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samedi 25 janvier 2020

JE VOUDRAIS QUE QUELQU'UN M'ATTENDE QUELQUE PART film dramatique d'Arnaud VIARD (FR- 2020)



Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part est un film français réalisé par Arnaud Viard, sorti en 2019. Il s'agit d'une adaptation cinématographique libre de l’immense succès de librairie d'Anna Gavalda sorti en 1999. Le livre d’Anna Gavalda comprend 12 nouvelles qui dépeignent sur un ton léger des situations tragiques ou cocasses.

Présentation

Le film nous fait vivre pendant quelques mois la vie d’une famille qui se retrouve dans la vaste maison familiale autour de la mère, Aurore (Aurore Clément) à l’occasion de son 70e anniversaire. 

Il y a là Jean-Pierre (Jean-Paul Rouve), le fils aîné, commercial dans le champagne, marié et père d’une petite Charlotte, Mathieu, son jeune frère (Benjamin Lavernhe), et ses deux sœurs, Juliette (Alice Taglioni), qui attend son premier enfant à 40 ans et rêve de devenir écrivain, et Margaux (Camille Rowe), est photographe.

On sent que chacun fait contre bonne fortune bon cœur et qu’aucun, malgré les apparences, n’est satisfait de sa vie. Pour Jean-Pierre, les choses tournent mal lorsqu’il reçoit l’appel d’Héléna (Elsa Zylberstein) qu’il n’a pas revue depuis ses années de jeunesse et qu’il n’a cessé d’aimer. Il se rend compte alors qu’il a raté sa vie et ne le supporte pas. Mathieu, qui a vécu jusqu’à l’âge adulte dans l’ombre de son frère, se décide enfin à déclarer son amour à une collègue de bureau. Juliette qui se faisait une joie d’être mère perd son enfant et se met à écrire le livre qui va la rendre célèbre. Margaux galère en attendant de se faire un nom dans le monde de la photographie.

Mon opinion

On est très loin avec ce film du livre d’Anna Gavalda. Mais c’est peut-être mieux ainsi car ce recueil, malgré son succès (plus de 2 millions d’exemplaires vendus), ne m’avait pas laissé un grand souvenir.

J’ai aimé ce film tendre et touchant avec de belles prestations d’acteurs : Jean-Paul Rouve est excellent. J’ai aussi retrouvé avec plaisir Quentin Dolmaire, un jeune acteur que j’apprécie beaucoup pour son charisme et son phrasé particulier. Son commentaire du poème de Rimbaud m’a particulièrement ému.  

dimanche 28 avril 2019

SYNONYMES, film de Nadav LAPID (IL-FR 2019)




Synonymes est un film franco-israélien réalisé par Nadav Lapid, sorti en 2019.

Présentation

Yoav, un jeune israélien (Tom Mercier), arrive à Paris. Il se rend dans un appartement haussmannien entièrement vide et s'y installe. Après avoir pris une douche, il constate qu'on lui a volé toutes ses affaires : entièrement nu, il va frapper aux portes des autres appartements, appelant à l'aide. Alertés, un couple de voisins riches et oisifs, Emile (Quentin Dolmaire) et Caroline (Louise Chevillotte) pénètrent dans l'appartement et le découvrent nu et inanimé... Ils le ramènent chez eux, le réchauffent et lui offrent vêtements et argent. Yoav a fui son pays, Israël, et coupé les ponts avec sa famille pour des raisons que l'on ignore mais dont on suppose qu’elles sont liées aux traumatismes de l’armée. Yoav est venu en France pour apprendre la langue et devenir Français.

Mon opinion

Ce film est le troisième long métrage du réalisateur Nadav Lapid. Il a obtenu l’Ours d’or à la Berlinale 2019. Dès la première image, chaotique, où la caméra portée à l’épaule traverse à toute vitesse la ville en rasant le bitume, on sent la patte d’un réalisateur hors norme. Paris est sublimé, ce qui transcrit bien la vision qu’en a Yoav en débarquant de l’avion. Mais on a beau avoir l’esprit ouvert. Le scénario, aussi chaotique que l’image, donne du fil à retordre à un spectateur, même habitué des salles obscures. On comprend bien le propos du réalisateur qui, par cette succession de scènes que l’on dirait montées au hasard, veut transcrire la confusion qui règne dans l’esprit de Yoav. Le procédé n’est pas nouveau et on a vu pire (je pense entre autres à Memento de Christopher Nolan). Cela donne un film qui n’est pas à la portée de tous les spectateurs, d’autant plus que certaines scènes peuvent choquer. La performance de Tom Mercier, jeune acteur franco-israélien, dont c’est le premier rôle au cinéma, n’en est que plus remarquable : filmé intégralement nu, sa grâce à la fois virile et enfantine, sa force tranquille dont on sent qu’elle cache une violence qui peut exploser à chaque instant sans prévenir, sont d’un grand acteur en devenir. Il n'est pas sans rappeler le Sergi Lopez d’Harry, un ami qui vous veut du bien ou même le Depardieu des Valseuses… Les autres acteurs, Quentin Dolmaire, en particulier, que j’ai pourtant beaucoup apprécié dans ses films précédents, sont presqu’effacés par la présence extraordinaire de cet acteur débutant.

Un film étrange, dérangeant, inclassable, qui n'est pas à recommander pour tout public.

dimanche 26 mars 2017

Quentin DOLMAIRE (Acteur français)


Quentin Dolmaire (Photo de Jean-Claude Lother - Why not productions)


Quentin Dolmaire, né le 18 février 1994, est un acteur français. Il fut notamment nommé au César du meilleur espoir masculin pour Trois souvenirs de ma jeunesse.

Biographie

Quentin a un père professeur et fait du théâtre à partir de l'âge de dix ans.  Quentin Dolmaire a suivi  un cursus universitaire en physique qu’il a abandonné pour suivre les Cours Simon. Il y est étudiant en deuxième année quand Arnaud Desplechin l’engage pour incarner Paul Dédalus jeune (Mathieu Amalric joue la version adulte du même personnage) dans Trois souvenirs de ma jeunesse. Le comédien y donne la réplique à la jolie et mystérieuse Lou Roy-Lecollinet qui campe Esther, le vrai grand amour de Paul.

Le long-métrage est sélectionné dans la catégorie « Quinzaine des réalisateurs » au Festival de Cannes 2015 et permet à Quentin de monter les marches du Palais des Festivals et de vivre un vrai rêve éveillé. Dans son 3ème long-métrage, Sage-femme (2017), il incarne Simon, le fils de Claire et donne la réplique à deux monstres sacrés (Catherine Frot et Catherine Deneuve).  

Filmographie

  • 2015 : Trois souvenirs de ma jeunesse d'Arnaud Desplechin – Paul Dédalus adolescent
  • 2016 : Les heures de coton de Sébastien Truchet (sortie prévue en 2017)
  • 2017 : Sage-femme de Martin Provost – Simon
  • 2017 : Le Redoutable de Michel Hazanavicius.
  • 2018 : Un violent désir de bonheur
  • 2018 : L'amour est une fête de Cédric Anger
  • 2018 : L'autre sur ma tête de Julie Colly
  • 2018 : Sur la terre, des orages de Marion Jhöaner (court métrage)
  • 2018 : Ulysse et Mona de Sébastien Betbeder
  • 2019 : Synonymes de Nadav Lapid
Distinctions

Césars 2016 : nomination au César du meilleur espoir masculin pour Trois souvenirs de ma jeunesse

21e cérémonie des prix Lumières (2016) : nomination pour le Prix Lumières du meilleur espoir masculin pour Trois souvenirs de ma jeunesse dans lequel il a été particulièrement remarqué.

jeudi 28 janvier 2016

FESTIVAL CINEMA TELERAMA 2016 (20-26 janvier 2016)



J'ai profité du Festival Cinéma Télérama 2016 pour aller voir trois films que j'avais ratés lors de leur sortie en salle (ou que je n'avais pas eu envie de voir):



- Trois souvenirs de ma jeunesse d'Arnaud Desplechin. En fait, je ne serais pas allé voir ce film si je ne m'étais pas trompé d'heure (j'avai prévu de voir Life). En effet, comme je le dis dans mon commentaire, je n'avais pas du tout aimé le précédent film que j'avais vu de Desplechin (Un conte de Noël) mais je me suis laissé tenter. Je n'ai pas aimé le film mais j'ai découvert deux jeunes acteurs épatants : Quentin Dolmaire et Lou Roy-Lecollinet.


- Life d'Anton Corbijn sur la relation entre un photographe de Life, Dennis Stock (Robert Pattinson) et James Dean (Dane DeHaan) au début de sa fulgurante carrière. Si j'ai aimé la prestation de Pattinson, j'ai détesté celle de Dane DeHaan qui est pour moi une catastrophique erreur de casting. Le film a cependant un certain charme et m'a appris, sur Dean, pas mal de choses que je ne connaissais pas.  


- Marguerite de Xavier Giannoli (avec Catherine Frot) : J'avais vraiment hésité à aller voir ce film lors de sa sortie en salles. Bien que j'aime beaucoup Catherine Frot (qui m'avait enthousiasmé dans le rôle de la cuisinière de Mitterand à l'Elysée dans le jouissif Les saveurs du palais, la bande annonce du film m(avait fait grincer des dents et, moi qui aime la musique, je n'avais pas trop envie de m'infliger les pénibles glapissements de Marguerite. Mais, heureusement, on ne les entend pas dans tout le film et, même si les moments où la baronne s'égosille sont éprouvants, le film a aussi prévu quelques belles plages musicales pour les mélomanes. En conclusion, le film vaut d'être vu ne serait-ce que pour connaître cette aventure tragi-comique, inspirée de l'histoire de Florence Foster Jenkins, une soprano américaine ratée...

Les films que je serais peut-être allé voir :

- Back Home de Joachim Trier pour Jesse Eisenberg et Devin Druid. Ce qui m'a retenu, c'est le thème et la personne d'Isabelle Hupert que je n'aime pas.
- Phoenix de Christian Petzold
- L'homme irrationnel de Woody Allen
- Dheepan de Jacques Audiard

J'avais déjà vu Taxi Téhéran qui m'avait terriblement ennuyé.

vendredi 22 janvier 2016

TROIS SOUVENIRS DE MA JEUNESSE d'Arnaud Desplechin (FR-2015)


Trois souvenirs de ma jeunesse sous-titré Nos Arcadies est un film français d'Arnaud Desplechin constituant une préquelle à Comment je me suis disputé... (ma vie sexuelle) sorti près de vingt ans auparavant. La sortie nationale est le 20 mai 2015.

Résumé

Un anthropologue d'une quarantaine d’années, Paul Dédalus, qui revient en France après plusieurs années d'absence, est arrêté par la DGSE qui lui demande des comptes à propos d’un évènement qui remonte à son adolescence : lors d’un voyage d’échange scolaire à Minsk en Russie, il avait laissé son passeport à un jeune juif de son âge pour lui permettre de rejoindre Israël. La DGSE, ayant constaté qu’il avait beaucoup voyagé dans des pays de l’Est le suspecte d’être un espion. Ces faits lui rappellent son enfance, puis sa jeunesse. D’abord, alors qu’il était l’aîné d’une fratrie de trois enfants (un frère et une sœur), il a dû affronter  la folie de sa mère qui, lors de ses crises, menaçait ses enfants d'un couteau de cuisine. Après le suicide de leur mère, les trois enfants se sont élevés seuls, en l’absence du père, dépressif et fuyant ses responsabilités.

Lors de son adolescence, Paul a fait la connaissance d’Esther, une étrange fille, à la fois libérée et fragile, avec qui il a eu sa première et sa seule histoire d’amour, tout en la partageant avec ses copains…

Distribution


Autour du film

Lors du casting, l'annonce recherchant une actrice pour le personnage d'Esther la décrit comme «arrogante, voluptueuse. Elle a son franc-parler et une belle assurance». 

Le tournage a commencé durant l'été 2014 principalement à Roubaix et dans la région de Lille ainsi qu'à Paris et s’est poursuivi jusqu'au début du mois de novembre avec les dernières scènes tournées à Saint-Germain-en-Laye. Les parties se déroulant en Biélorussie et au Tadjikistan ont été tournées avec une équipe réduite dans les pays mêmes au mois de septembre 2014.

Longtemps intitulé Nos Arcadies et sous-titré Trois souvenirs de jeunesse, le film acquiert finalement son titre définitif d'exploitation en salles, Trois souvenirs de ma jeunesse, au début de l'année 2015. Il est dès lors régulièrement annoncé comme devant faire partie de la sélection officielle pour le festival de Cannes 2015 mais il ne sera retenu que pour la Quinzaine des réalisateurs lors de laquelle il sera présenté le 15 mai 2015.

Lors de sa projection cannoise, le film est bien accueilli : le journal Libération remarque la justesse avec laquelle Arnaud Desplechin rend compte de l'adolescence, non pas d'une manière « documentariste » mais en inventant à ses personnages « un romanesque que l’on aurait adoré vivre » avec l'épisode de l'argent livré aux juifs en URSS et du don du passeport de Paul.

C'est la troisième fois que le personnage de Paul Dédalus apparaît dans l'œuvre d'Arnaud Desplechin: c'est le personnage principal de Comment je me suis disputé… (ma vie sexuelle), film sorti en 1996, où il est déjà interprété par Mathieu Amalric lui-même, puis il apparaît en adolescent dans Un conte de Noël, film de 2008 où il est incarné par Émile Berling. Le nom de famille Dédalus vient de l'œuvre de James Joyce.

Récompenses

  • Festival de Cannes 2015 : prix SACD de la Quinzaine des réalisateurs
  • Festival du film de Cabourg 2015 : Swann d’Or du meilleur réalisateur

Mon opinion sur ce film


Ayant profondément détesté Un conte de Noël que j’avais trouvé confus et verbeux, tout ce que je déteste dans le cinéma franco-français, je ne serais pas allé voir Trois souvenirs si je ne m’étais pas trompé d’heure sur le programme du Festival Télérama. Dire que j’ai adoré serait peut-être un peu exagéré car on retrouve dans ce film la confusion et le nombrilisme insupportable de Desplechin. Je ne suis pas non plus un grand fan d’Amalric. Quant à cette histoire de suspicion d'espionnage, je l'ai trouvée parfaitement ridicule. Mais je dois à ce film d’avoir découvert trois jeunes acteurs impressionnants, chacun dans leur genre : Quentin Dolmaire (Paul jeune homme), Lou Roy-Lecollinet (Esther) auquel je dois ajouter Antoine Bui (Paul enfant). Ces trois jeunes acteurs assument des rôles difficiles avec une maestria qui fait passer celle des acteurs confirmés au second plan. Ne serait-ce que pour cela, ce film mérite d’être vu.