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samedi 30 mars 2024

LA PESTE minisérie de France 2 (FR-BE 2024)

 

La Peste est une mini-série télévisée franco-belge en quatre épisodes, réalisée par Antoine Garceau sur un scénario de Gilles Taurand et Georges-Marc Benamou, et diffusée pour la première fois en France depuis le 4 mars 2024 sur France 2. Cette dystopie, adaptation du roman d'Albert Camus paru en 1947, est une coproduction de Siècle Productions et de la société belge Umedia, réalisée avec la participation de France Télévisions, en association avec Ufund et avec le soutien du Tax shelter du gouvernement fédéral de Belgique, de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, du département des Alpes-Maritimes, de la Ville de Nice et de la métropole d'Aix-Marseille-Provence.

Résumé

La série est censée se dérouler dans une ville côtière du sud de la France (Nice ou Marseille) en 2030. Nous sommes en été. Les estivants sont agglutinés sur le sable et profitent du soleil et de la mer lorsqu’un rat parcourt la plage, effrayant les gens qui s’enfuient. Un plagiste tente en vain d’arrêter la course de l’animal mais c’est finalement un chien qui l’interceptera.

De plus en plus de rats morts sont signalés un peu partout dans la ville, en proie à la canicule et à la grève des éboueurs.

Le cabinet du Dr. Bernard Rieux (Frédéric Pierrot) ne désemplit pas de malades atteints d’une forme inconnue de pneumopathie qui sont dirigés vers l’hôpital de la ville qui, devant l’affflux de malades, ne parvient pas à faire face.

Les chercheurs, le professeur Castel (François Marthouret) et son élève Laurence Molinier (Sofia Essaïdi) alertent les autorités, le maire Pierre Cariou (Bruno Raffaelli), en tête, qui minimisent les faits et, au lieu de prendre les décisions sanitaires qui s’imposent, préfèrent augmenter la surveillance et la lutte contre les opposants.

Sylvain Rambert (Hugo Becker), un journaliste, venu de la « capitale » (on ne parle pas de Paris), essaie, tant bien que mal, de comprendre ce qui se passe et est la cible de l’équipe mafieuse du maire qui cherche à le faire taire.

Finalement, les chercheurs comprennent qu’ils ont affaire à une épidémie de peste mais les choses que plus personne ne peut gérer la situation et la seule solution que trouvent les autorités est de déclarer le blocus de la ville.

Autour de la série

Cette dystopie est une adaptation libre du célèbre roman d'Albert Camus, un des cinq livres les plus lus au monde, mais, selon Hugo Becker, qui joue le rôle du journaliste, il ne s'agit pas d'une transposition classique : « Il y a des personnages tirés du roman, avec les mêmes problématiques, les mêmes dilemmes, mais reproduire et faire exactement la même chose que dans le passé n'aurait pas eu grand intérêt. Ça a déjà été très bien fait, et avec les événements récents comme le Covid, c'est très intéressant de se positionner dans de l'anticipation, car la série se déroule en 2029, c'est tout à fait possible, et ça nous parle à tous après ce qu'on a connu ces dernières années avec le Covid et le confinement ». « La Peste, c'est une métaphore, une parabole, qui permet d'aborder de multiples sujets, comme le totalitarisme, le racisme, la télésurveillance, le contrôle de plus en plus présent » explique l'acteur lors d'une interview réalisée au festival Canneseries.

Le scénariste et producteur Georges-Marc Benamou ajoute : « Nous avons fait le choix d'une dystopie pour nous éloigner de l'œuvre. Celui de créer des personnages importants qui n'existaient pas, notamment des femmes, rares dans La Peste ». « On ne voulait pas que ça ressemble au Covid. L'idée c'est donc d'installer la série après l'épidémie de Covid. Il fallait garder l'authenticité du message de ce livre (…), et en même temps croiser des préoccupations contemporaines comme les épidémies, le fascisme contemporain, le totalitarisme, la télésurveillance. Le symbole de La Peste de Camus c'est l'intolérance, la haine, la dispute plutôt que la parole. C'était les années noires et un certain fascisme. On a voulu essayer avec Gilles Taurand de retranscrire cela dans la modernité d'une série. Et tout ça avec l'appui de Catherine Camus, la fille de Camus, qui adore les séries et aime les prises de risque ». Pour lui, La Peste de Camus est une inspiration folle : « Le livre est tellement incroyable, tellement visionnaire qu'il avait tout vu ».

Mon opinion

J’ai vu cette série en replay sur la plateforme France.TV. On sait que le roman de Camus, homme de gauche est à prendre au sens symbolique, l’auteur ayant fait de la peste l’allégorie de tous les totalitarismes contre lesquels il se battit toute sa vie. J’avais beaucoup aimé l’adaptation qu’en avait fait Luis Puenzo dans son film La peste (The plague), introuvable depuis sa sortie en 1992, avec la superbe bande son de Vangelis. J’ai appris qu’une autre adaptation plus récente (2010), intitulée La Cité (titre original : The city of shadows), avait été réalisée depuis par le cinéaste québécois Kim Nguyen mais je ne l’ai pas vue. Il n’y a donc rien de blâmable à ce qu’une nouvelle adaptation libre en soit fait car ce livre est universel et peut être lu à plusieurs niveaux.

J’ai bien aimé l’interprétation très sobre de Frédéric Pierrot ainsi que celle d’Hugo Becker (déjà vu et apprécié dans le remake français de l’excellentissime série américaine This is us, Je te promets     

   

lundi 6 février 2023

NOSTALGIA film de Mario MARTONE (IT-FR 2022 - sorti en 2023)

Nostalgia est un film dramatique italien écrit et réalisé par Mario Martone et sorti en 2022. Il basé sur le roman éponyme d’Ermmano Rea paru en 2016. Le film est sélectionné en compétition officielle au festival de Cannes 2022.

Présentation

Après une longue absence, Felice Lasco (Pierfrancesco Favino) revient dans sa ville natale de Naples, dans le quartier Sanità, où vit encore sa mère. Il a quitté Le Caire, où il a fait fortune et vit avec son épouse médecin, Arlette (Sofia Essaïdi) pour voir sa mère qu’il n’a pas revue depuis 40 ans. Lorsqu’il arrive, il s’attend à la trouver dans leur appartement de famille mais elle vit désormais dans un tout petit appartement, à la limite du taudis, au rez-de-chaussée de l’immeuble. Il s’occupe de la reloger dans un appartement plus agréable jusqu’à son décès. On pense alors que Felice (Feli’) va retourner au Caire mais, pris pas ses souvenirs, il veut retrouver son ami d’enfance, Oreste, avec lequel il partage un lourd secret.


Mais Oreste est devenu le chef mafieux du quartier et, malgré toutes les mises en garde qui lui sont faites, en particulier par Don Luigi, (Francesco Di Leva), le prêtre engagé qui lutte pour permettre aux jeunes du quartier de s’affranchir de l’emprise de la mafia, il s’entête jusqu’à ce qu’il rencontre Oreste, devenu « il Malommo » (Tomaso Ragno), un homme que tout le monde craint.

L’entrevue a lieu et on pense qu’Oreste et Feli’ ont fait la paix mais c’est mal connaître Oreste, tellement englué dans le mal, qu’il ne peut pardonner…

Mon opinion   

Ce film présente Naples comme aucun touriste ne la verra jamais, avec ses ruelles populaires, ses immeubles délabrés, ses ordures entassées dans les recoins incessamment déchirée par les pétarades des vélomoteurs et des voitures, une sorte de labyrinthe impensable où la police ne met pas les pieds, préférant surveiller les courageuses harangues du génial prêtre de la paroisse contre la mafia. Malgré cette laideur de la ville, on se prend à l’aimer, ou du moins à aimer sa population, sa cordialité, sa joie de vivre, sa volonté de s’en sortir, malgré la peur qui rode en permanence sur ceux qui voudraient relever la tête. Formidable peinture d’un monde dont on sait qu’il existe mais que l’on ignore. De très belles scènes, comme le moment émouvant où Feli’ prend dans ses bras sa mère quasi mourante pour lui donner son bain, magnifiques images de cette jeunesse oubliant tout pour danser, en toute fraternité, sur la musique arabe apportée par Féli’ d’Egypte, scènes d’amitié et de complicité entre Feli’ (Emanuele Palumbo) et Oreste (Artem) à 15 ans quand ils vont se baigner nus dans la mer. On espère que leur amitié aura survécu à ces 40 ans de séparation, jusqu’à la fin brutale à laquelle, malgré tout, on s’attendait. Curieusement, el malgré cette fin tragique, le film nous laisse une impression positive car il est marqué par les forces de vie dont on espère qu’elles triompheront un jour de celles de la mort. On en arrive même à plaindre le coupable, dont on comprend qu’ayant construit sa vie sur le mensonge et la souffrance, il est victime de ce qu’il a bâti.    
   

lundi 17 octobre 2022

LES COMBATTANTES Mini-série française (FR-BE 2022)


Les Combattantes est une mini-série télévisée historique franco-belge en 8 épisodes de 52 minutes créée par Camille Treiner et Cécile Lorne, et diffusée en France sur TF1 à partir du 19 septembre 2022.

La série est une coproduction de Quad Drama (Iris Bucher), TF1, AT-Production et la RTBF (télévision belge), en partenariat avec Netflix. Elle est soutenue par Pictanovo, la région Grand Est, la région Hauts-de-France, le conseil départemental des Vosges et la communauté d'agglomération d'Épinal.

On y retrouve la productrice (Iris Bucher), le réalisateur (Alexandre Laurent), le chef décorateur (Hervé Gallet) et les actrices principales de la série Le Bazar de la Charité (Audrey Fleurot, Julie de Bona et Camille Lou, ainsi que Sofia Essaïdi.

Résumé

La série suit le destin de quatre femmes durant la Première Guerre mondiale : une religieuse (Julie de Bona : mère supérieure Agnès), une infirmière féministe (Camille Lou, dans le rôle de Suzanne Faure), une prostituée (Audrey Fleurot dans le rôle de Marguerite de Lancasterel), une veuve devenue patronne d'usine (Sofia Essaïdi, dans le rôle de Caroline Dewitt).

L’action se passe en septembre 1914, dans les Vosges. Suzanne Faure, infirmière à l'hôpital de la Salpêtrière à Paris fuit la police pour avoir pratiqué des avortements clandestins. Partie en direction de la Suisse avec l’aide de la passeuse Jeanne Charrier (Romane Portail), elles sont interceptées par le policier Louis Compoing (Norman Morgenstztern), qui est aussi le mari de la femme avortée. Lors de l’interception, Jeanne Charrier est grièvement blessée et les deux jeunes femmes se réfugient dans une ferme qui ne tardera pas à être attaquée par les Allemands qui massacrent ses occupants.  Suzanne Faure, partie chercher des médicaments dans le village de St. Paulin, est épargnée et, lorsqu’elle revient, elle se fait passer pour Jeanne Charrier. Elle commence à travailler comme infirmière au côté de Joseph Duvernet (Tom Leeb), le médecin militaire qui officie à l’hôpital de fortune installé dans le couvent de Saint-Paulin dirigé par mère Agnès.

Face à tant de souffrances, Mère Agnès sent sa foi vaciller, d’autant qu’elle tombe amoureuse d’un jeune soldat trouvé nu dans les bois qui s’avère être un déserteur allemand.

Marguerite de Lancastel (Audrey Fleurot), une prostituée venue de Paris pour retrouver Colin de Renier (Maxence Danet-Fauvel), le fils qu’elle a abandonné, devenu soldat, se fait embaucher au bordel de Saint-Paulin, tenu par Marcel Dumont (Yannick Choirat) et sa sœur Yvonne.

Par ailleurs, Victor Dewitt (Lionel Erdogan), propriétaire d'une usine de camions, est appelé sous les drapeaux et confie la gestion de l’entreprise à son épouse Caroline (Sofia Essaïdi), ancienne prostituée et amie de Marguerite.

Mon opinion

La série ne cache rien des horreurs de ce conflit (équipements inadaptés face à l’utilisation des gaz de combat, exécutions pour l’exemple, amputations à vif, incompétence des politiques et des militaires de haut rang, etc.) qui fut une boucherie sans nom et laissa le pays exsangue. Très belle série, impeccablement réalisée, qui fait peut-être un peu trop la part belle au romanesque et aux rebondissements, mais fait néanmoins passer une idée : le rôle de ces femmes courageuses qui ont joué un rôle méconnu dans la première guerre mondiale : infirmières, ambulancières, chefs d’entreprises, trop souvent passé sous silence.