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vendredi 12 mai 2023

QUAND TU SERAS GRAND comédie dramatique d'Andréa BESCOND et Eric MATEYER (FR-BE 2023)

 


Quand tu seras grand est une comédie dramatique française réalisée par Andréa Bescond et Éric Métayer, sortie en 2023.

Résumé

A la suite d’une fuite d’eau qui a rendu leur cantine inutilisable, la mairie demande que, pendant les travaux, les enfants puissent partager les repas des résidents d’un EHPAD. Le directeur (Eric Métayer) accepte mais doit faire face à la fronde des salariés de la maison de retraite, emmenés par Yannick (Vincent Macaigne), qui voient dans cette décision une surcharge de travail alors qu’ils sont déjà débordés. Il entre immédiatement en conflit avec Aude (Aïssa Maïga), la lumineuse animatrice qui encadre les enfants, mais celle-ci tient bon et, par sa bonne humeur et sa détermination, elle s’impose.  

Du côté des enfants, ce n’est pas non plus de gaieté de cœur qu’ils acceptent de partager les repas des pensionnaires. L’un des enfants, Brieuc (Kristen Billon), un petit rebelle qui souffre de la négligence de ses parents et ne quitte pas son équipement de skate, est particulièrement réticent et n’hésite pas à désigner les résidents comme des « vieux ». Etrangement, ce sera celui qui sera le plus attaché à un couple fusionnel formé par Yvon (Christian Sinniger), un ancien cascadeur à moto et sa compagne Gigi (Evelyne Istria), hémiplégique.  

Au cours des jours suivants, une connivence s’établira entre certains « vieux » et des jeunes qui découvriront les trésors qui se cachent dans ces personnalités fragilisées par l’âge et la maladie.

Mon opinion

Joli film qui traite avec sensibilité et humour un sujet grave, celui du vieillissement de notre population, de la réponse inappropriée que la société propose avec ses EHPAD (horrible acronyme qui a remplacé celui de "maison de retraite"), de leur personnel tellement débordé qu'il en arrive à être maltraitant, et de l’écart de plus en plus grand qui se creuse entre générations. J’ai beaucoup aimé le jeu de Kristen Billon qui incarne le jeune Brieuc qui, sous ses dehors durs et renfermés cache un cœur d’or. Il éclipse de beaucoup Vincent Macaigne qui en fait un peu trop dans la parodie. On aimerait que ce type d’expérience, qui a existé dans les Maisons familiales rurales, à la fois maisons de retraite et centre d’enseignement rural, permettait la cohabitation de générations de jeunes et celles de personnes âgées, soit tentée à nouveau.   

dimanche 16 avril 2023

EASY VIRTUE (UN MARIAGE DE RÊVE) comédie de Stephan ELLIOTT (GB-2008)

 


Easy virtue
(titre français : Un mariage de rêve) est, à l’origine, une pièce de théâtre à succès de Noel Coward créée en 1925. La pièce fut adaptée par Hitchcock en 1928 dans un film muet en noir et blanc. Ce film, sorti en 2008 er réalisé par Stephan Elliott en est la troisième adaptation.

Résumé

Après une longue absence, John Whittaker (Ben Barnes), revient dans sa famille qui habite un  immense manoir dans la campagne anglaise, marié à une Américaine rencontrée lors du Grand Prix automobile qu’elle disputait en tant que pilote de course. Dès son arrivée, Larita Huntington (Jessica Biel) choque par sa beauté et sa liberté de mœurs dans cette famille d’aristocrates compassés qui la considèrent comme une intrigante. Dès le premier jour, la mère de John, Veronica Whittaker (Kristin Scott Thomas), et ses deux filles, Hilda et Marion, déclarent une guerre larvée à l’intruse. Seul Jim (Colin Firth), le père de famille, qui cache sous un humour grinçant son traumatisme de la guerre de 14, et les domestiques, en particulier l’étrange majordome Furber (Kris Marshall) sont de son côté. Des recherches faites par l’une des deux sœurs auprès d’un oncle américain révèlent que Larita a menti sur son passé : elle a dit qu’elle était veuve mais elle s’est bien gardée de dire qu’elle avait « aidé » son vieux mari à passer de vie à trépas. La révélation ayant lieu juste avant le bal de Noël, son apparition jette un froid. Elle demande alors aux musiciens de jouer un tango mais John se refuse à être son cavalier. La voyant désemparée, c’est Jim qui acceptera de danser avec elle après quoi ils quitteront ensemble la propriété devant le regard médusé de la famille [la scène du tango est à voir ICI].

Mon opinion

J’avais vu, sur Youtube, un extrait de ce film représentant la scène du tango que j’avais trouvé remarquablement dansée.

Dommage qu’on n’ait pas trouvé mieux, pour traduire le savoureux titre original, Easy virtue désignant une « femme de petite vertu » ou aux mœurs légères, que cet insipide titre français

Par ailleurs, le thème de l’intrus (homme ou femme) qui a du mal à s’intégrer dans une famille d’un niveau social supérieur n’est pas d’une grande originalité mais, avec ce film, on a un bijou de méchanceté assaisonné d’humour anglais qui vaut le détour.  

En outre les acteurs, que ce soit Jessica Biel, en outsider affirmée, Ben Barnes, en fils de famille aussi veule qu’inconstant, Kristin Scott Thomas, en venimeuse garce, Colin Firth qui cache sous un cynisme de façade de profondes blessures, que Kris Marshall, le troublant majordome, sont parfaits. 

Dans le même esprit, je vous recommande :  

- Midnight in Paris

- Match point

- Le talentueux Mister Ripley

- Plein soleil 

- Awake 

  - Sa mère ou moi

- Gran hotel

- Maîtres et valets (Upstairs, downstairs)

jeudi 16 février 2023

LOUIS 28 Série TV (FR-2023)

 


Série diffusée en replay sur la plateforme gratuite France.TV/Slash.

Louis 28 est une série télévisée française créée par Géraldine de Margerie et Maxime Donzel, diffusée depuis le 27 janvier 2023 sur France.TV/Slash. La 1ère saison comporte 10 épisodes de 22 minutes. 

Présentation

L’action est censée se passer à Paris, de nos jours mais, dans cette uchronie parodique, la royauté n’a pas été abolie en 1789 et c’est toujours un roi, Baudoin, qui est à la tête de la France. Lorsque celui-ci meurt avec 31 autres passagers dans le crash de son avion, le cardinal de Saint-Avit (Gilles Gaston-Dreyfus) s’empresse de trouver un prétendant au trône qu’il puisse manipuler à son aise. Son choix se porte sur le fils naturel que Baudoin a eu avec Samia (Nadia Roz), une femme d’origine marocaine, professeur de français à Melun, qui a élevé seul son fils Cédric (Nils Othenin-Girard) qui, de ce fait, va devenir Louis 28. Cédric est un lycéen très ordinaire, pas vraiment avantagé par son physique qu’il tient de son père biologique, l’un des derniers descendants des Bourbon : il est pataud, a les dents en avant et n’a pas l’air très dégourdi. Une aubaine pour Saint-Avit qui se voit déjà le manipuler tout à son aise et abolir les décrets progressistes voulus par Baudoin (légalisation de l’avortement, du mariage gay, du divorce, etc.) pour réinstaurer un « ordre moral » désuet.

C’était sans compter sur la détermination et le bon sens de Samia qui défend son fils bec et ongles contre les magouilles de la cour.

Pour cela, elle met de son côté les inséparables et redoutables La Pompa (Marie-France Alvarez) et La Vipère (Brice Michelini), ainsi que les non-moins redoutables Mme de Maintenant (Sarah Stern) et la générale borgne (Anne Loiret).

Mon opinion   

J’ai entendu présenter cette nouvelle série que l’on peut voir gratuitement sur la plateforme France.TV/Slash qui nous avait déjà régalés avec les séries Skam, Stalk, Les engagés et Parlement, sur France info. J’avoue ne pas avoir été emballé au début par le manque de glamour de Cédric, devenu presque par hasard Louis 28 mais je l’ai apprécié de plus en plus au fur et à mesure des épisodes de la série qui se termine par… une révolution. C’est drôle, irrévérencieux, ancré dans notre époque et pas mal d’allusions à la politique actuelle sur un ton persifleur et décalé sont assez jouissives.   

vendredi 4 février 2022

L'IMMEUBLE YACOUBIAN Film de Marwan HAMED (EGY-2006)

 


L'Immeuble Yacoubian est un film égyptien, réalisé par Marwan Hamed (2006), tiré du roman du même titre de l'écrivain Alaa al-Aswany (2002).

Résumé

Le film reprend la trame du roman. L’action se situe au Caire en 1990, au moment de la 1ère guerre du Golfe et du début de la répression contre les islamistes réels ou supposés. Il présente la vie des différents occupants de l’immeuble du même nom, construit en plein centre du Caire dans les années 30 dans le style Art Deco, depuis les plus pauvres qui habitent des cahutes sans eau ni toilettes construites sur le toit, jusqu’à ceux des habitants des plus beaux appartements de style haussmannien. Deux mondes qui se côtoient tout en s’ignorant, à l’image de la société égyptienne qui vit un apartheid non déclaré mais néanmoins réel au quotidien.    

Les principaux protagonistes sont :

-          Zaki (Adel Imam) : âgé de 65 ans, il partage l’immense appartement dont il a hérité, avec sa sœur Daoulet, une virago qui finira par le jeter dehors. Il est cultivé, libéral et agit comme s’il était toujours en activité alors qu’il n’a jamais mis en pratique son diplôme d’architecte obtenu en Occident et vit sur les acquis de sa famille.

-          Taha (Mohamed Imam) : fils travailleur et méritant du gardien de l'immeuble, il est fiancé à Boussaïna. Il étudie d’arrache-pied pour entrer à l'Académie de Police. Refusé à l’examen oral en raison du métier « méprisable » de son père, il rejoint les islamistes, ce qui provoque sa rupture avec sa fiancée. À la suite de manifestations à l'université du Caire, il est arrêté par la police et torturé, ce qui le radicalise davantage.

-          Boussaïna (Hend Sabri) : c’est une jeune fille honnête et vertueuse, fiancée au début à Taha, qui doit subvenir aux besoins de sa famille et se fait renvoyer de nombreux emplois pour avoir refusé les faveurs sexuelles de ses employeurs. Elle devient de plus en plus cynique au point qu’après une énième déconvenue, elle accepte l’ignoble marché que lui propose Malik :  séduire Zaki, pour le compte de sa sœur, Daoulet, qui veut le faire mettre en tutelle et ainsi s’approprier la fortune familiale. Quand elle découvre que Zaki est un homme raffiné, doux et intelligent, Boussaïna en tombe sincèrement amoureuse. Mais son rêve de se voir mariée à cet homme bon se brise lorsque Daoulet les fait surprendre au lit par la police. Zaki, qui a tout perdu, reste cependant fidèle à ses engagements envers elle et l’épouse. Le dîner de mariage se tiendra au restaurant Maxim's, tenu par Christine, l'amie européenne de Zaki.

-          Hatem (Khaled El Sawi) est journaliste, directeur du quotidien francophone Le Caire. Homosexuel, il débauche Abdou, un jeune militaire originaire de Haute-Egypte, qui a laissé femme et enfants « au pays ». Mais le jour où le fils d'Abdou meurt, celui-ci y voit une punition divine pour ses relations immorales et il rompt avec Hatem. Lors d’une violente dispute, Abdou tue Hatem.

-          Azzam (Nour El-Sherif) : A l’origine petit cireur de chaussures, il est devenu riche par toutes sortes de magouilles, et, tout en se donnant tous les aspects de l’honorabilité et du bon musulman pratiquant, c’est le type même du parvenu. Il manœuvre même pour obtenir un poste de député mais se heurte au système corrompu qui régit l’Egypte. Sous prétexte de fidélité à l’Islam, il répudie son épouse officielle pour prendre en secret une seconde femme, Soad, une jeune femme célibataire.

-          Soad : Soad, qui a dû résister à la tentation de la prostitution pour subvenir aux besoins de son fils, accepte un mariage avec Azzam. Bien qu'il la dégoûte, elle joue devant lui le rôle de la femme modèle et comblée. Elle souffre d'autant plus que le Hajj lui interdit de revoir son fils. Tout explose lorsqu'elle tombe enceinte d'Azzam. Elle veut garder l'enfant. Hajj Azzam refuse et finit par la faire enlever et avorter de force.

-          Christine (Youssra) tient un restaurant occidental réputé. C’est une amie sincère (et une amoureuse secrète) de Zaki.

Mon opinion

J’avais lu le livre et vu le film une 1ère fois au cinéma. Je l’ai revu pour Noël chez mon frère et ma belle-sœur. C’est un film qui semble avoir été tourné des dizaines d’années plus tôt qu’il ne l’a été tant le décalage est grand entre notre mode de vie occidental et ce que vivent les Egyptiens. Il en ressort une critique sévère de l’imposture qui règne dans ce pays tiraillé entre son aspiration à la liberté et la pesanteur des traditions et des convenances. Finalement, tout y semble faux et personne n’est ce qu’il prétend être. Le plus sympathique est finalement le personnage un peu ridicule de Zaki, pitoyable vieux-beau que l’on finit par apprécier car il est le seul à être honnête.

Il n’est pas surprenant que le livre, comme le film, aient eu des difficultés avec la censure et que l’auteur et le réalisateur aient dû s’exiler d’autant plus que la situation n’a fait, depuis l’éviction de Moubarak, que se durcir avec la dictature du général Al-Sissi et la montée de l'islamisme.

 

mercredi 15 décembre 2021

QUEER AS FOLK Série TV (GB-1999/2000)

   


Queer as Folk est une série télévisée britannique de 2 saisons de dix épisodes (de 25 minutes, puis de 44 minutes) créée par Russell T Davies et diffusée entre 1999 et 2000 sur Channel 4.

On peut actuellement la voir en streaming gratuit sur la plateforme d’Arte.

Résumé

C'est l'histoire d'un groupe d'homosexuels de Manchester et de leur entourage familial et professionnel. Les trois principaux personnages sont Stuart (Aidan Gillen) de son meilleur ami, Vince (Craig Kelly) et de Nathan (Charlie Hunnam).

Au début de la série, Nathan, un collégien de 15 ans, d’un milieu populaire, découvre le quartier homo de Manchester (canal Street) et est fasciné par l’aisance de Stuart qu’il prend comme modèle. Mais Vince, qui est pourtant son meilleur ami, craint l’influence pernicieuse que peut avoir Stuart, un gay cynique et désabusé auquel il faut un « nouveau coup » par soir, sur le jeune garçon. Enfin, Stuart doit aussi assumer le fils qu'il a eu avec Romey, mère lesbienne qui vit avec Lisa, une avocate. Mais loin de se laisser influencer par Stuart, Nathan prend son envol en assumant pleinement son homosexualité.

Mon opinion

Même si certaines scènes ont été critiquées pour leur crudité lorsque la série est sortie en Grande Bretagne, il y a vingt ans maintenant, il n’y a rien de glauque ou propres à nous choquer dans ces relations assumées entre partenaires consentants. Queer as folk aborde sans pruderie la vie d’homosexuels qui vivent joyeusement leur sexualité sans toutefois ignorer les problèmes qu’ils rencontrent au quotidien (rejet par leur entourage, homophobie, sida…), problèmes qui, hélas, sont toujours d’actualité. Notre société qui, sans sa globalité (du moins en occident), est devenue plus permissive, est pourtant loin d’avoir accepté cette évolution des mœurs et les réactions de certains sont souvent plus violentes qu’elles ne l’étaient dans les années 2000. Sans parler de la véritable chasse aux homosexuels organisée par des régimes dictatoriaux et répressifs par le monde (voir à ce sujet l’excellente minisérie Les engagés diffusée sur la plateforme France.TVslash).      

mardi 14 décembre 2021

LES ENGAGES - Saison 3 (FR - Nov. 2021)


Les Engagés saison 3 (mystérieusement sous-titrée XAOC*). Mini-série créée par Sullivan Le Postec et réalisée par Sullivan Le Postec et William Samaha.  Cette ultime saison est  seulement composée de 3 épisodes de 45 minutes (les saisons précédentes, plus longues, étaient composées d'épisodes de 10 minutes). Elle est toujours visible en streaming gratuit sur la plateforme France.TV/Slash

* XAOC

Les 3 saisons sont aussi disponibles en un coffret DVD. 

Présentation

Dans cette nouvelle saison, on retrouve la plupart des protagonistes des saisons précédentes, plus un nouveau venu, Anzor (Ishtvan Nekrasov), un jeune réfugié tchétchène menacé de mort dans son pays parce qu'il est gay. Lorsqu'il est victime d'une tentative d'assassinat, les membres du centre LGBT se mobilisent pour lui venir en aide et font appel à Amaury Mercoeur (Franck Fargier), qui travaille désormais pour le préfet, et à Valérie Tellier (Clémentine Verdier), députée européenne. Thibault (Eric Pucheu) accepte sans enthousiasme d'être son assistant à Bruxelles pour démanteler le réseau mafieux qui s'en prend aux réfugiés tchétchénes accueillis en Europe.

Comme dans la formidable série Parlement, cela donne l'occasion au spectateur de se retrouver au milieu des intrigues politiques qui sont le lot courant des institutions européennes. 

Mon opinion      

Cette dernière saison, toujours aussi formidable aborde avec une grande justesse et beaucoup de délicatesse des sujets de société qui nous interpellent tous : droits des homosexuels, des femmes, des minorités, racisme, violences policières, géopolitique...      

jeudi 11 novembre 2021

DESPERATE HOUSEWIVES Série humoristique américaine (USA- 2004-2012)

 


Desperate Housewives est une série télévisée américaine en 180 épisodes de 42 minutes créé par Marc Cherry et diffusé entre le 3 octobre 2004 et le 13 mai 2012 sur le réseau ABC et en simultané au Canada sur le réseau CTV ou CTV Two. En France, la série a été diffusée du 8 septembre 2005 au 21 juin 2012 sur la chaîne à péage Canal+ et en clair du 23 mai 2006 au 28 novembre 2012 sur M6. Elle a ensuite été rediffusée en VM sur Téva et 6ter.

Présentation

La série est une série « chorale » axée sur le quotidien apparemment sans histoire de quatre ménagères blanches et aisées qui vivent dans le quartier bourgeois (ce que les américains appellent « Upper Middle Clas ») de Wisteria Lane (L’Allée des glycines). Wisteria Lane, qui est une rue fictive (en fait un cul de sac) censée se trouver dans la ville de Fairview (elle aussi fictive), comme l’est l’Etat d’Eagle State.  

Les quatre principales héroïnes (il s’en greffe en effet beaucoup d’autres au cours des huit années de développement de la série) sont :

·         Susan Mayer/Delfino (Teri Hatcher) elle a une fille Julie

·         Lynette Scavo (Felicity Huffman), mariée avec Tom, elle est la mère de cinq enfants

·         Bree Van de Camp (Marcia Cross) : a deux enfants Andrew et Danielle

·         Gabrielle ‘Gaby’ Solis (Eva Longoria) d’abord mariée à Carlos, sans enfant.

Menant une vie bourgeoise, aisée et passablement désœuvrée, elles sont amies-ennemies et passent leur temps à se recevoir, à se bouder et à se réconcilier, à se chipper leurs mecs, tout en faisant front commun contre tout ce qui pourrait perturber leur petite vie apparemment bien rangée, mais qui cache en réalité de lourds secrets. Les hommes sont plus des faire-valoir que de véritables personnages et se font manipuler par leurs épouses ou amantes respectives.

Mon opinion

J’ai regardé pas mal d’épisodes de cette série finalement très féministe, les femmes jouant de leur féminité pour s’arroger des droits que leur dénie la société, et de faire des hommes qui les entourent d’obéissantes marionnettes, appréciant son écriture et me régalant souvent des situations complexes et invraisemblables dans lesquelles se fourraient les personnages. J’ai fini par décrocher, comme très souvent dans les séries trop longues où la saturation des rebondissements, l’ajout - voire le remplacement de certains personnages - finit par lasser. Mais il m’arrive encore de me laisser aller à revoir certains épisodes en replay tant la vacherie des dialogues est jubilatoire.  

 Si vous avez aimé, vous aimerez aussi : 

 

samedi 26 janvier 2019

MONSIEUR (SIR) Film de Rohena GERA (FR-INDE 2018)




Film vu dans le cadre du Festival Télérama

Monsieur (Sir) est un film indo-français, écrit et réalisé par Rohena Gera, dont c'est le 1er long métrage, sorti en 2018. Ce film a été présenté à la Semaine des réalisateurs au Festival de Cannes 2018 où il a obtenu le Grand prix.

Présentation

Ratna (Tillotama Shome), une jeune veuve, a quitté son village pour venir travailler comme domestique pour une riche famille de Bombay. Le fils de famille, Ashwin (Vivek Gomber), après un séjour de plusieurs années aux États-Unis, va se marier. Mais ce mariage est annulé au dernier moment. A la différence de sa famille qui considère Ratna comme une inférieure, Ashwin, qui a adopté un mode de vie occidental, la traite avec considération et, apprenant qu’elle veut devenir créatrice de mode, il soutient son projet. 

Leurs relations auraient pu prendre un tour amoureux mais Ratna, comprenant qu’elle restera à jamais une paria aux yeux de la famille d’Ashwin, mais aussi que cette alliance ne sera pas non plus comprise par sa propre famille, préfère quitter le service de "Monsieur".

Mon opinion

Très beau film qui m’a rappelé The lunchbox. Deux mondes cohabitent, le traditionnel et une société moderne, que l’on pourrait croire comparable à la nôtre, mais où le non-dit et les interdits dominent encore les mentalités.  

lundi 23 décembre 2013

SKINS saisons 1 à 3 (Série Britannique)

Skins est une série britannique créée par James Brittain et Bryan Elsley diffusée depuis 2007.  


Présentation de la série

Une explication liminaire : Le terme « Skins » (qui signifie « peaux ») ne fait référence à la nudité (on pourrait le penser tant on voit de corps nus dans cette série) mais est utilisé, en Grande-Bretagne, pour désigner le papier qui sert à confectionner les « joints » que les jeunes consomment allègrement. 

L’action est censée se dérouler dans le milieu lycéen de Bristol. Elle met en scène une bande d’adolescents d’origines et de milieux très différents, et raconte très librement leurs histoires de sexe, leur consommation de drogue et d’alcool.

L’originalité de la série repose  sur le fait que chaque épisode est vu à travers le regard d’un des personnages. Comme ils sont une dizaine, qui changent d’une saison sur l’autre, le spectateur est souvent désorienté et finit (ce qui a été mon cas) par se lasser (j'ai décroché à la fin de la 2ème saison), d’autant que les personnages des deux premières saisons, auxquels, malgré leurs turpitudes, on avait fini par s’attacher, disparaissent  totalement dès la saison 3 pour être remplacés par de nouveaux venus. 

Saison 1 (2007-2008)

Dans la première saison, le personnage principal, ou du moins celui autour duquel tous les autres gravitent, est Anthony « Tony » Stonem (Nicholas Hoult). C’est le « beau gosse » tête à claques de la saison, à qui tout réussit sans qu’il en foute une rame : gueule d’ange, sportif, doué, intelligent, il est aussi très bon élève. « Propre sur lui », il apparaît, auprès des parents des autres élèves, pour l’exemple à suivre alors qu’en réalité, il est sans aucun doute le plus dépravé de la bande. Manipulateur, totalement amoral, cynique, il joue de son charme pour coucher avec tout ce qui passe, que ce soient les filles ou les garçons.

Sa copine en titre est la belle Michelle Richardson (April Pearson). Elle est aussi bonne élève, et apparemment bien dans sa peau. Mais elle souffre du comportement de sa mère, une décoratrice friquée , qui passe d’un « mari » à un autre. Michelle est sincèrement amoureuse de Tony et, bien qu'elle sache qu'il la trompe allègrement, elle lui passe tout jusqu’au moment où elle n’en peut vraiment plus. Elle le laisse alors tomber et Tony, « sonné » se retrouve abandonné, non seulement par elle mais par tous ses copains qui ont tous des raisons de lui en vouloir. Michelle reviendra cependant vers lui lorsqu’il sera vraiment « dans la merde » et lui sauvera la mise.

Sidney « Sid » Jenkins (Mike Bailey) est le meilleur ami de Tony. Physiquement, il fait penser à Ron Wesley, le meilleur ami d’Harry Potter. "Has been", maladroit, c’est le "looser" du lycée, congénitalement désordonné, toujours en retard, mal fringué, mauvais élève car incapable de fixer son attention. Il est totalement fasciné par Tony qui en profite sans scrupules pour le faire tourner en bourrique à la moindre occasion. Sid désire secrètement Michelle, la copine de Tony, mais, lorsque celle-ci, pour se venger d’une énième infidélité de Tony, se propose à lui, il se rend compte qu’il a fantasmé sur elle et qu’elle ne sera jamais autre chose pour lui qu’une bonne copine. Lui aussi finira par lâcher Tony mais, lorsque celui-ci fera appel à lui, il reviendra quand même pour lui sauver la peau.

Cassandra « Cassie » Ainsworth (Hannah Murray) est anorexique. D’une personnalité rêveuse et romantique, elle est "à part". Amoureuse de Sid qui ne voit que Michelle jusqu'au moment où, ayant compris qu’il ne l’aimait que parce qu’elle était la copine de Tony, il se tourne enfin vers Cassie.

Christopher « Chris » Miles (Joe Dempsie) : c’est le junkie de service, vidant les pharmacies et avalant tout ce qui passe à sa portée. C’est un garçon passablement immature (sauf sur le plan sexuel) mais attachant. En se levant un matin, il s’aperçoit que sa mère est partie sans laisser d’adresse. On comprend qu’il y a eu un drame dans la famille et que la mère ne s’est jamais remise du décès du frère de Chris dont on ne sait pas dans quelles circonstances il est mort. Chris est un gentil garçon et peut être extrêmement attentionné. C'est ce qui séduira son prof de philo qui, trahie par l'homme qu'elle aime, se consolera dans les bras de son élève. Malheureusement, alors qu'on commençait à apprécier Chris pour sa gentillesse et que lui-même semblait avoir trouvé la paix, il mourra subitement.
 
Jalander « Jal » Frazer (Larissa Wilson) est noire. C’est la meilleure amie de Michelle. Elle aussi très bonne élève, elle est un des rares personnages de la série à être vraiment sérieuse aussi bien dans ses études que dans sa vie personnelle. C’est aussi une clarinettiste douée qui désire plus que tout être reconnue par son père, un producteur de rap reconnu, qui méprise ce que fait sa fille. Sa mère a quitté le domicile conjugal et elle vit avec son père et ses deux frères qui se donnent des airs de petits durs mais n’en sont pas. Malgré son caractère sérieux, elle se laisse de temps en temps entraîner à fumer un joint ou picoler tout en restant toujours  raisonnable. 

Max « Maxxie » Oliver (Mitch Hewer) est ouvertement gay. En dehors du lycée, il pratique la danse pour laquelle il est très doué. C’est un garçon beau, original, sympathique et généreux, d’une sensibilité à fleur de peau, désireux qu’on le reconnaisse pour ce qu’il est. Son meilleur ami est Anwar. Maxxie est peut-être le personnage le plus attachant de la série.

Anwar Kharral (Dev Patel) est un jeune "paki" (pakistanais) musulman pratiquant qui a du mal à concilier sa religion avec les attraits du monde occidental dans lequel il vit (la drogue, l’alcool et surtout les filles pour lesquelles il a une réelle fascination). Bien qu’il accepte parfaitement l’homosexualité de Maxxie, il a honte de le reconnaître devant sa famille, très traditionaliste. En fait, lorsqu’il apprendra l'homosexualité de ce dernier, le père d’Anwar accueillera Maxxie avec beaucoup plus de chaleur que ne le feront d’autres parents de la troupe, a priori plus progressistes.

Un autre personnage est à citer, même si son rôle est secondaire. Il s’agit de Josh Stock (Ben Lloyd Hugues), autre beau gosse qui, sous des aspects respectables, s’avérera être un dangereux psychopathe. Comme excuses, il a pour mère une parfaite folle, directrice d’une institution psychiatrique où est internée Cassie, qui ira jusqu’à enfermer arbitrairement Sid, venu la chercher. Pour se venger de Tony, Josh enlèvera et droguera la petite sœur de Tony, Effy (Kaya Scodelario) qui, sous ses aspects de sainte-nitouche, est peut-être la plus perverse de tous.

Voilà pour les personnages principaux de cette première saison qui, à part Tony-le-beau-gosse qui sait se rendre si parfaitement odieux, sont tous, malgré leurs travers, charmants et attachants. Ce ne sont en fait que des ados déboussolés dans un monde qui ne tourne pas rond. 

La saison 1 se terminait brutalement, c'est le moins qu'on puisse dire... Au moment où les choses semblaient s'arranger pour tous les protagonistes : Sid retrouvant Cassie, Effie sortant de l'hôpital sans (apparemment) garder de séquelles après l'overdose que lui avait infligée Josh, Tony se réconciliant avec Michelle à laquelle il avouait enfin qu'il l'aimait... Paf ! alors que Tony est sorti de la voiture et se trouve dans la rue pour dire par téléphone à Michelle qu'il l'aime, il se fait percuter par un bus et on le voit étendu sur le macadam, un filet de sang lui sortant de la bouche, sa sœur Effy en larmes à ses côtés. 

Les réalisateurs auraient pu faire dans le drame et le pathos. C'était mal les connaître. Ils terminent cette 1ère saison en comédie musicale, faisant chanter les différents protagonistes (y compris le blessé - qui est peut-être même déjà mort, ce que l'on ne sait pas - toujours allongé sur le bitume). Tout le monde chante, y compris le chauffeur de bus. C'est une trouvaille assez surprenante et pour le moins osée qui, s'ajoutant à d'autres, est un des nombreux atouts de la série Skins qui, décidément, ne se prend pas aux sérieux bien qu'elle traite de sujets graves et par moments "borderline".

Saison 2 (2009-2010)

On a bien entendu hâte de savoir ce qui est advenu de Tony auquel on a fini par s’attacher, même s’il s’est comporté tout au cours de la saison 1 comme une véritable ordure et qu’au fond, on ne peut s'empêcher qu'il n’a eu que ce qu’il méritait. Mais tout de même ! Cette 2ème saison est presqu'en totalité, du moins au début, axée (comme la 1ère d'ailleurs) sur son personnage. Mais ce Tony-là n'a plus rien à voir avec le personnage flamboyant et sans scrupules des débuts : le beau gosse à qui tout réussissait, sûr de lui et manipulateur que nous avons connu.  Après son accident et plusieurs mois de coma, il est devenu un légume : il ne se souvient plus de rien, ni même du nom de ses amis les plus proches et il doit réapprendre tous les gestes (tenir une cuillère, un verre, etc.) Il a besoin d'assistance pour tout, pour s'habiller, ou pour aller aux toilettes et... pire que tout pour un tel séducteur : il ne peut plus bander ! Curieusement, ses plus proches amis, Sid, bien qu'il l'ait veillé tout au long de son coma, et Michelle, à qui il déclarait son amour au moment où il a été percuté par le bus, se sont éloignés de lui.  Après beaucoup de patience (on ne sait combien a duré sa convalescence), ses parents ont démissionné l'un après l'autre : le père s'est fait envoyer à l'étranger par sa boîte, la mère est tombée en dépression et la maison, auparavant si bien tenue, part à vau l'eau. Seule Effie, la petite sœur de Tony, dont on savait qu'elle l'aimait mais que l'on croyait trop superficielle, égoïste et froide pour être pour lui d'une aide quelconque, s'occupe de lui avec un dévouement admirable et essaie d'éviter que la demeure familiale ne devienne un dépotoir. Parmi ses anciens amis, seul Maxxie, qui n'avait jamais été vraiment proche de Tony avant l’accident (même s'ils avaient une fois couché ensemble, "pour voir), l'aide avec abnégation et sans arrière-pensée, essayant de lui redonner le goût de vivre. Les autres sont trop occupés avec leurs propres histoires pour se soucier du "has been" qu'est devenu Tony...

C’est, peut-être, la saison la plus réussie, la plus émouvante en tout cas mais on ne peut la comprendre que si on a suivi les péripéties de la première saison.

Saison 3 (2011-2012)

Ayant bien aimé les saisons 1 et 2, j'avais hâte de découvrir la saison 3 qui inaugurait une nouvelle génération d'acteurs. Mais quelle déception ! A part Effy et sa copine Pandora (semi débile qui intégrait Skins en fin de saison 2), et quelques adultes (le sous-directeur, les parents d'Effy), on ne retrouve aucun des autres personnages des deux saisons précédentes. Ayant beau le savoir et l'ayant a priori accepté puisque cela faisait partie du challenge que s'étaient fixé les scénaristes, je me serais attendu à tout le moins qu'on nous dise ce qu'étaient devenus les héros des deux saisons précédentes, au moins en ce qui concerne Tony, le propre frère d'Effy, qui semble avoir tout bonnement disparu du paysage.

Parmi les nouveaux venus, à part Freddie (Luke Pasqualino), qui reste assez sympathique malgré sa garde-robe semblant tout droit sortir d’une benne à ordures, les nouveaux héros de cette saison sont sans le moindre intérêt, leurs histoires se résumant à fumer du hash, à boire et à baiser. Le pire étant James Cook 'Cook' qui, s'il concourait pour un championnat de bêtise et de vulgarité, obtiendrait à coup sûr le 1er prix.

On a beau savoir qu'il s'agit d'une satire de la société anglaise, on se demande comment le corps enseignant réagit devant une peinture aussi corrosive. Sans doute existe-t-il partout des directeurs ou des enseignants incompétents, à bout de nerfs, hystériques ou mal embouchés, mais les pauvres élèves du lycée (heureusement fictif !) de Roundview, outre leurs propres problèmes comportementaux qui sont déjà gratinés, doivent faire face à la démission de la plupart des adultes censés leur inculquer les règles de la vie en société, qu'il s'agisse des enseignants, des parents ou même des forces de l'ordre. J'espère pour les sujets de sa Gracieuse majesté que le niveau de l'enseignement en Angleterre est tout de même un peu plus élevé que nous ne le présente ma série car, sinon, il y a de quoi émigrer.
     
Le terme "trash" que je jugeais uniquement fait pour attirer un public en mal de sensations lorsqu'il était appliqué à la 1ère saison est malheureusement parfaitement en adéquation avec cette 3ème saison qui n'est, à part vers la fin, qu'un concentré de vulgarité et de bêtise !   

Les acteurs n'y sont pour rien mais les scénaristes, si ! Ils ont fait vraiment dans la facilité et le nauséabond, rendant leurs personnages tellement antipathiques et ridicules que l'on ne peut vraiment plus trouver aucun point positif à une série qui avait pourtant, malgré ses outrances, bien commencé.

Je viens de terminer le visionnage des deux derniers disques. Les choses s'améliorent quelque peu vers la fin  et, lorsqu'on finit par faire la connaissance du père biologique (car il n'a été que cela, et encore !) de Cook, on peut comprendre pourquoi son fils est ce qu'il est. De même, la mère d'Effie, quand elle se confie à JJ, nous brosse un portrait très lucide de sa fille. Mais cela ne suffit tout de même pas à nous faire aimer les personnages ni à nous faire aimer cette saison.  

Je trouve vraiment cette évolution détestable et je regrette le choix des scénaristes d'aller vers toujours plus de vulgarité et de facilité. Ils tenaient, avec leurs deux premières saisons, une matière qui aurait pu donner lieu à des développements tellement plus riches.  Un véritable gâchis !

Mon opinion sur cette série

Un conseil, ne regardez cette série que si vous avez les idées larges. Ceci étant dit, Skins est une vision sans tabous d'une société malade, dont la jeunesse n'est pas pire qu'une autre : désorientée, sans repères, elle s'étourdit à travers toutes les expériences qui sont à sa portée (drogue, alccol, sexe) mais elle est attachante car elle cherche la stabilité et l'amour sincère.

La musique

La bande son, composée de rock et de pop, est en tout point remarquable et mériterait à elle que l'on regarde Skins.