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samedi 27 novembre 2021

LE PRODIGE Biopic réalisé par Edward ZWICK (USA-2015)

 

Le Prodige (Titre original : Pawn Sacrifice) est un biopic américain consacré à la vie du célèbre joueur d’échecs Bobby Fischer. Réalisation : Edward Zwick. Le film est sorti en 2015. Il est disponible en VF en DVD.

Résumé

Le film est consacré à la vie du champion d'échecs américain Bobby Fischer (Tobey Maguire). Elevé seul par sa mère, Regina (Robin Weigart), une immigrée russe fantasque réfugiée aux Etats-Unis. Changeant constamment de ville pour trouver un emploi, Regina préfère faire la fête avec ses amis plutôt que de s’occuper de son fils qui est élevé par sa sœur Joan, plus âgée que lui de six ans. C’est elle qui veilla sur lui et lui apporta la stabilité qu’il ne trouvait pas auprès de sa mère.

Un jour de 1949, Joan, pour distraire son petit frère, lui acheta divers jeux, parmi lesquels il y avait un jeu d'échecs. Les deux enfants apprennent seuls les règles. Bobby se prend de passion pour les échecs, se coupant du monde pour ne plus s’intéresser qu’à cela. Il gardait même en permanence son échiquier sur sa table de nuit et passait son temps à lire des livres sur cette discipline.  

En novembre 1950, sa mère, prenant en compte sa passion pour le jeu d’échecs, l’emmena voir Hermann Helms, un organisateur de tournois, qui le présenta à Max Pavey, un champion connu. Celui-ci l’invita à disputer une partie contre lui en janvier 1951. Bobby perdit mais il raconta plus tard que sa défaite, au lieu de le décourager, lui avait donné envie de continuer. Par la suite, sa mère l’inscrivit au Brooklyn Chess Club où il se rendait une fois par semaine. Ainsi, alors qu’il est seulement âgé de 10 ans, il participe à son premier championnat où il termine 5e. En 1955, alors qu’il n’a pas encore 13 ans, il enchaîne les concours, finissant 32e au championnat amateur des États-Unis, puis 11e lors du championnat junior.

À l'été 1955, Bobby, ne trouvant plus de rivaux à son niveau à Brooklyn, s'inscrit au Manhattan Chess Club, dont il devient le plus jeune des membres. Le club était fréquenté par les meilleurs joueurs du pays et organisait le championnat des États-Unis depuis les années 1930. À la fin de la même année, son nom apparaît pour la première fois dans un article du New York Times.

En juillet 1957, Bobby fut invité à Moscou par la fédération d’échecs d’URSS ; tous ses frais (à part ceux de son voyage) étaient pris en charge. Pour le financer Bobby participa à l'émission de télévision « J'ai un secret ». Il gagna ce qui lui permit de payer son voyage et celui de sa sœur qui l’accompagnait. Mais, une fois sur place, il fut déçu qu’on ne l’autorise pas à rencontrer les champions du monde Mikhaïl Botvinnik et Vassily Smyslov.

En janvier 1958, à 14 ans, Bobby Fischer devint champion (adultes) d’échecs des États-Unis. Ce titre lui permit de participer au tournoi interzonal qui avait lieu en Yougoslavie. Personne n'était prêt à parier sur sa qualification. Ce fut donc une surprise lorsqu'il termina 5e ex-æquo. Grâce à ce succès, il se vit conférer le titre de « grand maître international » à l’âge de quinze ans et demi.

En mars 1959, âgé de 16 ans, il arrêta sa scolarité pour se consacrer exclusivement aux échecs. Devenu financièrement autonome, il coupa les ponts avec sa mère qu’il ne revit que 12 ans après.

Dès lors, Fischer enchaîna les tournois dans le monde entier. Lors du tournoi de Zurich de mai 1959, il battit pour la première fois un joueur soviétique, le grand maître Paul Keres.

En 1960, après son troisième titre de champion des États-Unis, Fischer remporta ses deux premiers tournois internationaux. Il enchaîna ensuite les compétitions mais son caractère changea : il accumulait les caprices et alla même jusqu’à poursuivre la Fédération américaine devant le tribunal, procès qu’il perdit, ternissant ainsi son image.

Les premières fractures de sa personnalité commencèrent dès lors à apparaître. En août 1962, après son échec au tournoi des candidats, Fischer publia un article dans Sports Illustrated, où il accusait les Soviétiques de comploter pour conserver le titre de champion du monde et écarter les joueurs des autres nations. En 1963, il décida de ne pas participer à la coupe Piatigorsky qui avait lieu à Los Angeles. L’année suivante, il boycotta les compétitions internationales organisées par la Fédération internationale. Pour gagner de l'argent, Fischer commença à animer une chronique dans le magazine américain Chess Life. La même année, il participa à quelques tournois open aux États-Unis qu'il remporta facilement. Cependant le seul tournoi de haut niveau qu'il disputa entre février 1963 et 1965 fut le championnat des États-Unis qu'il remporta.

En mars 1970, Fischer vainquit l’ancien champion du monde Tigran Petrossian dans un tournoi qui eut lieu à Belgrade. Il enchaîna ensuite les victoires jusqu’en 1972 où, à l'issue d'un match mémorable en Islande, surnommé le « match du siècle », qui tint le public en haleine, autant pour les parties que pour ses caprices, il devint champion du monde, en battant le Russe Boris Spassky, champion du monde sortant, qu'il n'avait jamais vaincu auparavant. Ce succès, largement médiatisé, mit temporairement fin à 24 ans d'hégémonie soviétique sur le monde des échecs, et fut, en pleine guerre froide, un tournant dans la compétition entre les États-Unis et l'URSS.

Bobby Fischer fit don d'une partie de l'argent gagné lors de ce match à l'Église universelle de Dieu (Worldwide Church of God) dont il n’était pourtant pas membre et ne partageait pas les idées. Cependant, il vécut dans un appartement loué par cette communauté et bénéficia de ses largesses : jet privé, limousine avec chauffeur, etc. Fischer prit cependant rapidement ses distances avec la secte, accusant même son fondateur d’être un bonimenteur.

Dès lors, ayant refusé tous les matches qui lui étaient proposés Fischer ne vivait plus que des droits d'auteur pour ses livres (environ 6 000 dollars américains par an). Craignant que le KGB ou le Mossad ne veuillent l'empoisonner, il amenait toujours avec lui une valise contenant divers contrepoisons lorsqu'il mangeait au restaurant. En 1973, il accepta néanmoins de faire une apparition en tant qu'invité d'honneur au premier tournoi international des Philippines où ses dépenses étaient payées et il résida pendant un mois dans un hôtel près de Manille. Après cela, Fischer ne disputa plus aucun tournoi officiel et perdit son titre par forfait pour avoir refusé les conditions du match dont le but était de remettre son titre en jeu contre son adversaire désigné, le jeune Soviétique Anatoli Karpov (contre qui il n'a jamais disputé la moindre partie).

En 1975, après avoir renoncé au titre de champion du monde, Fischer fit une croisière de deux mois autour du monde. Pour ne pas être reconnu, il s’était laissé pousser la barbe et les cheveux. De retour en Californie, il y vécut en ermite, refusant toute interview et passant son temps à lire, faire de l’exercice et étudier les échecs. Depuis l'abandon de son titre, sa personnalité bascula dans une paranoïa grandissante, notamment contre les Juifs et les États-Unis qu'il accusait de comploter contre lui. Celle-ci culmina en 1982, date à laquelle Fischer publia un pamphlet intitulé « I Was Tortured in the Pasadena Jailhouse! » (J'ai été torturé dans les geôles de Pasadena !)

En 1976 et 1977, Karpov voulut organiser un match contre lui mais y renonça en raison des exigences de Fisher.  

Entre ces années-là et le début des années 1990, Fisher disparut complètement du monde des échecs. En 1991, une jeune joueuse hongroise de dix-sept ans, Zita Rajcsanyi, vint le voir à Los Angeles et découvrit qu’il vivait dans le dénuement. Elle le convainquit de participer à un match-revanche qu’elle organiserait contre Spassky. Le match, qui eut lieu de septembre à décembre 1992 en pleine guerre civile et en plein embargo, fut richement doté et remporté par Fischer mais ce dernier, empêché de rentrer aux USA car menacé de poursuites pour avoir violé l'embargo et pour fraude fiscale, séjourna alors plus ou moins clandestinement dans divers pays : Hongrie, Philippines, Argentine et  Japon où, lors de ses brèves apparitions publiques, il fit des déclarations antisémites tonitruantes, allant jusqu’à citer Hitler et se félicitant même des attentats du 11 septembre 2001 de Manhattan. 

Le 13 juillet 2004, toujours sous le coup du mandat d’arrêt international lancé contre lui, il fut arrêté à l'aéroport de Tokyo et placé pendant neuf mois dans un centre de détention d’où il aurait été extradé sans le soutien international dont il bénéficia. Il se réfugia alors en Islande, pays de son titre de champion du monde, et demanda et obtint la citoyenneté islandaise le 22 février 2005. Souffrant de graves problèmes rénaux, il y mourut, le 17 janvier 2008 à l’âge de 64 ans. À sa mort, l'ancien champion du monde Garry Kasparov déclara que « Fischer peut tout simplement être considéré comme le fondateur des échecs professionnels et sa domination, bien que de très courte durée, a fait de lui le plus grand de tous les temps ».

Le film

Touffu, parfois confus, à l’image de la vie mouvementée de son héros et les péripéties de sa carrière, le film repose surtout entièrement sur le jeu extraordinaire de Tobey Maguire qui incarne un Bobby Fisher adulte à la personnalité difficile à cerner. Passionnant en tout cas, même si la répétitivité des scènes de tournoi, surtout dans le dernier tiers du film, est un peu lassante et souvent difficles à suivre  pour les non-initiés.   

mercredi 28 octobre 2020

T'EN FAIS PAS, J'SUIS LA Téléfilm de Pierre ISOARD (FR-2020)

 

T'en fais pas, j'suis là est un téléfilm français réalisé par Pierre Isoard, avec Samuel Le Bihan dans le rôle du père d'un jeune garçon autiste. Il a été diffusé pour la première fois en octobre 2020 sur France 2 dans le cadre d'une soirée dédiée à l'autisme.

Résumé

Jonathan Rivière (Samuel Le Bihan) est avocat d’affaire. Séparé de son épouse Sophie qui élève seule leur fils Gabriel (Roman Villedieu), un garçon autiste de 11 ans, il lui rend visite pour lui déposer le chèque de la pension mensuelle. Il la découvre alors effondrée dans la salle de bains, victime d’une rupture d’anévrisme. Il doit alors prendre en charge Gabriel qu’il ne connaît pas et dont il n’a jamais appris à s’occuper. Habitué à décider de tout, sa première réaction est de refuser cette charge, et de se débarrasser du problème en plaçant l’enfant dans une institution en Suisse. Il renvoie sans ménagement Marie (Lizzie Brocheré), l’éducatrice qui s’occupe de Gabriel. Celui-ci fait alors crise sur crise, entraînant Jonathan dans une spirale infernale qui menace jusqu'à sa carrière. Avec l’aide de Marie, Jonathan finit par comprendre qu’il n’a d’autre choix que de se remettre en question et d’assumer pleinement son rôle de père.   

Mon opinion

Ce téléfilm n’est pas un documentaire. C’est Samuel Le Bihan, connu surtout pour son rôle d’enquêteur-ermite dans la série Alex Hugo, qui a en a eu l’idée car, lui-même parent d’une fillette autiste de 8 ans, il est engagé dans cette cause (il a créé le centre d’appel « SOS autisme »). L’autisme a souvent été traité au cinéma mais il s’agissait principalement d’autistes Asperger qui allient une intelligence supérieure et une grande difficulté à communiquer (The oodDoctor, Monsieur je sais tout, Le monde de Nathan …). Dans ce téléfilm, perturbant, touchant et même par moments drôle, nous sommes confrontés à l’autisme « ordinaire » et aux difficultés que vivent les parents d’un enfant autiste dans leur vie quotidienne mais aussi avec la société. Le film était suivi d’un débat où l’on a appris que la France, malgré des avancées significatives, n’avait toujours pas comblé son retard abyssal de la prise en compte de l’autisme par rapport à certains pays plus avancés.  

Il faut savoir que Roman Villedieu, le jeune acteur qui joue brillamment le rôle de Gabriel n'est pas autiste. Il est éblouissant de justesse et de sincérité. Malgré son jeune âge, il a déjà tourné dans pas moins de quatre films précédents depuis 2015.     

jeudi 31 octobre 2019

HORS NORMES d'Eric TOLEDANO et Olivier NAKACHE (FR-2019)


Hors normes est un film français réalisé par Olivier Nakache et Éric Toledano, sorti en 2019. Il a été présenté hors compétition en clôture du 72e Festival de Cannes 2019, et a reçu le prix du public du Festival international du film de Saint-Sébastien 2019.

Cette comédie dramatique est produite par Nicolas Duval Adassovsky avec Quad et Ten Cinéma, en coproduction avec Gaumont et TF1 Films Production.

L'histoire et les personnages de Vincent Cassel et de Reda Kateb sont inspirés du travail de deux éducateurs s'occupant des personnes autistes, ainsi que de leurs associations existantes : le Silence des justes, et le Relais Ile-de-France.

Présentation

Bruno (Vincent Cassel) et Malik (Reda Kateb) sont respectivement les responsables de « La Voix des Justes » et de « L'Escale », deux associations qui œuvrent depuis 20 ans dans le monde des enfants et des adolescents autistes. Ils forment également des jeunes issus de quartiers difficiles, pour encadrer ces cas « complexes », que les organismes d’État refusent de prendre en charge car ils sont « hors normes ». L'association de Bruno est cependant dans le viseur de l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) qui lui reproche d’œuvrer dans l’illégalité, sans agrément et avec du personnel non formé.

Mon opinion sur ce film

Un film salutaire, tourné par les réalisateurs d’Intouchables, avec de vrais encadrants et de vrais autistes, qui reflète la situation catastrophique de la prise en charge – ou plutôt de la non-prise en charge – de l’autisme dans notre pays. Tous ceux qui se sont penchés sur la question savent combien la France, qui ne s’est pas intéressée à l’autisme avant les années 90, accuse un retard considérable. Le premier « plan autisme » n’a été lancé qu’en 2005 et, malgré un 4ème « plan autisme » en 2019, notre pays continue à être pointée du doigt au niveau international pour l’inadéquation des mesures gouvernementales et leur insuffisance. Certes, le film pèche par un certain nombre de défauts mais il aura au moins le mérite de révéler ce grave problème et fera peut-être enfin réagir les pouvoirs publics (bien qu'on puisse en douter !) Heureusement le film est truffé de traits d'humour qui allègent la gravité du propos. La bande son, écrite par le duo germano-suisse Grandbrothers (qui est leur première musique de film) ajoute à l'émotion de certaines situations où le spectateur hésite entre le rire et les larmes. 

jeudi 15 décembre 2016

DERNIERES NOUVELLES DU COSMOS documentaire de Julie BERTUCCELLI (FR-2016)


Dernières nouvelles du cosmos est un film documentaire français réalisé en 2016 par Julie Bertuccelli

Synopsis

Hélène Nicolas est née en 1985. Très tôt diagnostiquée « autiste déficitaire », elle entre, dès l’âge de 8 ans dans une institution médico-sociale spécialisée d’où elle ne sera retirée qu’à l’âge de 14 ans. Pendant toute cette période, elle restera emprisonnée dans le silence jusqu'à ce que sa mère Véronique, après avoir abandonné son métier de cavalière, la reprenne avec elle pour se consacrer entièrement à sa fille.

En 2006, après six années de recherches et de nombreux tâtonnements, Véronique met au point  un système révolutionnaire qui permettra à sa fille de communiquer. A l’aide d’un alphabet en lettres cartonnées et plastifiées, Hélène va commencer à composer des mots, puis des phrases qui vont devenir de véritables textes d’une impressionnante hauteur intellectuelle, tenant à la fois de la poésie, de la philosophie et même de la métaphysique, dont personne n’aurait pu jusque-là la croire capable.
En 2009, elle écrit un premier texte, Raison et acte dans la douleur du silence. En 2010, elle entame avec Arnaud Stéphan un travail de création littéraire orienté vers la scène et le théâtre qui donnera lieu à un spectacle, Forbidden di Sporgersi, mis en scène par Pierre Meunier et Margueritte Bordat qui a été présenté, en 2015, au Festival d’Avignon. Le spectacle est adapté de son texte Algorithme Eponyme. C’est la préparation de ce spectacle que suit la réalisatrice.  

  • La réalisatrice : Julie Bertuccelli


​Née en 1968, après des études de Philosophie, Julie Bertuccelli devient assistante à la réalisation sur de nombreux longs métrages auprès de réalisateurs de renom tels que Otar Iosseliani, Rithy Panh, Krysztof Kieslowsky, Emmanuel Finkiel, René Féret, Bertrand Tavernier et son père Jean-Louis Bertuccelli… Puis elle réalise de nombreux documentaires pour la télévision.
​Son premier long-métrage de fiction Depuis qu’Otar est parti… a été couronné par une vingtaine de prix en France et à l’étranger dont le Grand Prix de la Semaine de la Critique au Festival de Cannes 2003 et le César de la meilleure première œuvre en 2004.

L’Arbre, son deuxième long-métrage de fiction, tourné en Australie avec Charlotte Gainsbourg, a été présenté en sélection officielle au festival de Cannes 2010.

 Son documentaire La cour de Babel, sorti en salles en 2014, a été nommé aux César et sacré Meilleur documentaire des Trophées francophones du cinéma.

Elue en 2013 présidente de la SCAM, Julie Bertuccelli est la première femme à y occuper cette fonction; elle copréside avec Michel Hazanavicius la Société civile des Auteurs-Réalisateurs-Producteurs (ARP) depuis juin 2016.

La réalisatrice prépare actuellement son troisième long-métrage de fiction Le dernier vide-grenier de Claire Darling.
  • La pièce de théâtre : Forbidden di Sporgersi
Forbidden di Sporgersi, est une pièce de théâtre inspirée de l’œuvre Algorithme éponyme de Babouillec Sp. (nom de plume qu’a adopté Hélène Nicolas). Le spectacle a été conçu et imaginé par Pierre Meunier et Marguerite Bordat ; après avoir été présenté avec succès en 2015 au Festival d’Avignon, il se jouera à Paris, au Théâtre de la Ville (Salle des Abbesses) du 20 au 28 février 2017.

Mon opinion sur ce film

J’avais entendu parler de ce film lors d’une émission sur France Info. Comme il était programmé à Aubenas dans le cadre des Rencontres des Cinémas d’Europe (20-27 novembre 2016), je suis allé le voir. J’ai été surpris de l’incroyable queue de spectateurs qui attendaient la séance alors que le film était programmé à la même heure qu’un film beaucoup plus grand public.

Dernières nouvelles du cosmos n’est pas un film facile. Le sujet lui-même, l’autisme, est un sujet très dur et la manière de filmer sans concession qu’a adoptée la réalisatrice devrait plutôt avoir sur le spectateur un effet de repoussoir. Or, dès les premières images, on est, sinon séduit par l’héroïne, mais intrigué par ce que l’on voit et désireux de comprendre. Peu à peu, en tournant autour d’elle, on apprend à apprivoiser ce mutisme, ces regards étranges, et on devine que derrière la carapace, presque l’armure qu’est son corps, se cache un esprit incroyablement brillant, une intelligence puissante, un humour ravageur.

Hélène est un génie emprisonné dans un corps qui lui a interdit, jusqu’à ses 14 ans, de communiquer avec le monde extérieur. A travers le film, on devine qu’Hélène a un univers à elle. Elle ne parle peut-être pas avec des mots, avec « nos » mots, mais elle perçoit tout ce qui l’entoure avec une intensité incroyable. Elle tire de cette expérience des aphorismes qui brillent d’intelligence et sont pétris de poésie et d’humour.

Je ne pensais pas, en allant voir ce film, être à ce point ému en découvrant chez cette jeune femme que l’on a considérée comme « handicapée » (voire une « retardée mentale ») jusqu’à ses 14 ans, une telle étendue d’intelligence qui nous fait paraître tout petits.

J’ai cependant un peu regretté que le film se borne à nous présenter des faits, sans aucun commentaire, sans aucune tentative d’explication. Certes, je me méfie de ce qu’auraient pu dire des « spécialistes » de l’autisme, dont la plupart (je ne dis pas « tous ») ne comprennent rien à ce problème, mais j’aurais souhaité avoir l’éclairage de scientifiques, de philosophes, voire de mathématiciens pour essayer de cerner l’énigme que représente Hélène…  Un film intrigant, dérangeant, sur un "handicap" (mot à utiliser avec réserves, mais nous n'en avons pas d'autres), mal connu et mal compris. 

Sur le sujet de l'autisme, on peut aussi voir les films suivants :

lundi 18 janvier 2016

LE GOÛT DES MERVEILLES d'Eric Besnard (FR-2015)


Le Goût des merveilles est une comédie romantique française réalisée par Éric Besnard et sortie en 2015.

Résumé

Le film commence sur un marché de la Drôme provençale où Louise (VirginieEfira), une jeune veuve, vend ses productions de fruits, de miel et de merveilles qu’elle fait elle-même. Elle est maman de deux enfants, Félix (Léo Lorléac’h), un garçon de 9-10 ans et Emma (Lucie Fagedel), une adolescente de 15 ans. Prise à la gorge par la banque qui, après lui avoir conseillé de vendre une partie de ses terres et de passer en bio, a pris une hypothèque sur sa maison.

Alors qu’à la nuit tombée, elle rentre chez elle, préoccupée, elle percute un jeune homme (Benjamin Lavernhe) particulièrement bien habillé pour errer sur un chemin de campagne et tenant serrée contre lui une sacoche sous le bras à quelques centaines de mètres de sa maison. Heureusement, à part une coupure au front, l’homme n’est pas gravement blessé mais il refuse que Louise appelle un médecin. Elle le ramène malgré tout chez elle et tente de le soigner mais il refuse qu’on le touche, préférant ingurgiter plusieurs des merveilles de Louise. Comme il est tard et que la nuit est tombée, Louise propose à Pierre (c’est le nom de l’inconnu) de passer la nuit sur un canapé.

Le lendemain matin, elle s’aperçoit que tout dans la pièce a été méticuleusement rangé.  

L’étrange comportement de Pierre nous fait comprendre qu’il souffre du syndrome d’Asperger. Les deux enfants de Louise, après avoir rejeté l’inconnu, l’adoptent comme ils le feraient d’un grand frère d’autant que Pierre, véritable génie des maths, aide Félix à faire ses devoirs.

Le lendemain, Louise a rendez-vous à la banque et raccompagne Pierre « chez lui ». En réalité, il squatte dans quelques mètres carrés chez Jules (Hervé Pierre), un vieux bouquiniste qui le connaît depuis l’enfance et à qui il donne la main.

Jules informe Louise du handicap de Pierre et lui dit que, lorsqu’elle l’a percuté, il s’était enfui d’un véhicule le conduisant chez une psychologue. En effet Pierre est un hacker et il s’est introduit dans les banques de données du Ministère de la Défense et la psychologue a été mandatée pour décider ou non de son internement.

Louise, dans un premier temps, réticente à héberger Pierre, comprend que non seulement il n’est pas dangereux mais finit par apprécier les grandes qualités de cœur du jeune homme et finit par voir le monde comme lui le voit.

Autour du film

Le film est issu d'un long travail de documentation sur l'autisme de la part d'Eric Besnard, le réalisateur, et s'inspire entre autres des livres de Daniel Tammet et de Josef Schovanec.

Mon opinion

J’avais beaucoup aimé les talents de comédienne de la présentatrice VirgineEfira découverte, au côté de Pierre Niney, dans le charmant 20 ans d’écart.  Ce film est tout autant réussi et rafraîchissant. Je ne savais pas que ce film traitait de l’autisme de type Asperger (dont le nom n’est d’ailleurs prononcé qu’une fois) et j’ai trouvé que ce handicap était abordé avec une grande délicatesse. En effet, aussi étrange que cela paraisse, le réalisateur s’attache plus à nous montrer les atouts et les qualités de Pierre que ses difficultés. En réalité, après avoir vu ce film, on a plutôt l’impression que c’est nous, les gens « normaux » qui sommes autistes car nous n’avons pas la sensibilité exacerbée avec laquelle ils abordent le monde.

Merveilleux film, plein de fantaisie et de élégance, porté par des acteurs exceptionnels (Benjamin Lavernhe et Hervé Pierre sont tous deux de la Comédie française), et servi par une superbe image (de Philippe Guilbert) et une musique  aérienne de Christophe Julien.

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Dans le même esprit :

mardi 24 février 2015

ALPHAS série TV fantastique (2011-2012)


Alphas est une série fantastique américaine créée par Michael Karnow et Zak Penn diffusée depuis juillet 2011 sur SyFy Universal et diffusée en France en 2012 sur la chaîne câble et satellite SyFy de Universal. Autant dire que si vous souhaitez la voir, procurez-vous les DVD (2 saisons disponibles).

Synopsis

Les Alphas sont des personnes dotées de facultés décuplées qu'ils ne savent pas maîtriser dans la vie normale et qui en font des monstres ou du moins des inadaptés mais aussi la cible d'organisations terroristes ou gouvernementales qui voudraient en faire des armes à leur service.

Personnages principaux 

  • ·    Dr. Lee Rosen (David Stathaim) scientifique dirigeant le groupe des Alphas, directeur de l'agence gouvernementale formée pour mettre leurs pouvoirs en pratique)
  • ·         Gary Bell (Ryan Cartwright) un adolescent autiste qui a le pouvoir de "transducteur" (faculté d'intercepter et de décrypter toutes les radiations électromagnétiques, ondes radio, etc.)
  • ·         Cameron Hicks (Warren Christie) doté du pouvoir d'hyperkinésie
  • ·         Rachel Pirzad (Azita Ghanizada) qui est hypersensible
  • ·         Nina Theroux (Laura Mennell) dont le pouvoir s'apparente à une forme d'hypnose. Elle est capable de convaincre ses interlocuteurs de ce qu'elle leur dit et les amener à collaborer avec elle.
  • ·         Bill Harken (Malik Yoba) ex-agent du FBI qui peut, en cas de nécessité, développer une force surnaturelle, ce qui n'est pas sans danger pour son intégrité physique.

Mon opinion sur cette série 

Alphas se rapproche, en moins complexe, d’une série comme Fringe, avec des personnages que leurs pouvoirs de superhéros fragilisent ou qui connaissent des situations familiales difficiles, ce qui les rend attachants. On a une sympathie particulière pour Gary, qui est autiste et pour Rachel, qui souffre terriblement de son hypersensibilité.

Une bonne série de divertissement pour ceux qui, comme moi, aiment le fantastique et les frontières de la science.

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jeudi 22 janvier 2015

EXTRÊMEMENT FORT ET INCROYABLEMENT PRES de Stephen Daldry (USA-2011)


Extrêmement fort et incroyablement près (Extremely Loud and Incredibly Close) est un film dramatique américain de Stephen Daldry sorti le 25 décembre 2011 aux États-Unis.

Résumé    

Le film se déroule à New York après les attentats du 11 septembre 2001. Oskar Schell, un petit garçon d'une 10e d'années (Thomas Horn), vit une relation fusionnelle  avec son père Thomas, bijoutier (Tom Hanks) qui l'encourage dans des recherches imaginaires d'un 6ème district qui serait caché sous l’île de Manhattan. Ensemble, ils se livrent à une sorte de course au trésor pour découvrir des indices de ce soi-disant 6ème district. La mère (Sandra Bullock), aime tendrement son fils et son mari et ne voit rien à objecter à la complicité du père et du fils, même si elle-même en est exclue.
Les attentats, comme pour des centaines de familles, vont  bouleverser la vie de cette famille unie. Alors qu'Oskar rentre de l'école, il entend plusieurs messages qu'a laissés son père sur le répondeur du domicile familial pendant qu'il était piégé dans l’une des Twin Towers percutées par les avions. Sa grand-mère, venue dans leur appartement dès qu'elle a appris les évènements, le trouve recroquevillé sous le lit. Peu après, la mère effondrée, arrive à son tour... Tous sont anéantis.

Oskar, qui est un enfant hyperdoué à la limite de l'autisme (chez qui on a plus ou moins décelé le syndrome d'Asperger), ne se résout pas à admettre que son père soit mort en le laissant seul pour résoudre une énigme qui était leur secret. Son intelligence hyper-développée amène le garçonnet à se réfugier dans le rationalisme pour tenter d'expliquer l'inexplicable. Sa mère étant tombée dans la dépression, c'est sa grand-mère, qui habite l'immeuble d'à-côté, qui prend en quelque sorte la relève du père pour l'aider dans sa mystérieuse recherche du mythique 6ème district à l'existence duquel Oskar croit dur comme fer.

Plusieurs mois après la mort de son père, l'enfant ose enfin entrer dans le dressing de celui-ci. En fouillant dans ses affaires, il fait tomber un vase qui se brise, libérant une enveloppe contenant une clé. Sur l'enveloppe, un seul mot est inscrit : "black". Oskar pense alors qu'il s'agit d'un des indices dont lui avait parlé son père. En outre, celui-ci, juste avant de mourir, lui avait aussi laissé une coupure de presse sur laquelle étaient entourés les mots "not stop looking" ("N'arrête pas de chercher"). En cachette de tous et avec une détermination qui confine à l’obsession, il se met en quête de tous les Black vivant à New York.

Sa grand-mère héberge un mystérieux locataire (Max Von Sydow) qu'elle lui a interdit de déranger. Un jour, alors qu'il se rend chez elle pour ses cours de piano, Oskar tombe nez à nez avec l’étrange "locataire". Celui-ci, bien qu'il entende et comprenne ce qu'on lui dit, ne parle pas mais il échange des mots écrits avec Oskar. Sous ses dehors d’ours mal léché, le vieil homme prête une attention qu’aucun adulte n’a encore prêté à l'histoire qu'Oskar lui débite d'un trait et il finit par accepter de l'aider dans sa quête. Ensemble, ils traversent tout New-York pour tenter de rencontrer, les uns après les autres, tous les Black de la liste qu’a établie Oskar et tenter de comprendre ce que peut bien ouvrir la clé trouvée dans les affaires de son père décédé.

A la fin, le mystère de la clé est révélé. Malheureusement pour Oskar, il ne lui apporte pas la réponse qu'il espérait puisque sa quête était imaginaire et vouée dès le début à l'échec mais, après une réaction d'une telle violence qu'on craint qu'il ne se détruise, il se réconcilie avec lui-même et avec sa mère et, en faisant enfin le deuil de la mort de son père, il redevient un petit garçon de 10 ans, épris d'amour et de tendresse.

Mon jugement sur ce film

Malgré un titre peu engageant et carrément impossible à retenir, malgré des critiques dévastatrices (une en particulier "extrêmement partiale et incroyablement injuste" de Thomas Sotinel parue dans Le Monde.fr cinéma), je suis allé voir ce film, non pour son scénario (on se dit tous : bof, encore un film sur l'après 11 septembre !), ni pour ses acteurs connus, Tom Hanks (qui est un acteur remarquable  mais qui a aussi tourné d'improbables navets) et Sandra Bullock (que je n’apprécie guère), mais pour son réalisateur, Stephen Daldry, qui est celui de l'inoubliable  (du moins pour moi !) Billy Elliot (2000) et du très beau et émouvant The reader (2008) avec, entre les deux, The hours (2002), film  que je n'ai pas aimé malgré une distribution prestigieuse (Nicole Kidman, Julianne Moore et Meryl Streep). Quatre films en 11 ans, c'est peu pour un réalisateur hollywoodien et assez étonnant par les temps de stakhanovisme que nous vivons (en particulier dans le cinéma), pour être souligné, d'autant plus que, parmi ces quatre films, trois sont des chefs-d’œuvre car je compte le film que je viens de voir au titre des chefs-d'oeuvre, n'en déplaise au critique du Monde, déjà cité (Le Monde.fr cinéma). Ce film qui, par beaucoup de points, m'a rappelé Hugo Cabret (mort accidentelle du père, enfant surdoué laissé à lui-même, quête d'un message ou d'une révélation, rôle d'un étrange vieil homme...), est en tout point magnifique. Thomas Horn, jeune acteur prodige qui joue le rôle principal (et quel rôle !!!) est, en lui seul, un véritable phénomène. Dans la réalité, c'est aussi un enfant surdoué très proche du personnage qu'il interprète dans le film (à 14 ans, il parle, outre l'anglais, le serbo-croate, l'espagnol et prend des cours de mandarin !!!) Dans ses interviewes, il dit qu’il n'avait jamais imaginé faire du cinéma ni étudié la comédie avant d'être sélectionné pour le rôle d'Oskar. Son seul "fait d'arme" était d'avoir brillamment gagné un jeu de connaissances générales comparable à "Qui veut gagner des millions" ou "Questions pour un champion", appelé "Jeopardy !" Le jeu, très célèbre aux Etats-Unis, a eu une adaptation française de courte durée. Bien que physiquement très différent du Jamie Bell de Billy Elliot, Thomas Horn me l'a beaucoup rappelé,  en particulier lorsque, vers la fin du film, il parvient à surmonter la phobie du personnage qu'il incarne pour aller faire un tour de balançoire, comme n’importe quel gamin de son âge. C’est une scène splendide et d’une intense émotion.

Un coup de chapeau particulier à l'extraordinaire Max Von Sydow, en vieillard mutique et blessé par la vie, chez qui l'on doit admirer l'immense talent qui lui permet  de faire passer autant de sentiments sur son visage ravagé sans recourir aux mots.

Autres coups de chapeau :

- au directeur de la photo, Chris Menges, et à l'auteur de la BO, Alexandre Desplat, un compositeur français qui a à son actif les BO de films à gros budget tels The Queen, La boussole d'or, Benjamin Button, Twilight ou HarryPotter. Dans certains de ces films (La boussole d'or, en particulier), nous avions souvent déploré une musique trop présente voire envahissante. Ce n'est heureusement pas le cas dans le film de Daldry, comme on aurait pu le craindre. Au contraire, la musique sait ici se faire modeste et souligner avec justesse les différentes atmosphères du film.

Le seul reproche que je ferais à ce film, c'est son titre. Pourquoi avoir choisi un titre aussi alambiqué et peu parlant ? Je n'aurais pas été un fan de Billy Elliot et de Thereader, un tel titre m'aurait certainement découragé comme il a dû décourager des milliers de spectateurs de par le monde.


 Alors, je vous invite « fort » à passer outre le titre et à aller voir ce film splendide, ne serait-ce que pour les prestations époustouflantes de Thomas Horn et de Max Von Sydow.  

Dans le même esprit :

lundi 31 mars 2014

SAM, I AM SAM (Sam, je suis Sam) de Jessie Nelson (USA-2001)

 

Sam, I am Sam

Film américain de Jessie Nelson sorti en 2001 avec Sean Penn, Michelle Pfeiffer, Elle et Dakota Fanning. 

Synopsis

Sam Dawson (Sean Penn), un adulte autiste, a une aventure d'un soir avec une jeune femme. Après l'accouchement, celle-ci abandonne son bébé, une petite fille. Sam, malgré son handicap, accepte d'élever seul sa fille qu'il appelle Lucy Diamonds en référence à la chanson des Beatles "Lucy in the sky with diamonds". Il peut cependant compter sur le soutien de son employeur, de son fidèle groupe d'amis, handicapés mentaux comme lui, et d'une voisine et amie, Annie, musicienne mais qui ne peut sortir de chez elle car elle est atteinte d'agoraphobie.

Malgré toutes ces difficultés, Lucy, interprétée d'abord par Elle Fanning (à l'âge de 3 ans) puis par Dakota Fanning (à 7 ans), entourée d'amour, a une enfance parfaitement normale, et devient une fillette épanouie, intelligente et heureuse car, malgré son handicap, Sam s'avère être un père attentionné et débordant d'affection.

Le drame éclate le jour de l'anniversaire de Lucy où, par honte vis à vis de ses camarades, elle affirme devant l'assistante sociale qu'elle a été adoptée.

La machine des services sociaux, aussi inhumaine qu'absurde, s'enclenche alors et Lucy est retirée à Sam pour être provisoirement placée dans une institution avant de l'être dans une famille d'accueil, l'assistante sociale qui l'a prise en charge s'évertuant à démontrer que Sam, du fait de son handicap, ne sera pas capable d'accompagner le développement de sa fille au-delà de ses 7 ans.

Sam est détruit mais il ne renonce pas. L'un de ses amis lui conseille d'aller voir la plus grande (et la plus chère) avocate de la ville, Rita Harrison (Michelle Pfeiffer). Dans un premier temps, celle-ci le reçoit glacialement et essaie de s'en débarrasser puis, quoiqu'elle en dise, profondément émue par le cas de Sam et l'amour qu'elle constate entre lui et sa fille, amour qu'elle-même peine à donner à son propre fils. Après un temps de réflexion, elle accepte comme par défi, de le défendre. La lutte avec la machine judiciaire est sans merci et, pour la première fois de sa vie d'avocate et alors qu'elle est une grande professionnelle, Rita frôle l'échec.

Peu à peu, cependant, alors que tout les oppose, une véritable amitié naîtra entre Rita, Sam et ses amis et elle apprendra d'eux l'humanité que sa carrière lui a fait oublier, l'amitié, l'affection et par la même occasion se rapprochera de son fils que son travail lui avait fait trop longtemps négliger.

Mais le plus difficile à surmonter reste la relation qui s'est établie entre la famille d'accueil et Lucy car cette dernière, de toute bonne foi, voudrait l'adopter. Heureusement, in extremis, Randy Carpenter (la mère adoptante) comprend qu'elle ne pourra jamais apporter à Lucy tout l'amour que lui apporte son père et elle accepte de la lui rendre.

Mon opinion sur ce film

Un film très émouvant, par la réalisatrice de Ma meilleure ennemie avec Susan Sarandon et Julia Roberts. La prestation de Sean Penn en adulte autiste, est époustouflante de justesse. Quant à Michelle Pfeiffer, en grande avocate blasée et surbookée qui, peu à peu s'humanise, elle est remarquable. Les autres acteurs sont à l'avenant : le groupe d'amis handicapés de Sam, le rôle d'Annie, sont remarquablement interprétés. Quant aux enfants, les deux soeurs Fanning, ce sont des actrices très douées, lumineuses et solaires.

Bien entendu, beaucoup de critiques ont descendu en flèche le film pour son sentimentalisme et certains sont même allés jusqu'à qualifier l'interprétation de Sean Penn de "contre-performance pénible et indigne d'un tel acteur". De telles critiques sont infondées et relèvent de la médisance dont son coutumier la plupart des critiques de cinéma qui préfèrent massacrer un film plutôt que de reconnaître qu'ils ont essuyé une larme. On a fait les mêmes à Tom Hanks pour Forrest Gump ou à Dustin Hoffman pour Rain Man où leur interprétation est, pourtant, en tout point admirable. Sans doute cela est-il dû au culte du corps et de la santé physique et mentale que professent les Américains et voir et accepter la différence les met-il mal à l'aise bien que ce credo soit, depuis des années, mis à mal par leur mode de vie plus propre à fabriquer des obèses et des inadaptés qu'à développer des athlètes... Heureusement que des films comme Precious, Rain Man ou Forrest Gump ou celui-là sont là pour nous rappeler que la société américaine n'est pas aussi idyllique qu'elle voudrait nous le faire croire !

Ces critiques n'ont heureusement pas ébranlé les jurés qui ont attribué de multiples récompenses au film et à ses acteurs, en particulier à la jeune Dakota Fanning ( Best Young performer, Youth in film,Stanley Kramer Award, etc.) sans toutefois aller au-delà de simples nominations pour Sean Penn et aucune nomination ni aucun prix pour Michelle Pfeiffer pour sa pourtant très belle performance.

La bande son : au départ, la réalisatrice souhaitait illustrer la totalité de son film par des titres originaux des Beatles mais cela n'a pas été possible en raison des exigences financières délirantes que demandait Michael Jackson, détenteur des droits. Finalement, les chansons des Beatles, réinterprétées par des chanteurs comme Rufus Wrainwright, Sarah McLachlan, Ben Harper ou Nick Cave ou des groupes, comme The Black Crowes ou Grandaddy, sont omniprésentes, de même que leurs portraits qui tapissent l'appartement de Sam. Les références cinématographiques sont aussi constantes que bienvenues.

Mon classement  : Un film habité par la grâce. Peut être vu par tous publics.

Dans le même esprit, je vous recommande aussi :

·        -    Forrest Gump (1994)
      - Un homme d’exception de Ron Howard (2001)
      - Ralph de Michael McGowan (2004)  
           -  August Rush de Kristen Sheridan (2007)
·         -  Precious de Lee Daniels (USA-2009)
·        -  Simple (2011)
     - Extrêmement fort et incroyablement près (2011) 
 - Le cerveau d’Hugo (2012)  
      - Rain Man

LE CERVEAU D'HUGO Docu-fiction de Sophie Révil (2012)



Le Cerveau d'Hugo est un documentaire-fiction français réalisé par Sophie Révil en 2012, portant sur l'autisme Asperger. Il croise des témoignages d'authentiques autistes avec une fiction retraçant la vie d'un autiste, Hugo, depuis l'enfance jusqu'à l'âge adulte, en dépeignant les difficultés qu'il rencontre ainsi que son entourage. Le rôle d'Hugo est tenu par l'acteur Thomas Coumans.

Le documentaire a été diffusé sur France 2 le 27 novembre 2012 à 20 h 45 et rediffusé en mars 2014. Il prend sa place dans une évolution de la vision portée sur l'autisme, aussi bien par les professionnels de santé que par l'ensemble de la population, et où le rôle de causes biologiques est de plus en plus mis en avant par la Haute Autorité de santé, au détriment d'une approche purement psychanalytique jusque-là dominante en France.

Synopsis


Le "fil rouge" de ce docufiction est Hugo, un jeune homme (interprété dans le téléfilm, par un acteur, Thomas Coumans) atteint d'autisme Asperger, une forme d'autisme où les sujets développent, à côté d'une inaptitude à vivre "normalement", une intelligence très supérieure à la moyenne et des capacités d'apprentissage exceptionnelles. Dans le cas d'Hugo, c'est le piano mais d'autres peuvent développer des aptitudes en mathématiques, astronomie, etc. 

Le film, se servant du cas d'Hugo, intègre des témoignages de parents d'enfants autistes, d'autistes et de quelques rares spécialistes qui, ayant abandonné l'approche psychanalytique qui s'est avérée catastrophique dans le cas des autistes de type Asperger, ont adopté des méthodes empiriques qui donnent de meilleurs résultats. 

Ce film nous fait prendre conscience des difficultés extraordinaires que rencontrent une proportion réduite (env. 1/1000 enfants) de la population française et les terribles efforts qu'eux et leurs familles doivent faire pour s'intégrer dans une société qui, au pire les persécute, au mieux les regarde avec pitié et commisération alors qu'il faudrait peu de choses pour améliorer leur quotidien et, peut-être même, révéler des génies. Car, à travers ce téléfilm, on apprend qu 'une proportion non négligeable de personnalités étaient atteints de ce syndrome, parmi lesquels le pianiste Glenn Gould, le champion du monde d'échecs Bobby Fisher. On pense qu'Albert Einstein souffrait aussi d'une forme d'autisme, comme le mathématicien américain, prix Nobel pour sa théorie sur les jeux, John Forbes Nash. Pour ce dernier, on a pensé longtemps qu'il était atteint de schizophrénie mais certains spécialistes pensent maintenant qu'il souffrait d'une forme rare d'autisme Asperger. 

Magnifique film sur la différence qui nous montre combien notre société est imperméable à la souffrance des autres alors que, dans beaucoup de cas, un léger effort de notre part permettrait de faire évoluer les choses de manière significative et positive pour chacun de nous. Un grand bravo à la réalisatrice qui a su nous parler d'un sujet difficile sans être rébarbative, un immense remerciements aux parents et aux autistes qui ont accepté de témoigner (certains avec beaucoup d'humour) et surtout au jeune acteur Thomas Coumans qui interprète avec justesse le rôle d'Hugo.

Sur l'autisme, voir les films :

dimanche 5 janvier 2014

DEAR JOHN de Lasse HALLSTRÖM (USA-2010)



Cher John de Lasse Hallström (2010)

Cher John (Dear John) est un film romantique américain de Lasse Hallström, sorti en 2010. Le film est une adaptation du roman « Cher John » de Nicholas Sparks. Il fut savoir qu’en anglais, une « Dear John letter » est une lettre de rupture.

Synopsis

John Tyree (Channing Tatum) est un soldat des Forces spéciales américaines en poste en Allemagne en permission. Il profite d'une permission aux USA pour voir son père et faire du surf. Savannah Curtis (Amanda Seyfried) est étudiante et ils se rencontrent par hasard sur la plage.  C'est le coup de foudre immédiat entre les deux jeunes gens. Bien qu'appartenant à deux mondes différents (John a été élevé par son père autiste qui n'a qu'un but dans la vie, collectionner les pièces de monnaie, et Savannah est d’une famille aisée), une passion absolue les réunit pendant deux semaines. Mais John doit repartir et, suite aux attentats du 11 septembre, il est envoyé en Afghanistan. Quant à Savannah, elle doit retourner à l’Université. Pendant plusieurs mois, John et Savannah s'écrivent des lettres enflammées. Savannah, chaque jour plus inquiète pour la sécurité de son bien-aimé, s'interroge. Alors que désirs et responsabilités s'opposent toujours plus, le couple lutte pour maintenir ses engagements. Puis, patatras, John reçoit au plus mauvais moment (il vient d'être gravement blessé en Afghanistan) une lettre de rupture sans autre explication. Il est détruit et ne comprend pas ce qui lui arrive. Lorsqu'il retourne en Amérique pour l'enterrement de son père, il revoie Savannah. Celle-ci s’est mariée. La jeune fille n'a pas cédé à un caprice ni aux ordres de sa famille : si, en l’absence de John, elle a choisi d'épouser Tim (Henry Thomas) qu'elle connaît depuis l'enfance, c'est parce que celui-ci est atteint d'un cancer et que quelqu'un doit s'occuper de son fils Alan, un attachant enfant, lui aussi autiste. Même si le générique de fin intervient avant le dénouement, on comprend qu'après la mort de Tim, John et Savannah pourront s'aimer et élever ensemble Alan, dans le respect de la mémoire de son père.

Mon opinion sur ce film

Très beau film, émouvant sans jamais tomber dans la mièvrerie, belle lumière et beaux acteurs. En ces temps de sinistrose, et bien que le sujet ne soit pas des plus gais, curieusement ce film fait du bien. Une mention spéciale à l'acteur qui joue le rôle du père de John, Richard Jenkins, pour sa très juste interprétation d'un être qui n'arrive pas à communiquer, en particulier dans la touchante scène de l'adieu dans l'hôpital. Découverte aussi de Channing Tatum, que je ne connaissais jusque-là que comme un gros bras un peu "bas du plafond". Dans ce film, il arrive à faire passer beaucoup d'émotion et de sensibilité dans un rôle presque mutique. L'image et la lumière sont aussi remarquablement soignées. 

Mon classement : 4,5/5

Si vous avez aimé ce film, vous devriez aussi aimer :

jeudi 16 mai 2013

SIMPLE (Téléfilm français d'Ivan Calbérac - 2011)


Simple est un téléfilm dramatique français d'Ivan Calbérac (2011) réalisé d'après le livre « Simple » de Marie-Aude Murail paru à l'Ecole des Loisirs et produit par France 2 (rediffusion le 15 mai 2013).

Avec : 

 - Bastien Bouillon (Barbabé dit  "Simple") 
- Julien Drion (Kléber)
- Michel Aumont
- François Civil (Enzo)
Synopsis

À la mort de ses parents, Kléber, 20 ans (Julien Drion), doit prendre en charge son frère, Simple, 26 ans (Bastien Bouillon), atteint d'une forme d'autisme, qui a l'âge mental d'un enfant de 3 ans. Poursuivant ses études à Toulouse, Kléber réussit à trouver une colocation que les deux frères partagent avec quatre étudiants. Comment concilier les études, la vie amoureuse de Kléber, les contraintes de la vie en société et le bien-être de Simple, imprévisible au quotidien, à la franchise redoutable et aux limites imprécises ? Simple émeut son entourage : il rapproche les générations en provoquant le dialogue avec un vieux voisin acariâtre, il voit clair dans le cœur des amoureux. Mais Simple irrite aussi et ses bêtises se multiplient... 

Première : "Un film gai et enchanté sur le handicap mental. Simple, réalisé par Ivan Calbérac, diffusé ce soir à 20h35 sur France 2, remporte le pari. La performance de l’acteur principal Bastien Bouillon, qui incarne Simple, 26 ans mais trois d’âge mental, y est pour beaucoup (...)" [Emmanuelle Touraine du magazine Télé 7 Jours]

Mon opinion sur ce film

J'ai regardé ce film tout à fait par hasard, accroché par les premières images dans laquelle transparaît l'amour qui lie les deux frères. Je n'ai pas décroché jusqu'à la fin des 90 minutes du film, constamment partagé entre le rire et l'émotion, transporté par la finesse du jeu des acteurs, en particulier par le jeu extraordinaire de Bastien Bouillon qui campe un handicapé mental totalement crédible et émouvant.

Ma note : A voir et revoir sans modération.