mercredi 28 janvier 2015

UN CONTE DE NOËL d'Arnaud Desplechin (FR-2008)



Un conte de Noël est un film français d'Arnaud Desplechin tourné en 2007, à Roubaix. Il réunit Catherine Deneuve, Mathieu Amalric, Emmanuelle Devos, Jean-Paul Roussillon, Chiara Mastroianni, Anne Consigny et Melvil Poupaud. Le film a été présenté parmi les films en compétition lors du Festival de Cannes le 16 mai 2008.

Synopsis

Abel (Jean-Paul Roussillon) et Junon (Catherine Deneuve) Vuillard sont un couple uni et encore amoureux l'un de l'autre malgré les épreuves de la vie. Suite à un malaise, les médecins diagnostiquent chez Junon un lymphome grave que seul peut combattre une greffe de moelle osseuse. Le premier enfant du couple, Joseph, était mort de la même maladie. Les Vuillard avaient cependant tout fait pour le soigner, y compris concevoir deux autres enfants : Elisabeth (Anne Consigny), qui s'était rvélée non compatible, puis, Henri (Mathieu Amalric), qui avait été conçu comme ce qu'on appelle de nos jours d'un mot épouvantable, un "bébé-médicament" avant la lettre. Mais, bien qu'Henri soit compatible avec son jeune frère, les techniques de l'époque (les années 60) n'étant pas aussi évoluées que de nos jours, le petit Joseph était malgré tout mort à l'âge de 6 ans. Le couple avait cependant surmonté son drame et avait encore eu un enfant, Ivan (Melvil Poupaud). A l'adolescence, ils avaient craint pour Ivan qui avait un comportement fantasque à la limite de la schizophrénie, comportement qui se retrouve aggravé chez Paul (Emile Berling), le fils adolescent d'Elizabeth et de Claude. Élizabeth n'avait cependant jamais vraiment pu surmonter la mort de son aîné Joseph et reproche inconsciemment à Henri ne n'avoir pas pu le sauver.

Le film commence au tribunal de commerce où, Henri, suite à la faillite de son théâtre, va être condamné et entraîne dans sa ruine son père qui s'est porté garant pour lui. In extremis, Elisabeth intervient pour racheter ses dettes et éviter à ses parents de devoir vendre leur maison et leur entreprise mais elle fait jurer à toute la famille qu'ils couperont désormais les ponts avec Henri.
 La maladie de Junon change tout car la famille doit se rassembler autour d'elle pour trouver coûte que coûte un donneur compatible. Les examens reçus, seuls Paul, qui est très jeune et a des problèmes psychologiques, et Henri, s'avèrent compatibles.

Il est donc décidé de passer outre le "bannissement" d'Henri et de se retrouver tous à Roubaix à l’occasion de Noël auprès de Junon et d'Abel. S'y ajoute Simon, un cousin orphelin adopté depuis l'enfance.

On imagine l'ambiance lorsque tous se retrouvent et surtout lorsqu'Henri se présente enfin avec son amie Faunia, apportant avec lui tout le poids des tensions familiales, des non-dits, des jalousies larvées...

Réception et critiques

Le film a réalisé 548 033 entrées en France au cours de son exploitation en salles et un total de 665 050 spectateurs en Europe, dont notamment 34 366 entrées en Italie, ce qui a constitué un très bon succès auprès du public pour un film d'auteur. Les résultats d'exploitation du film aux États-Unis, qui fut projeté initialement sur sept puis trente-six écrans au niveau national (avec un pic fin décembre de 47-48 écrans), durant la période allant de mi-novembre 2008 à fin janvier 2009, ont réalisé un total de plus de 1 million de dollars de recettes de 1 060 602 et presque 2 millions au Canada, ce qui constitue le meilleur succès, à ce jour, du réalisateur sur le continent nord-américain.

Globalement le film obtient dans les agrégateurs de critiques cinématographiques anglophones, 87 % de jugements favorables, avec un score moyen de 7,5⁄10 sur la base de 114 critiques collectées sur le site Rotten Tomatoes. Sur le site Metacritic, il obtient un score de 84⁄100, sur la base de 32 critiques collectées. Enfin, sur l'Internet Movie Database, basé sur les votes du public, il obtient une note de 7,1⁄105.

Récompenses

Bien que le film ait été présenté en compétition au Festival de Cannes 2008, il n'a pas obtenu de prix. A titre personnel Catherine Deneuve a obtenu  le Prix du 61ème Festival de Cannes pour l'ensemble de sa carrière (conjointement avec Clint Eastwood) : lors de la remise du prix, elle a remercié spécifiquement Arnaud Desplechin et a salué ses partenaires dans le film Un conte de Noël, en particulier Mathieu Amalric et Jean-Paul Roussillon.

Les critiques

 - Les critiques de la presse (4,4/5)

Globalement, le film a été encensé par les critiques professionnels, de "Charlie Hebdo" (« Fascinante est la virtuosité, l'élégance surtout, avec laquelle Depleschin orchestre cette tragédie légère, fausse sarabande bergmanienne (...) ") au Journal du Dimanche ( "Un grand film plein d'humour et de drames, foisonnant de personnages et portés par des acteurs et des dialogues étourdissants"), en passant par Le Figaro ("Un désordre puissant, ironique, affectueux, porté par des comédiens formidables"). Les critiques négatives se comptent sur les doigts de la main : Paris-Match ("Le film nécessite un temps de chauffe...", 20 minutes (" le film souffre des défauts de ses qualités car l'ensemble se révèle artificiel comme un tantinet poseur."), le plus méchant étant Chronic'Art : "Monstrueusement volontariste, scolaire, salonnard (...), un monstre cinématographique de froideur, d'ennui, d'esbroufe, de tristesse rance."

 - les critiques des spectateurs sont nettement moins positives (3,2/5) :

 "Une réalisation finalement assez académique..." Certains n'y allant pas avec le dos de la cuillère : "Un film ennuyeux à mourir, une autre excellente démonstration de masturbation intellectuelle et de snobisme cinématographique agaçant. Je le déconseille vivement" ou,  avec une analyse plus subtile qui montre un fin connaisseur du cinéma : "L'allongement de l'exposition, bien que particulièrement gênante, n'est cependant pas dénuée d'intérêt et permet d'installer le spectateur, de le mettre réellement au cœur de cette famille. La réalisation et les plans d’Arnaud Desplechin, bien que très intéressants, paraissent extrêmement académiques. Ces derniers manquent un peu de style et de personnalité, sans aller jusqu'au plat total. Car en effet, les idées sont présentes et tout de même appliqués, avec plus ou moins de réussite. Au final, on déplore devant Un conte de Noël, film français assez intéressant, des lacunes dans le rythme et un manque de personnalité."

Ma critique sera encore plus sévère :

Je rejoins assez bien la critique de Chronic'Art dont je retiens les termes "ennui, tristesse rance". Si je ne dénie pas à ce film tout intérêt (CatherineDeneuve est, comme (presque) toujours parfaite (c'est à dire qu'elle est CatherineDeneuve !), le scénario m’a paru horriblement alambiqué, confus, les situations tordues, les dialogues insupportablement poseurs (mais chapeau bas aux acteurs qui ont eu à les dire, en particulier à Mathieu Amalric qui a dû passer des nuits blanches à les retenir), le côté artificiel de tout cela m'a trop rappelé d'autres films français que j'ai détestés pour leur côté pédant et bavard, leur nombrilisme et, en fin de compte, le terrible ennui qu'ils dégagent. Pourtant, le cinéma français est tout à fait capable, quand il reste simple et sincère, et ne cherche pas à nous "prendre la tête", d'être bon, voire excellent : en témoignent les quelques (trop) rares films que j'ai récemment vus et cités dans ce blog mais, il est vrai, qui n’ont pas la prétention d'être des « films d’auteur ». Je pense en particulier à :

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