Affichage des articles dont le libellé est mafia. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est mafia. Afficher tous les articles

samedi 18 février 2023

L'AFFAIRE PASOLINI (SUITE...)

 


L’affaire Pasolini (suite)

En 2019, après avoir vu L’affaire Pasolini (en italien : La Macchinazione, autrement dit, « la machination »), de David Grieco (2016), j’avais fait un commentaire de ce film qui évoquait la possible responsabilité des politiques et de la mafia italienne dans l’assassinat, en 1975, du cinéaste, sur une plage d’Ostie. Le film s’appuyait sur la thèse de deux journalistes italiens, Carla Benedetti et Giovanni Giovannetti. Après la mort de Pasolini, l’enquête, bâclée, avait conclu à une affaire de mœurs mais n’avait jamais convaincu personne.

J’apprends aujourd’hui par France info que l’enquête sur la mort du cinéaste a été réouverte par la Commission antimafia de la nouvelle législature. Une avancée essentielle, selon la journaliste d'investigation Simona Zecchi, auteure de deux livres sur le meurtre de Pasolini : "Un organisme parlementaire avec presqu'autant de pouvoir que la justice écrit noir sur blanc qu'avec les nouveaux éléments qu'elle a en main, on peut parler de 'piège'. Que les politiques disent cela, c'est particulièrement important !"

La commission antimafia va sans doute poursuivre ses investigations, tandis qu'un avocat de la famille Pasolini demande la réouverture de l'enquête. Un autre avocat des parties civiles à l'époque du procès, Guido Calvi, estime, lui, que cela permettrait, peut-être pas de savoir qui a tué Pasolini, mais au moins pourquoi. "Je soutiens depuis toujours qu'il s'agit d'un meurtre politique, dans le plus haut sens du terme, pas d'un parti politique. On a tué un homme, un dissident, qui ne devait plus écrire ni parler. Il avait lui-même écrit : 'Je sais, mais je n'ai pas de preuve.'"

Le subversif Pasolini dénonçait en effet les compromissions des politiques au pouvoir, la démocratie chrétienne, avec les néofascistes, responsables selon lui des attentats des années de plomb. Il savait, et il en est peut-être mort.

[Infos sur le site de Radio France]

lundi 6 février 2023

NOSTALGIA film de Mario MARTONE (IT-FR 2022 - sorti en 2023)

Nostalgia est un film dramatique italien écrit et réalisé par Mario Martone et sorti en 2022. Il basé sur le roman éponyme d’Ermmano Rea paru en 2016. Le film est sélectionné en compétition officielle au festival de Cannes 2022.

Présentation

Après une longue absence, Felice Lasco (Pierfrancesco Favino) revient dans sa ville natale de Naples, dans le quartier Sanità, où vit encore sa mère. Il a quitté Le Caire, où il a fait fortune et vit avec son épouse médecin, Arlette (Sofia Essaïdi) pour voir sa mère qu’il n’a pas revue depuis 40 ans. Lorsqu’il arrive, il s’attend à la trouver dans leur appartement de famille mais elle vit désormais dans un tout petit appartement, à la limite du taudis, au rez-de-chaussée de l’immeuble. Il s’occupe de la reloger dans un appartement plus agréable jusqu’à son décès. On pense alors que Felice (Feli’) va retourner au Caire mais, pris pas ses souvenirs, il veut retrouver son ami d’enfance, Oreste, avec lequel il partage un lourd secret.


Mais Oreste est devenu le chef mafieux du quartier et, malgré toutes les mises en garde qui lui sont faites, en particulier par Don Luigi, (Francesco Di Leva), le prêtre engagé qui lutte pour permettre aux jeunes du quartier de s’affranchir de l’emprise de la mafia, il s’entête jusqu’à ce qu’il rencontre Oreste, devenu « il Malommo » (Tomaso Ragno), un homme que tout le monde craint.

L’entrevue a lieu et on pense qu’Oreste et Feli’ ont fait la paix mais c’est mal connaître Oreste, tellement englué dans le mal, qu’il ne peut pardonner…

Mon opinion   

Ce film présente Naples comme aucun touriste ne la verra jamais, avec ses ruelles populaires, ses immeubles délabrés, ses ordures entassées dans les recoins incessamment déchirée par les pétarades des vélomoteurs et des voitures, une sorte de labyrinthe impensable où la police ne met pas les pieds, préférant surveiller les courageuses harangues du génial prêtre de la paroisse contre la mafia. Malgré cette laideur de la ville, on se prend à l’aimer, ou du moins à aimer sa population, sa cordialité, sa joie de vivre, sa volonté de s’en sortir, malgré la peur qui rode en permanence sur ceux qui voudraient relever la tête. Formidable peinture d’un monde dont on sait qu’il existe mais que l’on ignore. De très belles scènes, comme le moment émouvant où Feli’ prend dans ses bras sa mère quasi mourante pour lui donner son bain, magnifiques images de cette jeunesse oubliant tout pour danser, en toute fraternité, sur la musique arabe apportée par Féli’ d’Egypte, scènes d’amitié et de complicité entre Feli’ (Emanuele Palumbo) et Oreste (Artem) à 15 ans quand ils vont se baigner nus dans la mer. On espère que leur amitié aura survécu à ces 40 ans de séparation, jusqu’à la fin brutale à laquelle, malgré tout, on s’attendait. Curieusement, el malgré cette fin tragique, le film nous laisse une impression positive car il est marqué par les forces de vie dont on espère qu’elles triompheront un jour de celles de la mort. On en arrive même à plaindre le coupable, dont on comprend qu’ayant construit sa vie sur le mensonge et la souffrance, il est victime de ce qu’il a bâti.    
   

dimanche 24 octobre 2021

DISTRICT 9 Film de science-fiction de Neill BLOMKAMP (2009)

 


District 9 est un film de science-fiction américano-canado-néo-zélando-sud-africain coécrit et réalisé par Neill Blomkamp, sorti en 2009. Le film est basé sur Alive in Joburg, un court métrage produit par Neill Blomkamp, Sharlto Copley, Simon Hansen et Shanon Worley.

Résumé

Le film est censé se dérouler en 2002 à Johannesburg (Afrique du Sud) : 28 ans auparavant, un énorme vaisseau extraterrestre est apparu au-dessus de la ville et n’en a plus bougé. Dans un premier temps, les humains ont craint qu’il soit une menace mais, voyant que rien ne bougeait, ils ont décidé d’en forcer les portes. Ce qu’ils ont trouvé les a laissés pantois : un million d’extra-terrestres dénutris, malades, y étaient entassés. Ils décidèrent alors de les évacuer au sol et de les installer dans un camp provisoire dans la banlieue de la ville. Des années après la situation s’est dégradée et le camp est devenu un « ghetto » livré au trafic d’une mafia, les "Nigérians", qui exploitent les Extra-terrestres, que l’on nomme par dérision « shrimps » (crevettes), en leur vendant à prix d’or, de la nourriture pour chats.  

Débordées, les autorités se déchargent alors de la gestion du camp à une firme, la Multi-National United (MNU) dont le but, sous couvert humanitaire, est de s’approprier les armes extraterrestres. Or, celles-ci, surpuissantes, sont inopérantes entre les mains des humains et ne fonctionnent qu’en présente d’ADN alien.

Le directeur de la MNU, nomme son gendre, Wikus Van de Merwe (Sharlto Copley), un agent pas très futé, pour superviser l'évacuation des extraterrestres vers un autre camp. Celui-ci, en visitant l’une des cabanes où vivent les « Crevettes », manipule imprudemment un mystérieux artefact alien qui lui explose au visage en répandant un gaz qu’il inhale. Peu après il commence à se transformer en alien. Transporté à l’hôpital, il comprend que, sous prétexte de le soigner, le MNU veut faire de lui un cobaye dans le but d’utiliser la technologie extraterrestre. Il parvient à s’enfuir et se cache dans le seul endroit où on ne viendra pas le chercher, parmi les aliens du District 9.

Là, il devient ami avec Christopher, l’un des aliens, qui, avec l’aide de son fils, construit une navette qui lui permettra de rejoindre le gigantesque vaisseau-mère toujours immobile au-dessus de Johannesburg.

Mais, pour activer la navette, il doit récupérer l’artefact confisqué par le MNU. Ensemble, ils montent une opération commando pour aller le rechercher.

Grâce à l’artefact, Christopher parvient à activer la navette et rejoindre le vaisseau-mère, en faisant la promesse à Wikus, resté sur place afin de tenir en respect les militaires, de revenir dans trois ans pour le « réparer ».

La dernière image nous montre Wikus, presqu’entièrement transformé en alien, errer dans le bidonville du District 9.  

Mon opinion

De Neill Blomkamp, j’avais vu deux autres films plus récents, Elysium (2013) et Chappie (2015) où l’on retrouve plus ou moins les mêmes thèmes (peut-on parler d’obsessions) : la transformation de l’homme en machine, une société à deux vitesses (fortement inspiré de l’apartheid qui a marqué l’histoire de son pays, l’Afrique du Sud), la toute puissance d’une firme privée qui prend le pas sur le public (ici, la MNU rappelle furieusement l’ONU), le tout noyé jusqu’à plus soif dans des scènes d’action passablement répétitives. Des trois films, Chappie est celui qui m’a paru le plus abouti, même s’il souffre comme les autres, des mêmes défauts (un scénario qui se résume à une bonne idée de départ, des dialogues inexistants – c’est encore plus vrai dans District 9 dans lequel les aliens s’expriment par borborygmes). Ce qui fait l’intérêt de ce film c’est que les aliens sont présentés, non comme de dangereux envahisseurs, mais comme de pauvres créatures échouées sur notre terre qui ne demandent que de repartir dans leur monde. Malgré leur côté monstrueux, ils sont finalement plus « humains » que notre espèce, surtout lorsqu’elle est représentée par les gens du MNU.

Dans le même esprit, vous pouvez voir : 


lundi 25 novembre 2019

L'AFFAIRE PASOLINI/LA MACCHINAZIONE biopic de David GRIECO (IT/FR 2016)


L'Affaire Pasolini (titre original italien : La macchinazione, littéralement « la machination ») est un film dramatique franco-italien réalisé par David Grieco sorti en 2016 en Italie mais projgrammé en France seulement en 2019. J’ai vu ce film dans le cadre des 21èmes Rencontres des cinémas d’Europe (Aubenas du 16 au 24 novembre 2019).

Présentation

Le film se déroule à Rome, de l’été à l’automne 1975. Il se termine par l’assassinat, sur une plage d’Ostie, du réalisateur italien Pier Paolo Pasolini (Massimo Ranieri). Au cours du film, on suit Pasolini se partageant entre l’écriture de son dernier livre, à la fois roman et essai politique, Pétrole (titre original italien : Petrolio) et la production de son film Salò ou les 120 Journées de Sodome.  Petrolio est à la fois un roman et un essai politique au vitriol contre la bourgeoisie italienne, ses relations avec la mafia, ainsi que sur la collusion entre intérêts privés et publics qui gangrènent l’Italie. Il y dévoile les coulisses de la mort de l'industriel Enrico Mattei, qui aurait pu être assassiné sur l'ordre de son successeur Eugenio Cefis, Petrolio ne sortira qu’avec de grandes difficultés qu’après sa mort. Et encore, sans le chapitre le plus accablant « Lumières sur l’ENI[1] », que l’on n’a pas retrouvé.

Parallèlement, Pasolini est engagé dans une relation homosexuelle avec Giuseppe ‘Pino’ Pelosi (Alessandro Sardelli), un petit malfrat romain. Un soir, les amis de Pelosi volent le négatif du film Salò et demandent au poète une très grosse somme d'argent pour le lui rendre. C'était un piège et dans la nuit du 1er au 2 novembre 1975, Pier Paolo Pasolini est littéralement massacré.

Mon opinion sur ce film

Quarante ans après la mort de Pasolini, le mystère reste entier sur les circonstances de celle-ci et ses raisons véritables. En effet, la thèse « officielle » de l’affaire de mœurs n’a jamais fait l’unanimité (le procès a d’ailleurs été ré-ouvert après la rétractation du supposé assassin en 1985. Le film adopte la thèse des journalistes Carla Benedetti et Giovanni Giovannetti pour qui Pasolini a été victime d’une vendetta organisée par la classe politique et exécutée par la mafia sous prétexte d’une affaire de mœurs. 

Les acteurs, en particulier Massimo Ranieri, qui incarne Pasolini, sont excellents. La bande son, empruntée aux Pink Floyd (Atom Heart Mother), est inattendue mais évoque un oratorio funèbre qui, sans atteindre au grandiose de celle écrite par Mikis Theodorakis pour Z, donne un caractère intemporel au film.

Malgré tout, je n’ai pas été convaincu par ce film qui hésite entre documentaire, thriller, et fiction, en raison d’un scénario confus et d'un montage chaotique, surtout vers la fin du film. On doit cependant rendre grâce au réalisateur qui est resté très chaste et a évité toute scène de sexe, nous épargnant aussi des extraits de l’insoutenable Salò ou les 120 Journées de Sodome à côté desquelles le massacre de Pasolini sur la plage d'Ostie passerait presque pour un film pour enfants.   

    


[1] ENI (Ente Nazionali Idrocarburi) est la toute puissante société italienne de l’énergie (l’équivalent d’EDF/GDF).

A voir dans le même esprit :

jeudi 13 juin 2019

SISTER ACT comédie d'Emile ARDOLINO (USA - 1992)



Sister Act est une comédie et un film musical américain d'Emile Ardolino, sorti en 1992. E. Ardolino avait précédemment réalisé un autre film musical célèbre, Dirty Dancing (1987). Il ne put, hélas, pas profiter du succès de Sister Act car il mourut un an après sa sortie, en 1993. 

Présentation

L’action commence dans un cabaret le « Clair de Lune », situé à Reno dans le Nevada. Une chanteuse, Dolores Van Cartier (Whoopi Goldberg) en est la vedette. Dolores est la compagne du gérant du cabaret, Vince LaRocca (Harvey Keitel). Un soir, elle assiste au meurtre d’un homme par Vince. Bravant les menaces de Vince si elle ne tient pas sa langue, elle va le dénoncer à la police. Le lieutenant Eddie Souther (Bill Nunn), qui recueille son témoignage, la met à l’abri jusqu’au procès, dans un couvent de San Francisco avec la complicité de l’évêque et de la Mère supérieure (Maggie Smith) qui, seule, connaît la vérité. Sous le nom de Marie-Clarence, Dolores va se faire passer pour une des religieuses. On imagine combien il sera difficile, pour Dolores, de se plier aux règles strictes du couvent. La Mère supérieure, consciente de l’atout que représente une chanteuse, va l’affecter à la chorale. Dolorès, sincèrement passionnée par cette activité, va alors donner un nouvel élan à ses compagnes, au fil du temps, en leur apprenant le gospel. L'établissement religieux invitera notamment les sœurs à une réorchestration musicale de leurs chants et les préparera à donner un concert de gospel devant le Pape Jean-Paul II.

Mon opinion sur ce film

Bien que le film ait près de 20 ans, il n’a pas pris une ride et on est toujours enthousiasmé par l’extraordinaire prestation de Whoopi Goldberg et la non moins éblouissante interprétation de Maggie Smith. Sister Act a eu un succès international mérité, à telle enseigne qu’il a été suivi, un an plus tard, par Sister Act 2, qui, malgré les mauvaises critiques et un succès moindre, a tout de même réalisé 100 millions de dollars de recettes mondiales. La comédie musicale qui en a été tirée à partir de 2006 a été encore plus appréciée et a connu pas moins de 9 adaptations (la dernière, à Montréal, en 2014). Au-delà de la comédie, qui est très réussie, le film traite aussi de la criminalité, de la mafia et de la situation des jeunes des quartiers défavorisés de San Francisco, où il a été tourné.      

mercredi 6 mars 2019

JOHN WICK film d'action de D. LEITCH et C. STAHELSKI (USA-2014)


John Wick est un film d'action américain réalisé par David Leitch et Chad Stahelski, sorti en 2014. Il met en scène Keanu Reeves dans le rôle-titre.

Résumé

Johnatan « John » Wick (Keanu Reeves) est un ex-tueur à gages retiré des affaires après qu’il ait épousé Helen. Mais celle-ci vient de mourir d’un cancer et il se retrouve seul. Peu après l'enterrement, John reçoit un colis contenant un chiot femelle beagle nommée Daisy et une lettre : il s'agit d'un cadeau posthume d'Helen pour l'aider à surmonter sa disparition. John s'attache à Daisy et l'emmène faire un tour à bord de sa Ford Mustang de collection. Alors qu’il fait le plein trois jeunes mafieux russes l’abordent et l’un d’eux, Iosef, insiste pour acheter la Mustang. John refuse et répond à l'insulte de Joseph en russe. Le soir même, les trois jeunes viennent l’agresser chez lui, tuent Daisy et s’enfuient à bord de la voiture.

Bien que John ait promis à sa femme qu’il ne reprendrait pas du service, il décide de se venger et d'affronter seul le cartel russe.

Mon opinion

Ce genre de film d’action n’est généralement pas ma tasse de thé. Si je l’ai regardé, c’est surtout pour la présence de Keanu Reeves, qui est un de mes acteurs préférés et ne m’a jamais déçu. Ce serait beaucoup de dire que j’ai aimé ce que j’ai vu. Bien que je m’attende aux scènes de violence et de baston, le film en compte beaucoup, beaucoup trop à mon goût, sans beaucoup de substance. Une fois que l’on sait ça, on n’est pas déçu et l’attention ne se relâche pas jusqu’à la scène finale, que j’ai trouvée d’autant plus belle que j’adore les animaux.

vendredi 19 janvier 2018

TOUT L'ARGENT DU MONDE de Ridley SCOTT (USA-2017)



Tout l'argent du monde (All the Money in the World) est un thriller américain réalisé par Ridley Scott, d’après un scenario de David Scarpa, sorti en 2017. Le film s’inspire de l'histoire vraie du kidnapping de John Paul Getty III, survenu à Rome en 1973.

Résumé

En 1973, à Rome, John Paul Getty III, petit-fils du magnat du pétrole J. Paul Getty, âgé de 16 ans (Charlie Plummer), est kidnappé par la mafia calabraise qui exige pour sa libération une rançon exorbitante de 17 millions de dollars mais Paul Getty (Christopher Plummer), « l’homme le plus riche du monde », refuse de payer malgré son immense fortune.

Abigail ‘Gail ‘ Harris, la mère du garçon enlevé (Michelle Williams), va alors s'allier avec un ancien agent de la CIA, Fletcher Chase (Mark Wahlberg) pour tenter de sauver son fils. Ils vont ainsi essayer de réunir de leur côté la somme demandée par les ravisseurs.

Pour obliger la famille à payer la rançon, les kidnappeurs mutilent le garçon et envoient une oreille coupée et une boucle des cheveux de leur otage à un journal italien comme avertissement... Devant les images insoutenables que publie la presse italienne, le grand-père cède enfin et débloque la rançon, non sans avoir posé des conditions.

Au moment du paiement de la rançon et alors que les malfaiteurs avaient décidé de tuer leur otage, l’un des kidnappeurs, Cinquanta (Romain Duris, épatant), qui l’avait pris en amitié, l’aide à s’enfuir.
La nuit de la libération de Paul Getty III, le vieux Getty décède seul dans son manoir anglais, serrant contre lui une Vierge à l’Enfant, un tableau de la Renaissance qu’il venait d’acquérir plusieurs millions de dollars alors qu’il refusait obstinément de payer la rançon de son petit-fils.  
Par un retournement de l’histoire, après le décès de Paul Getty, c’est sa belle-fille qui gèrera pour le compte des ses enfants mineurs la gigantesque fortune de son beau-père.  Les œuvres d’art accumulées pendant sa vie alimenteront ensuite la Fondation J.P. Getty, l’une des plus importantes collections privées du monde.

Autour du film  

A l’origine, le rôle de J.P. Getty devait être confié à Kevin Spacey, mais, à l'automne 2017, alors que le film est en phase de postproduction, ce dernier fait l'objet de nombreuses accusations d'agression et de harcèlement sexuels en parallèle de l'affaire Harvey Weinstein. Le 9 novembre 2017, alors que la sortie du film est prévue un mois et demi plus tard, Ridley Scott annonce qu'il va retourner toutes les scènes dans lesquelles apparait Kevin Spacey, en le remplaçant par Christopher Plummer.

« Lorsque nous avons été informés de ces terribles allégations, six semaines seulement avant la date de sortie prévue pour le film, il nous a semblé impensable de faire comme si de rien n'était. Nous ne pouvions décemment pas faire fi de ces accusations. Lorsque Ridley et moi avons pris la décision de réattribuer le rôle à Christopher Plummer, nous avons pu compter sur le soutien total des acteurs et de l'équipe. Nous ne les remercierons jamais assez pour leur engagement sans faille tout au long du processus. » Dan Friedkin, producteur du film.

Mon opinion sur ce film


J’ai hésité à aller voir ce film car je craignais des scènes de violence (en particulier la scène de l’amputation de l’oreille du jeune otage). Mais le film vaut vraiment d’être vu. Les acteurs principaux, que ce soit Michelle Williams, dans le rôle de la mère-courage, Christopher Plummer, dans celui du vieux et odieux Getty, de Mark Wahlberg, dans celui de l’agent de la CIA, de Charlie Plummer, dans celui du jeune J.P. Getty III, et même de Romain Duris, dans celui du bandit au grand cœur, sont remarquables. Le scenario tient le spectateur en haleine de la 1ère à la dernière image. Les images sont magnifiques. Par son ambiance très sombre, le film dépasse le simple fait divers et en fait un thriller réaliste.

Dans le même esprit, je vous recommande :

jeudi 2 novembre 2017

LUCY de Luc BESSON (FR-2014)


Lucy est un film de science-fiction français écrit et réalisé par Luc Besson, sorti en 2014, avec comme acteurs principaux Scarlett Johansson et Morgan Freeman.

Résumé

Partant du postulat que l'être humain n'utilise que 10 % des capacités de son cerveau, le film décrit ce qui arriverait à une jeune étudiante de 25 ans, Lucy, dès lors qu'elle a par accident absorbé une drogue expérimentale qui décuple ses capacités cérébrales. Lucy fait référence au squelette d'australopithèque femme découvert en 1974 en Ethiopie dans laquelle on a voulu voir l'ancêtre de la race humaine. 

Lucy Miller (Scarlett Johansson) n'a rien d'une australopithèque. C'est une jeune femme de son temps vivant à Taipei (Taiwan). Prise dans un guet-apens, elle se trouve contrainte par la mafia coréenne, de faire la « mule » pour des trafiquants de drogue qui insèrent un paquet de poudre bleue dans son ventre, le CPH4, un produit de synthèse expérimental. Lors des coups de pieds au ventre qu’elle reçoit ensuite d’un de ses gardiens, le paquet se perce et la mystérieuse substance se répand dans son corps. Au lieu d'être tuée, l’absorption massive de cette drogue décuple ses facultés psychiques. Dès lors, Lucy acquiert un savoir et des pouvoirs illimités, contrôle les ondes, l'électricité, la matière, le temps, le sommeil, peut changer d'apparence et acquiert même des pouvoirs télékinétiques et télépathiques.

Ayant vu un reportage sur le professeur Samuel Norman (Morgan Freeman), spécialiste mondial du cerveau, venu à la Sorbonne pour exposer ses théories révolutionnaires sur les capacités du cerveau, elle prend contact avec lui.

Au fur et à mesure que le film se déroule, le pourcentage de progression des capacités cérébrales de Lucy s’affiche à l’écran.

Lucy, qui sait qu’elle n’a plus que quelques heures à vivre donne rendez-vous au professeur à la Sorbonne à Paris. S’engage alors une course poursuite entre elle et la mafia coréenne, menée par son chef sanguinaire, Monsieur Jang, qui a décidé de récupérer la drogue en ne reculant devant aucune violence ni aucune atrocité.

Trois autres « mules » ont été chargées de CPH4 à Taipei pour apporter la drogue en Europe. Lucy aide les forces de police à les retrouver toutes, et à l'issue d'un affrontement contre les mafieux coréens, elle récupère les trois paquets et se fait injecter la totalité du produit afin que son cerveau parvienne à 100 % de ses capacités. Elle se transforme alors en ordinateur humain afin de transmettre au professeur Norman tout le savoir qu’elle a acquis.

Mon opinion sur ce film

Fin 2014, Lucy est devenu le plus gros succès du cinéma français à l'étranger avec 53,5 millions d'entrées, devant Taken 2 (47,8 millions), Le Cinquième Élément (35,7 millions), également réalisé par Luc Besson et Intouchables(31,9 millions), avec 58,7 millions de billets vendus dans le monde dont 5,2 millions d'entrées en France.


A près d’un demi-siècle de distance, Luc Besson s’attaque à un sujet qui rappelle beaucoup 2001, l’odyssée de l’espace du génial Stanley Kubrick. Mais là où Kubrick avait instille de la poésie, Besson déploie toute la violence dont il est coutumier (Léon, Le cinquième élément…) et dont je suis loin d’être fan. Certes, la violence qu’il met dans son film – et qui est sans doute pour beaucoup dans le succès populaire qu’il a rencontré n’est-elle pas totalement gratuite mais, en ce qui me concerne, je m’en lasse très  vite. Pour moi, le plus intéressant dans ce film, ce sont les passages où le professeur Norman parle des capacités du cerveau, mais il est sûr que ce n’est pas ce qu’ont dû apprécier le plus les 53,5 millions de spectateurs qui sont allés voir le film. Par ailleurs, on retrouve tellement de lieux-communs, tellement d’invraisemblances, sans compter une fin en queue de poisson (vous me direz que c’est aussi le cas de 2001) qu’il en perd pour moi tout intérêt et me le fait classer dans la catégorie "navets à grand spectacle".  

Voyez plutôt :

mardi 19 mai 2015

LA PETITE VENISE film d'Andrea Segre (IT-2012)

 

La petite Venise, film italien d'Andrea Segre (2012). Le titre original est "Io sono Li" (Je suis Li).

Synopsis

A Chiogghia, une île de la lagune de Venise, une jeune femme, Shun Li, otage de la mafia chinoise, est obligée de travailler dans un atelier textile puis dans un restaurant italien racheté par les chinois pour payer son voyage et son permis de travail en Italie. Son fils de 9 ans, resté dans son pays, est gardé par son père. Le seul objectif de Li est de parvenir à gagner suffisamment d'argent pour que ses commanditaires acceptent de faire venir son fils en Italie.

L'histoire se déroule au milieu de gens simples, des pêcheurs pour la plupart âgés, qui travaillent et vivotent de leur pêche. Ils se retrouvent dans le restaurant "Il paradiso" et l'un d'eux, Bepi, dit "le poète", devient ami avec la jeune chinoise jusqu'à ce que le chef local de la mafia chinoise, trouvant que ce rapprochement représente un risque pour leur couverture, la mette en demeure de rompre cette amitié naissante. Shun Li n'a pas le choix et accepte d'être transférée dans une autre ville où elle travaille dans un atelier textile. Grâce à cela et au sacrifice d'une jeune fille chinoise rencontrée à Chiogghia, Shun Li retrouve sa liberté et son fils. Mais, lorsqu'elle revient à Chiogghia pour revoir Bepi, elle apprend que celui-ci est décédé entre temps.

Mon opinion sur ce film

Rien de glauque dans cette histoire ; ni sexe, ni violence, ni drogue. Le film aborde cependant une réalité peu connue et qui doit toucher peu ou prou tous les pays occidentaux, quels qu'ils soient : la lente et sourde progression de la mafia chinoise qui, sous couvert d'affaires honnêtes, grignote peu à peu des pans entiers de notre économie déliquescente en transformant ses propres ressortissants en esclaves. Certes Shun Li n'est pas obligée de se prostituer ni de dealer, certes elle n'est pas brutalisée, mais elle est néanmoins la victime d’un chantage et d’exploitation. En réalité, elle est une esclave "légale" et soumise au bon vouloir d'une hiérarchie dont on ressent qu'elle ne doit pas traiter tous ses "employés" avec autant de compassion. Personnellement, je ne me plains pas que le film reste toujours dans ces limites très soft et que, pour une fois, on nous épargne des scènes de violence tout en nous suggérant qu’elles existent bel et bien.

On est à Venise, ou du moins tout près, dans l’une des îles de la lagune, où la vie se déroule plutôt paisiblement au milieu de gens simples. Les images reflètent cette paix et cette simplicité, presque trop : c’est la seule critique que je ferai à ce film. En effet, à certains moments, on se surprend à se demander si l'on ne voit pas un documentaire plutôt qu'un film mais l'histoire reprend ses droits.
Joli film, attachant, mélancolique, qui ne parvient cependant pas vraiment à nous émouvoir, bien que l'on comprenne et que l'on partage les sentiments de ces personnages car ils manquent un peu d'épaisseur et l'histoire se déroule, sans heurts, sur un rythme où l'esthétique fait un peu oublier le propos. A ce sujet, je rejoindrais volontiers la critique des Inrocks qui écrivent : "Un pari ambitieux mais gangrené par un manque cruel de rythme et par son oscillation incessante entre documentaire et fiction. Dommage car cette Petite Venise aurait pu être un grand moment de cinéma."

Mon classement : Joli film qui manque un peu de substance. Visible par tous.

mercredi 15 octobre 2014

LES INFILTRES de Martin Scorsese (USA-2006)


Les infiltrés (titre original : « The Departed ») Film policier américain réalisé par MartinScorsese (2006)

Synopsis

Le film, qui est un remake d’un thriller hongkongais « Infernal affairs », réalisé par Alan Mak et Wai Keung Lau en 2002, se déroule à aux Etats-Unis, dans le milieu de la pègre irlandaise de Boston. Celle-ci est dirigée par Francis ‘Frank’ Costello (Jack Nicholson). Pour infiltrer son gang, la police y introduit une taupe, William ‘Billy’ Costigan Jr (Leonardo DiCaprio). Parallèlement, Costello introduit son propre sous-marin, en la personne du sergent Colin Sullivan (Matt Damon), dans les rangs de la police. Quand les deux clans s’aperçoivent qu’ils sont infiltrés, ils essaient de démasquer les taupes de la partie adverse. Risquant à tout instant de voir leur identité découverte, Colin et Billy doivent donner le change et mener une double vie qui doit leur permettre de tromper leurs adversaires.

Critique

Après le violentissime  Gangs of new York et Aviator, ce film marque les retrouvailles de LeonardoDiCaprio et de Martin Scorsese. Le film bénéficie d'une distribution prestigieuse (Leonardo DiCaprio, Matt Damon, Jack Nicholson, Mark Wahlberg, Martin Sheen, Alec Baldwin, etc.) et a reçu un accueil dithyrambique aussi bien du public que des milieux professionnels qui l'ont récompensé de pas moins de 5 Oscars. Quant à Mark Wahlberg, qui joue le rôle du sergent Sean Dignam, il a été nominé pour l’Oscar du meilleur second rôle.    

Le film ne m'a cependant pas conquis, même si je lui reconnais de nombreuses qualités. Son thème, tout d'abord, celui de la collusion entre la police et la pègre, a été tellement souvent traité qu'on ne voit pas l'intérêt, pour un réalisateur du calibre de Scorsese, de faire un énième film sur la question, d'autant plus qu'il s'agissait d'un remake. Pour moi, ce n’est qu’un policier de plus, certes, magnifiquement interprété par des acteurs de grand talent et parfaitement mis en scène, mais qui n'apporte rien. Alors que Gangs of New York (que je n'ai pas aimé en raison de son étalage de violence extrême et gratuite) ou que Shutter Island dont l'atmosphère cauchemardesque se justifie, m'ont laissé un souvenir impérissable, j’ai de beaucoup préféré Aviator, qui est et reste pour moi l'un des meilleurs films de Scorsese avec l'éblouissante prestation de DiCaprio dans la peau du milliardaire fou Howard Hugues. Ou, dans un tout autre registre, le merveilleux Hugo Cabret.

jeudi 22 mai 2014

LE PARRAIN de Francis Ford Coppola


Le parrain de Francis Ford Coppola.

Il s’agit d’une trilogie de Francis Ford Coppola : Le Parrain n°1 (1972) ; Le Parrain n°2 1974), Le Parrain n°3 (1990), adaptée du best-seller du même nom de Mario Puzo. L'histoire s'étale de 1945 à 1955, et se centre sur l'ascension de Michael Corleone (Al Pacino), qui doit s’imposer face au patriarche Vito Corleone (Marlon Brando).

Mon opinion

Je ne suis pas particulièrement fan des films de mafia ni de violence mais j’avais vu Le Parrain n°1 avec Marlon Brando réalisé en 1972. Je ne parlerai pas de ce film culte sur lequel on a tout dit.

J'ai profité de la rediffusion de l'intégrale à la TV pour voir les 2° et 3° parties. Dans le second volet, tourné par le même réalisateur deux ans après, le rôle de Vito avait dû être confié à Robert De Niro, celui-ci étant moins "gourmand" que Brando qui exigeait un cachet  faramineux suite au succès du précédent film.

Al Pacino avait incarné Michaël Corleone, le fils de Vito, dans le 2nd film.

Presque vingt ans séparent le 2nd et le 3ème film. Al Pacino y incarne toujours Michaël mais un Michaël vieillissant, presque "rangé des voitures", qui voudrait mettre un terme à la vie de meurtres et de massacres qu'il a vécue en prenant, à contrecœur, la suite de son père. Son fils Tony, dont le seul but dans la vie est de devenir chanteur lyrique, ne veut pas poursuivre ses études d'avocat mais il ne peut pas lâcher ce que sa famille a bâti, au risque de la voir détruite : Qu'il le veuille ou non, il doit continuer envers et contre tout à régner sur l'empire construit par les Corleone aux Etats-Unis.

Après une grave crise d'hypoglycémie qui le laisse diminué, Michaël revient en Sicile à l'occasion de la 1ère de son fils Tony sur la scène de l'opéra de Palerme. Les scènes tournées en Sicile, comme d'ailleurs dans les précédents films, sont magnifiques. La psychologie complexe des personnages est aussi très fouillée : on a beau savoir qu'on a affaire à un tueur sans scrupules, on ne peut qu'être ému par la sincérité des sentiments que montre Michaël lorsqu'il recherche l'amour de ses enfants.

L'intérêt de ce film réside aussi dans le rapprochement qui est fait entre les agissements obscurs de la mafia, la loge P2, le scandale de la faillite de la banque du Vatican et l'assassinat de Jean-Paul Ier, qui avait annoncé des réformes drastiques dès son élection comme nouveau pape et dont la mort dans des circonstances plus que suspectes n'a jamais été élucidée. C'est la seule faiblesse d'un film de n'aborder que superficiellement un sujet qui aurait mérité d'être approfondi.