Films de Scorsese commentés dans ce blog :
Ce blog est consacré au cinéma et aux séries TV. J'y traite principalement des films et des séries que j'aime mais je me réserve aussi le droit d'en critiquer certains.
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mercredi 14 février 2024
vendredi 18 mai 2018
LE LOUP DE WALL STREET de Martin SCORSESE (USA-2016)
Le Loup de Wall Street (The Wolf of Wall Street) est un film
américain réalisé par Martin Scorsese,
sorti en 2013. Le film est inspiré de l'histoire réelle d’un courtier en bourse
du nom de Jordan Belfort (interprété par Leonardo DiCaprio) qui, au cœur de la crise bancaire des années 80, le mènent à la
chute et à une forme de rédemption. Il s'agit du plus gros succès commercial de Martin Scorsese.
Présentation
Dans les années 1980, Jordan
Belfort (Leonardo DiCaprio) entre comme courtier en bourse dans la banque d’affaire
L.F. Rothschild à Wall Street. Peu de temps après son embauche, en octobre
1987, dans le tourbillon de la crise boursière des années 1980, la banque fait faillite et Belfort est licencié comme tout le personnel.
Il est prêt à reprendre n’importe quel travail mais il trouve une offre d’embauche dans une petite compagnie de courtage à Long Island. Il met alors à profit tout
le savoir acquis à Wall Street pour devenir l’un des meilleurs
courtiers de l’entreprise.
Par la suite, Jordan rencontre Donnie Azoff, un homme qui vit dans son immeuble et travaille dans
le secteur des meubles pour enfants. Tous deux s'associent et créent leur propre entreprise de courtage : Stratton Oakmont. Grâce aux gains
gigantesques qu’il accumule, Jordan commence une vie de luxe et de débauche
(drogue, prostituées…) Mais l'entreprise se fait remarquer par le FBI pour ses pratiques illégales.
Après une 1ère arrestation, Jordan
évite la prison s'il s’engage à rentrer dans le droit chemin mais l’addiction est
trop forte et il reprend sa vie de débauche. Quelques années plus tard, Jordan
est arrêté par Patrick Denham, un agent du FBI qui suivait son cas depuis
longtemps. Menacé d'une peine de vingt ans de prison, on lui propose un arrangement s'il coopère
avec le FBI. Mais, après une
violente dispute avec sa femme, celle-ci le quitte en emmenant leurs enfants. Jordan
accepte alors le marché et décide de coopérer. Le FBI arrête
certains employés de Stratton, et l'entreprise est fermée. Lors de son procès,
Jordan est condamné à 36 mois de prison (il n'en fera que 22). À sa sortie de
prison, il commence à donner des conférences où il enseigne les techniques de
vente.
Mon opinion sur ce film
J’ai été très déçu par ce film
que je n’avais pas vu lors de sa sortie. Pourtant certains n’ont pas hésité à le
classer parmi les meilleurs de Martin Scorsese. Mon opinion est toute
différente. Si j’ai trouvé la prestation de DiCaprio éblouissante, comme d’habitude (il n’y a aucun film dans
lequel il m’ait déçu), je ne peux pas en dire autant de la réalisation, d’une
extrême confusion, brouillonne du début à la fin… indigne d'un Scorsese qui nous avait habitué à mieux.
vendredi 22 mai 2015
GANGS OF NEW-YORK de Martin Scorsese (USA-2002)
Gangs of New-York, film historique italo-américain de Martin Scorsesesorti en 2002 avec Leonardo DiCaprio, Cameron Diaz, Daniel Day-Lewis, Liam
Neeson, etc.
Synopsis
Le film commence en 1846 dans le quartier des
Five Points, qui allait devenir le centre de New York. Il nous montre la
véritable guerre de clans à laquelle se livrent les "American
Natives" (la première vague d'immigrants) et les Irlandais catholiques. Le
chef des Natives est Bill "The Butcher" Cutting (Daniel Day-Lewis), un immigrant protestant. Le leader du clan des
Irlandais, connu sous le nom des Dead Rabbits (« Les lapins morts »)
est "Priest" Vallon. Au cours d'une des batailles sanglantes que se
livrent les deux communautés, dans un endroit qui porte bien mal son nom,
Paradise Square, "Priest" Vallon est tué par Bill devant les yeux de
son jeune fils, Amsterdam. Bill "The Butcher" décrète que les Dead
Rabbits seront désormais hors-la-loi à Five Points. Amsterdam est envoyé à
l'orphelinat de Hellgate.
20 ans plus tard, en 1862,
Amsterdam (incarné à partir de là par Leonardo DiCaprio, toujours excellent) ressort de l'orphelinat. Bien décidé à venger la mort de son
père, il revient à Five Points, se rapproche de Bill "The Butcher" et
rassemble en secret les anciens partisans de son père afin de mettre sa
vengeance à exécution, le jour anniversaire de la bataille des Five Points, un
16 février.
Les clans, manipulés par les
politiciens véreux, se forment et se défont au gré des alliances et des
trahisons jusqu'à l'affrontement final entre Bill et Amsterdam.
Mon opinion sur ce film
Le spectateur qui voudra regarder
ce film de bout en bout doit s'attendre à des scènes d’une violence et d'une
cruauté sans nom. Sans doute le film colle-t-il à la réalité de cette époque où
les hommes n'étaient pas des tendres mais était-il besoin de montrer avec une
telle complaisance une telle violence jusqu'à l'écœurement ?
Le bonus joint au DVD est la
seule bonne surprise du film car il apporte, sur cette période, un éclairage
historique très intéressant et très fouillé.
Mon classement
Il m'est difficile d'être objectif. Je n'ai
pas aimé ce film à cause de sa très grande violence mais, si je me place sur un
plan purement cinématographique, je dois reconnaître que c'est un film réussi.
Je le déconseille cependant formellement aux personnes impressionnables ou aux
jeunes enfants (en France, il est d'ailleurs interdit aux moins de 12 ans mais
en ce qui me concerne, je pousserais volontiers l’interdiction aux moins de 15
ans).
mercredi 15 octobre 2014
LES INFILTRES de Martin Scorsese (USA-2006)
Les infiltrés (titre original : « The Departed ») Film policier américain réalisé par MartinScorsese (2006)
Synopsis
Le film, qui est un remake d’un
thriller hongkongais « Infernal affairs », réalisé par Alan Mak et Wai Keung
Lau en 2002, se déroule à aux Etats-Unis, dans le milieu de la pègre irlandaise
de Boston. Celle-ci est dirigée par Francis ‘Frank’ Costello (Jack Nicholson). Pour infiltrer son
gang, la police y introduit une taupe, William ‘Billy’ Costigan Jr (Leonardo DiCaprio). Parallèlement,
Costello introduit son propre sous-marin, en la personne du sergent Colin
Sullivan (Matt Damon), dans les
rangs de la police. Quand les deux clans s’aperçoivent qu’ils sont infiltrés,
ils essaient de démasquer les taupes de la partie adverse. Risquant à tout
instant de voir leur identité découverte, Colin et Billy doivent donner le
change et mener une double vie qui doit leur permettre de tromper leurs
adversaires.
Critique
Après le violentissime Gangs of new York et Aviator, ce film
marque les retrouvailles de LeonardoDiCaprio et de Martin Scorsese.
Le film bénéficie d'une distribution prestigieuse (Leonardo DiCaprio, Matt Damon, Jack Nicholson, Mark Wahlberg, Martin
Sheen, Alec Baldwin, etc.) et a reçu un accueil dithyrambique aussi bien du
public que des milieux professionnels qui l'ont récompensé de pas moins de 5
Oscars. Quant à Mark Wahlberg, qui
joue le rôle du sergent Sean Dignam, il a été nominé pour l’Oscar du meilleur
second rôle.
Le film ne m'a cependant pas
conquis, même si je lui reconnais de nombreuses qualités. Son thème, tout
d'abord, celui de la collusion entre la police et la pègre, a été tellement
souvent traité qu'on ne voit pas l'intérêt, pour un réalisateur du calibre de Scorsese, de faire un énième film sur
la question, d'autant plus qu'il s'agissait d'un remake. Pour moi, ce n’est
qu’un policier de plus, certes, magnifiquement interprété par des acteurs de
grand talent et parfaitement mis en scène, mais qui n'apporte rien. Alors que Gangs
of New York (que je n'ai pas aimé en raison de son étalage de violence
extrême et gratuite) ou que Shutter Island dont l'atmosphère cauchemardesque se justifie, m'ont laissé un souvenir impérissable, j’ai de
beaucoup préféré Aviator, qui est et reste pour moi l'un des meilleurs films de Scorsese avec l'éblouissante prestation
de DiCaprio dans la peau du
milliardaire fou Howard Hugues. Ou, dans un tout autre registre, le merveilleux Hugo Cabret.
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samedi 11 janvier 2014
AVIATOR de Martin SCORSESE (2004)
Aviator est un biopic
americano-allemand inspiré de la vie du milliardaire américain Howard Hugues.
Réalisé par Martin Scorsese avec Leonardo DiCaprio dans le rôle principal, le
film est sorti en 2004.
Synopsis
Le film s'inspire surtout de la
1ère partie de la vie d'Howard Hugues, héritier de l'entreprise créée par son
père, inventeur d'une technique révolutionnaire pour forer des puits de pétrole,
qui l’a rendu richissime. Le rêve du jeune Howard est d'inventer des avions.
Mettant toute la fortune de son père au service de ses idées, prenant des
risques personnels énormes pour réaliser ses projets, risquant à plusieurs
reprises sa propre vie, il parviendra à mettre sur pied Hugues
Aircraft, une entreprise géante qui, des années après la mort de son fondateur,
reste l’une des plus puissantes et des plus innovantes sociétés aéronautiques du
monde, fournisseur attitré de la Nasa et de l'armée américaine.
Tout aussi passionné par le
cinéma que par l’aéronautique, Howard Hugues deviendra aussi le réalisateur de
films d'un coût exorbitant, mettant à profit son inventivité pour mettre au
point une caméra révolutionnaire.
Ce fut aussi un grand séducteur
(toutes les plus grandes stars de l'Hollywood des années 1900, de Katherine
Hepburn à Ava Gardner en passant par
Elizabeth Taylor ont été ses amantes).
A la tête d'une immense fortune,
mais devenu complètement paranoïaque, il finit sa vie complètement isolé au dernier
étage d'un hôtel de Las Vegas, dans un état de détresse physique et morale invraisemblable.
Mégalomane, extravagant et certainement gravement déséquilibré, il n’en continua pas
moins, jusqu’à ses derniers jours, à imposer ses vues à l’armée, aux présidents américains et même à la mafia et à diriger son empire d’une main de fer, par l’entremise des
hommes de confiance dont il s’était entouré.
Mon opinion sur ce
film
Ce film est un chef d’œuvre, parvenant à raconter, au cours
de 3 H qu'on ne voit pas passer, l'incroyable épopée d’un personnage hors du commun. Une fois de
plus, la performance d’acteur de Leonardo DiCaprio est époustouflante et mérite tous les
éloges.
Si vous avez aimé ce
film, je vous conseille aussi :
- The Queen
- The Duchess
- A royal affair
- The Lady
- Arrête-moi si tu peux
- Neverland
- Miss Potter
- The social network
- Le dernier empereur
- Un homme d'exception
- Le discours d'un roi
- Gatsby le Magnifique
samedi 4 janvier 2014
SHUTTER ISLAND de Martin SCORSESE (USA-2010)
Thriller américain de MartinScorsese sorti en février 2010, ce film est l'adaptation du roman du même nom de
Dennis Lehane.
Synopsis
L'histoire se place en 1954.
Edward 'Teddy' Daniels (Leonardo DiCaprio) est un marshall fédéral (policier
fédéral). Accompagné d'un collègue, Chuck Aule (Mark Ruffalo), ils se rendent sur Shutter island, une île isolée dans
la baie de Boston, où s'élève un hôpital psychiatrique réservé aux malades qui
ont commis des crimes particulièrement horribles. Les deux policiers viennent
enquêter sur la disparition mystérieuse d'une patiente-détenue, Rachel Solando,
incarcérée pour avoir noyé ses trois enfants.
Très vite, on se rend compte que
l'histoire est biaisée. Teddy a fait partie des GI qui ont découvert les horreurs
du camp nazi de Dachau. Les images qu'il
y a vues le hantent toujours. Mais il y a eu un autre drame dans sa vie.
Sa femme Dolorès est morte dans l’incendie de leur maison allumé par un
pyromane meurtrier du nom d'Andrew Laeddis. La visite dans cet endroit
sinistre, qui s'apparente à un camp de concentration, n'est pas faite pour
l'aider à retrouver la sérénité.
Au fur et à mesure que le film se
développe, des évènements étranges se produisent. Manipulation mentale ou
réalité, d'enquêteur venu sur l’île en tant que policier, Teddy perd ses
fragiles repères et se retrouve dans le
rôle du patient, livré pieds et poings liés à des médecins pour le moins
inquiétants. On a l’impression d’être dans un cauchemar où tout peut se passer.
Même le spectateur ne sait plus quoi penser : d’abord du côté de Teddy, il
glisse insensiblement dans le camp de ceux qui le croient coupable (ou du moins
fou) : c'est peut-être bien lui qui aurait assassiné sa femme, Rachel, la
meurtrière de leurs trois enfants...
Terrible dilemme pour le spectateur qui ne sait plus que penser, qui
croire, ni où est la vérité et où est la folie ?
Unité de temps, unité de lieu.
Dans ce film, Scorsese fait du Polanski et du meilleur comme on peut le mesurer
dans son dernier film, The Ghost Writer. Ses héros sont prisonniers dans un
double champ clos : l'île, doublement coupée du monde car c'est le propre des
îles, et en outre parce qu'une terrible tempête se déchaîne, empêchant qui que
ce soit de rejoindre la terre ferme et l'hôpital psychiatrique, que l'on
appelle aussi asile d'aliénés, les "aliénés" étant, par définition
"coupés de la société".
Pendant que la tempête s'abat sur
Shutter Island, les choses commencent à se déglinguer pour Teddy et son
collègue. Sont-ils tombés dans un traquenard ourdi par les services spéciaux
dont dépend l'île ? (on est en pleine Guerre froide). Les patients sont-ils les
cobayes de médecins déments qui testent de nouvelles techniques sur eux (Max
Von Sydow est terrifiant dans le rôle d’un médecin dans lequel Teddy pense
reconnaître un ancien nazi mais Ben Kingsley est tout aussi terrifiant en
psychiatre soi-disant "humaniste" qui est peut-être encore pire, sous
ses airs policés, que son confrère)? Que se passe-t-il dans le bloc C... et
pire..., dans le phare désaffecté ?
Mon jugement sur ce film
Difficile de classer ce film dans
un genre particulier : c'est certes un policier, puisque nous avons affaire à
des policiers et des criminels, mais c'est aussi un thriller. C’est aussi et
surtout un film fantastique où les repères des uns et des autres, des
personnages, comme des spectateurs, sont comme vus dans une glace déformante.
Shutter island est un film
inclassable et terrifiant car, lorsque le générique de fin s'inscrit sur
l'écran, on a perdu, comme son héros, toutes les certitudes qu'on croyait avoir
au début. Qui est fou ? Qui est sain d'esprit ? Et pire, où est la vérité ? Où
est le mensonge et la manipulation ? La mise en scène de Scorsese est
terriblement efficace bien que, par moments peut-être, un peu trop
grandiloquente et ses ficelles un peu grosses, ce qui est malheureusement un
des défauts majeurs du cinéma américain. Quant à la musique de Robbie
Robertson, tonitruante et superfétatoire, elle aurait mieux fait de se faire
oublier car, en réalité, le moment le plus glaçant du film est bien celui où l'on
entend la délicate et envoûtante suite n°3 de Bach dans un salon confortable,
avec tapis et cheminée, havre de paix à l'abri de la folie et de la tempête qui
règne tout autour, alors que c'est sans doute là que le destin des héros (ou
des otages ?) se noue et qu'ils sont le plus en danger.
Je reviens un instant sur le jeu
de Leonardo DiCaprio qui, de film en
film, me paraît meilleur. Ici, il n'a plus rien à voir avec le môme au visage
de bébé joufflu qu'il avait dans Titanic. Dans ce film, il apparaît empâté, son teint
est gris, il semble abîmé, vieilli mais il est tout bonnement stupéfiant de
justesse, passant de la certitude absolue du début au doute intégral de la fin,
il nous ferait presque croire à sa folie au risque de nous y entraîner avec lui.
Impressionnant numéro d’acteur auquel on finirait par croire tellement il est
bluffant ! J'ai aussi découvert un acteur
que je ne connaissais pas encore : Mark Ruffalo qui incarne avec brio
l'ami et le collaborateur de Teddy et dont le double visage, par un
retournement inattendu de situation, apparaît à la fin.
Mon classement 4,5/5 Un thriller
glaçant et parfaitement réussi.
Je vous recommande aussi :
- · Paranoiak de D.J. Caruso (2007)
- · The Ghost Writer de Roman Polanski (2010)
- · Memento de Christopher Nolan 2000)
- · La défense Lincoln de Brad Furman (2011)
- · La firme de Sydney Pollack (1993)
mercredi 15 mai 2013
HUGO CABRET (DE MARTIN SCORSESE-2011)
Hugo Cabret est un film
poético-fantastique américain réalisé par Martin Scorsese et sorti en novembre
2011.
Synopsis
L'histoire se situe à Paris dans
les années 30. Hugo Cabret, 13 ans (Asa Butterfield), a perdu son père, horloger (émouvant Jude Law) dans
un incendie. Il a ensuite été recueilli par son oncle Claude, un alcoolique, qui habite sous les toits de la gare Montparnasse dont il a
la charge de remonter les horloges et de veiller à ce qu'elles soient à l'heure. Il a le temps d'enseigner à Hugo son
travail avant qu'il ne se noie dans la Seine. Hugo se retrouve alors seul, ignoré de tout
le monde, chapardant pour survivre aux étals de la gare en évitant de se faire
arrêter par l'effrayant garde (Sacha Baron Cohen) et son chien féroce,
Maximilien.
Pendant le peu de temps libre que lui laissent l'entretien des horloges et la recherche de nourriture pour survivre, Hugo passe tout son temps à essayer
de réparer le seul objet qui lui reste de son père, un automate métallique,
volant les pièces qui lui manquent dans la boutique d'un réparateur de jouets,
Papa Georges (le toujours inquiétant Ben Kingsley).
Un jour, alors qu'il le croit
endormi, celui-ci, qui le surveillait depuis des jours, lui saisit la main et
l'oblige à vider ses poches et à lui rendre tout ce qu'il lui a pris. Dans sa
poche de gauche, Hugo garde un petit carnet rempli de croquis dessinés par son
père qui représentent les rouages de l'automate. C'est son bien le plus
précieux, ce qui le rattache à son père et lui permettra peut-être un jour de
faire fonctionner l'automate dont il est persuadé, à tort ou à raison, qu'il a pour mission de lui transmettre un message de son père. En voyant le carnet, Papa Georges a une réaction
bizarre. Il paraît surpris, mais aussi bouleversé et furieux. Malgré les pleurs
de l'enfant, il lui confisque son cher carnet et menace même de le brûler une
fois de retour chez lui. En attendant, il oblige Hugo à travailler pour lui,
lui faisant réparer des jouets cassés, en commençant par une souris mécanique,
tombée par terre lors de la dispute pour le carnet.
Papa Georges est aussi le tuteur
d'une fillette de l'âge d'Hugo, Isabelle. Celle-ci console Hugo, le convaincant
que son tuteur n'est pas si terrible qu'Hugo le pense et qu'il ne mettra pas la
menace de détruire le carnet à exécution.
En réalité, on découvrira par la
suite que Papa Georges est le fameux réalisateur de cinéma Georges Méliès, que
tout le monde croyait mort. Suite à de mauvaises affaires dans lesquelles l'a
entraîné sa passion pour le cinéma, il s'est ruiné, a vendu ses studios, brûlé
ses décors et détruit ses films et vit chichement de son activité dans la
boutique de réparateurs de jouets.
Mon opinion sur ce film
Les salles d'Aubenas n'étant
malheureusement pas encore équipées en 3D pour la sortie de ce film qui a été
réalisé pour cette nouvelle technique, je n'ai donc pu en apprécier tout ce qu'elle peut apporter lorsqu'elle est bien utilisée et je le regrette.
Cela ne m'a pas empêché de trouver ce film magnifique. C'est un enchantement, totalement inattendu de la part d'un
réalisateur comme Martin Scorsese qui nous a plutôt habitués à la noirceur et la violence. Certes, de la noirceur, il y en a, dans ce film atypique, ne serait-ce que par la situation d'Hugo, laissé seul à lui-même dans un monde dont la dureté est terrible. Mais il y a dans ce film tellement de belles choses et de beaux sentiments que cette noirceur passe, en fin de compte au second plan.
Je suis étonné du peu de publicité qui a été
fait autour de ce film que seul mon instinct (et aujourd'hui, une excellente
critique de Frédéric Strauss dans le Télérama du 14/12/2011 - je considère
comme négligeable la version "contre" de Jacques Morice tant elle
paraît "téléphonée"). J'ai trouvé ce film épatant à tout point de
vue. N'hésitez surtout pas à y aller en famille car, dans ce film, Scorsese a
retrouvé son âme d'enfant (et de cinéaste et amateur de cinéma averti) pour
notre plus grande joie.
Hugo Cabret est adapté d'un roman «
L’invention d’Hugo Cabret » écrit et
illustré par Brian Selznick publié en 2007, qui est devenu, depuis sa sortie,
un best-seller mondial, traduit dans des 10es de langues. L’auteur décrit
lui-même son œuvre comme « n’étant pas exactement un roman, ni un ouvrage
illustré, ni un scénario de film, mais un mélange de tout cela ». Il ne se
figurait pas que Martin Sorsese, plus habitué aux films noirs et
violents (Gangs of New York, Les infiltrés) ou morbides (Shutter Island), se
passionnerait pour ce livre pour enfants au point d’en acheter les droits et de
vouloir l’adapter pour notre plus grand plaisir.
En voyant le film, on comprend
mieux pourquoi Scorsese a été fasciné par le livre car c’est un grand cinéaste
et un vrai amateur de cinéma (c’est cette passion qui l’avait aussi conduit à
s’intéresser à la vie extraordinaire d’Howard Hugues, dont il tira le très beau
biopic Aviator avec le grand Leonardo DiCaprio dans le rôle du milliardaire
fou). Le livre lui-même s’est beaucoup inspiré de la vie du pionnier du cinéma
muet, Georges Méliès, qui fut, avant de réaliser ses premiers films, un
illusionniste de talent, un collectionneur d’automates et un inventeur génial.
On retrouve tout cela et plus encore dans Hugo Cabret, plus de très belles
images du Paris du XIXe siècle, une grande poésie, une esthétique très
travaillée et beaucoup d'émotion. Une réussite qui n'est pas sans rappeler
l'univers de l'injustement méprisé A la croisée des mondes, et vient prendre
agréablement la relève des Harry Potter, Chroniques de Narnia et autres
Eragon.
Distribution
- Hugo Cabret (Asa Butterfield), qui porte entièrement le film sur ses épaules
- Isabelle (Chloë Moretz)
- Le père de Hugo (Jude Law)
- L'inspecteur de la station (Sacha Baron Cohen)
- Papa Georges, Georges Méliès (Ben Kingsley)
- Monsieur Labisse, le libraire (Christopher Lee, le terrifiant magicien blanc du Seigneur des anneaux)
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