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mercredi 28 février 2024

DUNE - 2ème partie film de science-fiction de Denis VILLENEUVE ( USA-CA 2024)

 


Dune, deuxième partie est un film de science-fiction américano-canadien réalisé par Denis Villeneuve et sorti, avec plusieurs mois de retard, en février 2024. Il s'agit de la suite de Dune, première partie du même réalisateur, sorti en 2021.

Résumé

Ce deuxième film reprend très précisément là où le 1er s’était interrompu. Paul Atréides (Timothée Chalamet), soutenu par Stilgar (Javier Bardem) qui voit en lui un chef qui mènera les Fremen à la victoire alors que la plupart des guerriers sont contre lui, prépare sa revanche contre ceux qui ont détruit sa famille. Après avoir fait ses preuves au combat et chevauché un ver géant, Paul devient Usul et choisit, comme nom secret celui de Muad’Dib, la souris kangourou, un animal qui survit dans le désert.

Jessica (Rebecca Ferguson), ayant été forcée de boire l’« ’eau de vie » devient Révérende Mère. A son tour, Paul boit l’eau de vie qui aurait dû le tuer, et devient le Kwisatz Haderach. Reconnu comme leur chef par tous les Fremen, il prend leur tête et convoque l’empereur Shaddam IV Corinno (Christopher Walken) sur Dune, lance une attaque sur Arakeen, la capitale d’Harrakis. Ayant vaincu les Harkonnen et les Sardaukars de l’empereur, Paul défie Feyd-Rautha en duel et le tue. Il se proclame ensuite duc d’Arakis et, ayant obligé l’empereur à lui faire allégeance, il exige d’épouser sa fille, la princesse Irulan, rejetant de facto Chani (Zendaya), à laquelle il voue un amour sincère.

Le film se termine sur le départ de celle-ci, dépitée, et la menace que les grandes maisons font peser sur Paul dont ils refusent de reconnaître le leadership.

Mon opinion

Cela valait le coup d’attendre près de trois ans la sortie de ce film, plusieurs fois repoussée. Une réussite magistrale. Seuls, peut-être, ceux qui ne connaissent pas l’univers de Frank Herbert  seront un peu perdus mais on ne peut rien pour eux. Bien que le film soit un blockbuster, il reste sobre dans sa mise en scène et aucun des effets spéciaux n’est superflu comme c’est hélas trop souvent le cas dans ce genre de films. Seule la bande son (de Hans Zimmer), peut-être victime du son Atmos, est par moments un peu trop envahissante. Mais le film n’est pas que cela et laisse la place à de très belles scènes dans le désert (des paysages naturels des Emirats Arabes Unis) qui tranchent avec les décors glacés empruntés à un mausolée futuriste italien avec une connotation très mussolinienne pour les endroits où évoluent les Harkonnen et l’empereur qui évoquent tous les totalitarismes d’Hitler à Poutine. Mais là encore, si Timothée Chalamet, incarne à la perfection le héros torturé qui doute de lui-même et de sa mission, on regrettera qu’à part Charlotte Rampling que l'on reconnaîtrait entre toutes grâce à sa voix impérieuse et glaciale, Javier Bardem et Zendaya, qui a un peu plus de présence que dans le premier opus, les seconds rôles soient si falots et interchangeables. Même Austin Butler, trop lisse pour incarner le psychopathe Feyd-Rautha n’arrive pas à la cheville de Sting dans le Dune de David Lynch.    

Voir aussi : Dune de Jodorowsky

 

samedi 11 mars 2023

MY BEAUTIFUL BOY drame de Felix VAN GROENINGEN (USA-2018)

 


Vu en DVD. 

My Beautiful Boy est un drame américain coécrit et réalisé par Felix Van Groeningen, sorti en 2018. Il s’agit de l’adaptation du livre biographique de David Sheff sur son combat pour sortir son fils Nic de la drogue : Beautiful Boy: A Father's Journey Through His Son's Addiction.

Présentation

David Sheff (Steve Carell), journaliste au New York Times, est le père de Nicolas « Nic » (TimothéeChalamet), un adolescent doué et sensible, élève brillant (il est accepté dans 6 universités américaines) , qui se destine à faire des études de littérature à l’université. Depuis la séparation de David d’avec Vicky (Amy Ryan), Nic est élevé par son père avec qui il a une relation fusionnelle, et s’entend bien avec sa belle-mère, Karen (Maura Tierney) et avec ses petits demi-frère Jasper et demi-sœurs qui sont en adoration devant lui.

Mais un jour, sans que rien ne le laisse prévoir, Nic disparaît pendant deux jours et revient chez son père qui constate qu’il se drogue. David prend aussitôt la décision de le conduire dans une clinique spécialisée où le traitement semble faire merveille. Jusqu’à une première rechute qui sera suivie de beaucoup d’autres, malgré toute l’attention et l’amour que lui porte sa famille.

David consulte des spécialistes de la dépendance, dont un qui lui révèle le fonctionnement du « crystal meth » (la métamphétamine cristal), l’une des drogues les plus addictives qui soient et des plus dangereuses car, outre qu’elle induit des comportements irrationnels, peut être létale à partir de 200 mg. A titre expérimental, il va même jusqu’à tester cette drogue sur lui-même pour en constater les effets.  

Après une dernière rechute, David, qui est épuisé et se sent totalement impuissant, refuse d’apporter son aide à son fils qui fait une overdose et est sauvé in extremis par les services d’urgence.  

Lorsque le film se termine, un cartel nous indique que Nic est sobre depuis 8 ans mais met en garde sur le fait qu’une victime du « meth » n’est jamais définitivement guéri et peut rechuter à tout moment.

Mon opinion

Le film nous présente une situation bien connue, hélas, de tous ceux qui ont eu à faire, dans leur entourage ou leur famille proche, à une victime d’addiction, qu’elle soit due à l’alcool ou à la drogue : déni, rechutes, mensonges, vol, déchéance physique, prostitution (qui nous est épargnée dans le film alors qu'elle est présente dans le livre)... Dans le cas de Nic, la drogue (la "meth"), qui l’a entraîné dans cet état de dépendance extrême est l’une des pires avec l’héroïne. On ne peut qu’être bouleversé par le combat de ces parents contre une telle descente aux enfers, jusqu’à comprendre et excuser la dernière lâcheté du père qui a tout essayé et, qui, pour protéger sa famille, renonce à venir une dernière fois en aide à son fils. Cette scène est sans doute la plus bouleversante du film d’autant plus que le spectateur voit Nic, après que son père ait raccroché,  s’effondrer sur le carrelage de toilettes publiques et le croient mort. Le jeu de Timothée Chalamet, que j’ai déjà pu apprécier dans plusieurs films, est poignant. Je n’en dirai pas autant de celui de Steve Carell, que j’ai trouvé nettement moins convaincant.

Vous pouvez voir aussi : 

dimanche 29 janvier 2023

Timothée CHALAMET (acteur américano-français)

 

Timothée Chalamet, né le 27 décembre 1995 à New York (États-Unis), est un acteur franco-américain.

Biographie

Timothée Hal Chalamet naît le 27 décembre 1995 dans le quartier de Hell's Kitchen, à New York. Il est le fils du Français Marc Chalamet, diplômé de l’Institut d'études politiques de Lyon, journaliste, correspondant du Parisien à New York, et éditeur à l'UNICEF, et de l'Américaine Nicole Flender, diplômée de Yale, actrice, danseuse à Broadway puis agent immobilier. Il étudie au lycée public LaGuardia pour jeunes artistes, d'où il sort diplômé en 2013. Il a une sœur aînée, Pauline, qui est comédienne et vit à Paris.

Depuis son enfance, Timothée Chalamet et sa famille ont régulièrement passé des vacances au Chambon-sur-Lignon, en Haute-Loire, dans une maison où habitaient son grand-père paternel Roger Chalamet, pasteur, et sa grand-mère Jean, une Canadienne.

Il parle d’ailleurs parfaitement français et passe facilement d’une langue à l’autre.

Il est né dans le milieu du cinéma : la famille de sa mère, d'origine juive russe et autrichienne, est très présente dans le cinéma : son grand-père maternel est le scénariste Harold Flender, son oncle Rodman Flender est réalisateur et producteur, et sa tante Amy Lippman, épouse du précédent, est également productrice.

Carrière

Il a commencé à tourner dès 2008 dans de courts-métrages puis dans des séries télé. Au cinéma, ce furent d’abord, à partir de 2014, de petits rôles (Men, women and children ; Interstellar…) mais il a réellement commencé à se faire connaître par le film Call me by your name (2017) où il jouait le rôle d’un adolescent de 17 ans tombant amoureux d’un étudiant de 24 ans venu passer des vacances dans la maison familiale. Ce film lui ouvre la voie de la gloire avec, en 2018, une nomination au Golden Globe du meilleur acteur dans un film dramatique ainsi qu’à l'Oscar du meilleur acteur, ce qui fait de lui le plus jeune acteur nommé dans cette dernière catégorie depuis plus de quatre-vingts ans.

Il alterne par la suite entre films indépendants — souvent dramatiques —, notamment My Beautiful Boy (2018), Un jour de pluie à New York (2019), Le Roi (2019), Les Filles du docteur March (2019), et des superproductions comme Dune (2021), Don't Look Up : Déni cosmique.  (2021), Wonka (2023) et Dune 2 (2024). 

Reconnu par les critiques et le public, Timothée Chalamet joue sous la houlette de réalisateurs très connus, à l'instar de Christopher Nolan, Greta Gerwig, Woody Allen, Denis Villeneuve et Wes Anderson.

Son incroyable présence, son indéniable charisme (qui confine souvent au cabotinage), son indiscutable talent à incarner des personnages très différents, son ambiguïté, on fait de lui, en dix ans d'une accrière éclectique, une star internationale.   

Filmographie

Longs métrages

  • 2014 : Men, Women and Children de Jason Reitman : Danny Vance
  • 2014 : Interstellar de Christopher Nolan : Tom Cooper, jeune
  • 2014 : Worst Friends de Ralph Arend : Sam, jeune
  • 2015 : One & Two d'Andrew Droz Palermo : Zac
  • 2015 : Beyond Lies (The Adderall Diaries) de Pamela Romanowsky : Stephen Elliott, jeune
  • 2015 : Noël chez les Cooper (Love the Coopers) de Jessie Nelson : Charlie Cooper
  • 2016 : Miss Stevens de Julia Hart : William Mitman
  • 2017 : Call Me by Your Name de Luca Guadagnino : Elio Perlman
  • 2017 : Chaudes nuits d'été de Elijah Bynum : Daniel Middleton
  • 2017 : Lady Bird de Greta Gerwig : Kyle Scheible
  • 2017 : Hostiles de Scott Cooper : Philippe DeJardin
  • 2018 : My Beautiful Boy de Felix Van Groeningen : Nicholas « Nic » Sheff
  • 2019 : Un jour de pluie à NewYork de Woody Allen : Gatsby Welles
  • 2019 : Le Roi de David Michôd : Henry V
  • 2019 : Les Filles du docteurMarch de Greta Gerwig : Theodore « Laurie » Laurence
  • 2021 : The French Dispatch de Wes Anderson : Zeffirelli B.
  • 2021 : Dune de Denis Villeneuve : Paul Atréides
  • 2021 : A Man Named Scott de Robert Alexander : lui-même (documentaire)
  • 2021 : Don't Look Up : Déni cosmique d'Adam McKay : Yule
  • 2022 : Bones and All de Luca Guadagnino : Lee
  • 2022 : Entergalactic de Fletcher Moules : Jimmy (voix)
  • 2023 : Wonka de Paul King : Willy Wonka
  • 2024 : Dune - 2ème partie de Denis Villeneuve: Paul Atréïdes

DUNE - 1ère partie Film de science-fiction de Denis VILLENEUVE (USA-CA 2021)

 


Je n'avais pas pu voir le cette nouvelle adaptation de Dune lors de sa sortie. Je me la suis procurée en DVD et viens seulement de la visionner.  

Dune-1ère partie* est un film de science-fiction américano-canadien co-écrit et réalisé par Denis Villeneuve, sorti en 2021. C'est la troisième adaptation du roman Dune de Frank Herbert paru en 1965, après le film Dune (1984) de David Lynch et la minisérie en trois épisodes Dune (2000) suivie de Les enfants de Dune (2003) de John Harrison. On doit aussi citer l'adaptation avortée d'Alejandro Jodorowsky dans les années 1970.

* Afin de respecter au mieux le roman, cette dernière version a été divisée en deux films dont la 2ème partie est annoncée sur les écrans pour 2023.

Présentation

Cette nouvelle adaptation se calque assez fidèlement sur la 1ère partie de l’immense œuvre de Frank Herbert qui se place dans un futur lointain. Sur Caladan, la planète de sa famille, en grande partie couverte d’eau, le duc Leto Atréides (Oscar isaac) reçoit de l’empereur Shaddam IV l’ordre de partir pour Arrakis. A la différence de Caladan, couverte de mers et d’océans, Arrakis, également connue sous le nom de « Dune », est une planète entièrement désertique, occupée depuis 80 ans par la famille des Harkonnen qui s’est enrichie en détenant le monopole de « l’Epice », une « drogue » qui, outre qu’elle apporte la longévité aux humains, permet aussi navigateurs de la Guilde spatiale, de relier les univers de l’Imperium et, de ce fait, indispensable à sa cohésion. Mais l’extraction de l’épice n’est pas de tout repos car, d’une part, l’épice est défendue par les vers de sable géants qui, dès qu'ils perçoivent une présence humaine à la surface de la planète, menacent d’engloutir les mineurs, mais aussi par la rébellion permanente des Fremen, le peuple autochtone qui veulent reconquérir leur planète.

Bien que de duc Leto sache que, sous cette décision de l’empereur, se cache un piège, il n’a d’autre choix que de s’incliner devant ses décisions et se prépare à quitter Caladan et prendre, avec toute sa cour et sa famille, la direction d’Arrakis.

Sur Caladan, son fils et héritier, le jeune Paul Atréïde (Timothée Chalamet), a été formé au combat par le maître d’armes des Atréïde, Duncan Idaho (Jason Momoa) mais sa mère, Dame Jessica (Rebecca Ferguson), éduquée selon les préceptes des sœurs du Bene Gesserit, lui a aussi enseigné certaines techniques secrètes, comme l’utilisation de la « voix ».

Avant de quitter Caladan, Paul est soumis par la Révérende Mère Gaïus Helen Mohiam (Charlotte Rampling) à la terrible épreuve de la douleur. S’il échoue, il sera tué par le poison instantané du Gom Jabar. Mais il réussit l’épreuve, ce qui permet à la Révérende Mère de la qualifier « d’humain ».   

Dès son arrivée sur Dune, la famille Atréïde échappe aux premières tentatives d’assassinat, mais ne résiste pas à la dernière et la plus violente, qui engage non seulement l’armée des Harkonnen mais celles des Sardaukars, les terribles soldats de l’empereur.  Le duc, trahi par son médecin, le docteur Yueh (Chang Chen) est livré à son ennemi, l'horrible baron Valdimir Harkonnen (Stellan Skarsgard) , un être obèse et dégénéré. Le docteur Yueh lui a implanté une fausse dent contenant un poison qui aurait dû tuer le baron. Mais, si Leto est tué, le subterfuge échoue et Harkonnen échappe à la mort.

Aidés par Liet Kynes, le planétologiste impérial (dont le film fait bizarrement une femme : Sharon Duncan-Brewster), Paul et sa mère s’enfuient à bord d’un ornithoptère et échappent à leurs poursuivants en s’enfonçant dans une tempête Coriolis à laquelle, normalement, aucun humain ne survit. Réussissant à se poser grâce à la dextérité de Paul, ils sont capturés par les Fremen du sietch Tabr qui veulent « prendre l’eau » (tuer et vider de leur sang) ceux qui sont pour eux des intrus. Mais leur chef Stilgar (Javier Bardem) s’interpose et les sauve, du moins provisoirement. Au cours de l’affrontement qui suit, Jessica fait montre de ses pouvoirs Bene Gesserit et Paul, confronté dans un duel à mort avec Jamis, l'un des freemen les plus acharnés à sa mort, le tue.

S’opposant à sa mère qui voudrait retourner sur Caladan, Paul accepte le destin qu’il a vu en rêve et décide de rester sur Arrakis et prendre la direction de la rébellion contre les Harkonnen et de venger la mort de son père.

Mon opinion  

Grand amateur de Dune, que j’avais découvert lors de ma première année de fac en langue originale, car le livre n'était pas encore traduit en français, j’ai ensuite dévoré les cinq tomes de la saga écrite par Frank Herbert puis les autres tomes explorant l’uinivers foisonnant de Dune écrits après sa mort par son fils Brian Herbert et Kevin J. Anderson à partir de l’année 2000 (19 volumes à ce jour et bientôt un 20ème).  

J’ai aussi suivi avec passion le projet délirant de Jodorowski, où le génial Franco-Chilien, aurait voulu que ce soit rien moins que Salvador Dali qui incarne l‘empereur Shaddam IV. Ce projet fou, très en avance sur son temps, n'a, hélas, jamais vu le jour. 

Je métais donc précipité, en 1984, à la projection du Dune de David Lynch, à mon avis injustement boudé, et procuré, dès sa sortie, le DVD de la mini-série Dune (2000) suivie des Enfants de Dune (2003) de Jim Harrison et Greg Yaitanes.

Evidemment, on ne pourra jamais être totalement satisfait d’une quelconque adaptation de l’œuvre de Frank Herbert tant, au cours des lectures et des années, nous nous sommes forgés nos propres images de l’univers foisonnant de Dune.  

C’est pourquoi, je n’hésiterai pas à dire que j’ai aimé, dans chaque adaptation, certaines interprétations des réalisateurs, apprécié ou détesté certains effets spéciaux, me suis attaché à certains acteurs et pas à d’autres…

Par exemple, dans l’adaptation de David Lynch, j’avais aimé le côté baroque des décors d’Arrakeen (résumés à des blocs de béton dans celui de Villeneuve), la folie et la décadence  de l’environnement du baron Harkonnen, sans oublier la prestation inattendue mais réussie de Sting dans le rôle de Feyd-Rautha, le cruel neveu du baron Harkonnen.

Certes, on doit apprécier les paysages, presque tous tournés en décors naturels (en Jordanie, dans les Emirats Arabes Unis…), les effets spéciaux (les ornithoptères sont tels que décrits par Herbert), etc. mais, malgré ses qualités, je n’ai pas trouvé cette adaptation aussi stupéfiante que ce à quoi je m’attendais ni que les critiques la présentaient. Il est vrai que son visionnage en DVD ne m'a peut-être pas permis de l'apprécier à sa juste valeur car un tel film ne peut être vu que sur grand écran et de préférence en 3D.

Exception faite de la présence incroyable de Timothée Chalamet, qui incarne un Paul plus vrai que nature, où transparaît à la fois fragilité et farouche détermination à accomplir un destin qui le dépasse, j’ai trouvé tout le reste de la distribution d’une grande fadeur exception faite de Charlotte Rampling dont on reconnaît la voix, dans le rôle de la Révérende Mère Gaïus Helen Mohiam, tous les autres acteurs sont interchangeables. J’aurais au moins aimé que le rôle de Dame Jessica soit tenu par des actrices d'une autre trempe que la palôte Rebecca Ferguson : je pense entre autres à une Juliane Moore ou une Jessica Chastain.

vendredi 17 janvier 2020

LES FILLES DU DR MARCH film de Greta GERWIG (USA-2020)



Les Filles du docteur March est un film dramatique américain écrit et réalisé par Greta Gerwig, sorti en 2020. Il s'agit de la plus récente adaptation du roman Les Quatre Filles du docteur March (Titre original : Little Women) et de sa suite, Le Dr March marie ses filles, de Louisa May Alcott, paru en 1868.

Résumé

L’action commence en Nouvelle-Angleterre en 1861. On est alors en pleine guerre de Sécession. Le Dr. March est parti pour servir d’aumônier sur le front et sa femme est restée seule à Concord (Massachussets) pour s’occuper de ses quatre fille, Joséphine « Jo » (Saoirse Ronan), Margaret « Meg » (Emma Watson), Amy (Florence Pugh) et Elizabeth « Beth » (Eliza Scanlen).
Lors d’une soirée, les deux aînées, Jo et Meg, rencontrent Laurie (Timothée Chalamet), le petit-fils de M. Laurence, leur riche voisin.

Le matin de Noël, Mme March (Laura Dern) persuade ses enfants d'aller offrir leur petit-déjeuner à leur voisine très pauvre Mme Hummel, qui vit dans une masure de planches glaciale avec ses jeunes enfants.

Quand elles rentrent chez elles, elles sont surprises de voir que, pendant leur absence, leur table s’est couverte de victuailles. Elles ont été offertes par M. Laurence dont le petit-fils a vu ce qu’avait fait la famille March pour leur pauvre voisine.

Le même jour, les March reçoivent une lettre de leur père.

On suit ensuite la vie des filles March dont chacune caresse l’idée d’être une écrivaine, pour Jo, un peintre pour Amy et une pianiste pour Beth.

A part Beth, dont la faible constitution ne lui permettra pas de parvenir à l’âge adulte, les filles March finiront toutes par se marier, Meg, au désespoir de tante March (Meryl Streep), qui aurait voulu lui voir épouser un « beau parti », épousant un précepteur, Jonathan « John » Brooke (James Norton), Amy, Laurie, le petit fils de M. Laurence, amoureux éconduit de Jo. Jo, devenue écrivaine célèbre, après avoir longtemps hésité, finira par épouser le Pr. Friedrich Bhaer (Louis Garrel).

Après la mort de Tante March, qui lègue à Jo son immense maison, toutes les sœurs se retrouveront pour fonder une école mixte.

Mon opinion

Sur le plan de l’esthétique, le film est superbe et on ne peut que se laisser porter par la photo de Yorick Le Saux, un français (certaines images évoquent les plus belles scènes de Barry Lyndon), par sa gaieté, par sa magnifique distribution, par ses beaux paysages, par ses somptueux costumes (de Jacqueline Durran) et décors.

Je n’en dirai pas autant sur le plan du scénario, confus même pour ceux qui connaissent le grand classique de Louisa May Alcott, défaut amplifié par un montage désordonné avec pléthore de « flashbacks » dont on ne sait s’ils appartiennent au rêve ou aux souvenirs et s’immiscent sans prévenir dans la réalité. Cela rend difficile, pour le spectateur, la compréhension de l’action.

Sinon, ne boudons pas notre plaisir : ce film, porté par un florilège de morceaux classiques choisis et arrangés par Alexandre Desplat, est un enchantement.

mardi 15 octobre 2019

UN JOUR DE PLUIE A NEW YORK film de Woody ALLEN (USA-2019)



Un jour de pluie à New York (A Rainy Day in New York) est un film américain écrit et réalisé par Woody Allen, sorti en 2019.

Présentation

Gatsby Welles (Timothée Chalamet), étudiant à Yardley college, accompagne à New York sa petite amie Ashleigh (Elle Fanning) qui doit réaliser pour le journal de son université une interview d’un réalisateur, Roland Pollard. Gatsby, qui comptait en profiter pour passer le week-end en amoureux et échapper à la grande soirée mondaine organisée par sa mère, va devoir y renoncer au profit, non seulement du réalisateur mais aussi de son scénariste joué par Jude Law et d’un acteur de seconde zone, incarné par Diego Luna.

Mon opinion sur ce film

En voyant ce film on ne peut s’empêcher de penser à une autre réalisation de Woody Allen, Minuit à Paris, qui, pour moi, est l’un de ses meilleurs. Je n’en dirais pas autant de celui-ci qui ne m’a pas fait grande impression. Certes, le film est - comme tous les films de Woody Allen - bourré de références musicales, littéraires et cinématographiques. C'est ce qu'on y trouve de meilleur. Je ne nierai pas avoir passé un bon moment à le regarder mais, après coup, force est de reconnaître qu'il ne nous reste pas grand-chose de ce marivaudage superficiel. Et si Timothée Chalamet est excellent dans le rôle de ce gosse de riche revenu de tout qui traîne son spleen à travers un New York grisounet, je n’en dirais pas autant d’Elle Fanning, en godiche hystérique, qui en fait un peu trop à mon goût. Je n’ai jamais compris l’admiration démesurée que beaucoup ont pour Woody Allen. Ce dernier film ne me fera pas changer d’avis à son sujet.     

jeudi 8 mars 2018

CALL ME BY YOUR NAME de Luca Guadagnino (IT-2018)



Call Me by Your Name est un film dramatique romantique franco-italien écrit, produit et réalisé par Luca Guadagnino, sorti en 2017. Il s’agit de l’adaptation du roman américain du même nom d'André Aciman (2007). Il obtient l'Oscar du meilleur scénario adapté par James Ivory. En France, la sortie a lieu le 28 février 2018. Durée 2.11 H.

Résumé

Le film se déroule en Italie, dans la province de Bergame, pendant l’été 1983. Elio Perlman (Timothée Chalamet), 17 ans, passe ses vacances dans la villa familiale, à jouer de la musique classique, à lire et à flirter avec son amie Marzia. Son père, un éminent professeur spécialiste de la culture gréco-romaine et archéologue, et sa mère, traductrice, l'entourent de leur affection. 

Un jour, Oliver (Armie Hammer), un séduisant doctorant américain de 24 ans, vient séjourner et travailler auprès du père d’Elio. 

Elio et Oliver vont bientôt découvrir l’éveil du désir au cours d’un été ensoleillé dans la campagne italienne qui changera leur vie à jamais.

Distribution

  • Armie Hammer : Oliver
  • Timothée Chalamet : Elio Perlman
  • Michael Stuhlbarg : M. Perlman
  • Amira Casar : Annella Perlman
  • Esther Garrel : Marzia
  • Vanda Capriolo : Mafalda (la gouvernante)
  • Antonio Rimoldi : Anchise (l’homme à tout faire)

Autour du film

Le tournage s'est déroulé en Italie, en Lombardie, dans la région de Bergame et du lac de Garde. Le parc régional du Serio a aussi accueilli certains plans. Enfin, la villa utilisée comme domicile de la famille est la villa Albergoni qui a été redécorée pour les besoins du film.

Distinctions

Le film a été présenté pour la première fois le 17 janvier 2017 lors du 67e Festival de Berlin, dans la section « Panorama » et a été nominé pour le Teddy Award.

Il a été sélectionné en hors compétition « Premieres » et projeté au Festival du film de Sundance, le 22 janvier 2017, avant sa sortie nationale dès le 24 novembre 2017 aux États-Unis. Le film a reçu le prix spécial du jury international du Festival international du film de La Roche-sur-Yon 2017. Un mois plus tard, en novembre 2017, il a remporté le Grand Prix du festival du film LGBT de Paris Chéries-Chéris.

Mon opinion sur ce film

Ma première critique est sa longueur. Pourtant, le film n’excède pas la durée d’une majorité d’autres œuvres. Quant à l’histoire, on comprend dès les premières images qu’Elio est attiré par Oliver et que c’est réciproque. 2.11 H pour en arriver là, c’est beaucoup trop. Heureusement, le cadre du film est superbe mais cela ne suffit pas à dissiper l’ennui que l’on ressent tout au long de la projection jusqu’à, du moins, l’émouvante « confession-coming out » du père qui, non seulement, comprend son fils, mais lui avoue à demi-mot qu’il aurait aimé être à sa place. En conclusion, je ne trouve pas que ce film mérite toutes les louanges que j'ai entendues sur son compte et qui doivent certainement beaucoup, d'une part au charisme et à l'ambivalence de Timothée Chalamet, que personne ne saurait nier, et au mini-scandale que peut représenter en 2017 l'attirance d'un jeune garçon pour un homme plus âgé. La scène érotique de la pêche, plus ridicule que véritablement choquante, a fait aussi beaucoup pour le succès d'un film qui ne mérite pas la publicité qui lui a été faite.          

mardi 11 novembre 2014

INTERSTELLAR de Christopher Nolan (USA-2014)




Interstellar est un film de science-fiction britannico-américain produit, coécrit et réalisé par Christopher Nolan, sorti en 2014.

Synopsis

Dans un futur proche, la Terre est à bout de souffle et ne peut plus nourrir l’humanité ; les cultures sont détruites les unes après les autres par les maladies. Seul le maïs continue à pouvoir être cultivé. Cooper (Matthew McConaughey), ancien pilote et ingénieur de la Nasa, s’est reconverti dans l’agriculture après l’arrêt du programme spatial américain et il vit dans sa ferme avec sa famille,  sa fille Murphy, âgée de dix ans, son fils de 15 ans, Tom et son père, Donald. Sa femme est morte d’un cancer du cerveau qui n’a pas pu être soigné suite à l’abandon des techniques médicales de pointe, devenues trop coûteuses. Périodiquement, le pays est balayé, comme dans les années 30, par des « dust bowls », de gigantesques tempêtes de poussière, conséquences d’une succession de sécheresses  ajoutées à une surexploitation des sols.

La jeune Murphy croit que leur maison est hantée par un fantôme car elle retrouve régulièrement des livres et des objets tombés des rayons de la bibliothèque. Son père ne croit pas à un fantôme et, en esprit rationaliste, il la met au défi d’en prouver l'existence. La fillette, très intelligente, commence alors à noter dans un cahier tous les phénomènes étranges qu’elle constate. Mis devant les preuves, son père envisage que le « fantôme » soit une forme inconnue d'intelligence et qu’il tente de communiquer avec eux dans un langage codé basés sur le morse ou le binaire. Ayant découvert que le message correspondait à des coordonnées géographiques, Cooper et sa fille se rendent sur les lieux indiqué par les coordonnées et tombent sur une base de l’armée qu’ils croient abandonnée et tentent de s’y introduire. Faits prisonniers, ils découvrent que, non seulement la base n’est pas abandonnée mais qu’elle est occupée par une équipe de scientifiques travaillant pour la Nasa sur un programme ultrasecret visant à mettre au point une évacuation de la terre. Le programme est dirigé par le professeur John Brand (Michael Caine) qu’a bien connu Cooper. L’équipe lui révèle que la Nasa a découvert un « trou de ver » dans les environs de Saturne. Ce tunnel interstellaire mettant en relation plusieurs galaxies distantes de millions d’années-lumière permet à l’humanité d’envisager de trouver des planètes habitables hors de sa galaxie sans avoir à affronter les distances colossales qui les séparent. Mieux, il y a 48 ans, la Nasa a envoyé la Mission Lazare au-delà de ce « trou de ver » qui semblent avoir réussi puisque les sondes de trois des équipes (du nom des astronautes qui les dirigeaient : Miller, Edmund et Mann) émettent toujours.

En tant qu’ancien pilote de haut niveau, Cooper est recruté pour piloter l’Endurance, un vaisseau spatial expérimental dont la mission sera de retrouver les explorateurs de la mission Lazare. Deux scénarios de colonisation seraient alors mis en œuvre : le plan A permettrait une évacuation générale de la Terre et la survie d’une grande partie de l’humanité ou, en cas d’échec, le plan B, qui permettrait, en s'appuyant sur le transport d'embryons humains congelés, de donner une seconde chance aux humains, condamnés sur Terre.

Lorsqu’il annonce à ses enfants qu’il a accepté de prendre la tête de cette mission de la dernière chance, Cooper se heurte à la colère de sa fille qui ne peut admettre qu’il les abandonne. Son père lui promet de revenir mais l'un et l'autre savent que le voyage sera long et risqué. Avant de s’embarquer, Cooper remet cependant à sa fille une montre qui jouera un rôle crucial vers la fin du film. Il décolle ensuite avec un équipage formé d’Amelia Brand (Anne Hataway), la fille du professeur Brand, de Romilly et de Doyle, trois scientifiques de haut niveau, pour un vol spatial de deux ans afin de rejoindre le trou de ver, dans le but de le traverser et de retrouver les trois bases desquelles proviennent les signaux.

La première planète visitée est très proche de « Gargantua », un trou noir qui, outre le fait qu’elle peut attirer et broyer le vaisseau Endurance, provoque un écoulement du temps plus lent que sur la Terre, une heure y représentant 7 années terrestres. Lorsque les astronautes se posent à proximité de la sonde, ils découvrent que la mission a échoué, la surface de la planète n’étant qu’un vaste océan, balayé par des raz de marée géants. Sitôt posé, le vaisseau des explorateurs doit repartir sans avoir pu récupérer Doyle qui meurt noyé alors que l'équipe essaie de récupérer la sonde laissée par la mission Miller. En revenant sur Endurance, l'équipe découvre que l'astronaute qui les y attendait, Romilly, a vieilli de 23 ans. Sur Terre, 23 ans se sont aussi écoulés et les deux enfants de Cooper sont devenus adultes: Tom est marié et a eu un fils, il s’occupe toujours de la ferme mais la situation sur terre devient chaque jour de plus en plus invivable. Quant à Murphy, elle est devenue assistante du professeur John Brand, a désormais l'âge qu'avait son père lors de son départ. Mais, toujours fâchée contre lui, elle refuse de lui parler.  En découvrant les messages vidéo laissés par ses enfants pendant sa visite de la planète, Cooper craque.

La visite de la seconde planète semble plus fructueuse bien qu'il s'agisse d'un monde glacé. Les astronautes découvrent le professeur Mann, toujours en vie dans son caisson d'hibernation, et le réveillent. Mais, pas plus que la première, la planète recouverte de glace n’est pas propice à la vie.  En réalité, Mann,  pour attirer une mission d'exploration et dans l’espoir d’être secouru, a faussé les données. Lors d’une reconnaissance avec Cooper, il tente de le tuer, provoque la mort de Romilly et, après avoir volé une navette, il tente de s'enfuir à bord de l’Endurance afin de regagner la Terre.  Mais sa manœuvre échoue et, en tentant de s’arrimer, il endommage l’Endurance. Cependant, Cooper et Amelia, seuls survivants, réussissent à sauver le vaisseau et tenter de rallier la 3ème planète identifiée par la mission Edmund. Comme, durant l’accident, une partie du carburant a été perdue, Cooper va tenter une manœuvre risquée, utiliser l'énergie du trou noir.  Afin d'échapper à la formidable attraction du trou noir, Cooper sacrifie une partie du vaisseau, deux navettes dont l'une est pilotée par le robot TARS et l'autre par lui-même. À l'intérieur du trou noir, il se retrouve pris dans une structure virtuelle à cinq dimensions, qui se révèle être la bibliothèque de la maison dans laquelle Murphy avait assisté à des jets de livres. Il comprend alors que c’était lui, le « fantôme » bloqué dans l’espace-temps, qui essayait de communiquer avec sa fille de neuf ans.

Pendant ce temps, sur Terre, Murphy est devenue une grande scientifique. Ses connaissances lui permettent de comprendre  ce que son père attend d’elle.

C’était ce que souhaitait l’entité qui avait utilisé le moyen des ondes gravitationnelles pour communiquer. Dès lors, la structure virtuelle dans laquelle était prisonnier Cooper se dissout et il se retrouve dans une chambre d’hôpital, âgé de 134 ans (mais n’en faisant physiquement pas plus qu’à son départ), sur une station en orbite autour de Saturne. Murphy est plus âgée que son père. Il la reverra avant qu’elle ne rende son dernier soupir, entourée de ses enfants et de petits enfants qui sont autant d’étrangers pour Cooper. Faussant compagnie à cette famille qui n’est pas la sienne, il vole un vaisseau pour retrouver Amelia qui survit sur la planète Edmund.

Développement

Le projet d’Interstellar a débuté en mai 2006 chez DreamWorks sur un sujet de l'astrophysicien du Caltech (California Institute of Technology) Kip Thorne. Steven Spielberg, qui doit réaliser le projet, engage le scénariste Jonathan Nolan (frère cadet de Christopher) l'année suivante. Finalement, le projet fut abandonné par Spielberg mais repris, six ans plus tard, par Christopher Nolan qui annonce le film pour fin 2012. Jonathan Nolan, son frère, reste le scénariste mais doit fusionner son scénario avec son idée. Bien que Warner Bros (en collaboration avec la société de Nolan, Syncopy Films) et Paramount soient traditionnellement rivaux, Nolan demande à cette dernière de participer ; les deux sociétés acceptent de collaborer. En 2013, des sources ont indiqué que Legendary Pictures est en train de finaliser un accord avec Warner Bros. Bien qu'il n'ait pas réussi à renouveler son partenariat de production de huit ans avec Warner Bros, Legendary Pictures aurait accepté de renoncer à un financement pour Man of Steel en échange de la participation dans Interstellar.

Clins d’œil
Le professeur John Brand, interprété par Michael Caine, cite à plusieurs reprises un célèbre poème du Galois Dylan Thomas : « Do not go gentle into that good night/Old age should burn and rave at close of day/Rage, rage against the dying of the light». Ce poème fut écrit en hommage à la mort De son père. Le lyrisme du poème est censé redonner du courage aux astronautes en leur rappelant l'importance de leur mission pour l'avenir de l'humanité. Il est toujours difficile de traduire un poème, en particulier lorsqu’il s’agit de grands poètes anglais. Malgré tout, voici une proposition : «Ne t'en vas pas sans protester dans cette douce nuit/Le grand âge devrait brûler et se révolter devant la fin du jour/Rage, enrage face à la mort de la lumière. »  C’est une exhortation à refuser l’inexorable, un encouragement à se battre pour la survie.  

Tournage

Le film a principalement été tourné  dans la province de l’Alberta au Canada. Pour les scènes dans les champs de maïs, il fallut en planter 500 acres qui furent ensuite brûlés. On aurait pu penser que la reconstitution des nuages géants de poussière furent reconstitués en images de synthèse. En réalité, ils ont été réalisés avec de la poussière artificielle faite de cellulose. Les scènes se déroulant sur la planète de l’expédition Mann ont été tournées en Islande.

Critique

Ayant découvert Christopher Nolan avec Memento, et fan de films de science-fiction en général, je me devais d’aller voir ce film. Habitué à voir des salles à demi vides, j’ai été surpris de constater que, pour une fois, la grande salle de mon cinéma habituel était à peu près pleine. Mais je me demande comment les spectateurs auront réagi à ce film. D’abord, il est très long (2.50 H) et les scènes d’action sont assez limitées, le réalisateur faisant la part belle aux digressions scientifiques voire philosophiques, certes intéressantes, mais difficiles à suivre pour un spectateur lambda. Je dois dire que, même quelqu’un comme moi, qui lis de la science-fiction depuis mon adolescence et qui ai une formation universitaire,  j’ai eu du mal à suivre et j’ai dû m’accrocher pour rester jusqu’au bout. Je suis pourtant passionné depuis longtemps par ces réflexions sur le temps et l’espace. Je n’ignore pas non plus, même si je ne comprends pas tout, les « trous noirs » et les « trous de ver ». Je dois reconnaître que Chistopher Nolan, à la différence d’autres réalisateurs de science-fiction qui se contentent de saupoudrer leurs films de quelques notions scientifiques vaguement digérées pour épater la galerie, a tenté de transmettre à son public de vraies notions d’astrophysique appuyées sur des concepts authentiques. Mais réaliser un film grand public n’est pas une œuvre de vulgarisation, quelle que soit la sincérité que l’on y met et le pari n’est qu’en partie réussi.     
   
Memento (dans le domaine du polar) et surtout Inception (dans celui de la science-fiction) étaient déjà des films « prise de tête ». Interstellar, par les concepts sur lesquels il s’appuie, de par sa longueur aussi bat tous les records. Certes, il s’y passe davantage de choses que dans Gravity, qui ne m’a procuré que de l’ennui,  mais je n’ai pas autant apprécié ce film que ce que j’attendais.
Pour les scènes qui se déroulent dans l’espace, j’ai constaté beaucoup d’incohérences ou de détails « tirés par les cheveux » dont je ne vous infligerai pas la liste pour ne pas faire de cette critique un pensum par trop indigeste.

Finalement, ce que j’ai le plus apprécié dans ce film, ce sont les scènes les moins spectaculaires, celles du début, qui se déroulent dans la ferme, le spectacle des relations qu’entretient Cooper avec son père et ses enfants. Matthew McConaughey campe un personnage de père de famille beaucoup plus crédible et émouvant que dans son rôle de super héros et les scènes avec son fils et sa fille sont les plus émouvantes du film.

Distribution

A part Matthew McConaughey, dont j’ai apprécié le jeu, j’ai trouvé que, comme toujours les enfants (Timothée Chalamet dans le rôle de Tom jeune, et surtout Mackenzie Foy, dans celui de Murphy) sont remarquables. Quant aux autres acteurs (y compris Matt Damon qui, il est vrai, a un petit second – voire 3ème - rôle) ils sont interchangeables : Anne Hathaway est mille fois meilleure dans Le diable s’habille en Prada, Michael Caine (le professeur Brandt) pourrait être remplacé par n’importe quel autre acteur de son âge, etc.  

Bref, vous l’aurez compris, je ne suis pas aussi enthousiaste après avoir vu Interstellar que les spectateurs recensés sur Rotten Tomatoes (73 % d’opinions positives) ou Metacritic (note : 8,5/10).