Ce blog est consacré au cinéma et aux séries TV. J'y traite principalement des films et des séries que j'aime mais je me réserve aussi le droit d'en critiquer certains.
Rocketman est un film américano-britannique
réalisé par Dexter Fletcher, sorti
en 2019. Il s'agit d'un biopic du chanteur anglais Elton John.
Présentation
Lorsque le film commence, un
personnage vêtu d'un costume extravagant, fait irruption à une réunion d’alcooliques
anonymes. Il s’agit d’Elton John (Taron
Egerton) qui a entrepris une cure de désintoxication: Il se livre alors
sur son addiction à l’alcool, au sexe, aux drogues et raconte son enfance dans
une famille sans amour, à part celui de sa grand-mère, qui a su déceler, dès
ses débuts, son goût pour la musique. Reginald Dwight (Matthew Illesley, Elton enfant) obtiendra une bourse pour suivre les cours de la prestigieuse
Royal Academy of Music où il montrera très vite des talents de musicaux exceptionnels. Après quelques échecs, sa carrière démarrera lorsqu'il rencontre Bernie Taupin (Jamie Bell) qui deviendra son ami et son
parolier attitré.
Avec le succès, lui qui était un garçon timide et introverti, il prend pour nom de scène celui d'Elton John et commence à s'habiller et se comporter de manière excentrique. Alors qu’Elton cache son homosexualité à
sa famille et à son public, il vit cependant une liaison compliquée avec son
manager John Reid (Richard Madden) qui ne voit dans cette relation que son intérêt financier. Elton, pour faire taire les critiques, en
arrivera même à tenter un mariage blanc avec Renate Blauel. Après des années dissolues où il manqua de laisser la vie à plusieurs reprises, il trouvera enfin l'âme soeur en la personne de David Furnish, un réalisateur canadien rencontré en 1993. Le couple est
actuellement parent de deux fils nés d’une mère porteuse.
Mon opinion sur ce film
Je n’ai jamais été fan ni des
musiques ni de la voix d’Elton John dont je reconnais cependant le génie
musical et les qualités de compositeur. Ayant raté la sortie de Bohemian rhapsody, sur la vie de Freddie Mercury, je ne voulais pas faire de même avec ce film.
Or, je dois saluer la performance. Ce film, imaginé en 2012 par Elton John lui-même qui ne voulait pas
d’un biopic classique, a mis sept ans à se faire. C’est à mon avis une réussite
totale. Le scénario (de Lee Hall, scénariste du génial Billy Elliot, auquel ce film m'a fait penser à plusieurs reprises), la mise en scène brillante, qui alterne scènes
intimistes avec comédie musicale, dans un feu d’artifices de sons et de
couleurs, la performance des acteurs, en particulier de Taron Egerton, qui incarne
un Elton plus vrai que nature. Une réussite.
The Artist est un film
français, en noir et blanc, écrit et réalisé par Michel Hazanavicius, sorti en 2011.
Présentation
Le film commence en 1927, à
Hollywood. George Valentin (JeanDujardin) est une vedette du cinéma muet. De son côté, Peppy Miller (Bérénice Bejo) est une jeune débutante
qui tente sa chance dans le cinéma. Valentin ayant découvert ses talents de
danseuse, il la fait embaucher pour un second rôle sur son nouveau film.
Mais l’arrivée du cinéma parlant
va tout changer : Valentin, incapable de se recycler amorce une descente
aux enfers. Il décide de produire lui-même son propre film, Tears of Love, mais le succès n’est pas
au rendez-vous alors que Peppy devient de plus en plus connue.
Nous sommes à la veille du krach
de 1929 ; George Valentin, qui a investi toute sa fortune dans son film,
est ruiné. Outre sa fortune, il perd aussi sa notoriété et sa femme le quitte.
Quand Peppy Miller, qui a vu et adoré Tears
of Love, vient le féliciter, il l’éconduit.
Les deux années suivantes, Peppy
Miller va de succès en succès alors que George Valentin sombre dans l'oubli et
l'alcool. Il va même jusqu’à renvoyer Clifton, son chauffeur et factotum et dernier
ami qu’il n’a pas payé depuis un an. Ses biens sont vendus aux enchères et acquis
par un mystérieux acheteur anonyme qui s’avère être Peppy. Dans un accès de
désespoir et de saoulerie, Valentin met le feu aux dernières pellicules de ses films
qu'il gardait chez lui, ne parvenant à sauver qu’une bobine. Il serait mort
asphyxié sans l’intervention de son chien. Quand Peppy vient le voir à
l’hôpital, elle trouve la bobine de film que George a retiré des flammes : elle
contient les rushes des scènes qu'ils ont tournées ensemble. Peppy décide de
ramener George chez elle. Valentin reprend goût à la vie mais en découvrant que
c’est Peppy qui a racheté ses meubles, il s’enfuit et retourbe dans son ancien
appartement en ruine.
Lorsque Peppy constate qu’il a
disparu, elle saute dans sa voiture et se précipite chez lui juste à temps pour
l’empêcher de se suicider.
Peppy lui propose alors de
tourner ensemble une comédie musicale où George fera des claquettes.
Autour du film
Tourné à Los Angeles, et
notamment à Hollywood, The Artist met en scène Jean Dujardin dans le rôle de George
Valentin et Bérénice Bejo dans celui
dePeppy Miller. Produit principalement
par Thomas Langmann, The
Artist est un hommage aux films des années 1920. Il reprend la
structure de scénario des différentes versions d’Une étoile est née. Le
réalisateur a notamment cité parmi ses influences Les Lumières de la ville
et Les
Temps modernes de Charlie
Chaplin, l'un des derniers films muets sortis avant l’essor du parlant. Le
film contient également des références à Chantons sous la pluie qui traitait
déjà sur un ton humoristique du passage douloureux au cinéma parlant, ainsi
qu'à différents classiques du cinéma, muet et parlant.
Sélectionné au Festival de Cannes
2011, The Artist a valu à Jean
Dujardind’obtenir le Prix
d'interprétation masculine. Grâce à son succès cannois, le film a été
acheté par des distributeurs du monde entier et a fait une brillante carrière
internationale, remportant notamment trois Golden Globes, sept BAFTAs, six
César, un Goya et cinq Oscars. The Artist est le deuxième film non-américain
à remporter l'Oscar du meilleur film, le
premier ayant été Le Dernier Empereur, de Bernardo Bertolcci en 1988. Quant à Jean Dujardin il a été le premier
comédien français à recevoir l'Oscar du
meilleur acteur, ce qui lui a valu de devenir, du jour au lendemain, une
star internationale.
Mon opinion sur ce film
Réaliser un film en noir et blanc
et en partie muet était un incroyable défi dont personne n’aurait imaginé qu’il
obtiendrait un tel succès international. Que les Américains aient été sensibles,
plus encore que les Français, au destin de cette star du muet confrontée à la
véritable révolution qu’apporta le cinéma parlant, n’est pas étonnant car
nombre des vedettes de cette époque ont eu à affronter la même descente aux
enfers. Le sujet est aussi traité dans un autre très beau film, Le musée des merveilles, lui aussi partiellement en noir et blanc et avec
de grandes parties muettes puisque les héros sont, l’un sourd, l’autre muette. Mais
The
Artist a quelque chose de plus et on doit reconnaître que le jeu de Dujardin
est exceptionnel et dégage, du début à la fin, une grande émotion. Film inclassable s'il en est, The Artist est une étonnante et belle réussite.
Le Retour de Mary Poppins
(Mary Poppins Returns) est un film musical
américain réalisé par Rob Marshall,
et sorti en 2018. Il fait suite au film Mary Poppins sorti en 1964, lui-même
adapté du roman du même nom de Pamela L.
Travers. Ce film marque également le retour des longs-métrages mêlant
animation et prises de vue réelles (les exemples des films de ce genre les plus
connus sont : Qui veut la peau de Roger Rabbit, sorti en 1988, MaryPoppins, l'un des preliers films de ce genre, sorti en 1964, et l'un
des derniers films de ce sujet étant Les Looney Tunes passent à l'action,
des studios Warner, sorti en 2003).
Présentation
L’action se passe à Londres,
pendant la Grande dépression des années 1930, Michael et Jane Banks, que nous
avions connus enfants dans Mary Poppins, sont désormais
adultes. Michael (Ben Wishaw) vit dans
la maison familiale de Cherry Tree Lane
(L'allée des Cerisiers) avec ses trois enfants, Annabel (Pixie Davies), John (Nathanael
Saleh) et Georgie (Joel Dawson) et
leur gouvernante, Ellen (Julie Walters).
Michael est veuf depuis peu et la banque, dont son père a été l’un des
actionnaires, est sur le point de saisir sa maison. Jane, sa sœur (Emily Mortimer), qui ne vit pas avec
eux, fait tout pour l’aider.
Mary Poppins (Emily Blunt), l’énigmatique nounou, équipée
de son parapluie à tête de perroquet parlant et de son fourre-tout en
tapisserie, réapparaît alors dans leur vie. Grâce à sa magie et avec l’aide de
son nouvel ami Jack, l’allumeur de réverbères (Lin-Manuel Miranda), Mary va apporter la solution à tous leurs
problèmes… On retrouve certains des personnages emblématiques de Mary Poppins,
comme l’amiral Boom qui continue à tirer au canon toutes les heures mais le
film introduit aussi de nouveaux personnages pleins de fantaisie, comme la « cousine »
de Mary Poppins, l’excentrique Topsy (méconnaissable Meryl Streep)… Dyck Van Dyke,
qui jouait le rôle de Bert, l’allumeur de réverbères, compagnon de Mary, dans
le premier Mary Poppins, fait une apparition dans le rôle du directeur de la
banque. Angela Lansbury, l'inoubliable Miss Fletcher de la série policière télévisée Arabesque, joue le rôle de la vendeuse de
ballons.
Mon opinion sur ce film
Je n’étais pas très emballé par
un remake du mythique Mary Poppins. J’y suis tout de même
allé suite à la lecture de quelques critiques positives et je ne le regrette
pas même si certaines scènes m’ont parues superflues et l’ensemble un peu long.
Plus qu’un remake, le film présente une vision modernisée assez efficace et
sympathique, pas forcément pour les enfants. La scène finale des ballons est la plus réussie. Un regret, ne pas entendre, au moins une fois, le fameux "Superfragilisticexpidélilicieux" devenu une expression-culte du cinéma. A la sortie, on n’a
qu’une envie, revoir l’original.
A voir aussi :
Dans l'ombre de Maryqui retrace avec humour le combat acharné de Walt Disney pour convaincre l’intraitable Pamela L. Travers, l'auteur de l'histoire originale, de lui céder les droits d'adaptation de son oeuvre.
Les
demoiselles de Rochefort est un film musical franco-américain écrit et
réalisé par Jacques Demy, sorti en 1967, et mettant en vedettes Catherine Deneuve et Françoise Dorléac. Sorti en mars 1967, le
film a été couronné la même année par le Prix
Max Ophüls et a valu au compositeur Michel
Legrand une nomination aux Oscars de
la meilleure musique de film. Depuis, le film est devene « culte »
et a connu une postérité incroyable, jusqu'à inspirer Damien Chazelle le réalisateur de La La Land.
Présentation
Le film se
déroule à Rochefort (Charente-Maritime) dans les années 60. Les sœurs Garnier
sont jumelles. Delphine, la blonde (CatherineDeneuve) est professeur de danse et sa sœur, Solange, la brune (Françoise Dorléac) enseigne le solfège.
Toutes les deux rêvent de « monter » à Paris. Leur mère Yvonne
Garnier (Danielle Darrieux) tient un
café sur la place Colbert, au cœur de Rochefort. Autour d’elles gravitent
plusieurs personnages : Papé, le père d’Yvonne, qui fabrique des maquettes, Josette,
la serveuse, Boubou, le fils d’Yvonne, Maxence, un marin rêveur (Jacques Perrin), Subtil Dutrouz, un étrange
retraité (Henri Crémieux). Une
kermesse se préparant, une troupe de forains arrive à Rochefort et s’installe
sur la place : parmi eux, deux copains, venus présenter des motos et des
bateaux, Etienne (George Chakiris)
et Bill (Grover Dale).
En se rendant
chez son amant, Guillaume Lancien (Jacques
Riberolles), qui tient une galerie de tableaux, pour lui annoncer qu’elle ne
veut plus le voir, Delphine découvre un portrait peint par Maxence qui lui
ressemble étrangement. Pendant ce temps, Solange se rend chez Simon Dame (Michel Piccoli), gérant d'un magasin de
musique qui lui propose de lui faire rencontrer Andy Miller (Gene Kelly), un musicien américain de
passage à Paris. En allant chercher Boubou à la sortie de l'école, Delphine tombe
sur Étienne et Bill.
Mon opinion sur ce film
Je n’avais
encore jamais vu ce film passé sur Arte pour les fêtes de Noël 2018 dans son
intégralité. Certes, le scénario est mince et les dialogues simplistes mais ce
n’est pas ce qu’on attend de cette comédie musicale enlevée, éclatante de
couleurs, où les danseurs virevoltent et dont il se dégage à la fois une
impression de bonheur mais aussi, curieusement, un sentiment de nostalgie,
voire même une certaine tristesse. On sait aussi que c’est quelques mois
seulement après la sortie des Demoiselles de Rochefort que Françoise Dorléac se tua à bord de la
voiture qui la conduisait à l’aéroport de Nice, où elle devait prendre l’avion
pour Londres pour assister à la présentation du film.
Across the Universe est
un film musical anglo-américain de 2007 réalisé par Julie Taymor et écrit par Dick
Clement et Ian La Frenais. Le
script est fondé sur une histoire originale inspirée des textes de 34 chansons
des Beatles, réinterprétées par les
acteurs du film.
Présentation
Jude (Jim Sturgess, découvert dans Upside down) est ouvrier aux chantiers
navals de Liverpool mais rêve d’aller en Amérique pour retrouver son père, dont
il sait qu’il habite New York et travaille à l’Université Columbia.
Arrivé sur place, il apprend que
son père, qu’il imaginait être un célèbre professeur, est en fait gardien de l’Université.
Il est en outre marié et a des enfants et n’a pas grand-chose à faire de ce
jeune adulte qui débarque d’Angleterre. Cependant, Il ne renvoie pas Jude et
lui propose un lit de camp dans les locaux techniques de l’Université mais il
ne va pas jusqu’à l’inviter chez lui et le présenter à sa famille.
Heureusement pour Jude, dès son
arrivée sur le campus, il a rencontré Maxwell « Max » Anderson (Joe Anderson), un fils de famille qui
préfère passer son temps avec ses copains à faire les 400 coups plutôt que de
se consacrer à ses études.
Malgré tout, Max est un brave
garçon et il invite Jude à passer Thanksgiving dans sa famille. Là, Jude
rencontre la jeune sœur de Max, July (Evan
Rachel Wood), et c’est le coup de foudre.
Quelque temps après, July vient
rejoindre son frère et Jude à Greenwich village où ils occupent un squat qu’ils
partagent avec Sadie (Dana Fuchs),
une chanteuse dont la carrière démarre, et sa bande. Nous sommes dans les
années 1960, en pleine contestation contre la guerre du Vietnam (le président
est Lyndon B. Johnson), du LSD, des voyages spirituels et du rock'n roll…
Lucy milite dans une association anti-guerre
pendant que Jude dessine pour des revues engagées.
Quant à Max, malgré tous ses
efforts, il est incorporé et devra affronter l’enfer du Vietnam dont il
reviendra plus blessé moralement que physiquement.
Ayant pris part à une
manifestation anti-guerre, Jude est expulsé et doit repartir, la mort dans l’âme,
en Angleterre.
Mais, ne pouvant se faire à cette
vie, il décide de revenir à New York. Il y arrive pour assister à l’évacuation
par la police du concert que donne Sadie sur le toit d’un immeuble (référence
au dernier concert des Beatles sur le toit d’Apple Records en 1969 – voir plus
bas). Jude, qui arrive alors que le toit a été évacué, profite des micros restés
branchés pour entonner le fameux hymne à l’amour des Beatles « All you
need is love » et le transforme en déclaration d’amour pour Lucy. Le
générique de fin défile lui sur une autre chanson-culte des Beatles « Lucy
in the sky with diamonds » (interprétée par Bono).
Robert Clohessy : Wesley « Wes » Huber, le père de Jude
Salma Hayek fait une rapide apparition dans le rôle de Bang Bang
Shoot Shoot Nurses, de même que Bono
(Dr Robert) et Joe Cooker (Bum/Pimp/Mad
Hipple)
Chansons des Beatles dans le film*
Les compositions des Beatles
entendues sur la bande originale, listées dans l'ordre chronologique du film. La
plupart sont interprétées sans doublage par les acteurs du film qui sont aussi
chanteurs, Jim Sturgess, Dana Fuchs,Evan Rachel Wood, Joe
Anderson, Martin Luther McCoy ainsi
que quelques guest-stars comme Bono, Joe
Cooker.
Helter Skelter, qui apparaît deux fois dans le film (tout comme le
refrain de Revolution). Est interprété par Dana
Fuchs (reprise plus tard dans le film, combinée avec Across The Universe), Hold
Me Tight, par Evan Rachel Wood et Lisa Hogg, …
Happiness is a Warm
Gun, par Joe Anderson et Salma Hayek
A Day in the Life, par Jeff Beck (extrait instrumental)
Blackbird, par Evan Rachel
Wood
Hey Jude, par Joe Anderson
(avec Angela Mounsey pour l'un des
couplets)
Don't Let Me Down, par Dana Fuchs et Martin Luther
McCoy
All You Need Is Love, écrite par John Lennon, interprétée par Jim Sturgess (d’abord a Capella puis accompagné par Dana Fuchs, T.V. Carpio et Martin Luther
McCoy
Lucy in the Sky with Diamonds, par Bono (avec The Edge aux
chœurs ; la chanson sert de générique de fin)
Noms des personnages*
Les noms des personnages du film
sont, pour la plupart, tirés de noms cités dans des chansons des Beatles :
Lucy Carrigan, inspiré de la
chanson Lucy in the Sky with Diamonds
Max Carrigan, inspiré de la
chanson Maxwell's Silver Hammer
Jude Feeny, inspiré de la chanson
Hey Jude
Sadie, inspiré de la chanson Sexy Sadie'
Jo-Jo, inspiré de la chanson Get Back
Desmond, inspiré de la chanson Ob-La-Di, Ob-La-Da (absente du film)
Mr. Kite, inspiré de la chanson Being for the Benefit of Mr. Kite
Martha Feeny, inspiré de la
chanson Martha My Dear
Doctor Robert, insipré de la
chanson Doctor Robert
Prudence, Inspiré de la chanson Dear Prudence
Rita, inspiré de la chanson Lovely Rita (absente du film)
Bill, inspiré de la chanson The Continuing Story of Bungalow Bill
(absente du film)
Molly, inspiré de la chanson Ob-La-Di, Ob-La-Da (absente du film)
Autres références aux Beatles*
Certains faits et propos tenus
par les personnages font référence à des chansons originales des Beatles ou à des anecdotes les
concernant :
Au début du film, un vieil homme
dit : «Lorsque j'aurai soixante-quatre
ans, je serai loin d'ici», référence
à la chanson When I'm Sixty-Four.
Lors de la scène du repas de
Thanksgiving, la grand-mère de Max et Lucy parle de la sauce aux canneberges («
cranberry sauce ») ; ces mots sont murmurés par John Lennon dans la chanson Strawberry
Fields Forever et font partie des prétendus « indices » cachés dans les
chansons des Beatles.
Quand Jude et Max rencontrent
Sadie, elle leur dit : «Vous avez l'air
plutôt proprets. Mais vous pourriez avoir tué votre mamie au marteau », en
référence à la chanson Maxwell's Silver
Hammer (« Le Marteau d'argent de Maxwell »).
Lorsque le personnage de Prudence
fait son apparition dans l'appartement que Max, Jude et Sadie partagent, elle
entre par la fenêtre de la salle de bain, rappelant directement la chanson She Came in Through the Bathroom Window(« Elle est entrée par la fenêtre de la
salle de bain. »), phrase que prononce d'ailleurs Jude après cette scène.
Le concert du début du film, à
Liverpool, se déroule dans un club nommé « The Cavern », en référence au Cavern
Club, salle de spectacle où les Beatles
ont fait leurs débuts.
Avant de chanter Strawberry Fields Forever, Jude essaye
de dessiner une pomme verte, logo d'Apple Records, label fondé par les Beatles.
Plus loin, après sa dispute avec
July, il « crucifiera » des fraises saignantes sur un tableau, motif
qui deviendra le logo de la marque de disques de Sadie mais est aussi une
métaphore de la guerre qui se déroule au Vietnam et des manifestations
sanglantes ayant lieu au même moment aux Etats-Unis. Ce logo, qui évoque aussi
un cœur saignant, sert aussi d’affiche au film.
Le concert final sur le toit est
à rapprocher du « rooftop concert » de 1969, dernier concert des Beatles, sur
le toit d'Apple Records**, lui aussi interrompu par l'intervention de la police.
Mon opinion sur ce film
J’ai voulu voir ce film en raison
de la présence, au générique, de Jim Sturgess. Dans ce film, il incarne Jude, le personnage principal avec celui
de Lucy (Evan Rachel Wood).
Le film est un OCNI (Objet
Cinématographique Non Identifié), et peut décontenancer le public. Il mêle en
effet une histoire d’amour entre Jude et Julie, une histoire d’amitié (avec Max
– Joe Anderson), avec des parties chantées et dansées, des images
psychédéliques, et des scènes complètement déjantées qu’on ne peut comprendre
qu’à la lumière du texte des chansons. Le tout donne quelque chose de
surprenant, bizarre, un peu comme si l’on avait mélangé de la glace à la fraise
avec de la menthe, en saupoudrant le tout de LSD. La seule attitude à avoir vis-à-vis
d’un tel film est, soit de s’arrêter de le regarder, soit de se laisser
embarquer sans trop chercher à comprendre. Après la première surprise, c’est ce
que j’ai fait. Mais je dois reconnaître qu’il faut une sacrée dose d’ouverture
d’esprit (et surtout aimer la musique des Beatles) pour ne pas décrocher.
Notes
* Ces paragraphes sont issus de l’article de Wikipedia consacré au film.
** Label fondé par les Beatles en 1968 qui n'a rien à voir avec la marque Apple, fondée par Steve Jobs en 1976.
A l’origine, West Side Story fut une comédie musicale créée le 26 septembre 1957 au Winter Garden Theatre
de Broadway.
La musique a été écrite par Leonard
Bernstein; le livret de Stephen Sondheim et Arthur Laurents est librement
inspiré de la tragédie Roméo et Juliette de William Shakespeare. La
chorégraphie et la mise en scène étaient de Jerome Robbins. Le spectacle fut présenté 732 fois à Broadway avant de partir en tournée. Nommé en 1957 pour le Tony Award de
la meilleure comédie musicale (finalement accordé à The Music Man de Meredith
Willson), il remporta cependant le prix de la meilleure chorégraphie. La production londonienne connut une durée de représentation encore
plus importante et le spectacle fit l'objet de nombreuses reprises et bénéficia
d'un succès international. Repris à Paris en 2012 (Théâtre du Châtelet), puis en 2015 au Grand Rex, il a été encore représenté à la Seine musicale du 12 octobre au 12 novembre 2017, devant un public toujours aussi enthousiaste.
Le film
Un film a fait l'objet d'une adaptation de
la comédie musicale en 1961. Réalisée par Robert Wise et Jerome Robbins, il est interprété, dans les rôles titres, par Natalie Wood dans le rôle de Maria, George Chakiris, dans celui deNardo, avec Richard Beymer (Tony), Rita Moreno (Anita), et Russ Tamblyn (Riff). Le film a remporté
dix Oscars (sur onze nominations) lors de la 34e cérémonie des Oscars.
Résumé
L’histoire s'inspire de celle de Roméo et Juliette mais se situe dans les années 50 à New York dans le
quartier de Upper West Side à Manhattan.
Deux bandes rivales de jeunes gens désoeuvrés, celles des Jets et des Sharks, s'opposent pour pour le monopole du territoire.
Les Jets, issus de
la classe ouvrière blanche défavorisée, se considèrent comme les véritables Américains car ils sont nés sur le sol américain, même si leurs parents sont eux-mêmes des immigrés venus d'Europe. Les Sharks appartiennent à la deuxième
génération d'émigrés venus, plus récemment, de Porto Rico*.
Tony, bien qu’il soit ami du chef
du clan des Jets, Riff, n'en fait plus partie et travaille dans un drugstore. Lors d’un bal, il rencontre Maria, la sœur de Bernardo « Nardo »,
le chef des Sharks, promise à Chino, un jeune Portoricain. Comme dans Roméo et Juliette, les deux jeunes gens tombent fous amoureux dès le premier regard.
Mais les deux bandes ont décidé
de s’affronter le soir-même sous le pont de l’autoroute et, loin de respecter la consigne de
se battre « à la loyale », les protagonistes sortent chacun un
couteau et s’entretuent.
Tony, qui était venu les séparer, tue Nardo, le frère
de Maria pour venger Riff qui a été tué par ce dernier.
En représailles, Chino,
l’amant éconduit de Maria, tue Tony, venue la retrouver pour s’enfuir loin de
New York.
Dans la scène finale, on assiste, sur le cadavre de Tony, sinon à la réconciliation des bandes rivales, mais du moins à une trêve.
Mon opinion sur ce film
Le film est passé hier soir (1er janvier 2018) sur
Arte dans sa version restaurée en 2012 qui permet d’apprécier des images et un
son parfait. Et, Oh, surprise, le film n'a pas pris une ride.
Comme beaucoup de spectateurs, je
pensais l’avoir vu tant nous avons tous en tête les scènes-culte et des tubes comme "Maria" mais, en réalité, je me suis aperçu que je ne le connaissais pas dans sa totalité.
A part le début, qui m’a paru
très long, surtout après l’étrange scène d’ouverture des dix premières minutes où
l’on nous présente une résille fixe qui s’avère reprendre la silhouette de Manhattan sur
un fond de musique symphonique, et les interminables prolégomènes où les bandes
des Sharks et des Jets se défient, on entre dans l’action véritable et, là, on reste littéralement cloué à son siège face au dynamisme des acteurs, stupéfié par la modernité des dialogues, et surtout par l’époustouflante
chorégraphie de Jerome Robbins portée par l'incroyable inventivité de la musique de Bernstein.
Il n’y a pas à dire. Ce film est
et reste un chef d’œuvre qui n’aura pas vieilli en 60 ans. Chapeau !
_____________
* Le statut de Porto Rico est atypique. L'archipel, situé dans les Grandes Antilles, n'est pas, à la différence de ce que l'on croit généralement (et moi le premier !) un Etat américain mais un "territoire américain", rattaché aux Etats-Unis un peu comme le sont les états du Commonwealth à la couronne britannique. Depuis 1917, les Portoricains ont la nationalité américaine sans, pour autant, être "citoyens" américains... [Wikipedia : Porto Rico]
La La Land est un film
américain écrit et réalisé par Damien
Chazelle, sorti le 9 décembre 2016 aux États-Unis et au Canada et le 25
janvier 2017 en Belgique et en France. Ce film marque la troisième
collaboration entre Ryan Gosling et Emma Stone après Crazy, Stupid, Love
(2011) et Gangster Squad (2013). En anglais américain, l'expression « La
La Land » désigne le quartier de Hollywood à Los Angeles, ainsi qu'une
situation déconnectée de la réalité.
La La Land est aussi le titre d’une chanson du groupe Green Velvet
(2001) ; La-La Land Records est le
nom d’une société discographique spécialisée dans les bandes originales de
films fondée en 2002 ; The La la
land store est enfin un immense magasin de disques fourre-tout, qui vend des T-shirts, des posters de stars de Hollywood et de groupes de rock et une multitude d'objets
souvenirs rappelant la musique et le cinéma, situé au 7001, Hollywood Blvd. à
Los Angeles.
Damien Chazelle est un réalisateur américain, de père français. Il
a écrit le scénario de cette comédie musicale en 2010, alors qu’il n’avait que
vingt-cinq ans. Ne parvenant pas à trouver un studio susceptible de financer le
film, il décide d'abord de réaliser Whiplash, un projet moins ambitieux. Devant le
succès de ce premier film, Summit Entertainment accepte de produire La La
Land en 2015.
Présenté en ouverture de la Mostra de Venise en août 2016, le film remporte
un succès critique. Emma Stone
obtient, quant à elle, la Coupe Volpi de
la meilleure interprétation féminine. En janvier 2017, lors de la 74e
cérémonie des Golden Globes, La La
Land reçoit un record historique de sept récompenses, avant d'être distingué par quatorze nominations pour les Oscars 2017,
égalant ainsi le record historique de Ève (1950) et de Titanic(1997). Il remporte six trophées, dont ceux du Meilleur réalisateur pour Damien
Chazelle et de la Meilleure actrice pour
Emma Stone, ainsi qu'une double
consécration pour le compositeur Justin
Hurwitz (Meilleure musique et Meilleure chanson originale pour City of Stars).
Résumé
Le film se déroule de nos jours, presque entièrement
à Los Angeles. Il commence au milieu d’un embouteillage monstre sur une
autoroute dont tous ceux qui ont un peu pratiqué la capitale de la Californie ont fait les frais. La scène est tournée lorsqu'on arrive de San Francisco au nord et que l'on découvre l'immensité de Los Angeles, qui occupe toute la cuvette, au sud, dont on reconnaît Downtown hérissée de tours, dans un lointain brumeux.
Mia (Emma Stone), est serveuse au café
Warner situé au sein des studios d’Hollywood. Rêvant depuis son plus jeune âge d’être
actrice, elle enchaîne sans succès des castings plus désastreux les uns que les autres. Sebastian (Ryan Gosling) est un pianiste de jazz
éclectique dont le rêve est d’ouvrir son propre club.
Lorsque le bouchon commence
à se dissiper, Mia, qui répète son texte, ne démarre pas assez vite au gré de Sebastian
qui la double en klaxonnant. Furieuse,
elle lui fait un doigt d’honneur en l’injuriant.
Peu après, elle passe une énième audition qui se révèle infructueuse.
Le soir, Mia se rend avec ses amies à une fête organisée dans une villa sur les hauteurs de Hollywood Hills (Someone in the Crowd). Lorsqu'elle veut reprendre sa voiture pour rentrer chez elle, elle constate, dépitée, que, mal stationnée, elle a été emmenée à la fourrière.
En parallèle, on voit Sebastian renvoyé le soir de Noël du café-concert où il joue car il n'a pas respecté les ordres du patron et s'est lancé une fois de plus dans une improvisations de jazz de son cru au lieu du répertoire de Noël imposé.
Alors qu'elle entre dans le restaurant, Mia l'entend interpréter le magnifique morceau, fil rouge du film, qui lui a valu son
renvoi (Mia and Sebastian's Theme); alors qu'elle s’avance pour le féliciter, Sebastian, furieux d'avoir été viré, la bouscule, après avoir empoché les maigres pourboires qu’il a récoltés au cours de la soiré.
Plusieurs mois plus tard, Mia
croise à nouveau Sebastian dans une soirée où celui-ci joue dans un groupe des reprises de chansons des années 1980. Elle se moque de lui et de sa carrière
stagnante ; il réplique en se moquant de sa piètre carrière d'actrice. Après le
concert, ils repartent ensemble pour reprendre leurs voitures et, tout en se
plaignant d’avoir passé la soirée ensemble, ils improvisent des pas de danse en contemplant le coucher de soleil sur Mount Hollywood drive, qui conduit à Griffith Park et à l'Observatoire Griffith (A Lovely Night) - l'un des plus beaux moments du film qui en compte beaucoup.
Etant tombés amoureux malgré des débits plutôt ratés, ils s’entraînent mutuellement à
découvrir leurs passions respectives : Mia emmène Sebastian visiter les studios
d’Hollywood où elle côtoie tous les jours stars et tournages et lui confie son rêve de devenir actrice et le plaisir qu’elle a à jouer la comédie. De son côté Sebastian invite Mia, qui dit ne pas aimer le jazz, dans un club où l'on joue un jazz authentique, le Lighthouse Cafe à Hermosa Beach, et il lui
confie son rêve : ouvrir un jour son propre établissement. Au cours d’une
conversation, Mia dit à Sebastian qu’elle n’a jamais vu La Fureur de vivre, l’un
des films emblématiques de James Dean; enthousiaste, elle accepte de le voir avec lui au cinéma Rialto (Pasadena). Elle a cependant oublié la soirée au restaurant organisée par son petit ami, Greg, en l'honneur du passage de son frère à Los Angeles. La soirée
avec Greg et son frère se révélant d’un ennui mortel, Mia la quitte brusquement pour rejoindre Sebastian au cinéma où le film vient à peine de
commencer. Au moment où leurs mains se retrouvaient et où ils allaient échanger
leur premier baiser, la pellicule brûle et le film s’interrompt. Comme la scène
qu’ils s’apprêtaient à voir se déroulait au planétarium de l'Observatoire
Griffith, qui domine Hollywood, Sebastian entraîne Mia vers ce lieu mythique du récit de La Fureur de vivre
(Planetarium). Une fois sur place,
ils peuvent terminer leur baiser interrompu lors de la séance de cinéma.
Après de nouvelles auditions
ratées, Mia commence à désespérer. Mais, encouragée par Sebastian, elle se
décide à se mettre à rédiger un one-woman-show qui raconte son départ de sa ville natale, Boulder, au Nevada, pour réaliser ses rêves à LA. De son côté, Sebastian décroche un emploi
dans un club de jazz et emménage avec Mia (Summer
Montage). Il y retrouve Keith (John
Legend), un de ses vieux camarades de lycée, qui lui propose de venir jouer avec le groupe
de jazz-rock qu’il a monté. Dans un premier temps, Sebastian refuse car,
d’une part, il semble avoir un contentieux avec Keith, et d’autre part, il est
trop puriste pour aimer le style musical du groupe. Cette fois, c'est Mia qui l’encourage à faire un essai avec Keith. Ni l'un ni l'autre n'imagine alors que la conséquence de ce choix entraînera leur séparation. En effet, le
succès venant, Sebastian se prend au jeu et il accepte de partir en tournée avec son nouveau groupe,
abandonnant Mia à l'écriture de son "one-woman show".
Un soir, Mia, après avoir essayé
en vain d’avoir Sebastian au téléphone, rentre chez elle pour découvrir qu'il lui a fait la surprise de lui préparer un repas d’amoureux. D'abord heureuse,
elle déchante lorsqu'il lui apprend que le succès du groupe l’amène à prolonger
sa tournée de plusieurs mois et qu’ils vont être séparés si le succès se confirme. Sebastian reconnaît
qu’après des années de galère il a enfin, non seulement trouvé un revenu stable mais qu’en plus il
est heureux de pouvoir jouer devant des salles pleines et un public enthousiaste. Ils ont leur première
querelle d’amoureux, Mia accusant Seb d’avoir abandonné son rêve d'un jazz pur et ne pouvant
accepter d’être plus longtemps séparée de lui, elle lui demande de démissionner. Seb
lui fait remarquer que c'est elle, à l'origine, qui lui a conseillé de signer le contrat avec le groupe de Keith. La discussion s'envenime : Seb affirme qu'elle l'aimait
davantage quand il était un artiste fauché. Vexée et furieuse, Mia quitte l'appartement.
Plus tard, après avoir terminé l’écriture
de son spectacle, Mia s’apprête à le présenter dans un théâtre qu’elle a loué
pour l’occasion. Sebastian, qui avait promis d’assister à la première, lui fait
faux-bond car il est retenu par une séance photo avec son groupe. Le spectacle
est un échec : seule une dizaine de personnes y assiste et les critiques qu'entend Mia de la part de certains spectateurs sont meurtrières. Mia craque et décide d'abandonner la carrière d'actrice. Elle quitte Los Angeles et retourne vivre chez ses parents
à Boulder City au Nevada.
Quelques jours après, on retrouve Sebastian,
seul dans l’appartement qu’ils ont habité ensemble. Il reçoit un appel d'une
directrice de casting qui a assisté au spectacle de Mia et veut lui faire une
proposition pour un premier rôle dans un film qui doit se tourner à Paris. Malgré leur brouille, Sebastian
roule jusqu'à Boulder City pour annoncer la bonne nouvelle à Mia mais celle-ci,
traumatisée par ses échecs, refuse de le suivre pour éviter une nouvelle humiliation. Il lui fixe un ultimatum : il viendra l'attendre à 8.00 H précise le lendemain matin devant chez ses parents pour la conduire au casting.
Durant
l'audition, les recruteurs demandent à Mia de leur raconter une histoire : elle
commence en parlant de sa tante, qui a vécu à Paris et lui a donné l’envie de devenir comédienne
alors qu’elle n’était qu’une petite fille. Puis, elle se lance dans une improvisation en chantant (Audition/The Fools Who Dream). Certain
que Mia a réussi son audition, Sebastian lui conseille de tenter sa
chance dans le cinéma. Ils se promettent alors de s'aimer toujours, sans savoir
de quoi le lendemain sera fait.
On les retrouve cinq ans plus tard, Mia, devenue une actrice célèbre, est désormais mariée à un autre homme avec qui
elle a une fille. Un soir, après avoir dîné au restaurant, Mia et son mari vont
boire un verre dans un club de jazz. En entrant, Mia remarque le logo du bar :
Seb's (c'était elle qui l'avait suggéré à Sebastian lorsqu'ils étaient ensemble.) Mia s'installe dans le public et regarde Sebastian jouer du piano.
Celui-ci interprète la chanson qu'il jouait lorsqu'ils s'étaient rencontrés pour la
première fois (Epilogue). Durant
cette chanson, chacun imagine ce qu'aurait pu être leur histoire si la vie ne les avait pas séparés. À la fin de la chanson, Mia se lève et part
avec son mari ; sur le seuil de la porte d'entrée, elle et Sebastian
s'adressent un dernier sourire dans lequel on ressent toute la frustration de s'être laissés dicter un avenir différent de celui dont ils avaient rêvé.
Difficultés à réaliser le film
Damien Chazelle a commencé à travailler sur son scénario alors
qu'il était étudiant à l'université d’Harvard, avec son meilleur ami et
colocataire, Justin Hurwit, le
compositeur de la bande originale du film. En 2010, peu après avoir achevé leurs études, ils
déménagent tous les deux à Los Angeles et continuent à travailler sur le
scénario, modifiant l’action initiale, qui se déroulait à Boston, pour la déplacer à Los Angeles.
D. Chazelle peine à trouver des financements : les studios sont
réticents à l'idée de produire un film musical contemporain ne comprenant que
des chansons originales, inconnues du public. En outre, il s'agit d'un film
musical de jazz - un genre que The
Hollywood Reporter a qualifié de « genre définitivement éteint » (idée plusieurs fois évoquée dans le film) - et Justin Hurwitz et lui étaient alors
jeunes et inconnus. Des amis finissent par lui présenter deux producteurs, Fred
Berger et Jordan Horowitz, qui transmettent le scénario au studio Focus
Features avec un budget estimé à environ un million de dollars. Toutefois,
celui-ci demande à D.Chazelle de
modifier plusieurs éléments : faire du personnage principal un artiste de rock
plutôt qu'un pianiste de jazz ; changer la scène d'ouverture, jugée beaucoup
trop complexe à réaliser et… trouver une autre fin au film. D. Chazelle, peu disposé à faire de si
gros sacrifices, décide d'abandonner provisoirement La La Land et s'attelle à
un nouveau projet, Whiplash,
un film au budget plus modeste.
Ce film sort en 2014 et est
bien accueilli lors de sa première projection au festival du film de Sundance. Avec ce succès d'estime, Damien Chazelle se remet alors à
espérer pouvoir réaliser le projet dont il rêve depuis des années. Un an plus tard, Whiplash
obtient la consécration avec cinq nominations à la 87e cérémonie des Oscars, dont celle
dans la catégorie du meilleur film, et près de cinquante millions de dollars de
recettes dans le monde (pour un budget initial de 3,3 millions).
Il est désormais temps de repartir à l'assaut des producteurs. En 2015, Summit Entertainment et Black Label
Media acceptent de participer au financement de La La Land et d'en assurer la distribution.
Patrick Wachsberger, du studio indépendant Lionsgate, convainc même Damien Chazelle d'augmenter le budget
de son film car les comédies musicales de qualité, selon lui, ne peuvent être
réalisées avec un budget réduit. Le tournage débute officiellement le 10 août
2015 et s'achève au bout d'un peu plus d'un mois, à la mi-septembre 2015, ce qui est un record pour un film de ce genre (certains films ont mis plusieurs mois à se faire, jusqu'à 8 pour Twilightet 10 pour Le Seigneur des Anneaux!)
Influences
Le film se nourrit de diverses
influences, bien que la principale soit la comédie musicale hollywoodienne de
l'âge d'or, à commencer, bien évidemment, par la plus célèbre d'entre elles West side story (1961).La La Land comprend ainsi de nombreuses références à des classiques tels que Broadway qui danse, Chantons
sous la pluie ou Tous en scène ou Beau
fixe sur New York, avec Gene Kelly. La photographie colorée et l'ambiance pop du
film sont quant à elles inspirées par Les Parapluies de Cherbourg (1964)
et Les Demoiselles de Rochefort (1967)* de Jacques
Demy - et notamment par ce dernier, qui comprend plus de danse et dont la
bande originale est plus proche du jazz. La sublime scène au Planétarium Griffith, poétique et
fantastique, m’a aussi rappelé Mary Poppins, lorsque les deux amoureux, en apesanteur, dansent dans les étoiles.Damien Chazelle déclare également avoir été inspiré par des films musicaux moins connus des
années 20 comme ceux dédiés à une ville (Manhatta*; L'Homme
à la caméra (1929)), qui filment respectivement New York et plusieurs
villes soviétiques [*Il ne s’agit pas d’une coquille. Plusieurs films sont
intitulés Manhattan, mais le film auquel il est fait référence s’intitule bien Manhatta (sans le "n").
Il s’agit d’un court-métrage documentaire sur Manhattan, réalisé par le
peintre Charles Sheeler et le photographe Paul Strand en 1921].
* On vient d'apprendre (26/01/2019) la mort à 86 ans du musicien français Michel Legrand, compositeur de très nombreuses musiques de film, en particulier des chefs-d'oeuvre de Jacques Demy, Les parapluies de Cherbourget Les demoiselles de Rochefort qui ont beaucoup inspiré La La Land.
Outre la référence au film La
Fureur de vivre, avec la scène à l'observatoire Griffith, le film fait
allusion à Magic in the Moonlight de Woody Allen (2014), où jouait déjà Emma Stone. Dans ce film, Stanley (Colin Firth) et Sophie (Emma Stone) trouvent refuge pendant
l’orage dans l’observatoire de Nice, situé au sommet du mont Gros (France).
Tout au long du film, on peut voir plusieurs fausses affiches de films hollywoodiens créés par le chef décorateur David Wasco ; l'une d'entre elles,
censée être celle d'une comédie musicale des années 1930, porte le titre du premier film réalisé par Damien Chazelle, Guy and Madeline on a Park Bench.
Pour retrouver l'esprit de ces
films, le réalisateur souhaitait que les numéros musicaux soient filmés en une
seule prise, comme l'étaient les films des années 30 avec Ginger Rogers et Fred
Astaire. Il voulait également imiter l'apparence des films en format
CinemaScope des années 1950, comme Beau fixe sur New York, et a ainsi
utilisé un équipement Panavision en format large ; le format CinemaScope
d'époque n'étant plus aujourd'hui disponible.
Les lieux de tournage
L'action du film étant située à
Los Angeles, le réalisateur a sélectionné plus de soixante lieux de tournage
différents dans la ville. Il souhaitait tourner dans des endroits du Los
Angeles « historique », à l'abandon, voire démolis. Des scènes ont ainsi été
filmées dans des lieux mythiques de Hollywood (le Château Marmont, qui apparaît souvent dans le cinéma, en particulier dans le filmde Sofia Coppola,Somewhere, des villas
de Hollywood Hills, des studios de la Warner Bros, etc.). Le film est émaillé d'autres lieux
touristiques comme les Watts Towers, Hermosa Beach ou South Pasadena. Un bon
nombre de scènes n'ont nécessité qu'une seule prise. L'une des plus belles scènes, selon moi, se déroule sur Mount Hollywood Drive, qui évoque un autre lieu mythique, Mulholland Drive, mais on est très loin de l'ambiance glauque qui a inspiré David Lynch pour son film homonyme, Mulholland Drive.
Une scène se déroule également
dans le funiculaire d'Angels Flight, construit en 1901 et fermé au public
depuis 2013 à la suite d'un déraillement. L'équipe du film a obtenu
l'autorisation exceptionnelle de l'utiliser durant une journée de tournage.
On voit aussi plusieurs fois l’Observatoire Griffith, construit en 1935, dans le style
art-déco. Cet endroit emblématique, qui domine Los Angeles et la baie de Santa
Monica, a servi de décors à de très nombreux films ou séries, La
fureur de vivre (1955), dont on voit un extrait dans La La
Land, Mannix (1967), Terminator (1984), MacGyver,
Bienvenue à Gattaca(1997), Terminator Genisys(2015), etc...
La scène d'ouverture est la
première à avoir été tournée. Elle a nécessité de bloquer l'accès à une portion
d'un échangeur autoroutier permettant la connexion entre l'Interstate 105 et
l'Interstate 110, qui conduit au centre-ville de Los Angeles (le Judge Harry
Pregerson Interchange). Il a fallu obtenir l'autorisation de mobiliser la rampe
d'accès à l'échangeur pendant deux jours, un samedi et un dimanche d'août 2015
ainsi que, une semaine avant, une partie du dimanche " afin de faire des essais
de costumes" se souvient le réalisateur. Les répétitions des chorégraphies,
supervisées par la chorégraphe Mandy Moore, ont quant à elles été effectuées
sur plusieurs parkings de Los Angeles. Plus de
cent danseurs mobilisés. Alors que la scène devait être tournée au niveau du
sol, Chazelle a finalement décidé de la filmer sur l'échangeur, à environ
trente mètres de hauteur, afin de montrer l'étendue de la ville. Le chef
décorateur David Wasco déclara qu'il craignait fortement qu'un danseur ne passe
accidentellement par-dessus la rambarde de sécurité et ne s'écrase en-dessous. Par
ailleurs, les contraintes techniques furent presque insurmontables : des coups
de vent violent menaçaient de faire tomber les grues sur les danseurs, les
chorégraphies mettaient en danger les danseurs, etc., ce
qui imposa de nombreuses modifications et une multiplication des prises. En outre, toutes les
scènes devaient être tournées au même moment de la journée dans le but
d'obtenir la même luminosité : « C'était un casse-tête technique. Bien que la scène puisse
sembler être un seul plan-séquence, elle a été tournée en trois plans : le
premier constituant les trois premières minutes, le deuxième jusqu'à quatre
minutes et quarante-cinq secondes, et enfin le troisième jusqu'à la fin de la
scène. Tandis que la scène finale a été tournée en steadicam, les deux
premières prises ont été tournée avec des grues afin de filmer entre les
voitures avec aisance.
Initialement, le réalisateur
souhaitait que la caméra passe de voiture en voiture, dans lesquelles le
spectateur entendrait différents genres musicaux sur la radio de bord. Il s'est pour cela
inspiré des ouvertures de films tels que Taxi Driver ou Fenêtre sur cour, où la
mise en scène est relativement similaire (des inconnus vaquant à leurs
occupations sans s'occuper de celles du voisin). Par ailleurs, l'ouverture musicale s'inspire également du film Aimez-moi
ce soir (Love me Tonight), comme l'a confié le réalisateur lui-même : "Aimez-moi ce soir, le
film de Rouben Mamoulian sorti en 1932, qui s'ouvre avec les sons du matin à
Paris - il y a un cordonnier et un balayeur de rue - ; ces sons créent rythmes
et cascades en nombre". La scène en elle-même est aussi inspirée du quotidien
du réalisateur, qui vit à Los Angeles : "La scène vient du fait que je vis à
Los Angeles et que je suis tout le temps dans les bouchons, à me demander si je
veux me tirer une balle ou bien danser." Je dois dire,pour y être allé, que les gigantesques bouchons des autoroutes de Los Angeles, particulièrement le matin au moment où les gens commencent leur journée, sont particulièrement impressionnants et un élément incontournable à prendre en compte pour les temps de trajet.
Les scènes de danse
La scène de danse de six minutes
(dite "de la Prius" (la voiture de Mia) sur Mount Hollywood Dr., devait être tournée durant
la brève durée de « l'heure dorée », au coucher du soleil (sunset), particulièrement spectaculaire vu depuis la colline d'Hollywood. Elle fut tournée en
huit prises, étalées sur deux jours. Lorsque Ryan Gosling et Emma Stoneparvinrent enfin à réussir la scène, "tout le monde sauta de joie", selon les
termes de cette dernière. Les deux acteurs principaux, qui ne sont pas danseurs
de comédie musicale, faisaient de nombreuses erreurs de chorégraphie, notamment
durant les numéros filmés en une seule prise. Néanmoins, Damien Chazelle s'est
montré compréhensif envers leur manque d'expérience et a validé la prise malgré
la subsistance de quelques erreurs. Par exemple, lors du tournage de la scène
de la première danse entre Mia et Sebastian, Emma Stone a trébuché contre le
dos d'un banc mais s'est rattrapée et a continué à jouer.
A la différence d'Emma Stone, qui n'est pas musicienne, Ryan Gosling, en plus d’être un acteur reconnu, est aussi bon musicien que chanteur. En 2009, il avait fait
partie du groupe les Dead Man's Bones,
accompagné de Zach Shields également à la voix et à la guitare et de Morgan
Slade, bassiste et compositeur. Le groupe sort son premier album la même année.
Bande originale
Les chansons et la bande
originale du film ont été composées et orchestrées par Justin Hurwitz, qui avait déjà travaillé avec D.Chazelle sur ses deux premiers films. Les paroles des chansons ont
été écrites par le duo de paroliers Pasek
et Paul, à l'exception de Start a
Fire, composée par John Legend (qui joue et chante dans le film),Hurwitz, Marius De Vries et Angélique
Cinelu. Afin d'interpréter les six chansons où leurs personnages
interviennent, Emma Stone et Ryan Goslingont suivi des cours de
danse et de chant. Depuis sa sortie, le 20 janvier dans l'hexagone, la bande
originale du film La la land est une des meilleurs ventes sur ITunes France
selon Le Figaro.
Lors de la 89e
cérémonie des Oscars, le compositeur Justin
Hurwitz obtint deux récompenses : celles de la meilleure musique et de la
meilleure chanson originale pour City of
Stars.
Sortie
La première mondiale de La La
Land a eu lieu lors de la soirée d'ouverture du Festival international du film de Venise, le 31 août 2016. Le film
est également projeté lors du Festival de
Telluride, du Festival de Toronto en
septembre 2016, et de l'AFI Fest en
novembre 2016. Initialement, la sortie du film était prévue le 15 juillet 2016,
mais en mars, le distributeur a annoncé que le film connaîtrait une sortie
limitée le 2 décembre 2016 aux États-Unis, avant de sortir dans tout le pays le
16 décembre. La sortie fut à nouveau décalée au 9 décembre, où
Lionsgate diffuse le film dans cinq salles. Le distributeur étend la sortie à
deux cents salles le 16 décembre, puis à toutes les salles américaines le 25
décembre. Le 13 janvier, le film sort dans certains cinémas IMAX. La La
Land sort le 22 décembre aux Pays-Bas, le 26 décembre en Australie et
le 12 janvier 2017 au Royaume-Uni. Les sorties dans le reste du monde doivent
s'étaler tout au long du mois de janvier 2017. Le film est finalement sorti le
mercredi 25 janvier en France et en Belgique. Lors d'une conférence donnée par Justin Hurwitz à Austin (Texas) le 12
mars 2017, Lionsgate confirme la sortie du film le 11 avril en Digital et le 25 avril en Blu-Ray, DVD et avec une édition spéciale Blu-Ray 4K.
Réception critique
Après sept nominations et sept
récompenses à la cérémonie des Golden
Globes le 8 janvier 2017, La La Land connaît un succès
critique. Ce succès se poursuit à Los Angeles aux Producers Guils of AmericaAwards
2017 dans la catégorie Meilleur film. Ryan Gosling et Emma Stone remportent
tous deux les récompenses dans les catégories respectives Meilleur acteur et Meilleure
actrice aux Screen ActorsGuild Awards 2017. La Mostra de Venise et le Festival
International du Film de Toronto avaient également réservé un bon accueil
au film en août et septembre 2016. Ces derniers ont choisi de récompenser Damien Chazelle pour son travail de
réalisateur. Le film est nominé quatorze fois à la cérémonie des Oscars le 26
février 2017.
En France, l'accueil critique a
été très positif : le site Allociné recense une moyenne des critiques presse de
4,3/5.49.
[Ce texte est en grande partie emprunté à plusieurs articles de l'encyclopédie en ligne Wikipedia]
Mon opinion sur ce film
J'ai hésité à aller voir ce film sur lequel les mauvaises critiques étaient aussi nombreuses que les bonnes. J'ai fini par y aller avant qu'il ne soit plus à l'affiche et je ne le regrette pas. Certes, si ce film n'est pas exempt de certaines critiques, comme sa longueur et la confusion de la scène finale dont on ne comprend pas forcément tout lors d'un premier visionnage, je l'ai beaucoup aimé. Je ne suis pourtant pas un grand fan des comédies musicales et je dois dire que la 1e scène (qui, semble-t-il, a représenté, pour le réalisateur, un exploit technique sans précédent) ne m'a pas emballé. Heureusement, le reste du film, en particulier certaines scènes, comme celle du duo de claquettes sur Hollywood MountainDrive, celle du Planétarium, celle de l'audition de Mia ou la dernière scène, qui dégage une énorme émotion (à condition de la comprendre !!!), m'ont enchanté comme ne l'avait fait aucun film depuis de longs mois...
Mais je conçois que ce film atypique ait pu dérouter beaucoup de spectateurs. En ce qui me concerne, j'ai apprécié son originalité et, bien qu'il fasse de nombreuses allusions (on peut même parler d'hommages) à ses grands prédécesseurs dans le domaine du film musical ou de la comédie musicale, son apport d'un souffle de fraîcheur sont un de ses grands atouts par les temps qui courent.
Bref, j'ai adoré et je recommande fortement La La Land à tous les amoureux de cinéma, de jazz (dont je suis pourtant un très mauvais défenseur), et de la ville de Los Angeles qui est superbement mise en lumière par Damien Chazelle.