà joué dans plusieurs films où la danse joue un rôle primordial comme Flashdance ou Staying alive (1983), la suite du fameux Saturday Night Fever. Jennifer Grey, qui n’était pas danseuse, donne une prestation d’autant plus remarquable. 

vendredi 27 janvier 2023

NENEH SUPERSTAR film de Ramzi BEN SLIMAN (FR-2023)

 


Neneh Superstar est un film français écrit et réalisé par Ramzi Ben Sliman est sorti en salles en janvier 2023. Il a été présenté en avant-première en compétition officielle au Festival du Film de Demain 2022.

Présentation

Neneh (Oumy Bruni Garrel) a 12 ans et rêve d’intégrer la prestigieuse école de ballet de l’opéra de Paris. Problème, elle n’a pas suivi de formation classique et est plutôt douée pour le hip-pop, elle issue de La Courneuve, et elle est noire. Son père Fred (Steve Tientcheu) croit en elle et l’encourage mais sa mère, Martine (Aïssa Maïga) tente de la raisonner car elle se doute que sa fille risque d’être terriblement déçue si elle est recalée au concours d’entrée de l’école la plus prestigieuse de France.

Lorsque Neneh se présente, le jury est partagé : si le directeur de l’opéra, Jean-Claude Kahane (Cédric Kahn), désireux de faire évoluer la composition du corps de ballet en l’ouvrant à la « diversité », Marianne Belage (Maïwen), ex-danseuse-étoile et directrice de la danse, s’y oppose, prétextant que les codes de la danse classique ne permettent pas d’intégrer des danseuses noires afin de ne pas « casser l’uniformité colorimétrique du ballet », argument qui n’est rien d’autre que du racisme déguisé.

A part un de ses collègues qui soutient son point de vue, Marianne Belage se trouve mise en minorité par la majorité des autres membres du jury qui, tout en reconnaissant que Neneh présente un profil atypique, veulent lui donner sa chance. Il est un fait que, par son comportement, son franc-parler, sa chevelure et son teint, Néneh détonne parmi la cohorte de petites oies blanches toutes semblables du corps de ballet.

En outre, dès le début, Neneh se singularise : elle n’a pas les codes, ne se plie pas facilement aux contraintes de l’école, et se met à dos un groupe d’élèves qui la prennent en grippe. A leurs brimades, elle réagit comme elle a appris à le faire dans sa cité, avec violence, ce qui lui vaut une première menace de renvoi puis une deuxième, car cette fois, elle s’en est prise physiquement à la meneuse du groupe qui a voulu l’humilier et ses parents sont convoqués.

Lors d’un repas, le directeur insiste auprès de Marianne pour qu’elle donne une interview sur son parcours et sa carrière d’étoile à directrice de l’école de ballet. Marianne est réticente mais accepte. L’interview se passe mal quand la journaliste aborde ses origines populaires et algériennes. En effet, Marianne a, jusqu’à présent, tout fait pour les cacher, jusqu’à transformer son nom de Maryam Bel-Hadj en Marianne Belage et même modifier son apparence puisqu’elle porte des lentilles de contact de couleur bleue alors qu’elle a les yeux marron. Or, elle supporte de plus en plus mal ses lentilles qui la font souffrir. Elle est furieuse lorsque l’article sort, révélant en titre son identité.

Comme spectacle de fin d’année, elle choisit sciemment de monter le ballet Blanche Neige, sachant que Neneh n’y aura pas sa place. Lorsqu’elle apprend qu’elle est écartée de la distribution, Neneh, folle de rage, l’accuse de racisme et lui lance ses origines algériennes à la tête. Hors d’elle, Marianne la gifle et Neneh s’enfuit de l’école.

Neneh erre ensuite dans Paris, donne spontanément une représentation de danse mêlant classique et hip-hop lors d’un concert de rue, puis se réfugie pour passer la nuit dans un hall d’immeuble. Signalée par un locataire, elle est emmenée au commissariat de police où son père, en pleine nuit vient la chercher.

Le lendemain, elle refuse de réintégrer l’école dont, de toute manière, elle a été exclue. Mais la sanction a aussi frappé Marianne suspendue pour avoir perdu son sang-froid et avoir donné une gifleà l’un des élèves. Cette dernière, en colère et en pleurs, se précipite dans le couloir de l’école où, sans doute à cause de ses problèmes de lentilles, elle heurte une paroi de verre qui explose. Marianne est sérieusement blessée au visage par les éclats de verre.

Après s’être remise de sa blessure qui lui a laissé une longue estafilade sur la joue, elle revient faire amende honorable et convainc Neneh de reprendre les cours.

Mon opinion

 Par certains côtés, ce film rappelle l’inoubliable Billy Elliot où un jeune garçon d’origine ouvrière (son père est mineur dans le nord de l’Angleterre) décide de devenir danseur classique. J’ai aussi beaucoup pensé au magnifique (et méconnu) film High Strung, découvert par un extrait sur Youtube, qui mêle musique et danse classique et hip-pop avec une problématique (origines populaires, racisme…) très proche de celle de ce film.

 Connaissant un peu la danse classique, je ne suis pas convaincu que le niveau technique de Neneh lui ait permis d’entrer aussi facilement à l’école de danse de l’opéra de Paris qui est une des écoles les plus sélectives et élitistes qui soient mais elle « fait le job » et on oublie vite ses imperfections tant elle déploie d’énergie et d’optimisme. La fin aussi est un peu trop belle mais, malgré tout, le film est sympathique et mérite d’être vu.  

 

dimanche 22 janvier 2023

SALSA ! Film de Joyce BUNUEL (FR-CUBA 2020)

Vu à la télévision

Salsa ! est un film franco-cubain co-écrit et réalisé par Joyce Buñuel, sorti en 2000. Jean -Claude Carrière a aussi collaboré au scénario.

Présentation

Remi Bonnet (Vincent Lecoeur), un pianiste classique, décide d'abandonner le conservatoire où il étudie la musique pour se consacrer à une musique vers laquelle il se sent attiré, la salsa.

Dans un premier temps, il tente de se faire admettre dans un groupe de musique cubain, mais il réalise qu'il n'est pas crédible à leurs yeux. Grâce à du maquillage et des séances de bronzage intensives, il arrive à se faire passer pour Mongo, un Cubain fraîchement arrivé à Paris. Mais la supercherie tourne court lorsqu'il rencontre Nathalie, une future mariée à qui il donne des cours de danse…

Mon opinion

J’ai vu ce film à la télévision un peu par hasard. La salsa n’est pas mon fort et je n’aurais pas regardé ce film si les premières images de ce jeune pianiste qui s’est fourvoyé dans le classique et décide de changer diamétralement d’horizon ne m’avait pas interpellé.

L’histoire est peu crédible mais fait un film sympathique qui, ce qui est suffisamment rare dans le cinéma français pour être signalé, mêle musique et danse. 

Dans le même esprit, je vous recommande : 

jeudi 19 janvier 2023

HIGH STRUNG (FREE DANCE) Film musical de Michael DAMIAN (USA-2016)

 

Free Dance (titre original : High Strung) est un film musical américain réalisé par Michael Damian sur un scénario coécrit avec Janeen Damian. Le film est sorti en 2016 directement sur Netflix. On peut actuellement le trouver en DVD ou en VOD ainsi qu’en streaming sur Youtube.

Résumé

Ruby (Keanan Kampa), une jeune danseuse classique a obtenu une bourse pour intégrer le prestigieux Manhattan Conservatory of Arts à New York. En rentrant chez elle, elle rencontre Johnnie Blackwell (Nicholas Galitzine), un jeune anglais, qui joue du violon dans le métro pour gagner de quoi payer son logement et l’avocat qui doit lui procurer une « Green Card » sans laquelle il sera expulsé des Etats-Unis.

Pendant qu’ils assistent à une exhibition de « street dancers », Johnnie se fait voler son violon. Il est désespéré car, d’une part, c’est son gagne-pain, et d’autre part ce violon lui avait été offert par son grand-père auquel il était très attaché. Sa situation d’immigré illégal l’empêche d’aller porter plainte et Ruby lui propose de l’accompagner dans un dépôt vente pensant que le violon y aura été vendu.

Au conservatoire, Ruby, si elle réussit dans les cours de danse classique, a des difficultés avec ceux de danse contemporaine qui sont dirigés par Oksana (Jane Seymour, à l'opposé de son rôle de Dr. Queen, femme médecin).

De son côté, Johnnie rencontre des danseurs de rue qui habitent le même immeuble que lui et l’intègrent dans leur groupe.

En allant emprunter un violon au Conservatoire pour remplacer celui de Johnny qui a été volé, Ruby voit une annonce pour un prestigieux concours. En lui apportant le violon, elle lui propose de postuler en tant que musicien. Mais Johnny, trop fier pour accepter ce qu’il croit être de la pitié, refuse son offre.

Mais Ruby, bien que meurtrie par la rebuffade de Johnny, ne se le tient pas pour dit et, après qu’il a retrouvé son violon, elle lui propose un pari risqué : se présenter au concours avec lui, en intégrant sa troupe de hip-hop.

En dépit des préventions du jury, leur prestation originale est reçue par une ovation générale et ils gagnent le concours.

Mon opinion  

J’avais vu un extrait de ce film sur Youtube et j’avais été séduit par son énergie et ce mélange entre musique classique, danse et hip-hop et j’ai été enthousiasmé en le visionnant, en particulier par le solo de violon sur le quai du métro, la « battle » entre Johnny et Kyle (Richard Southgate), le beau-gosse trop sûr de lui qui méprise Johnny, lors de la réception huppée. Mais ce que j’ai préféré, c’est la scène finale du spectacle jouissif donné par Johnny, Ruby et la bande de danseurs de rue, devant les jurés, médusés par leur culot et la qualité de leur prestation, du Conservatoire. Réjouissant !    

mercredi 2 février 2022

CLOCLO Biopic de Florent-Emilio SIRI (FR-B 2012)

 


Cloclo est un biopic sur le chanteur Claude François écrit et réalisé par Florent-Emilio Siri, sorti en 2012.

Résumé

Le film commence à Ismaïlia en Egypte où naquit Claude François (c’est son vrai nom) en 1939. Son père était employé par la compagnie du Canal de Suez et sa famille menait un train de vie aisé jusqu’en 1956 où elle est expulsée d’Egypte suite à l’affaire de l’annexion du Canal de Suez par Nasser. Fuyant le pays en catastrophe, les François débarquent à St. Nazaire d’où ils regagnent Paris puis Monaco où ils se retrouvent dans la misère. En 1958, bravant l’autorité de son père qui voudrait faire de lui un comptable, le jeune Claude monte un petit orchestre et se produit au Sporting-Club de Monaco. Ayant rencontré une jeune danseuse d’origine anglaise, Janet Woollacott, il l’épouse, là encore contre la volonté de son père.

Monté à Paris, il fait le tour des radios et des maisons de disques. Aucun refus ne le décourage et il fait le siège des producteurs, obtient de petits succès avant que, grâce à la chanson Belles, Belles, Belles ! (adaptée d’un titre américain), il obtienne la notoriété en 1962. Enfin connu, il fait, la même année, la 1ère partie du récital de Dalida à l’Olympia.

Prise en main par l’impresario Paul Lederman (Benoît Magimel), sa carrière démarre alors pour ne plus s’arrêter jusqu’à sa mort tragique par électrocution dans sa salle de bains, le 11 mars 1978, à l’âge de 39 ans.

Mon opinion

Je n’ai jamais été un fan de Claude François, ni de ses chansons, ni de son personnage, mais je dois reconnaître que ce film est une réussite. Jérémie Renier est troublant de mimétisme avec son modèle, d’autant plus que, comme il le reconnaît lui-même, « il ne savait ni chanter, ni danser, ni jouer de la batterie » et qu’il a dû tout apprendre pour le rôle. J’ai trouvé beaucoup d’intérêt à la première partie du film qui nous montre les difficultés dans lesquelles s’est débattu le jeune Claude François, sa volonté farouche de réussir, son culot incroyable , difficultés qui ont sans doute forgé son caractère et sont aussi pour quelque chose dans ce, qu’une fois la gloire atteinte, il est devenu : un personnage toujours insatisfait, coléreux et même tyrannique. Le réalisateur a eu le courage de ne rien nous cacher de cette ambiguïté, jusqu’à son goût pour les très jeunes filles qui le feraient, de nos jours, convoquer devant les tribunaux pour pédophilie.

MARQUISE Film historique de Véra BELMONT (FR-1997)

 


Marquise est un film français de Véra Belmont sorti en 1997.

Résumé

Le film se déroule au XVIIe siècle au début du règne de Louis XIV. Marquise, de son vrai nom Marquise-Thérèse de Gorla (Sophie Marceau), est une saltimbanque que son père n’hésite pas à prostituer à l’occasion. Lors d’un passage à Lyon, Molière (Bernard Giraudeau) remarque sa fraîcheur et sa beauté et lui propose d’intégrer sa troupe. L’un de ses comédiens, Du Parc dit « Gros-René » (Patrick Timsit), tombe aussitôt sous son charme et, pour la soustraire à son destin peu glorieux, il l’épouse. Mais Marquise n’a aucune expérience de la scène et, lorsqu’elle se retrouve devant le public, foudroyée par le trac, elle est incapable de prononcer ses répliques. Pour faire bonne figure, elle fait la seule chose qu’elle sait faire et se met à danser.

Elle est alors remarquée par Philippe d’Orléans, dit « Monsieur », le frère du Roi (Frank de la Personne) qui commande une comédie-ballet pour Louis XIV (Thierry Lhermitte). Comme Molière, échaudé par sa première expérience, refuse de lui confier un rôle, elle quitte la troupe pour aller trouver Racine (Lambert Wilson), trop heureux de « voler » Marquise à son concurrent direct. Lorsqu’elle se produit devant Louis XIV, celui-ci lui fait un triomphe. Racine, tombé à son tour amoureux de Marquise, lui écrit une pièce, Andromaque.  

Au faîte de sa gloire, adulée de tous, elle meurt subitement en 1668 à l’âge de 35 ans.

Autour du film

Le film présente la mort de Marquise comme un suicide alors qu’elle est sans doute due à une infection suite à un avortement.

Mon opinion

J’ai beaucoup aimé ce film, malgré ses raccourcis historiques un peu cavaliers. Il a le mérite de nous faire connaître l’histoire vraie (bien que largement romancée) d’une comédienne adulée en son temps, qui fut aussi une femme libre, magnifiquement incarnée par Sophie Marceau

 

mardi 3 décembre 2019

ET PUIS NOUS DANSERONS film de Levan AKIN (FR-GE-SW 2019)



Et puis nous danserons (And Then We Danced) est un film dramatique franco-géorgeo-suédois écrit, réalisé et monté par Levan Akin, sorti en 2019. Il s’agit du premier long métrage LGBT en Géorgie. Il a été sélectionné et présenté dans le cadre de la « Quinzaine des réalisateurs » au festival de Cannes en mai 2019.

Présentation

Merab (Levan Gelbakhiani) est un jeune danseur de danse traditionnelle géorgienne de l’Ensemble National Géorgien à Tbilissi. Depuis ses 12 ans, il s’entraîne avec Mary (Ana Javakishvili), sa partenaire et amie d’enfance qu’il considère désormais comme sa petite amie. Du moins jusqu’à l’arrivée, en cours d’année, d’Irakli (Bachi Valishvili), un jeune homme dont tous admirent le charisme. D’abord rivaux pour remplacer un danseur de la troupe nationale, Merab et Irakli vont devenir amants l’espace d’un week-end à la campagne avant que ce dernier ne retourne dans son village où son père est mourant. A son contact, dans ce court laps de temps, Merab aura découvert que la danse pratiquée dans son pays n’a aucun avenir et il décidera de quitter la Géorgie pour tenter de faire carrière en occident.  

Mon opinion

La Géorgie est une vieille nation à mi-chemin de deux cultures. La jeunesse ne rêve que de s’émanciper de la pesanteur de traditions millénaires qui prônent des valeurs viriles dont le cercle familial, étouffant, est le garant. Bien que droits des homosexuels soient officiellement reconnus en Géorgie, membre du Conseil de l’Europe et désirant rejoindre l’Europe, la réalité est bien différente : l’homosexualité y est considérée comme une maladie que l’on peut guérir en envoyant les « déviants » dans des monastères orthodoxes et où il est bien vu de massacrer un « pédé ». Un très beau moment du film est celui où Davit (Giorgi Tsereteli), jeune macho qui doit se marier en catastrophe parce qu’il a mis une fille enceinte, se fait tabasser pour avoir pris la défense de son frère Merab. Etrange ambiance, à mi-chemin de l’Orient et de l’Occident, du Moyen âge et de la modernité, qui rappelle des pays comme l’Iran, la Turquie ou l’Egypte, de religion musulmane. C’est là que l’on se rend compte que l’obscurantisme ne prend pas forcément ses racines dans la religion mais bien dans une société arcboutée sur des traditions dépassées. On souhaite à cette jeunesse de pouvoir au plus vite s’affranchir de ce carcan et engager son pays, par ailleurs magnifique, dans la voie de la modernité.      

mercredi 6 novembre 2019

TOUS EN SCENE film d'animation de Garth JENNINGS (USA-2016)



Tous en scène (titre original : Sing, Chantez ! au Québec) est un film d'animation américain en images de synthèse écrit et réalisé par Garth Jennings, sorti en 2016. Le film contient soixante-cinq chansons pop, dont les droits ont coûté 15 % du budget de 75 millions de dollars du film.

Présentation

Buster Moon, un koala, est le propriétaire d'un théâtre au bord de la faillite. Ses spectacles n'ont jamais attiré grand monde et le bâtiment menace de s'écrouler. Avec son copain Eddie, un mouton, Buster décide, pour renflouer ses caisses, d'organiser un grand concours de chant doté de 1 000 $.  Il dicte à sa secrétaire caméléon très âgée, Miss Crawley, le contenu du flyer publicitaire. Cependant, la pauvre Miss Crawley (qui n’a qu’un œil), se trompe sur le montant de la récompense et, au lieu de taper le chiffre 1 000, la récompense passe à 100 000 $ !!! Une autre maladresse expédie les flyers dans toute la ville avant que Buster et Miss Crawley n'aient pu les vérifier. Attirée par le montant de la récompense et la perspective de réaliser leurs rêves, une foule d'animaux se presse devant l’entrée du théâtre pour passer les auditions. Les prestations sont toutes inégales, tant dans leur qualité que dans leur style de musique. À la fin de la journée, Buster dresse la liste des candidats retenus :
  • ·    Rosita, une truie, mère d’une famille nombreuse qui a une belle voix mais a abandonné sa carrière pour se consacrer à son ingérable famille.
  • ·   Günther, un cochon allemand énergique et excellent danseur.
  • ·   Ash, une femelle porc-épic rockeuse venue passer les auditions avec son petit ami égocentrique Lance, avec qui elle forme un duo.
  • ·     Johnny, un jeune gorille à la voix d'or dont le père est le chef d'un gang de voleurs et voudrait que Johnny suive ses traces, alors que sa seule passion est la musique.
  • ·     Un trio de grenouilles acrobates.
  • ·    Pitt, un chameau aux prédispositions lyriques.
  • ·    Mike, une souris blanche cupide, arrogante et tricheuse qui est également un talentueux jazzman et crooner.
  •    Meena, une jeune éléphante timide, 
  •    etc. 
De très nombreux artistes ont prêté leurs voix aux personnages:
  •     Pour la version originale : Matthew McConaughey (Buster), Reese Witherspoon (Rosita), Scarlett Johansson (Ash), Taron Egerton (Johnny) etc. 
  •       Pour les voix françaises : Patrick Bruel, Jenifer, Laurent Gerra, Patrick Préjean, etc. 
Mon opinion sur ce film

J’ai vu ce film par le plus grand des hasards à la télévision et je l’ai trouvé génial. Les personnages, réalisés en images de synthèse sont à mourir de rire. Ce film musical, plein de créativité et d’humour, avec ses chorégraphies déjantées portées par un tourbillon de tubes des années 50 à nos jours, est visible par tous. Un enchantement.

dimanche 14 juillet 2019

NOUREEV (LE CORBEAU BLANC) Biopic du danseur R. Noureev (GB-2019)



Noureev (Titre original : The white crow) est un biopic de la 1ère partie de la vie du danseur russe réfugié en France, Rudolf Noureev. Le film a été réalisé par Ralph Fiennes et est sorti en France en 2019 (127 min/2H07).

Résumé

Le film retrace le début de la carrière de Rudolf Noureev (Oleg Ivenko) et se concentre sur l’année 1961, durant laquelle, lors d’une tournée de sa troupe à Paris, il demande l’asile politique à la France. Au moment où la troupe doit embarquer pour Londres, il apprend que lui seul n’en fera pas partie et qu’on va le forcer à repartir en URSS. Affolé, il est sauvé par l’intervention de ses amis français, le chorégraphe Pierre Lacotte (Raphaël Personnaz) et surtout Clara Saint (Adèle Exarchopoulos) qui alertent les autorités de l’aéroport. In extremis, il est exfilté et obtient l’asile politique au grand dam des sbires du KGB qui voulaient à tout prix le voir rejoindre l’URSS.  

Distribution

  • Oleg Ivenko : Rudolf Noureev
  • Adèle Exarchopoulos : Clara Saint
  • Raphaël Personnaz : Pierre Lacotte (chorégraphe français)
  • Ralph Fiennes : le professeur Alexander Pushkin
  • Louis Hofmann : Teja Kremke, danseur et ami de Rudolf
  • Sergei Polunin : Yuri Soloviev, danseur et ami de Rudolf
  • Calypso Valois : Claire Motte (danseuse française)


Mon opinion sur ce film

J’ai trouvé ce film magnifique. Seul bémol, sa durée. Certaines scènes (avec le père, en particulier) auraient pu être coupées car elles n’apportent rien. Beaucoup trop de flash-back aussi, qui déconcertent le spectateur. Mais dans l’ensemble, ce film est une réussite : belle musique, belles scènes de danse. Le meilleur est cependant la partie dans l’aéroport qui est un véritable thriller. Pourquoi, cependant, le scénariste (David Hare, d’après la biographie de Rudolf Noureev par Julie Kavanagh) ne s’est-il pas contenté de transcrire les faits tels qu’ils se sont passés à l’époque : Le 16 juin 1961, à l'aéroport du Bourget, alors que la compagnie s'apprêtait à s'embarquer pour Londres, Rudolf apprit la nouvelle [de son retour forcé à Moscou] de la bouche du directeur artistique du Kirov. « Etovo ne mojet byt' ! » (« C'est impossible ! »), protestât-il, répétant encore et encore « Kak tak ? » (« Comment est-ce possible ? »). Gagné par une espèce d'instinct de survie, il demanda alors aux hommes du KGB l'autorisation de téléphoner à Clara Saint. Cela lui fut accordé. À mots couverts, il réussit à faire comprendre la gravité de la situation à son amie qui accourut bientôt, flanquée de deux policiers français en civil. Rudolf était là, debout, tendu, ne sachant que faire, quand un éclair traversa son regard. Clara et les deux policiers se tenaient à quelques mètres de lui. Tout était encore possible. Soudain, comme un diable jaillissant d'une boîte, il se propulsa en un bond fantastique derrière ses alliés. Amis, officiels, photographes, tous étaient éberlués. Ce « saut vers la liberté » déchaîna la presse. Et Noureev d'entrer dans la légende, sur les traces du poète Pasternak qui, trois ans auparavant, avait défié le Kremlin en se voyant attribuer le prix Nobel pour son roman, le Docteur Jivago. »  [France Info : « Le roman des espions - Les artistes et le KGB » https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-roman-des-espions/les-artistes-et-le-kgb_1765407.html]
Mais le moment qui m’a le plus ému dans le film est celui où, comme un enfant devant une boutique de gourmandises, Noureev s’achète le train électrique qu’il rêvait d’avoir enfant.

vendredi 31 mai 2019

ROCKETMAN Biopic de Dexter FLETCHER (GB-USA 2019)



Rocketman est un film américano-britannique réalisé par Dexter Fletcher, sorti en 2019. Il s'agit d'un biopic du chanteur anglais Elton John.

Présentation

Lorsque le film commence, un personnage vêtu d'un costume extravagant, fait irruption à une réunion d’alcooliques anonymes. Il s’agit d’Elton John (Taron Egerton) qui a entrepris une cure de désintoxication: Il se livre alors sur son addiction à l’alcool, au sexe, aux drogues et raconte son enfance dans une famille sans amour, à part celui de sa grand-mère, qui a su déceler, dès ses débuts, son goût pour la musique. Reginald Dwight (Matthew Illesley, Elton enfant) obtiendra une bourse pour suivre les cours de la prestigieuse Royal Academy of Music où il montrera très vite des talents de musicaux exceptionnels. Après quelques échecs, sa carrière démarrera lorsqu'il rencontre Bernie Taupin (Jamie Bell) qui deviendra son ami et son parolier attitré. 

Avec le succès, lui qui était un garçon timide et introverti, il prend pour nom de scène celui d'Elton John et commence à s'habiller et se comporter de manière excentrique. Alors qu’Elton cache son homosexualité à sa famille et à son public, il vit cependant une liaison compliquée avec son manager John Reid (Richard Madden) qui ne voit dans cette relation que son intérêt financier. Elton, pour faire taire les critiques, en arrivera même à tenter un mariage blanc avec Renate Blauel. Après des années dissolues où il manqua de laisser la vie à plusieurs reprises, il  trouvera enfin l'âme soeur en la personne de David Furnish, un réalisateur canadien rencontré en 1993. Le couple est actuellement parent de deux fils nés d’une mère porteuse.

Mon opinion sur ce film

Je n’ai jamais été fan ni des musiques ni de la voix d’Elton John dont je reconnais cependant le génie musical et les qualités de compositeur. Ayant raté la sortie de Bohemian rhapsody, sur la vie de Freddie Mercury, je ne voulais pas faire de même avec ce film.  

Or, je dois saluer la performance. Ce film, imaginé en 2012 par Elton John lui-même qui ne voulait pas d’un biopic classique, a mis sept ans à se faire. C’est à mon avis une réussite totale. Le scénario (de Lee Hall, scénariste du génial Billy Elliot, auquel ce film m'a fait penser à plusieurs reprises), la mise en scène brillante, qui alterne scènes intimistes avec comédie musicale, dans un feu d’artifices de sons et de couleurs, la performance des acteurs, en particulier de Taron Egerton, qui incarne un Elton plus vrai que nature. Une réussite. 

vendredi 28 décembre 2018

LE RETOUR DE MARY POPPINS Film de Rob Marshall (USA-2018)


Le Retour de Mary Poppins (Mary Poppins Returns) est un film musical américain réalisé par Rob Marshall, et sorti en 2018. Il fait suite au film Mary Poppins sorti en 1964, lui-même adapté du roman du même nom de Pamela L. Travers. Ce film marque également le retour des longs-métrages mêlant animation et prises de vue réelles (les exemples des films de ce genre les plus connus sont : Qui veut la peau de Roger Rabbit, sorti en 1988, MaryPoppins, l'un des preliers films de ce genre, sorti en 1964, et l'un des derniers films de ce sujet étant Les Looney Tunes passent à l'action, des studios Warner, sorti en 2003).

Présentation

L’action se passe à Londres, pendant la Grande dépression des années 1930, Michael et Jane Banks, que nous avions connus enfants dans Mary Poppins, sont désormais adultes. Michael (Ben Wishaw) vit dans la maison familiale de Cherry Tree Lane (L'allée des Cerisiers) avec ses trois enfants, Annabel (Pixie Davies), John (Nathanael Saleh) et Georgie (Joel Dawson) et leur gouvernante, Ellen (Julie Walters). Michael est veuf depuis peu et la banque, dont son père a été l’un des actionnaires, est sur le point de saisir sa maison. Jane, sa sœur (Emily Mortimer), qui ne vit pas avec eux, fait tout pour l’aider.

Mary Poppins (Emily Blunt), l’énigmatique nounou, équipée de son parapluie à tête de perroquet parlant et de son fourre-tout en tapisserie, réapparaît alors dans leur vie. Grâce à sa magie et avec l’aide de son nouvel ami Jack, l’allumeur de réverbères (Lin-Manuel Miranda), Mary va apporter la solution à tous leurs problèmes… On retrouve certains des personnages emblématiques de Mary Poppins, comme l’amiral Boom qui continue à tirer au canon toutes les heures mais le film introduit aussi de nouveaux personnages pleins de fantaisie, comme la « cousine » de Mary Poppins, l’excentrique Topsy (méconnaissable Meryl Streep)… Dyck Van Dyke, qui jouait le rôle de Bert, l’allumeur de réverbères, compagnon de Mary, dans le premier Mary Poppins, fait une apparition dans le rôle du directeur de la banque. Angela Lansbury, l'inoubliable Miss Fletcher de la série  policière télévisée Arabesque, joue le rôle de la vendeuse de ballons.

Mon opinion sur ce film

Je n’étais pas très emballé par un remake du mythique Mary Poppins. J’y suis tout de même allé suite à la lecture de quelques critiques positives et je ne le regrette pas même si certaines scènes m’ont parues superflues et l’ensemble un peu long. Plus qu’un remake, le film présente une vision modernisée assez efficace et sympathique, pas forcément pour les enfants. La scène finale des ballons est la plus réussie. Un regret, ne pas entendre, au moins une fois, le fameux "Superfragilisticexpidélilicieux" devenu une expression-culte du cinéma. A la sortie, on n’a qu’une envie, revoir l’original.

A voir aussi :
  • Dans l'ombre de Mary qui retrace avec humour le combat acharné de Walt Disney pour convaincre l’intraitable Pamela L. Travers, l'auteur de l'histoire originale, de lui céder les droits d'adaptation de son oeuvre.  


mercredi 26 décembre 2018

LES DEMOISELLES DE ROCHEFORT film de Jacques DEMY (FR-1967)



Les demoiselles de Rochefort est un film musical franco-américain écrit et réalisé par Jacques Demy, sorti en 1967, et mettant en vedettes Catherine Deneuve et Françoise Dorléac. Sorti en mars 1967, le film a été couronné la même année par le Prix Max Ophüls et a valu au compositeur Michel Legrand une nomination aux Oscars de la meilleure musique de film. Depuis, le film est devene « culte » et a connu une postérité incroyable, jusqu'à inspirer Damien Chazelle le réalisateur de La La Land.

Présentation

Le film se déroule à Rochefort (Charente-Maritime) dans les années 60. Les sœurs Garnier sont jumelles. Delphine, la blonde (CatherineDeneuve) est professeur de danse et sa sœur, Solange, la brune (Françoise Dorléac) enseigne le solfège. Toutes les deux rêvent de « monter » à Paris. Leur mère Yvonne Garnier (Danielle Darrieux) tient un café sur la place Colbert, au cœur de Rochefort. Autour d’elles gravitent plusieurs personnages : Papé, le père d’Yvonne, qui fabrique des maquettes, Josette, la serveuse, Boubou, le fils d’Yvonne, Maxence, un marin rêveur (Jacques Perrin), Subtil Dutrouz, un étrange retraité (Henri Crémieux). Une kermesse se préparant, une troupe de forains arrive à Rochefort et s’installe sur la place : parmi eux, deux copains, venus présenter des motos et des bateaux, Etienne (George Chakiris) et Bill (Grover Dale).

En se rendant chez son amant, Guillaume Lancien (Jacques Riberolles), qui tient une galerie de tableaux, pour lui annoncer qu’elle ne veut plus le voir, Delphine découvre un portrait peint par Maxence qui lui ressemble étrangement. Pendant ce temps, Solange se rend chez Simon Dame (Michel Piccoli), gérant d'un magasin de musique qui lui propose de lui faire rencontrer Andy Miller (Gene Kelly), un musicien américain de passage à Paris. En allant chercher Boubou à la sortie de l'école, Delphine tombe sur Étienne et Bill.

Mon opinion sur ce film

Je n’avais encore jamais vu ce film passé sur Arte pour les fêtes de Noël 2018 dans son intégralité. Certes, le scénario est mince et les dialogues simplistes mais ce n’est pas ce qu’on attend de cette comédie musicale enlevée, éclatante de couleurs, où les danseurs virevoltent et dont il se dégage à la fois une impression de bonheur mais aussi, curieusement, un sentiment de nostalgie, voire même une certaine tristesse. On sait aussi que c’est quelques mois seulement après la sortie des Demoiselles de Rochefort que Françoise Dorléac se tua à bord de la voiture qui la conduisait à l’aéroport de Nice, où elle devait prendre l’avion pour Londres pour assister à la présentation du film.   

mardi 2 janvier 2018

WEST SIDE STORY Film musical de Robert WISE (USA-1961)


La comédie musicale

A l’origine, West Side Story fut une comédie musicale créée le 26 septembre 1957 au Winter Garden Theatre de Broadway.

La musique a été écrite par Leonard Bernstein; le livret de Stephen Sondheim et Arthur Laurents est librement inspiré de la tragédie Roméo et Juliette de William Shakespeare. La chorégraphie et la mise en scène étaient de Jerome Robbins. Le spectacle fut présenté 732 fois à Broadway avant de partir en tournée. Nommé en 1957 pour le Tony Award de la meilleure comédie musicale (finalement accordé à The Music Man de Meredith Willson), il remporta cependant le prix de la meilleure chorégraphie. La production londonienne connut une durée de représentation encore plus importante et le spectacle fit l'objet de nombreuses reprises et bénéficia d'un succès international. Repris à Paris en 2012 (Théâtre du Châtelet), puis en 2015 au Grand Rex, il a été encore représenté à la Seine musicale du 12 octobre au 12 novembre 2017, devant un public toujours aussi enthousiaste.

Le film

Un film a fait l'objet d'une adaptation de la comédie musicale en 1961. Réalisée par Robert Wise et Jerome Robbins, il est interprété, dans les rôles titres, par Natalie Wood dans le rôle de Maria, George Chakiris, dans celui de Nardo, avec Richard Beymer (Tony), Rita Moreno (Anita), et Russ Tamblyn (Riff). Le film a remporté dix Oscars (sur onze nominations) lors de la 34e cérémonie des Oscars.

Résumé

L’histoire s'inspire de celle de Roméo et Juliette mais se situe dans les années 50 à New York dans le quartier de Upper West Side à Manhattan. 

Deux bandes rivales de jeunes gens désoeuvrés, celles des Jets et des Sharks, s'opposent pour pour le monopole du territoire. 

Les Jets, issus de la classe ouvrière blanche défavorisée, se considèrent comme les véritables Américains car ils sont nés sur le sol américain, même si leurs parents sont eux-mêmes des immigrés venus d'Europe. Les Sharks appartiennent à la deuxième génération d'émigrés venus, plus récemment, de Porto Rico*.

Tony, bien qu’il soit ami du chef du clan des Jets, Riff, n'en fait plus partie et travaille dans un drugstore. Lors d’un bal, il rencontre Maria, la sœur de Bernardo « Nardo », le chef des Sharks, promise à Chino, un jeune Portoricain. Comme dans Roméo et Juliette, les deux jeunes gens tombent fous amoureux dès le premier regard.

Mais les deux bandes ont décidé de s’affronter le soir-même sous le pont de l’autoroute et, loin de respecter la consigne de se battre « à la loyale », les protagonistes sortent chacun un couteau et s’entretuent. 

Tony, qui était venu les séparer, tue Nardo, le frère de Maria pour venger Riff qui a été tué par ce dernier. 

En représailles, Chino, l’amant éconduit de Maria, tue Tony, venue la retrouver pour s’enfuir loin de New York.

Dans la scène finale, on assiste, sur le cadavre de Tony, sinon à la réconciliation des bandes rivales, mais du moins à une trêve.  

Mon opinion sur ce film

Le film est passé hier soir (1er janvier 2018) sur Arte dans sa version restaurée en 2012 qui permet d’apprécier des images et un son parfait. Et, Oh, surprise, le film n'a pas pris une ride. 

Comme beaucoup de spectateurs, je pensais l’avoir vu tant nous avons tous en tête les scènes-culte  et des tubes comme "Maria" mais, en réalité, je me suis aperçu que je ne le connaissais pas dans sa totalité.

A part le début, qui m’a paru très long, surtout après l’étrange scène d’ouverture des dix premières minutes où l’on nous présente une résille fixe qui s’avère reprendre la silhouette de Manhattan sur un fond de musique symphonique, et les interminables prolégomènes où les bandes des Sharks et des Jets se défient, on entre dans l’action véritable et, là, on reste littéralement cloué à son siège face au dynamisme des acteurs, stupéfié par la modernité des dialogues, et surtout par l’époustouflante chorégraphie de Jerome Robbins portée par l'incroyable inventivité de la musique de Bernstein.  


Il n’y a pas à dire. Ce film est et reste un chef d’œuvre qui n’aura pas vieilli en 60 ans. Chapeau !

_____________
* Le statut de Porto Rico est atypique. L'archipel, situé dans les Grandes Antilles, n'est pas, à la différence de ce que l'on croit généralement (et moi le premier !) un Etat américain mais un "territoire américain", rattaché aux Etats-Unis un peu comme le sont les états du Commonwealth à la couronne britannique. Depuis 1917, les Portoricains ont la nationalité américaine sans, pour autant, être "citoyens" américains... [Wikipedia : Porto Rico



Autres comédies musicales recommandées : 

dimanche 29 octobre 2017

JE VOUS PRESENTE MA FEMME (FR-2013)


Je vous présente ma femme est un téléfilm français réalisé par Élisabeth Rappeneau, diffusé pour la première fois le 16 avril 2013 sur France 3. Rediffusé le 28 octobre 2017 sur France Ô. 

Synopsis

Éric, homme timide de 38 ans, a rencontré, à l'occasion d'un séjour à Cuba, la jeune Revolución, belle femme gaie et entraînante de 25 ans, avec qui il s'est marié très rapidement. Le couple d'amoureux vient habiter dans l'appartement d'Éric, dans une petite ville-dortoir située non loin de Lille.

Revolución, par son tempérament sympathique et enjoué, fait rapidement parler d'elle dans la petite ville, d'autant plus qu'elle a décidé, afin d'occuper ses longues journées sans son époux parti travailler, de créer des cours de salsa dans un café nommé Habana.

Néanmoins, elle se trouve une « ennemie » en la personne de sa belle-mère (Catherine Jacob), qui n'accepte pas que son fils « coupe le cordon » avec elle, et qui pense que Revolución a voulu « se caser » avec un Européen afin de quitter sa vie misérable à Cuba. Le mariage du fils ne serait-il pas un mariage blanc ?

Revolución lance son projet de cours de salsa, et au bout de quelques semaines, elle connaît le succès. Les quelques participants du début deviennent vite des centaines de participants, le bouche-à-oreille ayant fait son œuvre.

Après une très dure altercation entre Revolución et sa belle-mère, cette dernière comprendra que son fils aime réellement Revolución et que la jeune femme éprouve les mêmes sentiments pour son mari. Elle comprendra surtout que si elle ne veut pas « perdre son fils », qui menace d'aller vivre à Lille, elle doit accepter Revolución.

La dernière séquence du film montre la belle-mère se maquillant et se parant pour se rendre aux cours de salsa de Revolución, laquelle est maintenant totalement acceptée de tous.

Distribution



  • Aylin Prandi : Revolución
  • Fabio Zenoni : Eric
  • Catherine Jacob : Viviane Martin (la belle-mère)
  • Michel Robin : Alphonse (le Papy)
  • Christian Pereira : Raymond (le mari de Viviane)
  • Noémie de Lattre  : Nelly
  • Serge Requet-Barville : Michel
  • Maxime Delaval : Corentin
  • Emma Dejardin : Stéphanie
  • Saverio Maligno : JC


  • Mon opinion


    J’ai vu ce film lors de sa rediffusion sur France Ô le 28 octobre 2017. Je n’irais pas jusqu’à dire que c’est un chef d’œuvre, mais c’est un film très sympathique et qui se laisse regarder. Certes, le scénario est assez basique mais les acteurs sont super, à commencer par Aylin Prandi, dans le rôle de la pétillante Revolucion (le prénom est bien trouvé car elle « révolutionne » en fait cette petite ville du Nord et ses habitants enlisés dans les convenances !), mais aussi Catherine Jacob, que j’adore (elle est géniale en mère castratrice), et Michel Robin, en délicieux Papy que le contact de cette « jeunesse » émoustille. Aylin Prandi, actrice et chanteuse de nationalité française, n’est pas d’origine cubaine mais elle est de père italien et de mère argentine. Pourquoi le scénario n’a-t-il pas été adapté à ses origines ? Au lieu de la salsa, elle aurait pu enseigner le tango et c’eut été aussi crédible et peut-être encore plus drôle… Un film en tout cas que l’on peut classer parmi les "Feel good movies".  

    Dans le même esprit, je vous recommande :

    dimanche 19 mars 2017

    LA LA LAND film musical de Damien Chazelle (USA-2017)


    La La Land est un film américain écrit et réalisé par Damien Chazelle, sorti le 9 décembre 2016 aux États-Unis et au Canada et le 25 janvier 2017 en Belgique et en France. Ce film marque la troisième collaboration entre Ryan Gosling et Emma Stone après Crazy, Stupid, Love (2011) et Gangster Squad (2013). En anglais américain, l'expression « La La Land » désigne le quartier de Hollywood à Los Angeles, ainsi qu'une situation déconnectée de la réalité.

    La La Land est aussi le titre d’une chanson du groupe Green Velvet (2001) ; La-La Land Records est le nom d’une société discographique spécialisée dans les bandes originales de films fondée en 2002 ; The La la land store est enfin un immense magasin de disques fourre-tout, qui vend des T-shirts, des posters de stars de Hollywood et de groupes de rock et une multitude d'objets souvenirs rappelant la musique et le cinéma, situé au 7001, Hollywood Blvd. à Los Angeles.      
     
    Damien Chazelle est un réalisateur américain, de père français. Il a écrit le scénario de cette comédie musicale en 2010, alors qu’il n’avait que vingt-cinq ans. Ne parvenant pas à trouver un studio susceptible de financer le film, il décide d'abord de réaliser Whiplash, un projet moins ambitieux. Devant le succès de ce premier film, Summit Entertainment accepte de produire La La Land en 2015.

    Présenté en ouverture de la Mostra de Venise en août 2016, le film remporte un succès critique. Emma Stone obtient, quant à elle, la Coupe Volpi de la meilleure interprétation féminine. En janvier 2017, lors de la 74e cérémonie des Golden Globes, La La Land reçoit un record historique de sept récompenses, avant d'être distingué par quatorze nominations pour les Oscars 2017, égalant ainsi le record historique de Ève (1950) et de Titanic (1997). Il remporte six trophées, dont ceux du Meilleur réalisateur pour Damien Chazelle et de la Meilleure actrice pour Emma Stone, ainsi qu'une double consécration pour le compositeur Justin Hurwitz (Meilleure musique et Meilleure chanson originale pour City of Stars).

    Résumé

    Le film se déroule de nos jours, presque entièrement à Los Angeles. Il commence au milieu d’un embouteillage monstre sur une autoroute dont tous ceux qui ont un peu pratiqué la capitale de la Californie ont fait les frais. La scène est tournée lorsqu'on arrive de San Francisco au nord et que l'on découvre l'immensité de Los Angeles, qui occupe toute la cuvette, au sud, dont on reconnaît Downtown hérissée de tours, dans un lointain brumeux.

    Mia (Emma Stone), est serveuse au café Warner situé au sein des studios d’Hollywood. Rêvant depuis son plus jeune âge d’être actrice, elle enchaîne sans succès des castings plus désastreux les uns que les autres. Sebastian (Ryan Gosling)  est un pianiste de jazz éclectique dont le rêve est d’ouvrir son propre club.

    Lorsque le bouchon commence à se dissiper, Mia, qui répète son texte, ne démarre pas assez vite au gré de Sebastian qui la double en klaxonnant.  Furieuse, elle lui fait un doigt d’honneur en l’injuriant.

    Peu après, elle passe une énième audition qui se révèle infructueuse.

    Le soir, Mia se rend avec ses amies à une fête organisée dans une villa sur les hauteurs de Hollywood Hills (Someone in the Crowd). Lorsqu'elle veut reprendre sa voiture pour rentrer chez elle, elle constate, dépitée, que, mal stationnée, elle a été emmenée à la fourrière.

    En parallèle, on voit Sebastian renvoyé le soir de Noël du café-concert où il joue car il n'a pas respecté les ordres du patron et s'est lancé une fois de plus dans une improvisations de jazz de son cru au lieu du répertoire de Noël imposé.

    Alors qu'elle entre dans le restaurant, Mia l'entend interpréter le magnifique morceau, fil rouge du film, qui lui a valu son renvoi (Mia and Sebastian's Theme); alors qu'elle s’avance pour le féliciter, Sebastian, furieux d'avoir été viré, la bouscule, après avoir empoché les maigres pourboires qu’il a récoltés au cours de la soiré. 

    Plusieurs mois plus tard, Mia croise à nouveau Sebastian dans une soirée où celui-ci joue dans un groupe des reprises de chansons des années 1980. Elle se moque de lui et de sa carrière stagnante ; il réplique en se moquant de sa piètre carrière d'actrice. Après le concert, ils repartent ensemble pour reprendre leurs voitures et, tout en se plaignant d’avoir passé la soirée ensemble, ils improvisent des pas de danse en contemplant le coucher de soleil sur Mount Hollywood drive, qui conduit à Griffith Park et à l'Observatoire Griffith (A Lovely Night) - l'un des plus beaux moments du film qui en compte beaucoup.

    Etant tombés amoureux malgré des débits plutôt ratés, ils s’entraînent mutuellement à découvrir leurs passions respectives : Mia emmène Sebastian visiter les studios d’Hollywood où elle côtoie tous les jours stars et tournages et lui confie son rêve de devenir actrice et le plaisir qu’elle a à jouer la comédie. De son côté Sebastian invite Mia, qui dit ne pas aimer le jazz, dans un club où l'on joue un jazz authentique, le Lighthouse Cafe à Hermosa Beach, et il lui confie son rêve : ouvrir un jour son propre établissement. Au cours d’une conversation, Mia dit à Sebastian qu’elle n’a jamais vu La Fureur de vivre, l’un des films emblématiques de James Dean ; enthousiaste, elle accepte de le voir avec lui au cinéma Rialto (Pasadena). Elle a cependant oublié la soirée au restaurant organisée par son petit ami, Greg,  en l'honneur du passage de son frère à Los Angeles. La soirée avec Greg et son frère se révélant d’un ennui mortel, Mia la quitte brusquement pour rejoindre Sebastian au cinéma où le film vient à peine de commencer. Au moment où leurs mains se retrouvaient et où ils allaient échanger leur premier baiser, la pellicule brûle et le film s’interrompt. Comme la scène qu’ils s’apprêtaient à voir se déroulait au planétarium de l'Observatoire Griffith, qui domine Hollywood, Sebastian entraîne Mia vers ce lieu mythique du récit de La Fureur de vivre (Planetarium). Une fois sur place, ils peuvent terminer leur baiser interrompu lors de la séance de cinéma.

    Après de nouvelles auditions ratées, Mia commence à désespérer. Mais, encouragée par Sebastian, elle se décide à se mettre à rédiger un one-woman-show qui raconte son départ de sa ville natale, Boulder, au Nevada, pour réaliser ses rêves à LA. De son côté, Sebastian décroche un emploi dans un club de jazz et emménage avec Mia (Summer Montage). Il y retrouve Keith (John Legend), un de ses vieux camarades de lycée, qui lui propose de venir jouer avec le groupe de jazz-rock qu’il a monté. Dans un premier temps, Sebastian refuse car, d’une part, il semble avoir un contentieux avec Keith, et d’autre part, il est trop puriste pour aimer le style musical du groupe. Cette fois, c'est Mia qui l’encourage à faire un essai avec Keith. Ni l'un ni l'autre n'imagine alors que la conséquence de ce choix entraînera leur séparation. En effet, le succès venant, Sebastian se prend au jeu et il accepte de partir en tournée avec son nouveau groupe, abandonnant Mia à l'écriture de son "one-woman show".

    Un soir, Mia, après avoir essayé en vain d’avoir Sebastian au téléphone, rentre chez elle pour découvrir qu'il lui a fait la surprise de lui préparer un repas d’amoureux. D'abord heureuse, elle déchante lorsqu'il lui apprend que le succès du groupe l’amène à prolonger sa tournée de plusieurs mois et qu’ils vont être séparés si le succès se confirme. Sebastian reconnaît qu’après des années de galère il a enfin, non seulement trouvé un revenu stable mais qu’en plus il est heureux de pouvoir jouer devant des salles pleines et un public enthousiaste. Ils ont leur première querelle d’amoureux, Mia accusant Seb d’avoir abandonné son rêve d'un jazz pur et ne pouvant accepter d’être plus longtemps séparée de lui, elle lui demande de démissionner. Seb lui fait remarquer que c'est elle, à l'origine, qui lui a conseillé de signer le contrat avec le groupe de Keith. La discussion s'envenime : Seb affirme qu'elle l'aimait davantage quand il était un artiste fauché. Vexée et furieuse, Mia quitte l'appartement.

    Plus tard, après avoir terminé l’écriture de son spectacle, Mia s’apprête à le présenter dans un théâtre qu’elle a loué pour l’occasion. Sebastian, qui avait promis d’assister à la première, lui fait faux-bond car il est retenu par une séance photo avec son groupe. Le spectacle est un échec : seule une dizaine de personnes y assiste et les critiques qu'entend Mia de la part de certains spectateurs sont meurtrières. Mia craque et décide d'abandonner la carrière d'actrice. Elle quitte Los Angeles et retourne vivre chez ses parents à Boulder City au Nevada.

    Quelques jours après, on retrouve Sebastian, seul dans l’appartement qu’ils ont habité ensemble. Il reçoit un appel d'une directrice de casting qui a assisté au spectacle de Mia et veut lui faire une proposition pour un premier rôle dans un film qui doit se tourner à Paris. Malgré leur brouille, Sebastian roule jusqu'à Boulder City pour annoncer la bonne nouvelle à Mia mais celle-ci, traumatisée par ses échecs, refuse de le suivre pour éviter une nouvelle humiliation. Il lui fixe un ultimatum : il viendra l'attendre à 8.00 H précise le lendemain matin devant chez ses parents pour la conduire au casting.

    Durant l'audition, les recruteurs demandent à Mia de leur raconter une histoire : elle commence en parlant de sa tante, qui a vécu à Paris et lui a donné l’envie de devenir comédienne alors qu’elle n’était qu’une petite fille. Puis, elle se lance dans une improvisation en chantant (Audition/The Fools Who Dream). Certain que Mia a réussi son audition, Sebastian lui conseille de tenter sa chance dans le cinéma. Ils se promettent alors de s'aimer toujours, sans savoir de quoi le lendemain sera fait.

    On les retrouve cinq ans plus tard, Mia, devenue une actrice célèbre, est désormais mariée à un autre homme avec qui elle a une fille. Un soir, après avoir dîné au restaurant, Mia et son mari vont boire un verre dans un club de jazz. En entrant, Mia remarque le logo du bar : Seb's (c'était elle qui l'avait suggéré à Sebastian lorsqu'ils étaient ensemble.) Mia s'installe dans le public et regarde Sebastian jouer du piano. Celui-ci interprète la chanson qu'il jouait lorsqu'ils s'étaient rencontrés pour la première fois (Epilogue). Durant cette chanson, chacun imagine ce qu'aurait pu être leur histoire si la vie ne les avait pas séparés. À la fin de la chanson, Mia se lève et part avec son mari ; sur le seuil de la porte d'entrée, elle et Sebastian s'adressent un dernier sourire dans lequel on ressent toute la frustration de s'être laissés dicter un avenir différent de celui dont ils avaient rêvé.

    Difficultés à réaliser le film

    Damien Chazelle a commencé à travailler sur son scénario alors qu'il était étudiant à l'université d’Harvard, avec son meilleur ami et colocataire, Justin Hurwit, le compositeur de la bande originale du film. En 2010,  peu après avoir achevé leurs études, ils déménagent tous les deux à Los Angeles et continuent à travailler sur le scénario, modifiant l’action initiale, qui se déroulait à Boston, pour la déplacer à Los Angeles.

    D. Chazelle peine à trouver des financements : les studios sont réticents à l'idée de produire un film musical contemporain ne comprenant que des chansons originales, inconnues du public. En outre, il s'agit d'un film musical de jazz - un genre que The Hollywood Reporter a qualifié de « genre définitivement éteint » (idée plusieurs fois évoquée dans le film) - et Justin Hurwitz et lui étaient alors jeunes et inconnus. Des amis finissent par lui présenter deux producteurs, Fred Berger et Jordan Horowitz, qui transmettent le scénario au studio Focus Features avec un budget estimé à environ un million de dollars. Toutefois, celui-ci demande à D. Chazelle de modifier plusieurs éléments : faire du personnage principal un artiste de rock plutôt qu'un pianiste de jazz ; changer la scène d'ouverture, jugée beaucoup trop complexe à réaliser et… trouver une autre fin au film. D. Chazelle, peu disposé à faire de si gros sacrifices, décide d'abandonner provisoirement La La Land et s'attelle à un nouveau projet, Whiplash, un film au budget plus modeste.

    Ce film sort en 2014 et est bien accueilli lors de sa première projection au festival du film de Sundance. Avec ce succès d'estime, Damien Chazelle se remet alors à espérer pouvoir réaliser le projet dont il rêve depuis des années. Un an plus tard, Whiplash obtient la consécration avec cinq nominations à la 87e cérémonie des Oscars, dont celle dans la catégorie du meilleur film, et près de cinquante millions de dollars de recettes dans le monde (pour un budget initial de 3,3 millions).

    Il est désormais temps de repartir à l'assaut des producteurs. En 2015, Summit Entertainment et Black Label Media acceptent de participer au financement de La La Land et d'en assurer la distribution. Patrick Wachsberger, du studio indépendant Lionsgate, convainc même Damien Chazelle d'augmenter le budget de son film car les comédies musicales de qualité, selon lui, ne peuvent être réalisées avec un budget réduit. Le tournage débute officiellement le 10 août 2015 et s'achève au bout d'un peu plus d'un mois, à la mi-septembre 2015, ce qui est un record pour un film de ce genre (certains films ont mis plusieurs mois à se faire, jusqu'à 8 pour Twilight et 10 pour Le Seigneur des Anneaux !)

    Influences

    Le film se nourrit de diverses influences, bien que la principale soit la comédie musicale hollywoodienne de l'âge d'or, à commencer, bien évidemment, par la plus célèbre d'entre elles West side story (1961). La La Land comprend ainsi de nombreuses références à des classiques tels que Broadway qui danse, Chantons sous la pluie ou Tous en scène ou Beau fixe sur New York, avec Gene Kelly. La photographie colorée et l'ambiance pop du film sont quant à elles inspirées par Les Parapluies de Cherbourg (1964) et Les Demoiselles de Rochefort (1967)* de Jacques Demy - et notamment par ce dernier, qui comprend plus de danse et dont la bande originale est plus proche du jazz. La sublime scène au Planétarium Griffith, poétique et fantastique, m’a aussi rappelé Mary Poppins, lorsque les deux amoureux, en apesanteur, dansent dans les étoiles. Damien Chazelle déclare également avoir été inspiré par des films musicaux moins connus des années 20 comme ceux dédiés à une ville (Manhatta*; L'Homme à la caméra (1929)), qui filment respectivement New York et plusieurs villes soviétiques [*Il ne s’agit pas d’une coquille. Plusieurs films sont intitulés Manhattan, mais le film auquel il est fait référence s’intitule bien Manhatta (sans le "n"). Il s’agit d’un court-métrage documentaire sur Manhattan, réalisé par le peintre Charles Sheeler et le photographe Paul Strand en 1921].



    * On vient d'apprendre (26/01/2019) la mort à 86 ans du musicien français Michel Legrand, compositeur de très nombreuses musiques de film, en particulier des chefs-d'oeuvre de Jacques DemyLes parapluies de Cherbourg et Les demoiselles de Rochefort qui ont beaucoup inspiré La La Land.  

    Outre la référence au film La Fureur de vivre, avec la scène à l'observatoire Griffith, le film fait allusion à Magic in the Moonlight de Woody Allen (2014), où jouait déjà Emma Stone. Dans ce film, Stanley (Colin Firth) et Sophie (Emma Stone) trouvent refuge pendant l’orage dans l’observatoire de Nice, situé au sommet du mont Gros (France).

    Tout au long du film, on peut voir plusieurs fausses affiches de films hollywoodiens créés par le chef décorateur David Wasco ; l'une d'entre elles, censée être celle d'une comédie musicale des années 1930, porte le titre du premier film réalisé par Damien Chazelle, Guy and Madeline on a Park Bench.

    Pour retrouver l'esprit de ces films, le réalisateur souhaitait que les numéros musicaux soient filmés en une seule prise, comme l'étaient les films des années 30 avec Ginger Rogers et Fred Astaire. Il voulait également imiter l'apparence des films en format CinemaScope des années 1950, comme Beau fixe sur New York, et a ainsi utilisé un équipement Panavision en format large ; le format CinemaScope d'époque n'étant plus aujourd'hui disponible.

    Les lieux de tournage

    L'action du film étant située à Los Angeles, le réalisateur a sélectionné plus de soixante lieux de tournage différents dans la ville. Il souhaitait tourner dans des endroits du Los Angeles « historique », à l'abandon, voire démolis. Des scènes ont ainsi été filmées dans des lieux mythiques de Hollywood (le Château Marmont, qui apparaît souvent dans le cinéma, en particulier dans le film de Sofia Coppola, Somewhere, des villas de Hollywood Hills, des studios de la Warner Bros, etc.). Le film est émaillé d'autres lieux touristiques comme les Watts Towers, Hermosa Beach ou South Pasadena. Un bon nombre de scènes n'ont nécessité qu'une seule prise. L'une des plus belles scènes, selon moi, se déroule sur Mount Hollywood Drive, qui évoque un autre lieu mythique, Mulholland Drive, mais on est très loin de l'ambiance glauque qui a inspiré David Lynch pour son film homonyme, Mulholland Drive.

    Une scène se déroule également dans le funiculaire d'Angels Flight, construit en 1901 et fermé au public depuis 2013 à la suite d'un déraillement. L'équipe du film a  obtenu l'autorisation exceptionnelle de l'utiliser durant une journée de tournage.

    On voit aussi plusieurs fois l’Observatoire Griffith, construit en 1935, dans le style art-déco. Cet endroit emblématique, qui domine Los Angeles et la baie de Santa Monica, a servi de décors à de très nombreux films ou séries, La fureur de vivre (1955), dont on voit un extrait dans La La Land, Mannix (1967), Terminator (1984), MacGyver, Bienvenue à Gattaca (1997), Terminator Genisys (2015), etc...      

    La scène d'ouverture est la première à avoir été tournée. Elle a nécessité de bloquer l'accès à une portion d'un échangeur autoroutier permettant la connexion entre l'Interstate 105 et l'Interstate 110, qui conduit au centre-ville de Los Angeles (le Judge Harry Pregerson Interchange). Il a fallu obtenir l'autorisation de mobiliser la rampe d'accès à l'échangeur pendant deux jours, un samedi et un dimanche d'août 2015 ainsi que, une semaine avant, une partie du dimanche " afin de faire des essais de costumes" se souvient le réalisateur. Les répétitions des chorégraphies, supervisées par la chorégraphe Mandy Moore, ont quant à elles été effectuées sur plusieurs parkings de Los Angeles. Plus de cent danseurs mobilisés. Alors que la scène devait être tournée au niveau du sol, Chazelle a finalement décidé de la filmer sur l'échangeur, à environ trente mètres de hauteur, afin de montrer l'étendue de la ville. Le chef décorateur David Wasco déclara qu'il craignait fortement qu'un danseur ne passe accidentellement par-dessus la rambarde de sécurité et ne s'écrase en-dessous. Par ailleurs, les contraintes techniques furent presque insurmontables : des coups de vent violent menaçaient de faire tomber les grues sur les danseurs, les chorégraphies mettaient en danger les danseurs, etc., ce qui imposa de nombreuses modifications et une multiplication des prises. En outre, toutes les scènes devaient être tournées au même moment de la journée dans le but d'obtenir la même luminosité : « C'était un casse-tête technique. Bien que la scène puisse sembler être un seul plan-séquence, elle a été tournée en trois plans : le premier constituant les trois premières minutes, le deuxième jusqu'à quatre minutes et quarante-cinq secondes, et enfin le troisième jusqu'à la fin de la scène. Tandis que la scène finale a été tournée en steadicam, les deux premières prises ont été tournée avec des grues afin de filmer entre les voitures avec aisance.  

    Initialement, le réalisateur souhaitait que la caméra passe de voiture en voiture, dans lesquelles le spectateur entendrait différents genres musicaux sur la radio de bord. Il s'est pour cela inspiré des ouvertures de films tels que Taxi Driver ou Fenêtre sur cour, où la mise en scène est relativement similaire (des inconnus vaquant à leurs occupations sans s'occuper de celles du voisin). Par ailleurs, l'ouverture musicale s'inspire également du film Aimez-moi ce soir (Love me Tonight), comme l'a confié le réalisateur lui-même : "Aimez-moi ce soir, le film de Rouben Mamoulian sorti en 1932, qui s'ouvre avec les sons du matin à Paris - il y a un cordonnier et un balayeur de rue - ; ces sons créent rythmes et cascades en nombre". La scène en elle-même est aussi inspirée du quotidien du réalisateur, qui vit à Los Angeles : "La scène vient du fait que je vis à Los Angeles et que je suis tout le temps dans les bouchons, à me demander si je veux me tirer une balle ou bien danser."  Je dois dire,pour y être allé, que les gigantesques bouchons des autoroutes de Los Angeles, particulièrement le matin au moment où les gens commencent leur journée, sont particulièrement impressionnants et un élément incontournable à prendre en compte pour les temps de trajet

    Les scènes de danse

    La scène de danse de six minutes (dite "de la Prius" (la voiture de Mia) sur Mount Hollywood Dr., devait être tournée durant la brève durée de « l'heure dorée », au coucher du soleil (sunset), particulièrement spectaculaire vu depuis la colline d'Hollywood. Elle fut tournée en huit prises, étalées sur deux jours. Lorsque Ryan Gosling et Emma Stone parvinrent enfin à réussir la scène, "tout le monde sauta de joie", selon les termes de cette dernière. Les deux acteurs principaux, qui ne sont pas danseurs de comédie musicale, faisaient de nombreuses erreurs de chorégraphie, notamment durant les numéros filmés en une seule prise. Néanmoins, Damien Chazelle s'est montré compréhensif envers leur manque d'expérience et a validé la prise malgré la subsistance de quelques erreurs. Par exemple, lors du tournage de la scène de la première danse entre Mia et Sebastian, Emma Stone a trébuché contre le dos d'un banc mais s'est rattrapée et a continué à jouer.

    A la différence d'Emma Stone, qui n'est pas musicienne, Ryan Gosling, en plus d’être un acteur reconnu, est aussi bon musicien que chanteur.  En 2009, il avait fait partie du groupe les Dead Man's Bones, accompagné de Zach Shields également à la voix et à la guitare et de Morgan Slade, bassiste et compositeur. Le groupe sort son premier album la même année.

    Bande originale

    Les chansons et la bande originale du film ont été composées et orchestrées par Justin Hurwitz, qui avait déjà travaillé avec D. Chazelle sur ses deux premiers films. Les paroles des chansons ont été écrites par le duo de paroliers Pasek et Paul, à l'exception de Start a Fire, composée par John Legend (qui joue et chante dans le film), Hurwitz, Marius De Vries et Angélique Cinelu. Afin d'interpréter les six chansons où leurs personnages interviennent, Emma Stone et Ryan Gosling ont suivi des cours de danse et de chant. Depuis sa sortie, le 20 janvier dans l'hexagone, la bande originale du film La la land est une des meilleurs ventes sur ITunes France selon Le Figaro.

    Lors de la 89e cérémonie des Oscars, le compositeur Justin Hurwitz obtint deux récompenses : celles de la meilleure musique et de la meilleure chanson originale pour City of Stars.

    Sortie

    La première mondiale de La La Land a eu lieu lors de la soirée d'ouverture du Festival international du film de Venise, le 31 août 2016. Le film est également projeté lors du Festival de Telluride, du Festival de Toronto en septembre 2016, et de l'AFI Fest en novembre 2016. Initialement, la sortie du film était prévue le 15 juillet 2016, mais en mars, le distributeur a annoncé que le film connaîtrait une sortie limitée le 2 décembre 2016 aux États-Unis, avant de sortir dans tout le pays le 16 décembre. La sortie fut à nouveau décalée au 9 décembre, où Lionsgate diffuse le film dans cinq salles. Le distributeur étend la sortie à deux cents salles le 16 décembre, puis à toutes les salles américaines le 25 décembre. Le 13 janvier, le film sort dans certains cinémas IMAX. La La Land sort le 22 décembre aux Pays-Bas, le 26 décembre en Australie et le 12 janvier 2017 au Royaume-Uni. Les sorties dans le reste du monde doivent s'étaler tout au long du mois de janvier 2017. Le film est finalement sorti le mercredi 25 janvier en France et en Belgique. Lors d'une conférence donnée par Justin Hurwitz à Austin (Texas) le 12 mars 2017, Lionsgate confirme la sortie du film le 11 avril en Digital et le 25 avril en Blu-Ray, DVD et avec une édition spéciale Blu-Ray 4K.

    Réception critique

    Après sept nominations et sept récompenses à la cérémonie des Golden Globes le 8 janvier 2017, La La Land connaît un succès critique. Ce succès se poursuit à Los Angeles aux Producers Guils of America Awards 2017 dans la catégorie Meilleur film. Ryan Gosling et Emma Stone remportent tous deux les récompenses dans les catégories respectives Meilleur acteur et Meilleure actrice aux Screen Actors Guild Awards 2017. La Mostra de Venise et le Festival International du Film de Toronto avaient également réservé un bon accueil au film en août et septembre 2016. Ces derniers ont choisi de récompenser Damien Chazelle pour son travail de réalisateur. Le film est nominé quatorze fois à la cérémonie des Oscars le 26 février 2017.

    En France, l'accueil critique a été très positif : le site Allociné recense une moyenne des critiques presse de 4,3/5.49.

    [Ce texte est en grande partie emprunté à plusieurs articles de l'encyclopédie en ligne Wikipedia]

    Mon opinion sur ce film

    J'ai hésité à aller voir ce film sur lequel les mauvaises critiques étaient aussi nombreuses que les bonnes. J'ai fini par y aller avant qu'il ne soit plus à l'affiche et je ne le regrette pas. Certes, si ce film n'est pas exempt de certaines critiques, comme sa longueur et la confusion de la scène finale dont on ne comprend pas forcément tout lors d'un premier visionnage, je l'ai beaucoup aimé. Je ne suis pourtant pas un grand fan des comédies musicales et je dois dire que la 1e scène (qui, semble-t-il, a représenté, pour le réalisateur, un exploit technique sans précédent) ne m'a pas emballé. Heureusement, le reste du film, en particulier certaines scènes, comme celle du duo de claquettes sur Hollywood Mountain Drive, celle du Planétarium, celle de l'audition de Mia ou la dernière scène, qui dégage une énorme émotion (à condition de la comprendre !!!), m'ont enchanté comme ne l'avait fait aucun film depuis de longs mois... 

    Mais je conçois que ce film atypique ait pu dérouter beaucoup de spectateurs. En ce qui me concerne, j'ai apprécié son originalité et, bien qu'il fasse de nombreuses allusions (on peut même parler d'hommages) à ses grands prédécesseurs dans le domaine du film musical ou de la comédie musicale, son apport d'un souffle de fraîcheur sont un de ses grands atouts par les temps qui courent.

    Bref, j'ai adoré et je recommande fortement La La Land à tous les amoureux de cinéma, de jazz (dont je suis pourtant un très mauvais défenseur), et de la ville de Los Angeles qui est superbement mise en lumière par Damien Chazelle.