Ce blog est consacré au cinéma et aux séries TV. J'y traite principalement des films et des séries que j'aime mais je me réserve aussi le droit d'en critiquer certains.
Quand tu seras grand est une comédie
dramatique française réalisée par Andréa Bescond et Éric Métayer,
sortie en 2023.
Résumé
A la suite d’une fuite d’eau qui
a rendu leur cantine inutilisable, la mairie demande que, pendant les travaux,
les enfants puissent partager les repas des résidents d’un EHPAD. Le directeur
(Eric Métayer) accepte mais doit faire face à la fronde des salariés de
la maison de retraite, emmenés par Yannick (Vincent Macaigne), qui
voient dans cette décision une surcharge de travail alors qu’ils sont déjà
débordés. Il entre immédiatement en conflit avec Aude (Aïssa Maïga),
la lumineuse animatrice qui encadre les enfants, mais celle-ci tient bon et, par sa bonne
humeur et sa détermination, elle s’impose.
Du côté des enfants, ce n’est pas
non plus de gaieté de cœur qu’ils acceptent de partager les repas des
pensionnaires. L’un des enfants, Brieuc (Kristen Billon), un petit
rebelle qui souffre de la négligence de ses parents et ne quitte pas son
équipement de skate, est particulièrement réticent et n’hésite pas à désigner
les résidents comme des « vieux ». Etrangement, ce sera celui qui
sera le plus attaché à un couple fusionnel formé par Yvon (Christian
Sinniger), un ancien cascadeur à moto et sa compagne Gigi (Evelyne
Istria), hémiplégique.
Au cours des jours suivants, une
connivence s’établira entre certains « vieux » et des jeunes qui
découvriront les trésors qui se cachent dans ces personnalités fragilisées par
l’âge et la maladie.
Mon opinion
Joli film qui traite avec
sensibilité et humour un sujet grave, celui du vieillissement de notre population, de la réponse inappropriée que la société propose avec ses EHPAD (horrible acronyme qui a remplacé celui de "maison de retraite"), de leur personnel tellement débordé qu'il en arrive à être maltraitant, et de
l’écart de plus en plus grand qui se creuse entre générations. J’ai beaucoup aimé le jeu de Kristen
Billon qui incarne le jeune Brieuc qui, sous ses dehors durs et renfermés
cache un cœur d’or. Il éclipse de beaucoup Vincent Macaigne qui en fait
un peu trop dans la parodie. On aimerait que ce type d’expérience, qui a existé
dans les Maisons familiales rurales, à la fois maisons de retraite et centre d’enseignement
rural, permettait la cohabitation de générations de jeunes et celles de
personnes âgées, soit tentée à nouveau.
Easy virtue (titre français : Un mariage
de rêve) est, à l’origine, une pièce de théâtre à succès de Noel Coward
créée en 1925. La pièce fut adaptée par Hitchcock en 1928 dans un film
muet en noir et blanc. Ce film, sorti en 2008 er réalisé par Stephan Elliott
en est la troisième adaptation.
Résumé
Après une longue absence, John Whittaker
(Ben Barnes), revient dans sa famille qui habite un immense manoir dans
la campagne anglaise, marié à une Américaine rencontrée lors du Grand Prix
automobile qu’elle disputait en tant que pilote de course. Dès son arrivée, Larita
Huntington (Jessica Biel) choque par sa beauté et sa liberté de mœurs dans
cette famille d’aristocrates compassés qui la considèrent comme une intrigante. Dès le premier jour, la mère de John, Veronica
Whittaker (Kristin Scott Thomas), et ses deux filles, Hilda et Marion, déclarent
une guerre larvée à l’intruse. Seul Jim (Colin Firth), le père de
famille, qui cache sous un humour grinçant son traumatisme de la guerre de 14,
et les domestiques, en particulier l’étrange majordome Furber (Kris Marshall)
sont de son côté. Des recherches faites par l’une des deux sœurs auprès d’un
oncle américain révèlent que Larita a menti sur son passé : elle a dit qu’elle
était veuve mais elle s’est bien gardée de dire qu’elle avait « aidé »
son vieux mari à passer de vie à trépas. La révélation ayant lieu juste avant
le bal de Noël, son apparition jette un froid. Elle demande alors aux musiciens
de jouer un tango mais John se refuse à être son cavalier. La voyant désemparée,
c’est Jim qui acceptera de danser avec elle après quoi ils quitteront ensemble
la propriété devant le regard médusé de la famille [la scène du tango est à voir ICI].
Mon opinion
J’avais vu, sur Youtube, un
extrait de ce film représentant la scène du tango que j’avais trouvé remarquablement
dansée.
Dommage qu’on n’ait pas trouvé
mieux, pour traduire le savoureux titre original, Easy virtue désignant
une « femme de petite vertu » ou aux mœurs légères, que cet insipide titre
français
Par ailleurs, le thème de l’intrus
(homme ou femme) qui a du mal à s’intégrer dans une famille d’un niveau social
supérieur n’est pas d’une grande originalité mais, avec ce film, on a un bijou
de méchanceté assaisonné d’humour anglais qui vaut le détour.
En outre les acteurs, que ce soit
Jessica Biel, en outsider affirmée,Ben Barnes, en fils de
famille aussi veule qu’inconstant, Kristin Scott Thomas, en venimeuse garce,
Colin Firth qui cache sous un cynisme de façade de profondes blessures,
que Kris Marshall, le troublant majordome, sont parfaits.
Série diffusée en replay sur la plateforme gratuite France.TV/Slash.
Louis 28 est une
série télévisée française créée par Géraldine de Margerie et Maxime
Donzel, diffusée depuis le 27 janvier 2023 sur France.TV/Slash. La 1ère saison comporte 10 épisodes de 22 minutes.
Présentation
L’action est censée se passer à
Paris, de nos jours mais, dans cette uchronie parodique, la royauté n’a pas été
abolie en 1789 et c’est toujours un roi, Baudoin, qui est à la tête de la
France. Lorsque celui-ci meurt avec 31 autres passagers dans le crash de son
avion, le cardinal de Saint-Avit (Gilles Gaston-Dreyfus) s’empresse de trouver
un prétendant au trône qu’il puisse manipuler à son aise. Son choix se porte
sur le fils naturel que Baudoin a eu avec Samia (Nadia Roz), une femme
d’origine marocaine, professeur de français à Melun, qui a élevé seul son fils
Cédric (Nils Othenin-Girard) qui, de ce fait, va devenir Louis 28. Cédric est
un lycéen très ordinaire, pas vraiment avantagé par son physique qu’il tient de
son père biologique, l’un des derniers descendants des Bourbon : il est pataud,
a les dents en avant et n’a pas l’air très dégourdi. Une aubaine pour
Saint-Avit qui se voit déjà le manipuler tout à son aise et abolir les décrets progressistes
voulus par Baudoin (légalisation de l’avortement, du mariage gay, du divorce,
etc.) pour réinstaurer un « ordre moral » désuet.
C’était sans compter sur la
détermination et le bon sens de Samia qui défend son fils bec et ongles contre
les magouilles de la cour.
Pour cela, elle met de son côté
les inséparables et redoutables La Pompa (Marie-France Alvarez) et La Vipère (Brice
Michelini), ainsi que les non-moins redoutables Mme de Maintenant (Sarah Stern)
et la générale borgne (Anne Loiret).
Mon opinion
J’ai entendu présenter cette
nouvelle série que l’on peut voir gratuitement sur la plateforme France.TV/Slash
qui nous avait déjà régalés avec les séries Skam, Stalk,Les engagés et Parlement, sur France
info. J’avoue ne pas avoir été emballé au début par le manque de glamour de
Cédric, devenu presque par hasard Louis 28 mais je l’ai apprécié de plus en
plus au fur et à mesure des épisodes de la série qui se
termine par… une révolution. C’est drôle, irrévérencieux, ancré dans notre époque et pas mal d’allusions
à la politique actuelle sur un ton persifleur et décalé sont assez jouissives.
L'Immeuble Yacoubian
est un film égyptien, réalisé par Marwan Hamed (2006), tiré du roman du
même titre de l'écrivain Alaa al-Aswany (2002).
Résumé
Le film reprend la trame du
roman. L’action se situe au Caire en 1990, au moment de la 1ère
guerre du Golfe et du début de la répression contre les islamistes réels ou
supposés. Il présente la vie des différents occupants de l’immeuble du même nom,
construit en plein centre du Caire dans les années 30 dans le style Art Deco,
depuis les plus pauvres qui habitent des cahutes sans eau ni toilettes
construites sur le toit, jusqu’à ceux des habitants des plus beaux appartements
de style haussmannien. Deux mondes qui se côtoient tout en s’ignorant, à
l’image de la société égyptienne qui vit un apartheid non déclaré mais
néanmoins réel au quotidien.
Les principaux protagonistes
sont :
-Zaki (Adel Imam) : âgé de 65 ans, il
partage l’immense appartement dont il a hérité, avec sa sœur Daoulet, une
virago qui finira par le jeter dehors. Il est cultivé, libéral et agit comme
s’il était toujours en activité alors qu’il n’a jamais mis en pratique son
diplôme d’architecte obtenu en Occident et vit sur les acquis de sa famille.
-Taha (Mohamed Imam) : fils travailleur et
méritant du gardien de l'immeuble, il est fiancé à Boussaïna. Il étudie d’arrache-pied
pour entrer à l'Académie de Police. Refusé à l’examen oral en raison du métier
« méprisable » de son père, il rejoint les islamistes, ce qui
provoque sa rupture avec sa fiancée. À la suite de manifestations à l'université
du Caire, il est arrêté par la police et torturé, ce qui le radicalise
davantage.
-Boussaïna (Hend Sabri) : c’est une jeune
fille honnête et vertueuse, fiancée au début à Taha, qui doit subvenir aux
besoins de sa famille et se fait renvoyer de nombreux emplois pour avoir refusé
les faveurs sexuelles de ses employeurs. Elle devient de plus en plus cynique
au point qu’après une énième déconvenue, elle accepte l’ignoble marché que lui
propose Malik :séduire Zaki, pour
le compte de sa sœur, Daoulet, qui veut le faire mettre en tutelle et ainsi
s’approprier la fortune familiale. Quand elle découvre que Zaki est un homme raffiné,
doux et intelligent, Boussaïna en tombe sincèrement amoureuse. Mais son rêve de
se voir mariée à cet homme bon se brise lorsque Daoulet les fait surprendre au
lit par la police. Zaki, qui a tout perdu, reste cependant fidèle à ses
engagements envers elle et l’épouse. Le dîner de mariage se tiendra au restaurant
Maxim's, tenu par Christine, l'amie européenne de Zaki.
-Hatem (Khaled El Sawi) est
journaliste, directeur du quotidien francophone Le Caire. Homosexuel, il débauche
Abdou, un jeune militaire originaire de Haute-Egypte, qui a laissé femme et
enfants « au pays ». Mais le jour où le fils d'Abdou meurt, celui-ci
y voit une punition divine pour ses relations immorales et il rompt avec Hatem.
Lors d’une violente dispute, Abdou tue Hatem.
-Azzam (Nour El-Sherif) : A l’origine
petit cireur de chaussures, il est devenu riche par toutes sortes de
magouilles, et, tout en se donnant tous les aspects de l’honorabilité et du bon
musulman pratiquant, c’est le type même du parvenu. Il manœuvre même pour
obtenir un poste de député mais se heurte au système corrompu qui régit
l’Egypte. Sous prétexte de fidélité à l’Islam, il répudie son épouse officielle
pour prendre en secret une seconde femme, Soad, une jeune femme célibataire.
-Soad : Soad, qui a dû résister à la tentation de
la prostitution pour subvenir aux besoins de son fils, accepte un mariage avec
Azzam. Bien qu'il la dégoûte, elle joue devant lui le rôle de la femme modèle
et comblée. Elle souffre d'autant plus que le Hajj lui interdit de revoir son
fils. Tout explose lorsqu'elle tombe enceinte d'Azzam. Elle veut garder
l'enfant. Hajj Azzam refuse et finit par la faire enlever et avorter de force.
-Christine (Youssra) tient un restaurant
occidental réputé. C’est une amie sincère (et une amoureuse secrète) de Zaki.
Mon opinion
J’avais lu le
livre et vu le film une 1ère fois au cinéma. Je l’ai revu pour Noël
chez mon frère et ma belle-sœur. C’est un film qui semble avoir été tourné des
dizaines d’années plus tôt qu’il ne l’a été tant le décalage est grand entre
notre mode de vie occidental et ce que vivent les Egyptiens. Il en ressort une
critique sévère de l’imposture qui règne dans ce pays tiraillé entre son
aspiration à la liberté et la pesanteur des traditions et des convenances.
Finalement, tout y semble faux et personne n’est ce qu’il prétend être. Le plus
sympathique est finalement le personnage un peu ridicule de Zaki, pitoyable
vieux-beau que l’on finit par apprécier car il est le seul à être honnête.
Il n’est pas
surprenant que le livre, comme le film, aient eu des difficultés avec la
censure et que l’auteur et le réalisateur aient dû s’exiler d’autant plus que
la situation n’a fait, depuis l’éviction de Moubarak, que se durcir avec la
dictature du général Al-Sissi et la montée de l'islamisme.
Queer as Folk est une série télévisée
britannique de 2 saisons de dix épisodes (de 25 minutes, puis de 44 minutes)
créée par Russell T Davies et diffusée entre 1999 et 2000 sur Channel 4.
On peut actuellement la voir en
streaming gratuit sur la plateforme d’Arte.
Résumé
C'est l'histoire d'un groupe
d'homosexuels de Manchester et de leur entourage familial et professionnel. Les
trois principaux personnages sont Stuart (Aidan Gillen) de son meilleur
ami, Vince (Craig Kelly) et de Nathan (Charlie Hunnam).
Au début de la série, Nathan, un
collégien de 15 ans, d’un milieu populaire, découvre le quartier homo de
Manchester (canal Street) et est fasciné par l’aisance de Stuart qu’il prend
comme modèle. Mais Vince, qui est pourtant son meilleur ami, craint l’influence
pernicieuse que peut avoir Stuart, un gay cynique et désabusé auquel il faut un
« nouveau coup » par soir, sur le jeune garçon. Enfin, Stuart doit
aussi assumer le fils qu'il a eu avec Romey, mère lesbienne qui vit avec Lisa,
une avocate. Mais loin de se laisser influencer par Stuart, Nathan prend son
envol en assumant pleinement son homosexualité.
Mon opinion
Même si certaines scènes ont été
critiquées pour leur crudité lorsque la série est sortie en Grande Bretagne, il
y a vingt ans maintenant, il n’y a rien de glauque ou propres à nous choquer
dans ces relations assumées entre partenaires consentants. Queer as folk aborde
sans pruderie la vie d’homosexuels qui vivent joyeusement leur sexualité sans
toutefois ignorer les problèmes qu’ils rencontrent au quotidien (rejet par leur
entourage, homophobie, sida…), problèmes qui, hélas, sont toujours d’actualité.
Notre société qui, sans sa globalité (du moins en occident), est devenue plus
permissive, est pourtant loin d’avoir accepté cette évolution des mœurs et les
réactions de certains sont souvent plus violentes qu’elles ne l’étaient dans
les années 2000. Sans parler de la véritable chasse aux homosexuels organisée
par des régimes dictatoriaux et répressifs par le monde (voir à ce sujet l’excellente
minisérie Les engagésdiffusée sur la plateforme France.TVslash).
Les Engagés saison 3 (mystérieusement sous-titrée XAOC*). Mini-série créée par Sullivan Le Postec et réalisée par Sullivan Le Postec et William Samaha. Cette ultime saison est seulement composée de 3 épisodes de 45 minutes (les saisons précédentes, plus longues, étaient composées d'épisodes de 10 minutes). Elle est toujours visible en streaming gratuit sur la plateforme France.TV/Slash
* XAOC
Les 3 saisons sont aussi disponibles en un coffret DVD.
Présentation
Dans cette nouvelle saison, on retrouve la plupart des protagonistes des saisons précédentes, plus un nouveau venu, Anzor (Ishtvan Nekrasov), un jeune réfugié tchétchène menacé de mort dans son pays parce qu'il est gay. Lorsqu'il est victime d'une tentative d'assassinat, les membres du centre LGBT se mobilisent pour lui venir en aide et font appel à Amaury Mercoeur (Franck Fargier), qui travaille désormais pour le préfet, et à Valérie Tellier (Clémentine Verdier), députée européenne. Thibault (Eric Pucheu) accepte sans enthousiasme d'être son assistant à Bruxelles pour démanteler le réseau mafieux qui s'en prend aux réfugiés tchétchénes accueillis en Europe.
Comme dans la formidable série Parlement, cela donne l'occasion au spectateur de se retrouver au milieu des intrigues politiques qui sont le lot courant des institutions européennes.
Mon opinion
Cette dernière saison, toujours aussi formidable aborde avec une grande justesse et beaucoup de délicatesse des sujets de société qui nous interpellent tous : droits des homosexuels, des femmes, des minorités, racisme, violences policières, géopolitique...
Desperate Housewives
est une série télévisée américaine en 180 épisodes de 42 minutes créé par Marc
Cherry et diffusé entre le 3 octobre 2004 et le 13 mai 2012 sur le réseau
ABC et en simultané au Canada sur le réseau CTV ou CTV Two. En France, la série
a été diffusée du 8 septembre 2005 au 21 juin 2012 sur la chaîne à péage Canal+
et en clair du 23 mai 2006 au 28 novembre 2012 sur M6. Elle a ensuite été
rediffusée en VM sur Téva et 6ter.
Présentation
La série est une série « chorale »
axée sur le quotidien apparemment sans histoire de quatre ménagères blanches et
aisées qui vivent dans le quartier bourgeois (ce que les américains appellent « Upper
Middle Clas ») de Wisteria Lane (L’Allée des glycines). Wisteria Lane, qui
est une rue fictive (en fait un cul de sac) censée se trouver dans la ville de
Fairview (elle aussi fictive), comme l’est l’Etat d’Eagle State.
Les quatre principales héroïnes (il
s’en greffe en effet beaucoup d’autres au cours des huit années de
développement de la série) sont :
·Susan Mayer/Delfino (Teri Hatcher) elle a
une fille Julie
·Lynette Scavo (Felicity Huffman), mariée
avec Tom, elle est la mère de cinq enfants
·Bree Van de Camp (Marcia Cross) : a
deux enfants Andrew et Danielle
·Gabrielle ‘Gaby’ Solis (Eva Longoria) d’abord
mariée à Carlos, sans enfant.
Menant une vie bourgeoise, aisée
et passablement désœuvrée, elles sont amies-ennemies et passent leur temps à se
recevoir, à se bouder et à se réconcilier, à se chipper leurs mecs, tout en faisant front commun contre
tout ce qui pourrait perturber leur petite vie apparemment bien rangée, mais qui
cache en réalité de lourds secrets. Les hommes sont plus des faire-valoir que
de véritables personnages et se font manipuler par leurs épouses ou amantes
respectives.
Mon opinion
J’ai regardé pas mal d’épisodes
de cette série finalement très féministe, les femmes jouant de leur féminité pour
s’arroger des droits que leur dénie la société, et de faire des hommes qui les
entourent d’obéissantes marionnettes, appréciant son écriture et me régalant souvent
des situations complexes et invraisemblables dans lesquelles se fourraient les
personnages. J’ai fini par décrocher, comme très souvent dans les séries trop
longues où la saturation des rebondissements, l’ajout - voire le remplacement
de certains personnages - finit par lasser. Mais il m’arrive encore de me
laisser aller à revoir certains épisodes en replay tant la vacherie des
dialogues est jubilatoire.
Film vu dans le cadre du Festival Télérama Monsieur (Sir) est un film indo-français,
écrit et réalisé par Rohena Gera, dont c'est le 1er long métrage, sorti en 2018. Ce film a été présenté à la Semaine des réalisateurs au Festival
de Cannes 2018 où il a obtenu le Grand prix.
Présentation
Ratna (Tillotama Shome), une jeune veuve, a quitté son village pour venir
travailler comme domestique pour une riche famille de Bombay. Le fils de
famille, Ashwin (Vivek Gomber),
après un séjour de plusieurs années aux États-Unis, va se marier. Mais ce
mariage est annulé au dernier moment. A la différence de sa famille qui
considère Ratna comme une inférieure, Ashwin, qui a adopté un mode de vie
occidental, la traite avec considération et, apprenant qu’elle veut devenir créatrice de mode, il soutient son projet.
Leurs relations auraient pu prendre un tour amoureux mais Ratna,
comprenant qu’elle restera à jamais une paria aux yeux de la famille d’Ashwin, mais aussi que cette alliance ne sera pas non plus comprise par sa propre famille, préfère
quitter le service de "Monsieur".
Mon opinion
Très beau film qui m’a rappelé The
lunchbox. Deux mondes cohabitent, le traditionnel et une société moderne,
que l’on pourrait croire comparable à la nôtre, mais où le non-dit et les
interdits dominent encore les mentalités.
Skins est une série britannique
créée par James Brittain et Bryan Elsley diffusée depuis 2007.
Présentation de la série
Une explication liminaire : Le terme « Skins » (qui signifie « peaux ») ne fait référence à la nudité (on pourrait le penser tant on voit de corps nus dans cette série) mais est utilisé, en Grande-Bretagne, pour désigner le papier qui sert à confectionner les « joints » que les jeunes consomment allègrement.
L’action est censée se dérouler dans le milieu lycéen de Bristol. Elle met en scène une bande d’adolescents d’origines et de milieux très différents, et raconte très librement leurs histoires de sexe, leur consommation de drogue et d’alcool.
L’originalité de la série
repose sur le fait que chaque épisode
est vu à travers le regard d’un des personnages. Comme ils sont une dizaine,
qui changent d’une saison sur l’autre, le spectateur est souvent désorienté et
finit (ce qui a été mon cas) par se lasser (j'ai décroché à la fin de la 2ème saison), d’autant que les personnages des deux premières saisons, auxquels, malgré leurs turpitudes, on avait fini par s’attacher, disparaissent totalement dès la saison 3 pour être remplacés par de nouveaux venus.
Saison 1 (2007-2008)
Dans la première saison, le
personnage principal, ou du moins celui autour duquel tous les autres
gravitent, est Anthony « Tony » Stonem (Nicholas Hoult). C’est le « beau gosse »
tête à claques de la saison, à qui tout réussit sans qu’il en foute une rame :
gueule d’ange, sportif, doué, intelligent, il est aussi très bon élève. «
Propre sur lui », il apparaît, auprès des parents des autres élèves, pour
l’exemple à suivre alors qu’en réalité, il est sans aucun doute le plus dépravé
de la bande. Manipulateur, totalement amoral, cynique, il joue de son charme pour
coucher avec tout ce qui passe, que ce soient les filles ou les garçons.
Sa copine en titre est la
belle Michelle Richardson (April Pearson). Elle est aussi bonne élève, et apparemment bien dans sa peau. Mais elle souffre du comportement de sa
mère, une décoratrice friquée , qui passe d’un « mari » à un autre. Michelle est sincèrement amoureuse de Tony et, bien qu'elle sache qu'il la trompe allègrement, elle lui passe tout jusqu’au moment où elle n’en peut vraiment
plus. Elle le laisse alors tomber et Tony, « sonné » se retrouve abandonné, non seulement par elle mais par tous ses copains qui ont tous des raisons de lui en vouloir. Michelle reviendra cependant vers lui lorsqu’il sera vraiment « dans la
merde » et lui sauvera la mise.
Sidney « Sid » Jenkins (Mike
Bailey) est le meilleur ami de Tony. Physiquement, il fait penser à Ron
Wesley, le meilleur ami d’Harry Potter. "Has been", maladroit, c’est le "looser" du lycée,
congénitalement désordonné, toujours en retard, mal fringué, mauvais élève car
incapable de fixer son attention. Il est totalement fasciné par Tony qui en
profite sans scrupules pour le faire tourner en bourrique à la moindre
occasion. Sid désire secrètement Michelle, la copine de Tony, mais, lorsque
celle-ci, pour se venger d’une énième infidélité de Tony, se
propose à lui, il se rend compte qu’il a fantasmé sur elle et qu’elle ne sera
jamais autre chose pour lui qu’une bonne copine. Lui aussi finira par lâcher Tony mais, lorsque celui-ci fera appel à lui, il reviendra quand même pour
lui sauver la peau.
Cassandra « Cassie » Ainsworth
(Hannah Murray) est anorexique. D’une personnalité rêveuse et romantique, elle est "à part". Amoureuse de Sid qui ne voit que Michelle jusqu'au moment où, ayant compris
qu’il ne l’aimait que parce qu’elle était la copine de Tony, il se tourne enfin
vers Cassie.
Christopher « Chris » Miles (Joe
Dempsie) : c’est le junkie de service, vidant les pharmacies et avalant tout ce qui passe à sa portée.
C’est un garçon passablement immature (sauf sur le plan sexuel) mais attachant.
En se levant un matin, il s’aperçoit que sa mère est partie sans laisser
d’adresse. On comprend qu’il y a eu un drame dans la famille et que la mère ne
s’est jamais remise du décès du frère de Chris dont on ne sait pas dans quelles
circonstances il est mort. Chris est un gentil garçon et peut être extrêmement attentionné. C'est ce qui séduira son prof de
philo qui, trahie par l'homme qu'elle aime, se consolera dans les bras de son élève. Malheureusement, alors qu'on commençait à apprécier Chris pour sa gentillesse et que lui-même semblait avoir trouvé la paix, il mourra subitement.
Jalander « Jal » Frazer (Larissa
Wilson) est noire. C’est la meilleure amie de Michelle. Elle aussi très bonne
élève, elle est un des rares personnages de la série à être vraiment sérieuse aussi bien dans ses études que dans sa vie personnelle. C’est aussi une clarinettiste
douée qui désire plus que tout être reconnue par son père, un producteur de rap
reconnu, qui méprise ce que fait sa fille. Sa mère a quitté le domicile conjugal et
elle vit avec son père et ses deux frères qui se donnent des airs de petits
durs mais n’en sont pas. Malgré son caractère sérieux, elle se laisse de temps
en temps entraîner à fumer un joint ou picoler tout en restant toujours raisonnable.
Max « Maxxie » Oliver (Mitch
Hewer) est ouvertement gay. En dehors du lycée, il pratique la danse pour
laquelle il est très doué. C’est un garçon beau, original, sympathique et généreux, d’une
sensibilité à fleur de peau, désireux qu’on le reconnaisse pour ce qu’il est.
Son meilleur ami est Anwar. Maxxie est peut-être le personnage le plus attachant de la série.
Anwar Kharral (Dev Patel) est un
jeune "paki" (pakistanais) musulman pratiquant qui a du mal à concilier sa
religion avec les attraits du monde occidental dans lequel il vit (la drogue,
l’alcool et surtout les filles pour lesquelles il a une réelle fascination).
Bien qu’il accepte parfaitement l’homosexualité de Maxxie, il a honte de le
reconnaître devant sa famille, très traditionaliste. En fait, lorsqu’il apprendra l'homosexualité de ce dernier, le père d’Anwar accueillera Maxxie avec beaucoup plus de chaleur
que ne le feront d’autres parents de la troupe, a priori plus progressistes.
Un autre personnage est à citer,
même si son rôle est secondaire. Il s’agit de Josh Stock (Ben Lloyd Hugues),
autre beau gosse qui, sous des aspects respectables, s’avérera être un dangereux
psychopathe. Comme excuses, il a pour mère une parfaite folle, directrice d’une
institution psychiatrique où est internée Cassie, qui ira jusqu’à enfermer
arbitrairement Sid, venu la chercher. Pour se venger de Tony, Josh enlèvera et
droguera la petite sœur de Tony, Effy (Kaya Scodelario) qui, sous ses aspects
de sainte-nitouche, est peut-être la plus perverse de tous.
Voilà pour les personnages
principaux de cette première saison qui, à part Tony-le-beau-gosse qui sait se
rendre si parfaitement odieux, sont tous, malgré leurs travers, charmants et
attachants. Ce ne sont en fait que des ados déboussolés dans un monde qui ne
tourne pas rond.
La saison 1 se terminait
brutalement, c'est le moins qu'on puisse dire... Au moment où les choses
semblaient s'arranger pour tous les protagonistes : Sid retrouvant Cassie,
Effie sortant de l'hôpital sans (apparemment) garder de séquelles après l'overdose que
lui avait infligée Josh, Tony se réconciliant avec Michelle à laquelle il
avouait enfin qu'il l'aimait... Paf ! alors que Tony est sorti de la voiture et
se trouve dans la rue pour dire par téléphone à Michelle qu'il l'aime, il se
fait percuter par un bus et on le voit étendu sur le macadam, un filet de sang
lui sortant de la bouche, sa sœur Effy en larmes à ses côtés.
Les réalisateurs
auraient pu faire dans le drame et le pathos. C'était mal les connaître. Ils
terminent cette 1ère saison en comédie musicale, faisant chanter les différents
protagonistes (y compris le blessé - qui est peut-être même déjà mort, ce que l'on ne sait pas - toujours allongé sur le bitume). Tout le monde chante, y compris le chauffeur de
bus. C'est une trouvaille assez surprenante et pour le moins osée qui,
s'ajoutant à d'autres, est un des nombreux atouts de la série Skins qui, décidément, ne se prend pas aux sérieux bien qu'elle traite de sujets
graves et par moments "borderline".
Saison 2 (2009-2010)
On a bien entendu hâte de savoir
ce qui est advenu de Tony auquel on a fini par s’attacher, même s’il s’est
comporté tout au cours de la saison 1 comme une véritable ordure et qu’au fond, on ne peut s'empêcher qu'il n’a
eu que ce qu’il méritait. Mais tout de même ! Cette 2ème saison est presqu'en
totalité, du moins au début, axée (comme la 1ère d'ailleurs) sur son personnage. Mais ce Tony-là n'a plus rien à voir avec le personnage flamboyant et sans scrupules des débuts : le beau gosse à qui
tout réussissait, sûr de lui et manipulateur que nous avons connu. Après son accident et plusieurs mois de coma, il est devenu un légume : il ne se souvient plus de rien, ni même du nom de ses amis les plus proches
et il doit réapprendre tous les gestes (tenir une cuillère, un verre, etc.) Il a besoin d'assistance pour tout, pour s'habiller, ou pour aller aux toilettes et... pire que tout pour un tel
séducteur : il ne peut plus bander ! Curieusement, ses plus proches amis, Sid, bien qu'il l'ait veillé tout au long de son coma, et Michelle, à qui il déclarait son amour au moment où il a été percuté par le bus, se sont éloignés de lui. Après beaucoup de patience (on ne sait
combien a duré sa convalescence), ses parents ont démissionné l'un après
l'autre : le père s'est fait envoyer à l'étranger par sa boîte, la mère est
tombée en dépression et la maison, auparavant si bien tenue, part à vau l'eau.
Seule Effie, la petite sœur de Tony, dont on savait qu'elle l'aimait mais que l'on
croyait trop superficielle, égoïste et froide pour être pour lui d'une aide
quelconque, s'occupe de lui avec un dévouement admirable et essaie d'éviter que la demeure
familiale ne devienne un dépotoir. Parmi ses anciens amis, seul Maxxie, qui
n'avait jamais été vraiment proche de Tony avant l’accident (même s'ils avaient une fois couché ensemble, "pour voir), l'aide avec abnégation
et sans arrière-pensée, essayant de lui redonner le goût de vivre. Les autres
sont trop occupés avec leurs propres histoires pour se soucier du "has been" qu'est devenu Tony...
C’est, peut-être, la saison la
plus réussie, la plus émouvante en tout cas mais on ne peut la comprendre que
si on a suivi les péripéties de la première saison.
Saison 3 (2011-2012)
Ayant bien aimé les saisons 1 et
2, j'avais hâte de découvrir la saison 3 qui inaugurait une nouvelle génération
d'acteurs. Mais quelle déception ! A part Effy et sa copine Pandora (semi
débile qui intégrait Skins en fin de saison 2), et quelques adultes (le
sous-directeur, les parents d'Effy), on ne retrouve aucun des autres
personnages des deux saisons précédentes. Ayant beau le savoir et l'ayant a
priori accepté puisque cela faisait partie du challenge que s'étaient fixé les
scénaristes, je me serais attendu à tout le moins qu'on nous dise ce qu'étaient
devenus les héros des deux saisons précédentes, au moins en ce qui concerne Tony, le
propre frère d'Effy, qui semble avoir tout bonnement disparu du paysage.
Parmi les nouveaux venus, à part Freddie (Luke Pasqualino),
qui reste assez sympathique malgré sa garde-robe semblant tout droit sortir d’une benne à ordures, les nouveaux héros de cette saison sont sans le moindre
intérêt, leurs histoires se résumant à fumer du hash, à boire et à baiser. Le pire
étant James Cook 'Cook' qui, s'il concourait pour un championnat de bêtise et
de vulgarité, obtiendrait à coup sûr le 1er prix.
On a beau savoir qu'il s'agit
d'une satire de la société anglaise, on se demande comment le corps enseignant
réagit devant une peinture aussi corrosive. Sans doute existe-t-il partout
des directeurs ou des enseignants incompétents, à bout de nerfs, hystériques ou
mal embouchés, mais les pauvres élèves du lycée (heureusement fictif !) de
Roundview, outre leurs propres problèmes comportementaux qui sont déjà
gratinés, doivent faire face à la démission de la plupart des adultes censés leur inculquer les règles de la vie en société, qu'il s'agisse des enseignants, des parents ou même des forces de l'ordre. J'espère pour les sujets de sa
Gracieuse majesté que le niveau de l'enseignement en Angleterre est tout de
même un peu plus élevé que nous ne le présente ma série car, sinon, il y a de quoi émigrer.
Le terme "trash" que je
jugeais uniquement fait pour attirer un public en mal de sensations lorsqu'il
était appliqué à la 1ère saison est malheureusement parfaitement en adéquation
avec cette 3ème saison qui n'est, à part vers la fin, qu'un concentré de vulgarité et de bêtise !
Les acteurs n'y sont pour rien
mais les scénaristes, si ! Ils ont fait vraiment dans la facilité et le
nauséabond, rendant leurs personnages tellement antipathiques et ridicules que
l'on ne peut vraiment plus trouver aucun point positif à une série qui avait pourtant, malgré ses outrances, bien commencé.
Je viens de terminer le
visionnage des deux derniers disques. Les choses s'améliorent quelque peu vers la fin et,
lorsqu'on finit par faire la connaissance du père biologique (car il n'a été
que cela, et encore !) de Cook, on peut comprendre pourquoi son fils est ce qu'il est.
De même, la mère d'Effie, quand elle se confie à JJ, nous brosse un portrait
très lucide de sa fille. Mais cela ne suffit tout de même pas à nous faire
aimer les personnages ni à nous faire aimer cette saison.
Je trouve vraiment cette
évolution détestable et je regrette le choix des scénaristes d'aller vers
toujours plus de vulgarité et de facilité. Ils tenaient, avec leurs deux
premières saisons, une matière qui aurait pu donner lieu à des développements
tellement plus riches. Un véritable
gâchis !
Mon opinion sur cette série
Un conseil, ne regardez cette série que si vous avez les idées larges. Ceci étant dit, Skins est une vision sans tabous d'une société malade, dont la jeunesse n'est pas pire qu'une autre : désorientée, sans repères, elle s'étourdit à travers toutes les expériences qui sont à sa portée (drogue, alccol, sexe) mais elle est attachante car elle cherche la stabilité et l'amour sincère.
La musique
La bande son, composée de rock et de pop, est en tout point remarquable et mériterait à elle que l'on regarde Skins.