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lundi 8 janvier 2024

AU REVOIR LA-HAUT comédie drame d'Albert DUPONTEL (FR-2017)

 


Au revoir là-haut est une comédie dramatique française coécrite et réalisée par Albert Dupontel, sortie en 2017. C’est une adaptation du roman du même nom de Pierre Lemaitre, prix Goncourt 2013, qui a collaboré au scénario.

Présentation

Le film se déroule en 1920, deux ans après la fin de la guerre de 14-18. Albert Maillard (Albert Dupontel) est interrogé par un officier de la Gendarmerie (André Marcon), après avoir été arrêté au Maroc où il a fui ses créanciers.

Albert Maillard est un ancien soldat qui, pendant la guerre, qui a dû la vie sauve à un autre jeune appelé, Edouard Péricourt (Nahuel Pérez Biscayart).

Édouard Péricourt, fils Marcel Péricourt (Niels Arestrup), un grand bourgeois qui a toujours rejeté son fils, était un dessinateur génial et fantasque jusqu’à ce qu’il devienne, une « gueule cassée », tout le bas de son visage ayant été emporté, après qu’il soit venu en aide à Albert Maillard, par un éclat d’obus. Le jeune homme, désespéré par ce qu’il est devenu, supplie Albert de changer son identité pour celle d’un de leurs camarades décédés, afin que sa famille ne le retrouve pas. Tous les deux fuient aussi un autre ennemi, Henri d’Aulnay-Pradelle (Laurent Lafitte), l’adjudant qu’ils ont vu tuer deux aspirants envoyés en éclaireurs devant leurs yeux.      

Pour payer la morphine dont Edouard est devenu dépendant, Albert et lui, aidés d’une gamine du nom de Louise (Héloïse Balster), qui s’est improvisée interprète d’Edouard, montent une arnaque visant à vendre aux municipalités des monuments aux morts qui resteront à l’état d’esquisses.

De son côté, l’ex-lieutenant Pradelle devient le bras droit du vieux Péricourt et épouse sa fille, Madeleine, la sœur d’Edouard (Emilie Dequenne), afin de monter une escroquerie d’un tout autre calibre que celle d’Albert et d’Edouard :  récupérant les corps des nombreux soldats morts et enterrés sans sépulture sur le champ de bataille il signe avec l'État un juteux contrat qui prévoit de réinhumer dignement les cadavres dans des cimetières militaires. Mais, au lieu de cela, il utilise des milliers de cercueils raccourcis, parfois remplis de terre et de cailloux, voire de cadavres de soldats allemands, pour s'enrichir sans scrupule.

Mon opinion

J’ai longtemps retardé le visionnage de ce film qu’une de mes amies m’avait prêté en DVD car je craignais que certaines images ne soient difficiles à supporter. Sur ce plan, je ne me trompais pas et j’ai souvent, au cours du visionnage, été près des larmes tant la situation des soldats de la guerre de 14-18, l’horreur des tranchées, mais aussi et surtout le manque de reconnaissance dont les survivants ont été, après la guerre, victimes, est terrible même pour ceux qui, comme moi, n’ont vécu aucune guerre. Ce film, où l’on retrouve la causticité et l’humour grinçant qui est la patte de Dupontel, est un chef d’œuvre, tant pour son scénario que pour sa mise en scène et ses trouvailles (la création des masques, qu’un bonus nous détaille, est en soi un exploit), ainsi que les reconstitutions historiques, les scènes de guerre, etc. Mais par-dessus tout, je voudrais rendre hommage à un acteur dont j’ai découvert l’existence, Nahuel Pérez Biscayart, dont le véritable visage, masqué pendant la presque totalité du film, s’exprime par son regard bleu, incroyablement vivant. Un grand coup de chapeau aussi à Laurent Lafitte, que je ne connaissais guère que par des rôles comiques ou secondaires, dans celui de l'infâme lieutenant Pradelle, qu’on aime voir enterré vivant dans la scène du creusement du métro parisien.  

A voir aussi les autres films de Dupontel :     

Sur la même période, voir : 

lundi 17 octobre 2022

LES COMBATTANTES Mini-série française (FR-BE 2022)


Les Combattantes est une mini-série télévisée historique franco-belge en 8 épisodes de 52 minutes créée par Camille Treiner et Cécile Lorne, et diffusée en France sur TF1 à partir du 19 septembre 2022.

La série est une coproduction de Quad Drama (Iris Bucher), TF1, AT-Production et la RTBF (télévision belge), en partenariat avec Netflix. Elle est soutenue par Pictanovo, la région Grand Est, la région Hauts-de-France, le conseil départemental des Vosges et la communauté d'agglomération d'Épinal.

On y retrouve la productrice (Iris Bucher), le réalisateur (Alexandre Laurent), le chef décorateur (Hervé Gallet) et les actrices principales de la série Le Bazar de la Charité (Audrey Fleurot, Julie de Bona et Camille Lou, ainsi que Sofia Essaïdi.

Résumé

La série suit le destin de quatre femmes durant la Première Guerre mondiale : une religieuse (Julie de Bona : mère supérieure Agnès), une infirmière féministe (Camille Lou, dans le rôle de Suzanne Faure), une prostituée (Audrey Fleurot dans le rôle de Marguerite de Lancasterel), une veuve devenue patronne d'usine (Sofia Essaïdi, dans le rôle de Caroline Dewitt).

L’action se passe en septembre 1914, dans les Vosges. Suzanne Faure, infirmière à l'hôpital de la Salpêtrière à Paris fuit la police pour avoir pratiqué des avortements clandestins. Partie en direction de la Suisse avec l’aide de la passeuse Jeanne Charrier (Romane Portail), elles sont interceptées par le policier Louis Compoing (Norman Morgenstztern), qui est aussi le mari de la femme avortée. Lors de l’interception, Jeanne Charrier est grièvement blessée et les deux jeunes femmes se réfugient dans une ferme qui ne tardera pas à être attaquée par les Allemands qui massacrent ses occupants.  Suzanne Faure, partie chercher des médicaments dans le village de St. Paulin, est épargnée et, lorsqu’elle revient, elle se fait passer pour Jeanne Charrier. Elle commence à travailler comme infirmière au côté de Joseph Duvernet (Tom Leeb), le médecin militaire qui officie à l’hôpital de fortune installé dans le couvent de Saint-Paulin dirigé par mère Agnès.

Face à tant de souffrances, Mère Agnès sent sa foi vaciller, d’autant qu’elle tombe amoureuse d’un jeune soldat trouvé nu dans les bois qui s’avère être un déserteur allemand.

Marguerite de Lancastel (Audrey Fleurot), une prostituée venue de Paris pour retrouver Colin de Renier (Maxence Danet-Fauvel), le fils qu’elle a abandonné, devenu soldat, se fait embaucher au bordel de Saint-Paulin, tenu par Marcel Dumont (Yannick Choirat) et sa sœur Yvonne.

Par ailleurs, Victor Dewitt (Lionel Erdogan), propriétaire d'une usine de camions, est appelé sous les drapeaux et confie la gestion de l’entreprise à son épouse Caroline (Sofia Essaïdi), ancienne prostituée et amie de Marguerite.

Mon opinion

La série ne cache rien des horreurs de ce conflit (équipements inadaptés face à l’utilisation des gaz de combat, exécutions pour l’exemple, amputations à vif, incompétence des politiques et des militaires de haut rang, etc.) qui fut une boucherie sans nom et laissa le pays exsangue. Très belle série, impeccablement réalisée, qui fait peut-être un peu trop la part belle au romanesque et aux rebondissements, mais fait néanmoins passer une idée : le rôle de ces femmes courageuses qui ont joué un rôle méconnu dans la première guerre mondiale : infirmières, ambulancières, chefs d’entreprises, trop souvent passé sous silence.   

samedi 22 janvier 2022

UN LONG DIMANCHE DE FIANCAILLES Film historique de Jean-Pierre JEUNET (FR-USA 2004)

 


Un long dimanche de fiançailles est un film franco-américain réalisé par Jean-Pierre Jeunet, sorti en 2004. C'est l'adaptation cinématographique du roman du même nom de Sébastien Japrisot.

Présentation

Mathilde (Audrey Tautou) et Manech (Gaspard Ulliel) se connaissent depuis l’enfance et, à l’âge adulte, ont décidé de se marier. Malheureusement la guerre de 14 est déclarée et Manech envoyé au front.

Avec cinq camarades, Manech s’automutile pour tenter d’échapper aux conditions atroces dans lesquelles se retrouvent les soldats qui vivent l’enfer dans les tranchées de la Somme. Condamnés à mort par une cour martiale, ils sont conduits jusqu’à un avant-poste nommé « Bingo crépuscule » et abandonnés à leur sort dans le no man's land qui sépare les deux camps. Ils sont apparemment tous tués, soit durant la nuit qu'ils passent entre les lignes, soit durant l'attaque française à la baïonnette qui est lancée le lendemain et repoussée par les Allemands, avec de lourdes pertes parmi les attaquants.

Après la fin de la guerre, sans nouvelle de Manech, mais convaincue que son amoureux est toujours en vie, Mathilde engage un détective privé, Germain Pire, pour retrouver sa trace. Après de multiples rebondissements, elle parviendra à le retrouver, vivant mais amnésique.

Mon opinion

Un grand et beau film où les scènes terribles dans les tranchées sont contrebalancées par l’optimisme imperturbable de Mathilde et l’humour des situations à la Rouletabille. On peut cependant regretter le parti-pris du réalisateur du fond jaune qui devient pénible à force d’insistance. Les acteurs sont formidables, y compris dans les seconds rôles mais on n’oubliera jamais la prestation de Gaspard Ulliel, symbole de l’innocence emblématique de cette immonde boucherie que fut la guerre de 14-18.     

Autour du film

Il faut savoir que ce remarquable film, inspiré d’un roman français, avec un réalisateur français, une distribution 100  française (et quelle distribution !), tourné dans des décors exclusivement français, s’est vu refuser le financement du Centre National de la Cinématographie  par décision du Conseil d’Etat, au prétexte que sa production était en partie américaine. A posteriori, on peut se demander si ce jugement inique de la haute juridiction n’aurait pas été dictée par la critique sans concession (et historiquement entièrement fondée !) que fait le film de la hiérarchie militaire de l’époque .

Heureusement, cela ne l’a pas empêché d’être unanimement acclamé par la critique et le public et d’être multirécompensé, y compris à l’étranger. Gaspard Ulliel a, quant à lui, été couronné meilleur espoir masculin aux César 2005 et a obtenu aussi deux nominations aux Oscars.

mardi 7 décembre 2021

LA VIE ET RIEN D'AUTRE de Bertrand TAVERNIER (FR-1989)

 


La Vie et rien d'autre est un film dramatique et historique français de Bertrand Tavernier, sorti en 1989.

Présentation

L'action se déroule en 1920, deux ans après la fin de la Première Guerre mondiale. Les personnages principaux de l’histoire sont le commandant Dellaplane (Philippe Noiret) qui incarne un militaire bourru chargé d’identifier les 35000 morts restés anonymes après l’un des conflits les plus sanglants du XXe siècle, Irène de Courtil (Sabine Azéma), une bourgeoise distinguée à la recherche du corps de son mari, et Alice (Pascale Vignal), une jeune institutrice à la recherche de son fiancé.

Tous les trois se retrouvent devant un tunnel qui a pris au piège en s’effondrant sous les bombardements un train entier de militaires de toutes nationalités. Le convoi transportait aussi des produits chimiques explosifs ainsi que le terrifiant gaz sarin qui se répand et continue à faire des victimes parmi les trouffions chargés de déblayer les cadavres.

En une journée et une nuit, ceux que tout opposait, se rencontrent pour le meilleur et pour le pire dans une face tragi-comique où l’on découvre que les héros ne sont pas forcément ceux qu’on a crus.

Autour du film

Le film serait inspiré d’un roman peu connu de l’auteur albanais Ismaïl Kadaré paru en 1963, « Le général de l’armée morte » qui a donné lieu à une adaptation d’un film italien de Luciano Tovoli, « Il générale dell’armata morta » (1983) et d’un film albanais « Le retour de l’armée morte » (1989)

Mon opinion

Je n’ai lu que des critiques dithyrambiques de ce film. Or, même si j’ai apprécié la minutieuse reconstitution historique d’une période presqu’aussi tragique que le conflit lui-même, je ne joindrai pas ma voix à ce concert de louanges. J’ai trouvé le film long et pesant et j’ai surtout détesté l’intrigue amoureuse et tortueuse entre Noiret et Azéma qu’ont cru devoir y plaquer les scénaristes. Le mérite particulier de ce film est cependant de révéler au public une période dont on a peu parlé, l’immédiat après-guerre de 14, en en faisant ressortir, à travers une critique sans concession du racisme (envers les annamites employés aux tâches les plus ingrates comme celle d’excaver les morts pris dans la glaise ou les noirs au déminage),du cynisme des militaires envers les familles qui viennent reconnaître les pauvres restes de leurs disparus, de la collusion des grandes fortunes qui ont négocié la sauvegarde de leurs usines, des profiteurs de tout poil, de la mesquinerie, etc. un tableau peu glorieux de la société que la glorification artificielle qui a régné après-guerre a trop souvent fait oublier. Quant à la musique d’Oswald Andrea, qui a pourtant obtenu le César 1990 de la meilleure musique, je l’ai trouvée insupportablement dissonante. Philippe Noiret est royal mais Sabine Azéma, toujours en retrait, assez décevante, mais il faut dire à sa décharge que le rôle qu’on lui a fait jouer n’a pas dû lui faciliter la tâche.

Autres films dans le même esprit :

lundi 27 janvier 2020

1917 drame historique de Sam MENDES (USA-GB 2020)



1917 est un drame historique américano-britannique coécrit, coproduit et réalisé par Sam Mendes, sorti en 2020. 

Présentation

Le film se déroule en avril 1917 lors de la Première Guerre mondiale sur une journée et une nuit. Les lignes de communication étant coupées, deux jeunes caporaux, William « Will » Schofield (George MacKay) et Tom Blake (Dean-Charles Chapman) sont envoyés en mission suicide afin de porter un message de la part du chef d’Etat-Major, le général Erinmore (Colin Firth) au colonel MacKenzie (Benedict Cumberbatch). Ce message donne ordre au colonel d’annuler l’offensive qu’il s’apprête à lancer contre les Allemands dès l’aube. En effet, ceux-ci ont fait mine de se retirer pour prendre au piège et massacrer les 1600 soldats de l’armée britannique, parmi lesquels se trouve Joseph Blake, le frère aîné de Tom (Richard Madden).

Les deux garçons vont devoir traverser seuls le no man's land et les lignes ennemies pour délivrer leur message.

Mon opinion

On a beaucoup parlé de ce film comme d’un exploit technique à cause de la manière dont il est filmé en un seul « plan séquence » (en fait deux « plans-séquence » séparés par un long fondu au noir) : la caméra suit au plus près la progression de nos deux jeunes héros (du moins jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un) du début à la fin du film, nous entraînant dans cette course folle, éprouvante, parsemée de cadavres d’hommes et de chevaux, de fils de fer barbelés, de trous d’obus, où le répit ne dure que quelques minutes, permettant à peine aux protagonistes de reprendre leur souffle, avant une nouvelle fuite en avant. La tension ne cesse qu’à la belle scène finale où le héros s’écroule de fatigue contre le tronc d’un arbre et contemple un immense paysage vierge de tout combat. Étonnant film, au scénario sans bavure, haletant comme un thriller, superbement joué par deux jeunes acteurs remarquables dont c’est le 1er rôle important. Les Golden Globes ont couronné le réalisateur et le film. Espérons que les acteurs (en particulier George MacKay qui porte le film sur ses épaules jusqu’au dénouement final) recevront, eux aussi, les récompenses qu’ils méritent.

Dans le même esprit :  

samedi 9 novembre 2019

CHEVAL DE GUERRE drame historique de Steven SPIELBERG (USA-2011)



Cheval de guerre (titre original : War Horse) est un film américain de Steven Spielberg sorti en 2011. Il s'agit de l'adaptation du roman du même nom de Michael Morpurgo, lui-même fondé sur son propre livre pour enfants Cheval de guerre publié en 1982 en Grande-Bretagne. Ce film rend notamment hommage aux huit millions de chevaux qui furent sacrifiés durant la Première Guerre mondiale.

Présentation

Le film commence peu avant le début de la déclaration de guerre en 1914 dans le Devon, au sud de l’Angleterre. Albert Narracott (Jeremy Irvine) est un adolescent qui vit avec ses parents dans une ferme. Il assiste avec émerveillement à la naissance d’un poulain qui sera vendu. Quelques années plus tard, son père revient du marché avec un magnifique cheval, un demi-sang, plus fait pour la monte que pour servir d’animal de ferme. Albert reconnaît le poulain qu’il a vu naître et le nomme Joey. Par la douceur, il parvient à éduquer le cheval et réussit à l’atteler à la charrue et, ensemble, ils labourent un champ qui leur servira à planter des navets destinés à régler les dettes de la famille. Mais, après une mauvaise récolte, Ted, le père d’Albert (Peter Mullan) vend Joey à l’armée, prête à partir pour le front. Albert essaie de s’opposer à la vente mais son cheval a déjà été acheté et il ne peut que se résoudre à le voir devenir la monture d’un jeune gradé, le capitaine Nicholls (Tom Hiddleston) qui, devant le désarroi de l’adolescent, lui assure qu’il prendra soin de Joey et lui donnera des nouvelles. Ce qu’il fait, jusqu’à être tué, avec son ami Charley (Patrick Kennedy) lors des premiers affrontements avec l’armée allemande.

Avec Topthorn, un magnifique cheval noir qui a appartenu au Major Stewart (Benedict Cumberbatch), lui aussi tué lors des combats, Joey est tombé entre les mains des allemands. Les deux chevaux sont pris en charge par deux jeunes soldats allemands, Gunther (David Kross) et Michael (Leonard Carow) Schröeder. Mais, lorsque Michael est envoyé au front, Gunther ne le supporte pas et ils désertent avec Joey et Topthorn. Les fugitifs passent la nuit dans un moulin à vent abandonné mais, à l’aube, l’armée les retrouve et les fusille. Les chevaux s’enfuient et sont recueillis par une jeune française, Emilie (Céline Buckens), élevée par son grand-père (Niels Arestrup) dans une ferme isolée près de la ligne de front. Peu après, les Allemands arrivent et réquisitionnent la nourriture puis ils interceptent Emilie qui avait eu l’imprudence d’aller faire une balade à cheval. Les chevaux sont alors incorporés dans l’armée allemande qui les utilise pour tracter les lourds canons destinés à bombarder les Français. Topthorn meurt d’épuisement mais Joey s’échappe devant l’avancée des monstrueux chars anglais Mark IV. Complètement affolé, il se prend dans les barbelés du no man’s land qui sépare les belligérants.    

Entre temps, Albert a été incorporé dans l’armée anglaise et va combattre sur le front de la Somme avec son ami Andrew (Matt Milne) mais, lors d’un affrontement, Albert est blessé aux yeux par les gaz de combats et Andrew est tué.

Pendant qu’Albert est conduit à l’infirmerie pour y être soigné, un terrible drame se déroule dans le no man’s land. Joey, empêtré dans les barbelés et grièvement blessé se laisse mourir mais un soldat anglais, Colin (Tobby Kebbel) et Peter (Hinnerk Schönemann), un soldat allemand, font une trêve pour aller lui porter secours. Une fois libéré, ils tirent au sort le pauvre Joey, horriblement blessé, pour savoir qui des deux va le garder. Joey échoit à l’anglais qui le ramène à l’infirmerie pour y être soigné. Mais le médecin, voyant l’état de l’animal et débordé par les blessés humains, refuse de s’en occuper. Joey aurait été abattu si Albert, malgré sa cécité, ne l’avait reconnu et Joey devient la mascotte des soldats qui le surnomment « le cheval miracle ». Malheureusement, Albert et Joey ne sont pas au bout de leurs peines car la guerre se termine et les chevaux sont vendus aux enchères sur la place de Cambrai. Bien que tous les soldats se soient cotisés pour rassembler de quoi permettre à Albert de racheter Joey, celui-ci est à deux doigts d’être acheté par un maquignon quand le grand-père d’Emilie réapparaît et, à la surprise générale, en offre un prix très au-dessus de sa valeur « en mémoire de sa petite-fille » dont on comprend qu’elle est morte. Il compte le ramener avec lui mais, devant le désarroi d’Albert, il lui en fait cadeau. Dans la dernière image, on voit Albert, qui a retrouvé la vue, monté sur Joey, de retour à la ferme de ses parents qui l’accueillent avec effusion.   

Mon opinion sur ce film

Moi qui aime tant les animaux et suis malade devant leur souffrance, j’avais jusqu’à présent refusé de voir ce film, par crainte de ne pouvoir supporter certaines scènes. Je l’ai tout de même regardé lors de sa rediffusion à la télévision le 7 novembre 2019. Certes, il y a des scènes pénibles (la mort de Topthorn, la fuite de Joey devant les chars et surtout la scène où il se prend dans les barbelés) mais le réalisateur nous a épargné les gros plans et, même s’il vaut mieux le déconseiller aux âmes sensibles (il est interdit en-dessous de 10 ans), il n’y a pas d’images vraiment insoutenables. Le problème est que l’histoire, si elle part de faits réels, hélas dramatiques, se conclut un peu trop comme un conte de fées. J’ai aussi noté, au cours du film, un tel nombre d’invraisemblances que cela le rend difficilement crédible : par ex. Emilie, qui n’a jamais monté un cheval de sa vie, n’hésite pas à lancer Joey au galop dès sa première monte ! Joey, après s’être tant débattu dans les barbelés aurait dû avoir des blessures tellement graves qu’il n’aurait jamais pu récupérer. J’aimerais aussi qu’on m’explique comment le grand-père d’Emilie a pu arriver juste au moment où la vente aux enchères avait lieu… Enfin, comme on dit, « c’est un film » mais on aurait pu s’attendre, de la part d’un réalisateur comme Spielberg, un peu plus de sérieux. Le film a toutefois le mérite de jeter un coup de projecteur sur un fait ignoré en France jusque dans les années 80 : le sacrifice d’un grand nombre de chevaux pendant la 1ère Guerre mondiale. En réalité, si les chevaux ont été les plus nombreux, il y eut aussi les ânes et les mulets et les mules, sans oublier les autres animaux utilisés lors du conflit : chiens (100 000) et pigeons (200 000)...

Je dois malgré tout reconnaître aussi la qualité de la photographie (de Janusz Kaminski qui avait aussi été le chef opérateur de La liste de Schindler, des Aventures de Huckleberry Finn, de Jerry Maguire ou de Il faut sauver le soldat Ryan...)

dimanche 20 octobre 2019

THE LOST CITY OF Z film dramatique de James GRAY (USA-2016)


The Lost City of Z (La Cité perdue de Z) est un film d'aventure historique américain écrit et réalisé par James Gray, sorti en 2016. Il s’agit de l'adaptation du récit La Cité perdue de Z de David Grann, lui-même inspiré des aventures de l’explorateur anglais Percy Fawcett. Ce personnage réel et sa quête de la cité perdue sont devenus, au fil du temps, un véritable mythe, qui aurait inspiré, entre autres, celui d'Indiana Jones ou de l'explorateur dessiné par Hergé dans Tintin et l'oreille cassée.

Présentation

Percival ‘Percy’ Fawcett (Charlie Hunnam) est major dans l’armée britannique. Epoux comblé, il est le père d'un garçonnet du nom de Jack et sa femme est enceinte de leur deuxième enfant. C'est pourquoi, lorsque la Société géographique royale d'Angleterre lui propose d'aller cartographier une zone inconnue de l'Amazonie, il n'est pas très chaud pour partir. Mais il finit par se laisser convaincre car on lui promet honneur et gloire. Lors du voyage, Fawcett fait la connaissance de son aide de camp, qui deviendra par la suite un de ses amis les plus fidèles : Henry Costin (Robert Pattinson). Le voyage est pénible et dangereux. Alors qu’ils remontent le Rio Verde, ils sont attaqués par des indiens et deux membres de l'équipe perdent la vie. Le manque de vivres, le danger et les maladies manquent de provoquer une mutinerie. Cependant, en dépit de toutes ces difficultés, ils atteignent les sources du fleuve. Alors qu'ils explorent les environs, Fawcett découvre d’anciennes poteries ainsi que des symboles gravés dans la pierre et le bois. Il émet alors l'hypothèse d’une ancienne civilisation qu’il dénomme la Cité perdue de Z.

Fawcett retourne en Angleterre où les membres de la Royal Geographical Society accueillent ses révélations par des quolibets. Un seul des membres de la société, James Murray (Angus MacFadyen), qui a lui-même exploré le pôle sud, lui apporte son soutien et lui propose de mettre sur pied une nouvelle expédition. Fawcett et Costin acceptent de retourner en Amazonie. Mais lors de l’expédition, Murray se comporte comme un poids mort et, par peur des sauvages qui pratiquent l’anthropophagie, il rebrousse chemin. Fawcett, Costin et Manley (Edward Ashley) sont bien accueillis par les indiens qui s’avèrent beaucoup plus évolués qu’ils ne le pensaient : ils découvrent qu’ils sont parvenus à pratiquer une agriculture évoluée au beau milieu d’une jungle hostile. Mais, pour se venger d’avoir été démasqué, Murray, avant de rebrousser chemin, a saboté les rations de ses compagnons. La mort dans l’âme, Fawcett doit se résoudre à rentrer en Angleterre sans avoir découvert la Cité perdue de Z.

Nous sommes alors en 1914. Fawcett, qui est militaire, doit partir faire la guerre. Gazé, il manque de perdre la vue. Une fois remis, il pense abandonner pour toujours sa quête de la mystérieuse civilisation qu’il était sur le point de découvrir en Amazonie mais sin fils aîné, Jack (Tom Holland) le convainc de monter une 3ème expédition au cours de laquelle il disparaîtra.  

Le film se conclut par un texte expliquant que Percy et Jack Fawcett n'ont jamais été retrouvés malgré plusieurs expéditions montées pour leur venir en aide. En revanche, des travaux scientifiques récents ont révélé l'existence d'un réseau développé de routes et de surfaces agraires (le site de Kuhikugu) non loin des zones identifiées par Fawcett comme pouvant accueillir la cité Z, confirmant de manière posthume les hypothèses de ce dernier.

Mon opinion

J’ai raté ce film lors de sa sortie au cinéma. Je tenais à le voir car son thème m’intéressait particulièrement mais aussi pour sa distribution (surtout pour RobertPattinson, que je suis depuis Twilight et que j’ai beaucoup apprécié dans De l’eau pour les éléphants). Malheureusement, Pattinson affublé d’une énorme barbe qui le rend à peu près méconnaissable et son rôle très secondaire ne le met pas en valeur. Quant à l'acteur qui joue le rôle de Fawcett, il m'a paru trop peu charismatique pour avoir à ce point conquis le cœur de ses hommes. J'attendais aussi beaucoup de Tom Holland, que j'avais découvert enfant fuyant le tsunami de 2004 dans The impossible (2012). Son personnage m'a paru bien faible. En outre le film lui-même est plein de longueurs et de scènes peu crédibles. Ce n’est donc pas une production que je recommanderai même si elle m’aura permis de faire la connaissance d’un explorateur injustement méconnu et de sa quête et de son destin tragiques.       

mercredi 4 avril 2018

LA LEGENDE DE BAGGER VANCE de Robert REDFORD (USA-2000)



La Légende de Bagger Vance (The Legend of Bagger Vance) est un film américain de 126 min. réalisé par Robert Redford, sorti en 2000. Il est adapté du livre du même nom écrit en 1995 par Steven Pressfield. Le film se passe dans le cadre de la Géorgie des années 1920. Directeur de la photographie: Michael Ballhaus.

Résumé

Champion de golf à 16 ans, fiancé de la ravissante et richissime Adèle Invergordon (Charlize Theron), Rannulph Junuh (Matt Damon) est enrôlé pour aller se battre lors de la 1ère fuerre mondiale. A son retour, hanté par le souvenir des atrocités qu'il a vécues sur le front, il revient chez lui dans le plus parfait anonymat, se noyant dans l’alcool et les tournois de cartes. Ce sont aux Etats-Unis, les années noires de la Grande Dépression et John Invergordon, le perre d’Adèle, ruiné, se suicide, laissant comme seul héritage à sa fille le parcours de golf pour lequel il s’était endetté.  Acculée par ses créanciers, Adèle leur fait face et refuse de vendre le golf, qui était l’œuvre de la vie de son père, pour une bouchée de pain. Elle propose au contraire à la ville d'organiser un grand tournoi de golf pour remplir les caisses et faire renaître Savannah de ses cendres. Elle va trouver elle-même les deux plus grands champions que compte l'Amérique et les convainc de venir s'affronter sur son green. Bobby Jones (Joel Gretsch) est le premier à accepter, ainsi que son concurrent, Walter Hagen (Bruce McGill).

Il ne reste plus qu'à convaincre l’enfant prodige de Savannah, Rannulph Junuh de s’inscrire à son tour au tournoi. Mais personne, à part le jeune Hardy Greaves (J. Michael Moncrief), dont Januh était l’idole, ne sait où le trouver. Januh cède à l’innocence et à la candeur d’Hardy, chose qu’il n’aurait pas faite devant la délégation d’élus de la ville. Une fois cela fait, en pleine nuit, venant de nulle part, débarque Bagger Vance (Will Smith), un mystérieux vagabond, qui se propose de devenir le caddie de Junuh contre cinq dollars et une paire de chaussures, et le coache jusqu’à la victoire.

Mon opinion sur ce film

Ce film magnifique s’inscrit dans la ligne d’autres films de Redford, comme L’homme qui murmurait à l’oreille deschevaux ou Et au milieu coule une rivière. Une belle leçon de vie, avec des acteurs au sommet de leur art, que ce soit MattDamon, Charlize Theron ou Will Smith dans le rôle du mystérieux Bagger Vance. Sans oublier la belle prestation du jeune J. Michael Moncrief. Le tout servi par la photographie raffinée et précise de Michael Ballhaus. On peut, a priori, être rebuté par un film sur le golf. Mais, à l’instar d’autres films dont le thème central est un sport (par ex. Et au milieu coule une rivière ou Jusqu’aubout du rêve, qui est centré autour du baseball, sport particulièrement hermétique pour des non-américains), ce film va beaucoup plus loin et est une merveilleuse leçon de vie. Alors, de grâce, laissez vos préjugés de côté et regardez La légende de Bagger Vance. Vous ne le regretterez pas !       

lundi 10 octobre 2016

FRANTZ de François OZON (FR-2016)


Frantz est un film dramatique germano-français écrit et réalisé par François Ozon, sorti en 2016. Il est librement inspiré d'une pièce de Maurice Rostand, L'homme que j'ai tué, qui a elle-même été reprise dans le scénario du film américain L'Homme que j'ai tué (Broken Lullaby, 1932) de Ernst Lubitsch. Il est officiellement en compétition pour le prix Lion d'or à la Mostra de Venise 2016.

Résumé

Peu de temps après la fin de la Première Guerre mondiale, Anna (Paula Beer) se rend tous les jours sur la tombe de son fiancé, Frantz, tué sur le front. Un jour, elle voit un jeune homme qui vient y déposer des fleurs. Il s’agit d’Adrien Rivoire (Pierre Niney), un soldat français, venu pour rencontrer les parents de Frantz… Le père de Frantz, le Dr. Hoffmeister refuse dans un premier temps de le recevoir. Mais son épouse, Magda, la mère de Frantz, le reçoit avec gentillesse. Adrien leur dit qu’il avait connu Frantz, lorsque celui-ci était venu à Paris avant la guerre et leur raconte ce qu’ils veulent entendre. En fait, Adrien avait connu brièvement Frantz dans des circonstances douloureuses qui seront dévoilées au cours du film et, s’il est venu rencontrer ses parents et son ex-fiancée, c’est parce qu'il détient un lourd secret qu'il s'est promis de leur révéler.

Mon opinion sur ce film


Avec ce film, on est très loin de l'ambiance déjantée de Huit femmes ou de Potiche et beaucoup plus du film jusque là le plus sombre d'Ozon, Dans la maison

Le film, en grande partie en noir et blanc et en allemand, nous raconte une histoire terrible qui est celle d’une amitié par-delà la mort. Très belle prestation de Pierre Niney, dans le rôle d’Adrien et de Paula Beer, dans celui d’Anna. En la voyant, je n’ai pu m’empêcher de penser à Romy Schneider dans La passante du sans-souci. Elle est très belle, très digne. Dommage que la fin du film soit trop longue d’un pénible quart d’heure qui s’éternise. Dommage, car, sans cette fin ratée, le film aurait été, sinon un chef d’œuvre, du moins un grand film.

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mardi 9 février 2016

CHOCOLAT film de Roschdy Zem (FR-2016)


Chocolat est un film biographique français réalisé par Roschdy Zem, sorti en 2016.

Résumé
Ce film est un biopic de la vie du clown Chocolat (Omar Sy), librement inspiré du livre Chocolat, clown nègre : l'histoire oubliée du premier artiste noir de la scène française de Gérard Noiriel, publié par Bayard en 2012.

Chocolat a véritablement existé. De son vrai nom Rafael Padilla, il devint en 1886 le premier artiste noir de la scène française. Avant la guerre de 14, Il forma, avec un autre clown, George Foottit (James Thierrée), un duo comique à succès adulé du tout Paris. Foottit jouait le rôle du clown blanc, tyrannique, et Chocolat, celui de son souffre-douleur. Après sa séparation d’avec Foottit, il joua au théâtre et mourut en 1917. Le film commence avec l’enfance de Chocolat, enfant d’esclave à Cuba. Après avoir été vendu à un colon espagnol, il s’échappe et, sans identité, est embauché dans la troupe d’un minable cirque itinérant, le Cirque Delvaux, pour jouer les anthropophages. C’est là qu’un clown professionnel qui a connu la gloire mais est retombé dans l’oubli, Foottit, le remarque et lui propose de l’associer à son numéro. Le succès est immédiat et les deux compères sont vite repérés par Raoul Donval, le directeur du Nouveau Cirque qui les embauche pour venir jouer à Paris. Leur carrière prend alors une dimension nationale mais le succès monte vite à la tête de Chocolat qui se met à boire et à se droguer, joue au jeu, etc. au grand désespoir de Foottit qui essaie en vain de le ramener à la raison. Finalement, Chocolat, en désaccord de plus en plus grand avec son partenaire quitte le Nouveau Cirque pour le théâtre. Ce sera un échec cuisant. Il finira sa vie ruiné, malade et mourra dans la misère de la tuberculose en 1917.

Mon opinion sur le film


On comprend mal pourquoi les scénaristes ont toujours besoin de déformer la réalité. La plus grande réussite du film est, d’une part sa distribution (avoir confié à Omar Sy le rôle de Chocolat et à James Thierrée celui de Foottit, est un coup de génie) et, d’autre part, les reconstitutions d’époque (rues de Paris, costumes, lieux…) J’avais déjà beaucoup apprécié Omar Sy dans Intouchables qui reste pour moi son succès majeur, les autres rôles interprétés depuis ne lui ayant pas donné l’occasion d’exprimer son talent (j’ai été déçu par sa prestation dans A vif). Quant à James Thierrée, je l’avais trouvé impressionnant de vérité dans le rôle de Taloche, le gitan fou, dans le beau film Liberté de Toni Gatlif. Malgré ses distorsions avec la réalité, Chocolat n’en est pas moins un beau film, avec des moments drolatiques et d’autres extrêmement émouvants, qui aborde des sujets graves comme la colonisation, l’esclavage et le racisme.