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mercredi 4 décembre 2024

EN FANFARE Comédie dramatique d'Emmanuel COURCOL (FR-2024)

 

En fanfare est une comédie dramatique française réalisée par Emmanuel Courcol et sorti en 2024. Il a été présenté en avant-première au Festival de Cannes 2024.

Film vu en avant-première lors des Rencontres des Cinémas d'Europe d'Aubenas (novembre 2024). Actuellement au cinéma. 

Résumé

Thibaut (Benjamin Lavernhe) est un chef d'orchestre de renom qui dirige des orchestres dans le monde entier. Lors d’une répétition, il fait un malaise. Les médecins lui diagnostiquent une leucémie foudroyante. La seule manière de le sauver est d’obtenir d’un donneur compatible une greffe de moelle osseuse.

Lors des examens, on s’aperçoit que son ADN n’est compatible avec aucun membre de sa famille et il apprend qu’il a été adopté. Sa mère (Ludmila Mikaël), enceinte au moment de l'adoption, avait renoncé à adopter le frère biologique de Thibault qui l'avait donc été par une autre famille. Ce frère, c'est Jimmy (Pierre Lottin) qui a grandi dans milieu populaire et vit dans le nord de la France. 

La rencontre est un choc pour les deux : Thibaut, élevé dans une famille bourgeoise, est devenu un grand chef d’orchestre alors que Jimmy, adopté par Claudine (Clémence Massart-Weit) est employé dans une cantine scolaire et fréquente une fanfare où il joue du trombone. Tout semble les opposer, à part l'amour en commun de la musique.

Mon opinion

Ce film est une belle réussite. En le voyant, on ne peut s’empêcher au fameux dialogue du chef d’œuvre de Saint-Exupéry entre le Petit Prince et le renard : « Je ne peux pas jouer avec toi, dit le renard, je ne suis pas apprivoisé ». Car les deux acteurs principaux du film, Benjamin Lavernhe et Pierre Lottin, excellents l’un et l’autre, passent une bonne partie du film à « s’apprivoiser ». Et, pour notre plus grande joie, ils y parviennent. Ce qui ne gâche rien, ce sont les dialogues (Khaled Amara, Emmanuel Courcol, Oriane Bonduel, Irène Muscari et Marianne Tomersy), dont certains pourraient figurer dans une anthologie du cinéma, et la musique de Michel Petrossian, qui fait une large place à des oeuvres classiques (Mozart, Ravel, Verdi, Beethoven etc.), de negro-spirituals et de musique populaire (Aznavour), parfaitement choisie. Un feel-good movie français qui fait du bien.  

jeudi 20 avril 2023

DE GRANDES ESPERANCES Film de Sylvain DESCLOUS (FR-2023)

 


De grandes espérances est un film français réalisé par Sylvain Desclous, sorti en 2023.

Résumé

Madeleine Pastor (Rebecca Marder), jeune et brillante diplômée de Sciences Po Lyon, se présente à l’ENA. Pendant l’été 2019, elle se prépare à l’oral dans la maison que les parents d’Antoine (Benjamin Lavernhe) louent en Corse.

Alors qu’ils sont en balade sur une petite route de Corse, Antoine qui conduit, s’engueule au téléphone avec son père et, énervé, veut doubler un pick-up qui, selon lui, roule trop lentement. En le croisant, il fait au conducteur, un doigt d’honneur.

Le conducteur les double et s’arrête devant eux. Le ton monte et, voyant Antoine menacé, Madeleine se saisit de la carabine de leur agresseur, tire, le blessant mortellement. Affolés, après avoir abandonné le corps et caché l’arme dans la forêt, les deux jeunes gens gardent le silence sur ce qui s’est passé. Rongés par la culpabilité, tous deux ratent leur entrée à l’ENA et se séparent.

Malgré cet échec, Madeleine, repérée pour ses qualités par la députée Gabrielle Dervaz (Emmanuelle Bercot) est embauchée comme attachée parlementaire alors qu’Antoine, pistonné par son père, entre au cabinet de Peltier, le ministre du travail, chacun travaillant dans un camp opposé.

Mais l’enquête de police se resserre autour des deux coupables et, pour se venger d’avoir été repoussé par Madeleine, Antoine, et pour se dédouaner, la dénonce. Madeleine, aussitôt incarcérée, est immédiatement licenciée par sa députée qui vient d’être nommée ministre. De la prison, elle reste néanmoins « professionnelle », plus obnubilée par le projet de loi progressiste sur lequel elle a travaillé que sur sa propre défense.

Mais lors de la reconstitution sur les lieux du drame, ouvrant enfin les yeux sur la lâcheté de son ex-amant, elle le charge Antoine qui, malgré toutes les protections dont il dispose, se retrouvera dans la position inconfortable d’accusé.

Mon opinion    

Avec ce film, on n’est pas dans Dickens, dont j’ai commenté deux des adaptations qui en ont été faites, que ce soit celle très libre mais que j’ai personnellement trouvée très réussie d’Alfonso Cuaron avec Ethan Hawke et Gwyneth Paltrow (1998), ou celle, fidèle au texte, de Brian Kirk, avec Douglas Booth (2011). De grandes espérances de Sylvain Desclous, dont ce n’est que le 3ème long métrage, est très éloigné de l’œuvre originale mais c’est un excellent thriller politique qui, bien que tourné en 2019, résonne de manière aiguë avec notre actualité : en découvrant les personnages, on ne peut s’empêcher de penser à certains hommes (ou femmes) politiques venus de la gauche qui ont trahi leurs idées et leur camp pour un poste (même éphémère) de ministre. Rebecca Marder, que j’avais découverte dans le rôle d’avocate dans le génial film de François Ozon, Mon crime, est parfaite en ambitieuse élève de l’ENA qui est bien la seule à rester fidèle à ses idées, même si l’on comprend, lorsqu’elle reçoit le stylo Bic quatre-couleurs, qu’elle a toujours la confiance de sa patronne. Bien entendu, ne comprendront cette allusion que ceux qui auront vu le film…   

Dans le même esprit, vous pourriez aussi apprécier : 

- Lions et agneaux

- La guerre selon Charlie Wilson

- Les saveurs du palais

- Quai d'Orsay

vendredi 25 juin 2021

LE DISCOURS comédie de Laurent TIRARD (FR-2020/Sortie publique printemps 2021)

 


Le Discours est une comédie française réalisée par Laurent Tirard et sorti en 2020 (sortie reportée au printemps 2021 en raison de la crise sanitaire). Il s'agit d'une adaptation du roman du même nom de Fabrice Caro paru en 2018.

Résumé

Adrien (Benjamin Lavernhe) vient de se faire plaquer par Sonia (Sara Giraudeau) qui lui annonce à brûle-pourpoint qu’elle « a besoin d’une pause », quitte le domicile avec ses valises et lui rend ses clés.

C’était il y a 38 jours et Adrien, invité à la table de ses parents, avec sa sœur Sophie (Julia Piaton) et son futur beau-frère Ludo (Kyan Khojandi).

Alors qu’il a les yeux fixés sur son portable attendant la réponse au sms qu’il s’est décidé à envoyer à Sara, Ludo vient lui demander de faire le discours pour son prochain mariage.

Adrien, uniquement préoccupé par sa séparation, ne supporte ni la banalité des conversations qui se tiennent autour de lui, ni les anecdotes éculées de son père (François Morel), ni le sempiternel gâteau au yaourt de sa mère (Guilaine Londez), ni les projets de sa sœur et de son beau-frère avec qui il n’a rien en commun.

Le spectateur assiste alors à un dédoublement du personnage principal qui le prend à témoin de son agacement grandissant et évoque les différentes situations, toutes plus catastrophiques les unes que les autres, qu’entraîneraient ses choix.  

Mon opinion

J’attendais infiniment mieux de ce film qui m’a déçu. La prestation de Benjamin Lavernhe, qui est un acteur que j’admire (je l’avais découvert dans Le goût des merveilles), n’est pas en cause mais, malgré sa performance remarquable, la sauce ne prend pas. Je n’avais jamais vu Sara Giraudeau et je ne sais si le ton de « fillette » qu’elle adopte dans le film est sa manière habituelle de s’exprimer mais je l’ai trouvée particulièrement exaspérante. Heureusement qu'elle apparaît peu !   

 

samedi 25 janvier 2020

JE VOUDRAIS QUE QUELQU'UN M'ATTENDE QUELQUE PART film dramatique d'Arnaud VIARD (FR- 2020)



Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part est un film français réalisé par Arnaud Viard, sorti en 2019. Il s'agit d'une adaptation cinématographique libre de l’immense succès de librairie d'Anna Gavalda sorti en 1999. Le livre d’Anna Gavalda comprend 12 nouvelles qui dépeignent sur un ton léger des situations tragiques ou cocasses.

Présentation

Le film nous fait vivre pendant quelques mois la vie d’une famille qui se retrouve dans la vaste maison familiale autour de la mère, Aurore (Aurore Clément) à l’occasion de son 70e anniversaire. 

Il y a là Jean-Pierre (Jean-Paul Rouve), le fils aîné, commercial dans le champagne, marié et père d’une petite Charlotte, Mathieu, son jeune frère (Benjamin Lavernhe), et ses deux sœurs, Juliette (Alice Taglioni), qui attend son premier enfant à 40 ans et rêve de devenir écrivain, et Margaux (Camille Rowe), est photographe.

On sent que chacun fait contre bonne fortune bon cœur et qu’aucun, malgré les apparences, n’est satisfait de sa vie. Pour Jean-Pierre, les choses tournent mal lorsqu’il reçoit l’appel d’Héléna (Elsa Zylberstein) qu’il n’a pas revue depuis ses années de jeunesse et qu’il n’a cessé d’aimer. Il se rend compte alors qu’il a raté sa vie et ne le supporte pas. Mathieu, qui a vécu jusqu’à l’âge adulte dans l’ombre de son frère, se décide enfin à déclarer son amour à une collègue de bureau. Juliette qui se faisait une joie d’être mère perd son enfant et se met à écrire le livre qui va la rendre célèbre. Margaux galère en attendant de se faire un nom dans le monde de la photographie.

Mon opinion

On est très loin avec ce film du livre d’Anna Gavalda. Mais c’est peut-être mieux ainsi car ce recueil, malgré son succès (plus de 2 millions d’exemplaires vendus), ne m’avait pas laissé un grand souvenir.

J’ai aimé ce film tendre et touchant avec de belles prestations d’acteurs : Jean-Paul Rouve est excellent. J’ai aussi retrouvé avec plaisir Quentin Dolmaire, un jeune acteur que j’apprécie beaucoup pour son charisme et son phrasé particulier. Son commentaire du poème de Rimbaud m’a particulièrement ému.  

jeudi 25 avril 2019

MON INCONNUE d'Hugo GELIN (FR-2019)



Mon inconnue est un film français réalisé par Hugo Gélin, sorti en 2019.

Présentation

Le film surprend dès la 1ère image par une scène à laquelle on ne s'attend pas : dans un Paris post-apocalyptique, un jeune homme blessé et effrayé fuit devant des soldats surarmés qui l’ont pris en chasse.
On comprend ensuite qu’il s’agit d’un roman que rédige, pendant ses cours de terminale, le héros de l’histoire, Raphaël (François Civil).

Après la classe, Raphaël est attiré par la musique d’un piano qui provient d’une pièce servant de débarras. C’est ainsi qu’il fait la connaissance d’Olivia (Joséphine Japy). C'est, entre eux, le coup de foudre immédiat. 

Pendant le générique, nous voyons ensuite la vie des deux jeunes gens se dérouler en accéléré : Raphaël et Olivia se sont mariés, ont aménagé ensemble et ont vécu le parfait bonheur pendant dix ans. Du moins pour le premier d’entre eux qui est devenu, grâce à son roman, un écrivain célèbre, adulé des fans et traduit dans le monde entier. 

Mais il n’en est pas de même pour Olivia, restée dans son ombre et qui a sacrifié sa carrière de pianiste pour lui.

Or, au soir d’une journée où il a dédicacé son avant-dernier roman, il écrit les derniers mots d'un manuscrit qui doit clore la saga qui l'a conduit au faîte de la gloire. On le voit s'installer à son ordinateur, sans un regard pour Olivia qui a amoureusement préparé le repas, et écrire le mot "fin" de son dernier roman dans lequel il fait mourir son héroïne. On comprend alors qu'en mettant un point final à son roman, il en a aussi mis un à leur belle histoire d'amour. Comme Olivia lui en fait le reproche, il quitte l’appartement, furieux, et sort pour se saouler.

Le lendemain matin, il se réveille seul avec une terrible gueule de bois. Son inséparable copain d’enfance, Félix (Benjamin Lavernhe) vient le chercher à scooter pour le conduire au lycée où il croit qu’une rencontre est prévue avec de jeunes lecteurs. Mais il doit se rendre à l’évidence : plus personne ne le connaît en tant qu’auteur célèbre. Il est redevenu simple prof dans un lycée parisien. A l’inverse, il découvre avec stupeur qu'Olivia, - qui semble ne plus le connaître – est devenue une concertiste célèbre.

Avec l’aide de son copain Félix et celui de Gabrielle, la grand-mère d’Olivia (Edith Scob), Raphaël va tout faire pour reconquérir le cœur d’Olivia.

Mon opinion sur ce film

Bien que peu convaincu par les commentaires que j’en avais lu et la bande-annonce, je suis tout de même allé voir ce film pour François Civil, que j’avais beaucoup apprécié dans Le chant du loup et dans Alias Caracalla. J'y suis aussi allé pour le réalisateur Hugo Gélin, dont j’avais adoré Comme des frères. J’ai beaucoup aimé ce film étonnant, en apesanteur, qui défie les genres, à mi-chemin de la comédie romantique et du film fantastique. Les acteurs sont épatants, en particulier François Civil, dont la spontanéité communicative fait merveille, mais aussi Joséphine Japy (que je ne connaissais pas), à la touchante fragilité, sans oublier le stupéfiant Benjamin Lavernhe, découvert dans Le goût des merveillesau talent comique insoupçonné. En prime, le spectateur se régalera d’une image magnifique et d’une superbe bande son (composée par Sage). Un très joli film et une belle réussite !   

lundi 18 janvier 2016

LE GOÛT DES MERVEILLES d'Eric Besnard (FR-2015)


Le Goût des merveilles est une comédie romantique française réalisée par Éric Besnard et sortie en 2015.

Résumé

Le film commence sur un marché de la Drôme provençale où Louise (VirginieEfira), une jeune veuve, vend ses productions de fruits, de miel et de merveilles qu’elle fait elle-même. Elle est maman de deux enfants, Félix (Léo Lorléac’h), un garçon de 9-10 ans et Emma (Lucie Fagedel), une adolescente de 15 ans. Prise à la gorge par la banque qui, après lui avoir conseillé de vendre une partie de ses terres et de passer en bio, a pris une hypothèque sur sa maison.

Alors qu’à la nuit tombée, elle rentre chez elle, préoccupée, elle percute un jeune homme (Benjamin Lavernhe) particulièrement bien habillé pour errer sur un chemin de campagne et tenant serrée contre lui une sacoche sous le bras à quelques centaines de mètres de sa maison. Heureusement, à part une coupure au front, l’homme n’est pas gravement blessé mais il refuse que Louise appelle un médecin. Elle le ramène malgré tout chez elle et tente de le soigner mais il refuse qu’on le touche, préférant ingurgiter plusieurs des merveilles de Louise. Comme il est tard et que la nuit est tombée, Louise propose à Pierre (c’est le nom de l’inconnu) de passer la nuit sur un canapé.

Le lendemain matin, elle s’aperçoit que tout dans la pièce a été méticuleusement rangé.  

L’étrange comportement de Pierre nous fait comprendre qu’il souffre du syndrome d’Asperger. Les deux enfants de Louise, après avoir rejeté l’inconnu, l’adoptent comme ils le feraient d’un grand frère d’autant que Pierre, véritable génie des maths, aide Félix à faire ses devoirs.

Le lendemain, Louise a rendez-vous à la banque et raccompagne Pierre « chez lui ». En réalité, il squatte dans quelques mètres carrés chez Jules (Hervé Pierre), un vieux bouquiniste qui le connaît depuis l’enfance et à qui il donne la main.

Jules informe Louise du handicap de Pierre et lui dit que, lorsqu’elle l’a percuté, il s’était enfui d’un véhicule le conduisant chez une psychologue. En effet Pierre est un hacker et il s’est introduit dans les banques de données du Ministère de la Défense et la psychologue a été mandatée pour décider ou non de son internement.

Louise, dans un premier temps, réticente à héberger Pierre, comprend que non seulement il n’est pas dangereux mais finit par apprécier les grandes qualités de cœur du jeune homme et finit par voir le monde comme lui le voit.

Autour du film

Le film est issu d'un long travail de documentation sur l'autisme de la part d'Eric Besnard, le réalisateur, et s'inspire entre autres des livres de Daniel Tammet et de Josef Schovanec.

Mon opinion

J’avais beaucoup aimé les talents de comédienne de la présentatrice VirgineEfira découverte, au côté de Pierre Niney, dans le charmant 20 ans d’écart.  Ce film est tout autant réussi et rafraîchissant. Je ne savais pas que ce film traitait de l’autisme de type Asperger (dont le nom n’est d’ailleurs prononcé qu’une fois) et j’ai trouvé que ce handicap était abordé avec une grande délicatesse. En effet, aussi étrange que cela paraisse, le réalisateur s’attache plus à nous montrer les atouts et les qualités de Pierre que ses difficultés. En réalité, après avoir vu ce film, on a plutôt l’impression que c’est nous, les gens « normaux » qui sommes autistes car nous n’avons pas la sensibilité exacerbée avec laquelle ils abordent le monde.

Merveilleux film, plein de fantaisie et de élégance, porté par des acteurs exceptionnels (Benjamin Lavernhe et Hervé Pierre sont tous deux de la Comédie française), et servi par une superbe image (de Philippe Guilbert) et une musique  aérienne de Christophe Julien.

Sur l'autisme, voir aussi :
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