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lundi 20 mars 2023

LA CHAMBRE DES MERVEILLES Drame de Lisa AZUELOS (FR-2023)

 

La Chambre des merveilles est un film français réalisé par Lisa Azuelos, sorti en 2023. Ce film est l'adaptation du premier roman de Julien Sandrel, paru en 2018 chez Calmann-Lévy. Ce livre a aussi été adapté au théâtre et en BD.    

Présentation

Thelma (Alexandra Lamy) élève seule Louis « Loulou » (Hugo Questel), son fils de 13 an. Elle travaille dans un entrepôt et a toujours son patron sur le dos. A part quelques petites anicroches au collège, Louis est un bon élève.

Un jour, alors qu’elle l’amène au collège, Louis se fait renverser alors qu’il faisait du skate-board et se retrouve dans le coma.

Désespérée, Thelma passe tout le temps qu’elle peut à son chevet, relayée par sa mère Odette (Muriel Robin) jusqu’au jour où elle découvre, dans la chambre de son fils, un carnet qu’il a illustré de dessins de manga et sur lequel il a noté une liste de « choses à faire avant la fin du monde ».

Thelma se met en tête de réaliser ces souhaits en espérant que, si elle y parvient, Louis se réveillera du coma.

Parmi eux, il y a celui de faire dédicacer sa planche de skate par son auteur de manga fétiche, un Japonais, aller nager avec des baleines, réaliser une dangereuse compétition de skate, mais surtout rencontrer son père qu’il ne connaît pas…

Avec la complicité de sa mère qui, pendant son absence, reste au chevet de Louis, Thelma va réaliser les souhaits de son fils.

Mon opinion

On connaît surtout Alexandra Lamy (bien qu’elle ait tourné dans une 40e de films) pour la série télévisée humoristique Un gars, une fille (1999-2003), où elle formait un couple à la scène et à la ville avec Jean Dujardin (qu’elle appelait déjà « Loulou »). Elle a fait du chemin depuis et a pris de la bouteille et ce film lui a donné, à mon avis, l’un de ses plus beaux rôles. Elle y est la mère par excellence, une jeune femme un peu débordée qui, bien qu’elle fasse tout pour comprendre et aimer son ado, passe à côté de lui, de ses attentes et de ses désirs profonds. Il faut ce terrible accident pour qu’elle le découvre, qu’elle découvre ses rêves et ses amis, et au fond, se révèle aussi à elle-même. Je voudrais. Ce film est aussi une révélation pour Liza Azuelos qui ne nous avait pas, jusque-là ébloui par ses réalisations très moyennes, comme Lol ou Dalida… Le film doit beaucoup au choix des musiques (Bonjour Meow, London Grammar, etc.) et des scènes magiques, comme celle où Thelma, à son retour du Portugal, projette au plafond de la chambre de Louis les images de sa nage avec les baleines, ou celle du survol de l’Ecosse aux îles Shetland en hélicoptère. Je dois aussi saluer la présence de Xavier Lacaille dans le rôle d'Etienne, l'éternel étudiant, que j'avais découvert en irrésistible assistant parlementaire euroéen dans la décapante série Parlement. La fin du film, trop convenue, est un peu superfétatoire et je m’en serais volontiers passé mais La chambre des merveilles est malgré tout un magnifique film que je n’hésiterai pas à classer parmi les « feel good movies ».             

samedi 21 mai 2022

FRERE ET SOEUR Film d'Arnaud DESPLECHIN (FR-2022)

 

Frère et Sœur est un film dramatique français réalisé par Arnaud Desplechin et sorti en 2022. Le film est sélectionné en compétition officielle au festival de Cannes 2022.

Présentation

Ils sont frère et sœur, la quarantaine : Louis (Melvil Poupaud) est écrivain et poète ; Alice (Marion Cotillard), est actrice de théâtre. Ils s’entendaient bien jusqu’à ce que Louis, qui végétait jusque-là en tant que prof et poète, ne fasse un succès avec son premier roman. Le jour de la dédicace du livre, Alice annonce alors à Louis qu’elle le hait et, depuis, ne lui parle plus. On ne saura jamais pourquoi.

Le film commence avec un évènement tragique : le décès de Joseph, le fils de 6 ans de Louis.

Lorsqu’Alice vient, avec sa mère, présenter ses condoléances à son frère pour le décès de son enfant, celui-ci entre dans une colère noire et la jette dehors.

Peu après, les parents de Louis et d’Alice sont victimes d’un terrible accident alors qu’ils viennent assister à l’un des spectacles de leur fille.

Le frère et la sœur vont alors s’éviter au chevet de leurs parents jusqu’au moment de l’enterrement. Une confrontation aura alors lieu où Alice, qui a provoqué la rencontre, demande pardon à Louis de l’avoir ignoré pendant vingt ans.

Mon opinion  

J’avais détesté Un Conte de Noël qui, plus ou moins, traitait des mêmes thèmes, l’incompréhension au sein d’une famille, dont j’écrivais à l’époque : « Le scénario m’a paru horriblement alambiqué, confus, les situations tordues, les dialogues insupportablement poseurs (…), le côté artificiel de tout cela m'a trop rappelé d'autres films français que j'ai détestés pour leur côté pédant et bavard, leur nombrilisme et, en fin de compte, le terrible ennui qu'ils dégagent (…) ». Je pourrais reprendre presque mot pour mot cette critique en ce qui concerne Frère et sœur. J’y ajouterais la violence, outre la scène de l’accident qui nous met KO, le reste du film n’est que violence surjouée plus que véritablement jouée. Le seul autre film de Desplechin que j’avais relativement aimé était Trois souvenirs de ma jeunesse qui, pour ne pas éviter complètement les écueils que je dénonce plus haut, m’avait plu pour la fraîcheur et le talent des jeunes artistes qu’il mettait en scène : Quentin Dolmaire, et Lou Roy-Lecollinet.  

samedi 28 septembre 2019

POUR SARAH mini-série réalisée par Frédéric BERTHE (FR-2019)



Pour Sarah est une mini-série télévisée française de six épisodes en 52 minutes créée par Michelle Allen, réalisée par Frédéric Berthe, diffusée en France à partir du 26 septembre 2019 sur le réseau TF1.
Il s’agit de l’adaptation d'une série québécoise du même titre créée par la même scénariste, diffusée sur le réseau TVA en 2015.

L'histoire est inspirée d’une histoire vraie survenue à Justine, qui a passé trois mois dans le coma. Son père, François Rozon, en a tiré une fiction.

Résumé

Lors d’une fête organisée par Manu (Charlotte Lévy) en l’honneur de Cédric (Clément Rémiens) un adolescent sportif qui doit prochainement partir en Australie, Cédric et sa petite amie Sarah (Eden Ducourant) empruntent la voiture de sport du beau-père de Manu et ont un grave accident sur une route isolée. On ne les retrouve qu’au matin tous les deux dans le coma. Transportés à l’hôpital de Perpignan, les blessures de Cédric, tout en se révélant graves, ne mettent pas sa vie en danger, ce qui n’est pas le cas de Sarah, dont plusieurs organes vitaux ont été touchés. Plusieurs indices relevés par la police montrent que ce drame n'est pas aussi banal qu’il y paraît. Chargée de cette affaire, l'enquêtrice (Aure Atika) découvre que sa propre fille était avec Sarah et Cédric avant l'accident et qu’elle lui cache peut-être des choses.

Mon opinion sur cette série

J’ai commencé à regarder les premiers épisodes de cette mini-série un peu par hasard, surtout parce que j’avais vu que figurait, dans la distribution Clément Rémiens, l’un des héros de la série quotidienne Demain nous appartient, sur TF1. J’ai tout d’abord pensé qu’il s’agissait d’une série policière. Mais l’intrigue, qui, apparemment commence comme une fête entre jeune qui a mal tourné, s’avère dépasser la simple intrigue policière et fait davantage penser à une réalisation comme Les innocents, mettant elle aussi en scène des adolescents, que j’avais bien appréciée. De plus, la bande originale composée par Maxime Lebidois (album "Walk alone") accompagne parfaitement les images.    

mercredi 31 mai 2017

EVERY THING WILL BE FINE de Wim WENDERS (2015)


Every Thing Will Be Fine est un film dramatique germano-canado-norvégien en 3-D de Wim Wenders, sorti en 2015. Le film a été présenté en février hors compétition lors de la Berlinale 2015 ainsi qu'au Festival de Toronto. En France, malgré la notoriété du réalisateur, sa sortie a été restreinte aux salles d'art et d'essai. Je l'ai vu aujourd'hui sur Arte.

Synopsis

Tomas (James Franco) est écrivain. En panne d'inspiration pour son nouveau roman, il s’est retiré dans une cabane de pêcheurs isolée au milieu de l'hiver canadien. En allant retrouver sa compagne, il percute deux enfants qui faisaient de la luge sur une route enneigée. L’un d’eux est tué. Bien qu’il ne soit pas responsable de ce qui est arrivé, Tomas ne parvient pas à surmonter ce traumatisme et s’enfonce dans la dépression. Il quitte sa compagne, fait une tentative de suicide puis peu à peu se remet à l'écriture en utilisant cet épisode de sa vie. Ce troisième roman est couronné de succès. 

Tomas éprouve alors le besoin de revoir les lieux de l'accident, la mère des enfants (Charlotte Gainsbourg), la maison devant laquelle s'est déroulé le drame. Il passe toute une nuit auprès d'elle qui ne cesse de lui répéter qu'il n'est pas coupable, que c'était à elle de surveiller ses fils. 

La carrière de Tomas décolle, il se marie avec Ann (Marie-José Croze), adopte son adorable fillette, Mina, devient riche et célèbre alors que la mère de l'enfant continue à mener une existence modeste, solitaire en compagnie de son fils aîné, Christopher (Robert Naylor). Devenu adolescent celui-ci va tenter de se rapprocher de Tom, lui reprochant implicitement d'avoir utilisé le drame pour le dépasser et réussir sa vie professionnelle et personnelle. Après une crise conflictuelle entre l'adolescent et Tom, les choses semblent s'apaiser.

Mon opinion sur ce film

Esthétiquement, le film est très beau (photographie de Benoît Debie) avec des images saturées et des lumières envoûtantes, soutenues par la musique répétitive d’Alexandre Desplat. On retrouve l’attrait de Wim Wenders pour la lenteur et le découpage des paysages, vus à travers les fenêtres qui lui servent de cadre. On ne peut s’empêcher de penser au peintre Edward Hopper mais aussi à certains plans du Ghost Writer de Polanski (dont la musique a aussi été écrite par le même Desplat).  Ayant  vu le film lors de sa diffusion à la télévision, je ne l’ai pas vu en 3D. Je me demande d’ailleurs ce que cette technique peut apporter à ce genre de film plus contemplatif que spectaculaire.

Hormis cette beauté formelle, que dire du contenu du film ? L’histoire, à partir du scénario de Bjørn Olaf Johannessen, est, en soi, dramatique : la mort d’un enfant lors d’un accident stupide dans lequel on ne peut incriminer personne, si ce n’est l’insouciance des enfants. Mais, est-ce dû à la manière de filmer de Wenders, est-ce dû au jeu des personnages, très intériorisé, presque mutique - que ce soit celui de James Franco, de Charlotte Gainsbourg ou même du jeune Robert Naylor, l’ensemble reste froid, comme si le réalisateur observait ses personnages en entomologiste.

Mais, ce parti-pris est sans aucun doute un choix du réalisateur et nous rappelle par moments son chef d’œuvre Les Ailes du désir, où les anges observent de loin les hommes qui s’agitent sous leurs yeux sans pouvoir interférer avec eux au risque de perdre leur statut angélique.

Outre que le film est marqué par le style de Wenders, on peut toutefois comprendre cette volonté de minimalisme pour rendre le traumatisme de cet écrivain qui ne se pardonne pas la mort d'un enfant et se sent responsable du devenir de sa mère et de l'adolescent survivant.

Mais, outre que le film paraît terriblement long (alors qu’il ne dure que 118 minutes), le spectateur a du mal avec le mutisme des personnages, leurs visages fermés, et leur absence de manifestations de sentiments. En bref, on reste sur sa faim. Rien d’étonnant à ce que le film ait fait un bide dans les salles et qu'il soit mal noté (note moyenne 2,8/5 sur Allociné, 17% sur Rotten Tomatoes et 4,3/10 sur Metacritic.