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lundi 8 janvier 2024

LES TROIS MOUSQUETAIRES : MILADY Film de cape et d'épées de Martin BOURBOULON (FR-D-E-B 2023)

 


Les Trois Mousquetaires : Milady est un film franco-germano-hispano-belge réalisé par Martin Bourboulon, sorti en 2023. Il fait suite au film Les Trois Mousquetaires : D'Artagnan sorti en début d’année 2023. Il s’agit d’une adaptation très libre du roman du même nom d'Alexandre Dumas qui a déjà été adapté plus de 25 fois entre le cinéma et la télévision, sans compter la comédie musicale (2016).

Présentation

Après d’Artagnan (déjà incarné dans le 1er film par François Civil), ce nouvel opus s’attache à la personnalité de Milady de Winter (Eva Green), personnage imaginaire créé par Alexandre Dumas, intrigante et agent officieux du cardinal de Richelieu (Eric Ruf), ministre de Louis XIII (Louis Garrel). Lorsque le film commence, Constance Bonacieux (Lyna Khoudri), lingère au palais du Louvre, dont d’Artagnan est amoureux, est enlevée pour avoir été témoin du complot monté par Monsieur, Gaston d’Orléans (Julien Frison), frère de Louis XIII, et le comte de Chalais (Patrick Mille) pour détrôner le roi.

D’Artagnan part au secours de Constance, dont il est amoureux, et pour cela doit faire alliance avec la redoutable Milady, ce qui l’entraînera en Angleterre, au palais du duc de Buckingham (Jacob Fortune-Lloyd) pour la libérer.

Mon opinion

Je n’avais pas vu le 1er opus des Trois mousquetaires, version Martin Bourboulon, dont un rappel est fait en début de film. Cela n’est cependant pas suffisant pour rendre ce 2ème opus compréhensible. Certes, les faits historiques eux-mêmes sont d’une extrême complexité et l’œuvre d’Alexandre Dumas, qui invente des personnages fictifs, n’est pas pour les simplifier. En outre, pour embrouiller encore plus le spectateur, rien n’est fait dans le film pour que l’on puisse clairement identifier les protagonistes. On a l’habitude de reconnaître les mousquetaires à leur costume rouge, couleur emblématique du cardinal de Richelieu. Ici, d’Artagnan et ses célèbres compagnons, Aramis (Romain Duris), Porthos (Pio Marmaï) et Athos (Vincent Cassel), ne se différencient pas, par leur habillement, de celui des autres soldats, sales et dépenaillés, engagés dans la guerre. Pas plus que le cardinal que l’on imagine (peut-être à tort), toujours vêtu de rouge par référence à son portrait en pied au siège de La Rochelle peint par Henri-Paul Motte, il est vrai dans une vue d’artiste du XIXe siècle qui peut être trompeuse. Quant au roi Louis XIII, joué avec son dilettantisme habituel par Louis Garrel, il n’est que de très loin ressemblant à l’image autoritaire (surtout dans la 2ème partie de son règne) que nous en ont dressée les historiens mais que n’a pas retenue Alexandre Dumas. Mais, au vu des libertés que prend le réalisateur avec le texte de l’écrivain, il aurait pu aussi bien redonner au roi un peu plus de vigueur. Quant à la mise en scène, elle est terriblement brouillonne, l’image, constamment sombre, donne l’impression que tout est filmé de nuit ou que l’on voit le film à travers des lunettes noires. Même la reconstitution du siège de La Rochelle, dont j’avais entendu dire qu’elle était l’une des réussites du film, m’a laissé sur ma faim : on a beau connaître l’histoire et savoir que les troupes catholiques ont livré un combat avec les protestants occupant la Rochelle et ont repoussé les navires anglais de Lord Buckingham, on a du mal à différencier les uns et les autres et à comprendre de quoi il retourne. La confusion est totale et rien ne reste de ce film que des scènes répétitives de combat qui finissent par lasser. Un seul point positif surnage de ce naufrage, le jeu d’Eva Green qui campe une Milady sulfureuse, insaisissable et imprévisible et malgré tout humaine qu’on adore détester. Pio Marmaï, avec son air de gros ours mal léché, est aussi très bien.    

mercredi 10 août 2022

INNOCENTS (ou THE DREAMERS) de Bernardo BERTOLUCCI (FR-GB-IT 2003)

 


Innocents (Titre original : The Dreamers) est un drame franco-britannico-italien de Bernardo Bertolucci, sorti le 10 décembre 2003 et présenté en première mondiale à la Mostra de Venise en 2003 puis au Festival de Sundance.

Résumé

Le film se déroule à Paris, au moment des évènements de mai 68. Deux étudiants, Isabelle (Eva Green) et son frère jumeau Théo (Louis Garrel), amateurs de cinéma, fréquentent assidument la Cinémathèque française. Lors d’une manifestation de protestation contre le renvoi de son directeur Henri Langlois, ils rencontrent Matthew (Michael Pitt) avec qui ils sympathisent. Matthew, jeune étudiant américain timide, est immédiatement séduit par le côté libre et fantasque de Théo et d’Isabelle. Le duo l'invite, le soir même, à dîner chez eux. La mère des jumeaux (Anna Chancellor) et le père (Robin Renucci), des bourgeois bobos, habitués aux frasques de leurs enfants, accueillent sans discuter cet étranger et ne voient pas à mal à ce que Matthew passe la nuit chez eux. Partant le lendemain matin en vacances, ils laissent la maison à leurs enfants.

Pendant la nuit, en cherchant les toilettes, Matthew ouvre une porte et découvre Théo et Isabelle nus et enlacés. Restés seuls, les trois « innocents » se livrent à des jeux sexuels sous prétexte de répondre à des questions relatives au cinéma. A chaque question sans réponse, il y aura un gage. Ainsi, lorsque Théo ne parvient pas à répondre à la question d’Isabelle sur le film Blonde Venus de Joseph von Sternberg avec Marlène Dietrich (1932), elle l’oblige à se masturber devant eux. A la question suivante, c’est au tour d’Isabelle et de Matthew de ne pas trouver la réponse à la question de Théo (Scarface de Howard Hawks, 1932). En gage, Théo oblige sa sœur de faire l’amour avec le jeune Américain, qui ignore qu’Isabelle est vierge. S’ensuit une scène très crue où Matthew déflore Isabelle sur le sol de la cuisine tandis que Théo, comme s’il n’était pas concerné, fait une omelette. Par la suite, la relation amoureuse entre Matthew et Isabelle s’installe jusqu’à ce que Théo s’enferme dans sa chambre avec une de ses conquêtes, ce qui rend Isabelle folle de jalousie.

Les trois jeunes gens passent ensuite ensemble la nuit sous une tente improvisée dans l’une des pièces de la maison. C’est là que les parents, rentrés à l'improviste, les découvrent, totalement nus et emmêlés. Bien que choqués, ils gardent le silence et repartent discrètement en laissant un chèque pour leur progéniture. Isabelle, à son réveil réalise que leurs parents les ont découverts ainsi et, pendant que les deux garçons sont encore endormis, tente de les asphyxier en ouvrant le gaz. Une fenêtre frappée par un pavé venant de la manifestation qui passe dans la rue les réveille avant qu’il ne soit trop tard et, à la question de Théo encore ensommeillé, Isabelle répond que l’odeur dans la pièce provient des gaz lacrymogènes. Le trio descend alors dans la rue pour se mêler à la manifestation passant sous leurs fenêtres. Pendant que Théo et Isabelle se mêlent aux manifestants et affrontent la police, Matthew part à contre-courant et s'en va.

Mon opinion

Je ne connaissais pas ce film avant sa diffusion sur Arte. De Bernardo Bertolucci j’avais vu en son temps 1900 (Novecento, 1975*), une fresque historique trois heures qui suit deux personnages que tout oppose entre 1901 et fin de la 2nde Guerre mondiale en Emilie-Romagne (région de Bologne). Je me souvenais d’une saga assez violente mais intéressante. J’avais aussi vu Le dernier empereur (1987) vaste fresque sur vie et la déchéance de Pu-Yi, le dernier empereur de Chine, et de Little Buddha (1993) qui m’avaient laissé un bon souvenir. Je savais qu’il était aussi le réalisateur du Dernier tango à Paris – que je n’ai pas vu et n'ai jamais eu envie de voir. Le film avait été au centre d’un énorme scandale lorsqu’il était sorti en 1972 en raison d’une scène de viol entre Marlon Brando et Maria Schneider. Je ne me rappelais pas qu’il avait aussi réalisé Un thé au Sahara (1990) d’après le livre de Paul Bowles que j’ai dû voir mais dont je n’ai aucun souvenir. Pour en revenir à Innocents (ou, selon le titre anglais The Dreamers, guère plus adapté), j‘ai trouvé ces « innocents-là » bien pervers. Les relations incestueuses au cinéma ou dans la littérature ne sont pas nouvelles. Le site Cinétrafic a recensé pas moins de 47 films qui ont traité du sujet, parmi lesquels, des films de grands réalisateurs, comme Le souffle au cœur de Louis Malle, 1971 (qui, lui aussi fit scandale à sa sortie). Mais, dans InnocentsBertolucci ajoute la perversité de ses protagonistes, dont on ne sait qui, de Théo ou d’Isabelle, est le plus pernicieux des deux. La scène où Isabelle tambourine à la porte où son frère fait l’amour à une fille en hurlant sa jalousie, puis tente d’asphyxier tout le monde au gaz, montre combien elle est déséquilibrée (on pense à Béatrice Dalle dans 37°2 le matin). Le seul « innocent » dans l’affaire est le pauvre Matthew, dont on comprend qu’il est aussi amoureux de Théo que d’Isabelle. C’est surtout cette perversité qui m’a gêné ainsi que la scène de masturbation et la violence de celle où Matthew déflore Isabelle sous les yeux de Théo. Heureusement, les trois acteurs ont une plastique parfaite et c’est peut-être là que réside l’innocence. Quant à la soi-disant cinéphilie des personnages, ou des évènements de mai 68, on a la désagréable impression que le réalisateur s’en est servi de faire-valoir pour donner à un scénario, par ailleurs indigent, une dimension sans laquelle le film ne serait rien d’autre qu’un vulgaire porno (ce que, d'ailleurs, laisse à penser l'affiche particulièrement raccoleuse).   

(* A ne pas confondre avec le magnifique film Novecento ou La légende du pianiste sur l'océan de Giuseppe Tornatore, d'après Novecento pianiste d'Alessandro Baricco).

vendredi 17 janvier 2020

LES FILLES DU DR MARCH film de Greta GERWIG (USA-2020)



Les Filles du docteur March est un film dramatique américain écrit et réalisé par Greta Gerwig, sorti en 2020. Il s'agit de la plus récente adaptation du roman Les Quatre Filles du docteur March (Titre original : Little Women) et de sa suite, Le Dr March marie ses filles, de Louisa May Alcott, paru en 1868.

Résumé

L’action commence en Nouvelle-Angleterre en 1861. On est alors en pleine guerre de Sécession. Le Dr. March est parti pour servir d’aumônier sur le front et sa femme est restée seule à Concord (Massachussets) pour s’occuper de ses quatre fille, Joséphine « Jo » (Saoirse Ronan), Margaret « Meg » (Emma Watson), Amy (Florence Pugh) et Elizabeth « Beth » (Eliza Scanlen).
Lors d’une soirée, les deux aînées, Jo et Meg, rencontrent Laurie (Timothée Chalamet), le petit-fils de M. Laurence, leur riche voisin.

Le matin de Noël, Mme March (Laura Dern) persuade ses enfants d'aller offrir leur petit-déjeuner à leur voisine très pauvre Mme Hummel, qui vit dans une masure de planches glaciale avec ses jeunes enfants.

Quand elles rentrent chez elles, elles sont surprises de voir que, pendant leur absence, leur table s’est couverte de victuailles. Elles ont été offertes par M. Laurence dont le petit-fils a vu ce qu’avait fait la famille March pour leur pauvre voisine.

Le même jour, les March reçoivent une lettre de leur père.

On suit ensuite la vie des filles March dont chacune caresse l’idée d’être une écrivaine, pour Jo, un peintre pour Amy et une pianiste pour Beth.

A part Beth, dont la faible constitution ne lui permettra pas de parvenir à l’âge adulte, les filles March finiront toutes par se marier, Meg, au désespoir de tante March (Meryl Streep), qui aurait voulu lui voir épouser un « beau parti », épousant un précepteur, Jonathan « John » Brooke (James Norton), Amy, Laurie, le petit fils de M. Laurence, amoureux éconduit de Jo. Jo, devenue écrivaine célèbre, après avoir longtemps hésité, finira par épouser le Pr. Friedrich Bhaer (Louis Garrel).

Après la mort de Tante March, qui lègue à Jo son immense maison, toutes les sœurs se retrouveront pour fonder une école mixte.

Mon opinion

Sur le plan de l’esthétique, le film est superbe et on ne peut que se laisser porter par la photo de Yorick Le Saux, un français (certaines images évoquent les plus belles scènes de Barry Lyndon), par sa gaieté, par sa magnifique distribution, par ses beaux paysages, par ses somptueux costumes (de Jacqueline Durran) et décors.

Je n’en dirai pas autant sur le plan du scénario, confus même pour ceux qui connaissent le grand classique de Louisa May Alcott, défaut amplifié par un montage désordonné avec pléthore de « flashbacks » dont on ne sait s’ils appartiennent au rêve ou aux souvenirs et s’immiscent sans prévenir dans la réalité. Cela rend difficile, pour le spectateur, la compréhension de l’action.

Sinon, ne boudons pas notre plaisir : ce film, porté par un florilège de morceaux classiques choisis et arrangés par Alexandre Desplat, est un enchantement.

mercredi 16 janvier 2019

L'HOMME FIDÈLE Film de Louis GARREL (FR-2018)

Film vu dans le cadre du Festival Télérama



L'Homme fidèle est un film français réalisé par Louis Garrel, sorti en 2018.

Présentation

Marianne (Laetitia Casta) vit avec Abel (Louis Garrel) mais couche aussi avec son ami Paul. Un jour, elle apprend à Abel qu’elle est enceinte de Paul et va l’épouser. Abel est stupéfait mais ne fait pas d’esclandre et quitte l’appartement commun avec armes et bagages. Plusieurs années se passent sans qu’ils aient de nouveau contact. Jusqu’à ce qu’Abel apprenne la mort subite de Paul et qu’il vienne à son enterrement. Il y retrouve Marianne, qui est maman de Joseph, un garçon de 8 ans (Joseph Engel) et Eve (Lily-Rose Depp), la jeune sœur de Paul. Après quelques hésitations, Abel se remet avec Marianne mais sa présence n’est pas vraiment acceptée par Joseph. Quant à Eve, qui avait toujours été amoureuse d’Abel, elle lui fait des avances.

Mon opinion sur ce film

L’amour à trois fait partie des constantes des films de Louis Garrel. C’était déjà le cas dans Les chansons d’amour ou La belle personne Le thème n’est pas nouveau puisqu’il était déjà au centre de Jules et Jim, le chef d’œuvre de François Truffaut, sorti en 1962. Gageons qu’il sera repris encore et encore par le roman et le cinéma. Louis Garrel est toujours aussi nonchalant (et toujours aussi mal coiffé), il traverse le film comme s'il s'agissait d'un boulevard... Rien ne semble avoir de prise sur lui, à commencer par le temps. Le film est gentillet, à son image, un peu snob, un peu nostalgique... agréable à regarder mais je doute qu’il marque longtemps les spectateurs. Seule la prestation du jeune Joseph Engel, dans un rôle ambigu à souhait, est à remarquer. On l'attend, à l'avenir, dans d’autres rôles.   

dimanche 11 juin 2017

SAINT LAURENT de Bertrand BONELLO (FR-2014)


Saint Laurent est un film biographique français écrit et réalisé par Bertrand Bonello, sur la vie d’Yves Saint Laurent, le célèbre couturier français. Le film de Bonello est sorti en 2014, quelques mois seulement après un autre biopic, consacré à Yves Saint Laurent, par Jalil Lespert (Yves Saint Laurent). Le film de Bonello traite surtout de la période 1967-1976. C’est Gaspard Ulliel qui incarne le créateur.

Bien que le film ait été sélectionné pour représenter la France à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère lors de la 87e cérémonie des Oscars en 2015, il n'a pas été nommé. Par contre, il a été 10 fois nommé aux César du cinéma 2015.

Synopsis

Le film traite principalement de la période 1967-1976, période « sombre » de la vie d'Yves Saint Laurent au cours de laquelle il a traversé des moments de doute professionnel qui sont allés de pair avec des problèmes affectifs, en particulier dus aux relations compliquées qu’il avait avec le dandy Jacques de Bascher alors qu’il partageait déjà sa vie avec Pierre Bergé. Le film se concentre sur ses méthodes de travail, sa rencontre avec ses deux muses, Loulou de la Falaise et Betty Catroux, les excès de ses nuits durant lesquelles le couturier sort beaucoup, mais surtout sur l'isolement quotidien et la pression exercée sur Saint Laurent.

Bonello résume ainsi la ligne directrice du film « Nous n'étions pas intéressés à montrer comment Yves Saint Laurent est devenu un génie. Nous voulions montrer ce que cela lui a coûté chaque jour d'être qui il était, et c'est pourquoi, au début du film, il est déjà une star ».
Le film n’a pas bénéficié de l’aval de Pierre Bergé, à la différence de celui de Lespert, à qui il avait ouvert les archives Saint Laurent. L'époque abordée dans Saint Laurent est moins étendue que dans le film de Lespert qui commence avec son adolescence à Oran.   

Mon opinion sur ce film

Ayant choisi d’aller voir le film de Jalil Lespert un peu par hasard, je n’avais pas vu celui-ci et j’ai profité de son passage à la télévision pour rattraper mon retard. Quelle déception ! J’ai mille fois préféré le film de Lespert, non seulement à cause de sa distribution (à part Gaspard Ulliel), mais surtout pour sa réalisation. A vrai dire, j’ai détesté le film de Bonello, brouillon, tombant constamment dans la facilité et les outrances. Là où Lespert nous présente avec sensibilité un personnage fragile et torturé, en doute permanent, qui arrive à nous émouvoir, Bonello, en appuyant sur ses travers, nous le rend insupportable et souvent à la limite du ridicule. Je ne suis pas loin de penser, comme Pierre Bergé, qui n’a pas autorisé ce film, l'a déclaré, qu’il est « homophobe et méchant ».
En ce qui concerne la distribution, à part Gaspard Ulliel, qui n'est pas moins bon que Pierre Niney, déjà excellent dans le film concurrent, il campe un Yves Saint-Laurent très crédible, mais aucun des autres acteurs n'est à la hauteur : Jérémie Renier campe un Pierre Bergé bien moins réussi que Guillaume Galienne, et Louis Garrel, que j’aime bien par ailleurs, mais dont le défaut est de toujours en faire des tonnes, s'en donne ç coeur joie dans le rôle de Jacques de Bascher. Quant à la distribution des actrices, à part peut-être Léa Seydoux, dans le rôle de Loulou de la Falaise, elles sont interchangeables. Bref, il n’y a pas photo : malgré les critiques qu’on peut lui faire (et il y en a !), le film de Lespert est, sans contestation possible, bien au-dessus que ce dernier. Alors, si vous devez en voir un (car deux biopics c'est beaucoup trop), regardez plutôt le Yves Saint Laurent de Lespert que le pitoyable Saint Laurent de Bonello. Dommage pour Ulliel qui tenait là un de ses meilleurs rôles et qui aurait pu être excellent avec un autre scénario et un autre réalisateur. 

jeudi 28 mai 2015

LA BELLE PERSONNE de Christophe Honoré (FR-2008)




La belle personne est le 7ème film de Christophe Honoré, sorti en 2008, après Dans Paris et Les chansons d'amour et bien avant Les bien-aimés (2011). On y retrouve son acteur fétiche, Louis Garrel, mais aussi Grégoire Leprince-Ringuet ainsi qu'une belle brochette de jeunes et beaux acteurs.

Synopsis

Le film s'inspire très librement de la Princesse de Clèves en replaçant l'intrigue du roman de Mme de La Fayette dans le milieu de lycéens de notre époque.
Junie (Léa Seydoux), qui vient de perdre sa mère, intègre un grand lycée parisien en cours d'année. Elle est hébergée à Paris par son oncle et sa tante et suit les cours de son cousin Matthias (Esteban Carvajal Alegria).  Elle tombe amoureuse d'Otto (Grégoire Leprince-Ringuet), un lycéen de son âge, avant de se laisser séduire par leur professeur d'italien, Nemours, joué par Louis Garrel. Otto, adolescent fragile et discret, ne supportera pas cette trahison et se suicidera en se jetant de la galerie du premier étage du lycée devant ses camarades. Après son suicide, Judie repartira en province. 
On retrouve, dans cette comédie dramatique, les leitmotivs dont Christophe Honoré semble ne pas pouvoir s'affranchir : la beauté trouble des adolescents et leur hésitation quant au choix de leur orientation sexuelle, la nonchalance et le cynisme apparent des personnages, la mort, le tout filmé avec une indolence qui finit par être pesante, d’autant qu’en fond sonore, on retrouve toujours la musique douce-amère d'Alex Beaupain.

Mon opinion sur ce film

Ce film vient après Leschansons d'amour qui reste pour moi, parmi tous les films de Christophe Honoré que j'ai vus à ce jour, le meilleur.

Mon classement : Moins réussi que Les chansons d'amour dont il reprend les thèmes.

DVD : disponible en DVD. 

mardi 26 mai 2015

LES BIEN-AIMES de Christophe Honoré (FR-2011)


Les bien-aimés, film français de Christophe Honoré (2011), présenté en clôture du festival de Cannes 2011.

Synopsis

Le film commence en 1964 à Paris. Madeleine (Ludivine Sagnier) est vendeuse dans un magasin de chaussures. Après un larcin, elle perd son emploi et se retrouve à la rue, se prostituant occasionnellement. Cette activité lui fait rencontrer Jaromil (Radivoje Bukvic) , un séduisant médecin tchèque, dont elle tombe amoureuse, qui l'épouse et l'emmène avec lui à Prague. Elle devient maman d'une petite fille, Véra. Mais les choses ne se passent pas comme elle l'imaginait. Prague est encore sous contrôle communiste et son mari, engagé dans la lutte contre les communistes, passe plus de temps avec les militants et, en séducteur invétéré, dans les bras de jeunes militantes plus jeunes que sa femme, qu'avec elle. Ayant découvert qu'il la trompait, elle quitte Prague envahie par les chars russes, et rejoint Paris avec sa fille.

Dix ans ont passé. Madeleine s'est remariée avec François, un jeune garde républicain, qui a adopté Véra comme sa propre fille mais, de passage à Paris, Jaromil convainc Madeleine de le revoir et ils retombent dans les bras l'un de l'autre. Jaromil insiste même pour qu'elle quitte son mari et retourne vivre avec lui. Madeleine est sur le point de céder mais elle se ravise au dernier moment.

En 1997, Véra, qui est devenue adulte (elle est maintenant interprétée par Chiara Mastroiani), accompagne Clément (Louis Garrel) qui est à la fois son ami et son amant, à Londres pour la promotion de son dernier livre. Dans une boîte, ses yeux croisent celui d'un musicien américain, Henderson (Paul Schneider), et elle quitte Clément pour cet inconnu. Mais Henderson lui apprend qu'il est gay, provoquant la fuite de Véra. Mais, quelques jours après, Henderson rejoint Véra au Centre culturel français où Clément fait la promotion de son livre. En cachette de Clément, ils font l'amour dans les toilettes du centre mais Clément les surprend. Fou furieux de la trahison de Véra, il la chasse de sa vie.

Madeleine (Catherine Deneuve), vit à Reims avec François (très pâle Michel Delpech) mais, lors de chacun de ses passages à Paris, elle rejoint Jaromil. Lors d'une de leurs rencontres, Jaromil est tué dans un accident.

En 1998, Véra, qui ne pense qu'à Henderson le rejoint à Londres où celui-ci lui apprend qu'il est séropositif.

En 2001, Véra a rendez-vous à New-York avec Henderson car elle veut lui demander de lui faire un enfant. Mais, en raison des attentats du 11 septembre, tout vol vers les Etats-Unis est interrompu et son avion atterrit à Montréal où Henderson vient la rejoindre avec son amant du moment. Epuisés les uns et les autres, brisés par les images terribles qui passent en boucle à la télévision, Véra, en pleine dépression vole et avale les médicaments d'Henderson. On la retrouve, trop tard, écroulée dans un coin du bar de l'hôtel.
En 2007, Clément, à la demande de François, vient à Reims pour l'anniversaire de Madeleine qui, depuis la mort de Jaromil et de sa fille, passe par des cycles d'excitation et de déprime. Le jour de son anniversaire, enfermée dans sa chambre, elle refuse d'ouvrir à qui que ce soit, sauf à Clément. Ensemble, ils partent à Paris sur les lieux où elle a rencontré Jaromil et, ensemble, ils évoquent le souvenir de leurs amants respectifs qu'ils n'ont jamais pu oublier.

Mon opinion sur ce film

J'avais adoré les Chansons d'amour pour leur légèreté et la joie de vivre que ce film dégageait malgré les difficultés de l'existence. La mort y était aussi présente puisque Julie (la charmante Ludivine Sagnier), la fiancée d'Ismaël (Louis Garrel), meurt d'un arrêt cardiaque dès le début du film et que le reste est une valse-hésitation de sentiments contrariés entre Ismaël, Erwan et Alice.

Rien de tel dans Les Bien-aîmés, film déprimant où l'égoïsme des passions prime sur celle des sentiments. D'autre part, bien qu'écrites par Alex Beaupain, les chansons qui accompagnent ce film sont moins prenantes, moins bien intégrées au scénario que dans Les chansons d'amour. On a l'impression de quelque chose de beaucoup plus artificiel, de plaqué, que dans le précédent film où la BO faisait partie intégrante des dialogues.

Distribution

Bien entendu, on continue toujours à être séduits par le charme et la fraîcheur de Ludivine Sagnier. Chiara Mastroïani est aussi bien dans son rôle, comme Catherine Deneuve, toujours parfaite mais c’est une fois de plus Louis Garrel, dont la présence magnétique éclipse tous ses camarades et ne peut laisser personne indifférent. Les seconds rôles en sont si complètement insipides (particulièrement Michel Delpech) qu'on les perd complètement de vue. 

Mon classement : Mitigé. Voir plutôt Les chansons d'amour.

DANS PARIS film de Christophe Honoré (FR-2006)


Dans Paris, film français de Christophe Honoré sorti en octobre 2006 (avec Romain Duris, Louis Garrel, Guy Marchand, Marie-France Pisier).

 Synopsis

 Paul (Romain Duris) est en pleine dépression après sa séparation d'avec Anna. Il vient se réfugier chez son père Mirko (Guy Marchand) qui vit seul avec son plus jeune fils, Jonathan (Louis Garrel), encore étudiant. Jonathan, qui aime bien son frère, tente de le sortir de sa dépression en l'entraînant "Dans Paris".

L'action se déroule au cours d'une seule journée où, avec plus ou moins de succès, le père, le frère et la mère (Marie-France Pisier) tenteront d'aider Paul à sortir de sa dépression.

Mon opinion sur ce film 

Toujours sur la bonne impression que m'avait laissé Les chansons d'amour, je suis allé de déception en déception après avoir vu Les bien-aimés puis ce dernier film. Je me suis tellement ennuyé que j'ai bien failli ne pas le regarder jusqu'au bout.

A part dans l'Auberge espagnole, je n'ai jamais beaucoup aimé Romain Duris. Dans ce film, il n'est pas au mieux de sa forme puisqu'il traîne sa dépression, du début à la fin, en peignoir de bains et en caleçon : rien d'appétissant. De quoi donner au spectateur le bourdon !

Seul Louis Garrel, est égal à lui-même : cynique, élégant et déjanté, il sauve à lui seul un film qui ne brille ni par ses dialogues, ni par son montage, plutôt hasardeux, ni même par sa photo de Paris, aussi dépressive que son héros. 

Quant à Alex Beaupain, dont les chansons nostalgiques avaient illustré avec bonheur Les chansons d'amour, je ne retiendrai que le duo chanté au téléphone entre Anna et Paul, qui arrive trop tardivement pour rattraper plus d'une heure d'un ennui mortel. Une autre scène est touchante : celle où les deux frères lisent le livre pour enfants de Solotareff : Loulou et Tom.

Film fade, bancal, sans but, sans rythme, des dialogues verbeux, particulièrement agaçants dans la bouche de Romain Duris qui, comme à son habitude, ne fait aucun effort pour les rendre compréhensibles.

lundi 22 décembre 2014

LES CHANSONS D'AMOUR de Christophe Honoré (FR-2007)


Les chansons d’amour est un  film musical français de Christophe Honoré sorti en 2007.

Avec :

  • ·         Louis Garrel : Ismaël Bénoliel
  • ·         Ludivine Sagnier : Julie Pommeraye
  • ·         Clotilde Hesme : Alice
  • ·         Grégoire Leprince-Ringuet : Erwann
  • ·         Chiara Mastroianni : Jeanne Pommeraye
  • ·         Jean-Marie Winling : le Père
  • ·         Brigitte Roüan : la Mère
  • ·         Alice Butaud : Jasmine Pommeraye

Synopsis

Le film est découpé en trois parties : le départ, l'absence, le retour.

> Le départ : Trois jeunes gens amants-amis, Ismaël (Louis Garrel) est fiancé avec  Julie (Ludivine Sagnier) mais ils acceptent aussi dans leur lit Alice (Clotilde Hesme), qui travaille dans la même entreprise qu'Ismaël mais est amoureuse de Julie.

> L'absence : Lors d'une soirée dans un cabaret, Julie se sent mal. Le temps qu'Ismaël récupère leurs affaires au vestiaire et la rejoigne, elle a été prise d'une crise cardiaque et meurt dans l'ambulance. Alice, qui était avec eux ne s'est rendu compte de rien.

> Le retour : Malgré tout le cynisme avec lequel Ismaël semble prendre la vie, il ne se remet pas de la mort de Julie et ne peut plus retourner dans l'appartement qu'ils partageaient. Alice lui propose d'être provisoirement hébergé chez un de ses amis dont le jeune frère, Erwann (Grégoire Leprince-Ringuet), lycéen, flashe aussitôt sur lui. Dans un premier temps, Ismaël le repousse puis, plus par besoin d'être consolé que par goût pour les garçons, il devient son amant.

Le film n'est pas à proprement parler une comédie musicale. Malgré l'apparente légèreté des jeux amoureux sans tabous de la jeunesse actuelle qui peuvent choquer des gens de générations plus âgées, il est bâti sur un drame (la mort brutale et inattendue de Julie) et le sentiment de perte que les personnages abordent chacun avec sa propre sensibilité.
Les chansons dont la musique (musique originale d'Alex Beaupain réalisée et arrangée par Frédéric Lo et chantée sans doublage par les acteurs), légère et espiègle, peut donner l'impression d'un film futile, alors que le sujet est grave. 

Mon opinion sur ce film

J'avais partiellement vu le film lors de sa rediffusion à la télévision et j'ai eu envie de le voir en entier. Je n'ai pas été déçu car c'est un film original, marqué du début à la fin, par une certaine grâce. On pense au Demy des Parapluies de Cherbourg avec une note plus grave apportée par la mort que l'on essaie de surmonter coûte que coûte. Avec ce film, Christophe Honoré a réussi une alchimie rare entre ses personnages, jeunes et beaux, la musique d'Alex Beaupain, le Xème arrondissement de Paris (Place de la Bastille, La Villette, Montparnasse...) superbement filmé, les références cinématographiques (Demy, bien sûr, mais aussi Truffaut et Godard - la scène du lit) et littéraires (Euripide, Michaux, Salinger, Aragon...)

Les récompenses

Le film était en sélection officielle au Festival de Cannes 2007 mais son originalité (et peut-être aussi sa liberté de ton) l'a fait écarter de toute récompense. Il a par contre obtenu en 2008 trois Césars (pour la meilleure musique, le meilleur espoir masculin pour Grégoire Leprince-Ringuet et le meilleur espoir féminin pour Clotilde Hesmé. Louis Garrel, qui pourtant explose dans ce film, n'a obtenu aucune récompense.

Mon classement

J'ai beaucoup aimé ce film et je vous le recommande (mais attention cependant car certaines scènes peuvent choquer)

Autres films recommandés

lundi 2 décembre 2013

LOUIS GARREL (Acteur français)


Louis Garrel, né le 14 juin 1983 à Paris, est un acteur et réalisateur français. Il est le fils du réalisateur Philippe Garrel et de l'actrice et réalisatrice Brigitte Sy, ainsi que le petit-fils de l’acteur Maurice Garrel et le frère de l'actrice Esther Garrel.
Louis est vraiment « tombé dedans » puisqu’il a a eu un rôle dans un film de son père dès l'âge de 6 ans.

Admirateur de Jean-Pierre Léaud, son parrain, Louis Garrel alors adolescent s'emploie à travailler ses capacités de comédien dans les cours de théâtre de son collège ainsi qu'au conservatoire du Xe arrondissement de Paris. Après des études littéraires au lycée Fénelon à Paris, il renonce à passer le bac pour poursuivre ses études de théâtre au Conservatoire national supérieur d'art dramatique de Paris, dont il sort diplômé en 2004. Parallèlement, il multiplie les expériences et les stages, dont un à la Fémis, avec son père Philippe Garrel comme maître de stage, puis décroche son premier véritable rôle au cinéma en 2001, dans Ceci est mon corps de Rodolphe Marconi, avec Jane Birkin.

Louis Garrel poursuit sa carrière au cinéma en tournant notamment dans deux évocations de mai 68 : Innocents - The Dreamers de Bernardo Bertolucci en 2003 avec Eva Green et Les Amants réguliers de Philippe Garrel en 2005. C'est pour ce dernier film qu'il obtient en 2006 deux récompenses : l'Etoile d'or de la révélation masculine décernée par l’Académie de la presse du cinéma français et le César du meilleur espoir masculin.

Il devient ensuite l'acteur fétiche du cinéaste Christophe Honoré, avec lequel il collabore à cinq reprises dans les longs-métrages Ma mère (2004), adaptation du roman éponyme de Georges Bataille avec Isabelle Huppert, Dans Paris (2006), aux côtés de Romain Duris, Les Chansons d'amour (2007), film dans lequel il chante, La Belle Personne (2008), Non ma fille tu n'iras pas danser (2009) et enfin, Les Bien-Aimés (2011). En 2007, il est également à l'affiche d'Actrices, le second film de Valeria Bruni-Tedeschi dont il devient le compagnon.

En 2008, Louis Garrel est à l'affiche du moyen-métrage de Rachid Hami (remarqué dans L'Esquive), Choisir d'aimer et de La Frontière de l'aube de Philippe Garrel où il campe un jeune photographe épris d'une star de cinéma. Il retrouve également le réalisateur Christophe Honoré dans La Belle Personne où il joue le rôle d'un professeur d'italien tombant amoureux de l'une de ses élèves, qui est une adaptation libre de La Princesse de Clèves.

La même année, il se lance dans la mise en scène en réalisant son premier court-métrage, Mes copains ; deux ans plus tard, il réalise un second court-métrage, Petit Tailleur.

Christophe Honoré le rappelle en 2009 pour un second rôle dans Non ma fille tu n'iras pas danser. Lauréat du Prix Patrick Dewaere, il fait une apparition dans Les Amours imaginaires le second film de Xavier Dolan sorti en 2010. 

En 2011, il réalise un troisième court-métrage La Règle de trois avec Vincent Macaigne et Golshifteh Farahani, qu'il présente au Festival de Locarno.

Après cinq ans de relation, il s'est séparé en septembre 2012 de Valeria Bruni-Tedeschi, avec qui il a adopté une fille. Dans le dernier film de celle-ci, Un château en Italie (2013), il joue le rôle de son amant. Il est à présent en couple avec l'actrice iranienne Golshifteh Farahani. 

En 2013, il prépare son premier long métrage avec Golshifteh Farahani, Vincent Macaigne et lui-même dans les rôles principaux.

Personne ne pourra nier qu’à 30 ans, Louis Garrel a un charisme certain et que sa gueule de jeune premier et sa dégaine décontractée ne passent pas inaperçues. C’est sans nul doute un bon acteur mais les films dans lesquels il a été présent jusque-là se ressemblent beaucoup trop et je crois qu’il aurait intérêt, s’il veut durer, à s’essayer à des rôles différents, à nous révéler d’autres aspects de son talent et moins jouer de son côté éternellement sombre et désabusé qui finira par exaspérer même ses plus grands fans.  

Son dernier film, L'homme fidèle (2018), dans lequel il est réalisateur et acteur, ne dément pas cette image.  

2019 : Les Filles du Dr March


UN CHÂTEAU EN ITALIE de Valeria Bruni-Tedeschi (2013)


Troisième long métrage de Valeria Bruni-Tedeschi, un Château en Italie a été présenté au Festival de Cannes 2013 et est sorti en salle le 30 octobre 2013. Avec Valéria Bruni-Tedeschi, Louis Garrel.

Synopsis

Ce film est en grande partie autobiographique inspirée par sa propre famille, une famille de nobles italiens ruinés qui tentent de garder leur château historique, truffé d'eouvres d'art, mais doit s'en séparer pour des raisons économiques.

Les personnages principaux sont la mère (joué par la propre mère de la réalisatrice dont la ressemblance avec une certaine Carla est frappante), grande bourgeoise-bohème ruinée veuve d'un industriel qui a dû vendre ses usines mais tente de faire encore bonne figure, le fils, malade du sida, pour qui il ne peut être question de vendre le patrimoine familial et dont on attendra lâchement la mort pour le faire, Valéria  Bruni-Tedeschi, qui joue le rôle d'une ex-actrice en quête permanente du grand amour, Nathan (Louis Garrel, ex-compagnon de Valéria dans la vie), son amant, aussi inconstant qu'un homme peut l'être, etc.

Mon opinion sur ce film

Pour moi, ce film, sur lequel j'avais lu de très bonnes critiques, a été une grosse déception. Je n'ai vraiment pas aimé cette ambiance de paumés qui se filment le nombril. Cette succession de plans où l'on traîne savamment son ennui et sa (relative) pauvreté cache mal la vacuité totale du propos que, par ailleurs, on comprend dès les premières images. A Cannes, le film - qui faisait tout de même partie de la sélection officielle - a été accueilli "avec une tiédeur printanière" (Les Inrocks), peut-être parce qu'il ne vaut pas mieux. En effet, bien que nominé 7 fois, y compris pour la Palme d'or (on croit rêver !), il n'a obtenu aucune récompense.

L'impression que l'on garde de ce film est celle que l'on ressent après avoir mangé une crème glacée qui aurait fondu : c'est en effet doux et insipide, mais parfaitement écœurant. En tout cas, rien de "cruel" (comme on voudrait nous le laisser entendre) dans ce tableau pitoyable de la noblesse-bourgeoisie déliquescente, rien de cruel non plus, sauf si l'on confond ces deux adjectifs avec l'hystérie parfaitement grotesque de certaines scènes (celle de l'insémination artificielle est particulièrement pénible et d'un mauvais goût à la limite du supportable). Rien de drôle, non plus (on sourit à peine, mais on ne rit pas, en tout cas, moi je n'ai pas ri ni d'ailleurs aucun des rares spectateur dans la salle). Quant à l'émotion, je n'en ai ressenti aucune alors que le scénario l'aurait permis. Sur ce dernier point, je rejoins totalement le critique de l'Humanité qui résume en une phrase ce que j'ai ressenti : "Difficile de s'émouvoir des tourments de ces êtres gâtés, notamment Valéria Bruni-Tedeschi dont les éclats sont lassants."

Mon classement 3/5 : Pour paraphraser l'encart publicitaire annonçant la sortie du DVD (déjà !) qui cite Le Monde "Drôle et intelligent", je dirais pour ma part "Pas drôle et exaspérant" !