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lundi 25 novembre 2024

OLYMPE, UNE FEMME DANS LA REVOLUTION film historique de Mathieu BUSSON et Julie GAYET (FR-2024)

 


Olympe, une femme dans la Révolution est un film français réalisé par Mathieu Busson et Julie Gayet d'après un scénario de Marine Ninaud et Sébastien Mounier, avec la collaboration de Mathieu Busson. Ce drame historique est une coproduction de la société de production Moteur s'il vous plaît et de France Télévisions pour France 2 réalisée avec la participation de TV5 Monde et avec le soutien de la région Occitanie ainsi que le soutien logistique de la Commission du film Occitanie.Vu en avant-première lors des 26èmes Rencontres des Cinémas d'Europe à Aubenas. 

Résumé

Marie Gouze naît en 1748 dans une famille bourgeoise, mais non noble, de Montauban. Sa famille maternelle, la famille Mouisset, est cependant très liée aux Lefranc de Pompignan, une famille de la noblesse de robe. Le grand-père maternel d'Olympe, Jacques Mouisset, a été le précepteur de Jean-Jacques Lefranc de Pompignan ; sa grand-mère maternelle Anne Marty a été la nourrice de Jean-Georges Lefranc de Pompignan, son frère et futur évêque du Puy-en-Velay. Jean-Jacques Lefranc de Pompignan est le parrain d'Anne Olympe Mouisset. Anne Olympe Mouisset et Jean-Jacques Lefranc de Pompignan, de cinq ans son aîné, grandissent ensemble et nouent des liens affectifs qui contraignent leurs parents à mettre de la distance entre eux, un mariage entre une famille bourgeoise et une famille de la noblesse étant considérée comme une mésalliance.  Jean-Jacques est envoyé à Paris pendant qu’Anne Olympe Mouisset est mariée à Pierre Gouze, boucher de son état.

Jean-Jacques Lefranc de Pompignan revient en 1747 à Montauban comme président de la Cour des Aides ; il est peut-être alors l'amant d'Anne Olympe Gouze, qui donne naissance à Marie l'année suivante. A Montauban, tout le monde sait que Lefranc de Pompignan est le père adultérin de la future Marie-Olympe de Gouges.

Paris, juillet 1793. La situation est explosive et la Terreur bat son plein. Au milieu de ce monde de violences et de mutations, une seule constante : les femmes n’ont le droit à rien. Olympe de Gouges est l’une des rares à oser s’élever contre cette injustice. Femme de lettres, femme de combats, Olympe s’oppose frontalement à Robespierre. Arrêtée par la police d’État, elle attend son procès, enfermée dans une maison d’arrêt. Au milieu des autres condamnées, Olympe va continuer de lutter.

En 1765 Marie Gouze est mariée par ses parents à Louis-Yves Aubry. Il y a une grande différence d’âge entre eux : elle a 17 ans, lui avoisinerait la 50e. Son mari, sans être noble, est fils d'un bourgeois de Paris, officier de bouche de l'intendant de Montauban. En août 1766, Marie donne naissance à son fils Pierre Aubry (qui apparaît dans le film).

En 1770, elle s’enfuit avec son fils dans les bras, scène reprise dans le film, et se retrouve à Paris où on ne sait pas grand-chose de sa vie sinon qu’elle devient l’amante de Jacques Biétrix de Rozières, un marchand d’armes, grâce à qui elle peut mener un train de vie aisé. Elle adopte alors le nom d’Olympe de Gouges et se met à fréquenter la haute société de l’époque. En 1732, elle écrit sa première pièce qui traite de l’esclavage des noirs. La pièce fait scandale à la Comédie française qui la déprogramme au bout de trois représentations mais l’impose dans les salons littéraires comme un esprit libre mais n’en est pas pour autant admise dans les clubs intégralement tenus par les hommes.

La Révolution approchant, le discours d’Olympe de Gouges sera de plus en plus engagé. Elle propose une Déclaration du droit des femmes qui prône l’égalité des sexes et des enfants naturels.

En 1793, elle s’en prend vivement à ceux qu’elle tient pour responsables des massacres des 2 et 3 septembre 1792 : « Le sang, même des coupables, versé avec cruauté et profusion, souille éternellement les Révolutions ». Elle désigne particulièrement Marat, qu'elle traite d'« avorton de l'humanité », l’un des signataires de la circulaire du 3 septembre 1792 proposant d’étendre les massacres de prisonniers dans toute la France. Soupçonnant Robespierre, selon elle « l'opprobre et l'exécration de la Révolution », d’aspirer à la dictature, elle l’interpelle dans plusieurs écrits, ce qui lui vaut une dénonciation de Bourdon de l'Oise au club des Jacobins. Elle est arrêtée et emprisonnée à la prison de l’Abbaye (Bd St. Germain). Malade d’une blessure infectée, elle est transférée dans la « maison de santé" Mahay - ou Mahaye, tenue par Catherine Mahay, sorte de prison pour riches. Condamnée à la peine de mort le 2 novembre 1793, par le tribunal révolutionnaire dirigé par Fouquier-Tinville,  elle est aussitôt guillotinée.

Distribution

  • Julie Gayet : Olympe de Gouges
  • Dimitri Storoge : Michel de Cubières
  • Pauline Serieys : Justine (servante d’Olympe de Gouges)
  • Jean-Pierre Lorit : Jacques Bietrix de Rozières
  • Lucas Ferraton : Pierre Aubry de Gouges
  • Émilie Gavois-Kahn : Catherine Mayahe
  • Frédéric Noaille : Maximilien de Robespierre
  • Luc Antoni : Antoine Fouquier-Tinville
  • Mathilde Dromard : Manon Roland (Madame Roland)

Autour du film

Le tournage se déroule du 26 septembre au 23 octobre 2023 à Lectoure dans le département du Gers et à Villefranche-de-Rouergue dans l'Aveyron, en région Occitanie (qui participa à son financement).

Des scènes ont été tournées au château de Gramont en Lomagne, au château de Saint-Léonard ainsi que sur le pont des Consuls et aux abords de la chartreuse Saint-Sauveur à Villefranche-de-Rouergue.

Mon opinion

Ce film devait être un téléfilm. Il a été programmé, avec 80 autres, dans le cadre des Rencontres du cinéma d’Europed’Aubenas en présence de Valérie Valéro, cheffe décoratrice, qui a aussi travaillé sur les décors de deux autres films présentés lors du festival, Jumbo (de Zoé Wittock, 2020) et Maria (de Jessica Palud, 2024).

J’ai beaucoup aimé le jeu sobre et convaincant de Julie Gayet, qui joue le rôle d’Olympe, femme engagée et en avance sur son temps dont les textes en faveur de l’égalité des sexes ont, prennent encore plus de valeur à notre époque encore confrontée au machisme et au suprématisme des hommes, que ce soit en France ou dans le monde.     

mercredi 20 novembre 2024

GONDOLA Film de Veit HELMER (D-Géorgie 2023)

 


Gondola est une coproduction géorgienne et allemande du réalisateur allemand Veit Helmer. Le film est sorti en 2023. Il était présenté cette semaine dans le cadre des 26èmesrencontres des cinémas d’Europe à Aubenas.

Résumé

"Gondola" désigne un téléphérique, en l'occurence celui qui relie deux parties montagneuses isolées d'un village de Géorgie séparées par une profonde vallée. Le téléphérique, formé de deux cabines dont l’une monte pendant que l’autre descend, est desservi par le « chef » (Suka Papuaschvili) sorte de « deus ex machina » grognon qui siège dans une cabine suspendue dans le vide et deux contrôleurs qui encaissent le prix de la course.

Lorsque le film commence, l’un des deux contrôleurs vient de mourir et on assiste au transport de son cercueil, décoré d’un crêpe noir, par le téléphérique qui fait office de corbillard.

Il est remplacé par sa fille, Iva (Mathilde Irrmann) qui est reçue d’abord froidement par sa collègue, Nino (Nino Soselia) qui, malgré tout l’initie aux étranges routines de ce petit monde autarcique où l’on croise tous les jours le « chef », la « veuve », et d’autres usagers réguliers du funiculaire, un handicapé en fauteuil roulant, et deux enfants, une fillette espiègme (Niara Chichinadze) et son petit amoureux transi (Zviad Papuaschvili).

Le film est sans parole mais ce n'est pas gênant, bien au contraire car tout se joue sur les visages et est rythmé par la musique. Alors qu'aucun mot n'est prononcé par les protagonistes, une étrange complicité nait entre les deux jeunes filles qui se croisent et se recroisent dans les airs. Elles inventent des jeux, transforment les cabines au gré de leurs rêves, jouent de la musique, pour le grand plaisir des paysans qui, plus bas, travaillent leurs champs… jusqu’à ce que le « chef » éconduit par l’une et par l’autre, et pris d’une colère subite devant ces jeunes filles libres qui lui jettent au visage leur joie et leur plaisir de vivre, ne commette l’irréparable… pour son plus grand malheur et pour la grande joie des spectateurs.

Mon opinion

Entre Tati, Chaplin, Wenders (on pense aussi curieusement pour les plans longs à Theo Angelopoulos et à Kusturika pour le côté joyeux et la musique), ce film inclassable est un petit bijou d’humour absurde et de poésie comme je n’en ai pas vu depuis Bagdad Cafe. Une merveille que je ne suis pas près d’oublier et que je vous recommande car il fait du bien.

mardi 12 novembre 2024

LOUISE VIOLET drame historique d'Eric BESNARD (FR-BE 2024)

 


Louise Violet est un drame historique français réalisé par Éric Besnard et sorti en 2024. Le film a été présenté en avant-première mondiale au Festival du film français d'Helvétie, en septembre 2024. Il a obtenu le prix du public au Waterloo Historical Film Festival 2024.

Résumé

L’école laïque, obligatoire et gratuite est instaurée en France en 1881.

Près de dix ans après, celle-ci est loin d’avoir conquis les campagnes. Le film se déroule en 1889n soit presque 10 ans après.  Une institutrice, Louise Violet (Alexandra Lamy), est envoyée par le gouvernement dans un village retiré du centre de la France. A son arrivée, loin de l’accueillir avec égards, c’est l’hostilité des habitants qui l’attend. Il n’existe aucune école et tout ce que Joseph, le maire et aussi le plus gros propriétaire terrien du village (Grégory Gadebois) met à sa disposition est une étable abandonnée encore occupée par une vieille vache.

Louise, qui vient de la ville, est confrontée à un monde rural archaïque et brutal où seuls le facteur (Jérôme Kircher) et le curé (Patrick Pineau) savent lire mais, jaloux de leurs prérogatives, ne lui apportent aucune aide. Celle-ci viendra de la seule personne dont on n’aurait jamais imaginé qu’elle puisse devenir son alliée, Marthe, la mère de Joseph (Annie Mercier), une paysanne dure à la tâche, illettrée et bougonne. 

Mais Louise, qui vient de faire 10 ans de bagne pour avoir participé à la Commune de Paris, en a vu d’autres et ne se décourage pas. Elle finira, à force de patience et de ténacité, à gagner peu à peu les paysans à sa cause.

La catastrophe arrivera cependant de la part de Jules (Ernest Mourier), un enfant rejeté par les autres.

Autour du film

 Voici comment le réalisateur Éric Besnard présente son projet qui, à l’origine, devait s’intituler L’école.

« Mes trois premiers films rendaient hommage à mes gouts de cinéphile, et les trois suivants à mes proches (ma mère, ma femme et mon père). Je me suis dit que j’allais laisser mes enfants tranquilles et j’ai décidé de travailler sur mon pays, sur l’identité française et ses spécificités. J’ai commencé à plancher sur le siècle des Lumières, j’ai découvert la création du premier restaurant et ça a donné Délicieux[1]. J’ai alors dit à mon producteur, Christophe Rossignon, que j’avais envie de poursuivre dans cette voie en abordant le concept de République. Qui dit République dit troisième République et qui dit troisième république dit éducation, un thème qui m’est cher depuis longtemps. L’idée de faire un film sur l’école de Jules Ferry, puis sur les premières institutrices envoyées dans les campagnes et projetées dans un monde d’hommes à la fin du 19e siècle est née ainsi. Cette opposition, la rencontre entre deux mouvements, l’un progressiste, et l’autre conservateur, était intéressante. »  

Le film a été tourné en Auvergne. Fin octobre 2022, le lieu du tournage, désormais intitulé Louise Violet, est annoncé à Saint-André-de-Chalencon (Haute-loire) et devrait y débuter fin février 2023, puis mai-juin.

Début novembre 2022, Alexandra Lamy et Grégory Gadebois, ce dernier retrouvant le réalisateur pour la troisième fois après Délicieux (2021) et Les Choses simples (2023), pour interpréter les rôles principaux, l'institutrice et le maire du village.

« Pour Louise, je voulais quelqu’un qui symbolise l’institutrice : sympathique, empathique et issue de la société civile. Alexandra Lamy cochait toutes les cases. (…) Je ne savais pas au départ que le rôle de Louise serait tenu par Alexandra Lamy mais j’ai écrit pour Grégory Gadebois et pour Jérémy Lopez. Deux acteurs avec qui j’avais déjà travaillé deux fois. »Éric Besnard

Le tournage débute fin février 2023 au Puy de Sancy, dans le Puy-de-Dôme, puis à Saint-André-de-Chalencon (Haute-Loire). Il a également lieu à Tiranges pour une ancienne ferme de « Cerces », dans les monts de Cézallier et à Saint-Pierre-du-Champ. Le tournage s'arrête en mars pour revenir en mai aux mêmes endroits. Les prises de vues prennent fin le 24 juin 2023 à Saint-André-de-Chalencon.

Louise Violet est sélectionné dans la section « Grande première » du Festival du film français d'Helvétie, où il est projeté en avant-première mondiale au début de l'après-midi du 15 septembre 2024. Il est présenté, quatre jours après celui-ci, en compétition officielle au Waterloo Historical Film Festival, où il obtient le prix du public.

Mon opinion

On a du mal à croire que les premiers instituteurs, à la fin du XIXe siècle, aient pu affronter des conditions de travail aussi difficiles… Louise Violet est un personnage de fiction, sans doute inspiré de celui de Louise Michel, elle aussi institutrice, communarde engagée, et déportée au bagne et, à son retour en France, toujours aussi combative, plusieurs fois emprisonnée. Louise Violet est une sœur apaisée de ce personnage historique. Elle est admirablement interprétée par Alexandra Lamy, loin de son duo comique avec Jean Dujardin dans Un gars, une fille (1999-2003), qui passe toujours à la télévision et n’a pas pris une ride. Bien qu’elle ait joué depuis dans des rôles plus sérieux (La chambre des merveilles 2023), elle n’avait jamais encore assumé un tel personnage de femme forte et déterminée et elle y réussit parfaitement. Un film à voir ne serait-ce que pour montrer aux jeunes générations pour lesquelles tout est dû la chance qu’ils ont de vivre dans un monde où l’éducation et la culture sont à la portée de tous et où, si on en a la volonté, tout est possible pour se sortir d’une condition défavorisée. La scène qui m’a le plus ému est quand Louise distribue à chacun de ses petits élèves un dictionnaire, le plus beau livre qui soit.    

Dans le même esprit, je vous recommande aussi : 


[1] Personnellement, j’avais beaucoup aimé son film Le goût des merveilles (2015).

mardi 3 octobre 2023

BORGEN Saison 4 : LE POUVOIR ET LA GLOIRE (DK - 2022)

 


Borgen saison 4 : Le pouvoir et la gloire  (2022) actuellement diffusé gratuitement sur Arte replay.

Neuf ans après la fin de la saison 3, la série fait son retour avec huit épisodes, sous le nom : Borgen : Le Pouvoir et la Gloire. On peut les voir en replay gratuit sur la plateforme d’Arte.

Épisodes

  • 1.       L'avenir sera féminin
  • 2.       La peste ou le choléra
  • 3.       Inuit Nunaat : Terre du peuple
  • 4.       Sans commentaire
  • 5.       Un État voisin de l'Arctique
  • 6.       Le pouvoir au Danemark
  • 7.       Le poing sur la table
  • 8.       Mère de la mer

La série s’ouvre sur une scène assez écœurante du dépeçage d’une baleine. En effet, le Groenland, qui a un statut semi-indépendant vis-à-vis du Danemark, pratique encore cette chasse avec 7 autres pays (Canada, Norvège, Japon, USA, Russie, Islande) alors qu’elle a été abandonnée par la plupart des pays en raison de la disparition des cétacés.

Après avoir été Premier ministre, Birgitte Nyborg (Sidse Babett Knudsen) et avoir été battue aux dernières élections, elle est devenue ministre des Affaires étrangères dans un gouvernement de coalition où les dissensions sont toujours vives. Sa famille a éclaté. Elle vit désormais seule, son ex-mari ayant fondé un autre couple. Son fils, Magnus, est adulte et est devenu vegan et militant écologiste. Sa fille Laura vit aux Etats-Unis.

Alors qu’on apprend qu’une société canadienne vint de mettre au jour un important gisement de pétrole au Groënland, Birgitte Nyborg est confrontée à un dilemme. Le gouvernement, dirigé par une femme travailliste Signe Kragh, avec laquelle Birgitte entretient des relations tendues, est partagé entre autoautoriser l’exploitation et trahir les accords de Paris signés par le Danemark, ou y renoncer. Mais l’affaire est d’autant moins simple que, bien que sous contrôle danois, le Groënland jouit d’une large autonomie, a son propre gouvernement, et n’entend pas se laisser spolier d’un apport financier qui lui permettrait d’accroître son indépendance vis-à-vis du Danemark, considéré par beaucoup de groenlandais, comme une puissance colonisatrice.  

Par ailleurs, Katrine Fønsmark, dont elle avait été proche lors des premières saisons, est devenue directrice de l'information à TV1, sa nomination ayant pour but de redorer le blason de la chaîne qui a connu une forte baisse d’audience. Mais des conflits répétés avec l’équipe de journalistes vont lui faire perdre leur confiance et vont la pousser à la dépression.

Par son homologue suédoise, Birgitte apprend que l'entreprise canadienne qui a découvert le gisement de pétrole a des actionnaires russes, notamment Mikhail Gamov, un oligarque proche de Poutine, responsable par empoisonnement au polonium d’un opposant, en voie d’être mis sur la liste noire de l’Union européenne. Bien que cette information, secrètement confirmée par les services secrets suédois, puisse l’aider à empêcher la signature du contrat pétrolier, elle a les mains liées après une entrevue avec l’ambassadeur américain qui lui demande de ne pas mentionner Gamov avant que les services secrets américains aient le temps d'enquêter sur lui.

Bien que sincèrement convaincue que l’exploitation du pétrole va mettre en danger le précaire équilibre écologique du Groënland, Birgitte doit faire volte-face si elle ne veut pas perdre son poste de ministre et finit par se ranger à l’avis de la majorité, se mettant ainsi à dos son fils Magnus, militant écologiste qui vient, avec des amis de son âge, libérer des cochons promis à l’abattoir. Il n’est pas le seul à  lui reprocher ce changement d’attitude qui n’est compris ni de certains membres de son parti, ni des journalistes menés par Katrine Fønsmark, bien décidés à dénoncer ce qu’ils considèrent  comme une trahison.

Mon opinion

Formidable thriller politique dans lequel notre héroïne, Birgitte Nyborg (toujours magnifique Sidse Babett Knudsen) tente, toujours avec combativité mais en perdant à chaque combat un peu plus de son âme, de défendre les idéaux qui l’ont fait entrer en politique et les contingences de celle-ci. Menacée de toutes parts, elle finira par démissionner et laisser le champ libre à son rival. Tout ne sera cependant pas perdu pour elle puisque, grâce à son accord secret avec les Américains, elle sera recasée comme commissaire européen.   

Voir aussi mes posts précédents sur cette série : 

Borgen 

> Interview de Sidse Babett Knudsen

   

jeudi 9 mars 2023

MON CRIME comédie de François OZON (FR-2023)

 

Mon crime est une comédie française réalisée par François Ozon, sortie en 2023. Il s'agit d'une adaptation de la pièce de théâtre du même nom de Georges Berr et Louis Verneuil présentée en 1934 au Théâtre des Variétés.

Présentation

Le film se déroule en 1934, à Paris. Madeleine Verdier (Nadia Tereszkiewicz), une actrice débutante sans emploi, partage une minable chambre de bonne avec son amie Pauline Mauléon (Rebecca Marder), une jeune avocate sans clients. Lorsque le film commence, leur propriétaire M. Pistole (Franck de Lapersonne), vient leur réclamer 3000 francs de loyer en retard et menace de les jeter dehors. Pauline lui dit que Madeleine attend un contrat et lui demande quelques jours de délai. Mais, lorsque Madeleine revient, elle est en larmes car le rôle que lui a proposé  Montferrand, le producteur (Jean-Christophe Bouvet ) est celui d’une soubrette à condition qu’elle couche avec lui et a tenté de la violer. Elle s’en est libérée en le mordant et s’est enfuie de sa somptueuse villa Art Nouveau de Neuilly en courant.

Peu après son retour, l’inspecteur Brun (Régis Laspalès) vient interroger les deux jeunes femmes car on a retrouvé Montferrand tué d’une balle en pleine tête et une forte somme d’argent disparue. La dernière à l’avoir vu vivant étant Madeleine, elle est convoquée par le juge Rabusset (Fabrice Luchini) qui l’inculpe, malgré les mises en garde de son greffier, M. Trapu (Olivier Broche) qui trouve que les charges sont minces.

Or, plutôt que de se défendre, les deux amies montent un plan machiavélique : tablant sur le fait que Madeleine était en état de légitime défense, Pauline se fait fort d’obtenir son acquittement, donnant du coup un retentissement médiatique à l’affaire qui leur permettra d’être reconnues, l’une comme actrice, l’autre comme avocate.

Le pari est risqué d’autant plus que le jury, entièrement composé d’hommes (les femmes ne furent jurés qu’à partir de 1944), emmené par le procureur général Maurice Vrai (Michel Fau), peut la condamner sévèrement. Mais Pauline lui a préparé une plaidoirie digne de l’actrice qu’elle est et Madeleine ressort libre sous les applaudissements de la foule.

Dès lors, les deux amies, s’appuyant sur la presse, en l’occurrence le jeune reporter Gilbert Raton (Félix Lefebvre), qui n’a d’yeux que pour elles, deviennent la coqueluche du Tout Paris, Madeleine comme actrice, Pauline comme avocate.

Mais c’était sans compter sur la véritable criminelle Odette Chaumette (Isabelle Huppert), une ex-actrice du cinéma muet qui voudrait revenir sur le devant de la scène et leur fait du chantage. Or personne, ni les deux amies, ni la justice, n’ont intérêt à ce que l’erreur judiciaire soit reconnue et, grâce à l’intermédiaire de Palmarède (Danny Boon), un homme d’affaire haut en couleurs, M. Bonnard (André Dussollier), patron des pneus Bonnard et père d’André (Edouard Sulpice), le fiancé de Madeleine, de payer les 300000 francs exigés par Odette pour qu’elle garde le silence sur sa culpabilité.

Mon opinion

Avec Mon crime, François Ozon revient aux comédies dans lesquels il excelle comme Huit femmes ou Potiche. Sous les aspects d’un vaudeville boulevardier, il aborde dans ce film un propos plus profond, faisant de ses actrices les véritables héroïnes d’une société outrageusement masculine qu’elles tournent en dérision. Comme dans Huit femmes, qui était à l’origine, comme Mon crime, une pièce de théâtre, Isabelle Huppert révèle dans l’excès des talents comiques qu’on aimerait plus souvent la voir déployer. Je suis sorti de la séance avec le sourire aux lèvres. 

jeudi 11 novembre 2021

DESPERATE HOUSEWIVES Série humoristique américaine (USA- 2004-2012)

 


Desperate Housewives est une série télévisée américaine en 180 épisodes de 42 minutes créé par Marc Cherry et diffusé entre le 3 octobre 2004 et le 13 mai 2012 sur le réseau ABC et en simultané au Canada sur le réseau CTV ou CTV Two. En France, la série a été diffusée du 8 septembre 2005 au 21 juin 2012 sur la chaîne à péage Canal+ et en clair du 23 mai 2006 au 28 novembre 2012 sur M6. Elle a ensuite été rediffusée en VM sur Téva et 6ter.

Présentation

La série est une série « chorale » axée sur le quotidien apparemment sans histoire de quatre ménagères blanches et aisées qui vivent dans le quartier bourgeois (ce que les américains appellent « Upper Middle Clas ») de Wisteria Lane (L’Allée des glycines). Wisteria Lane, qui est une rue fictive (en fait un cul de sac) censée se trouver dans la ville de Fairview (elle aussi fictive), comme l’est l’Etat d’Eagle State.  

Les quatre principales héroïnes (il s’en greffe en effet beaucoup d’autres au cours des huit années de développement de la série) sont :

·         Susan Mayer/Delfino (Teri Hatcher) elle a une fille Julie

·         Lynette Scavo (Felicity Huffman), mariée avec Tom, elle est la mère de cinq enfants

·         Bree Van de Camp (Marcia Cross) : a deux enfants Andrew et Danielle

·         Gabrielle ‘Gaby’ Solis (Eva Longoria) d’abord mariée à Carlos, sans enfant.

Menant une vie bourgeoise, aisée et passablement désœuvrée, elles sont amies-ennemies et passent leur temps à se recevoir, à se bouder et à se réconcilier, à se chipper leurs mecs, tout en faisant front commun contre tout ce qui pourrait perturber leur petite vie apparemment bien rangée, mais qui cache en réalité de lourds secrets. Les hommes sont plus des faire-valoir que de véritables personnages et se font manipuler par leurs épouses ou amantes respectives.

Mon opinion

J’ai regardé pas mal d’épisodes de cette série finalement très féministe, les femmes jouant de leur féminité pour s’arroger des droits que leur dénie la société, et de faire des hommes qui les entourent d’obéissantes marionnettes, appréciant son écriture et me régalant souvent des situations complexes et invraisemblables dans lesquelles se fourraient les personnages. J’ai fini par décrocher, comme très souvent dans les séries trop longues où la saturation des rebondissements, l’ajout - voire le remplacement de certains personnages - finit par lasser. Mais il m’arrive encore de me laisser aller à revoir certains épisodes en replay tant la vacherie des dialogues est jubilatoire.  

 Si vous avez aimé, vous aimerez aussi : 

 

lundi 4 mai 2020

MALENA film de Giuseppe TORNATORE (IT-2000)





Vu en DVD en VO sous-titrée. 

Réalisation Giuseppe Tornatore, musique d'Ennio Morricone. Actrice principale : Monica Bellucci, Giuseppe Sulfaro.  

Résumé

Le film commence au printemps 1940 dans un petit village fictif de Sicile, du nom de Castelcutò. La population fête l’entrée en guerre de l’Italie, décidée par Mussolini.

Renato Amoroso (Giuseppe Sulfaro), un garçon de treize ans, ne pense pas à la guerre car son père vient de lui offrir sa première bicyclette. Il est aussi, comme tous les hommes du village, sous le charme de la belle Malèna (Monica Bellucci), dont le mari est sur le front. Mais, autant les hommes admirent et fantasment la jeune femme, autant les femmes du village la haïssent et répandent sur son compte les pires rumeurs.

Le jeune Renato, lui, est comme envoûté et la surveille de loin sans oser l’approcher.

Lorsque les autorités annoncent à Malèna que son mari est mort, elle se retrouve sans ressources et se compromet avec les notables fascistes mais, quand la Sicile est libérée par les troupes américaines, elle est victime de la vindicte des femmes du village qui lui font payer toute leur aigreur accumulée et, après l’avoir copieusement rossée en place publique, la tondent et la chassent de la ville.

Renato assiste impuissant à leur vengeance mais, lorsque le mari, amputé d’un bras, revient du front et cherche désespérément sa femme, c’est Renato qui lui permettra de la retrouver.    

Mon opinion   

C’est grâce à un extrait de ce film publié sur Youtube en illustration de la chanson de Pierre Bachelet, Elle est d’ailleurs, que j’ai découvert l’existence de Malèna. Du même réalisateur, je connaissais déjà Cinema Paradiso et La légende du pianiste sur l’océan qui sont de très beaux films. En outre, j’aime beaucoup Monica Bellucci dont j’ai souvent déploré qu'elle se fourvoie dans des films moyens, voire franchement mauvais (par ex. Les frères Grimm, L'apprenti sorcier, Les merveilles ou le catastrophique Dracula de Coppola.) 

Le film commence comme une comedia del arte et se termine en tragédie grecque. Il se classe cependant légèrement en-dessous des deux cités plus haut même par son manque de subtilité, même si Monica Bellucci est royale et si elle s’acquitte à merveille de ce rôle difficile qui rend enfin justice à la grande actrice qu’elle est. C'est aussi un film profondément féministe. 

lundi 20 avril 2015

LA COULEUR DES SENTIMENTS (THE HELP) film de Tate Taylor (USA-2011)




La Couleur des sentiments (The Help) est un film dramatique américain écrit et réalisé par Tate Taylor, adapté du best-seller éponyme de Kathryn Stockett, mettant en scène Emma Stone, Viola Davis et Octavia Spencer. Distribué par Walt Disney Studios Motion Pictures, ce film est sorti le 12 août 2011 aux États-Unis.

Résumé

L’action se passe au début des années 1960, à Jackson (Mississippi). L’héroïne, une jeune femme blanche du nom d’Eugenia, surnommée « Skeeter » (moustique en américain) depuis son enfance (Emma Stone), vient juste de terminer ses études de journalisme et souhaite devenir écrivain. Ayant décroché un poste à la rubrique féminine du journal local, elle décide de s'intéresser aux conditions de vie des domestiques noires (The help = domestique) employées par la bonne société blanche de la ville. Elle-même a été élevée par une nounou noire, Constantine, qui a été renvoyée de la maison en son absence pour des raisons qu’elle ignore et dont elle ne s’est pas vraiment préoccupée jusque-là. Pour l’aider dans son enquête, elle convainc Aibileen (Viola Davis), la domestique de l’une des ses meilleures amies, de se confier à elle. Ce qu’elle découvre de la vie de ces femmes la décide à aller plus loin et, peu à peu, après avoir persuadé Minny (Octavia Spencer), plus rebelle, de lui parler, tout un groupe de femmes noires accepte de lui faire ses confidences. Skeeter qui, jusqu’à présent n’avait pas pris la mesure du drame qu’elles vivaient, découvre un autre monde, fait de haine et de violence, qu’elle ignorait totalement et décide de publier anonymement tous ces témoignages. Le livre, édité par une maison New-Yorkaise sous le titre « The help » (La domestique), deviendra un best-seller dans tous les Etats-Unis et jouera aussi un rôle dans le mouvement pour les droits civiques qui est au centre du film Selma.

Mon opinion

J’ai vu ce film par le plus grand des hasards sur France Ô. Au début, j’ai failli décrocher car les premières images m’ont paru particulièrement ennuyeuses et inintéressantes : on y assiste en effet à une réception  où les bonnes bourgeoises blanches se reçoivent entre elles dans leurs belles maisons pour des parties de cartes ou des thés entre amies. Elles sont servies par des domestiques noires qui s’occupent aussi des enfants, dans une ambiance qui n’a, a priori, rien de révoltant, au contraire. Si ce n’est que l’une de ces « dames », sous prétexte d’hygiène, interdit à sa domestique noire d’utiliser les toilettes de « sa » maison et décide son mari à faire construire des toilettes réservées aux domestiques noirs à l’extérieur. Certes, cela nous choque mais on se dit qu’on est tombé sur une patronne particulièrement odieuse.

Mais peu à peu, le film gagne en épaisseur avec les témoignages des domestiques, et nous comprenons, en même temps que l’héroïne qui avait vécu jusque-là dans son monde protégé, que cette attitude reflète l’opinion de toute la société blanche vis-à-vis des noirs. En réalité, nous sommes en plein apartheid et nous commençons à mesurer l’ampleur de la ségrégation qui régit les relations sociales de cette petite ville du Sud des Etats-Unis.

La mise en scène, avec cette évolution d’un monde apparemment idyllique des débuts, au véritable enfer caché que nous découvrons à travers le récit de ces femmes noires, exploitées sans vergogne et méprisées par leurs patronnes blanches (voire pire), est remarquablement maîtrisée.

Le jeu des actrices est aussi à saluer. Les jurés des Oscars ne s’y sont pas trompés puisqu’ils ont décerné à Octavia Spencer, formidable dans le rôle de Minny, l'Oscar de la « meilleure actrice dans un second rôle ».

Un film salutaire qui aurait mérité un titre moins insipide que celui qui lui a été donné en français et qui, s’il se comprend a posteriori, ne rend pas compte de la gravité et de la profondeur du thème abordé. Pire, l'affiche, par ses tons pastels, trahit encore plus le propos final du film. Par certains côtés, en particulier cette progression d'un monde où tout est apparence à  une réalité beaucoup plus obscure rappelle un autre film remarquable, Pleasantville, dont le propos n'est pas si éloigné qu'il y paraît de The help.