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vendredi 27 janvier 2023

NENEH SUPERSTAR film de Ramzi BEN SLIMAN (FR-2023)

 


Neneh Superstar est un film français écrit et réalisé par Ramzi Ben Sliman est sorti en salles en janvier 2023. Il a été présenté en avant-première en compétition officielle au Festival du Film de Demain 2022.

Présentation

Neneh (Oumy Bruni Garrel) a 12 ans et rêve d’intégrer la prestigieuse école de ballet de l’opéra de Paris. Problème, elle n’a pas suivi de formation classique et est plutôt douée pour le hip-pop, elle issue de La Courneuve, et elle est noire. Son père Fred (Steve Tientcheu) croit en elle et l’encourage mais sa mère, Martine (Aïssa Maïga) tente de la raisonner car elle se doute que sa fille risque d’être terriblement déçue si elle est recalée au concours d’entrée de l’école la plus prestigieuse de France.

Lorsque Neneh se présente, le jury est partagé : si le directeur de l’opéra, Jean-Claude Kahane (Cédric Kahn), désireux de faire évoluer la composition du corps de ballet en l’ouvrant à la « diversité », Marianne Belage (Maïwen), ex-danseuse-étoile et directrice de la danse, s’y oppose, prétextant que les codes de la danse classique ne permettent pas d’intégrer des danseuses noires afin de ne pas « casser l’uniformité colorimétrique du ballet », argument qui n’est rien d’autre que du racisme déguisé.

A part un de ses collègues qui soutient son point de vue, Marianne Belage se trouve mise en minorité par la majorité des autres membres du jury qui, tout en reconnaissant que Neneh présente un profil atypique, veulent lui donner sa chance. Il est un fait que, par son comportement, son franc-parler, sa chevelure et son teint, Néneh détonne parmi la cohorte de petites oies blanches toutes semblables du corps de ballet.

En outre, dès le début, Neneh se singularise : elle n’a pas les codes, ne se plie pas facilement aux contraintes de l’école, et se met à dos un groupe d’élèves qui la prennent en grippe. A leurs brimades, elle réagit comme elle a appris à le faire dans sa cité, avec violence, ce qui lui vaut une première menace de renvoi puis une deuxième, car cette fois, elle s’en est prise physiquement à la meneuse du groupe qui a voulu l’humilier et ses parents sont convoqués.

Lors d’un repas, le directeur insiste auprès de Marianne pour qu’elle donne une interview sur son parcours et sa carrière d’étoile à directrice de l’école de ballet. Marianne est réticente mais accepte. L’interview se passe mal quand la journaliste aborde ses origines populaires et algériennes. En effet, Marianne a, jusqu’à présent, tout fait pour les cacher, jusqu’à transformer son nom de Maryam Bel-Hadj en Marianne Belage et même modifier son apparence puisqu’elle porte des lentilles de contact de couleur bleue alors qu’elle a les yeux marron. Or, elle supporte de plus en plus mal ses lentilles qui la font souffrir. Elle est furieuse lorsque l’article sort, révélant en titre son identité.

Comme spectacle de fin d’année, elle choisit sciemment de monter le ballet Blanche Neige, sachant que Neneh n’y aura pas sa place. Lorsqu’elle apprend qu’elle est écartée de la distribution, Neneh, folle de rage, l’accuse de racisme et lui lance ses origines algériennes à la tête. Hors d’elle, Marianne la gifle et Neneh s’enfuit de l’école.

Neneh erre ensuite dans Paris, donne spontanément une représentation de danse mêlant classique et hip-hop lors d’un concert de rue, puis se réfugie pour passer la nuit dans un hall d’immeuble. Signalée par un locataire, elle est emmenée au commissariat de police où son père, en pleine nuit vient la chercher.

Le lendemain, elle refuse de réintégrer l’école dont, de toute manière, elle a été exclue. Mais la sanction a aussi frappé Marianne suspendue pour avoir perdu son sang-froid et avoir donné une gifleà l’un des élèves. Cette dernière, en colère et en pleurs, se précipite dans le couloir de l’école où, sans doute à cause de ses problèmes de lentilles, elle heurte une paroi de verre qui explose. Marianne est sérieusement blessée au visage par les éclats de verre.

Après s’être remise de sa blessure qui lui a laissé une longue estafilade sur la joue, elle revient faire amende honorable et convainc Neneh de reprendre les cours.

Mon opinion

 Par certains côtés, ce film rappelle l’inoubliable Billy Elliot où un jeune garçon d’origine ouvrière (son père est mineur dans le nord de l’Angleterre) décide de devenir danseur classique. J’ai aussi beaucoup pensé au magnifique (et méconnu) film High Strung, découvert par un extrait sur Youtube, qui mêle musique et danse classique et hip-pop avec une problématique (origines populaires, racisme…) très proche de celle de ce film.

 Connaissant un peu la danse classique, je ne suis pas convaincu que le niveau technique de Neneh lui ait permis d’entrer aussi facilement à l’école de danse de l’opéra de Paris qui est une des écoles les plus sélectives et élitistes qui soient mais elle « fait le job » et on oublie vite ses imperfections tant elle déploie d’énergie et d’optimisme. La fin aussi est un peu trop belle mais, malgré tout, le film est sympathique et mérite d’être vu.  

 

dimanche 14 juillet 2019

NOUREEV (LE CORBEAU BLANC) Biopic du danseur R. Noureev (GB-2019)



Noureev (Titre original : The white crow) est un biopic de la 1ère partie de la vie du danseur russe réfugié en France, Rudolf Noureev. Le film a été réalisé par Ralph Fiennes et est sorti en France en 2019 (127 min/2H07).

Résumé

Le film retrace le début de la carrière de Rudolf Noureev (Oleg Ivenko) et se concentre sur l’année 1961, durant laquelle, lors d’une tournée de sa troupe à Paris, il demande l’asile politique à la France. Au moment où la troupe doit embarquer pour Londres, il apprend que lui seul n’en fera pas partie et qu’on va le forcer à repartir en URSS. Affolé, il est sauvé par l’intervention de ses amis français, le chorégraphe Pierre Lacotte (Raphaël Personnaz) et surtout Clara Saint (Adèle Exarchopoulos) qui alertent les autorités de l’aéroport. In extremis, il est exfilté et obtient l’asile politique au grand dam des sbires du KGB qui voulaient à tout prix le voir rejoindre l’URSS.  

Distribution

  • Oleg Ivenko : Rudolf Noureev
  • Adèle Exarchopoulos : Clara Saint
  • Raphaël Personnaz : Pierre Lacotte (chorégraphe français)
  • Ralph Fiennes : le professeur Alexander Pushkin
  • Louis Hofmann : Teja Kremke, danseur et ami de Rudolf
  • Sergei Polunin : Yuri Soloviev, danseur et ami de Rudolf
  • Calypso Valois : Claire Motte (danseuse française)


Mon opinion sur ce film

J’ai trouvé ce film magnifique. Seul bémol, sa durée. Certaines scènes (avec le père, en particulier) auraient pu être coupées car elles n’apportent rien. Beaucoup trop de flash-back aussi, qui déconcertent le spectateur. Mais dans l’ensemble, ce film est une réussite : belle musique, belles scènes de danse. Le meilleur est cependant la partie dans l’aéroport qui est un véritable thriller. Pourquoi, cependant, le scénariste (David Hare, d’après la biographie de Rudolf Noureev par Julie Kavanagh) ne s’est-il pas contenté de transcrire les faits tels qu’ils se sont passés à l’époque : Le 16 juin 1961, à l'aéroport du Bourget, alors que la compagnie s'apprêtait à s'embarquer pour Londres, Rudolf apprit la nouvelle [de son retour forcé à Moscou] de la bouche du directeur artistique du Kirov. « Etovo ne mojet byt' ! » (« C'est impossible ! »), protestât-il, répétant encore et encore « Kak tak ? » (« Comment est-ce possible ? »). Gagné par une espèce d'instinct de survie, il demanda alors aux hommes du KGB l'autorisation de téléphoner à Clara Saint. Cela lui fut accordé. À mots couverts, il réussit à faire comprendre la gravité de la situation à son amie qui accourut bientôt, flanquée de deux policiers français en civil. Rudolf était là, debout, tendu, ne sachant que faire, quand un éclair traversa son regard. Clara et les deux policiers se tenaient à quelques mètres de lui. Tout était encore possible. Soudain, comme un diable jaillissant d'une boîte, il se propulsa en un bond fantastique derrière ses alliés. Amis, officiels, photographes, tous étaient éberlués. Ce « saut vers la liberté » déchaîna la presse. Et Noureev d'entrer dans la légende, sur les traces du poète Pasternak qui, trois ans auparavant, avait défié le Kremlin en se voyant attribuer le prix Nobel pour son roman, le Docteur Jivago. »  [France Info : « Le roman des espions - Les artistes et le KGB » https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-roman-des-espions/les-artistes-et-le-kgb_1765407.html]
Mais le moment qui m’a le plus ému dans le film est celui où, comme un enfant devant une boutique de gourmandises, Noureev s’achète le train électrique qu’il rêvait d’avoir enfant.