Film "The weeping meadows" (en français : Eléni : La terre qui pleure) de Theo Angelopoulous (2004). Résumé : En 1919, l'Armée rouge entre dans la ville d'Odessa. Parmi les étrangers qui quittent la ville se trouve Eleni, une jeune orpheline recueillie par Spyros le patriarche de la communauté grecque. Dans la foule en fuite, elle rencontre Alexis, le fils de Spyros, avec qui elle a des jumeaux.Le film se déroule entre 1919 et 1949, date de la fin de la guerre civile en Grèce. Musique d'Eléni Karaïndrou.
Ce blog est consacré au cinéma et aux séries TV. J'y traite principalement des films et des séries que j'aime mais je me réserve aussi le droit d'en critiquer certains.
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lundi 22 août 2022
jeudi 1 janvier 2015
HOMMAGE A THEO ANGELOPOULOS
J'ai appris aujourd'hui [1ère
publication de ce billet 25 janvier 2012] la mort à 76 ans, du cinéaste grec Theo
Angelopoulos, mardi 24 janvier au soir, après avoir été renversé par une moto
dans une rue du Pirée alors qu'il tournait son dernier film, intitulé L'autre
mer.
C'est un coup dur de plus pour la
Grèce, qui souffre terriblement depuis la mise sous tutelle de son économie par
le FMI et l’Europe en 2010, car elle vient de perdre son plus grand cinéaste.
Theo Angelopoulos, de son vrai nom Theódoros Angelópoulos (en grec : Θεόδωρος
Αγγελόπουλος) était né à Athènes le 27 avril 1935. Il y est mort dans un accident stupide le 24
janvier 2012.
Après avoir commencé par des
études de droit à Athènes, Theo Angelopoulos vient à Paris en 1961. Il étudie
d'abord à la Sorbonne la philosophie et le cinéma. L'année suivante, il entre à
l’IDHEC (aujourd'hui La Fémis). Il en est renvoyé pour « non conformisme » dès
la fin de sa première année mais tourne avec des condisciples de l'IDHEC sa
première œuvre En noir et blanc qui ne sera jamais terminée par manque de
moyens.
De retour à Athènes, il devient critique cinématographique au quotidien
Demokratiki Allaghi de 1964 à 1967 jusqu’au coup d’État des Colonels du 21
avril 1967.
Entre 1970 à 1980, son cinéma est
marqué par la dénonciation de la dictature des colonels. La trilogie, débutée en
1972 par Jours de 36, poursuivie trois ans plus tard avec Le Voyage des
comédiens puis achevée en 1977 par Les Chasseurs évoque la mise en place du
régime du 4-Août de Ioánnis Metaxás, puis les années d'occupation et de guerre
civile et enfin la domination politique de la bourgeoisie choisissant la
dictature des colonels par peur du communisme, avec les conséquences que l’on
sait pour la démocratie grecque.
En 1980, son Alexandre le Grand renverse le point de vue et s'intéresse à
la dérive dictatoriale de l'idéologie socialiste confrontée aux exigences de
l'exercice du pouvoir.
Après le retour de la démocratie
en Grèce, Angelopoulos réalise des films plus introspectifs et difficiles pour
le grand public (Voyage à Cythère 1983, L’Apiculteur 1986 et Paysage dans le
brouillard 1988) mais le discours politique est toujours sous-jacent à
l'expérience individuelle et intérieure. Devant l’échec de la gestion de son
pays par le Pasok (socialiste) de Papandreou, Angelopoulos pense que, si la
politique ne peut transformer le monde, l'enfance sera capable de le recréer.
Qu’on ne cherche pas, dans le
cinéma d’Angelopoulos, l’image de la Grèce clinquante et superficielle, du
soleil et des stations balnéaires, que s’en font les touristes. Angelopoulos
filme la Grèce du nord, celle des Balkans, avec son histoire tourmentée, sa pauvreté, ses paysages froids et
désolés, souvent noyés dans la pluie et le brouillard. Le Regard d’Ulysse se passe en
pleine guerre de Yougoslavie et au milieu des combats de Sarajevo.
Le travail d’Angelopoulos,
très exigeant, avec des plans séquence qui n'en finissent pas (l'exemple-type étant celui, interminable, des télégraphistes dans Le pas suspendu de la cigogne, 1991), peut, pour la
plupart des spectateurs, être insupportablement ennuyeux mais les plus
prestigieux jurys, trop souvent aveuglés par le snobisme et les coteries, ne
s'y sont heureusement pas trompés puisque Le Regard d'Ulysse, qui est sans doute son
chef-d’œuvre, a reçu la Palme d’Or au Festival de Cannes 1995, exploit renouvelé en 1998 pour L'Éternité et Un Jour.
Angelopoulos fait alors une pause
dans son parcours et ne revient à la réalisation qu'en 2004 avec Eléni, premier
volet d'une trilogie sur le XXe siècle à travers une histoire
d’amour. Son dernier film, La Poussière du temps, deuxième opus de sa trilogie
Eléni, réalisé en 2008, n'est, à ce jour, malgré la notoriété de son
réalisateur, jamais sorti en France. Dans sa carrière, Angelopoulos aura réalisé 14 films. Son 15e restera à jamais inachevé comme l'avait été son premier.
Terrible ironie que de laisser sa
dernière œuvre inachevée pour un réalisateur dont l'un des thèmes de
prédilection est justement l'incapacité de l'homme à aller au bout de ses
ambitions.
Souvent considérée comme difficile, l’œuvre de Theo
Angelopoulos est celle d'un cinéaste poète et esthète, pape d'un cinéma
contemplatif et existentiel.
dimanche 17 août 2014
LE REGARD D'ULYSSE de Theo Angelopoulos
Le Regard d’Ulysse (Το Βλέμμα του Οδυσσέα : To Vlémma tou Odysséa) est un film
franco-italo-grec de Theo Angelópoulos sorti en 1995.
Synopsis
Un cinéaste grec exilé aux
Etats-Unis; A (Harvey Keitel)
revient dans son pays (la région de Thessalonique au nord de la Grèce), à la
recherche des trois bobines originales du premier film réalisé dans les Balkans
par les frères Manakis au début du XXe siècle. Cette quête va le
mener à travers plusieurs pays des Balkans, après la chute du communisme, la
nouvelle république de Macédoine (avec laquelle la Grèce est en conflit), la
Bulgarie et la Yougoslavie, qui est alors en pleine guerre civile (nous sommes en
1992-1993.) Il arrive pendant le siège de Sarajevo dans lequel il s'introduit,
au péril de sa vie, à travers les balles des snipers. C'est là qu'il va enfin
découvrir les précieuses bobines, conservées par un vieux projectionniste fou
de cinéma, dans une salle désaffectée et en partie détruite par les
bombardements.
Mon avis
J'ai vu presque tous les films de
Theo Angelopoulos. La Grèce de ce metteur en scène n'est pas celle des
catalogues touristiques en quadrichromie : tous se déroulent dans une Grèce qui
n'est pas celle du soleil, des plages et des temples antiques mais qui
appartient au monde des Balkans, située aux confins de l'Albanie et de la
Macédoine : une Grèce montagneuse, froide, noyée de pluie, de brouillard et de
neige, une Grèce rurale, pauvre et souffrante où les êtres se fondent dans des paysages
énigmatiques. Ce film, sorti en 1995, a été récompensé par le Grand Prix du 48e
Festival de Cannes. Il marque sans nul doute le sommet de la carrière du grand
cinéaste grec. On y retrouvera aussi ce qui peut chez lui autant fasciner
qu'exaspérer, ces longs plans-séquences
qui n'en finissent pas et sont sa marque de fabrique. Parmi ceux-ci, dans ce
film, une image m'a particulièrement marqué : celle de cette gigantesque statue
de Lénine, déboulonnée, que la caméra suit longuement dans sa descente du
Danube.
Le héros du film, A (comme
Angelopoulos ?), incarné par Harvey
Keitel, dont la stature est impressionnante, fascine par son mutisme à
travers lequel transparaît cette volonté inébranlable d'atteindre son but.
Musique
Le film n'aurait pas la même
intensité sans la sublime musique composée par Eleni Karaïndrou, déchirante de
nostalgie. Il y a en particulier la scène de ces musiciens, installés en plein
brouillard dans un square de Sarajevo en ruine, qui continuent imperturbablement
à jouer malgré les tirs d'armes à feu que l'on entend tout autour d'eux.
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