Ce blog est consacré au cinéma et aux séries TV. J'y traite principalement des films et des séries que j'aime mais je me réserve aussi le droit d'en critiquer certains.
En 2019, après avoir vu L’affaire
Pasolini (en italien : La Macchinazione, autrement dit, « la
machination »), de David Grieco (2016), j’avais fait un commentaire de ce film qui évoquait la
possible responsabilité des politiques et de la mafia italienne dans l’assassinat,
en 1975, du cinéaste, sur une plage d’Ostie. Le film s’appuyait sur la thèse de
deux journalistes italiens, Carla Benedetti et Giovanni Giovannetti.
Après la mort de Pasolini, l’enquête, bâclée, avait conclu à une affaire de mœurs
mais n’avait jamais convaincu personne.
J’apprends aujourd’hui par France
info que l’enquête sur la mort du cinéaste a été réouverte par la Commission
antimafia de la nouvelle législature. Une avancée essentielle, selon la
journaliste d'investigation Simona Zecchi, auteure de deux livres sur le
meurtre de Pasolini : "Un organisme parlementaire avec presqu'autant de
pouvoir que la justice écrit noir sur blanc qu'avec les nouveaux éléments
qu'elle a en main, on peut parler de 'piège'. Que les politiques disent cela,
c'est particulièrement important !"
La commission antimafia va sans
doute poursuivre ses investigations, tandis qu'un avocat de la famille Pasolini
demande la réouverture de l'enquête. Un autre avocat des parties civiles à
l'époque du procès, Guido Calvi, estime, lui, que cela permettrait, peut-être
pas de savoir qui a tué Pasolini, mais au moins pourquoi. "Je soutiens
depuis toujours qu'il s'agit d'un meurtre politique, dans le plus haut sens du
terme, pas d'un parti politique. On a tué un homme, un dissident, qui ne devait
plus écrire ni parler. Il avait lui-même écrit : 'Je sais, mais je n'ai pas de
preuve.'"
Le subversif Pasolini dénonçait
en effet les compromissions des politiques au pouvoir, la démocratie
chrétienne, avec les néofascistes, responsables selon lui des attentats des
années de plomb. Il savait, et il en est peut-être mort.
Nostalgia est un
film dramatique italien écrit et réalisé par Mario Martone et sorti en
2022. Il basé sur le roman éponyme d’Ermmano Rea paru en 2016. Le film
est sélectionné en compétition officielle au festival de Cannes 2022.
Présentation
Après une longue absence, Felice Lasco
(Pierfrancesco Favino) revient dans sa ville natale de Naples, dans le
quartier Sanità, où vit encore sa mère. Il a quitté Le Caire, où il a fait fortune
et vit avec son épouse médecin, Arlette (Sofia Essaïdi) pour voir sa
mère qu’il n’a pas revue depuis 40 ans. Lorsqu’il arrive, il s’attend à la
trouver dans leur appartement de famille mais elle vit désormais dans un tout
petit appartement, à la limite du taudis, au rez-de-chaussée de l’immeuble. Il
s’occupe de la reloger dans un appartement plus agréable jusqu’à son décès. On
pense alors que Felice (Feli’) va retourner au Caire mais, pris pas ses
souvenirs, il veut retrouver son ami d’enfance, Oreste, avec lequel il partage un
lourd secret.
Mais Oreste est devenu le chef mafieux du quartier et, malgré toutes les mises
en garde qui lui sont faites, en particulier par Don Luigi, (Francesco Di
Leva), le prêtre engagé qui lutte pour permettre aux jeunes du quartier de
s’affranchir de l’emprise de la mafia, il s’entête jusqu’à ce qu’il rencontre
Oreste, devenu « il Malommo » (Tomaso Ragno), un homme que
tout le monde craint.
L’entrevue a lieu et on pense qu’Oreste
et Feli’ ont fait la paix mais c’est mal connaître Oreste, tellement englué
dans le mal, qu’il ne peut pardonner…
Mon opinion
Ce film présente Naples comme aucun touriste ne la
verra jamais, avec ses ruelles populaires, ses immeubles délabrés, ses ordures
entassées dans les recoins incessamment déchirée par les pétarades des
vélomoteurs et des voitures, une sorte de labyrinthe impensable où la police ne
met pas les pieds, préférant surveiller les courageuses harangues du génial prêtre
de la paroisse contre la mafia. Malgré cette laideur de la ville, on se prend à
l’aimer, ou du moins à aimer sa population, sa cordialité, sa joie de vivre, sa
volonté de s’en sortir, malgré la peur qui rode en permanence sur ceux qui
voudraient relever la tête. Formidable peinture d’un monde dont on sait qu’il
existe mais que l’on ignore. De très belles scènes, comme le moment émouvant où
Feli’ prend dans ses bras sa mère quasi mourante pour lui donner son bain,
magnifiques images de cette jeunesse oubliant tout pour danser, en toute
fraternité, sur la musique arabe apportée par Féli’ d’Egypte, scènes d’amitié et
de complicité entre Feli’ (Emanuele Palumbo) et Oreste (Artem) à
15 ans quand ils vont se baigner nus dans la mer. On espère que leur amitié
aura survécu à ces 40 ans de séparation, jusqu’à la fin brutale à laquelle,
malgré tout, on s’attendait. Curieusement, el malgré cette fin tragique, le
film nous laisse une impression positive car il est marqué par les forces de
vie dont on espère qu’elles triompheront un jour de celles de la mort. On en
arrive même à plaindre le coupable, dont on comprend qu’ayant construit sa vie
sur le mensonge et la souffrance, il est victime de ce qu’il a bâti.
District 9 est un
film de science-fiction américano-canado-néo-zélando-sud-africain coécrit et
réalisé par Neill Blomkamp, sorti en 2009. Le film est basé sur Alive
in Joburg, un court métrage produit par Neill Blomkamp, Sharlto
Copley, Simon Hansen et Shanon Worley.
Résumé
Le film est censé se dérouler en
2002 à Johannesburg (Afrique du Sud) : 28 ans auparavant, un énorme
vaisseau extraterrestre est apparu au-dessus de la ville et n’en a plus bougé.
Dans un premier temps, les humains ont craint qu’il soit une menace mais,
voyant que rien ne bougeait, ils ont décidé d’en forcer les portes. Ce qu’ils
ont trouvé les a laissés pantois : un million d’extra-terrestres dénutris,
malades, y étaient entassés. Ils décidèrent alors de les évacuer au sol et de les
installer dans un camp provisoire dans la banlieue de la ville. Des années après
la situation s’est dégradée et le camp est devenu un « ghetto » livré au trafic
d’une mafia, les "Nigérians", qui exploitent les Extra-terrestres, que l’on nomme
par dérision « shrimps » (crevettes), en leur vendant à prix d’or, de la
nourriture pour chats.
Débordées, les autorités se
déchargent alors de la gestion du camp à une firme, la Multi-National United
(MNU) dont le but, sous couvert humanitaire, est de s’approprier les armes extraterrestres.
Or, celles-ci, surpuissantes, sont inopérantes entre les mains des humains et
ne fonctionnent qu’en présente d’ADN alien.
Le directeur de la MNU, nomme son
gendre, Wikus Van de Merwe (Sharlto Copley), un agent pas très futé, pour superviser l'évacuation
des extraterrestres vers un autre camp. Celui-ci, en visitant l’une des cabanes
où vivent les « Crevettes », manipule imprudemment un mystérieux
artefact alien qui lui explose au visage en répandant un gaz qu’il inhale. Peu
après il commence à se transformer en alien. Transporté à l’hôpital, il
comprend que, sous prétexte de le soigner, le MNU veut faire de lui un cobaye
dans le but d’utiliser la technologie extraterrestre. Il parvient à s’enfuir et
se cache dans le seul endroit où on ne viendra pas le chercher, parmi les
aliens du District 9.
Là, il devient ami avec Christopher,
l’un des aliens, qui, avec l’aide de son fils, construit une navette qui lui
permettra de rejoindre le gigantesque vaisseau-mère toujours immobile au-dessus
de Johannesburg.
Mais, pour activer la navette, il
doit récupérer l’artefact confisqué par le MNU. Ensemble, ils montent une
opération commando pour aller le rechercher.
Grâce à l’artefact, Christopher
parvient à activer la navette et rejoindre le vaisseau-mère, en faisant la
promesse à Wikus, resté sur place afin de tenir en respect les militaires, de
revenir dans trois ans pour le « réparer ».
La dernière image nous montre
Wikus, presqu’entièrement transformé en alien, errer dans le bidonville du
District 9.
Mon opinion
De Neill Blomkamp, j’avais
vu deux autres films plus récents, Elysium (2013) et Chappie
(2015) où l’on retrouve plus ou moins les mêmes thèmes (peut-on parler d’obsessions)
: la transformation de l’homme en machine, une société à deux vitesses
(fortement inspiré de l’apartheid qui a marqué l’histoire de son pays, l’Afrique
du Sud), la toute puissance d’une firme privée qui prend le pas sur le public
(ici, la MNU rappelle furieusement l’ONU), le tout noyé jusqu’à plus soif dans
des scènes d’action passablement répétitives. Des trois films, Chappie
est celui qui m’a paru le plus abouti, même s’il souffre comme les autres, des
mêmes défauts (un scénario qui se résume à une bonne idée de départ, des
dialogues inexistants – c’est encore plus vrai dans District 9 dans lequel les
aliens s’expriment par borborygmes). Ce qui fait l’intérêt de ce film c’est que
les aliens sont présentés, non comme de dangereux envahisseurs, mais comme de
pauvres créatures échouées sur notre terre qui ne demandent que de repartir dans
leur monde. Malgré leur côté monstrueux, ils sont finalement plus « humains »
que notre espèce, surtout lorsqu’elle est représentée par les gens du MNU.
L'Affaire Pasolini
(titre original italien : La macchinazione, littéralement « la
machination ») est un film dramatique franco-italien réalisé par David
Grieco sorti en 2016 en Italie mais projgrammé en France seulement en 2019.
J’ai vu ce film dans le cadre des 21èmesRencontres
des cinémas d’Europe(Aubenas du 16
au 24 novembre 2019).
Présentation
Le film se déroule à Rome, de l’été
à l’automne 1975. Il se termine par l’assassinat, sur une plage d’Ostie, du
réalisateur italien Pier Paolo Pasolini (Massimo Ranieri). Au cours du
film, on suit Pasolini se partageant entre l’écriture de son dernier livre, à
la fois roman et essai politique, Pétrole (titre original italien :
Petrolio) et la production de son film Salò
ou les 120 Journées de Sodome. Petrolio est à la fois un roman et un
essai politique au vitriol contre la bourgeoisie italienne, ses relations avec
la mafia, ainsi que sur la collusion entre intérêts privés et publics qui
gangrènent l’Italie. Il y dévoile les coulisses de la mort de l'industriel
Enrico Mattei, qui aurait pu être assassiné sur l'ordre de son successeur
Eugenio Cefis, Petrolio ne sortira qu’avec de grandes difficultés qu’après
sa mort. Et encore, sans le chapitre le plus accablant « Lumières sur l’ENI[1] »,
que l’on n’a pas retrouvé.
Parallèlement, Pasolini est
engagé dans une relation homosexuelle avec Giuseppe ‘Pino’ Pelosi (Alessandro
Sardelli), un petit malfrat romain. Un soir, les amis de Pelosi volent le
négatif du film Salò et demandent au poète une très grosse somme
d'argent pour le lui rendre. C'était un piège et dans la nuit du 1er au 2
novembre 1975, Pier Paolo Pasolini est littéralement massacré.
Mon opinion sur ce film
Quarante ans après la mort de
Pasolini, le mystère reste entier sur les circonstances de celle-ci et ses
raisons véritables. En effet, la thèse « officielle » de l’affaire de mœurs n’a jamais fait
l’unanimité (le procès a d’ailleurs été ré-ouvert après la rétractation du
supposé assassin en 1985. Le film adopte la thèse des journalistes Carla
Benedetti et Giovanni Giovannetti pour qui Pasolini a été victime d’une
vendetta organisée par la classe politique et exécutée par la mafia sous prétexte d’uneaffaire de mœurs.
Les acteurs, en particulier Massimo
Ranieri, qui incarne Pasolini, sont excellents. La bande son,
empruntée aux Pink Floyd (Atom Heart Mother), est inattendue mais
évoque un oratorio funèbre qui, sans atteindre au grandiose de celle écrite par
Mikis Theodorakis pour Z, donne un caractère intemporel au
film.
Malgré tout, je n’ai pas été
convaincu par ce film qui hésite entre documentaire, thriller, et fiction, en raison d’un scénario confus et d'un montage chaotique, surtout vers la fin du film. On doit
cependant rendre grâce au réalisateur qui est resté très chaste et a évité
toute scène de sexe, nous épargnant aussi des extraits de l’insoutenable Salò
ou les 120 Journées de Sodome à côté desquelles le massacre de Pasolinisur la plage d'Ostiepasserait presque pour un film pour enfants.
[1] ENI (Ente
Nazionali Idrocarburi) est la toute puissante société italienne de l’énergie (l’équivalent
d’EDF/GDF).
Sister Act est une
comédie et un film musical américain d'Emile Ardolino, sorti en 1992. E. Ardolino avait précédemment réalisé un autre film musical célèbre, Dirty Dancing (1987). Il ne put, hélas, pas profiter du succès de Sister Act car il mourut un an après sa sortie, en 1993.
Présentation
L’action commence dans un cabaret
le « Clair de Lune », situé à Reno dans le Nevada. Une chanteuse, Dolores
Van Cartier (Whoopi Goldberg) en est la vedette. Dolores est la compagne
du gérant du cabaret, Vince LaRocca (Harvey Keitel). Un soir, elle assiste
au meurtre d’un homme par Vince. Bravant les menaces de Vince si elle ne tient
pas sa langue, elle va le dénoncer à la police. Le lieutenant Eddie Souther (Bill
Nunn), qui recueille son témoignage, la met à l’abri jusqu’au procès, dans un
couvent de San Francisco avec la complicité de l’évêque et de la Mère
supérieure (Maggie Smith) qui, seule, connaît la vérité. Sous le nom de
Marie-Clarence, Dolores va se faire passer pour une des religieuses. On imagine
combien il sera difficile, pour Dolores, de se plier aux règles strictes du
couvent. La Mère supérieure, consciente de l’atout que représente une
chanteuse, va l’affecter à la chorale. Dolorès, sincèrement passionnée par
cette activité, va alors donner un nouvel élan à ses compagnes, au fil du temps,
en leur apprenant le gospel. L'établissement religieux invitera notamment les
sœurs à une réorchestration musicale de leurs chants et les préparera à donner un
concert de gospel devant le Pape Jean-Paul II.
Mon opinion sur ce film
Bien que le film ait près de 20
ans, il n’a pas pris une ride et on est toujours enthousiasmé par l’extraordinaire
prestation de Whoopi Goldberg et la non moins éblouissante interprétation de
Maggie Smith. Sister Act a eu un succès international mérité, à telle enseigne
qu’il a été suivi, un an plus tard, par Sister Act 2, qui, malgré les mauvaises
critiques et un succès moindre, a tout de même réalisé 100 millions de dollars
de recettes mondiales. La comédie musicale qui en a été tirée à partir de 2006
a été encore plus appréciée et a connu pas moins de 9 adaptations (la dernière,
à Montréal, en 2014). Au-delà de la comédie, qui est très réussie, le film traite
aussi de la criminalité, de la mafia et de la situation des jeunes des
quartiers défavorisés de San Francisco, où il a été tourné.
John Wick est un film
d'action américain réalisé par David
Leitch et Chad Stahelski, sorti
en 2014. Il met en scène Keanu Reeves
dans le rôle-titre.
Résumé
Johnatan « John » Wick (Keanu Reeves) est un ex-tueur à gages retiré
des affaires après qu’il ait épousé Helen. Mais celle-ci vient de mourir d’un
cancer et il se retrouve seul. Peu après l'enterrement, John reçoit un colis
contenant un chiot femelle beagle nommée Daisy et une lettre : il s'agit d'un
cadeau posthume d'Helen pour l'aider à surmonter sa disparition. John s'attache
à Daisy et l'emmène faire un tour à bord de sa Ford Mustang de collection. Alors
qu’il fait le plein trois jeunes mafieux russes l’abordent et l’un d’eux, Iosef,
insiste pour acheter la Mustang. John refuse et répond à l'insulte de Joseph en
russe. Le soir même, les trois jeunes viennent l’agresser chez lui, tuent Daisy
et s’enfuient à bord de la voiture.
Bien que John ait promis à sa
femme qu’il ne reprendrait pas du service, il décide de se venger et d'affronter seul le cartel russe.
Mon opinion
Ce genre de film d’action n’est
généralement pas ma tasse de thé. Si je l’ai regardé, c’est surtout pour la
présence de Keanu Reeves, qui est un
de mes acteurs préférés et ne m’a jamais déçu. Ce serait beaucoup de dire que j’ai
aimé ce que j’ai vu. Bien que je m’attende aux scènes de violence et de baston,
le film en compte beaucoup, beaucoup trop à mon goût, sans beaucoup de substance.
Une fois que l’on sait ça, on n’est pas déçu et l’attention ne se relâche pas
jusqu’à la scène finale, que j’ai trouvée d’autant plus belle que j’adore les
animaux.
Tout l'argent du monde (All the Money in the World) est un
thriller américain réalisé par Ridley
Scott, d’après un scenario de David
Scarpa, sorti en 2017. Le film s’inspire de l'histoire vraie du kidnapping
de John Paul Getty III, survenu à Rome en 1973.
Résumé
En 1973, à Rome, John Paul Getty
III, petit-fils du magnat du pétrole J. Paul Getty, âgé de 16 ans (Charlie Plummer), est kidnappé par la
mafia calabraise qui exige pour sa libération une rançon exorbitante de 17
millions de dollars mais Paul Getty (Christopher
Plummer), « l’homme le plus riche du monde », refuse de payer
malgré son immense fortune.
Abigail ‘Gail ‘ Harris, la
mère du garçon enlevé (Michelle Williams),
va alors s'allier avec un ancien agent de la CIA, Fletcher Chase (Mark Wahlberg) pour tenter de sauver
son fils. Ils vont ainsi essayer de réunir de leur côté la somme demandée par
les ravisseurs.
Pour obliger la famille à payer
la rançon, les kidnappeurs mutilent le garçon et envoient une oreille coupée et
une boucle des cheveux de leur otage à un journal italien comme
avertissement... Devant les images insoutenables que publie la presse
italienne, le grand-père cède enfin et débloque la rançon, non sans avoir posé
des conditions.
Au moment du paiement de la
rançon et alors que les malfaiteurs avaient décidé de tuer leur otage, l’un des
kidnappeurs, Cinquanta (Romain Duris,
épatant), qui l’avait pris en amitié, l’aide à s’enfuir.
La nuit de la libération de Paul
Getty III, le vieux Getty décède seul dans son manoir anglais, serrant contre
lui une Vierge à l’Enfant, un tableau de la Renaissance qu’il venait d’acquérir
plusieurs millions de dollars alors qu’il refusait obstinément de payer la
rançon de son petit-fils.
Par un retournement de l’histoire,
après le décès de Paul Getty, c’est sa belle-fille qui gèrera pour le compte
des ses enfants mineurs la gigantesque fortune de son beau-père. Les œuvres d’art accumulées pendant sa vie
alimenteront ensuite la Fondation J.P. Getty, l’une des plus importantes
collections privées du monde.
Autour du film
A l’origine, le rôle de J.P.
Getty devait être confié à Kevin Spacey,
mais, à l'automne 2017, alors que le film est en phase de postproduction, ce
dernier fait l'objet de nombreuses accusations d'agression et de harcèlement
sexuels en parallèle de l'affaire Harvey Weinstein. Le 9 novembre 2017, alors
que la sortie du film est prévue un mois et demi plus tard, Ridley Scott
annonce qu'il va retourner toutes les scènes dans lesquelles apparait Kevin Spacey, en le remplaçant par Christopher Plummer.
« Lorsque nous avons été informés
de ces terribles allégations, six semaines seulement avant la date de sortie
prévue pour le film, il nous a semblé impensable de faire comme si de rien
n'était. Nous ne pouvions décemment pas faire fi de ces accusations. Lorsque
Ridley et moi avons pris la décision de réattribuer le rôle à Christopher Plummer,
nous avons pu compter sur le soutien total des acteurs et de l'équipe. Nous ne
les remercierons jamais assez pour leur engagement sans faille tout au long du
processus. » Dan Friedkin,
producteur du film.
Mon opinion sur ce film
J’ai hésité à aller voir ce film
car je craignais des scènes de violence (en particulier la scène de l’amputation
de l’oreille du jeune otage). Mais le film vaut vraiment d’être vu. Les acteurs
principaux, que ce soit Michelle Williams, dans le rôle de la mère-courage, Christopher Plummer, dans celui du
vieux et odieux Getty, de Mark Wahlberg,
dans celui de l’agent de la CIA, de Charlie
Plummer, dans celui du jeune J.P. Getty III, et même de Romain Duris, dans celui du bandit au
grand cœur, sont remarquables. Le scenario tient le spectateur en haleine de la
1ère à la dernière image. Les images sont magnifiques. Par son
ambiance très sombre, le film dépasse le simple fait divers et en fait un
thriller réaliste.
Lucy est un film de
science-fiction français écrit et réalisé par Luc Besson, sorti en 2014, avec comme acteurs principaux Scarlett Johansson et Morgan Freeman.
Résumé
Partant du postulat que l'être
humain n'utilise que 10 % des capacités de son cerveau, le film décrit ce qui
arriverait à une jeune étudiante de 25 ans, Lucy, dès lors qu'elle a par
accident absorbé une drogue expérimentale qui décuple ses capacités cérébrales. Lucy fait référence au squelette d'australopithèque femme découvert en 1974 en Ethiopie dans laquelle on a voulu voir l'ancêtre de la race humaine.
Lucy Miller (Scarlett Johansson) n'a rien d'une australopithèque. C'est une jeune femme de son temps vivant à Taipei (Taiwan). Prise
dans un guet-apens, elle se trouve contrainte par la mafia coréenne, de faire la «
mule » pour des trafiquants de drogue qui insèrent un paquet de poudre bleue
dans son ventre, le CPH4, un produit de synthèse expérimental. Lors des coups de
pieds au ventre qu’elle reçoit ensuite d’un de ses gardiens, le paquet se perce et la mystérieuse substance se répand dans son corps. Au lieu d'être tuée, l’absorption massive de cette drogue décuple ses facultés psychiques. Dès lors,
Lucy acquiert un savoir et des pouvoirs illimités, contrôle les ondes,
l'électricité, la matière, le temps, le sommeil, peut changer d'apparence et
acquiert même des pouvoirs télékinétiques et télépathiques.
Ayant vu un reportage sur le professeur Samuel Norman (Morgan Freeman),
spécialiste mondial du cerveau, venu à la Sorbonne pour exposer ses théories révolutionnaires sur les capacités du cerveau, elle prend contact avec lui.
Au fur et à mesure que le film se
déroule, le pourcentage de progression des capacités cérébrales de Lucy
s’affiche à l’écran.
Lucy, qui sait qu’elle n’a plus
que quelques heures à vivre donne rendez-vous au professeur à la Sorbonne à Paris.
S’engage alors une course poursuite entre elle et la mafia coréenne, menée par
son chef sanguinaire, Monsieur Jang, qui a décidé de récupérer la drogue en ne
reculant devant aucune violence ni aucune atrocité.
Trois autres « mules » ont été
chargées de CPH4 à Taipei pour apporter la drogue en Europe. Lucy aide les
forces de police à les retrouver toutes, et à l'issue d'un affrontement contre
les mafieux coréens, elle récupère les trois paquets et se fait injecter la
totalité du produit afin que son cerveau parvienne à 100 % de ses capacités.
Elle se transforme alors en ordinateur humain afin de transmettre au professeur
Norman tout le savoir qu’elle a acquis.
Mon opinion sur ce film
Fin 2014, Lucy est devenu le plus
gros succès du cinéma français à l'étranger avec 53,5 millions d'entrées,
devant Taken 2 (47,8 millions), Le Cinquième Élément (35,7 millions),
également réalisé par Luc Besson et Intouchables(31,9 millions), avec 58,7 millions de billets vendus dans le monde dont 5,2
millions d'entrées en France.
A près d’un demi-siècle de
distance, Luc Besson s’attaque à un
sujet qui rappelle beaucoup 2001, l’odyssée de l’espace du
génial Stanley Kubrick. Mais là où Kubrick avait instille
de la poésie, Besson déploie toute la violence dont il est coutumier (Léon,
Le
cinquième élément…) et dont je suis loin d’être fan. Certes, la
violence qu’il met dans son film – et qui est sans doute pour beaucoup dans le
succès populaire qu’il a rencontré n’est-elle pas totalement gratuite mais, en
ce qui me concerne, je m’en lasse très vite.
Pour moi, le plus intéressant dans ce film, ce sont les passages où le
professeur Norman parle des capacités du cerveau, mais il est sûr que ce n’est
pas ce qu’ont dû apprécier le plus les 53,5 millions de spectateurs qui sont
allés voir le film. Par ailleurs, on retrouve tellement de lieux-communs,
tellement d’invraisemblances, sans compter une fin en queue de poisson (vous me
direz que c’est aussi le cas de 2001) qu’il en perd pour moi tout
intérêt et me le fait classer dans la catégorie "navets à grand spectacle".
La petite Venise, film
italien d'Andrea Segre (2012). Le titre original est "Io sono Li" (Je
suis Li).
Synopsis
A Chiogghia, une île de la lagune
de Venise, une jeune femme, Shun Li, otage de la mafia chinoise, est obligée de
travailler dans un atelier textile puis dans un restaurant italien racheté par
les chinois pour payer son voyage et son permis de travail en Italie. Son fils
de 9 ans, resté dans son pays, est gardé par son père. Le seul objectif de Li est
de parvenir à gagner suffisamment d'argent pour que ses commanditaires
acceptent de faire venir son fils en Italie.
L'histoire se déroule au milieu
de gens simples, des pêcheurs pour la plupart âgés, qui travaillent et vivotent
de leur pêche. Ils se retrouvent dans le restaurant "Il paradiso" et
l'un d'eux, Bepi, dit "le poète", devient ami avec la jeune chinoise
jusqu'à ce que le chef local de la mafia chinoise, trouvant que ce
rapprochement représente un risque pour leur couverture, la mette en demeure de
rompre cette amitié naissante. Shun Li n'a pas le choix et accepte d'être
transférée dans une autre ville où elle travaille dans un atelier textile.
Grâce à cela et au sacrifice d'une jeune fille chinoise rencontrée à Chiogghia,
Shun Li retrouve sa liberté et son fils. Mais, lorsqu'elle revient à Chiogghia
pour revoir Bepi, elle apprend que celui-ci est décédé entre temps.
Mon opinion sur ce film
Rien de glauque dans cette histoire
; ni sexe, ni violence, ni drogue. Le film aborde cependant une réalité peu
connue et qui doit toucher peu ou prou tous les pays occidentaux, quels qu'ils
soient : la lente et sourde progression de la mafia chinoise qui, sous couvert
d'affaires honnêtes, grignote peu à peu des pans entiers de notre économie
déliquescente en transformant ses propres ressortissants en esclaves. Certes
Shun Li n'est pas obligée de se prostituer ni de dealer, certes elle n'est pas
brutalisée, mais elle est néanmoins la victime d’un chantage et d’exploitation.
En réalité, elle est une esclave "légale" et soumise au bon vouloir
d'une hiérarchie dont on ressent qu'elle ne doit pas traiter tous ses
"employés" avec autant de compassion. Personnellement, je ne me
plains pas que le film reste toujours dans ces limites très soft et que, pour
une fois, on nous épargne des scènes de violence tout en nous suggérant qu’elles
existent bel et bien.
On est à Venise, ou du moins tout
près, dans l’une des îles de la lagune, où la vie se déroule plutôt
paisiblement au milieu de gens simples. Les images reflètent cette paix et
cette simplicité, presque trop : c’est la seule critique que je ferai à ce
film. En effet, à certains moments, on se surprend à se demander si l'on ne
voit pas un documentaire plutôt qu'un film mais l'histoire reprend ses droits.
Joli film, attachant,
mélancolique, qui ne parvient cependant pas vraiment à nous émouvoir, bien que
l'on comprenne et que l'on partage les sentiments de ces personnages car ils
manquent un peu d'épaisseur et l'histoire se déroule, sans heurts, sur un
rythme où l'esthétique fait un peu oublier le propos. A ce sujet, je rejoindrais
volontiers la critique des Inrocks qui écrivent : "Un pari ambitieux mais gangrené par un manque cruel de rythme et
par son oscillation incessante entre documentaire et fiction. Dommage car cette
Petite Venise aurait pu être un grand moment de cinéma."
Mon classement : Joli film qui manque un peu de substance. Visible par tous.
Les infiltrés (titre original : « The Departed ») Film policier américain réalisé par MartinScorsese (2006)
Synopsis
Le film, qui est un remake d’un
thriller hongkongais « Infernal affairs », réalisé par Alan Mak et Wai Keung
Lau en 2002, se déroule à aux Etats-Unis, dans le milieu de la pègre irlandaise
de Boston. Celle-ci est dirigée par Francis ‘Frank’ Costello (Jack Nicholson). Pour infiltrer son
gang, la police y introduit une taupe, William ‘Billy’ Costigan Jr (Leonardo DiCaprio). Parallèlement,
Costello introduit son propre sous-marin, en la personne du sergent Colin
Sullivan (Matt Damon), dans les
rangs de la police. Quand les deux clans s’aperçoivent qu’ils sont infiltrés,
ils essaient de démasquer les taupes de la partie adverse. Risquant à tout
instant de voir leur identité découverte, Colin et Billy doivent donner le
change et mener une double vie qui doit leur permettre de tromper leurs
adversaires.
Critique
Après le violentissime Gangs of new York et Aviator, ce film
marque les retrouvailles de LeonardoDiCaprio et de Martin Scorsese.
Le film bénéficie d'une distribution prestigieuse (Leonardo DiCaprio, Matt Damon, Jack Nicholson, Mark Wahlberg, Martin
Sheen, Alec Baldwin, etc.) et a reçu un accueil dithyrambique aussi bien du
public que des milieux professionnels qui l'ont récompensé de pas moins de 5
Oscars. Quant à Mark Wahlberg, qui
joue le rôle du sergent Sean Dignam, il a été nominé pour l’Oscar du meilleur
second rôle.
Le film ne m'a cependant pas
conquis, même si je lui reconnais de nombreuses qualités. Son thème, tout
d'abord, celui de la collusion entre la police et la pègre, a été tellement
souvent traité qu'on ne voit pas l'intérêt, pour un réalisateur du calibre de Scorsese, de faire un énième film sur
la question, d'autant plus qu'il s'agissait d'un remake. Pour moi, ce n’est
qu’un policier de plus, certes, magnifiquement interprété par des acteurs de
grand talent et parfaitement mis en scène, mais qui n'apporte rien. Alors que Gangs
of New York (que je n'ai pas aimé en raison de son étalage de violence
extrême et gratuite) ou que Shutter Islanddont l'atmosphère cauchemardesque se justifie, m'ont laissé un souvenir impérissable, j’ai de
beaucoup préféré Aviator, qui est et reste pour moi l'un des meilleurs films de Scorseseavec l'éblouissante prestation
de DiCaprio dans la peau du
milliardaire fou Howard Hugues. Ou, dans un tout autre registre, le merveilleux Hugo Cabret.
Il s’agit d’une trilogie de
Francis Ford Coppola : Le Parrain n°1 (1972) ; Le Parrain n°2 1974), Le Parrain
n°3 (1990), adaptée du best-seller du même nom de Mario Puzo. L'histoire
s'étale de 1945 à 1955, et se centre sur l'ascension de Michael Corleone (Al
Pacino), qui doit s’imposer face au patriarche Vito Corleone (Marlon Brando).
Mon opinion
Je ne suis pas particulièrement
fan des films de mafia ni de violence mais j’avais vu Le Parrain n°1 avec
Marlon Brando réalisé en 1972. Je ne parlerai pas de ce film culte sur lequel
on a tout dit.
J'ai profité de la rediffusion de
l'intégrale à la TV pour voir les 2° et 3° parties. Dans le second volet,
tourné par le même réalisateur deux ans après, le rôle de Vito avait dû être
confié à Robert De Niro, celui-ci étant moins "gourmand" que Brando
qui exigeait un cachet faramineux suite
au succès du précédent film.
Al Pacino avait incarné Michaël
Corleone, le fils de Vito, dans le 2nd film.
Presque vingt ans séparent le 2nd
et le 3ème film. Al Pacino y incarne toujours Michaël mais un Michaël vieillissant,
presque "rangé des voitures", qui voudrait mettre un terme à la vie
de meurtres et de massacres qu'il a vécue en prenant, à contrecœur, la suite de
son père. Son fils Tony, dont le seul but dans la vie est de devenir chanteur
lyrique, ne veut pas poursuivre ses études d'avocat mais il ne peut pas lâcher
ce que sa famille a bâti, au risque de la voir détruite : Qu'il le veuille ou
non, il doit continuer envers et contre tout à régner sur l'empire construit
par les Corleone aux Etats-Unis.
Après une grave crise
d'hypoglycémie qui le laisse diminué, Michaël revient en Sicile à l'occasion de
la 1ère de son fils Tony sur la scène de l'opéra de Palerme. Les scènes
tournées en Sicile, comme d'ailleurs dans les précédents films, sont
magnifiques. La psychologie complexe des personnages est aussi très fouillée :
on a beau savoir qu'on a affaire à un tueur sans scrupules, on ne peut qu'être
ému par la sincérité des sentiments que montre Michaël lorsqu'il recherche
l'amour de ses enfants.
L'intérêt de ce film réside aussi
dans le rapprochement qui est fait entre les agissements obscurs de la mafia,
la loge P2, le scandale de la faillite de la banque du Vatican et l'assassinat
de Jean-Paul Ier, qui avait annoncé des réformes drastiques dès son élection
comme nouveau pape et dont la mort dans des circonstances plus que suspectes
n'a jamais été élucidée. C'est la seule faiblesse d'un film de n'aborder que
superficiellement un sujet qui aurait mérité d'être approfondi.