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samedi 21 mai 2022

FRERE ET SOEUR Film d'Arnaud DESPLECHIN (FR-2022)

 

Frère et Sœur est un film dramatique français réalisé par Arnaud Desplechin et sorti en 2022. Le film est sélectionné en compétition officielle au festival de Cannes 2022.

Présentation

Ils sont frère et sœur, la quarantaine : Louis (Melvil Poupaud) est écrivain et poète ; Alice (Marion Cotillard), est actrice de théâtre. Ils s’entendaient bien jusqu’à ce que Louis, qui végétait jusque-là en tant que prof et poète, ne fasse un succès avec son premier roman. Le jour de la dédicace du livre, Alice annonce alors à Louis qu’elle le hait et, depuis, ne lui parle plus. On ne saura jamais pourquoi.

Le film commence avec un évènement tragique : le décès de Joseph, le fils de 6 ans de Louis.

Lorsqu’Alice vient, avec sa mère, présenter ses condoléances à son frère pour le décès de son enfant, celui-ci entre dans une colère noire et la jette dehors.

Peu après, les parents de Louis et d’Alice sont victimes d’un terrible accident alors qu’ils viennent assister à l’un des spectacles de leur fille.

Le frère et la sœur vont alors s’éviter au chevet de leurs parents jusqu’au moment de l’enterrement. Une confrontation aura alors lieu où Alice, qui a provoqué la rencontre, demande pardon à Louis de l’avoir ignoré pendant vingt ans.

Mon opinion  

J’avais détesté Un Conte de Noël qui, plus ou moins, traitait des mêmes thèmes, l’incompréhension au sein d’une famille, dont j’écrivais à l’époque : « Le scénario m’a paru horriblement alambiqué, confus, les situations tordues, les dialogues insupportablement poseurs (…), le côté artificiel de tout cela m'a trop rappelé d'autres films français que j'ai détestés pour leur côté pédant et bavard, leur nombrilisme et, en fin de compte, le terrible ennui qu'ils dégagent (…) ». Je pourrais reprendre presque mot pour mot cette critique en ce qui concerne Frère et sœur. J’y ajouterais la violence, outre la scène de l’accident qui nous met KO, le reste du film n’est que violence surjouée plus que véritablement jouée. Le seul autre film de Desplechin que j’avais relativement aimé était Trois souvenirs de ma jeunesse qui, pour ne pas éviter complètement les écueils que je dénonce plus haut, m’avait plu pour la fraîcheur et le talent des jeunes artistes qu’il mettait en scène : Quentin Dolmaire, et Lou Roy-Lecollinet.  

dimanche 10 mars 2019

GRACE A DIEU film de François OZON (FR-BE 2019)



Grâce à Dieu est un drame franco-belge réalisé par François Ozon, sorti en 2019. Œuvre de fiction inspirée de l'affaire Preynat, le film relate le combat judiciaire mené par des victimes d'abus sexuels sur mineurs dans le diocèse de Lyon.

Présentation

Alexandre Guérin[1] (Melvil Poupaud) habite Lyon. La quarantaine, il exerce la profession de cadre bancaire, est marié et père de cinq enfants. Sincèrement catholique, comme toute sa famille, il a confiance en l’Eglise. Mais un jour, après une conversation avec un camarade jadis scout comme lui, il se remémore les abus sexuels dont il fut victime, enfant, de la part d'un prêtre pédophile, le père Bernard Preynat (Bernard Verley). Alexandre décide alors de dénoncer les agissements du prêtre auprès de Monseigneur Barbarin (François Marthouret), archevêque de Lyon. Dans un premier temps, il est mis en contact avec la psychologue de l'archevêché, Régine Maire (Martine Erhel). Après plusieurs mois et de nombreux courriels, le cardinal Philippe Barbarin le reçoit enfin : il se dit horrifié par ce qu’il apprend et lui annonce qu’il va prendre des mesures immédiates contre le prêtre fautif. Mais Alexandre découvre que, malgré l'alerte de plusieurs parents, l'Église était au courant depuis longtemps des agissements du prêtre et qu’elle n’a jamais rien fait pour l’empêcher de continuer à nuire. Au cours d’une confrontation, provoquée par Régine Maire entre Alexandre et Preynat, celui-ci, qui pourtant reconnaît ses actes, se refuse à demander pardon à sa victime. Lassé des tergiversations de l’Eglise, et constatant que le père Preynat exerce toujours ses fonctions au contact des enfants, Alexandre décide de porter plainte contre lui tout en sachant que, dans son cas, les faits sont prescrits.

Le capitaine Courteau (Frédéric Pierrot), qui reçoit sa déposition, ne lui cache pas qu’il s’attaque à forte partie. C’est pourquoi, il se met en quête d’autres victimes pour lesquelles les faits ne seraient pas prescrits. C'est ainsi qu'il rencontre François Debord (Denis Ménochet) dont la première réaction est de refuser de parler jusqu’à ce que sa mère lui montre le volumineux dossier prouvant qu’elle avait alerté l’Eglise sur l’attitude de Preynat envers son fils. Horrifié par ce qu’il découvre, il décide de témoigner devant les médias et crée, à cette fin, l'association La Parole libérée. De nombreuses autres victimes le rejoignent, dont le chirurgien Gilles Perret (Eric Caravaca) et Emmanuel Thomassin (Swann Arlaud). Mais, si Alexandre, François et Gilles ont réussi à se reconstruire et surmonter leur passé, ce n’est pas le cas d’Emmanuel, qui garde de lourdes séquelles psychologiques et physiques de son enfance. Il est néanmoins soutenu par Irène, sa mère (Josiane Balasko) qui acceptera même bénévolement de tenir le standard de l’association.

Soumis à une pression grandissante et pressé d'agir par Régine Maire, le cardinal Barbarin organise une conférence de presse. Mais, devant les journalistes, il laissera échapper cette terrible phrase :
« Grâce à Dieu, les faits sont prescrits » qui sert de titre au film.

L'association obtient la mise en examen du père Preynat, qui reconnaît les faits. Les plaignants espèrent que leur action interpellera la hiérarchie catholique.

Le film est sorti avant la condamnation, le 7 mars 2019, de Monseigneur Barbarin pour non-dénonciation d’abus sexuels à 6 mois de prison avec sursis, qui, malgré son indulgence, représente une grande victoire pour les victimes. Mais la plus grande victoire est sans doute qu’il a, dans la foulée, présenté sa démission au pape. Cependant, curieusement, le père Preynat, principal responsable des violences sexuelles, n’a pas encore été jugé bien qu’il ait toujours reconnu les faits qu’on lui reprochait.

Autour du film

Le film a été tourné en secret, sous le faux-titre « Alexandre ». Les scènes d'intérieur dans les églises ont été tournées en Belgique et au Luxembourg, pas en France.

 Avant sa sortie en salle prévue le 20 février 2019, le réalisateur François Ozon a été assigné par deux fois en référé, la défense ayant essayé d’en obtenir, sinon l’interdiction, du moins le report et le retrait de la bande sonore des noms de Régine Maire et Bernard Preynat en raison de la protection de la vie privée pour la première et de la présomption d'innocence pour le second. François Ozon se défend d'avoir établi un portrait à charge contre Régine Maire[2] et estime que son film « n’invente ni ne dit rien qui n’ait déjà été porté à la connaissance du public par la presse, les livres ou les documentaires consacrés déjà à cette affaire ». Le 18 février 2019, le tribunal de grande instance de Paris se prononce pour la sortie du film à la date initialement prévue, en relevant que le procès de Bernard Preynat n’est ni fixé ni prévu à une date proche et qu'un report « pourrait à l’évidence conduire, compte tenu des divers recours possibles, à ne permettre la sortie du film que dans plusieurs années » dans des conditions qui « porteraient atteinte à la liberté d’expression et de création » et « créeraient des conditions d’exploitation économiques insupportables ». Par ailleurs, le recours de Régine Maire, qui souhaitait que son nom soit retiré du film, est rejeté par le tribunal de grande instance de Lyon mardi 19 février 2019.

Récompenses

Le film, présenté en avant-première à la Berlinale 2019, y a été récompensé par l’Ours d’argent du Grand prix du Jury.

Mon opinion

Aucun des films que j’ai vus de François Ozon ne m’a jamais déçu. J’ai trouvé ce dernier très réussi : il s’apparente plus à un documentaire qu’à une fiction présentant des faits sans pathos et sans interprétations, laissant le spectateur juger lui-même de la gravité de ce qu’il voit. La distribution est parfaite : un grand coup de chapeau aux acteurs et plus particulièrement à ceux qui interprètent les rôles les plus négatifs, ceux du prêtre pédophile et celui du cardinal Barbarin.  



[1] Les noms des protagonistes ont été conservés mais ceux des victimes ont été modifiés.
[2] Et, en effet, après avoir vu le film, je peux témoigner que c’est le cas. Au contraire, R. Maire est présentée comme quelqu’un qui a toujours eu, depuis le début de l’affaire, une attitude impartiale, ayant tout fait pour convaincre le cardinal Barbarin de sanctionner le prêtre.  

lundi 23 janvier 2017

VICTORIA de Justine Triet (FR-2016)




Victoria est un film français réalisé par Justine Triet, sorti en 2016.Avec Virginie Efira, Vincent Lacoste et Melvil Poupaud. 

Résumé

Victoria Spick (Virginie Efira) est une jeune avocate en pleine tourmente. Alors qu’elle assiste à un mariage, une jeune femme, Eve, est blessée d'un coup de couteau et c’est l’un de ses amis, Vincent (Melvil Poupaud),  le compagnon d’Eve  qui est accusé. Bien que gênée à l'idée de défendre l'une de ses connaissances, elle accepte finalement l'affaire. Dans le même temps, débordée par la gestion de son quotidien, elle embauche Sam (Vincent Lacoste), un ancien dealer qu’elle a sorti d’affaire, comme « homme au pair » pour garder ses deux petites filles. Elle découvre par ailleurs que son ex, qui ambitionne d'être écrivain, a publié sur internet un récit inspiré de leur histoire en l'accablant de tous les maux. Malgré son dynamisme, Victoria est au bord de la crise, tant professionnellement que sentimentalement…

Mon opinion sur ce film

Ce film, présenté en mai 2016 au Festival de Cannes, était sorti sur les écrans français en septembre 2016 mais il n’avait pas été programmé à Aubenas. J’ai profité qu’il soit sélectionné dans le cadre du Festival Télérama pour aller le voir, principalement pour sa distribution, en particulier Virginie Efira et Vincent Lacoste, deux acteurs que j’apprécie.

Et heureusement qu’ils sont les acteurs principaux de ce film au scénario improbable car, sans eux, on se demande bien ce qu’il en resterait.

Victoria est donc une jeune et brillante avocate qui galère pas mal avec ses deux fillettes et son ex-mari, un écrivain raté. Mais, cela c'est l'image qu'elle donne car le spectateur se rend vite compte que sa situation est bien plus catastrophique qu’on ne le croit : désordre indescriptible de son appartement qui ressemble à tout sauf à celui d’une jeune et brillante avocate, désordre de sa vie personnelle et sentimentale…

Lors du mariage d’un couple de ses amis, un drame a lieu. Tout en sachant que la déontologie lui déconseille de défendre Vincent, l’ami accusé de tentative de meurtre, elle cède et cela l’entraîne dans une spirale infernale dans laquelle son équilibre déjà précaire est mis à mal.

Elle ne s’en sort que grâce à Sam (Vincent Lacoste), un jeune dealer qu’elle a défendu plusieurs années auparavant.

Malgré tous les efforts de Virginie Efira pour incarner le personnage de Victoria, on n’y croit qu’à moitié, mais ce n'est nullement sa faute mais celle d'un scénario bâclé. On se demande aussi quelle idée saugrenue ont eu les scénaristes d'introduire dans ce film un chien et un singe convoqués comme témoins au procès. Se sont-ils crus drôles ? En tout cas, non seulement c'est raté car, d'une part ce on ne rit pas (du moins pas à cela), mais cette situation a quelque chose de malsain d'autant plus que l'on sait désormais qu'impliquer un animal sur un tournage est rarement sans conséquence pour l'animal qui ne doit pas être un objet d'amusement.

Vincent Lacoste* s'en tire bien lui aussi : touchant dans le rôle d’un ex-dealer pas tout à fait rangé amoureux de son avocate, il éclipse de loin  tous les autres personnages (y compris Melvil Poupaud), bien trop transparents. Dommage que la situation reproduise plus ou moins celle de 20 ans d'écart, film autrement plus réussi. Mais attention : que Virginie Efira ne se laisse pas enfermer dans ce genre de personnage de "cougar" car cela pourrait lui coûter une carrière par ailleurs brillante.

En conclusion, un film bancal, mi-comédie, mi-tragédie, passablement verbeux et dont tout le scénario serait à réécrire. 

* Excellent dans Hippocrate.

Voyez plutôt :

lundi 18 janvier 2016

LE GRAND JEU film de Nicolas Pariser (FR-2015)


Le Grand Jeu est un thriller français réalisé par Nicolas Pariser et sorti en 2015.

Résumé

Pierre Blum (Melvil Poupaud), un écrivain de quarante ans qui n’a plus rien écrit depuis  les années 2000 après avoir connu la gloire avec un best-seller, rencontre, un soir, sur la terrasse d'un casino, un homme mystérieux, Joseph Paskin (André Dussolier). Influent dans le monde politique, charismatique, manipulateur, il passe bientôt à Pierre une commande étrange qui le replongera dans son passé de militant d’extrême-gauche et mettra sa vie en danger. Au milieu de ce tumulte, Pierre tombe amoureux de Laura (Clémence Poésy), une jeune militante, mais dans un monde où tout semble à double fond, à qui peut-on se fier ?

Le Grand jeu s'inspire librement de l'affaire Tarnac, qui s’est progressivement dégonflée après que les charges de terrorisme (pour des sabotages supposés de caténaires de lignes TGV) aient été abandonnées par la justice.  Le réalisateur Nicolas Pariser prend toutefois ses distances avec la réalité. Ainsi, il a très vite décidé de ne pas s'intéresser plus que ça à l'affaire et n'a donc pas fait un travail poussé de documentation. Bien sûr, Le Grand jeu se veut réaliste mais l'affaire doit être considérée davantage comme le point de départ d’une démarche romanesque plutôt que comme centrale dans le film.

 Distribution

  • ·         Melvil Poupaud : Pierre Blum
  • ·         André Dussollier : Joseph Paskin
  • ·         Clémence Poésy : Laura
Mon opinion

Le film hésite entre le thriller et la politique, et s'inspire vaguement de quelques personnages troubles du monde politique et d'affaires glauques sans prendre parti. Il en résulte un film boiteux, mal écrit, mal foutu et ennuyeux à mourir. Les acteurs ne sont pas en cause : Melvil Poupaud est parfait en auteur "has been" quarantenaire qui, par la force des choses, se recycle en "nègre", André Dussolier est plus que parfait dans le rôle d'un homme de l'ombre victime de ses manipulations peu glorieuses, Clémence Poésy, lumineuse... Mais quel mauvais film ! Tout le monde n'est pas Roman Polansky et son remarquable The Ghost writer ou même, pour le comparer à un autre film français, intelligemment inspiré des dessous de la politique française, Quai d'Orsay, de Bertrand Tavernier, véritablement jubilatoire. Rien de tel avec le film de Pariser, seulement de la confusion et de l'ennui.
Voyez plutôt :