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vendredi 5 avril 2019

MA VIE AVEC JOHN F. DONOVAN de Xavier DOLAN (CA-2018)



Ma vie avec John F. Donovan (Titre original : The Death & Life of John F. Donovan) est un film canadien, co-écrit, co-produit et dirigé par Xavier Dolan. Il s’agit du premier film du réalisateur québécois tourné en anglais. Le film traite de thèmes comme la célébrité, le harcèlement médiatique des acteurs, les relations filiales, et l’homosexualité. Le film est sorti en 2018 au Canada et, en France, en mars 2019. Durée 2 : 03 H.

Résumé

Un jeune garçon de 11 ans, Rupert Turner (Jacob Tremblay), entretient pendant cinq ans une relation épistolaire avec John F. Donovan (Kit Harington), un acteur de série télévisée à succès qu’il admire. Dix ans après sa mort à 29 ans, devenu lui-même acteur, il est interviewé par une journaliste sur cet échange de lettres entre un jeune admirateur et son idole.

Distribution

  • ·        Kit Harington (VF : Damien Boisseau) : John F. Donovan
  • ·        Jacob Tremblay (VF : Aloïs Agaësse-Mahieu) : Rupert Turner, à onze ans
  • ·        Natalie Portman (VF : Sylvie Jacob) : Sam Turner, la mère de Rupert
  • ·        Susan Sarandon (VF : Béatrice Delfe) : Grace Donovan, la mère de John
  • ·        Kathy Bates (VF : Denise Metmer) : Barbara Haggermaker, l'agent artistique de John
  • ·        Thandie Newton (VF : Annie Milon) : Audrey Newhouse, la journaliste
  • ·        Ben Schnetzer (VF : Gauthier Battoue) : Rupert Turner, à vingt-et-un ans
  • ·        Amara Karan (VF : Elisabeth Ventura) : Mme Kureishi, la maîtresse de Rupert
  • ·        Jared Keeso (VF : Adrien Antoine) : James « Jimmy » Donovan, le frère de John
  • ·        Chris Zylka (VF : Emmanuel Garijo) : Will Jefford, Jr.

Mon opinion

J’avais été rebuté par les films précédents de Xavier Dolan que l’on présente pourtant, depuis son 1er film J’ai tué ma mère (2009) comme un réalisateur surdoué. J’hésitais à aller voir ce film, craignant des relations pédophiles entre un homosexuel de 30 ans et un garçonnet de 11 ans. Or, il n’y a rien d’ambigu ni de glauque dans leurs échanges. Le film s’attache surtout à explorer la difficulté de la vie d’un acteur, son combat contre la bêtise et le sectarisme quand on découvre l’homosexualité qu’il a toujours voulu cacher, ses relations tendues avec sa famille (en particulier avec sa mère), sa fragilité… En écrivant à Rupert, il le considère plus comme un ami et un confident qu’un enfant et il se borne à lui raconter sa vie professionnelle, lui donner des conseils, etc. Un film délicat, sensible et sincère et un magnifique jeu d’acteur au premier rang desquels Jacob Tremblay (découvert dans Wonder), mais aussi Kit Harington que je ne connaissais pas. J’ai beaucoup aimé ce film.      

samedi 14 janvier 2017

TITANIC film de James Cameron (USA-1997)


Titanic est un film dramatique américain écrit, produit et réalisé par James Cameron, sorti en 1997. Une nouvelle version, adaptée pour la  3D, a été diffusée en salles en avril 2012 à l’occasion du centenaire du naufrage du paquebot.

Résumé

Le film raconte l'histoire fictive de l’idylle de deux jeunes passagers embarqués sur le paquebot  Titanic au moment de sa traversée inaugurale de l’Atlantique en avril 1912 : Rose (KateWinslet) est une passagère de première classe promise au mariage à Cal (Billy Zane*), un homme riche qu’elle déteste et Jack (Leonardo DiCaprio), un jeune homme d’origine irlandaise qui s’embarque à la dernière minute en troisième classe pour retourner aux États-Unis. Rose, se sentant prise au piège, est sur le point de se suicider lorsque Jack lui sauve la vie. Séduite par la personnalité de Jack, Rose tombe amoureuse de ce beau jeune homme sans le sou qui représente pour elle la liberté. Malheureusement pour les deux jeunes gens, le naufrage du navire interrompra brutalement cette idylle.

Le film commence de nos jours: Brock Lovett est le coordinateur d'une équipe de plongeurs à la recherche d'un bijou somptueux embarqué sur le Titanic, le Cœur de l'Océan, inspiré du diamant bleu de la Couronne. Ce joyau, d'une valeur inestimable, aurait été porté par Louis XVI. Sa découverte apporterait la gloire aux plongeurs. Mais, lorsqu'ils remontent le coffre-fort censé le contenir, les plongeurs ne retrouvent que le dessin d’une jeune femme nue portant le joyau autour du cou.

À des milliers de kilomètres de là, une très vieille dame, Rose Calvert, voit ce dessin sur l'écran de son téléviseur. Elle contacte Lovett et lui affirme qu'elle est la jeune fille qui a servi de modèle à l’artiste. Elle est l'une des rares survivantes du naufrage du Titanic encore en vie. L’équipe l’invite sur le bateau de recherches sous-marines et Rose leur raconte son histoire d’amour avec Jack Dawson, les circonstances de leur rencontre, le terrible naufrage et comment elle y a survécu.

* Le psychopathe de Calme Blanc

Déroulement des faits

Le 10 avril 1912, Rose embarque sur le Titanic à Southampton avec sa mère, Ruth DeWitt Bukater, son fiancé, Caledon 'Cal' Hockley (Billy Zane), et leurs domestiques. Pendant ce temps, dans un pub du port, quatre hommes disputent une partie de poker. Deux d'entre eux ont misé leurs billets de troisième classe pour le Titanic, billets que remportent finalement leurs adversaires, deux inséparables copains, Jack (DiCaprio) et Fabrizio (Danny Nucci). Ceux-ci embarquent ainsi sur le paquebot sous le nom des perdants.

Alors que commence la traversée, Rose se sent de plus en plus piégée par une haute société qui veut lui faire épouser un homme qu'elle n'aime pas. Finalement, le soir du vendredi 12 avril, après le dîner, elle tente de se suicider en sautant de la poupe du navire. Jack, qui flânait sur le pont, se précipite à son secours et réussit à la sauver. Lorsque Cal et d'autres passagers arrivent sur les lieux, ils croient à un accident et, pour remercier Jack d’avoir sauvé la vie de sa fiancée, ce dernier l'invite à dîner dans la salle à manger des première classe. Jack, qui n’est pas dans son monde, séduit la majorité des convives, en particulier Margaret « Molly » Brown (Kathy Bates), grâce à sa beauté, à son intelligence et à son énergie. 

Le lendemain, samedi 13 avril, Jack et Rose passent la journée ensemble sur le pont du Titanic, discutant de leur vie. Rose envie l'indépendance de Jack et son absence d'attaches. Grâce à Molly, qui l’a pris sous son aile, Jack fait bonne impression au dîner où la plupart des invités se montrent amicaux, à l'exception de Ruth De Witt, la mère de Rose, et de Cal qui essaient de le rabaisser sans y parvenir. Jack fait aussi bonne impression sur de riches passagers, comme le milliardaire John Jacob Astor (le propriétaire du Waldorf Astoria) et de sa jeune épouse Madeleine. Après le repas, Jack invite Rose à une fête en troisième classe, sans savoir qu'ils sont suivis et épiés par le valet et âme damnée de Cal, Lovejoy.

Le matin suivant, Cal fait une violente scène à sa future épouse, lui reprochant d'avoir découché. La mère de Rose lui exprime également ses craintes : si le mariage avec Cal n'a pas lieu, leur famille, ruinée, perdra sa place dans la société. Rose décide donc de se sacrifier pour le bien de sa mère. Jack s'introduit frauduleusement en première classe pour la raisonner, mais en vain : Rose refuse. Ce n'est qu'au coucher du soleil qu'elle se décide à le rejoindre. S'étant dévêtue, elle sort du coffre le Cœur de l'Océan et le passe à son cou et elle demande à Jack, de faire un dessin d'elle. Lovejoy les surprend et les deux jeunes gens se réfugiant dans les salles des chaudières puis dans la cale, où ils font l'amour à l'intérieur d'une Renault 1912. Peu après être ressortis sur le pont, ils assistent à la collision du Titanic avec un iceberg.

Rose et Jack décident d'aller prévenir Ruth et Cal qu'un incident s'est produit, et retournent à la cabine de Rose, mais au moment d'entrer dans la cabine, Lovejoy glisse le bijou dans la poche de Jack, l'accusant de l'avoir volé. Jack est alors enfermé, menotté, dans le bureau du capitaine d'armes. Rose, mise au courant de la gravité de la situation par le concepteur du navire, Thomas Andrews, au moment de monter dans un canot avec sa mère, remonte sur le pont afin de libérer Jack. Après qu’elle ait réussi in extremis à lui rendre sa liberté avant qu’il ne soit noyé par la montée de l'eau, tous deux réussissent à gagner le pont des embarcations. Jack et Cal persuadent Rose de monter dans un canot (Cal a négocié un arrangement avec un officier pour être évacué), mais celle-ci ne peut abandonner Jack. Juste avant cela, Cal a mis son manteau sur les épaules de Rose en oubliant que le Cœur de l'Océan se trouvait encore dans une des poches. Mais, lorsque Cal se rend compte que Rose a choisi de rester sur le bateau en train de couler avec son amant, il est pris d’une rage meurtrière et il les  poursuit pour les tuer. N’y parvenant pas, il se fait passer pour le père d’une fillette et l'utilise comme prétexte pour embarquer sur l’un des derniers canots. Pendant que le Titanic pique du nez, Jack et Rose se réfugient sur le pont arrière. Fabrizio, l'ami avec qui Jack avait embarqué, est tué par la chute de la première cheminée du paquebot. Lorsque le navire sombre, les deux amants se jettent dans l'eau glacée et trouvent pour refuge une pièce de bois flottant. Seule Rose peut s'y agripper mais Jack, plongé dans l’eau glacée jusqu’aux épaules, meurt d'épuisement. Avec une poignée de rescapés, Rose est secourue et survit. À son arrivée à New York, elle s’identifie comme étant « Rose Dawson », et fait croire à sa famille qu’elle est morte dans le naufrage.

De retour en 1996, Rose conclut son histoire, expliquant que Cal, à sa connaissance, s'est suicidé pendant la Grande Dépression. Nul ne sait ce qu'il est advenu du Cœur de l'Océan. La nuit venue, on voit Rose quitter la cabine qu’elle occupe sur le bateau de recherches sous-marines et s’avancer jusqu’à la poupe. Là, elle sort de sa poche le fameux joyau qu’elle a donc conservé toute sa vie et le jette dans l'Atlantique. Elle retourne à sa cabine où elle s’endort (à moins qu’elle ne meure) et rêve qu’elle rejoint Jack et toutes les victimes du naufrage réunies sur le Grand Escalier du Titanic reconstitué pour un baiser final et émouvant.

Fin alternative

Une fin alternative existe sur les DVD "édition spéciale" et "édition collector". Elle présente la fin du film d’un autre point de vue.

Après le retour du sous-marin, une fête est organisée sur le bateau. Pendant que la petite-fille de Rose la cherche, elle tombe sur Brock Lovett et ils entament une discussion. Entre temps, Rose s'approche sur le bord du bateau avec l'intention de jeter le Cœur de l'Océan. La petite-fille de Rose surprend cette dernière en train de monter sur la barre de sécurité, pensant qu'elle va se suicider ou tomber. Brock et la petite-fille de Rose se rendent compte qu’elle tient dans la main le bijou. Le chercheur veut convaincre la vieille dame de le garder mais celle-ci refuse. Brock lui demande alors de lui permettre de le toucher une seule fois. Elle accepte, le met dans sa main mais Brock est tenté de le garder. Rose finit par le convaincre de la laisser jeter le diamant par-dessus bord.

Le tournage

Le cadre du film, reconstitution fidèle du naufrage, a été mis au point avec l'aide d’historiens, Don Lynch et Ken Marschall, qui ont étudié les circonstances dans lesquelles a coulé le Titanic. Le tournage a nécessité la construction d'une maquette quasi grandeur nature du paquebot, des expéditions sur l'épave et de nombreux effets spéciaux, notamment numériques. Le film a entraîné un regain d'intérêt notable pour le véritable naufrage du Titanic qui s'est traduit par la publication ou la réédition de nombreux ouvrages sur le sujet.

Le film est le second plus grand succès de l'histoire du cinéma après Avatar et a égalé le record de onze Oscars en 1998, dont ceux du meilleur film et du meilleur réalisateur. En France, ce film aura cumulé un total de près de 22 millions de spectateurs avec les reprises (dont 20,7 millions d'entrées lors de sa première sortie en janvier 1998), plaçant le film en tête du box-office français de tous les temps.

Mon opinion sur ce film

Je n’avais pas vu le film lors de sa sortie au cinéma en 1997, ni lors de la projection de sa version 3D en 2012 mais je n’ai pas pu résister lorsqu’il est repassé, récemment, à la télévision. C’est un grand film, magnifiquement mis en scène. Seule la scène du naufrage et le calvaire des naufragés m’a paru insupportable et aurait pu, à mon avis, être raccourci d’une bonne demi-heure. Tout le talent de DiCaprio, que ceux qui avaient déjà vu Gilbert Grape, tourné trois ans plus tôt, y éclate littéralement. Son duo avec Kate Winslet qui, malgré ses 21 ans au moment du tournage, ressemble à une adolescente, restera inoubliable pour tous les cinéphiles. Titanic est et restera l’un des meilleurs films de tous les temps.     

mardi 7 octobre 2014

PS, I LOVE YOU de Richard LaGravenese (USA-2007)



PS , I love you by Richard LaGravenese (2007).  Ce film est l’adaptation du best-seller de Cecelia Ahern paru en 2004 dont c’était le premier roman. Les deux acteurs principaux sont Hilary Swank et Gerard Butler.

Synopsis

L'action se déroule à New-York et en Irlande. Holly (Hilary Swank) et Gerry (Gerard Butler) sont mariés depuis quelques années et vivent dans un appartement trop petit du Lower East Side à Manhattan. Ils sont toujours terriblement amoureux l’un de l’autre mais ils se chamaillent en permanence comme deux ados, principalement à propos de l'exiguïté de l'appartement et de leurs revenus. Ils voudraient un enfant et Holly, qui va avoir 30 ans, souhaite ardemment l'avoir au plus vite. Mais, très pragmatique, elle voudrait d'abord que leur situation financière se stabilise et leur permette de déménager pour un appartement plus grand. Comme elle  travaille dans une agence immobilière avec son amie Gina (Sharon McCarthy), elle est frustrée, car elle fait constamment visiter des appartements qu’elle ne peut s’offrir. Gerry est un garçon un peu immature, artiste, qui a monté, avec son copain John une entreprise de location de voitures. On comprend que ce n'est pas son premier essai pour trouver une situation stable et qui rapporte et, sans le lui reprocher ouvertement, Holly le vit mal. 

Le jeune couple est entouré d'un groupe de bons copains, parmi lesquelles les inséparables amies de Holly, Barbara (Lisa Kudrow, ex-Friends), aux alentours de la 30e, toujours à la recherche de l'homme idéal, et Sharon, avec laquelle Holly travaille à l'agence immobilière. Il y a aussi la mère de Holly, Patricia (Kathy Bates, toujours remarquable) qui tient un bar-restaurant mais n'a jamais vraiment accepté le mariage de sa fille avec Gerry, qu'elle a toujours considéré comme un "branleur".  Son barman est Daniel (Harry Connick Jr, excellent), un garçon assez mal dans sa peau.  Quant Gerry meurt d'une tumeur cérébrale, Holly s’enferme dans son deuil et sombre dans la dépression. Quelque temps après, à l’occasion de son 30ème anniversaire, Holly reçoit un gâteau et un enregistrement audio avec la voix de son mari qui la pousse à reprendre le contrôle de sa vie. Dix autres messages suivront, qui se terminent tous par "PS, I love you") dans lesquels il amènera sa femme à reprendre pas à pas sa vie en main et à vivre sans lui.

Avant de mourir, Gerry a réservé, auprès d'une agence de voyages, un séjour en Irlande pour Holly et ses deux amies, Denise et Sharon. En arrivant dans la maison de location, deux lettres de Gerry les attendent. Elles leur donnent pour instruction de se rendre dans un pub où chante William, l'ami d'enfance de Gerry. Le soir, Holly, désemparée, passe la nuit avec lui. Pendant leur séjour, Denise annonce qu'elle est fiancée et Sharon révèle qu'elle est enceinte, ce qui amène de nouveau Holly à se replier sur elle-même.

De retour à New-York, Holly reçoit une nouvelle lettre de Gerry. Il lui dit de réaliser son rêve : se lancer dans la conception de chaussures pour femmes, qui, depuis ses études d'art, a toujours été son projet et sa passion, et elle y réussit assez bien. Lors d’une entrevue où elle craque dans les bras de sa mère, celle-ci sort de sa poche la dernière lettre de Gerry, lui confessant qu’avant de mourir, il lui avait fait promettre de lui servir de messager. Holly et sa mère repartent en Irlande pour rendre visite aux parents de Gerry (qui n'étaient pas venus au mariage); Holly y retrouve William et on pense qu’elle va désormais faire sa vie avec lui.

Mon jugement

Très beau film qui traite, apparemment avec légèreté, d'un sujet difficile (la mort d'un être aimé) et des options qui restent à celui qui survit : soit se laisser aller à la souffrance et au désespoir, soit  tourner la page  sans oublier cependant ce qu'on a vécu avec l'être aimé.

L'idée des lettres écrites à l'avance est originale mais c'est surtout l'humour permanent qui parcourt les dialogues qui permet d'apprécier ce film et d'éviter le pathos. La partie tournée en Irlande, couverte de bruyères, est magnifique ainsi que la bande son, mêlant chants irlandais et la BO écrite par James Blunt.

jeudi 4 septembre 2014

MINUIT A PARIS de Woody Allen (USA-ES 2011)


Minuit à Paris (Midnight in Paris) est une comédie américano-espagnole réalisée par Woody Allen et sortie en salles françaises le 11 mai 2011. Le film a été présenté en tant que film d'ouverture au Festival de Cannes 20112. En 2012, il est récompensé par l'Oscar du meilleur scénario original.

Synopsis

Gil Pinder (Owen Wilson) beau gosse évoquant un Robert Redford à qui on aurait fait un lavage de cerveau, et Inez (Rachel McAdams) sont deux jeunes fiancés américains préparant leur mariage. Ils passent quelques jours à Paris, accompagnant les parents d'Inez venus en France pour affaire.

On retrouve le schéma classique des films de Woody Allen : une famille américaine plutôt très aisée (ce que les Américains appellent « Upper Middle Class »), bourgeois parvenus et superficiels qui descendent dans des hôtels de luxe et s'étourdissent en faisant le tour des restaurants et des antiquaires ou des galeries d'art moderne.

Les futurs jeunes mariés sont beaux, blonds et amoureux... Inez est gentille, belle et plutôt sympathique, mais assez insipide. Gil est, à Hollywood, auteur de scenarii pour la télévision qui marchent plutôt bien mais l'œuvre de sa vie est un roman auquel il travaille (ou du moins auquel il voudrait bien pouvoir travailler (tous les auteurs se reconnaîtront dans son personnage).

Il tombe sous le charme de Paris et envisage de s'y installer, ce que ni sa fiancée, qui ne jure que par la Californie et une villa à Malibu, ni encore moins ses futurs beaux-parents, ne peuvent concevoir.

La rencontre inopinée avec un autre couple américain dont le mari, Paul (Michael Sheen l'inoubliable Tony Blair du généralissime film The Queen de Stephen Frears) est un ancien flirt d'Inez, venu à Paris pour faire une conférence à la Sorbonne. Son pédantisme insupportable, qui fascine Inez, va contribuer à éloigner un peu plus les jeunes fiancés.

Gil, fasciné par Paris, parcourt la ville pour s'imprégner de son atmosphère, ce que ne peut comprendre le reste de la famille, toute occupée à ses dîners mondains, à ses visites d'expositions (Rodin, Monet à Giverny, etc.), à courir les antiquaires et à préparer un mariage dont on comprend assez vite qu'il a du plomb dans l’aile.

Un soir, après une dégustation de vins assez poussée où Paul, a discouru aussi bien sur vins que sur la peinture ou la littérature, Gil s’éclipse pour rentrer seul à l'hôtel. Il se perd dans la ville et, alors que sonne minuit et qu'il est assis sur les escaliers de la butte Montmartre, une voiture des années 20 s'arrête à sa hauteur et on l'invite à y monter : à l'intérieur se trouvent Zelda (Alison Pill) et F. Scott Fitzgerald (Tom Hiddleston).

Gil croit d'abord que l’alcool lui joue des tours ou qu'il s'agit d'une farce mais il s'agit bien du "vrai " couple d'écrivains. Ceux-ci l'emmènent alors dans une soirée où il va successivement rencontrer le musicien de jazz Cole Porter, puis dans un bar où il se trouve face à Ernest Hemingway (Corey Stoll) qui lui propose de faire lire son manuscrit à Gertrude Stein (Kathy Bates)

Le matin venu, il retrouve sa fiancée à l'hôtel et il est à dix années lumières de ses minables intérêts et de ses ragots mondains. Ne sachant si ce qu'il a vécu la veille était dû à son état d'ébriété ou s'il a été victime d'un rêve éveillé ou d'une hallucination, il n'ose pas raconter son aventure à sa fiancée et, le lendemain, il prend n'importe quel prétexte pour retourner au même endroit que la veille.

A minuit tapante, la même voiture s'arrête à son niveau et Zelda et Scott Fitzgerald l'invitent à nouveau à leurs côtés pour l'emmener dans d'autres soirées où il rencontrera  cette fois Pablo Picasso (excellent Marcial Di Fonzo Bo), T. S. Eliot, Salvador Dalí (surprenant  Adrien Brody), Luis Buñuel (Adrien de Van), Man Ray, Henri Matisse, etc. Il va tomber sous le charme d'Adriana (Marion Cotillard), alors égérie de Picasso, après avoir été celle de Modigliani.

Mais, alors que Gil est ébloui par l'époque dans laquelle il se trouve, Adriana, elle, ne rêve que de celle du Paris du Maxim's de la Belle époque. Lors d'un autre voyage temporel, Adriana restera dans ce temps qu'elle considère comme l'âge d'or, alors que Gil reviendra à notre époque, annoncera à Inez qu'il ne l'épouse pas et restera à Paris où il se console d'avoir perdu Adriana avec Gabrielle (Léa Seydoux), une jeune vendeuse de disques anciens de Cole Porter, fraîche et charmante, qui, comme lui, aime Paris à minuit et sous la pluie.

Mon opinion sur ce film

Le film commence assez mal : un enchaînement de cartes postales représentant des vues de Paris, de jour, à la tombée du soir, sous la pluie, de nuit... C'est un peu répétitif et augure mal du beau film qui va suivre.

Sans aller jusqu'à rejoindre Pierre Murat qui, dans sa critique de Télérama, présente ce film  comme un chef d'œuvre absolu, je dois dire que, pour moi, ce film a été un pur régal dont le thème, beaucoup plus profond qu'il n'y paraît, tourne autour de l'insatisfaction, chère à Woody Allen. Il y ajoute une touche de magie qui rend le film infiniment émouvant par la poésie et la nostalgie qui s'en dégage.

Owen Wilson qui, malgré une longue carrière d'acteur (son premier film en tant qu'acteur date de 1994), ne s'était guère jusque-là illustré dans des rôles marquants, est parfait dans ce rôle de grand gamin insatisfait de ce que lui offre la vie et qui réalise son rêve avec une distanciation et un humour presque britannique.

Je n'avais pas été, jusque-là, un grand fan de Woody Allen mais ce film m'a fait l'apprécier malgré ses afféteries et ses grosses ficelles dont on se serait volontiers passé (franchement, si l'apparition de Carla Bruni dans un petit rôle insipide mais charmant est, à la rigueur supportable, celle de Gad Elmaleh en détective égaré à la cour de Versailles est tout à fait superflue et parfaitement ridicule !)

Saluons plutôt les magnifiques reconstitutions des années 1920 et de la Belle-Epoque rendues surtout crédibles par la qualité des interprètes parfaitement choisis, si ce n'est pour leur physique, du moins pour leur jeu d'acteurs (Picasso et Dali sont particulièrement remarquables, quant à Kathy Bates en Gertrude Stein, elle est tout simplement époustouflante. Un pur régal et, à mon avis, le meilleur film de Woody Allen à ce jour.

jeudi 20 mars 2014

KATHY BATES (Actrice américaine)


Kathy Bates est née en 1948 (tiens, nous avons le même âge !) à Memphis, dans le Tennessee. Comme la plupart des bonnes actrices, elle a commencé par une carrière théâtrale avant de jouer son premier rôle au cinéma en 1971 dans un film de Milos Forman, Taking Off. Elle continue cependant au théâtre jusqu'en 1980 avant de tourner des rôles secondaires dans plusieurs films mais c'est grâce à Misery (1990), le film tiré du roman de Sephen King où elle jouera le rôle de la terrifiante infirmière folle Annie Wilkes qu'elle connaîtra la notoriété. Ce rôle lui permettra de recevoir l'Oscar de la meilleure actrice. Sa carrière au cinéma était désormais sur les rails. Parmi son imposante filmographie, citons son rôle dans les Beignets de tomates vertes (1991), Dolores Clairbone (1995), un autre film adapté d'un roman de Stephen King, son rôle de Molly Brown dans Titanic de James Cameron (1997) ou encore Primary Colors (1998).
 En ce qui me concerne, je l'ai surtout appréciée dans :
  •  Les noces rebelles (2009) où, bien qu'elle joue un rôle secondaire (celui d'un agent immobilier), on ne remarque qu'elle alors que les acteurs principaux sont Leonardo di Caprio et Kate Winslet.
  • Chéri de Stephen Frears (2009) où elle joue le rôle de Mme Peloux, la mère de Chéri, une horrible harpie ambassadrice du mauvais goût face à la craquante Michelle Pfeiffer.
  • et surtout Minuit à Paris de Woody Allen (2011) où elle incarne à la perfection Gertrude Stein, la grande poétesse dramaturge et surtout collectionneuse qui découvrit les impressionnistes, les surréalistes et les cubistes.
C'est véritablement une grande actrice du calibre d'Helen Mirren, de Maggie Smith ou de Judi Dench qui compensent par une personnalité hors du commun et un immense talent un physique que l'on ne peut qualifier d'avantageux.

mardi 28 mai 2013

CHERI de Stephen FREARS (Film 2009)

[Post initialement publié le 3/5/2009]


Chéri est un film franco-britanico-allemand réalisé par Stephen Frears, sorti en avril 2009. Avec Michelle Pfeiffer, Rupert Friend et Kathy Bates. Le livre est l'adaptation du célèbre roman de Colette publié en 1920. Il représente la 3ème tentative d'adapter ce roman après celles de Pierre Billon (1950) et François Chatel (1962) ; c'était Jean-Claude Brialy, alors âgé de 29 ans, qui incarnait Chéri et Madeleine Robinson, qui jouait le rôle de Léa.  

Synopsis

Tout le monde connaît le thème du roman de Colette. Une courtisane de près de 50 ans, Léa, devenue riche, s'éprend de Fred Peloux, dit Chéri, un jeune homme de 19 ans, fils de l'une de ses concurrentes, Mme Peloux. Ce qui, au début, n'était qu'un jeu, devient, pour l'un et l'autre des amants, un véritable drame quand Léa, consciente de la trop grande différence d'âge entre eux, provoque leur séparation. Chéri, dont on croyait qu'il n'attachait d'importance à rien, ne supportera pas d'être abandonné par celle qu'il a aimé plus que tout. 

Mon opinion sur ce film    

Film magnifique à tout point de vue, aussi bien sur le plan esthétique (très belles prises de vues, décors et costumes somptueux), que pour le jeu d'acteurs, tout en retenue (Michelle Pfeiffer jouant le rôle de Léa, une courtisane "retirée des affaires" qui tombe éperdument amoureuse du fils de 19 ans de son "amie" et concurrente, est radieuse). Je ne connaissais pas Rupert Friend, un jeune acteur anglais de 28 ans qui joue à la perfection le rôle de Chéri. Les décors, les costumes, l'image, la musique, sont en adéquation avec l'ensemble. Certaines scènes, superbement filmées, évoquent la peinture impressionniste (une très belle scène parmi des centaines d'autres où Léa (Michelle Pfeiffer) est seule sur la terrasse du Grand Hôtel de Biarritz d'où elle contemple la baie. Une réussite absolue dans laquelle on sent la patte d'un grand metteur en scène. Kathy Bates se coule avec un talent remarquable dans le rôle de l'ignoble Mme Peloux, la mère de Chéri. 

Je dois ajouter que j'ai relu, après avoir vu le film, le livre de Colette. Je l'ai trouvé ennuyeux et dépassé et j'admire Stephen Frears d'en avoir tiré un film aussi parfaitement réussi. C'est une des rares fois où on peut affirmer que le film est plus réussi que le livre dont il est tiré. 


LES NOCES REBELLES de Sam Mendes (USA-GB-2009)

[Post initialement publié le 3/5/2009]


Les Noces rebelles (Revolutionary Road) est un film américano-britannique de Sam Mendes, sorti en France le 21 janvier 2009. Ce film est l’adaptation au cinéma du roman Revolutionary Road de Richard Yates (1960). Le roman remet notamment en question la nature du mariage et provoqua de vives critiques et commentaires à sa sortie aux États-Unis. A son sujet, voici ce qu’en dit son auteur : « Bon nombre de gens ont considéré ce livre comme un pamphlet contre la banlieue, ce qui m'a beaucoup déçu. Je l'avais voulu davantage comme une charge contre cette soif générale de conformisme qui s'est emparée de tout le pays, contre ce désir de coller aveuglément et désespérément à la sécurité à tout prix... Je voulais suggérer que la route de la révolution de 1776 était devenue, dans les années 50, quelque chose qui ressemblait beaucoup à une impasse. » (Richard Yates)

Le film

Au milieu des années 1950, April (Kate Winslet) et Frank Wheeler (Leonardo DiCaprio) forment un jeune couple américain qui, en apparence, a tout pour être heureux (enfants, maison, travail...). Ils se considèrent comme bien au-dessus des conventions sociales et de l'inertie qui règnent dans leur lotissement. S'étant pourtant promis de ne jamais sombrer dans le conformisme de leurs voisins, ils finissent par devenir tout ce qu'ils ne voulaient pas être : un homme coincé par son métier et dont la désinvolture peine à cacher le manque d'assurance et une femme au foyer morose rêvant d'une autre vie.

Mon opinion sur ce film

En ce qui me concerne, je n'ai pas été séduit par ce film. A vrai dire, je n'ai pas été ému un seul instant pour ces personnages sans volonté qui s'enferment eux-mêmes dans la cage de conformisme qu'ils se sont forgés. Je reconnais qu'il devait être difficile d'adapter un roman comme Revolutionary Road ni de rendre le mal-être de ce jeune couple épris de liberté mais pris au piège du conformisme et de la société de consommation américaine. Mais d'autres sont mieux parvenus à nous décrire l'étouffement qu'il pouvait y avoir à vivre dans une société aussi conservatrice et étriquée. Film bavard, ennuyeux, que je ne qualifierais pas de chef-d'oeuvre malgré les excellentes prestations des acteurs. Kathy Bates, qui joue le rôle de l’agent immobilier Helen Givings, est, comme dans tous les films où je l’ai vue, éblouissante. C’est vraiment une actrice de grand talent, inoubliable salope dans le rôle de Madame Peloux dans le sublime film de Stephen Frears, Chéri.