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dimanche 13 octobre 2024

SALADE GRECQUE Mini-série de Cédric KLAPISH (FR-2024)

 


Salade grecque est une série télévisée française en huit épisodes d'environ 51 minutes créée par Cédric Klapisch et diffusée sur Prime vidéo mais aussi visible en replay sur France.TV jusqu’au 30/11/2024.

Elle fait suite à la trilogie du réalisateur débutée en 2002 avec L'Auberge espagnole, suivie des Poupées russes (2005) et du Casse-tête chinois (2013).  

Résumé

Tom Rousseau (Aliocha Schneider) et sa sœur Mia (Megan Northam) sont les enfants d’un couple séparé, Xavier (Romain Duris) qui vit à Paris et Wendy (Kelly Reilly) qui vit aux Etats-Unis. Lors des obsèques de leur grand-père, qui se déroule aux Etats-Unis, seul Tom y assiste mais Mia, qui est censée étudier en Grèce dans le cadre du programme Erasmus, ne vient pas. Au moment de l’ouverture du testament, les deux petits-enfants héritent d’un immeuble à Athènes qui appartenait à leur grand-père. Alors qu'il travaillait sur la création d'une start-up à New York avec sa petite amie, Tom part retrouver sa sœur dans la capitale grecque. Sur place, il découvre que Mia, censée fréquenter l'université milite dans une association pour les réfugiés et et vit dans un squat. En outre elle partage sa vie avec Kristos (Dimitris Kitsos), un militant d’extrême-gauche. Elle fait promettre à Tom de ne rien dire à leurs parents. Comme ces derniers 25 ans plus tôt, Tom et Mia vont rencontrer de nombreux jeunes Européens, dans un appartement devenu une véritable « auberge grecque »…

Au départ, Tom, lorsqu’il arrive à Athènes, est bien décidé à vendre l’immeuble dont sa sœur et lui ont hérité pour investir l’argent dans sa start-up américaine mais il s’avère que l’immeuble en question est à l’abandon et ne vaut plus grand-chose. En outre, Tom, conquis par la vie qu’il trouve dans la capitale grecque et prenant fait et cause pour les réfugiés dont s’occupe sa sœur, décide de ne plus vendre et reste en Grèce.

Mon opinion

Sympathique mini-série bien dans l’esprit de l’Auberge espagnole. C’est une véritable « salade grecque » : Il n’est pas toujours facile de s’y retrouver dans la multitude des personnages mais certains des jeunes acteurs sont particulièrement attachants. A part  Aliocha Schneider qui tient le rôle principal, et à qui on donnerait 18 ans alors qu’il en a le double, on doit surtout saluer les prestations de Fotini Peluso (Giulia), Davide Iachini (Pippo) ou Josip Ledina (Zoran).   

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lundi 16 janvier 2023

LES CYCLADES Comédie de Marc FITOUSSI (FR-B 2022)


Les Cyclades
est une comédie franco-belgo-grecque écrite et réalisée par Marc Fitoussi, sortie en 2022.

Résumé 

Blandine (Olivia Côte), technicienne en imagerie médicale dans une clinique, vit avec son fils Benjamin (Alexandre Desrousseaux), un jeune adulte qui vit encore avec elle et avec qui a des relations fusionnelles. Suite à un divorce qui s’est mal passé, Blandine est en pleine dépression et Benjamin, qui s’apprête à quitter la maison pour emménager dans une colocation, s’inquiète pour elle. En triant des affaires entassées au garage pour le déménagement de Benjamin, ce dernier tombe sur un CD de la musique du Grand Bleu qui n’est pas au nom de Magalie et l’interroge sur qui était cette Magalie. Blandine se souvient alors que Magalie était sa meilleure amie au collège et qu’elles étaient tellement fan du Grand Bleu qu’elles avaient voulu partir toutes les deux pour Amorgos, l’île grecque des Cyclades où se déroule le film. Mais le rêve ne s’était pas réalisé car elles étaient mineures et n'avaient pas l'argent du voyage puis une brouille les avait définitivement séparées. 

Benjamin décide alors de retrouver Magalie (Laure Calamy) et organise une rencontre entre Blandine et cette dernière, pensant ainsi aider sa mère à sortir de sa dépression. La rencontre au restaurant entre les deux ex-amies n’est pas une réussite car leurs vies ont pris des chemins trop différents : Blandine est rangée, a un fils, un emploi fixe et mène une vie ennuyeuse et sans fantaisie alors que Magalie est tout le contraire. Elle est vive, drôle, excentrique, n'a aucun tabou, est sans travail et vit plus ou moins d'expédients. Lorsqu’elle revient de son rendez-vous avec Magalie, Blandine cache soigneusement à son fils qu’elles ne sont pas sur la même longueur d’ondes. Après la découverte du CD, Benjamin avait prévu d’emmener sa mère en Grèce pour lui permettre d’accomplir le rêve qu’elle n’avait pu réaliser enfant mais, croyant qu’elle s’entend bien avec Magalie, il change ses plans et renonce à ce voyage, proposant à Magalie de faire le voyage à sa place. 

N’osant pas révéler à son fils que c’est une mauvaise idée en raison de leurs caractères diamétralement opposés, Blandine accepte malgré tout de partir avec Magalie. Dès le premier jour, en raison du comportement "borderline" de cette dernière, il leur arrivera toutes sortes d'aventures imprévues qui changeront Blandine à jamais et renouera leur amitié. 

Mon opinion 

Je suis allé voir ce film « par défaut ». La bande annonce, que j’avais vue au cinéma, ne m’avait pas séduit et je pensais avoir à faire à une de ces comédies à la limite de la farce dont le cinéma français a trop souvent, hélas, le secret. Mais j’ai finalement eu une bonne surprise. Au fond, comme dans Close ou dans Cet été-là, c'est l'histoire d'une amitié d'enfants. C'est une comédie, certes, mais pas aussi creuse que ce que l'on pouvait penser et au fond, bien sympathique et même, par moments, émouvante. Comme dans Les 8 montagnes, où deux garçons qui ont été amis d'enfance ont été séparés par la vie et se retrouvent à l'âge adulte, chacun ayant fait son chemin dans des directions différentes, c'est le cas ici mais avec ces deux femmes que tout sépare et qui se retrouvent malgré leurs différences. Un joli film en fin de compte, où celles qui paraissent les plus affranchies et revenues de tout (Magalie, mais aussi Bijou, étonnante Kristin Scott Thomas), sont au fond les plus fragiles. Pari réussi pour ce film à classer dans les feel-good-movies. En prime, les paysages lumineux des Cyclades et le souvenir impérissable du Grand Bleu.

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lundi 17 juillet 2017

LA FOLLE AVENTURE DES DURRELL (Série britannique 2016-...)


La folle aventure des Durrell (titre original : The Durrells) est une mini-série britannique basée sur la Trilogie de Corfou, récit autobiographique écrit par le grand naturaliste Gerald Durrell qui couvre la période 1935–1939 où la famille Durrell vécut sur l’île grecque de Corfou, La série produite par Christopher Hall dans le cadre des créations de la BBC a été écrite par Simon Nye. Elle a été filmée par Steve Barron et Roger Goldby. Les producteurs exécutifs sont Lee Morris et Sally Woodward Gentle. Lee Durrell, la veuve de Gerald Durrell, qui est aussi directeur du Durrell Wildlife Conservation Trust, a été la consultante. La série est prévue pour durer trois saisons (2016-2017-2018) de 12 épisodes chacun, chaque épisode durant 46-47 minutes.  

Résumé

L'action commence à Bornemouth (GB) en 1935. Louisa Durrell, veuve de Lawrence Durrell, un ingénieur anglais mort en Inde, vit chichement avec ses quatre enfants adolescents : Lawrence, l’aîné, qui va devenir le célèbre auteur, Leslie, son cadet, amateur d’armes à feu, le plus jeune, Gerald, qui deviendra le grand naturaliste et l'auteur des livres dont est tirée l'histoire, et leur sœur, Margo. 

Vivant avec sa seule pension de veuve et n’arrivant pas à joindre les deux bouts, Louisa décide de vendre la maison qui est son seul bien et de quitter l’Angleterre pour aller vivre dans l’île grecque de Corfou. 

Arrivée en Grèce, un pays étranger dont elle ne parle pas la langue, dans une maison délabrée sans eau ni électricité, avec des adolescents qui vivent leur vie dans un égoïsme forcené, Louisa essaie désespérément de faire vivre sa famille en attendant le virement de sa pension qui n’arrive pas. Seul le plus jeune garçon, Gerald, passionné depuis son plus jeune âge par les animaux, trouve son compte à cette vie semi-sauvage où ses aînés ont bien du mal à se faire.

Distribution

  • Keeley Hawes (Louisa Durrell)
  • Milo Parker (Gerry Durrell)
  • Josh O'Connor (Larry Durrell)
  • Daisy Waterstone (Margo Durrell)
  • Callum Woodhouse (Leslie Durrell)
  • Yorgos Karamihos (Dr. Theo Stephanides)
  • Alexis Georgoulis (Spiros Hakaiopoulos)
  • Ulric von der Esch (Sven Lundblad)
  • Anna Savva (Lugaretzia)
Mon opinion

J’avais lu il y a plusieurs années les livres de Gerald Durrell et je m’étais régalé. Aussi, je n’aurais raté pour rien au monde les premiers épisodes diffusés hier soir sur France 3. Je n’ai pas été déçu car j’y ai retrouvé l’ambiance déjantée des livres, avec leur humour si anglais que j’adore. Les personnages, en particulier le jeune acteur qui joue le rôle de l’auteur, sont attachants, les paysages magnifiques et l’action bien menée. J’espère que les prochains épisodes ne nous décevront pas.
Je précise que les ouvrages dont a été tirée cette série ont été récemment republiés aux éditions de La Table Ronde sous le titre "La trilogie de Corfou" /

- Vol. 1 : Ma famille et autres animaux
- Vol. 2 : Oiseaux, bêtes et grandes personnes
- Vol. 3 : Le jardin des dieux

[Voir à ce sujet : La Trilogie de Corfou, Télérama]
  

jeudi 1 janvier 2015

HOMMAGE A THEO ANGELOPOULOS




J'ai appris aujourd'hui [1ère publication de ce billet 25 janvier 2012]  la mort à 76 ans, du cinéaste grec Theo Angelopoulos, mardi 24 janvier au soir, après avoir été renversé par une moto dans une rue du Pirée alors qu'il tournait son dernier film, intitulé L'autre mer.

C'est un coup dur de plus pour la Grèce, qui souffre terriblement depuis la mise sous tutelle de son économie par le FMI et l’Europe en 2010, car elle vient de perdre son plus grand cinéaste. Theo Angelopoulos, de son vrai nom Theódoros Angelópoulos (en grec : Θεόδωρος Αγγελόπουλος) était né à Athènes le 27 avril 1935. Il  y est mort dans un accident stupide le 24 janvier 2012.

Après avoir commencé par des études de droit à Athènes, Theo Angelopoulos vient à Paris en 1961. Il étudie d'abord à la Sorbonne la philosophie et le cinéma. L'année suivante, il entre à l’IDHEC (aujourd'hui La Fémis). Il en est renvoyé pour « non conformisme » dès la fin de sa première année mais tourne avec des condisciples de l'IDHEC sa première œuvre En noir et blanc qui ne sera jamais terminée par manque de moyens. 

De retour à Athènes, il devient critique cinématographique au quotidien Demokratiki Allaghi de 1964 à 1967 jusqu’au coup d’État des Colonels du 21 avril 1967.

Entre 1970 à 1980, son cinéma est marqué par la dénonciation de la dictature des colonels. La trilogie, débutée en 1972 par Jours de 36, poursuivie trois ans plus tard avec Le Voyage des comédiens puis achevée en 1977 par Les Chasseurs évoque la mise en place du régime du 4-Août de Ioánnis Metaxás, puis les années d'occupation et de guerre civile et enfin la domination politique de la bourgeoisie choisissant la dictature des colonels par peur du communisme, avec les conséquences que l’on sait pour la démocratie grecque. 

En 1980, son Alexandre le Grand renverse le point de vue et s'intéresse à la dérive dictatoriale de l'idéologie socialiste confrontée aux exigences de l'exercice du pouvoir.

Après le retour de la démocratie en Grèce, Angelopoulos réalise des films plus introspectifs et difficiles pour le grand public (Voyage à Cythère 1983, L’Apiculteur 1986 et Paysage dans le brouillard 1988) mais le discours politique est toujours sous-jacent à l'expérience individuelle et intérieure. Devant l’échec de la gestion de son pays par le Pasok (socialiste) de Papandreou, Angelopoulos pense que, si la politique ne peut transformer le monde, l'enfance sera capable de le recréer.

Qu’on ne cherche pas, dans le cinéma d’Angelopoulos, l’image de la Grèce clinquante et superficielle, du soleil et des stations balnéaires, que s’en font les touristes. Angelopoulos filme la Grèce du nord, celle des Balkans, avec son histoire tourmentée, sa pauvreté, ses paysages froids et désolés, souvent noyés dans la pluie et le brouillard. Le Regard d’Ulysse se passe en pleine guerre de Yougoslavie et au milieu des combats de Sarajevo.

Le travail d’Angelopoulos, très exigeant, avec des plans séquence qui n'en finissent pas (l'exemple-type étant celui, interminable, des télégraphistes dans Le pas suspendu de la cigogne, 1991), peut, pour la plupart des spectateurs, être insupportablement ennuyeux mais les plus prestigieux jurys, trop souvent aveuglés par le snobisme et les coteries, ne s'y sont heureusement pas trompés puisque Le Regard d'Ulysse, qui est sans doute son chef-d’œuvre, a reçu la Palme d’Or au Festival de Cannes 1995, exploit renouvelé en 1998 pour L'Éternité et Un Jour.

Angelopoulos fait alors une pause dans son parcours et ne revient à la réalisation qu'en 2004 avec Eléni, premier volet d'une trilogie sur le XXe siècle à travers une histoire d’amour. Son dernier film, La Poussière du temps, deuxième opus de sa trilogie Eléni, réalisé en 2008, n'est, à ce jour, malgré la notoriété de son réalisateur, jamais sorti en France. Dans sa carrière, Angelopoulos aura réalisé 14 films. Son 15e restera à jamais inachevé comme l'avait été son premier. 

Terrible ironie que de laisser sa dernière œuvre inachevée pour un réalisateur dont l'un des thèmes de prédilection est justement l'incapacité de l'homme à aller au bout de ses ambitions. 

Souvent considérée comme difficile, l’œuvre de Theo Angelopoulos est celle d'un cinéaste poète et esthète, pape d'un cinéma contemplatif et existentiel.

mercredi 22 octobre 2014

LE GRAND BLEU de Luc Besson (FR-1988)

 

Le Grand Bleu est un film dramatique français réalisé par Luc Besson, sorti en 1988. Le film est librement inspiré des vies de Jacques Mayol et Enzo Maiorca, célèbres champions de plongée en apnée. Jacques Mayol et Enzo Molinari se connaissent depuis l'enfance, dans les années 1960. Ils ont grandi ensemble en Grèce et partagent depuis toujours leur passion pour la mer. Mais à la suite de l'accident au cours d'une plongée et du décès de son père, Jacques revient en France. Vingt ans ont passé, mais la rivalité entre les deux hommes existe toujours. Le championnat du monde d'apnée "No Limit" à Taormina en Sicile à la fin des années 1980 est l'occasion pour les deux hommes de se retrouver et d'explorer un monde que personne ne connaît aussi bien qu'eux.

Distribution partielle

  • ·         Jean-Marc Barr : Jacques Mayol
  • ·         Jean Reno : Enzo Molinari (pseudonyme pour Enzo Maiorca)
  • ·         Rosanna Arquette : Johanna Baker
  • ·         Jean Bouise : l'oncle Louis
  • ·         Sergio Castellitto : Novelli

Autour du film

Le record de Jacques Mayol de 105 mètres établi en 1983 (120 mètres dans le film), considéré par les médecins dans le film comme une limite absolue, sera par la suite pulvérisé : en 2007, le record d'apnée no limit est poussé à 214 mètres par Herbert Nitsch.

Pour le rôle de Jacques Mayol, le premier choix pour Luc Besson était Christophe Lambert, qu'il avait dirigé dans Subway, mais, lors de son baptême de plongée, l'acteur attrapa une otite, ce qui l'obligea à décliner l'offre. Après avoir ensuite envisagé Gérard Lanvin, Mickey Rourke ou encore Mel Gibson pour le rôle, Luc Besson choisit Jean-MarcBarr qui était alors inconnu du grand public.

Le dauphin Joséphine, héroïne du film, est mort à l'âge estimé de 32 ans, le 23 août 2011, « des suites d'une maladie rénale associée à son âge très avancé ». Elle avait été capturée aux États-Unis en 1979 pour le parc marin d'Antibes. Joséphine s'était rendue célèbre en tournant « les scènes les plus techniquement difficiles » du film. C'est elle, notamment, qui vient chercher l'acteur Jean-Marc Barr dans les profondeurs de la mer dans la scène finale.

Musique

Pour nous français, il est difficile d’imaginer ce film sans la musique mythique composée pour lui par Eric Serra. Pourtant, la version américaine s'est faite sans cette bande son qui fut remplacée par une partition de Bill Conti. A part les cinéphiles, le grand public américain ne saura jamais ce qu’il a perdu !

Réception critique

Le film avait dans un premier temps été mal accueilli par la critique, et en partie sifflé lors de la présentation au festival de Cannes. Luc Besson en gardera une rancune tenace ; Jean-Hugues Anglade, son acteur dans Subway, a d'ailleurs déclaré: « Dès Le Grand Bleu, Luc souffrait de ne pas être reconnu par la criti­que ».

Par contre, le film a été un succès public considérable, Luc Besson a pu ensuite sortir en salles une version longue de son film de cinquante minutes de plus que l'originale tout en se permettant d'inscrire sur l'affiche l'accroche suivante : « N'y allez pas, ça dure 3 h ! ». Le film a attiré près de 9,2 millions de spectateurs français et il est resté un film culte pour la majeure partie. L'exploitation en France rencontra un des plus gros succès de l'histoire du cinéma français, notamment auprès des adolescents.

Je suis étonné de n’avoir encore jamais parlé de ce film qui, pour moi comme pour d’autres spectateurs, reste un de mes plus merveilleux moments de cinéma. Je l’ai d’ailleurs revu plusieurs fois, que ce soit à la télé ou en DVD et je suis sûr que j’irais le revoir s’il était à nouveau un jour programmé en salles.


C’est pour moi, avec Subway, la plus belle réussite de Besson qui s’est ensuite tourné vers la violence avec des films comme Léon ou Nikita ou Le cinquième élément. Même si j’ai apprécié The Lady, Le Grand Bleu m’a laissé un souvenir inoubliable de cinéma et j'en resterai à jamais nostalgique.    


dimanche 17 août 2014

LE REGARD D'ULYSSE de Theo Angelopoulos


Le Regard d’Ulysse (Το Βλέμμα του Οδυσσέα : To Vlémma tou Odysséa) est un film franco-italo-grec de Theo Angelópoulos sorti en 1995.

Synopsis

Un cinéaste grec exilé aux Etats-Unis; A (Harvey Keitel) revient dans son pays (la région de Thessalonique au nord de la Grèce), à la recherche des trois bobines originales du premier film réalisé dans les Balkans par les frères Manakis au début du XXe siècle. Cette quête va le mener à travers plusieurs pays des Balkans, après la chute du communisme, la nouvelle république de Macédoine (avec laquelle la Grèce est en conflit), la Bulgarie et la Yougoslavie, qui est alors en pleine guerre civile (nous sommes en 1992-1993.) Il arrive pendant le siège de Sarajevo dans lequel il s'introduit, au péril de sa vie, à travers les balles des snipers. C'est là qu'il va enfin découvrir les précieuses bobines, conservées par un vieux projectionniste fou de cinéma, dans une salle désaffectée et en partie détruite par les bombardements.

Mon avis

J'ai vu presque tous les films de Theo Angelopoulos. La Grèce de ce metteur en scène n'est pas celle des catalogues touristiques en quadrichromie : tous se déroulent dans une Grèce qui n'est pas celle du soleil, des plages et des temples antiques mais qui appartient au monde des Balkans, située aux confins de l'Albanie et de la Macédoine : une Grèce montagneuse, froide, noyée de pluie, de brouillard et de neige, une Grèce rurale, pauvre et souffrante où les êtres se fondent dans des paysages énigmatiques. Ce film, sorti en 1995, a été récompensé par le Grand Prix du 48e Festival de Cannes. Il marque sans nul doute le sommet de la carrière du grand cinéaste grec. On y retrouvera aussi ce qui peut chez lui autant fasciner qu'exaspérer, ces  longs plans-séquences qui n'en finissent pas et sont sa marque de fabrique. Parmi ceux-ci, dans ce film, une image m'a particulièrement marqué : celle de cette gigantesque statue de Lénine, déboulonnée, que la caméra suit longuement dans sa descente du Danube.

Le héros du film, A (comme Angelopoulos ?), incarné par Harvey Keitel, dont la stature est impressionnante, fascine par son mutisme à travers lequel transparaît cette volonté inébranlable d'atteindre son but.

Musique


Le film n'aurait pas la même intensité sans la sublime musique composée par Eleni Karaïndrou, déchirante de nostalgie. Il y a en particulier la scène de ces musiciens, installés en plein brouillard dans un square de Sarajevo en ruine, qui continuent imperturbablement à jouer malgré les tirs d'armes à feu que l'on entend tout autour d'eux.

vendredi 27 décembre 2013

TU HONORERAS TA MERE ET TA MERE film de Brigitte Roüan (FR-2013)


Comédie française de Brigitte Roüan, sortie en 2013.

Distribution :

  • Nicole Garcia : Jo
  • Eric Caravaca : Pierre
  • Patrick Mille : Lucas
  • Michaël Abiteboul : Fabien
  • Gaspard Ulliel : Balthazar
  • Elisa Tovati : Rachel
  • Sandrine Dumas : Lucille
  • Sarah Gabriel : Deirdra
  • Hélène Ruys : Soizic
  • Emmanuelle Riva : Granny
  • Lakis Lazopoulos : Le Maire
  • Demis Roussos : Le Pope
  • Zafiris Katramadas : Le jardinier
  • Solal Forte : Antoine
  • Victor Desrousseaux : Matthias
  • Victor Autier : Martin
  • Noumia Boutleux : Aïssa
  • Louis Frechou: Tom
Synopsis

Comme chaque été, Jo (Nicole Garcia) réunit ses cinq fils et leur famille sur l’île de Milos en Grèce pour y monter une pièce du répertoire antique dans un festival qu'elle a créé. C’est aussi pour elle l’occasion de rassembler autour d’elle sa « tribu », ses quatre fils, leurs femmes et leurs enfants.
Mais, c'est la crise et, à leur arrivée, le maire leur annonce que, suite aux réductions budgéraires, le festival est annulé, ce qui ne l’a pas empêché d’investir la subvention octroyée par la France pour le festival dans la réfection du réseau d'égouts. 
Jo se retrouve non seulement privée de son festival mais de maison pour héberger toute sa tribu. En femme de ressouces, elle ne se démonte pas pour autant et, avisant la maison inoccupée d'un couple anglais qui a annulé son séjour, elle décide de squatter leur maison et convainc tout le monde de réaliser malgré tout le festival qui les rassemble depuis des années.
Jo (en référence à Jocaste, mère et épouse d'Œdipe) exerce sa tyrannie aimante et légèrement hystérique sur ses fils qui subissent l’épreuve stoïquement jusqu’à ce que, à bout de patience, ils finissent par l’envoyer paître...  pour immédiatement se racheter. 
Malgré toutes les embuches, les contretemps, les crises de nerfs et de fou-rires, le festival aura bien lieu, mêlé de références à la mythologie grecque, réactualisé à la mode rap et agrémenté, par les six petits-enfants qui s’improvisent metteurs en scène, de l’utilisation de téléphones portables 

Mon opinion sur ce film

Je n'aurais pas imaginé Nicole Garcia dans le rôle de la mère méditerranéenne abusive mais je dois reconnaître qu'elle s'en sort plutôt bien. Le film est sympathique. Intelligente comédie loufoque et légère en hommage à la Grèce martyrisée par le FMI et l’Europe, et au théâtre antique. Car, ne nous y trompons pas, bien que ce soit une comédie (et on éclate souvent de rire au cours du film), la réalisatrice a su nous amuser tout en traitant un sujet sérieux, celui des relations mère-fils, tout aussi compliquées que les relations mères-filles, qui plonge ses racines dans la tragédie grecque.  
Les personnages du maire et du pope (joué par Demis Roussos) sont truculents. La musique de l’orchestre grec de Grigoris Vasilas y est sublime. On est aussi heureux de retrouver la grande Emmanuelle Riva en grand-mère un peu fofolle dans un film qui ne se prend pas au sérieux.
Un film divertissant qui donne bien envie de prendre illico un billet pour la Grèce, sa mer turquoise, ses paysages sublimes, ses villages blanchis à la chaux et son souffle héroïque qui, malgré la crise, reste debout face à l'adversité.


Mon classement : 4,5/5 (Rafraîchissant !)

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mardi 2 juillet 2013

ODYSSEUS (3ème PARTIE) : ON TOUCHE LE FOND !


Jeudi dernier, je me suis forcé à regarder la 3ème partie d'Odysseus. En ce qui me concerne, ce sera bien la dernière (même si la série continue).
D'épisode en épisode, on tombe de Charybde en Scylla, en s'éloignant, à chaque fois un peu plus, du texte original de l'Odyssée. Que l'on prenne des libertés avec un texte, pourquoi pas, mais pas en accumulant les anachronismes, les invraisemblances, les situations ridicules et surtout si peu conformes à l'histoire de la Grèce archaïque qui, même si elle recèle encore des incertitudes, nous est assez bien connue. Le dernier épisode que j'ai vu (3ème semaine) où Ulysse revenu à Ithaque se transforme en autocrate sanguinaire, faisant exécuter toutes les esclaves troyennes (ce qui n'est pas ni dans le texte ni dans la conception qu'avaient les Grecs de l'antiquité de l'esclavage - ce serait comme saccager gratuitement ses propres biens), est totalement invraisemblable. Cette "création" d'Arte est, pour moi, un échec complet, indigne de la chaîne culturelle.

Mon classement : 1/5 Vraiment très mauvais.