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dimanche 18 février 2024

DAAAAAALI ! Film de Quentin DUPIEUX (FR-2024)1

 


Daaaaaalí ! est un film parodique français écrit et réalisé par Quentin Dupieux a été présenté en avant-première à la Mostra de Venise 2023, avant sa sortie en salles en février 2024.

Résumé

Judith (Anaïs Demoustier), une journaliste débutante a décidé d’interviewer Salvador Dalí. La 1ère rencontre, dans un hôtel anonyme, tourne court car Dali s’attendait à être filmé. Après avoir vu Jérôme (Romain Duris) et lui avoir fait part des exigences de Dali, celui-ci accepte de tourner un documentaire sur le peintre. Mais la 2ème rencontre, à Port Lligat, ne se passe pas mieux que la première, Dali, qui a voulu aller jusque sur la plage en Rolls Royce, percutant la caméra. Après maints refus, Judith s’entête et parvient enfin à décrocher une 3ème interview.

A cette trame se mêlent les différents personnages que joue Dali, incarné alternativement par sept acteurs, Edouard Baer, Jonathan Cohen, Gilles Lellouche, Pio Marmaï, Didier Flamand (Dali âgé), Jean-Marie Winling et Boris Gillot… sous le regard glacé de Gala (Catherine Schaub-Abkarian).     

Mon opinion

Je n’avais jamais vu auparavant de film de Quentin Dupieux et je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre. Cependant, ayant lu et entendu deux ou trois critiques, je savais qu’on devait se préparer à voir quelque chose de particulièrement décalé et d’inclassable et je n’ai pas été déçu. J’ai même adoré. Le réalisateur a réussi son pari là où un biopic conventionnel serait tombé à plat. A travers cette brochette d’acteurs (le meilleur étant sans conteste Edouard Baer), il a su rendre la multiplicité des personnalités de ce génie (génialement fou ou fou génial) total qu’était Dali. Le film aurait pu s’intituler « Dali dans le miroir » tant les scènes surréalistes et oniriques se succèdent, désarçonnant le spectateur (qui en redemande) par des boucles temporelles inspirées de l’absurde, du surréalisme ou du rêve.

Dans le même esprit, vous pourriez voir : 

jeudi 16 février 2023

LOUIS 28 Série TV (FR-2023)

 


Série diffusée en replay sur la plateforme gratuite France.TV/Slash.

Louis 28 est une série télévisée française créée par Géraldine de Margerie et Maxime Donzel, diffusée depuis le 27 janvier 2023 sur France.TV/Slash. La 1ère saison comporte 10 épisodes de 22 minutes. 

Présentation

L’action est censée se passer à Paris, de nos jours mais, dans cette uchronie parodique, la royauté n’a pas été abolie en 1789 et c’est toujours un roi, Baudoin, qui est à la tête de la France. Lorsque celui-ci meurt avec 31 autres passagers dans le crash de son avion, le cardinal de Saint-Avit (Gilles Gaston-Dreyfus) s’empresse de trouver un prétendant au trône qu’il puisse manipuler à son aise. Son choix se porte sur le fils naturel que Baudoin a eu avec Samia (Nadia Roz), une femme d’origine marocaine, professeur de français à Melun, qui a élevé seul son fils Cédric (Nils Othenin-Girard) qui, de ce fait, va devenir Louis 28. Cédric est un lycéen très ordinaire, pas vraiment avantagé par son physique qu’il tient de son père biologique, l’un des derniers descendants des Bourbon : il est pataud, a les dents en avant et n’a pas l’air très dégourdi. Une aubaine pour Saint-Avit qui se voit déjà le manipuler tout à son aise et abolir les décrets progressistes voulus par Baudoin (légalisation de l’avortement, du mariage gay, du divorce, etc.) pour réinstaurer un « ordre moral » désuet.

C’était sans compter sur la détermination et le bon sens de Samia qui défend son fils bec et ongles contre les magouilles de la cour.

Pour cela, elle met de son côté les inséparables et redoutables La Pompa (Marie-France Alvarez) et La Vipère (Brice Michelini), ainsi que les non-moins redoutables Mme de Maintenant (Sarah Stern) et la générale borgne (Anne Loiret).

Mon opinion   

J’ai entendu présenter cette nouvelle série que l’on peut voir gratuitement sur la plateforme France.TV/Slash qui nous avait déjà régalés avec les séries Skam, Stalk, Les engagés et Parlement, sur France info. J’avoue ne pas avoir été emballé au début par le manque de glamour de Cédric, devenu presque par hasard Louis 28 mais je l’ai apprécié de plus en plus au fur et à mesure des épisodes de la série qui se termine par… une révolution. C’est drôle, irrévérencieux, ancré dans notre époque et pas mal d’allusions à la politique actuelle sur un ton persifleur et décalé sont assez jouissives.   

mardi 26 octobre 2021

JOJO RABBIT Film de Taika WAITITI (USA-NZ- 2019)

 


Jojo Rabbit est un film américain réalisé par Taika Waititi, sorti en 2019. C'est une adaptation du roman Le Ciel en cage (Caging Skies), de Christine Leunens.

Résumé

L’action est censée se passer en Allemagne pendant les derniers mois de la Seconde Guerre mondiale. Johannes « Jojo » Betzler (Roman Griffin Davis), un blondinet de 10 ans, vit seul avec sa mère Rosie (Scarlett Johansson) à Falkenheim, une petite ville pimpante qui semble être restée à l’écart du conflit. La sœur aînée de Jojo, Inge, est morte et son père serait quelque part sur le front en Italie. Sa mère attentionnée, toujours sur son 31, sort tous les jours pour de mystérieuses activités. Jojo a deux amis, un garçon de son âge Yorki (Archi Yates), un petit gros à lunettes et un « ami imaginaire » qui n’est autre qu’Adolf Hitler (Taika Waititi), mais un Hitler d’opérette tel que peut l’imaginer un enfant de 10 ans.

Comme tous les gamins de son âge, Jojo est embrigadé dans les Deutsches Jungvolk, les Jeunesses hitlériennes à mi-chemin de la colonie scoute et du camp d ‘entraînement militaire. Le chef du camp, le capitaine Klenzendorf, ou capitaine K (Sam Rockwell) ne se fait, quant à lui, aucune illusion sur l’issue de la guerre.

Lors de son premier jour dans le camp, les nazillons qui le dirigent, obligent Jojo à tuer un lapin de sang froid pour montrer son courage. Celui-ci s’y refuse, ce qui lui vaut le surnom de Jojo Rabbit (Jojo-lapin). Mais, ne voulant pas passer pour un lâche au regard de ses camarades, il vole une grenade qui explose, le blessant au visage et à la jambe.

Après cela, alors que les gamins de son âge sont envoyés se battre lui est cantonné à distribuer des tracts et coller des affiches.

Un jour en rentrant chez lui alors que sa mère est absente, il découvre Elsa (Tomasin McKenzie), une jeune fille juive cachée dans le grenier.

Bien que nourri de propagande anti-juive, il se rend compte au cours des jours suivants qu’elle n’est pas si différente de lui et la couvre lorsqu’Elsa, lors d’une visite de la gestapo, se fait passer pour Inge.

Quelques jours après, Jojo découvre que sa mère a été pendue en place publique. Dévasté, il retourne chez lui dans le but de poignarder Elsa, qu’il rend responsable de la mort de sa mère, mais il ne va pas au bout de son geste et tombe dans les bras de la jeune fille qui le console.

Lorsque les Alliés prennent la ville, Jojo, qui erre au milieu des ruines revêtu d’un uniforme allemand, est arrêté et il est sauvé une nouvelle fois par le capitaine K.

Quand le fantôme d’Hitler lui apparaît et l’accuse de l’avoir trahi, Jojo, furieux, le jette par la fenêtre de sa chambre.

Mon opinion

Le film commence comme une comédie parodique avec des couleurs à la Wes Anderson soutenu par le standard des Beatles « I want to hold your hand » (en version allemande). Mais qu’on ne s’y trompe pas, sous ses dehors burlesques, ce film traite de la tragédie que fut, pour certains Allemands, le nazisme.    

J’ai personnellement beaucoup aimé ce film atypique et je regrette que la plupart des professionnels du cinéma (Télérama, Première, Les Cahiers du Cinéma…), n’aient visiblement pas vu sa dimension tragi-comique qui, par certains côtés, rappelle notre excellent et sous-estimé Papy fait de la résistance.

Mais la force et le courage du film de Taika Waititi est de nous présenter, sous la forme d’un conte, la guerre du côté des vaincus et à hauteur d’un enfant de dix ans dont l’univers a été détruit par les mensonges des adultes. La dernière scène où les deux enfants sortent de la maison et dansent sur la place où la vie reprend son cours normal est une formidable image de résilience et d’optimiste.