Affichage des articles dont le libellé est Lambert Wilson. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Lambert Wilson. Afficher tous les articles

mercredi 2 février 2022

MARQUISE Film historique de Véra BELMONT (FR-1997)

 


Marquise est un film français de Véra Belmont sorti en 1997.

Résumé

Le film se déroule au XVIIe siècle au début du règne de Louis XIV. Marquise, de son vrai nom Marquise-Thérèse de Gorla (Sophie Marceau), est une saltimbanque que son père n’hésite pas à prostituer à l’occasion. Lors d’un passage à Lyon, Molière (Bernard Giraudeau) remarque sa fraîcheur et sa beauté et lui propose d’intégrer sa troupe. L’un de ses comédiens, Du Parc dit « Gros-René » (Patrick Timsit), tombe aussitôt sous son charme et, pour la soustraire à son destin peu glorieux, il l’épouse. Mais Marquise n’a aucune expérience de la scène et, lorsqu’elle se retrouve devant le public, foudroyée par le trac, elle est incapable de prononcer ses répliques. Pour faire bonne figure, elle fait la seule chose qu’elle sait faire et se met à danser.

Elle est alors remarquée par Philippe d’Orléans, dit « Monsieur », le frère du Roi (Frank de la Personne) qui commande une comédie-ballet pour Louis XIV (Thierry Lhermitte). Comme Molière, échaudé par sa première expérience, refuse de lui confier un rôle, elle quitte la troupe pour aller trouver Racine (Lambert Wilson), trop heureux de « voler » Marquise à son concurrent direct. Lorsqu’elle se produit devant Louis XIV, celui-ci lui fait un triomphe. Racine, tombé à son tour amoureux de Marquise, lui écrit une pièce, Andromaque.  

Au faîte de sa gloire, adulée de tous, elle meurt subitement en 1668 à l’âge de 35 ans.

Autour du film

Le film présente la mort de Marquise comme un suicide alors qu’elle est sans doute due à une infection suite à un avortement.

Mon opinion

J’ai beaucoup aimé ce film, malgré ses raccourcis historiques un peu cavaliers. Il a le mérite de nous faire connaître l’histoire vraie (bien que largement romancée) d’une comédienne adulée en son temps, qui fut aussi une femme libre, magnifiquement incarnée par Sophie Marceau

 

vendredi 29 janvier 2021

ALCESTE A BICYCLETTE Film de Philippe LE GUAY (FR-2013)

Alceste à bicyclette est une comédie française réalisée par Philippe Le Guay, sortie en 2013.

Résumé

Gauthier Valence (Lambert Wilson), est un acteur célèbre pour son rôle dans une série télévisée médicale à succès où il incarne le rôle-titre. Ayant décidé de monter la célèbre pièce de Molière, Le Misanthrope, il vient essayer de convaincre son ami Serge Tanneur (Fabrice Luchini), qui s’est retiré sur l’île de Ré après des déboires professionnels, de jouer dans la pièce.

Gauthier admire Serge Tanneur qui l’a beaucoup aidé lors de ses débuts et il voudrait le convaincre de remonter sur les planches. Mais, si Tanneur accepte de répéter avec lui, leur collaboration s’avèrera éprouvante.

Entre deux répétitions, les deux amis partent arpenter à vélo les chemins de l’île de Ré ou visitent des maisons à la vente, Valence, séduit par l’île, ayant décidé d’y acheter une résidence secondaire. Lors de ces visites, ils rencontrent Francesca (Maya Sansa), une piquante italienne dont ils tombent tous les deux amoureux. Dès lors, l’émulation professionnelle entre deux egos surdimensionnés va se transformer en compétition amoureuse. Ce que ne pardonnera pas Serge à Valence…

Mon opinion

J’ai vu ce film, que j’avais raté lors de sa sortie, à la télévision. Quel jeu d’acteurs ! On connaît le cabotinage de Luchini qui peut être parfois terriblement agaçant. Mais, dans ce film, qu’il a co-écrit, il est parfaitement à sa place et, qui mieux que Lambert Wilson, pour se confronter à lui ? On assiste à leur duo, qui ressemble plus à un duel à fleurets non-mouchetés, avec gourmandise. Bravo à ces deux acteurs géniaux pour cette comédie grinçante et jouissive.    

Du même réalisateur : 

- Les femmes du 6ème étage

Si vous avez aimé ce film, vous pourriez aussi aimer : 

- The bookshop

- Les dames de Cornouailles 

- Edmond

- Dans la maison

- Le facteur

samedi 22 octobre 2016

L'ODYSSEE film de Jérôme Salle (FR-2016)


L'Odyssée est un film biographique français coécrit et réalisé par Jérôme Salle, sorti en 2016. Plutôt qu’un biopic à la gloire du Commandant Cousteau, c'est une tranche de vie du célèbre explorateur qui fait une large place à sa vie de famille, et particulièrement aux relations difficiles qu’il entretint avec ses deux fils, particulièrement avec son fils cadet, Philippe, et au rôle qu’il joua dans la sensibilisation à l’écologie de son père. Le film a été présenté en ouverture au neuvième Festival du film francophone d'Angoulême, en août 2016.

Synopsis

Jacques-Yves Cousteau est devenu marin par défaut. En réalité, il rêvait d’être pilote d’avion mais un accident de la route ayant mis à bas ses projets, il devient marin. Avec son ami Émile Gagnan, passionné comme lui de plongée sous-marine, il met au point le détendeur qui améliorera le principe du scaphandre autonome. Le 12 juillet 1937, il épouse Simone Melchior, fille d'un ancien contre-amiral de la Marine nationale et cadre d'Air liquide, avec qui il a deux enfants : Jean-Michel en 1938 et Philippe en 1940. Son invention du détendeur lui permet d’acheter une maison en bord de mer à Bandol où il pourra assouvir sa passion de la plongée et la communiquer à ses fils (Philippe a 4 ans lorsqu’il fait sa 1ère plongée). En 1949, Jacques-Yves Cousteau quitte la Marine pour réaliser un projet fou : équiper un bateau d’exploration sous-marine. En 1950, il convainc un riche britannique, Lord Thomas Loël Guiness, de lui louer, pour 1 franc symbolique, un vieux rafiot pratiquement hors d’état de naviguer: c’est ce bateau qui deviendra la fameuse Calypso. En contrepartie, Cousteau s’engage à le rafistoler à ses frais. Comme il a donné sa démission de la marine et qu’il n’a pas un sou vaillant, c’est sa femme, Simone, qui financera les travaux en vendant ses bijoux. Une petite équipe de plongeurs est recrutée, parmi lesquels Albert Falco (dit Bébert). La première expédition est financée par le pétrolier BP. En contrepartie du carburant fourni gratuitement, Cousteau doit réaliser des recherches pétrolières dans le Golfe Persique. On est alors très loin du Cousteau défenseur des océans qui ne se révèlera que beaucoup plus tard.    

Ses deux fils, Philippe et Jean-Michel, sont alors envoyés en pension, ce que Philippe, en particulier, vivra très mal... Quelques années plus tard, ayant terminé ses études et alors qu’il est déjà un homme, Philippe rejoint l'équipe de son père et devient le photographe attitré des films documentaires sous-marins de son père jusqu’à ce qu’il se rende compte que ce dernier est plus préoccupé par sa personne et sa carrière que par la protection de la nature qu’il prétend défendre. Il supporte en outre très mal qu’il trompe ouvertement sa femme à qui il doit pourtant tout. Philippe se fâche alors avec son père et crée sa propre agence de photographie sous-marine.

Dans les années 70, l’ambition démesurée et les projets pharaoniques de Jacques-Yves Cousteau entraînent la quasi-faillite de ses entreprises. En 1975, il se lance dans l’opération de la dernière chance en mettant sur pied une campagne en Antarctique contre l’avis de tous les experts car la Calypso n’est pas un navire apte à naviguer dans des conditions aussi extrêmes. C’est à ce moment-là que Philippe rejoint l’expédition et sensibilise son père à la protection des océans et des espèces animales menacées, donnant à la carrière de son père une nouvelle impulsion et une nouvelle notoriété.

Mais, le 28 juin 1979, lors d'une mission de la Calypso au Portugal, Philippe se tue dans des circonstances particulièrement terribles aux commandes de l’hydravion qu’il pilotait. Cousteau en est profondément affecté. Il appelle par la suite son fils aîné, Jean-Michel, qu’il avait toujours plus ou moins méprisé, à ses côtés.

Le film commence et se termine sur cette scène de l’accident où Philippe, jeune papa d’une petite fille nommée Alexandra, laissera la vie.

Mon opinion sur ce film

Avant toute chose et quels que soient les mérites ou les critiques que l’on peut faire au film lui-même, à son scénario et à sa mise en scène, on ne peut que saluer l’extraordinaire prestation de Lambert Wilson qui campe un commandant Cousteau d’un mimétisme ahurissant. A travers le portait que fait Jérôme Salle, du commandant Cousteau, on découvre un homme très différent de l’image qu’il avait patiemment construite de lui au cours de sa carrière. Un homme complexe, avec des zones d’ombre dont on ne se doutait pas : égoïste, ou plus exactement égocentrique, affairiste, menant une vie de famille chaotique, avant de s’humaniser tardivement sous l’influence de son fils cadet, Philippe, joué avec talent par le toujours formidable Pierre Niney.  Encore le film fait-il l’impasse sur quelques zones encore moins reluisantes de sa vie.  Simone, son épouse d’abord aimée puis bafouée et aigrie, est aussi admirablement incarnée par Audrey Tautou que l’on n’aurait pas attendue dans un tel rôle.  Toujours en ce qui concerne les acteurs, je voudrais saluer la prestation du jeune Ulysse Stein, qui joue le rôle de Philippe enfant.

Que dire du film lui-même ? Qu’il n’est pas, comme on aurait pu le craindre, qu'un biopic sans nuances à la gloire exclusive du commandant Cousteau car il nous montre un homme aux multiples facettes, loin des clichés que nous avons de lui. Il nous révèle surtout ses relations difficiles avec les siens, ses deux fils, sa femme… Le film reste cependant un film d’aventure, avec de belles images bien qu’il y ait moins de scènes sous-marines que ce à quoi on aurait pu s’attendre, la lutte presque perdue de la Calypso contre les déchaînements de l’océan antarctique, l’émotion lorsque, grâce à Philippe, Cousteau prend conscience des dévastations que l’homme a imposé à la nature…

Film intéressant, salutaire, à voir en tout cas, ne serait-ce que pour chasser définitivement de nos esprits l’image trop parfaite du héros de notre enfance. A voir aussi et surtout pour l’époustouflant jeu d’acteur de Lambert Wilson et de sa relation d’amour-haine avec Pierre Niney, excellent lui aussi.

Pour ceux qui aiment la mer et l'océan:


Pour ceux qui aiment les biopics : 


   

jeudi 5 juin 2014

DES HOMMES ET DES DIEUX de Xavier Beauvois (FR-2010)


Des hommes et des dieux, film de Xavier Beauvois (2010)

Des hommes et des dieux est un film dramatique français réalisé par Xavier Beauvois, inspiré librement de l'assassinat des moines de Tibhirine en Algérie en 1996. Le film retrace la vie quotidienne des moines et leurs interrogations face à la montée de la violence durant les mois précédant leur enlèvement et leur assassinat lors de la guerre civile algérienne.

Autour du film

Ce film a été présenté le 18 mai 2010, dans le cadre de la compétition officielle du Festival de Cannes 2010 et a reçu le Grand prix du jury. Produit par Why Not Productions et Armada Films, il est sorti en France le 8 septembre 2010.

Des hommes et des dieux a reçu un bon accueil de la part du public, restant quatre semaines en tête du box-office en France. Il a également suscité, dans les médias, un regain d'attention pour l'histoire des moines de Tibhirine, les circonstances de leur assassinat, la guerre civile algérienne des années 1990, et le dialogue inter-religieux.

Il a obtenu le 25 février 2011 le César du meilleur film pour l'année 2010."Des hommes et des dieux" retrace les trois années de la vie des moines de Tibhérine, dans l'Atlas algérien, avant leur enlèvement et leur assassinat par un groupe extrémiste en 1996.

Mon opinion sur ce film

Je suis allé voir ce film un peu à contrecœur car j'avais peur d'être submergé par l'émotion en revoyant des lieux que j'avais découverts alors que j'étais étudiant, en 1971. J'avais en effet passé quelque temps à Tibhérine avec mon frère et j'ai connu certains des moines qui ont été assassinés en 1996.

Le monastère Notre-Dame de l'Atlas est situé dans les montagnes qui dominent la grande plaine agricole de Médéa, à une 100e de km au sud d'Alger. J'ai conservé des moines, du peu de temps passé en leur compagnie, le souvenir d'êtres lumineux et chaleureux, qui vivaient en parfaite harmonie avec les paysans des alentours (dont certains travaillaient sur les terres du monastère). L'annonce de leur enlèvement et l'injustice de leur mort m'a fait l'effet de perdre des amis personnels.

Après avoir vu le film, mon opinion est mitigée. J’ai toujours une sorte de défiance envers les films qui retracent un fait divers sordide car, pour moi, le cinéma doit être une œuvre de fiction et non une illustration, plus ou moins distanciée, d’un évènement quel qu’il soit. Cette réserve vaut aussi pour les livres. Autant j’apprécie un reportage ou un documentaire qui présente des faits, autant j’ai de réticence à lire un livre ou voir un film « adapté » d’évènements tragiques. Cela me fait l’effet d’être un voyeur et je déteste ressenti cette impression.

Pour Des hommes et des dieux, je ne suis pas persuadé qu'il ait été bienvenu de faire un film sur cette tragédie sur laquelle on a si peu d'éléments. C'est un beau film, certes, mais je ne suis pas convaincu qu'il ait mérité le prix qui lui a été attribué à Cannes. Ceci dit, combien de films primés à Cannes ont, par le passé, vraiment mérité cette prestigieuse récompense, surtout dans les dernières années ? Mais c’est une autre histoire que je me propose d’aborder un jour prochain dans le cadre de ce blog…   

Pour en revenir à Des hommes et des dieux, j'ai trouvé le ton du film relativement (mais pas totalement) juste. On ne peut pas dire qu'il fasse dans l'éloquence. Je m'attendais à retrouver une chose que ni la guerre, ni le malheur qu'ont vécus ces lieux, n'a pu effacer : la grandeur de l'Atlas, la beauté de la plaine de Médéa et surtout les extraordinaires couchers de soleil sur le Tamesguida, la "Montagne de feu" qui sépare, à l'ouest, Tibhérine de la plaine de la Médéa et de la Méditerranée. Plus que les bâtiments, c'est à cela que l'on se rend compte que le film n'a pas été tourné à Tibhérine. Que le réalisateur n'ait pas pu tourner au monastère après le drame qui s'y est déroulé est compréhensible, d'autant que la région n'est, semble-t-il pas encore pacifiée, mais, sans pour autant recourir à la palette graphique, il aurait sans aucun doute pu trouver, dans le sud marocain, des paysages rappelant ceux de cette partie de l’Algérie. Il nous répondra sans doute que tel n'était pas son but.

Il y a en effet, dans ce film, une volonté de dépouillement telle qu'elle confine presque à la platitude et sa lenteur, sans nul doute voulue, sans être comparable aux films d'un Bergman ou d'un  Theo Angelopoulos (un maître dans le genre !), donne par moments un sentiment d'ennui, ce qui n'est certainement pas le but visé par le metteur en scène. Certains spectateurs ont aussi dû être irrités par la trop grande place qu'y tient la religion. La spiritualité des moines que j'ai connus était sincère, réelle, profonde, certes mais elle n'était pas aussi ostentatoire qu'elle apparaît dans le film. La foi des moines se révélait à travers les actes de la vie quotidienne : travailler la terre, s'occuper des malades, participer à la vie des villageois, se rendre à Médéa, choses qu'on voit en effet dans le film mais qui sont presque reléguées au second plan alors que, dans mon souvenir, elles étaient au centre de leur vie de tous les jours... 

Les acteurs ne sont pas en cause (Michael Londsdale, qui joue le rôle de frère Luc, le médecin, avec juste assez de malice, est magnifique). J'ai pris aussi beaucoup de plaisir à découvrir Jacques Herlin - frère Amédée, et quelques autres. Par contre, j’ai détesté le jeu surfait de Lambert Wilson, qui fait plus "du Lambert Wilson" qu'il n'incarne le prieur Christian de Chergé (mais c’est toujours le problème avec les rôles qu’interprète cet acteur).

Plusieurs scènes m'ont touché, mais pas véritablement ému : celle où Michael Lonsdale conseille la jeune algérienne sur l'amour, celle du dialogue entre le chef islamiste et C. de Chergé le soir de Noël...  La plus belle scène, évidemment, qui reste inoubliable pour la plupart des spectateurs, est celle où Frère Luc, à la veille de l'enlèvement, ouvre deux bouteilles de vin que les moines dégustent en écoutant le "Lac des Cygnes", de Tchaïkovsky. On ne peut pas ne pas y voir une allusion à la Cène. Cela en a gêné certains. Pas moi car c'est le seul moment de grandiloquence que s'autorise le metteur en scène et il le fait avec une retenue qui l'honore. Mais, comme je l'ai dit, le film ne m'a pas enthousiasmé autant qu'il l'aurait dû.


Sur l'assassinat desmoines : http://fr.wikipedia.org/wiki/Assassinat_des_moines_de_Tibhirine