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jeudi 24 octobre 2024

L'AMOUR OUF film de Gilles LELLOUCHE (FR-BE 2024)

 


L'Amour ouf est un drame romantique franco-belge co-écrit et réalisé par Gilles Lellouche, sorti en 2024. Il s'agit d'une adaptation du roman Jackie Loves Johnser ? de Neville Thompson, paru en français sous le titre L'Amour ouf. Le film a été présenté en compétition officielle au Festival de Cannes 2024.

Résumé

Avant le générique, le film commence par une course poursuite et un affrontement entre gangsters où le héros (Clotaire adulte) est tué dans une fusillade.

Puis nous sommes ramenés dans les années 1980 dans le Nord de la France où l’on découvre le début de l’histoire d’amour entre une jeune fille et un garçon.

L’héroïne, Jacqueline (Mallory Wanecque), vit seule avec son père (Alain Chabat), installateur de télévisions, depuis le décès de sa mère. Après des études dans un lycée privé, elle vient d’intégrer un lycée public où elle tombe amoureuse du petit délinquant du coin, Clotaire (Malik Frikah). Ce dernier, fils d’un couple aimant mais dépassé, formé d’Elodie Bouchez (la mère) et de Karim Leklou (le père, docker), n’est pas un mauvais garçon mais, déscolarisé, il est à la tête d’une petite bande de bras cassés qui enchaînent les bêtises et les bagarres.

Après des débuts chaotiques, Jacqueline, renommée Jackie par Clotaire, vit avec lui une passion dévorante, malgré leurs différences de milieu et d'aspirations personnelles. La jeune fille, proche de son père, bonne élève, est fascinée par Clotaire, qui lui, s’enfonce chaque jour un peu plus dans la délinquance.

Clotaire finit par tomber sous la coupe d’un mafieux local, La Brosse (méconnaissable Benoît Poelevoorde) qui, avec sa bande, enchaîne les casses. Le dernier, le braquage d’un camion de transporteurs de fonds, tourne mal et l’un des convoyeurs est tué par le fils de La Brosse. Malgré les promesses de La Brosse, Clotaire, qui n’est pas le responsable du tir, est arrêté et condamné à 12 ans de prison.

Pendant ce temps, Jackie a 25 ans (Adèle Exarchopoulos). Elle a mûri et n’est plus la jeune fille romantique qu’on a connue. Ayant laissé tomber ses études, elle est devenue dure et cynique et a épousé Jeffrey (Vincent Lacoste) avec qui elle mène une vie bourgeoise qui ne lui convient pas vraiment.

Quand il sort de prison, Clotaire a 28 ans (François Civil). Il cherche à revoir son premier amour qu’il n’a pas oubliée. Devenu un vrai dur en prison, il vient demander des comptes à La Brosse, son ancien « employeur » qui a passé la main à son fils, Tony (Anthony Bajon), le véritable responsable du meurtre du convoyeur, qui est devenu un mafieux d’une plus grande envergure que son père. Tony l’ayant traité avec mépris devant toute sa cour, Clotaire, dont la violence a été décuplée par la prison, revient dans la boîte de nuit de Tony et commet un véritable massacre.  

L’enchaînement de la violence aurait pu condamner Clotaire à la fin tragique que nous montrent les premières images du film si l’influence apaisante de Jackie ne lui avait permis de retrouver le droit chemin et de revivre l’amour qui l’a lié à elle depuis leur adolescence.      

Autour du film

Le film se déroule dans les années 1980 et 1990. La bande son, très éclectique, est composée de des Cure, New Order, Madonna, Nas et Jay-Z7. Le collectif de danse (La)Horde a chorégraphié plusieurs scènes de danse dont trois seulement ont été retenues au montage.

Mon opinion

Je connaissais Gilles Lellouche comme acteur mais n’avais encore jamais vu de réalisations de sa part bien que celui-ci soit son 8ème film. Je m’abstiens généralement d’aller voir des films violents mais, dans le film, aucune scène n’est gratuite comme cela arrive trop souvent et, malgré sa violence, Clotaire nous reste sympathique car on comprend, dès le début, qu’il est une victime de cette société hyperviolente dans lequel il évolue depuis son enfance. J’ai beaucoup apprécié le jeu des acteurs, que ce soit Benoît Poelevoorde, méconnaissable en mafieux à la petite semaine, d’Anthony Bajon, en minable et indigne fils de son père. Et bien entendu François Civil, qui est un acteur qui ne m’a jamais déçu. Vincent Lacoste, à contre-emploi, est aussi très bien ainsi qu’Adèle Exarchopoulos qui a trouvé, dans ce rôle ambigu, sa juste place. Mais le meilleur reste pour moi Malik Frikah (Clotaine adolescent) qui est, pour moi, une vraie découverte. J’ai aussi beaucoup aimé les scènes de danse (en particulier celle entre Clotaire et Jackie dans le tunnel et regretté que d’autres chorégraphies réglées par La Horde aient été coupées au montage.         

 

lundi 14 octobre 2024

FORTUNE DE FRANCE Mini-Série historique (FR-2024)

 

Fortune de France est une mini-série télévisée française en 6 épisodes de 52 minutes, créée par Christopher Thompson et diffusée depuis le 16 septembre 2024 sur France 2 (visible en replay sur la plateforme France.TV). Il s'agit de l'adaptation de la série éponyme de romans historiques de Robert Merle.

Présentation

La série se déroule au XVIe siècle en Périgord, dans les environs de Sarlat, pendant les guerres de Religion.

Le baron Jean de Siorac (Nicolas Duvauchelle) et son « frère » Jean de Sauveterre (Guillaume Gouix), protestants, vivent dans leur château de Mespech, entourés de leurs serviteurs, qu’ils considèrent comme faisant partie de leur famille, dans une atmosphère conviviale et tolérante. Jean de Siorac est médecin et tolérant alors que Jean de Sauveterre, son compagnon d’armes, revenu blessé de la guerre, est d’une morale plus rigide. Siorac est marié à Isabelle de Caumont (Lucie Debay), une noble catholique. Ils s’aiment profondément mais leurs convictions les opposent souvent. Ils ont deux fils, François (Marcel Thompson, fils du réalisateur), l’aîné à qui reviendra Mespech, et Pierre (Simon Zampieri), le cadet. Jean de Siorac accueille aussi son bâtard, Samson (Louis Durant) et l’impose à sa femme et à son fils aîné, qui ne l’accepteront jamais totalement, mais qui deviendra le meilleur ami de Pierre de Siorac.

Mon opinion  

C’était une gageure de vouloir traiter en 6 épisodes le chef d’œuvre de Robert Merle qui balaie avec maestria l’histoire de France entre les règnes de François Ier et le couronnement d’Henri IV (pour la 1ère partie), l’œuvre totale comportant 13 volumes plus un prequel, l’Avers et le revers (l’histoire de Miroul) entièrement écrit par Olivier, le fils de Robert Merle, à partir des notes de son père. La série se laissera cependant regarder par ceux qui n’ont jamais lu les romans car elle  est bien réalisée avec de beaux et bons acteurs et dans de magnifiques décors naturels. Espérons qu’elle donnera l’envie aux téléspectateurs de lire (ou de relire Fortune de France dans sa totalité.  


samedi 30 mars 2024

LA PESTE minisérie de France 2 (FR-BE 2024)

 

La Peste est une mini-série télévisée franco-belge en quatre épisodes, réalisée par Antoine Garceau sur un scénario de Gilles Taurand et Georges-Marc Benamou, et diffusée pour la première fois en France depuis le 4 mars 2024 sur France 2. Cette dystopie, adaptation du roman d'Albert Camus paru en 1947, est une coproduction de Siècle Productions et de la société belge Umedia, réalisée avec la participation de France Télévisions, en association avec Ufund et avec le soutien du Tax shelter du gouvernement fédéral de Belgique, de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, du département des Alpes-Maritimes, de la Ville de Nice et de la métropole d'Aix-Marseille-Provence.

Résumé

La série est censée se dérouler dans une ville côtière du sud de la France (Nice ou Marseille) en 2030. Nous sommes en été. Les estivants sont agglutinés sur le sable et profitent du soleil et de la mer lorsqu’un rat parcourt la plage, effrayant les gens qui s’enfuient. Un plagiste tente en vain d’arrêter la course de l’animal mais c’est finalement un chien qui l’interceptera.

De plus en plus de rats morts sont signalés un peu partout dans la ville, en proie à la canicule et à la grève des éboueurs.

Le cabinet du Dr. Bernard Rieux (Frédéric Pierrot) ne désemplit pas de malades atteints d’une forme inconnue de pneumopathie qui sont dirigés vers l’hôpital de la ville qui, devant l’affflux de malades, ne parvient pas à faire face.

Les chercheurs, le professeur Castel (François Marthouret) et son élève Laurence Molinier (Sofia Essaïdi) alertent les autorités, le maire Pierre Cariou (Bruno Raffaelli), en tête, qui minimisent les faits et, au lieu de prendre les décisions sanitaires qui s’imposent, préfèrent augmenter la surveillance et la lutte contre les opposants.

Sylvain Rambert (Hugo Becker), un journaliste, venu de la « capitale » (on ne parle pas de Paris), essaie, tant bien que mal, de comprendre ce qui se passe et est la cible de l’équipe mafieuse du maire qui cherche à le faire taire.

Finalement, les chercheurs comprennent qu’ils ont affaire à une épidémie de peste mais les choses que plus personne ne peut gérer la situation et la seule solution que trouvent les autorités est de déclarer le blocus de la ville.

Autour de la série

Cette dystopie est une adaptation libre du célèbre roman d'Albert Camus, un des cinq livres les plus lus au monde, mais, selon Hugo Becker, qui joue le rôle du journaliste, il ne s'agit pas d'une transposition classique : « Il y a des personnages tirés du roman, avec les mêmes problématiques, les mêmes dilemmes, mais reproduire et faire exactement la même chose que dans le passé n'aurait pas eu grand intérêt. Ça a déjà été très bien fait, et avec les événements récents comme le Covid, c'est très intéressant de se positionner dans de l'anticipation, car la série se déroule en 2029, c'est tout à fait possible, et ça nous parle à tous après ce qu'on a connu ces dernières années avec le Covid et le confinement ». « La Peste, c'est une métaphore, une parabole, qui permet d'aborder de multiples sujets, comme le totalitarisme, le racisme, la télésurveillance, le contrôle de plus en plus présent » explique l'acteur lors d'une interview réalisée au festival Canneseries.

Le scénariste et producteur Georges-Marc Benamou ajoute : « Nous avons fait le choix d'une dystopie pour nous éloigner de l'œuvre. Celui de créer des personnages importants qui n'existaient pas, notamment des femmes, rares dans La Peste ». « On ne voulait pas que ça ressemble au Covid. L'idée c'est donc d'installer la série après l'épidémie de Covid. Il fallait garder l'authenticité du message de ce livre (…), et en même temps croiser des préoccupations contemporaines comme les épidémies, le fascisme contemporain, le totalitarisme, la télésurveillance. Le symbole de La Peste de Camus c'est l'intolérance, la haine, la dispute plutôt que la parole. C'était les années noires et un certain fascisme. On a voulu essayer avec Gilles Taurand de retranscrire cela dans la modernité d'une série. Et tout ça avec l'appui de Catherine Camus, la fille de Camus, qui adore les séries et aime les prises de risque ». Pour lui, La Peste de Camus est une inspiration folle : « Le livre est tellement incroyable, tellement visionnaire qu'il avait tout vu ».

Mon opinion

J’ai vu cette série en replay sur la plateforme France.TV. On sait que le roman de Camus, homme de gauche est à prendre au sens symbolique, l’auteur ayant fait de la peste l’allégorie de tous les totalitarismes contre lesquels il se battit toute sa vie. J’avais beaucoup aimé l’adaptation qu’en avait fait Luis Puenzo dans son film La peste (The plague), introuvable depuis sa sortie en 1992, avec la superbe bande son de Vangelis. J’ai appris qu’une autre adaptation plus récente (2010), intitulée La Cité (titre original : The city of shadows), avait été réalisée depuis par le cinéaste québécois Kim Nguyen mais je ne l’ai pas vue. Il n’y a donc rien de blâmable à ce qu’une nouvelle adaptation libre en soit fait car ce livre est universel et peut être lu à plusieurs niveaux.

J’ai bien aimé l’interprétation très sobre de Frédéric Pierrot ainsi que celle d’Hugo Becker (déjà vu et apprécié dans le remake français de l’excellentissime série américaine This is us, Je te promets     

   

samedi 9 mars 2024

SANS FAMILLE Téléfilm (FR-1965)


Sans famille
est une des innombrables adaptations qui ont vu le jour du célèbre roman d'Hector Malot publié en 1880 et qui reste son oeuvre la plus connue. Si je parle de ce téléfilm réalisé par Yannick Andréi en 1965, (adaptation de Jean-Louis Roncoroni), c'est qu'il fait partie des "madeleines" de mon enfance. Lecteurs assidus de la mythique Bibliothèque verte, créée en 1923 par l'éditeur Hachette qui publiait alors tous les classiques destinés aux enfants, mon frère et moi, nous avions lu le livre d'Hector Malot et sans doute aussi beaucoup pleuré sur les tribulations de Rémi et des animaux, Joli-Coeur et Capi...Pour rien au monde nous n'aurions raté le téléfilm qui en avait été adapté et qui fut présenté en deux parties d’environ 60 minutes pour la première fois le jour de Noël 1965 (1ère partie) et le 1/1/1966 (pour la 2ème partie) dans la série Le Théâtre de la jeunesse. Cette série d'émissions de grande qualité étaient pilotées par Claude Santelli et avait pour ambition de présenter des dramatiques inspirées d'œuvres classiques de la littérature, à destination principale des enfants et des adolescents. 

Voir aussi : Rémi sans famille (film - 2018)

Distribution

·         Michel Vitold : Vitalis

·         Bernard Jeantet : Rémi

·         Andrée Tainsy : mère Barberin

·         Marcel Pérès : père Barberin

·         Blanchette Brunoy : Mme Milligan

·         Jacques Hilling : Garofoli

·         Jacky Catalayud : MattiaV

·         François Chaumette : Jeroboam Driscoll

dimanche 25 février 2024

"Dune" de Jodorowsky | ARTE Cinema


Dune de Jodorowski – Arte

Avec ses principaux artisans, dont le cinéaste, retour sur l'adaptation grandiose, mais avortée, du célèbre roman de science-fiction de Frank Herbert par Alejandro Jodorowsky. Une ébouriffante plongée dans la contre-culture des années 1970, sortie en salles.

En 1974, le producteur français Michel Seydoux donne carte blanche au cinéaste d'origine chilienne Alejandro Jodorowsky, auquel ses extravagants films métaphysiques (El topo, La montagne sacrée) ont valu un statut d'auteur culte, pour tourner une nouvelle œuvre. "Jodo", qui ne l'a pas lu, choisit d'adapter Dune, de Frank Herbert, paru neuf ans plus tôt et déjà considéré comme un classique de la science-fiction. Convaincu, comme il l'explique ici, qu’il peut "créer quelque chose de sacré" qui "changerait le monde" à l'égal d'un "prophète", il entreprend de réunir des disciples animés de la même flamme artistique. À l'auteur de bandes dessinées Moebius, alias Jean Giraud, il confie la mise en images du film dont il rêve, plan par plan, par le biais d'un énorme story-board – son Dune doit durer "une douzaine" d'heures. À son fils Brontis, encore enfant, qui incarnera le jeune héros, il inflige un entraînement sacrificiel aux arts martiaux, "six heures par jour, sept jours sur sept", tout en persuadant les plus inabordables des stars mondiales (Orson Welles, Mick Jagger, Salvador Dalí…) de figurer au casting. Il s'entoure aussi du dessinateur britannique Chris Foss, du plasticien suisse H. R. Giger, de Dan O'Bannon, scénariste et réalisateur d'effets spéciaux américain. Enfin, les Pink Floyd et le groupe français Magma (un peu oublié depuis) acceptent de composer la bande-son. Mais le tournage ne commencera jamais : sollicitées pour boucler le budget, les majors américaines refusent, effrayées par le caractère incontrôlable du réalisateur. Puis le producteur Dino De Laurentiis rachète les droits du roman, mettant un terme définitif à ces deux années de gestation débridée. Dune sera porté à l'écran en 1984 par David Lynch.

Ferveur

Le Dune de Jodorowsky est-il "le plus grand film jamais fait, bien qu'il n'existe pas", comme l’assène le cinéaste Nicolas Winding Refn (Drive) en ouverture de ce documentaire ? Il constitue en tout cas l'un de ces mythes qui nourrissent les ferveurs cinéphiles. En étroite collaboration avec Jodorowsky lui-même, délicieux conteur partagé entre mégalomanie et autodérision, l’Américain Frank Pavich en fait revivre l'incroyable genèse. Son film virtuose, qui a récolté à travers le monde une impressionnante moisson de prix avant de sortir en salles, revisite le matériau considérable élaboré au fil de cette aventure collective. À l’exception d’O’Bannon et de Moebius, décédés en 2009 et 2012, chacun des protagonistes en fait revivre avec saveur la dimension hors norme. On découvre aussi combien ce chef-d'œuvre non avenu a irrigué, malgré tout, la science-fiction de son temps. D'abord parce qu’un lien fort s’est créé autour du "gourou" : Giger et O’Bannon se retrouveront ainsi en 1979 pour présider à l’immense succès d’Alien de Ridley Scott. Mais aussi parce que les visions de "Jodo", promenées dans tout Hollywood par le biais du fameux story-board, ont inspiré, consciemment ou non, nombre de faiseurs de cinéma.

Documentaire de Frank Pavich (France/Etats-Unis, 2013, 1h27mn)

Disponible jusqu'au 19/08/2024 sur la plateforme d'Arte. 

 


mardi 20 février 2024

LA ZONE D'INTERÊT Film de Jonathan GLAZER (US-GB-PL 2024)

 


La Zone d'intérêt (The Zone of Interest) est un drame américano-britannico-polonais réalisé par Jonathan Glazer. Il s'agit de l'adaptation du roman portant le même titre de Martin Amis. Le film a été présenté au Festival de Cannes 2023 mais est sorti sur les écrans en 2024.

Présentation

Le film commence par un long noir sur fond d’un bruit sourd continu qui pourrait être celui d’une locomotive mais qui est en fait celui des fours crématoires. Lui succède une scène idyllique où l’on assiste, sans transition, au déjeuner sur l’herbe au bord d’une rivière d’une famille "normale" composée d’un couple et de ses 5 enfants et d’un chien. Après s’être baignée, la famille retourne dans leur grande maison entourée d’un vaste jardin fleuri, de serres, d’un potager, d’une piscine et desservie par une floppée de serviteurs. 

On comprend alors que ce "petit paradis" est la villa où vivent Hedwig (Sandra Hüller, vue dans Anatomie d'une chute) et Rudolf Höss (Christian Friedel) et leur famille. Hedwig règne sur ses roses et sur ses domestiques, avec plus d'empathue pour les premières que pour les secondes.

Pour ceux qui ne sauraient pas qui est Rudolf Höss, il fut un nazi convaincu et le commandant du camp d'Auschwitz-Birkenau et l'un des principaux concepteurs de la solution finale. 

La maison est limitrophe du camp d’extermination dont elle n'est séparée que par un mur au-dessus duquel on voir dépasser les bâtiments et l'un des miradors du camp et, dans le lointain, les fumées des fours crématoires. 

Mais, à part ce que j'en ai dit, on ne voit rien du camp ni de ce qui s’y passe sauf pour, en bruit de fond,  les détonations de pistolets qui abattent les prisonniers, les aboiements des chiens et les cris des SS et de leurs victimes… sans que cela ne semble affecter en quoi que ce soit les habitants de la maison ni troubler les jeux des enfants. 

Par quelques touches, l’horreur nous est quand même subtilement distillée : les vêtements de juifs qui sont distribués aux domestiques polonaises alors qu’Hedwig conserve pour elle le somptueux manteau de fourrure d’une déportée dans la doublure duquel elle trouve un diamant, le contraste de l’amour qu’elle porte à ses enfants et à ses fleurs et de ce qui se passe ai-delà du mur (presque symbolique qui entoure le jardin), le même amour que porte Höss à sa jument pendant qu’il programme la construction de nouveaux fours crématoires, la mère d'Hedwige qui, après avoir trouvé l'endroit "paradisiaque" s'en va sans dire rien à sa fille, etc. 

Il y a aussi ces scènes en noir et blanc où on ne comprend pas ce que fait cette fillette maculée, pataugeant dans la boue, qui plante des pommes dans une butte de terre puis ramasse du charbon, la lecture du « gentil » Rudi qui, pour endormir ses gentilles têtes blondes leur lit un des extraits les plus effrayants du conte d’Hänsel et Gretel des frères Grimm... 

Vers la fin, on voit Rudolf Höss, après une fête avec les élites du nazisme, descendre un escalier sans fin dans l'obscurité, et s'arrêter à chaque palier pour vomir. On sait qu'il sera pendu après le procès de Nuremberg. 

Et pour conclure, le réalisateur nous offre une visite du musée d’Auschwitz où des femmes de ménage nettoient des salles où sont exposés les milliers de valises et de paires de chaussures des déportés morts dans le camp. 

Le générique de fin se déroule sur une bande son particulièrement dissonante qui m’a forcé à quitter la salle avant que la lumière ne se rallume.

Mon opinion

Lorsque j’ai connu le synopsis de ce film, j’ai de suite pensé à un autre film, qui m’a beaucoup marqué Le garçon au pyjama rayé qui traite du même sujet : le directeur SS du camp de concentration qui habite à côté du camp avec sa famille « normale » mais dont la  fin, terrible, est bouleversante. Je ne serais pas allé voir La Zone d’intérêt si une amie, qui l’avait vu, ne m’avait assuré qu’il n’y avait aucune scène insupportable, ce qui est vrai. Après les premières images idylliques qui se passent en été, sur fond de ciel bleu et de chants d’oiseaux, on n’est pas projetés dans l’horreur. Pourtant, celle-ci est bien là, en fond sonore et elle se révèle au fur et à mesure par de petits détails (le manteau de fourrure, le rouge à lèvres, les cendres dans la rivière…) Tout est suggéré, rien n’est montré. C’est très fort, ravageur même, et le spectateur sera longtemps hanté par cette bande son lancinante, à la limite du tolérable (sur le générique de fin) composée par Mica Levi. Un film que l'on n'oubliera pas de sitôt.     

lundi 8 janvier 2024

AU REVOIR LA-HAUT comédie drame d'Albert DUPONTEL (FR-2017)

 


Au revoir là-haut est une comédie dramatique française coécrite et réalisée par Albert Dupontel, sortie en 2017. C’est une adaptation du roman du même nom de Pierre Lemaitre, prix Goncourt 2013, qui a collaboré au scénario.

Présentation

Le film se déroule en 1920, deux ans après la fin de la guerre de 14-18. Albert Maillard (Albert Dupontel) est interrogé par un officier de la Gendarmerie (André Marcon), après avoir été arrêté au Maroc où il a fui ses créanciers.

Albert Maillard est un ancien soldat qui, pendant la guerre, qui a dû la vie sauve à un autre jeune appelé, Edouard Péricourt (Nahuel Pérez Biscayart).

Édouard Péricourt, fils Marcel Péricourt (Niels Arestrup), un grand bourgeois qui a toujours rejeté son fils, était un dessinateur génial et fantasque jusqu’à ce qu’il devienne, une « gueule cassée », tout le bas de son visage ayant été emporté, après qu’il soit venu en aide à Albert Maillard, par un éclat d’obus. Le jeune homme, désespéré par ce qu’il est devenu, supplie Albert de changer son identité pour celle d’un de leurs camarades décédés, afin que sa famille ne le retrouve pas. Tous les deux fuient aussi un autre ennemi, Henri d’Aulnay-Pradelle (Laurent Lafitte), l’adjudant qu’ils ont vu tuer deux aspirants envoyés en éclaireurs devant leurs yeux.      

Pour payer la morphine dont Edouard est devenu dépendant, Albert et lui, aidés d’une gamine du nom de Louise (Héloïse Balster), qui s’est improvisée interprète d’Edouard, montent une arnaque visant à vendre aux municipalités des monuments aux morts qui resteront à l’état d’esquisses.

De son côté, l’ex-lieutenant Pradelle devient le bras droit du vieux Péricourt et épouse sa fille, Madeleine, la sœur d’Edouard (Emilie Dequenne), afin de monter une escroquerie d’un tout autre calibre que celle d’Albert et d’Edouard :  récupérant les corps des nombreux soldats morts et enterrés sans sépulture sur le champ de bataille il signe avec l'État un juteux contrat qui prévoit de réinhumer dignement les cadavres dans des cimetières militaires. Mais, au lieu de cela, il utilise des milliers de cercueils raccourcis, parfois remplis de terre et de cailloux, voire de cadavres de soldats allemands, pour s'enrichir sans scrupule.

Mon opinion

J’ai longtemps retardé le visionnage de ce film qu’une de mes amies m’avait prêté en DVD car je craignais que certaines images ne soient difficiles à supporter. Sur ce plan, je ne me trompais pas et j’ai souvent, au cours du visionnage, été près des larmes tant la situation des soldats de la guerre de 14-18, l’horreur des tranchées, mais aussi et surtout le manque de reconnaissance dont les survivants ont été, après la guerre, victimes, est terrible même pour ceux qui, comme moi, n’ont vécu aucune guerre. Ce film, où l’on retrouve la causticité et l’humour grinçant qui est la patte de Dupontel, est un chef d’œuvre, tant pour son scénario que pour sa mise en scène et ses trouvailles (la création des masques, qu’un bonus nous détaille, est en soi un exploit), ainsi que les reconstitutions historiques, les scènes de guerre, etc. Mais par-dessus tout, je voudrais rendre hommage à un acteur dont j’ai découvert l’existence, Nahuel Pérez Biscayart, dont le véritable visage, masqué pendant la presque totalité du film, s’exprime par son regard bleu, incroyablement vivant. Un grand coup de chapeau aussi à Laurent Lafitte, que je ne connaissais guère que par des rôles comiques ou secondaires, dans celui de l'infâme lieutenant Pradelle, qu’on aime voir enterré vivant dans la scène du creusement du métro parisien.  

A voir aussi les autres films de Dupontel :     

Sur la même période, voir : 

LES TROIS MOUSQUETAIRES : MILADY Film de cape et d'épées de Martin BOURBOULON (FR-D-E-B 2023)

 


Les Trois Mousquetaires : Milady est un film franco-germano-hispano-belge réalisé par Martin Bourboulon, sorti en 2023. Il fait suite au film Les Trois Mousquetaires : D'Artagnan sorti en début d’année 2023. Il s’agit d’une adaptation très libre du roman du même nom d'Alexandre Dumas qui a déjà été adapté plus de 25 fois entre le cinéma et la télévision, sans compter la comédie musicale (2016).

Présentation

Après d’Artagnan (déjà incarné dans le 1er film par François Civil), ce nouvel opus s’attache à la personnalité de Milady de Winter (Eva Green), personnage imaginaire créé par Alexandre Dumas, intrigante et agent officieux du cardinal de Richelieu (Eric Ruf), ministre de Louis XIII (Louis Garrel). Lorsque le film commence, Constance Bonacieux (Lyna Khoudri), lingère au palais du Louvre, dont d’Artagnan est amoureux, est enlevée pour avoir été témoin du complot monté par Monsieur, Gaston d’Orléans (Julien Frison), frère de Louis XIII, et le comte de Chalais (Patrick Mille) pour détrôner le roi.

D’Artagnan part au secours de Constance, dont il est amoureux, et pour cela doit faire alliance avec la redoutable Milady, ce qui l’entraînera en Angleterre, au palais du duc de Buckingham (Jacob Fortune-Lloyd) pour la libérer.

Mon opinion

Je n’avais pas vu le 1er opus des Trois mousquetaires, version Martin Bourboulon, dont un rappel est fait en début de film. Cela n’est cependant pas suffisant pour rendre ce 2ème opus compréhensible. Certes, les faits historiques eux-mêmes sont d’une extrême complexité et l’œuvre d’Alexandre Dumas, qui invente des personnages fictifs, n’est pas pour les simplifier. En outre, pour embrouiller encore plus le spectateur, rien n’est fait dans le film pour que l’on puisse clairement identifier les protagonistes. On a l’habitude de reconnaître les mousquetaires à leur costume rouge, couleur emblématique du cardinal de Richelieu. Ici, d’Artagnan et ses célèbres compagnons, Aramis (Romain Duris), Porthos (Pio Marmaï) et Athos (Vincent Cassel), ne se différencient pas, par leur habillement, de celui des autres soldats, sales et dépenaillés, engagés dans la guerre. Pas plus que le cardinal que l’on imagine (peut-être à tort), toujours vêtu de rouge par référence à son portrait en pied au siège de La Rochelle peint par Henri-Paul Motte, il est vrai dans une vue d’artiste du XIXe siècle qui peut être trompeuse. Quant au roi Louis XIII, joué avec son dilettantisme habituel par Louis Garrel, il n’est que de très loin ressemblant à l’image autoritaire (surtout dans la 2ème partie de son règne) que nous en ont dressée les historiens mais que n’a pas retenue Alexandre Dumas. Mais, au vu des libertés que prend le réalisateur avec le texte de l’écrivain, il aurait pu aussi bien redonner au roi un peu plus de vigueur. Quant à la mise en scène, elle est terriblement brouillonne, l’image, constamment sombre, donne l’impression que tout est filmé de nuit ou que l’on voit le film à travers des lunettes noires. Même la reconstitution du siège de La Rochelle, dont j’avais entendu dire qu’elle était l’une des réussites du film, m’a laissé sur ma faim : on a beau connaître l’histoire et savoir que les troupes catholiques ont livré un combat avec les protestants occupant la Rochelle et ont repoussé les navires anglais de Lord Buckingham, on a du mal à différencier les uns et les autres et à comprendre de quoi il retourne. La confusion est totale et rien ne reste de ce film que des scènes répétitives de combat qui finissent par lasser. Un seul point positif surnage de ce naufrage, le jeu d’Eva Green qui campe une Milady sulfureuse, insaisissable et imprévisible et malgré tout humaine qu’on adore détester. Pio Marmaï, avec son air de gros ours mal léché, est aussi très bien.    

vendredi 5 janvier 2024

CRUELLA comédie de Craig GILLESPIE (USA-2021)

 

Cruella est un film américain réalisé par Craig Gillespie, sorti en 2021. Le film est centré sur le personnage de Cruella d'Enfer (de Vil, dans la version anglaise), créé par Dodie Smith dans son roman Les 101 Dalmatiens en 1956, et plus précisément, sur la version du personnage introduite dans l'adaptation cinématographique des studios Disney sortie en 1961. Cruella s'inscrit dans une volonté du studio d'adapter en prises de vues réelles ses films d’animation dits « classiques ». Il s'agit du troisième film de la franchise 101 Dalmatiens à utiliser ce procédé. Pensé comme un préquel, le film explore la jeunesse de Cruella, plusieurs années avant les événements du film d'animation. Emma Stone interprète la future méchante alors qu'elle n’est encore qu’Estella, une fillette orpheline dont le rêve est de devenir une grande créatrice de mode. Elle attire par hasard l'attention de la baronne von Hellman (Emma Thompson), une créatrice impitoyable ayant un lien avec la disparition de sa mère.

Présentation

Le film commence dans un pensionnat où Estella Miller (Tipper Seifert-Cleveland) a été placée par sa mère Catherine (Emily Beecham) qui l’élève seule. La fillette de 12 ans, est harcelée par les autres élèves car elle a une particularité : une partie de sa chevelure est noire alors que l’autre est blanche. Anita (Florisa Camara), une de ses compagnes noires, elle aussi harcelée pour sa couleur de peau, lui vient en aide et, ensemble, elles rendent coup pour coup et se font respecter, non sans soulever les critiques du directeur rigoriste de l’école (Leo Bill), qui finit par convoquer la mère Catherine et exclure Estella que sa propre mère, tout en la chérissant, surnomme parfois Cruella en raison de son caractère obstiné et violent.

Après avoir pris la défense de sa fille et dit ses quatre vérités au directeur éberlué, Catherine entraîne Estella avec elle. Elles se rendent chez une des vieilles connaissances de Catherine, la baronne von Hellman (Emma Thompson), la richissime et redoutée créatrice de mode qui organise une fête somptueuse dans son manoir, pensant lui demander une aide financière. Estella, comme à son habitude, trouble la fête et la baronne, furieuse, après avoir éconduit Catherine, lâche ses féroces dalmatiens sur elle. Devant les yeux d’Estella, sa mère bascule dans le vide et se tue.

La fillette se sent alors responsable de la mort de sa mère. Désormais orpheline, Estella retourne à  Londres où elle se lie d'amitié avec deux petits voleurs de son âge, Jasper (Ziggy Gardner) et Horace (Joseph MacDonald).

Dans les années 1970, Estella (Emma Stone) et ses deux compagnons d’infortune Jasper (Joel Fry) et Horace (Paul Walter Hauser), qui forment un redoutable trio de voleurs, décide d’accomplir son rêve de petite fille, devenir créatrice de mode. Après avoir trouvé une annonce dans le journal, elle se fait embaucher dans le magasin Liberty of London. Mais, devenue la bête noire du directeur qui la rabaisse et la cantonne au ménage, elle saccage, sur un coup de colère, l’une des vitrines du grand magasin. Survient alors la baronne qui admire ce qu’elle a fait et la prend à son service. Mais ce n’est, pour Estella, que retomber de Charybde en Sylla, tant le côté dictatorial de sa patronne, qui exploite sans état d’âme sa créativité, lui est insupportable.

Après de multiples avanies, elle décide de laisser libre cours à son côté sombre, et devient Cruella, qui n’aura de cesse que de se venger de la baronne dont il s’avère, après les révélations de son majordome John (Mark Strong), qui prend fait et cause pour la jeune femme, qu’Estella est la fille de la baronne et que, comme dans Blanche Neige, elle a voulu la faire tuer à sa naissance.     

Mon opinion

Le film est sorti en pleine crise du COVID et a vu son exploitation perturbée par les mesures sanitaires et la fermeture des cinémas. Disney l’a alors proposé sur les plateformes numériques en achat digital et je ne l’aurais pas vu s’il n’était passé à la télévision. En effet, j’avais une prévention contre ce que je considérais être une énième adaptation des 101 dalmatiens, l’iconique dessin animé de la grande période des studios Disney, sorti en 1961, devenu une franchise après pas moins d’une 10e d’adaptations plus ou moins réussies, que ce soit en films, séries ou même jeux vidéos. Je gardais cependant en mémoire celle en vues réelles de Stephen Herek, avec Glenn Close qui y campait une terrifiante Cruella d’Enfer.  

J’ai beaucoup apprécié le film Cruella dont la réalisation m’a rappelé, par son inventivité, son ryhme et ses couleurs certains films de Tim Burton. Je lui reprocherai seulement sa longueur (2.15 H). La bande son éclectique, sélectionnée par Nicholas Britell (Supertramp, The Bee Gees, The Doors, Nina Simone…) m’a aussi évoqué les meilleurs moments du film Chevalier où le réalisateur n’a pas hésité à introduire des morceaux de rock dans une action qui se passe au Moyen âge. On apprécie aussi particulièrement l’extraordinaire jeu des deux Emma (Emma Stone et Emma Thompson) qui se livrent, pour notre plus grand plaisir un duel mortifère qui n’est pas sans rappeler celui de Meryl Streep et d’Anne Hathaway dans Le Diable s’habille en Prada, assassinant au passage tous les travers du monde de la mode.       

mercredi 3 janvier 2024

LES FIGURES DE L'OMBRE Film de Theodore MELFI (USA-2016)

 

Les Figures de l'ombre (Titre original : Hidden Figures) est un drame biographique américain coécrit, coproduit et réalisé par Theodore Melfi, sorti en 2016. Il s'agit de l'adaptation du livre Hidden Figures de Margot Lee Shetterly mettant en scène trois femmes noires employées par la NASA.

Résumé

Le film se déroule dans les années 1920 en Virginie. Katherine Johnson, une fillette noire, apprennent que leur fille est surdouée. Grâce à une bourse, Katherine (Taraji P. Henson) peut intégrer l’université et diplômée en 1962, elle intègre le Centre de recherche Langley (Virginie), qui travaille au programme spatial américain. On est alors en pleine guerre froide et les Russes viennent de lancer leur 1er Spoutnik et font peser la menace atomique sur les USA. Avec deux autres femmes noires, Mary Jackson (Janelle Monae) et Dorothy Vaughan (Octavia Spencer), elles sont intégrées par le chef du programme, Al Harrison (Kevin Costner) à l’équipe de mathématiciennes mais doivent travailler sur des données partiellement masquées sous les ordres de Paul Stafford (Jim Parsons) qui refuse, par obstination machiste, de reconnaître leur travail.

Par leur ténacité, et malgré le racisme de leurs collègues blanches, en particulier Vivian Mitchell (Kirsten Dunst) elles parviendront à s’imposer et être reconnues à leur juste valeur.

Mon opinion sur ce film

Inspiré d’une histoire vraie, ce magnifique film mériterait d’être mieux connu car il révèle un pan caché du programme spatial américain, l’apport ignoré de ces chercheuses noires, méprisées de la communauté scientifique à cause des préjugés de leurs collègues blancs. On ne peut qu’être ému devant le combat de ces femmes qui, par leur dignité tranquille et leur courage font d’elles d'admirables héroïnes.  

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dimanche 17 décembre 2023

DIRTY DANCING Comédie romantique d'Emile ARDOLINO (USA 1987)

 

Dirty Dancing est un film musical américain d'Emile Ardolino, sorti en 1987 adapté du livre de Eleanor Bergstein qui est aussi l’auteur du scenario.

Présentation

Au cours de l'été 1963, des newyorkais, le Dr Houseman (Jerry Orbach) et sa famille, sa femme (Kelly Bishop) et leurs deux filles, la benjamine Frédérique, que tout le monde appelle « Baby » (Jennifer Grey) et l’aînée Lisa (Jane Brucker) viennent, comme chaque été, passer leurs vacances dans l’hôtel-pension de famille de la famille Kellerman dans les Catskill). L’immense « resort », situé au bord d’un lac au milieu des montagnes, propose toutes sortes d’activités physiques et sportives : gymnastique, golf, canoé, et surtout danse avec des animateurs professionnels. 

Baby (Bébé en français) a 17 ans. Bonne élève, elle est plus effacée que sa grande sœur, s’intéresse au sort du monde et fait partie du mouvement pour la paix, créé au lendemain de la 1ère guerre mondiale mais réactivé aux Etats-Unis au moment de la guerre du Vietnam.

L’un des danseurs professionnels vedettes de l’hôtel, dont toutes les femmes sont amoureuses, est Johny Castle (Patrick Swayze) qui se produit avec Penny (Cinthya Rhodes) et tout le monde les croit en couple.

 Par hasard, Bébé trouve Penny en pleurs dans un coin reculé de l’hôtel et apprend qu’elle est enceinte et décide de l’aider. Cela la rapproche de Johny Castle, que l’on accuse à tort d’être l’amant de Penny alors qu’il s’agit de Robbie, un autre employé de l’hôtel et, pour remplacer Penny qui vient d’avorter, Johny donne à Bébé des cours de danse accélérés pour qu’elle puisse être sa partenaire lors du grand spectacle de l’hôtel. Pendant ces cours ils se rapprochent et deviennent amants.

Afin de couvrir Johny que le directeur de l’hôtel veut renvoyer car on le croit coupable de vols, Bébé doit avouer sa relation à ses parents.       

Mon opinion

Je n’avais jamais vu ce film et je m’en étais fait une fausse opinion. Je le pensais vulgaire et ringard. En réalité, ce film est beaucoup plus profond qu'il y paraît car il aborde, bien qu’à la marge, les préoccupations de la société américaine, la question des différences de classes, les relations sexuelles avec une mineure, la ségrégation et la lutte pour les droits civiques, la guerre du Vietnam et surtout l’avortement, ce qui n’était pas du tout consensuel pour une comédie romantique grand public à l’époque. A sa sortie, le film fut d’ailleurs déconseillé, aux Etats-Unis, aux enfants de moins de 13 ans. Mais il faut surtout le voir pour les scènes de danse. La bande originale s’est aussi installée, au fil des années, parmi les standards de la musique mondiale, en particulier grâce à la chanson finale du film (I’ve Had) The Time of My Life. Patrick Swayze, dont on sait peu qu’il a été élevé dans une famille de danseurs, est époustouflant d’énergie ainsi que, dans les débuts du film, sa partenaire Cinthya Rhodes qui avait déjà joué dans plusieurs films où la danse joue un rôle primordial comme Flashdance ou Staying alive (1983), la suite du fameux Saturday Night Fever. Jennifer Grey, qui n’était pas danseuse, donne une prestation d’autant plus remarquable. 

lundi 16 octobre 2023

HAUTE COUTURE/LA COUTURIERE Film dramatique de Jocelyn MOORHOUSE (AUS - 2015)

 


Haute Couture (Titre original : The Dressmaker) est un film dramatique australien réalisé par Jocelyn Moorhouse, sorti en 2015. Le film adapte The Dressmaker's Secret (Vengeance Haute Couture en français) roman publié en 2000 par Rosalie Ham.

Résumé

Au début des années 1950, Myrtle ‘Tilly’ Dunnage (Kate Winslet) revient, après 25 ans d'absence, dans son Australie d'origine pour s’occuper de sa mère Molly (Judy Davis), seule et demi-folle. Avec sa machine à coudre et son apparence "Haute couture", cette styliste va transformer les femmes de son petit village en vamps irrésistibles mais aspire avant tout à se venger de tous ceux qui l'ont bannie lorsqu'elle était petite. Sans père, méprisée, elle était persécutée par les autres élèves et martyrisée par son institutrice. Souffre-douleur du fils du plus gros notable, elle sera accusée de l'avoir tué sur le faux témoignage de l'institutrice et envoyée loin de sa mère. Dans sa quête de la vérité, elle sera aidée par Teddy (Liam Hemsworth) le champion local de football, le sergent Horatio (Hugo Weaving) et sa mère qui tente de se racheter.

Mon opinion

Un film violent et dur qui se déroule dans l’Australie profonde où les préjugés, la méchanceté et l’étroitesse d’esprit font des ravages. Kate Winslet est magnifique dans ce rôle de justicière éprise de liberté, aidée par le beau Liam Hemsworth, qui a toujours été amoureux d’elle, mais qu’un sort funeste qu’il n’a pas mérité attend.  


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lundi 29 mai 2023

UN RACCOURCI DANS LE TEMPS Film fantastique d'Ava DuVERNAY (USA-2018)

 


Vu à la TV

Un raccourci dans le temps (A Wrinkle in Time) est un film d'aventures et de fantasy américain réalisé par Ava DuVernay, sorti en 2018. Il s'agit d'une adaptation du roman de Madeleine L'Engle, publié en 1963. C'est la deuxième fois que ce roman est adapté à l'écran, après le téléfilm Les Aventuriers des mondes fantastiques de John Kent Harrison en 2003.

Résumé

Meg (Storm Reid) et son jeune frère Charles Wallace (Deric McCabe), vivent avec leur mère, en l’absence de leur père (Chris Pine), un scientifique mystérieusement disparu depuis quatre ans.

Un jour, Meg rencontre trois êtres surnaturels : Mme Quiproquo (Reese Whitherspoon), Mme Qui (Mindy Kaling) et Mme Quidam (Ophrah Winfrey) qui l’engagent à partir sauver leur père, bloqué dans l’espace-temps suite à ses recherches. Avec son ami Calvin (Levi Miller), un adolescent de son âge et son frère, Charles Wallace, Meg se lance à la recherche de son père.

Mon opinion

Ce film pour ados avait bien commencé mais, très vite, il dérape dans le n’importe quoi. Les trois ados sont malmenés dans des décors dignes d’une scène de théâtre de patronage. Quant aux trois « fées », on les a affublées de costumes si ridicules qu’on peut difficilement les considérer comme étant dotées de pouvoirs surnaturels. On a du mal à croire que cet OCNI (Objet Cinématographique Non Identifié) ait pu être concocté par les studios Disney, qui y ont injecté plus de 100 millions d’euros, convoqué des personnalités comme Reese Whitherspoon, Ophrah Winfrey et Chris Pine, et que la réalisation soit signée par la même Ava DuVernay, dont on avait apprécié le beau film Selma, consacré au combat de Martin Luther King pour les droits civiques.

samedi 6 mai 2023

LES CHOSES DE LA VIE film de Claude SAUTET (FR-1970)

 


Les Choses de la vie est un film franco-italo-suisse réalisé par Claude Sautet, sorti en 1970 d’après un scénario de Jean-Loup Dabadie, lui-même inspiré du roman du « Les choses de la vie » de Paul Guimard publié en 1967.

Résumé

Pierre (Michel Piccoli), un architecte d'une quarantaine d'années, est victime d'un grave accident de la route. Alors qu’il roule trop vite, il percute une bétaillère arrêtée au milieu d'un carrefour. Éjecté du véhicule qui prend feu, grièvement blessé, il se retrouve dans le coma : Il revoit alors sa vie en accéléré et réalise l'importance de ces multiples petites choses de l'existence, « les choses de la vie ». Il se souvient alors de son passé récent, notamment des deux femmes qu’il a aimées : sa femme Catherine (Lea Massari), dont il est séparé et avec qui il a eu un fils, Bertrand (Gérard Lartigau), et Hélène (Romy Schneider), son amante. Sans qu’il ait conscience de sa mort imminente, son esprit est obnubilé par une lettre qu’il a écrite sans l’envoyer. A l’hôpital, parmi les affaires que l’on remet à Catherine, se trouve la fameuse lettre. Après l’avoir lue, celle-ci la déchire, accomplissant sans le savoir le vœu ultime de son défunt mari.  

Musique

La musique joue un grand rôle dans le film. Ecrite par Philippe Sarde, dont ce fut la première collaboration avec le réalisateur, c’est ce compositeur qui signera désormais la musique de tous les films suivant de Sautet sauf pour Un cœur en hiver. La chanson d'Hélène, thème du film, est signée Philippe Sarde, mais Claude Sautet, qui ne l’aimait pas, ne l’a pas reprise. Elle s’est pourtant imposée à la radio et elle est indissociable, dans le souvenir des amateurs, des Choses de la vie.

Récompenses

Le film, considéré comme un chef d’œuvre du cinéma français, n’a pas obtenu de prix au Festival de Cannes 1970 où il était pourtant en sélection officielle et où il fut nommé trois fois (Palme d'Or, Grand Prix, et Prix de la mise en scène). Il a cependant obtenu le Prix Louis Delluc 1969.

samedi 1 avril 2023

SUR LES CHEMINS NOIRS Film de Denis IMBERT (FR-2023)



Sur les chemins noirs
est un film français réalisé par Denis Imbert, sorti en 2023. Il s'agit de l'adaptation du récit autobiographique du même nom de l’écrivain-explorateur Sylvain Tesson.

Résumé

Pierre (Jean Dujardin) fête la sortie de son dernier livre lors d’une soirée arrosée. Ivre, il veut épater son éditeur en passant par le balcon de sa chambre d’hôtel et il tombe huit mètres plus bas et s’écrase sur le goudron. Gravement blessé, à la tête, au thorax, aux jambes et à la colonne vertébrale, il pense ne jamais pouvoir remarcher et se fait la promesse que, s’il s’en sort, il traversera la France, du sud-est à l’ouest en prenant les « chemins noirs », des chemins non-balisés, des chemins de traverse...

Le film raconte ce difficile « road-movie », des Alpes-Maritimes à la Manche, pendant lequel l’écrivain se reconstruit en surmontant ses difficultés physiques.

Mon opinion 

J’avais entendu plusieurs interviews de Jean Dujardin parler de ce film qui m’avait donné envie de le voir. Moi qui ai marché jusqu’à St. Jacques-de-Compostelle, je pensais y retrouver certaines des impressions que j’y ai ressenties. Or, la sauce ne prend pas. Cette succession de belles images n’est pas suffisante pour faire un bon film.  Est-ce dû au choix de l’acteur, au montage erratique, au sujet, aux textes verbeux  - qui sont ceux de Sylvain Tesson - dont nous accompagne cette errance ?... Je ne sais pas, mais ça ne fonctionne pas. On reste extérieur aux états d’âme du héros. Les quelques rencontres qui auraient pu donner lieu à des échanges intéressants (celle avec le jeune Dylan) ne sont pas exploitées comme elles auraient pu l’être. L’ensemble dégage de l’ennui et, malgré la remarquable prestation de Jean Dujardin, on s’ennuie, attendant avec impatience la fin d’un film qui n’est pourtant pas très long (93 petites minutes).   

lundi 20 mars 2023

LA CHAMBRE DES MERVEILLES Drame de Lisa AZUELOS (FR-2023)

 

La Chambre des merveilles est un film français réalisé par Lisa Azuelos, sorti en 2023. Ce film est l'adaptation du premier roman de Julien Sandrel, paru en 2018 chez Calmann-Lévy. Ce livre a aussi été adapté au théâtre et en BD.    

Présentation

Thelma (Alexandra Lamy) élève seule Louis « Loulou » (Hugo Questel), son fils de 13 an. Elle travaille dans un entrepôt et a toujours son patron sur le dos. A part quelques petites anicroches au collège, Louis est un bon élève.

Un jour, alors qu’elle l’amène au collège, Louis se fait renverser alors qu’il faisait du skate-board et se retrouve dans le coma.

Désespérée, Thelma passe tout le temps qu’elle peut à son chevet, relayée par sa mère Odette (Muriel Robin) jusqu’au jour où elle découvre, dans la chambre de son fils, un carnet qu’il a illustré de dessins de manga et sur lequel il a noté une liste de « choses à faire avant la fin du monde ».

Thelma se met en tête de réaliser ces souhaits en espérant que, si elle y parvient, Louis se réveillera du coma.

Parmi eux, il y a celui de faire dédicacer sa planche de skate par son auteur de manga fétiche, un Japonais, aller nager avec des baleines, réaliser une dangereuse compétition de skate, mais surtout rencontrer son père qu’il ne connaît pas…

Avec la complicité de sa mère qui, pendant son absence, reste au chevet de Louis, Thelma va réaliser les souhaits de son fils.

Mon opinion

On connaît surtout Alexandra Lamy (bien qu’elle ait tourné dans une 40e de films) pour la série télévisée humoristique Un gars, une fille (1999-2003), où elle formait un couple à la scène et à la ville avec Jean Dujardin (qu’elle appelait déjà « Loulou »). Elle a fait du chemin depuis et a pris de la bouteille et ce film lui a donné, à mon avis, l’un de ses plus beaux rôles. Elle y est la mère par excellence, une jeune femme un peu débordée qui, bien qu’elle fasse tout pour comprendre et aimer son ado, passe à côté de lui, de ses attentes et de ses désirs profonds. Il faut ce terrible accident pour qu’elle le découvre, qu’elle découvre ses rêves et ses amis, et au fond, se révèle aussi à elle-même. Je voudrais. Ce film est aussi une révélation pour Liza Azuelos qui ne nous avait pas, jusque-là ébloui par ses réalisations très moyennes, comme Lol ou Dalida… Le film doit beaucoup au choix des musiques (Bonjour Meow, London Grammar, etc.) et des scènes magiques, comme celle où Thelma, à son retour du Portugal, projette au plafond de la chambre de Louis les images de sa nage avec les baleines, ou celle du survol de l’Ecosse aux îles Shetland en hélicoptère. Je dois aussi saluer la présence de Xavier Lacaille dans le rôle d'Etienne, l'éternel étudiant, que j'avais découvert en irrésistible assistant parlementaire euroéen dans la décapante série Parlement. La fin du film, trop convenue, est un peu superfétatoire et je m’en serais volontiers passé mais La chambre des merveilles est malgré tout un magnifique film que je n’hésiterai pas à classer parmi les « feel good movies ».             

EN ATTENDANT BOJANGLES film de Régis ROINSARD (FR-BE 2022)

 

En attendant Bojangles est un film franco-belge réalisé par Régis Roinsard, sorti en 2022. Il s'agit de l'adaptation du roman éponyme d'Olivier Bourdeaut (2016).

Présentation

Georges (Romain Duris), menteur professionnel, s’est incrusté dans une réception huppée organisée dans sa villa de bord de mer par Charles (Grégory Gadebois). Il y rencontre Camille (Virginie Efira), une jeune femme fantasque et l’enlève à bord de sa voiture de sport. Echoués dans une chapelle perdue au milieu de nulle part, ils improvisent une cérémonie de mariage et font l’amour. Le lendemain matin, lorsque Georges se réveille, Camille (qu’il appelle aussi Antoinette), a disparu en « empruntant » la voiture qu’il retrouve devant le magasin de fleurs où elle travaille. Ils ne se quitteront plus et auront un fils Gary (Solàn Machado-Graner).

Gary voit ses parents danser sur la chanson « Mr. Bojangles », interprétée par Nina Simone, mener une vie de fête perpétuelle : c’est Camille qui mène le bal (au propre et au figuré), organise en permanence les réceptions les plus folles. C’est elle qui a adopté Melle Superfétatoire, un oiseau exotique qui déambule dans l’appartement, s’invente des mondes devant le regard émerveillé de l’enfant.

Jusqu’au jour où tout bascule…

Mon opinion

J’avais adoré le livre d’Olivier Bourdeaut et j’étais enchanté d’apprendre qu’un film, avec Virginie Efira et Romain Duris, deux acteurs que j’apprécie, en avait été adapté. Mais le film étant sorti en pleine crise sanitaire, je n’avais pu le voir et, depuis, je me suis procuré le DVD.

Malheureusement, j’ai très vite déchanté et j’ai même interrompu mon visionnage vers le milieu du film, ce qui m’arrive rarement. On ne retrouve dans le film rien du charme, de la poésie et de la douce folie qui font du livre un chef d’œuvre. Dans le livre, l’amour et la folle aventure des parents sont vus à travers les yeux émerveillés de l’enfant. Dans le film, celui-ci est bien présent mais semble être une pièce rapportée, secondaire alors que, dans le livre, il est, avec la mère, l’acteur principal. Dès les premières images, le duo Efira/Duris ne fonctionne pas. Les décors (de Sylvie Olivé), qui se veulent somptueux, sont clinquants, les costumes (d’Emmanuelle Youchnovski), kitch et de mauvais goût, il n'y a rien de la magie qui m'avait séduit dans le livre. Bref, grosse déception que cette adaptation complètement ratée, hélas pour les acteurs qui font ce qu’ils peuvent pour sauver le film du naufrage, quitte à se ridiculiser.

samedi 11 mars 2023

MY BEAUTIFUL BOY drame de Felix VAN GROENINGEN (USA-2018)

 


Vu en DVD. 

My Beautiful Boy est un drame américain coécrit et réalisé par Felix Van Groeningen, sorti en 2018. Il s’agit de l’adaptation du livre biographique de David Sheff sur son combat pour sortir son fils Nic de la drogue : Beautiful Boy: A Father's Journey Through His Son's Addiction.

Présentation

David Sheff (Steve Carell), journaliste au New York Times, est le père de Nicolas « Nic » (TimothéeChalamet), un adolescent doué et sensible, élève brillant (il est accepté dans 6 universités américaines) , qui se destine à faire des études de littérature à l’université. Depuis la séparation de David d’avec Vicky (Amy Ryan), Nic est élevé par son père avec qui il a une relation fusionnelle, et s’entend bien avec sa belle-mère, Karen (Maura Tierney) et avec ses petits demi-frère Jasper et demi-sœurs qui sont en adoration devant lui.

Mais un jour, sans que rien ne le laisse prévoir, Nic disparaît pendant deux jours et revient chez son père qui constate qu’il se drogue. David prend aussitôt la décision de le conduire dans une clinique spécialisée où le traitement semble faire merveille. Jusqu’à une première rechute qui sera suivie de beaucoup d’autres, malgré toute l’attention et l’amour que lui porte sa famille.

David consulte des spécialistes de la dépendance, dont un qui lui révèle le fonctionnement du « crystal meth » (la métamphétamine cristal), l’une des drogues les plus addictives qui soient et des plus dangereuses car, outre qu’elle induit des comportements irrationnels, peut être létale à partir de 200 mg. A titre expérimental, il va même jusqu’à tester cette drogue sur lui-même pour en constater les effets.  

Après une dernière rechute, David, qui est épuisé et se sent totalement impuissant, refuse d’apporter son aide à son fils qui fait une overdose et est sauvé in extremis par les services d’urgence.  

Lorsque le film se termine, un cartel nous indique que Nic est sobre depuis 8 ans mais met en garde sur le fait qu’une victime du « meth » n’est jamais définitivement guéri et peut rechuter à tout moment.

Mon opinion

Le film nous présente une situation bien connue, hélas, de tous ceux qui ont eu à faire, dans leur entourage ou leur famille proche, à une victime d’addiction, qu’elle soit due à l’alcool ou à la drogue : déni, rechutes, mensonges, vol, déchéance physique, prostitution (qui nous est épargnée dans le film alors qu'elle est présente dans le livre)... Dans le cas de Nic, la drogue (la "meth"), qui l’a entraîné dans cet état de dépendance extrême est l’une des pires avec l’héroïne. On ne peut qu’être bouleversé par le combat de ces parents contre une telle descente aux enfers, jusqu’à comprendre et excuser la dernière lâcheté du père qui a tout essayé et, qui, pour protéger sa famille, renonce à venir une dernière fois en aide à son fils. Cette scène est sans doute la plus bouleversante du film d’autant plus que le spectateur voit Nic, après que son père ait raccroché,  s’effondrer sur le carrelage de toilettes publiques et le croient mort. Le jeu de Timothée Chalamet, que j’ai déjà pu apprécier dans plusieurs films, est poignant. Je n’en dirai pas autant de celui de Steve Carell, que j’ai trouvé nettement moins convaincant.

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