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lundi 26 juin 2023

L'IMPROBABLE VOYAGE D'HAROLD FRY film de Hettie MacDONALD (GB-2023)

 


L'Improbable Voyage d'Harold Fry est un film dramatique britannique de Hettie MacDonald sorti en 2023. C’est une adaptation du livre du même nom de Rachel Joyce. 

Présentation

Harold Fry (Jim Broadbent) mène une vie de retraité ennuyeuse avec sa femme Maureen (Penelope Wilton) dans le sud de l’Angleterre. Les jours se suivent et se ressemblent jusqu’à ce qu’une lettre, adressée à Harold, change tout. Cette lettre a été envoyée par Queenie depuis une maison de retraite de Berwick-upon-Tweed dans le nord-est de l’Angleterre. Queenie était une des collègues de travail d’Harold. Elle lui annonce qu’elle est mourante d’un cancer en phase terminale. On sent, sans comprendre pourquoi, qu’Harold est bouleversé par cette lettre d’une personne qui, semble-t-il, ne lui état qu’une vague connaissance et dont il n’a plus eu de nouvelles depuis de nombreuses années. En réponse, il lui écrit une lettre d’une banalité affligeante et s’apprête à la poster quand, sur un coup de tête, il décide d’aller la lui porter lui-même.  

Il se lance alors dans un road-trip qui n’est pas sans rappeler le film Sur les chemins noirs avec Jean Dujardin, à la différence que le film anglais est une magnifique ode à la vie et à l’amitié. Le spectateur croit d’abord que Queenie et Harold ont été amants, mais la réalité est tout autre et nous la découvrirons au fur et à mesure de la progression difficile d'Harold, combien plus chaleureuse et humaine que la pérégrination stérile de Pierre, l'alter ego de Sylvain Tesson, dans Les chemins noirs.

Mon opinion

Une pépite ! Magnifique film atypique qui m’a ravi et que je vous recommande si, comme moi, vous aimez ce genre de cinéma où l’humain prime sur l’action, où les sentiments sont profonds et chaleureux, sans oublier l’humour sans lequel un film britannique ne serait pas tout à fait anglais.

Dans le même esprit, je vous conseille de voir :

- L'extravagant voyage du jeune et prodigieux T. S. Spivet

- Le monde de Nathan 

 - Les dames de Cornouailles  

- Un mouton nommé Elvis  

lundi 7 janvier 2019

SI JE RESTE Film de R.J. CUTLER (USA-2014)


Si je reste (Titre original : If I Stay) est un film dramatique américain réalisé par R.J. Cutler, sorti en 2014. Ce film est l'adaptation cinématographique du roman du même nom de Gayle Forman paru en 2009.

Présentation

Le film se déroule à Portland, dans l’Oregon. Mia (Chloë Grace Moretz), 17 ans, est lycéenne. Elle étudie le violoncelle et une carrière prometteuse s’ouvre devant elle.  Elle fait la connaissance d’Adam (Jamie Blackley) qui, lui aussi, est musicien et engagé dans un groupe de rock, les Willamette Stone.

Alors qu’elle se trouve en voiture avec ses parents et son petit frère, la voiture glisse sur la neige et toute sa famille est tuée. Elle-même est gravement blessée et, dans le coma, vit une expérience de mort imminente (NDE = Near Death Experience). Elle assiste impuissante à la venue de sa famille et de ses amis, effondrés, qui défilent au pied de son lit. Elle a aussi la visite d’une étrange infirmière, vêtue différemment des autres, qui lui murmure à l’oreille que c’est à elle qu’appartient le choix de rester (de vivre) ou de partir… Un jour, Adam apporte l’enregistrement de violoncelle qu’elle avait réalisé en vue de son audition à la Juilliard School, la prestigieuse école de spectacle de New York et lui fait écouter. Dans son coma, Mia se remémore alors les instants heureux de sa vie et se réveille pour retrouver Adam à son chevet.

Mon opinion sur ce film

Le film est irrigué par la musique, qu’elle soit classique (très belles interprétations au violoncelle de Bach – Suite n°1 en sol majeur pour violoncelle – ; Concerto n°33 en la mineur de Camille Saint-Saëns ;  Sonate pour violoncelle seul op. 8 de Zoltan Kodaly) soit rock dont la plupart des morceaux sont originaux (bande son écrite par Heitor Pereira).

J’ai beaucoup aimé la manière dont le réalisateur rend les scènes, en évitant les effets spéciaux spectaculaires de certains autres films. Ce n’est certes pas un grand film mais un film honnête et sympathique sur un sujet grave qui se laisse regarder.   

samedi 13 juin 2015

LA DERNIERE CHANSON film de Julie Anne Robinson (USA-2010)


La Dernière Chanson (The last song) est un film dramatique américain, basé sur le roman éponyme de Nicholas Sparks. Sa réalisatrice est Julie Anne Robinson ; le film est sorti en 2010.

Résumé

Il y a trois ans, les parents de Veronica que l’on surnomme « Ronnie », 17 ans (Miley Cyrus), ont divorcé et son père a déménagé pour la Géorgie. Veronica a très mal vécu cet épisode de sa vie et, elle qui était promise à devenir une  prodige du piano classique sous la tutelle de son père et s’apprêtait à intégrer la prestigieuse Juilliard School  de New York, a arrêté ses études et est devenue une enfant rebelle et vindicative.

Lorsque le film commence, leur mère, Kim Miller (Kelly Preston) amène pour les vacances d’été Ronnie et son jeune frère, Jonah (Bobby Coleman), à son ex-mari, Steve (Greg Kinnear) qui vit dans une maison sur la plage de Tybee Island, où il restaure les vitraux de l’église.

Alors que Jonah est enchanté de voir son père, Ronnie, en pleine crise d’adolescence se comporte de manière odieuse avec lui. Déprimée, hostile et méfiante envers tous ceux qui l'entourent, elle rejette aussi le beau et populaire Will Blakelee (Liam Hemsworth), que pourtant toutes les filles du coin se disputent, ne voulant pas admettre qu’elle a eu un coup de foudre dès qu’ils se sont croisés.

A peine quelques jours après son arrivée, alors qu’elle se trouve seule sur la plage, elle chasse un raton laveur alors que celui-ci était en train de dévaliser un nid de tortues de mer et, après avoir prévenu les autorités de l’Aquarium, elle passe une nuit à la belle étoile à surveiller le nid.

Au petit matin, Will, qui travaille bénévolement pour l’Aquarium, vient la relever et elle découvre alors en lui un garçon beaucoup plus sérieux et attachant qu'elle ne croyait. Elle tombe amoureuse de lui et parvient également à renouer des liens avec son père Steve grâce à la seule chose qu'ils ont en commun : la musique.

Malheureusement, ces moments heureux sont assombris par la maladie de Steve qui est en phase terminale d’un cancer. Ronnie, refusant de quitter son père, elle reste à son chevet et, avec le soutien de Will, elle lui tient compagnie jusqu'à sa mort. Lors de l’enterrement, Ronnie joue au piano le morceau de musique qu’il lui avait écrit et qu'elle a terminé à sa place, d’où le titre du livre et du film, The last song.  

Du projet au tournage

Nicholas Sparks, dont plusieurs des best-sellers ont déjà donné lieu à des films (Une bouteille à la mer (1999), Le Temps d'un automne (2002), N'oublie Jamais (2004), Nos nuits à Rodanthe, Cher John (2010), Un havre de paix (2013), a été associé à l’écriture du scénario avant même d’avoir terminé son roman. Le tournage et l'histoire devaient s'effectuer à l'origine en Caroline du Nord, là où était situé le roman mais il s’est finalement situé en Géorgie. Le film se tourne alors à Tybee Island, à proximité de Savannah. Le tournage se déroula du 15 juin au 18 août 2009, avec beaucoup de scènes tournées en milieu naturel.

BO du film

Comme dans la plupart des films ou des séries américaines, la BO du film est extrêmement bien choisie et elle joue un rôle primordial dans l’ambiance générale du film.

  • When I look at You, interprété par Miley Cyrus
  • I Hope You Find It, interprété par Miley Cyrus
  • She will be loved, interprété par Maroon 5
  • Tyrant, interprété par OneRepublic
  • Graveyard girl, interprété par M83
  • Dirt Road, interprété par Niklas Aman
  • Carnival Lights, interprété par Tracey James Marino et Vance Marino
  • Setting sun, interprété par Eskimo Joe
  • Bring On The Comet, interprété par VHS or Beta
  • I Feel It All, interprété par Feist
  • Shut your Eyes, interprété par Snow Patrol
  • Can You Tell, interprété par Ra Ra Riot 
  • Heart Of Stone, interprété par The Raveonettes
  • A Different Side Of Me, interprété par Allstar Weekend
  • New Morning, interprété par Alpha Rev
  • Broke Down Hearted Wonderland, interprété par Edwin McCain
  • Brooklyn Blurs, interprété par The Paper Rancoat
  • Down the line, interprété par José González
  • Each coming night, interprété par Iron & Wine

Mon opinion


Connaissant Miley Cyrus moins pour ses talents de chanteuse que pour ses comportements provocateurs, en particulier  lors des MTV Video Music Awards 2013 où elle avait choqué le monde entier avec une prestation jugée vulgaire, je n’étais pas très enthousiaste pour voir ce film. Or, je dois reconnaître que, si ce n’est pas un chef d’œuvre, il se laisse regarder. Miley Cyrus tient bien son rôle de gamine rebelle. Quant aux autres acteurs, Liam Hemsworth, que j’avais découvert dans le rôle de Gale Hawthorne, l’ami de Katniss Everdeen dans Hunger Games, il campe un garçon qui s'avère beaucoup plus sain et solide que ne le laissaient prévoir les premières images. Mais le meilleur de ces jeunes acteurs est sans nul doute Bobby Coleman (qui joue le rôle de Jonah), 12 ans au moment du tournage. Ce n’est pas un débutant puisque ayant commencé à tourner à l’âge de 6 ans, il en est déjà à son 17ème film ! Gageons qu'il fera une belle carrière. 

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jeudi 28 mai 2015

LA BELLE PERSONNE de Christophe Honoré (FR-2008)




La belle personne est le 7ème film de Christophe Honoré, sorti en 2008, après Dans Paris et Les chansons d'amour et bien avant Les bien-aimés (2011). On y retrouve son acteur fétiche, Louis Garrel, mais aussi Grégoire Leprince-Ringuet ainsi qu'une belle brochette de jeunes et beaux acteurs.

Synopsis

Le film s'inspire très librement de la Princesse de Clèves en replaçant l'intrigue du roman de Mme de La Fayette dans le milieu de lycéens de notre époque.
Junie (Léa Seydoux), qui vient de perdre sa mère, intègre un grand lycée parisien en cours d'année. Elle est hébergée à Paris par son oncle et sa tante et suit les cours de son cousin Matthias (Esteban Carvajal Alegria).  Elle tombe amoureuse d'Otto (Grégoire Leprince-Ringuet), un lycéen de son âge, avant de se laisser séduire par leur professeur d'italien, Nemours, joué par Louis Garrel. Otto, adolescent fragile et discret, ne supportera pas cette trahison et se suicidera en se jetant de la galerie du premier étage du lycée devant ses camarades. Après son suicide, Judie repartira en province. 
On retrouve, dans cette comédie dramatique, les leitmotivs dont Christophe Honoré semble ne pas pouvoir s'affranchir : la beauté trouble des adolescents et leur hésitation quant au choix de leur orientation sexuelle, la nonchalance et le cynisme apparent des personnages, la mort, le tout filmé avec une indolence qui finit par être pesante, d’autant qu’en fond sonore, on retrouve toujours la musique douce-amère d'Alex Beaupain.

Mon opinion sur ce film

Ce film vient après Leschansons d'amour qui reste pour moi, parmi tous les films de Christophe Honoré que j'ai vus à ce jour, le meilleur.

Mon classement : Moins réussi que Les chansons d'amour dont il reprend les thèmes.

DVD : disponible en DVD. 

vendredi 10 avril 2015

INTO THE WILD film dramatique de Sean Penn (USA-2007)


Into the wild. Ce film, réalisé par Sean Penn, est l'adaptation d'un roman du même nom de John Krakauer (1996) inspiré de l'histoire vraie de Christopher McCandless.

Synopsis

Christopher McCandless (Emile Hirsch), fraîchement diplômé de l'Université Emory à Atlanta (Géorgie), l'une des 10 plus prestigieuses universités des Etats-Unis, décide de prendre une année sabbatique pour partir à la découverte des Etats-Unis. L'aventure aurait pu être celle de tout jeune décidé à s'octroyer un break après des études difficiles et de voir le monde. Mais Christopher poussa les choses à l'extrême : après avoir traversé l'Arizona, le Grand Canyon et le Colorado, puis le Mexique, il décida de partir pour l'Alaska.Après avoir atteint en auto stop Fairbanks, 2ème ville de l'état d'Alaska, et, partie par choix, partie parce qu'il est sans le sou, il se réfugie dans un bus abandonné où il restera une centaine de jours, vivant au plus près de la nature, chassant pour survivre et se nourrissant de plantes et de baies sauvages. Il découvre, dans cette vie, le bonheur et une paix spirituelle qu'il avait toujours recherchée. Au bout de deux ans de voyage, il décide néanmoins de retourner chez lui mais la fonte des eaux l'oblige à différer son départ. Sans ressources, terriblement amaigri, affaibli par les privations, il s'empoisonne accidentellement en mangeant des graines d'une plante toxique qu'il avait confondue avec une autre. Deux semaines après son décès, son corps sera retrouvé par hasard par des chasseurs. Il n’avait que 24 ans.

Mon opinion sur ce film

On ne peut s'empêcher, après avoir vu ce film, de ressentir une immense compassion pour ce garçon beau, intelligent et sympathique, qui savait se faire aimer de tous, mais que sa recherche d'absolu conduisit à une mort solitaire et stupide. Les paysages parcourus, les personnages rencontrés, l'amitié partagée, font de ce film une réussite cinématographique.

La musique envoûtante d'Eddie Vedder est indissociable de ce film qui laisse malgré tout un goût amer, l’impression d’un terrible gâchis.

La prestation de l'acteur qui joue le rôle de Christopher, Emile Hirsch, est remarquable. Elle lui a valu plusieurs récompenses et nominations. Il a poussé le professionnalisme à l'extrême, allant jusqu'à perdre plusieurs kilos et mettre sa vie en danger pour prendre l'apparence physique de son héros, tellement amaigri par les privations qu'il ne pesait plus que 30 kg.

Mon classement


 Difficile de donner une note à un tel film. Sur le plan cinématographique, le film est magnifique, les images, la musique, superbes, le jeu des acteurs remarquable. Mais l'impression que l'on en retire est celle d'une immense détresse, doublée d'un gâchis d’autant plus absurde que le héros n’a même pas choisi de mourir et que, jusqu’au dernier instant, on espère que quelque chose, le hasard ou des randonneurs viendront le sauver. 

jeudi 26 mars 2015

VOYAGE EN CHINE film de Zoltan Meyer (FR-2015)


Voyage en Chine est un film dramatique français réalisé par Zoltan Mayer et sorti en 2015.

Résumé

Liliane (Yolande Moreau) travaille comme infirmière dans un hôpital. Elle apprend la mort de son fils Christophe, survenue accidentellement en Chine où il s’était installé depuis plusieurs années comme photographe. Voulant rapatrier son corps en France, elle se heurte à l’absurdité de l'administration et aux assurances qui exigent un certificat de décès avant d'entreprendre quoique ce soit. Elle décide alors, sans en parler à son époux, Richard (André Wilms) avec qui Christophe ne s’entendait pas, de se rendre sur place, avec le peu d’éléments dont elle dispose.

Elle ne connaît évidemment pas la langue et baragouine un peu d’anglais, ce qui n’est pas pour faciliter le dialogue avec les Chinois, mais parvient par miracle à l'appartement qu'il occupait. N'arrivant pas à se faire comprendre, elle ne ne trouve pas l'étage et s'assoit en silence dans l'obscurité jusqu'à l'arrivée d'une jeune femme qui parle anglais : c'était la voisine de Christophe et elle a la clé de l'appartement. Elle l'invite à dîner puis, avec son aide, Liliane entreprend le long et pénible voyage vers le village du Sichuan où le corps de Christophe est conservé. Là, elle rencontre ses amis et sa petite amie qui, bien qu'attachée aux traditions religieuses taoïstes, travaille dans la mode et parle anglais et français. Au cours de son séjour, Liliane écrira un journal dans lequel elle s’adresse à son fils et lui confie toutes ses impressions et ses découvertes sur le pays où il avait choisi de vivre. Petit à petit, elle trouve sa place auprès de gens aimants et chaleureux qui compatissent à son deuil et elle décide de faire incinérer le corps sur place et de procéder à une cérémonie taoïste. Au moment de regagner la France, elle change ses plans, et reste en Chine, dans ce pays qu’aimait Christophe.

Critique

Yolande Moreau était l’actrice idoine pour jouer un tel rôle : maladroite, hésitante et toujours juste. Vêtue d'un long manteau rouge, hébétée par l'annonce de la mort de son fils, elle traîne une unique valise, perdue dans l'immense gare de Shanghai. Nous la plaignons d’être si gauche tout en admirant la ténacité bornée, presque minérale, avec laquelle elle avance, en écartant tous les obstacles. Bien que le film soit un peu lent et pas toujours très bien filmé (pourtant le réalisateur serait un célèbre photographe), nous sommes pris dans cette quête d’une mère qui, à travers ce voyage initiatique à l’envers, cherche à mieux comprendre un fils qu’elle n’a pas vu grandir et auquel elle continue à s’adresser comme à son « petit ». C’est terriblement émouvant et on a plus souvent les larmes aux yeux que le sourire aux lèvres devant les situations cocasses auxquelles est confrontée cette mère dévastée par la mort d'un enfant avec qui elle avait perdu le contact  sans toutefois jamais cesser de l'aimer.

Un coup de chapeau au compositeur de la musique du générique de fin, magnifique de nostalgie,

Par son côté contemplatif, et sa lenteur, ce Voyage en Chine évoque certains films de Theo Angelopoulous comme le Regard d'Ulysse ou le Voyage des comédiens. 

vendredi 6 février 2015

LES SOUVENIRS comédie de Jean-Paul Rouve (FR-2014)


Les Souvenirs est une comédie dramatique française d'après le roman éponyme de David Foenkinos. Le film, co-écrit et réalisé par Jean-Paul Rouve, est sorti en 2014.

Résumé

Le film commence (et se termine) par un enterrement. Il s’agit de celui du mari de Madeleine (Annie Cordy), mère de Michel (Michel Blanc) et grand-mère de Romain (Mathieu Spinosi). Romain, qui s’est « trompé de cimetière », arrive à la fin de la cérémonie. Madeleine, qui adore son petit-fils, ne lui en veut pas. Peu de temps après, Madeleine, qui vit seule, fait une chute sans gravité mais son fils Michel et ses deux autres fils prennent la décision, pour sa sécurité et leur tranquillité, de la mettre dans une maison de retraite. Aucun misérabilisme dans tout cela : la maison est agréable et Michel et Romain viennent rendre visite à leur mère et grand-mère presque quotidiennement. Mais Michel vend l’appartement de Madeleine sans lui en parler et, lorsque celle-ci le découvre, elle l’accepte mal, même si elle ne montre rien. Quelques jours après, elle s’enfuit de la maison de retraite et prend un train à la gare St. Lazare pour la Normandie. Sachant qu’elle a passé une partie de son enfance à Etretat, Romain prend la direction de cette ville. Il la retrouve sur place, assise devant un thé, à l’Hôtel des Falaises. Madeleine lui raconte qu’elle souhaitait revoir l’école qu’elle a dû quitter, en pleine année scolaire, lors de l’exode en 1940. Romain de Louise, la jolie institutrice (Flore Bonaventura) qu’elle laisse participer sa grand-mère à une journée de classe avec les enfants de l’école primaire. Mais, lors du retour à l’hôtel, Madeleine fait un malaise et décède peu après. Le film se termine, comme il avait commencé, sur un enterrement mais aussi sur les retrouvailles de Romain et Louise, venue à rendre un dernier hommage à la vieille dame, qui ont eu le coup de foudre l’un pour l’autre.

Critique


Difficile de classer ce film parmi les comédies, même si le ton reste léger et certains dialogues sont drôles. Car, ce dont il s'agit, c'est de la vieillesse et de la mort. Mais une vieillesse normale et assumée avec gaieté grâce à un scénario sensible et émouvant. Avec une Annie Cordy, toujours très juste, qui assume courageusement son âge (86 ans), un Michel Blanc, parfait dans un des rôles qu’il assume le mieux, celui de l’hypocondriaque et deux belles découvertes, celle de la délicieuse Flore Bonaventura, mais surtout celle d'un jeune comédien de 24 ans, MathieuSpinosi, d’une fraîcheur et d’une sincérité rares. Son  visage ne m’était pas inconnu, et pour cause, je l’avais déjà vu (et apprécié) dans la série Clem, où il joue le rôle de Julien, le premier compagnon de Clem et le père de son bébé, Valentin.    

La bande originale, dont la nostalgique est en harmonie avec le film, a été composée par Alexis Rault, musicien-interprète, qui a déjà travaillé sur plusieurs musiques de film. On y entend une sympathique réinterprétation de la chanson "Que reste-t-il de nos amours ?" de Trenet par Julien Doré. 

Les images tournées à Etretat sont particulièrement belles.

Dans le même esprit :

  • Et si on vivait tous ensemble ?    

mardi 30 décembre 2014

LA CITE DES ANGES film de Brad Silberling (USA-D 1998)


La Cité des anges (City of Angels) est un drame fantastique germano-américain réalisé par Brad Silberling, sorti en 1998. Le film se veut être un remake du film de Wim Wenders, Les ailes du désir (1987).

 Synopsis

Comme Bruno Ganz dans Les ailes du désir, Seth (Nicholas Cage) est un ange dont la mission est de réconforter les humains et de les assister à l'heure de leur mort. Comme Damiel et Cassiel dans le chef d’œuvre de Wenders, Seth doit se cantonner à son rôle d’observateur et il n'a pas le droit d'intervenir. Il ne ressent non plus aucune des sensations des humains et ne sait pas ce qu'est la joie, la peine ou l'amour.

Un jour, alors qu'il se trouve dans un hôpital, au côté d’une jeune chirurgienne, Maggie Rice (Meg Ryan), dont le patient vient de mourir alors qu’elle procède à une opération cardiaque, il est ému par sa détresse. Seth, invisible, la regarde pleurer. Pendant un bref instant, elle ressent sa présence et semble même l’apercevoir fugitivement. Marqué par cette rencontre où, pour la première fois, Seth a l'impression qu'un humain l'a vu, il se sent attiré vers elle.

Maggie doit malgré tout continuer à exercer son travail. Alors que Seth veille sur lui, le patient qu’elle doit opérer perçoit non seulement sa présence mais il s’adresse à lui. Pour Seth, c'est un grand choc : pour la première fois, il se rend compte qu’il n’est pas totalement invisible pour les humains. En fait, il s'avère que l'humain en question est un ancien ange "déchu" car il a renoncé à sa condition pour devenir humain.

Peu à peu, une relation se noue entre Seth et Maggie. Par amour, à l'instar des Les ailes du désir, Seth va renoncer à sa condition d'ange pour devenir humain. Pour mettre fin à sa situation angélique, il choisit de se « suicider » en sautant du haut d'un immeuble de plusieurs étages et il « devient » humain. Il ressent alors la douleur, la chaleur, les odeurs, mais, en changeant de condition, il a aussi perdu tous ses pouvoirs d'ange (entre autres celui de comprendre toutes les langues que parlent les humains).

Après être devenu humain, Seth retrouve Maggie, partie se reposer dans un chalet située sur les rives de Big Bear Lake, en Californie. Leur amour ne durera qu’une journée car, en revenant de faire des courses au village proche à vélo, Maggie est tuée par un camion sur l’étroite route qui la ramène au chalet. Foudroyé par la perte de celle que le sort lui a enlevée aussi rapidement, Seth ne regrettera toutefois pas d'avoir renoncé à sa condition d’ange pour vivre ne serait-ce qu'un moment de bonheur avec elle.

Distribution
  • ·         Nicolas Cage (Seth)
  • ·         Meg Ryan  (le docteur Maggie Rice)
  • ·         Andre Braugher (Cassiel)
  • ·         Dennis Franz (Nathaniel Messinger) 
Musiques

La bande son de City of angels mérite d'être citée car elle est particulièrement bien choisie et fait partie intégrante du film. Elle a d'ailleurs obtenu le titre de "Meilleure bande originale de l'année" lors des Teen Choice Awards 1999.

  • ·         Red House, interprété par Jimi Hendrix
  • ·         Further Up The Road, interprété par Eric Clapton
  • ·         Mama You Got A Daughter, interprété par John Lee Hooker
  • ·         Feelin' Love, interprété par Paula Cole
  • ·         If God Will Send His Angels, interprété par U2
  • ·         Hey! Ba-Ba-Re-Bop, interprété par Louis Prima
  • ·         That Old Black Magic, interprété par Frank Sinatra
  • ·         Angel, interprété par Sarah McLachlan
  • ·         Angelus, interprété par The Polish Radio National Symphony Orchestra
  • ·         Iris, interprété par les Goo Goo Dolls (meilleure chanson lors des BMI Film & TV Awards 1999)
  • ·         I Grieve, interprété par Peter Gabriel
  • ·         Uninvited, interprété par Alanis Morissette (meilleure chanson lors des ASCAP Film & TV Music Awards 1999)

Récompenses

 Meilleur acteur pour Nicolas Cage et meilleure bande originale, lors des Blockbuster Entertainment Awards en 1999.

Réception

Les critiques n'ont évidemment pas été tendres avec ce film qui ne cache pas ses emprunts à son illustre modèle. D'évidence, on ne peut mettre les deux films sur un pied d'égalité. Si l'on fait abstraction de cela, City of angels est un beau film romantique, qui touchera sans doute un public moins intellectuel et plus large que le film de Wenders. Son scénario n'est pas sans reproches : on note plusieurs incohérences et quelques mièvreries. Il n'empêche que c'est un film qui se laisse regarder et qui vaut par certaines de ses répliques, quelques trouvailles intéressantes, le jeu de ses acteurs, la beauté de ses images ainsi que par la qualité de sa bande son. 

Nicolas Cage sait être émouvant et Meg Ryan est touchante par sa fragilité et la détresse qu'elle peint. Quelques jolis seconds rôles aussi : la petite fille, le petit garçon...

mercredi 17 décembre 2014

OSCAR ET LA DAME ROSE film d'Eric-Emmanuel Schmitt (B-FR 2009)

[Article entièrement rerédigé le 17/12/2014]


Oscar et la Dame rose est un film franco-belgo-canadien réalisé par Éric-Emmanuel Schmitt, auteur du roman éponyme, paru en 2002, sorti en salles le 9 décembre 2009. Le Il s'agit du deuxième film réalisé par Éric-Emmanuel Schmitt après Odette Toulemonde (2007). Le film étant une adaptation du roman, la vieille dame du livre (et de la pièce) a laissé sa place à une livreuse de pizzas.

Synopsis

Oscar (Amir Ben Abdelmoumen), un petit garçon de 10 ans, est soigné dans un hôpital pour enfants pour un cancer en phase terminale. Ni les médecins, ni ses parents n’ont le courage de lui dire la vérité sur son état.

Seule Rose (Michèle Laroque), venue livrer des pizzas, parle franchement avec lui.  

Rose est une jeune femme à qui la vie n’a pas fait de cadeaux : ex-catcheuse reconvertie, pour gagner sa vie, dans la livraison de pizzas à domicile, elle s’est créé une carapace et, dans un premier temps, elle refuse tout attendrissement. Mais Oscar, par sa gentillesse et sa joie de vivre, parvient à l’amadouer et ils deviennent les meilleurs amis du monde. Pour le distraire, elle lui propose un jeu : faire comme si chaque jour comptait désormais pour dix ans. Ainsi, en quelques jours, Oscar vivra la vie qu’il ne pourra jamais vivre. Pour qu’il se confie davantage, Rose suggère à Oscar d’écrire à Dieu. Le petit garçon confiera ainsi chaque jour ses souffrances, ses angoisses, le temps qui passe, son premier amour…

Le destin de chacun sera bouleversé par cette improbable amitié.

Mon opinion sur ce film

Le film est traité comme une comédie mais son propos, la mort programmée d’un petit garçon de dix ans, est tragique. Aurait-il fallu confier le rôle de Rose à une actrice connue pour son duo comique avec Pierre Palmade. Qu’on me comprenne bien, je n’ai rien contre Michèle Laroque mais je pense qu’un acteur ou une actrice doit être en harmonie avec le personnage qu’elle joue : or, elle n’est pas crédible dans le rôle d’une ex-catcheuse reconvertie en livreuse de pizzas. Pourquoi ne pas avoir conservé la merveilleuse vieille dame du roman, incarnée avec toute la subtilité  qu’on lui connaît par Danielle Darrieux au théâtre ?

Quel que soit le talent  de Michèle Laroque, il était présomptueux de penser qu’elle pourrait « passer » dans le rôle de Rose.

Dommage car les autres acteurs, les enfants en particulier le jeune Amir, sont, comme souvent, parfaits dans leur rôle. Une mention toute particulière aussi pour Mylène Demongeot, que j’ai retrouvée avec plaisir, même si, là non plus, elle n’est pas très crédible dans le rôle de la mère de Rose.

On se demande à quoi a pensé la direction du casting lorsqu’elle a distribué les rôles !?

Malgré tout le film est bouleversant et mérite d'être vu et, à moins d'être blindé, il vous sera difficile de retenir vos larmes... Attention cependant si vous avez des proches qui connaissent ou ont connu des situations semblables et ne pourraient supporter le difficile propos du film. 

mardi 7 octobre 2014

PS, I LOVE YOU de Richard LaGravenese (USA-2007)



PS , I love you by Richard LaGravenese (2007).  Ce film est l’adaptation du best-seller de Cecelia Ahern paru en 2004 dont c’était le premier roman. Les deux acteurs principaux sont Hilary Swank et Gerard Butler.

Synopsis

L'action se déroule à New-York et en Irlande. Holly (Hilary Swank) et Gerry (Gerard Butler) sont mariés depuis quelques années et vivent dans un appartement trop petit du Lower East Side à Manhattan. Ils sont toujours terriblement amoureux l’un de l’autre mais ils se chamaillent en permanence comme deux ados, principalement à propos de l'exiguïté de l'appartement et de leurs revenus. Ils voudraient un enfant et Holly, qui va avoir 30 ans, souhaite ardemment l'avoir au plus vite. Mais, très pragmatique, elle voudrait d'abord que leur situation financière se stabilise et leur permette de déménager pour un appartement plus grand. Comme elle  travaille dans une agence immobilière avec son amie Gina (Sharon McCarthy), elle est frustrée, car elle fait constamment visiter des appartements qu’elle ne peut s’offrir. Gerry est un garçon un peu immature, artiste, qui a monté, avec son copain John une entreprise de location de voitures. On comprend que ce n'est pas son premier essai pour trouver une situation stable et qui rapporte et, sans le lui reprocher ouvertement, Holly le vit mal. 

Le jeune couple est entouré d'un groupe de bons copains, parmi lesquelles les inséparables amies de Holly, Barbara (Lisa Kudrow, ex-Friends), aux alentours de la 30e, toujours à la recherche de l'homme idéal, et Sharon, avec laquelle Holly travaille à l'agence immobilière. Il y a aussi la mère de Holly, Patricia (Kathy Bates, toujours remarquable) qui tient un bar-restaurant mais n'a jamais vraiment accepté le mariage de sa fille avec Gerry, qu'elle a toujours considéré comme un "branleur".  Son barman est Daniel (Harry Connick Jr, excellent), un garçon assez mal dans sa peau.  Quant Gerry meurt d'une tumeur cérébrale, Holly s’enferme dans son deuil et sombre dans la dépression. Quelque temps après, à l’occasion de son 30ème anniversaire, Holly reçoit un gâteau et un enregistrement audio avec la voix de son mari qui la pousse à reprendre le contrôle de sa vie. Dix autres messages suivront, qui se terminent tous par "PS, I love you") dans lesquels il amènera sa femme à reprendre pas à pas sa vie en main et à vivre sans lui.

Avant de mourir, Gerry a réservé, auprès d'une agence de voyages, un séjour en Irlande pour Holly et ses deux amies, Denise et Sharon. En arrivant dans la maison de location, deux lettres de Gerry les attendent. Elles leur donnent pour instruction de se rendre dans un pub où chante William, l'ami d'enfance de Gerry. Le soir, Holly, désemparée, passe la nuit avec lui. Pendant leur séjour, Denise annonce qu'elle est fiancée et Sharon révèle qu'elle est enceinte, ce qui amène de nouveau Holly à se replier sur elle-même.

De retour à New-York, Holly reçoit une nouvelle lettre de Gerry. Il lui dit de réaliser son rêve : se lancer dans la conception de chaussures pour femmes, qui, depuis ses études d'art, a toujours été son projet et sa passion, et elle y réussit assez bien. Lors d’une entrevue où elle craque dans les bras de sa mère, celle-ci sort de sa poche la dernière lettre de Gerry, lui confessant qu’avant de mourir, il lui avait fait promettre de lui servir de messager. Holly et sa mère repartent en Irlande pour rendre visite aux parents de Gerry (qui n'étaient pas venus au mariage); Holly y retrouve William et on pense qu’elle va désormais faire sa vie avec lui.

Mon jugement

Très beau film qui traite, apparemment avec légèreté, d'un sujet difficile (la mort d'un être aimé) et des options qui restent à celui qui survit : soit se laisser aller à la souffrance et au désespoir, soit  tourner la page  sans oublier cependant ce qu'on a vécu avec l'être aimé.

L'idée des lettres écrites à l'avance est originale mais c'est surtout l'humour permanent qui parcourt les dialogues qui permet d'apprécier ce film et d'éviter le pathos. La partie tournée en Irlande, couverte de bruyères, est magnifique ainsi que la bande son, mêlant chants irlandais et la BO écrite par James Blunt.

mardi 30 septembre 2014

LE SECRET DE CHARLIE film de Burr Steers (USA-2010)


Le secret de Charlie (titre original : Charlie St. Cloud) est un film américain de Burr Steers sorti en 2010.

Synopsis

Charlie St. Cloud (Zac Efron) vient de terminer le lycée avec son diplôme en poche et ses succès aux championnats de voile lui ouvrent la porte de la prestigieuse université de Stanford. Il est très attaché à son petit frère, Sam (Charlie Tahan), fan des Red Socks, à qui il enseigne le base-ball. Les deux garçons sont élevés par leur mère Claire, infirmière (Kim Bassinger). Un soir, alors que Claire est partie travailler et qu'elle a confié Sam à la garde de Charlie, celui-ci emprunte la voiture familiale pour aller faire une virée avec ses copains. Son petit frère le surprend et exige de monter avec lui. Mais, alors qu'ils chahutent, un chauffeur ivre les percute, tuant Sam sur le coup. Charlie est déclaré mort mais l'infirmier du Samu, Florio Ferrente, ne veut pas s'avouer vaincu et, après de multiples tentatives, réussit à relancer son coeur. Charlie qui, avant sa mort, a promis à Sam de ne jamais le laisser seul, abandonne toute idée de poursuivre sa carrière de sportif et ses brillantes études universitaires et accepte le job de gardien du cimetière pour rester en contact avec Sam. Il partage ce travail avec son copain Alistair (Augustus Prew), un garçon farfelu avec qui il partage tout, sauf son secret : tous les soirs, au premier coup de canon tiré depuis le Bailey's yacht club, il court rejoindre son frère décédé dans un endroit caché de la forêt entourant le cimetière pour une séance d'entrainement de base-ball.

Cinq ans se sont écoulés. Par hasard, il revoit une ancienne copine de lycée, Tess Carol (Amanda Crew), devenue un skipper prometteur, qui s'apprête à se lancer dans une course en solitaire autour du monde, à la barre d'un magnifique voilier. Leur première rencontre se fait dans le cimetière où Tess vient rendre visite à son père puis ils se revoient et deviennent intimes. Quelques jours après, Tess, n'écoutant que son envie de naviguer et ne tenant aucun compte de la météo qui annonce une forte tempête, prend la mer et son bateau se fracasse contre les récifs. Peu avant, elle a rendu visite à Charlie et ils ont fait l'amour.

Apprenant l'accident, Charlie comprend que Tess ne pouvait être dans ses bras lorsqu'ils ont passé la nuit ensemble et que Tess est toujours en vie, quelque part, et l'appelle au secours. Il est partagé entre la promesse faite à son frère de le retrouver tous les soirs et celle de partir à la recherche de Tess et de la sauver si toutefois cele est encore possible. Finalement, il "abandonne" Sam, qui est mort, pour Tess qui est encore peut-être en vie. Convaincant son copain Alistair et volant le bateau de l'instructeur de Tess, Tink, qui ne croit plus en sa survie, ils la retrouvent et la ramènent à terre.

Mon opinion sur ce film

Ce film présentait tous les éléments du mélo : acteur pour midinettes, sans beaucoup d'épaisseur, histoire fantastique un peu tirée par les cheveux, sensibilité poussée jusqu'à la sensiblerie, etc. Eh bien, n'en déplaise aux pisse-froid, j'ai aimé ce film et trouvé que Zac Efron et surtout Charlie Tahan, le petit frère, tenaient bien leur rôle. Quant à la mise en scène, elle reste d'une telle sobriété que son aspect fantastique en est presque gommé. Pas d'effets de lumière, pas de sentimentalisme à grandes eaux... C'est un très beau film, sensible, fin, qui aborde la mort d'un proche avec délicatesse et finesse, sans aucune des mièvreries qu'on aurait pu attendre d'un tel sujet. Bravo au réalisateur, bravo à Zac Efron, bravo surtout à Charlie Tahan, qui joue au "petit dur" du haut de ses neuf ans.

Mon classement

 > Bon film. A voir.

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vendredi 26 septembre 2014

RESTLESS de Gus Van Sant (USA-2011)


[Film le 15/10/2011 en VO au Navire à Aubenas- Reprise de ma critique du 16/10/2011]

Restless est un film américain réalisé par Gus Van Sant, inspiré de la pièce de théâtre de Jason Lew, dont la sortie en salles en France a eu lieu le 21 septembre 2011. Le film a été présenté en sélection officielle du festival de Cannes 2011 dans la section "Un Certain regard".

Synopsis

Depuis la mort tragique de ses parents, le jeune Enoch a comme passe-temps favoris de participer aux funérailles d’inconnus et de converser avec son ami imaginaire Hiroshi, fantôme d'un kamikaze japonais. Un jour, sa route croise celle d'Annabel, une jolie jeune fille en phase terminale d'un cancer, et qui continue malgré tout de croquer la vie à pleines dents. Entre eux débute alors une singulière histoire d'amour où chaque minute compte...

Le film

La première scène nous montre un jeune homme, Enoch Brae (Henry Hopper, fils de Dennis Hopper), qui assiste à un service funèbre. Jusque-là, rien que de très normal. Le hic, c’est que le jeune homme n’a aucun lien de parenté avec le défunt et que la scène se répète à d’autres enterrements. On se dit que c’est une drôle d’occupation pour un ado… En fait, Enoch, habillé comme un dandy vintage, «fait» les enterrements comme d’autres « taperaient l’incruste » dans les cocktails de vernissages où ils ne sont pas invités. Lors de ce premier enterrement, il échange un sourire avec une jolie jeune fille qu’il retrouve à un autre enterrement. Comme sa conduite étrange finit par le faire remarquer, elle le sauve d’un mauvais pas en le faisant passer pour quelqu’un de la famille. Leur rencontre est-elle le fruit du hasard ? Comme il s’étonne qu’elle partage la même fascination que lui pour les enterrements, Annabel (Mia Wasikowska) lui dit qu’elle travaille à titre bénévole dans un service où l’on soigne les jeunes cancéreux. Par ailleurs, dès qu’il rentre chez lui, Enoch retrouve Hiroshi (Ryo Kase), avec qui il joue à la bataille navale. Or Hiroshi, que l’on prend au début pour son colocataire, est ce que l’on appelle « l'ami imaginaire » d'Enoch. Là encore, on se dit que le garçon « en a un grain» car, s’il est normal pour un jeune enfant d’entretenir un « ami imaginaire », ça l’est beaucoup moins chez un adolescent. Dans le cas d’Hiroshi, il est le fantôme d’un jeune kamikaze japonais de la 2ème Guerre mondiale. Bizarre, le gamin ! Par ailleurs, Enoch a cessé d’aller au lycée et il ne sort plus de sa chambre que pour aller assister à des cérémonies funéraires dédiées à des défunts inconnus, rendre visite à ses parents (au cimetière), ou se balader avec Hiroshi le long d’une rivière dans laquelle on imagine qu’il a tenté de se suicider, et jeter des pierres sur les trains qui passent. Quant à Annabel, si elle se passionne pour Darwin, l’évolutionnisme et les oiseaux marins migrateurs, elle adore aussi dessiner des insectes charognards. Pas très gai, tout cela…

On comprend mieux le comportement bizarre d’Enoch, sa fascination pour la mort, sa phobie des voitures, ses accès soudains de violence (il s’est fait renvoyer du lycée après avoir sérieusement blessé un de ses camarades) quand on sait que ses parents sont morts dans un accident de la route et qu'il ne leur a pas pardonné de l'avoir "abandonné". Quant à Annabel ‘Annie’, elle n’est pas bénévole dans un hôpital pour jeunes cancéreux mais patiente, en phase terminale d’un cancer du cerveau. Pour ces deux êtres fragiles, leur rencontre est l’occasion d’une relation exceptionnelle. En apprenant la mort imminente d’Annabel, Enoch, que l’on aurait pu croire conduit par une fascination un peu morbide, lui propose simplement de l’aider à vivre ses derniers jours, l’entraînant dans un tourbillon d’activités (patinoire, fête d’Halloween, musique, balades, etc.) Luttant contre la douleur, la colère et l’absurdité de leur destin, les deux jeunes gens vont mettre toutes leurs forces à profiter du sursis qui leur est donné. En fin de compte, même si Annabel est inexorablement condamnée et si on pouvait penser que sa mort ôterait à Enoch le peu de forces qui lui restent pour vivre, c’est le contraire qui se passe : lorsqu’il apprend qu’il n’y a plus rien à faire, après une ultime révolte, il verse enfin des larmes, chose qu’il n’avait jamais pu faire depuis pour la mort de ses parents et les souvenirs de ce qu’il a vécu avec Annabel éclaireront à jamais son chemin.

Critique
            J’avais diversement apprécié les films précédents de Gus Van Sant : si j’avais beaucoup aimé l’excellent Will Hunting (1997) ou encore Harvey Milk (2008), My own private Idaho (1991), Elephant  (2003) ou Paranoïd Park  (2007) où il dépeint, avec beaucoup de talent, je dois le reconnaître, la désespérance d’une jeunesse sans repères et la haine et la violence qu’engendre une société déboussolée.

Restless est a priori un film qui contient tous les ingrédients qu’affectionne le réalisateur : fascination pour la mort, particulièrement celle d'adolescents fauchés au début de leur existence alors qu’ils avaient tout l’avenir devant eux et l’absence, l'indifférence, l'aveuglement ou la démission des adultes, qui conduisent des êtres psychologiquement fragiles à de terribles drames.


Je ne m’explique pas trop le titre choisi par le réalisateur. Restless, cela signifie « Sans repos ».  Or, lorsque le film se termine, même si le destin tragique de ces deux adolescents beaux et fragiles nous a touchés au cœur, nous sommes au contraire apaisés et on pense qu’Enoch l’est aussi car il garde de sa brève rencontre avec Annie la joie et le goût de la vie que leur brève histoire d’amour a pu lui insuffler. C’est un film que je n'hésiterai pas de qualifier de magique, plein de grâce, de légèreté et de drôlerie, qui recèle un formidable message d’optimisme et de joie. Esthétiquement c’est aussi un film très travaillé (les vêtements d'Enoch et d'Annabelle, atypiques, hors du temps), les paysages de neige..., rythmé par une bande son parfaite où la musique d’Elliott Smith, lui aussi disparu très jeune, sert de fil rouge.    

mercredi 6 août 2014

RENCONTRE AVEC JOE BLACK de Martin Brest (USA-1998)


Rencontre avec Joe Black (Meet Joe Black dans la version originale) est un thriller fantastico-romantique américain, réalisé par Martin Brest, sorti sur les écrans en 1998. Le sujet est inspiré d'une pièce de théâtre des années 20 « La morte va in vacanza » (« La mort prend des vacances ») d'Alberto Casella. Une première adaptation cinématographique avait déjà été réalisée en 1934 par Mitchell Leisen.

Synopsis

Bill Parrish (Anthony Hopkins) est un richissime homme d'affaire et il a tout pour être heureux, jusqu'au jour où un certain Joe Black se présente à lui. En réalité Joe Black est l'incarnation de la Mort. Une mort très sympathique puisqu'elle revêt les traits d'un charmant jeune homme (Brad Pitt). La mort, donc fait à Bill une proposition : il peut retarder l'échéance en échange d'une semaine de vacances qui lui permettront de comprendre pourquoi la vie est si importante. La vie de Bill en sera alors bouleversée. Mais le hasard s'en mêle : Joe tombe amoureux de la fille de Bill, Susan (Claire Forlani), ce qui va complètement changer la donne.

Mon opinion sur ce film

On sait depuis longtemps que Brad Pitt peut être un remarquable acteur. Dans ce film, il met sa beauté et son charisme au service d'une Mort extrêmement séduisante, très BCBG, à laquelle il est difficile de résister.

Martin Brest est surtout connu pour avoir réalisé Le flic de Berverly Hill (1984) avec Eddie Murphy, une comédie qui obtint un tel succès qu’elle fut suivie par deux autres opus, confiés à Tony Scott (Le flic-2, 1987) et John Landis (Le flic-3, 1994). Martin Brest n’eut pas beaucoup de chance avec ses films suivants : Midnight Run (1988) et Le Temps d'un week-end (1992), jusqu’à  Rencontre avec Joe Black.  

Or, bien que ce film rassemble tous les ingrédients pour plaire au public américain (des acteurs de premier plan, un scénario bien construit, une certaine légèreté avec un bon équilibre entre humour et émotion, une bande son intéressante...), il a été boudé Outre Atlantique. Il s'est heureusement rattrapé dans le reste du monde. 

Pourtant, après ce film, le réalisateur n'en a fait qu'un seul autre, Gigli et ce, seulement en 2003 qui, malgré une distribution prestigieuse (Ben Affleck, Jennifer Lopez, Al Pacino et Christopher Walken) a été un échec et a même été considéré par les critiques comme « l'un des plus mauvais films de 2003 », ce que je ne pourrais ni contester ni confirmer tant que je ne l’aurai pas vu. Hollywood est souvent d’une cruauté sans bornes pour les perdants. Depuis, Martin Brest a quasiment été banni des studios et n'a plus réalisé aucun film.