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lundi 18 février 2019

Catherine FROT (Actrice française)



Catherine Frot est une actrice française, née le 1er mai 1956 à Paris.

Biographie

D’une famille originaire de Rochefort (Charente-Maritime), Catherine Frot est la fille d'un père ingénieur et d'une mère professeur de mathématiques.

De vocation précoce, avec une prédilection sensible pour le comique, elle suit dès l'âge de quatorze ans les cours du conservatoire de Versailles, tout en poursuivant sa scolarité. Elle entre en 1974 à l'école de la rue Blanche puis au Conservatoire. À la même époque, elle fait partie des fondateurs de la Compagnie du Chapeau Rouge, fort remarquée au festival d'Avignon off en 1975. C'est initialement au théâtre qu'elle va se consacrer le plus souvent, avec en point d'orgue le rôle de la Présidente de Tourvel dans une adaptation des Liaisons dangereuses mise en scène par Gérard Vergez (1987). Au théâtre, elle joue aussi de nombreux classiques : La Cerisaie et La Mouette de Tchekhov, respectivement mis en scène par Peter Brook en 1982 et Pierre Pradinas en 1985, ou encore John Gabriel Borkman d'Ibsen, dirigé par Luc Bondy en 1993, et des créations comme C'était comment déjà ? de Jean Bouchaud, qui lui valut le Prix de la révélation théâtrale de l'année du Syndicat de la critique en 1980.

Nommée en 1986 pour le César de la meilleure actrice dans un second rôle pour son interprétation de Béatrice dans Escalier C, il lui a fallu attendre le rôle de Yolande dans le film de Cédric Klapisch, Un air de famille, pour se faire connaître du grand public. Elle avait précédemment déjà tenu ce rôle dans la pièce dont le film est adapté et avait remporté le Molière de la comédienne dans un second rôle en 1995. Pour ce même rôle au cinéma, elle reçoit ensuite le César de la meilleure actrice dans un second rôle en 1997.

Années 2000

En 1998, elle obtient son premier grand rôle au cinéma, celui de l'héroïne de La Dilettante de Pascal Thomas. Sorti en 1999, le film est un succès critique et commercial et impose l'actrice comme capable de jouer simultanément dans les tons burlesque et tragique.

Elle enchaîne alors les premiers rôles dans ces deux registres.

En 2001, elle évolue dans trois longs-métrages : elle retrouve Pascal Thomas pour la comédie chorale Mercredi, folle journée !, un nouveau succès. Elle partage aussi l'affiche du drame Chaos avec Vincent Lindon, sous la direction de Coline Serreau. Elle participe aussi au tournage d'une trilogie réalisée par Lucas Belvaux, composée de Un couple épatant (2001), Cavale (2002) et Après la vie (2003).

En 2003, elle se hisse dans des productions plus commerciales : elle apparaît d'abord dans la comédie Chouchou, de Merzak Allouache, mais partage surtout l'affiche de Sept ans de mariage avec Didier Bourdon, également réalisateur de cette satire sur le couple occidental.
2004 : elle alterne entre film d'auteur, Éros thérapie, de Danièle Dubroux, et l'adaptation de Vipère au poing, de Philippe de Broca, où elle incarne avec maestria le personnage de Folcoche. Enfin, elle partage l'affiche de la comédie Les Sœurs fâchées avec Isabelle Huppert.

En 2005, si la comédie Boudu, signée Gérard Jugnot, aux côtés de Gérard Depardieu, est une déception critique et commerciale, ses retrouvailles avec Pascal Thomas lui permettent de confirmer son succès au box-office : la comédie policière Mon petit doigt m'a dit, adaptation d'Agatha Christie, la voit former avec André Dussollier un tandem d'enquêteurs décalés.

En 2006, elle renoue avec le drame pour Le Passager de l'été, de Florence Moncorgé-Gabin, puis pour La Tourneuse de pages, de Denis Dercourt qui sont cependant des semi-échecs. Elle tient ensuite le rôle-titre de la comédie Odette Toulemonde, d’Éric-Emmanuel Schmitt.

En 2008, elle partage l'affiche du drame L'Empreinte avec Sandrine Bonnaire puis redevient Prudence Beresford pour la suite Le Crime est notre affaire, toujours devant la caméra de Pascal Thomas. En juillet de la même année, elle participe aux fêtes locales de l'île-d'Aix pour y lire dans la cour du Fort Liédot lors d'un spectacle, des lettres d'amour écrites par Napoléon Bonaparte.

En 2009, elle seconde, avec Karin Viard, Mathieu Amalric, héros de l'audacieuse comédie de science-fiction Les Derniers Jours du monde, de Arnaud et Jean-Marie Larrieu. Mais surtout, elle partage l'affiche de la satire Le Vilain avec Albert Dupontel, également réalisateur.

La décennie se conclut avec la comédie policière Imogène McCarthery, co-réalisée par Franck Magnier et Alexandre Charlot.

Elle débute cette décennie en tête d'affiche du drame Coup d'éclat, de José Alcala. Mais c'est 2012 qui s'avère être une année très prolifique : elle mène d'abord le casting féminin de la comédie sociale Bowling, de Marie-Castille Mention-Schaar. Puis elle conclut la trilogie policière de Pascal Thomas avec Associés contre le crime, toujours avec André Dussollier dans le rôle du colonel Bélisaire Beresford. Enfin, elle est l'héroïne de la comédie dramatique Les Saveurs du palais, de Christian Vincent.

Années 2010

En 2015, elle fait un retour remarqué en incarnant le rôle-titre de la comédie dramatique Marguerite,réalisée par Xavier Giannoli. L'année suivante, après six précédentes nominations dans cette catégorie majeure, sa performance lui vaut le César de la meilleure actrice pour son rôle dans Marguerite. La même année, elle reçoit le Molière de la comédienne dans un spectacle de théâtre privé pour la pièce Fleur de cactus.

En 2017, elle partage l'affiche de la comédie dramatique Sage-Femme avec Catherine Deneuve. Elle donne aussi la réplique à Christian Clavier pour la comédie Momo, de Sébastien Thiéry et Vincent Lobelle.

Deux ans plus tard, elle retrouve le réalisateur José Alcala pour Qui m'aime me suive !

Je l'ai personnellement beaucoup aimée dans Les saveurs du palais, où elle joue le rôle d'Hortense Laborie, cuisinière de renom appelée par Mitterand pour prendre la tête des cuisines de l'Elysée, et dans Sage-femme, un peu moins dans le rôle tragi-comique de Marguerite, même si je m'incline devant la performance. 

Filmographie

  • 1980 : Mon oncle d'Amérique d’Alain Resnais : Arlette Le Gall, jeune fille
  • 1981 : Psy de Philippe de Broca : Babett
  • 1981 : Les Babas-cool de François Leterrier : Véronique
  • 1982 : Guy de Maupassant de Michel Drach : Mouche
  • 1983 : Du sel sur la peau de Jean-Marie Degèsves : Charlotte
  • 1983 : Une pierre dans la bouche de Jean-Louis Leconte : Jacky
  • 1985 : Escalier C de Jean-Charles Tacchella : Béatrice
  • 1985 : Elsa, Elsa de Didier Haudepin : Juliette
  • 1987 : Le Moine et la Sorcière de Suzanne Schiffman : Cécile
  • 1989 : Chambre à part de Jacky Cukier : Babette
  • 1990 : Sushi Sushi de Laurent Perrin : la banquière
  • 1990 : Tom et Lola de Bertrand Arthuys : Catherine, la mère de Tom
  • 1990 : Bienvenue à bord ! de Jean-Louis Leconte : la blonde
  • 1993 : Vieille Canaille de Gérard Jourd'hui : Marylin
  • 1993 : Vent d'est de Robert Enrico : Martha Hubber
  • 1993 : Juste avant l'orage de Bruno Herbulot : Irène
  • 1994 : J'ai pas sommeil de Claire Denis : la femme à la bibliothèque
  • 1996 : Un air de famille de Cédric Klapisch : Yolande Ménard
  • 1998 : Le Dîner de cons de Francis Veber : Marlène Sasseur
  • 1998 : Paparazzi d’Alain Berberian : Évelyne Bordoni
  • 1998 : Ça reste entre nous de Martin Lamotte : Hélène
  • 1998 : Dormez, je le veux ! d’Irène Jouannet : la mère
  • 1999 : À vot'service d’Éric Bartonio : Fanny « Europe-Secours »
  • 1999 : La Nouvelle Ève de Catherine Corsini : Isabelle
  • 1999 : La Dilettante de Pascal Thomas : Pierrette Dumortier
  • 1999 : Inséparables de Michel Couvelard : Gisèle
  • 2001 : Mercredi, folle journée ! de Pascal Thomas : Sophie
  • 2001 : Chaos de Coline Serreau : Hélène
  • 2001 : Un couple épatant de Lucas Belvaux : Jeanne Rivet
  • 2002 : Cavale de Lucas Belvaux : Jeanne Rivet
  • 2003 : Après la vie de Lucas Belvaux : Jeanne Rivet
  • 2003 : Chouchou de Merzak Allouache : Dr Milovavovich
  • 2003 : Sept ans de mariage de Didier Bourdon : Audrey
  • 2004 : Éros thérapie de Danièle Dubroux : Agnès
  • 2004 : Vipère au poing de Philippe de Broca : « Folcoche »
  • 2004 : Les Sœurs fâchées d’Alexandra Leclère : Louise Mollet
  • 2005 : Boudu de Gérard Jugnot : Yseult Lespinglet
  • 2005 : Mon petit doigt m'a dit de Pascal Thomas : Prudence Beresford
  • 2006 : Le Passager de l'été de Florence Moncorgé-Gabin : Monique
  • 2006 : La Tourneuse de pages de Denis Dercourt : Ariane Fouchécour
  • 2007 : Odette Toulemonde d’Éric-Emmanuel Schmitt : Odette Toulemonde
  • 2007 : Cendrillon et le Prince (pas trop) charmant de Paul J. Bolger : voix française de Frieda
  • 2008 : L'Empreinte de Safy Nebbou : Elsa Valentin
  • 2008 : Le Crime est notre affaire de Pascal Thomas : Prudence Beresford
  • 2009 : Les Derniers Jours du monde de Arnaud et Jean-Marie Larrieu : Ombeline
  • 2009 : Le Vilain d’Albert Dupontel : Maniette Thomas
  • 2010 : Imogène McCarthery de Franck Magnier et Alexandre Charlot : Imogène
  • 2011 : Coup d'éclat de José Alcala : Fabienne
  • 2012 : Bowling de Marie-Castille Mention-Schaar : Catherine
  • 2012 : Associés contre le crime de Pascal Thomas : Prudence Beresford
  • 2012 : Les Saveurs du palais de Christian Vincent : Hortense Laborie
  • 2015 : Marguerite de Xavier Giannoli : Marguerite Dumont
  • 2017 : Sage-Femme de Martin Provost : Claire Breton
  • 2017 : Momo de Sébastien Thiéry et Vincent Lobelle : Madame Prioux
  • 2019 : Qui m'aime me suive ! de José Alcala : Simone

lundi 31 juillet 2017

HOMMAGE A JEANNE MOREAU


Hommage à Jeanne Moreau, une immense actrice et une femme libre.

Par un message de France Info datant d’aujourd’hui (31/07/2017), nous apprenons le décès de Jeanne Moreau à son domicile, dans sa 89ème année.

Je reprends ici le communiqué de presse, non signé, de France Info :

« Elle quitte le tourbillon de la vie. Le cinéma français perd l'une de ses plus grandes représentantes. Jeanne Moreau est morte à l'âge de 89 ans, lundi 31 juillet. Elle a été retrouvée sans vie à son domicile parisien, a précisé Jeanne d'Hauteserre, maire du 8e arrondissement, confirmant une information du magazine Closer. Elle a notamment joué dans Jules et Jim de François Truffaut, Le Journal d'une femme de chambre de Luis Buñuel et Les Amants de Louis Malle. »

Jeanne Moreau a été récompensée par le prix d'interprétation féminine du Festival de Cannes en 1960 pour le rôle d'Anne Desbarèdes dans Moderato Cantabile de Peter Brook. Elle avait aussi obtenu le César de la meilleure actrice pour La Vieille qui marchait dans la mer en 1992. L'actrice avait tourné avec les plus grands réalisateurs français comme François Truffaut ou André Téchiné, et internationaux, comme Orson Welles ou Wim Wenders. »

A 19 ans, elle lâche une carrière prometteuse à la Comédie Française, scandalisant ses collègues, pour suivre Jean Vilar qui venait de créer le Festival d’Avignon. Dès 1947, elle y joua dans trois pièces, dont un Shakespeare, puis, en 1951, aux côtés de Gérard Philippe, dans un inoubliable Prince de Hombourg mis en scène par Jean Vilar.

Jeanne Moreau était une grande actrice et une belle personne : bien qu’elle ait toujours refusé l’étiquette de « féministe », elle soutint le combat de Simone Veil pour la légalisation de l’avortement et signa le « Manifeste des 343 salopes » qui reconnaissaient avoir été contraintes à avorter au moins une fois dans leur vie.  

Elle avait aussi toujours refusé tout engagement politique, ce qui ne l’empêchait pas de dire, haut et fort et parfois même crûment, ce qu’elle pensait car Jeanne Moreau était, avant, tout, une femme libre. Comme le dit La Croix, elle avait « le don de l’insoumission »[1]

En 2008, elle afficha son soutien aux sans-papiers en enregistrant deux émouvantes lettres diffusées dans le monde entier.

En 2009, elle s’était violemment prononcée contre la loi Hadopi, déclarant[2] :

« Oui, c’est vraiment du vent cette histoire ! C’est un projet de loi inapplicable, sans aucun fondement. On nous a beaucoup dit, pour lui donner du crédit, que même des gens de gauche le soutenaient, certains ont même écrit que le PS les avait déçus en s’y opposant. Mais je ne suis pas sûre que ces artistes-là votent encore à gauche… Enfin bon, c’est une question de génération. Aujourd’hui, les jeunes artistes se font connaître par internet, par la gratuité, c’est absurde de vouloir s’y opposer. Laissez-les voler, les internautes, c’est pas eux les bandits ! »

Et dans la même interview, voilà ce qu’elle disait sur la politique culturelle et les politiques en général :

« Ah oui, bien sûr ! J’ai de vrais emportements quand j’observe ce qu’il se passe. Mais les emportements, ça ne sert pas à grand-chose. Je vais voter, croyez-moi ! (Rires). Les gens qui s’abstiennent, ça me retourne. Je dis à mes amis qui ne vont pas voter : “Mais l’Etat, c’est nous ! Ces gens-là, les responsables politiques, sont nos employés. Parce que nous votons, nous les embauchons. L’Elysée, c’est nous, c’est notre argent.” Comment peut-on refuser la possibilité de s’exprimer là-dessus ? »

En 2012, lors d’une rencontre avec Stéphane Hessel, organisée par l’Obs[3] ; extrait :

- S. Hessel : « On me dit, Jeanne, que vous êtes une « indignée ». On me fait toujours le coup, maintenant, depuis que j'ai publié ce petit bouquin[4] : « Vous n'êtes pas le seul indigné, il y en a d'autres.» Ainsi, Jeanne Moreau est une indignée perpétuelle. (…) Nous vivons dans un monde qui mérite toutes les révoltes. Si vous vous considérez comme une révoltée, vous avez raison. »
- J. Moreau : « Quand j'ai vu le titre de votre livre, je me suis dit : « Moi, je suis révoltée.» Je n'ai jamais dit à personne que j'étais indignée, mais toute ma vie est celle d'une révoltée. Je me suis révoltée contre l'autorité paternelle pour arriver à être ce que je suis. Enfant, je me suis révoltée contre les adultes, je les trouvais trop cons (…) Maintenant je pourrais grimper sur des barricades mais, malheureusement, j'ai passé l'âge. Je suis devenue révolutionnaire trop tard. Les scandales politiques ou financiers s'accumulent. On parle sans cesse de transparence alors que tout est obscur : abus de pouvoir, appât de l'argent. »
-L’Obs : « Stéphane Hessel, une cause vous tient à cœur depuis de nombreuses années, celle des sans-papiers et des immigrés. Jeanne Moreau, en 2008, vous avez lu et enregistré deux lettres ouvertes à Brice Hortefeux à l'appel de RESF (Réseau Education sans Frontières) où vous affirmez qu'en tant que citoyenne française vous avez honte de l'accueil fait aux immigrés, ces gens qui ont le courage de tout quitter. Comment ce combat vous réunit-il ? »   
- J. Moreau : « J'ai du sang arabe, vous savez (…) Alors, oui, j'ai enregistré deux lettres admirables qui ont été diffusées par internet dans le monde entier, même au Japon. J'avais été invitée par Ariane Mnouchkine, cette femme magnifique du Théâtre du Soleil, pour une réunion en soutien aux sans-papiers. Et j'ai choisi deux lettres proposées par RESF. Souvenez-vous qu'à l'époque quiconque venait en aide à un sans-papiers pour l'héberger était menacé de poursuite : 60.000 euros d'amende et la prison. J'ai signé le manifeste. J'ai dit : « Si je peux protéger et abriter quelqu'un, je le ferai.» (…) Il faut résister. J'admire le parcours de Stéphane Hessel. De Gaulle, la Résistance, les camps, son évasion. Mais l'espoir... Moi, par moments je me réveille et je n'ai plus d'espoir. Je suis désespérée et donc je peux devenir violente. [A propos de sa carrière] : « On m'a toujours proposé des rôles de femme indépendante et révoltée. Regardez aujourd'hui à qui sont identifiées les femmes, avec l'histoire DSK. La femme est présentée comme une enjôleuse, un morceau de bifteck auquel il ne peut pas résister. Pour les parties fines, si on ne lui a jamais demandé d'argent, c'est parce que pour lui les femmes brûlent du désir de s'envoyer en l'air avec lui. Elles sont donc un produit de consommation courante, des « copines » que les hommes se refilent entre eux ! Mais enfin ce n'est pas possible ! Je n'ai jamais fait partie d'un groupe de féministes, je n'aime pas les groupes. Je mène ma vie en féministe, dans mes actions quotidiennes, même les plus infimes - respect pour l'une, respect pour l'autre (…). »

 En 2013, elle soutint l'une des Pussy Riot, emprisonnée en Russie, et décide de lire une lettre au micro de France Culture et de Mediapart pour "exprimer (sa) révolte"

En 2015, elle signa une tribune dans le Monde pour rappeler à François Hollande quelques-unes de ses nombreuses promesses de campagne non tenues pendant le quinquennat.

Elle avait déclaré : « A mon âge, je ne peux plus monter sur les barricades (…). Je prends la parole pour exprimer ma révolte. Je veux toucher le plus de monde possible pour dénoncer ce qui arrive à cette jeune femme dont la vie est en danger ».

Personnellement, à part son inoubliable interprétation du « Tourbillon de la vie », dans Jules et Jim, sa prestation qui m’a le plus marqué au cinéma, c’est, en 1967, son rôle dans La mariée était en noir de Truffaut. Elle est aussi stupéfiante dans le rôle de Marguerite Duras dans le biopic Cet amour-là, de Josée Dayan, aux côtés d’Aymeric Demarigny (2001).

Au revoir, Jeanne. Nous n'oublierons ni ton visage, ni ta voix.  




[1] Arnaud Schwarz, La Croix, 31/7/2017.
[2] Loi visant à pénaliser le téléchargement sur Internet. Cf. « Jeanne Moreau à Avignon, interview », in : Les Inroks, 08/07/2009.  
[3] "Toute ma vie est celle d'une révoltée" : quand Jeanne Moreau s'entretenait avec Stéphane Hessel. L’Obs, 2 janvier 2012. Toute l’interview est passionnante à lire : http://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20111221.OBS7300/jeanne-moreau-stephane-hessel-la-rencontre.html
[4] Indignez-vous ! Montpellier, Indigène éd., 2010. 

samedi 4 février 2017

Lucie LUCAS (Actrice française)


Lucie Lucas est une actrice et mannequin française, née le 24 mars 1986 à Asnières-sur-Seine. Elle est notamment connue grâce à son rôle de Clémentine Boissier depuis 2010, dans la série télévisée Clem.

Biographie

À neuf ans, Lucie Lucas commence à suivre des cours de théâtre, puis durant son adolescence elle s'inscrit dans une agence de mannequins. Elle débute au cinéma en jouant dans le film 15 ans et demi en 2007. Sa carrière débute à la télévision en 2009 avec Les Petits Meurtres d'Agatha Christie. La jeune femme devient connue du grand public en 2010 grâce au rôle de Clémentine Boissier dans la série télévisée Clem, diffusée sur TF1, dans laquelle elle occupe le rôle principal aux côtés de l'actrice espagnole Victoria Abril, qui joue le rôle de Caroline ‘Caro’, sa mère dans la série. Le 7 novembre 2015, Lucie et Rayane Bensetti remettent un NRJ Music Awards au duo Fréro Delavega. Le 25 décembre 2015, Rayane Bensetti annonce qu'il jouera à ses côtés dans Coup de foudre à Jaipur, une fiction TF1, dont le tournage a eu lieu entre février et mars 2016 en Inde. En décembre 2015, Lucie a été dans le top 10 des femmes françaises les plus sexy derrière Alexandra Lamy.

Cinéma

  • 2008 : 15 ans et demi de François Desagnat et Thomas Sorriaux
  • 2009 : Le Missionnaire de Roger Delattre
  • 2016 : Porto (en) : Mati Vargnier

Télévision

Séries télévisées

  • 2009 : Les Petits Meurtres d'Agatha Christie : Esther
  • 2009 : Femmes de loi : Charlotte Rohmer
  • 2009 : Un Flic : Bimbo
  • Depuis 2010 : Clem de Joyce Bunuel : Clémentine Boissier, dite Clem
  • 2013 : Nos chers voisins : Adeline, la baby-sitter des Dubernet-Carton
  • 2014 : Nicolas Le Floch : Le Cadavre anglais de Philippe Bérenger, téléfilm : Agnès Guinguet.
  • 2016 : Le Secret d'Élise : Christelle Bordat, l'assistante sociale (époque 1986)
  • 2016 : Meurtres à l'île de Ré : Margaux Pelletier
Téléfilms
  • 2010 : Le Pigeon de Lorenzo Gabriele : Lucie Jourdain
  • 2016 : Coup de foudre à Jaipur : Anne Delorm

vendredi 25 novembre 2016

Virginie EFIRA (Actrice française)



Virginie Efira est une actrice belge naturalisée française née le 5 mai 1977 à Schaerbeek (Région de Bruxelles-Capitale). Elle a débuté sur le petit écran en tant qu'animatrice à la télévision belge, puis à la télévision française. Animatrice de télévision de 1998 à 2008, elle débute sa carrière de comédienne en 2004.

Biographie

Enfance et formation

Fille du professeur André Efira, médecin oncologue, et de Carine Verelst, esthéticienne, artiste puis restauratrice dans le Luberon, elle a une sœur joueuse de football américain, un premier frère peintre et un second qui construit des cabanes dans les arbres en Amérique du Sud. Elle étudie le latin, les mathématiques, la psychologie et les sciences sociales, et entre ensuite à l'Institut national supérieur des arts du spectacle puis au conservatoire pour faire du théâtre. 

Sa carrière d'animatrice de télévision débute en 1998 sur la chaîne belge Club RTL quand Marc Nivesse, producteur de Mégamix, émission pour adolescents, la choisit pour animer l'émission avec Lidia Gervasi.

En 2000, Virginie participe, aux côtés de Patrick Ridremont, son futur époux, à l'émission Night Shop dans une courte séquence humoristique pour la chaîne Canal+ Belgique.

En septembre 2002, RTL-TVi lui propose l'animation des quotidiennes et des émissions en première partie de soirée (avec Frédéric Herbays) de Star Academy en Belgique puis de À la Recherche de la Nouvelle Star, toujours en Belgique.

Repérée par la chaîne de télévision française M6 en 2003, à l'occasion d'un casting pour l'émission de météo, elle devient rapidement la figure du divertissement de la chaîne. En 2003, elle co-anime la finale d'Opération séduction ; puis présente, entre autres, Le Grand Zap, La Saga des…, Follement Gay, Absolument 80/90, Le Grand Piège ou encore Drôles d'équipes.

Toujours sur M6, elle présente Classé Confidentiel, en 2005, puis remplace, en 2006, Benjamin Castaldi parti à TF1, pour présenter la Nouvelle Star. Virginie Efira continue également de présenter des émissions ponctuelles en Belgique, sur RTL-TVi.

Elle signe avec Canal+ en juin 2008, abandonnant ainsi la présentation de Nouvelle Star sur M6. Elle anime sur Canal+ une émission de divertissement, Canal Presque, avec Ahmed Hamidi, un ex-auteur des Guignols, et avec comme invités pour la première Omar et Fred.

En 2010, elle déclare dans Paris Match qu'elle ne refera pas d'animation télé « à moins d'avoir cinq enfants qui n'ont plus rien à manger » et se concentre dorénavant sur sa carrière de comédienne et d'actrice qui elle l'espère sera variée dans les propositions entre cinéma d'auteur et comédie populaire.

En 2010, elle participe à l'émission de Frédéric Lopez Rendez-vous en terre inconnue, où elle rencontre une minorité mongole, les Tsaatan. L'émission, diffusée sur France 2, fait un record d'audience avec 8,1 millions de téléspectateurs. En 2013, elle est à nouveau invité par Frédéric Lopez dans l'émission La Parenthèse inattendue, aux côtés de Philippe Gildas et Tony Estanguet.

Doublage et comédienne de télévision (2004-2008)

Sa carrière de comédienne commence avec le doublage de Garfield le film, en 2004, et Garfield 2 en 2006 pour le personnage de Liz Wilson, jouée par Jennifer Love Hewitt.

Elle tourne ensuite dans le court métrage Africains poids moyens, film belgo-congolais de Daniel Cattier présenté l'année suivante au 15e Festival du Cinéma Africain.

En 2005, Virginie fait le doublage de Piper dans le film d'animation Robots. Elle joue ensuite dans une pièce de théâtre en Belgique, Pour ses beaux yeux de René de Obaldia, au théâtre de la Valette.

En 2006, Virginie Efira tourne une fiction de cinquante-deux minutes pour la chaîne et le téléfilm Un amour de fantôme aux côtés de Bruno Putzulu. Elle interprète également l'épouse de Bohort dans la série française Kaamelott.

En 2007, elle joue son propre rôle dans la série Off Prime, avec Alban Lenoir, Simon Astier et Elise Otzenberger, série réalisée par Bruno Solo et Stéphane Kopecky dont deux saisons seront tournées, et programmées par la chaîne M6 jusqu'en avril 2008.

Carrière au cinéma (depuis 2010)

En 2010, Philippe Lefebvre dans Le Siffleur lui offre son premier rôle important dans un long métrage avec Thierry Lhermitte et François Berléand. Mais c'est dans un registre romantique qu'elle s'impose : elle obtient son premier succès au cinéma avec L'amour c'est mieux à deux, avec notamment Manu Payet et Clovis Cornillac. Elle poursuit donc avec une autre comédie romantique, sortie en 2011, La Chance de ma vie, face à François-Xavier Demaison. La même année, elle évolue dans la satire franco-belge Mon pire cauchemar, sous la direction d'Anne Fontaine, et aux côtés d'Isabelle Huppert, Benoît Poelvoorde et André Dussollier.

En 2012, elle est la voix française de Mavis (la fille de Dracula) dans le film d'animation Hôtel Transylvanie.

L'année 2013 est marquée par la sortie de cinq films. Elle partage l'affiche de la comédie dramatique Cookie, avec Alice Taglioni, et devant la caméra de Léa Fazer ; tient le premier rôle féminin de la comédie franco-belge Dead Man Talking, réalisée par son ex-mari Patrick Ridremont ; fait partie de la comédie chorale Les Invincibles, aux côtés de Gérard Depardieu, Atmen Kélif, Édouard Baer et Daniel Prévost ; s'essaye au drame en donnant la réplique à François Cluzet pour le drame En solitaire, réalisé par Christophe Offenstein ; mais finalement confirme de nouveau dans un registre romantique : son interprétation d'une "MILF" dans le long-métrage de David Moreau, 20 ans d'écart est saluée, face au jeune premier Pierre Niney, pensionnaire de la Comédie-Française.
L'actrice est élue femme de l'année 2013 par le magazine GQ.

En 2015, elle défend trois films. Elle tient le rôle d'une mère de famille dans la comédie de Jean-Pierre Améris, Une famille à louer. Se fait diriger par Emmanuel Mouret pour la comédie de mœurs Caprice ; et partage l'affiche de la comédie dramatique Le Goût des merveilles, écrite et réalisée par Éric Besnard, avec un autre pensionnaire de la Comédie-Française, Benjamin Lavernhe. La même année, elle fait partie du jury du 26e Festival du film britannique de Dinard, présidé par Jean Rochefort.

En 2016, elle passe vers des productions plus exposées en tenant le rôle-titre de l'adaptation Et ta sœur ?, signée Marion Vernoux ; partage l'affiche de la comédie romantique Un homme à la hauteur avec la star Jean Dujardin, sixième réalisation de Laurent Tirard ; et fait partie du casting international réuni par le cinéaste néerlandais Paul Verhoeven pour la co-production Elle, menée par Isabelle Huppert. Enfin, elle revient pour une seconde fois au drame en incarnant l'héroïne de Victoria, écrit et réalisé par Justine Triet, et présenté au Festival de Cannes 2016.

Filmographie

Cinéma
  • 2005 : Africains poids-moyens (court métrage) : Vickie
  • 2009 : Les Barons de Nabil Ben Yadir : L'artiste
  • 2010 : Le Siffleur de Philippe Lefebvre : Candice
  • 2010 : L'amour c'est mieux à deux de Dominique Farrugia et Arnaud Lemort : Angèle
  • 2010 : Kill Me Please de Olias Barco : Inspectrice Evrard
  • 2011 : La Chance de ma vie de Nicolas Cuche : Joanna Sorini
  • 2011 : Mon pire cauchemar d'Anne Fontaine : Julie
  • 2012 : Hénaut Président, de Michel Muller : Elle-même
  • 2013 : Cookie de Léa Fazer : Delphine
  • 2013 : Dead Man Talking de Patrick Ridremont : Elisabeth Lacroix
  • 2013 : 20 ans d'écart de David Moreau : Alice Lantins
  • 2013 : Les Invincibles de Frédéric Berthe : Caroline
  • 2013 : En solitaire de Christophe Offenstein : Marie Drevil
  • 2015 : Caprice d'Emmanuel Mouret : Alicia
  • 2015 : Une famille à louer de Jean-Pierre Améris : Violette
  • 2015 : Le Goût des merveilles d'Éric Besnard : Louise
  • 2016 : Et ta sœur ? de Marion Vernoux : Marie
  • 2016 : Un homme à la hauteur de Laurent Tirard : Diane
  • 2016 : Elle de Paul Verhoeven : Rebecca
  • 2016 : Victoria de Justine Triet : Victoria Spick
  • 2017 : Pris de court d'Emmanuelle Cuau
  • 2019 : Sibyl de Justine Triet : Sibyl
  • 2020 : Adieu les cons d'Albert Dupontel : Suze Trappet
  • 2020 : En attendant Bojangles
  • 2022 : Les enfants des autres de Rebecca Zlotowski
  • 2022 : Revoir Paris d'Alice Winocour : Mia

Télévision

Séries télévisées
  • 2006 / 2009 : Kaamelott : Berlewen, l'épouse de Bohort
  • 2007 : Off Prime : Elle-même
  • 2016 : La Folle Soirée du Palmashow 3 : Elle-même
Téléfilms
  • 2007 : Mon amour de fantôme d'Arnaud Sélignac : Anna
  • 2010 : En chantier, monsieur Tanner de Stefan Liberski : La banquière
  • 2011 : À la maison pour Noël de Christian Merret-Palmair : Sarah Moreau
  • 2014 : Camping Paradis de Christian Merret-Palmair : Laurie Arnaud
  • 2016 : Love Island de Laurie Arnaud : Laurie Arnaud
Émissions de télévision

  • 2010 : Rendez-vous en terre inconnue (émission de télévision) présentée par Frédéric Lopez : Chez les Tsaatans, en Mongolie
  • 2013 : Le Débarquement 2 (émission de télévision) : Sketch Un jour avec


mercredi 9 novembre 2016

DANIELLE DARRIEUX (Actrice française)



Danielle Darrieux (1951)

Danielle Darrieux, née le 1er mai 1917 à Bordeaux, est une actrice française, qui, au cours d'une des plus longues carrière cinématographiques - huit décennies -, a traversé l’histoire du cinéma parlant et est aujourd'hui une des dernières actrices mythiques du cinéma mondial.

Comédienne, elle a abordé tous les genres : des rôles de jeunes filles ingénues dans des comédies musicales « à la française », aux jeunes filles romantiques de drames historiques (Marie Vetsera de Mayerling en 1936, Catherine Yourevska de Katia en 1938), en passant par les mélodrames et les comédies d’Henri Decoin, dont Abus de confiance (1938), Retour à l'aube (1938), Battement de cœur (1939), Premier rendez-vous (1941), La Vérité sur Bébé Donge (1952) et surtout les films de Max Ophüls, qui, après la bourgeoise de La Ronde, lui fera jouer une prostituée dans Le Plaisir et lui offrira son plus beau rôle dans Madame de...

Vingt ans avant Brigitte Bardot, cette comédienne imposait les initiales de son prénom et de son nom : DD.

Biographie

Enfance

Née au sein d’une famille de mélomanes, Danielle Darrieux voit le jour à Bordeaux mais passe son enfance à Paris. Son père, d'origine bordelaise, est ophtalmologiste ; sa mère a des ascendances alsacienne et polonaise (famille Witkowski).

Elle a un frère cadet, Olivier André, né le 26 juillet 1921 et mort à Neuilly-sur-Seine le 16 décembre 1994, qui a fait une carrière d’acteur.

La mort prématurée de son père, alors qu'elle n'a que sept ans, contraint sa mère à donner des leçons de chant pour subsister. Danielle Darrieux en retire très tôt un goût prononcé pour la musique. Elle est dotée d’une voix menue, mais juste et claire. Elle prend également des cours de violoncelle et de piano, puis étudie le violoncelle au Conservatoire de musique.

Débuts

Par l’intermédiaire du mari d’une élève de sa mère, Marie Serta, elle apprend que deux producteurs, Delac et Vandal, recherchent une héroïne de treize ou quatorze ans pour leur prochain film. Elle se présente aux studios d’Épinay et fait des essais qui se révèlent concluants. Elle débute à 14 ans dans Le Bal (1931) de Wilhelm Thiele et, séduisant les producteurs par son allant et sa spontanéité, elle obtient immédiatement un contrat de cinq ans. Ne pensant pas alors exercer le métier d'actrice, elle n'a jamais pris de cours d'art dramatique.

Sa carrière commence avec des rôles de gamine facétieuse et fantasque aux côtés d'acteurs populaires du cinéma français d'avant-guerre : Jean-Pierre Aumont, Henri Garat, Pierre Mingand et surtout Albert Préjean avec qui elle forme, en six films, le couple de charme des comédies musicales françaises des années 1930 (La crise est finie, Dédé, Quelle drôle de gosse…). Dès son premier film, elle chante et interprète, dans bon nombre de ses films (bien souvent dans des compositions de Georges Van Parys), des chansons populaires qui deviendront des succès : La crise est finie, Un mauvais garçon, Une charade et Premier rendez-vous.

Toujours en 1935, Anatole Litvak lui offre un rôle plus dramatique : dans Mayerling, elle interprète une fragile et touchante comtesse Marie Vetsera aux côtés de Charles Boyer, déjà star en Amérique du Nord. Le film connaît un succès mondial qui lui ouvre les portes d’Hollywood : elle signe un contrat de sept ans avec les studios Universal. Accompagnée de son mari, elle s’embarque pour Hollywood et tourne son premier film américain en 1938, La Coqueluche de Paris avec Douglas Fairbanks Jr. Nino Frank, journaliste, déclare : « Danielle Darrieux débute à Hollywood et elle le fait avec une grâce extrêmement nuancée, un charme dépourvu de timidité, un talent qui enchante parce qu’elle est à l’aise et ne le brandit pas comme un drapeau. » Mais très vite elle s’ennuie à Hollywood et préfère casser son contrat pour rentrer en France.

Entre-temps, Danielle Darrieux a déjà tourné un film de Maurice Tourneur, Katia qui exploite le succès et la magie de Mayerling. Henri Decoin confirmera également le talent dramatique de Danielle Darrieux avec Abus de confiance et Retour à l'aube, et surtout, profitant de son expérience acquise aux États-Unis, il tourne Battement de cœur.

Durant cette période, elle a aussi tourné dans le film Mauvaise Graine (1933), réalisé par un scénariste autrichien exilé, fuyant l’Allemagne nazie, Billy Wilder. Un film tourné dans les rues de Paris en décors naturels.

Elle devient, en 1935, l'épouse du réalisateur Henri Decoin, rencontré un an plus tôt lors du tournage de L'Or dans la rue. Il lui fait tourner des comédies comme J'aime toutes les femmes, Le Domino vert, Mademoiselle ma mère... Les trois derniers films de Decoin sont des succès et Darrieux est l’une des vedettes les plus populaires du moment. Son dernier film avec Decoin, Coup de foudre, est interrompu par la déclaration de guerre et il restera inachevé.

Divorcée d’Henri Decoin en 1941, Danielle Darrieux accepte, la même année, de tourner dans Premier rendez-vous pour la Continental. Le film et la chanson-titre connaissent un énorme succès.
Elle se remarie en 1942 avec Porfirio Rubirosa, rencontré dans le Midi de la France, ambassadeur de la République dominicaine, qui sera soupçonné d’espionnage contre l’Allemagne au point d’y être interné. Alfred Greven, directeur de la Continental, fait subir des pressions à Danielle Darrieux au point d’exiger d’elle, si elle ne veut pas que « la personne qui lui était chère eût de gros ennuis », de tourner deux autres films Caprices et La Fausse Maîtresse.

Elle fit également partie du voyage à Berlin en mars 1942 en compagnie d’autres acteurs français sous contrat avec la Continental[1] dont Albert Préjean, René Dary, Suzy Delair, Junie Astor et Viviane Romance. Dans un documentaire diffusé sur ARTE au début des années 1990, elle déclarait qu’elle n'était partie en Allemagne, qu'après un accord avec les Allemands, en ayant l'assurance de rencontrer son mari Porfirio Rubirosa qui y était incarcéré.

Une fois son mari libéré, elle rompt son contrat avec la Continental et passe la fin de la guerre en résidence surveillée à Megève puis, sous un faux nom, dans la région parisienne. Elle ne fut que peu inquiétée à la Libération.


Danielle Darrieux dans l'émission de Michel Drucker "Vivement Dimanche" (2010)

L'après-guerre

Après trois ans d’interruption, Danielle Darrieux revient à l’écran,  décidée à tourner la page des rôles de jeunes filles écervelées de ses débuts.

Après quelques années un peu grises, elle se remarie une troisième et dernière fois avec Georges Mitsinkidès en 1948, et commence une seconde carrière.

Jean Cocteau avait envisagé, quelques années plus tôt, d’adapter La Princesse de Clèves  avec Danielle. Après quelques films mineurs, il fait appel à elle pour interpréter la reine d’Espagne dans Ruy Blas (1948) de Pierre Billon avec Jean Marais. Mais c’est Claude Autant-Lara qui, l’employant différemment, lui donne l’occasion de renouer avec le succès avec trois films, un vaudeville Occupe-toi d'Amélie (1949), où elle joue une femme entretenue de la Belle Époque.

Son ex-mari, Henri Decoin la sollicite et l’impose dans un rôle très noir dans La Vérité sur Bébé Donge (1952) avec Jean Gabin où elle incarne une épouse aimante et bafouée qui devient une meurtrière statufiée. Elle fera deux autres films avec Decoin, un polar, Bonnes à tuer, et un film historique, L'Affaire des poisons, où elle incarne Madame de Montespan.

Dans Le Bon Dieu sans confession (1953) où, rouée et ambiguë, elle interprète la garce assumée.
Dans les années 1950, elle retrouve Hollywood pour quelques films. Max Ophüls fait d’elle son égérie. Il lui fait tourner trois films majeurs : La Ronde (1951) où elle incarne une épouse infidèle que ni son mari ni son amant ne parviennent à satisfaire ; Le Plaisir (1952) et surtout Madame de... Film qui commence comme une comédie légère et sombre dans le drame. Danielle Darrieux y est comparée à Dietrich et à Garbo. Karl Guérin écrira sur cette collaboration : « … de La Ronde au Plaisir, du Plaisir à Madame de…, les personnages interprétés par Danielle Darrieux découvrent la réalité du masque social dont ils finissent par être les victimes. Errant au milieu de tous les bonheurs possibles et jamais réalisés, celle qui fut la plus célèbre ingénue du cinéma français semble de film en film découvrir avec naïveté et étonnement l’univers des sensations et des passions. Parvenir à animer d’un frémissement ce visage et ce corps si ordinairement élégants, parvenir à attirer à la lumière du jour un peu de la femme dissimulée derrière l’image frivole et rassurante chère à l’actrice : voilà l’indice d’un certain plaisir ophulsien dont Danielle Darrieux fut plus que tout autre la victime consentante. »

Elle tourne alors avec les plus grands acteurs de l’époque Jean Gabin, Jean Marais, Jeanne Moreau, Bourvil, Fernandel, Louis de Funès, Alain Delon, Jean-Claude Brialy, Michèle Morgan, Michel Piccoli… Elle donne la réplique à Gérard Philipe dans deux adaptations de classiques de la littérature, en amoureuse éplorée dans Le Rouge et le Noir (1954) de Claude Autant-Lara d’après Stendhal et en femme d’affaires mêlant autorité et séduction dans Pot-Bouille (1957) de Julien Duvivier d’après Zola, deux énormes succès. Sous sa direction, elle est entourée d’acteurs comme Paul Meurisse, Lino Ventura, Serge Reggiani, Bernard Blier… dans un huis clos dramatique, Marie-Octobre (1959). Elle tournera encore avec Marcel L'Herbier, Sacha Guitry, Christian-Jaque, Marc Allégret, Henri Verneuil…

Elle chante et danse dans une comédie musicale aux côtés de Jane Powell dans Riche, jeune et jolie. Elle est choisie par Joseph Mankiewicz pour incarner la comtesse Anna Slaviska dans L'Affaire Cicéron avec James Mason, elle joue également la mère de Richard Burton (pourtant son cadet de 7 ans seulement) dans Alexandre le Grand (1956) de Robert Rossen.

Elle tourne alors avec les plus grands acteurs de l’époque Jean Gabin, Jean Marais, Jeanne Moreau, Bourvil, Fernandel, Louis de Funès, Alain Delon, Jean-Claude Brialy, Michèle Morgan, Michel Piccoli

Les années 1960 et au-delà

La nouvelle vague la fait tourner, Claude Chabrol dans Landru (1962) et Jacques Demy dans Les Demoiselles de Rochefort (1967). Elle reste, dans cette comédie musicale, la seule comédienne non doublée au chant.

Parallèlement, elle retourne au théâtre. Après avoir fait ses débuts en 1937 dans une pièce d’Henri Decoin, Jeux dangereux et quelques pièces au cours des deux décennies suivantes (Sérénade à trois de Noel Coward, Faisons un rêve de Sacha Guitry…), Françoise Sagan, scénariste du Landru de Chabrol, lui offre un rôle en or en 1963, dans La Robe mauve de Valentine.

Dominique Delouche, jeune cinéaste, la sollicite pour deux films, Vingt-quatre heures de la vie d'une femme (1968), un film que Max Ophüls voulait déjà tourner avec elle et Divine (1975), une comédie musicale.

Jacques Demy reprend le projet d’un film abandonné sept ans plus tôt, Une chambre en ville. Apprenant cela, Danielle Darrieux contacte le réalisateur, démarche qu’elle n’avait jamais entreprise pour aucun film, en espérant interpréter la baronne Margot Langlois, rôle prévu auparavant pour SimoneSignoret. Demy, qui s’était toujours promis de retrouver l’actrice, n’osait pas la solliciter pour incarner le rôle d’une alcoolique. Danielle Darrieux effectue son retour pour ce film, un drame social entièrement chanté (seule elle et Fabienne Guyon chantent avec leur propre voix), succès critique mais échec public.

Paul Vecchiali la dirige dans En haut des marches (1983). Elle y incarne le premier rôle d’une institutrice, très proche de la propre mère du cinéaste, qui revient à Toulon quinze ans après la guerre et affronte les souvenirs liés à la mort de son mari, accusé de collaboration et assassiné à la Libération. Elle y chante trois chansons. Danielle Darrieux avait déjà fait une apparition dans son premier film Les Petits drames et le retrouvera plus tard dans un téléfilm de 1988 avec Annie Girardot, Le Front dans les nuages.

André Téchiné, après un projet avorté Les Mots pour le dire, parvient à réunir Catherine Deneuve et Danielle Darrieux dans Le Lieu du crime (1986).

Par la suite Benoît Jacquot lui donne le rôle d'une vieille excentrique qui veut venger la mort de son amie dans Corps et biens, Claude Sautet la hisse en directrice d’une chaîne de magasins, mère de Daniel Auteuil dans Quelques jours avec moi, puis elle retrouve deux amies complices de toujours, Micheline Presle et Paulette Dubost, dans Le Jour des rois.

Danielle Darrieux redouble d’activité dans les années 2000, outre le succès au théâtre avec Oscar et la Dame rose, François Ozon lui fait tourner son 106e film, qui marque ses soixante-dix ans de carrière, et en fait l'une des suspectes de Huit Femmes. Mère de Catherine Deneuve pour la troisième fois, elle y chante le poème d'Aragon mis en musique par Georges Brassens, Il n'y a pas d'amour heureux.

En 2006, Danielle Darrieux joue un premier rôle dans Nouvelle chance d'Anne Fontaine aux côtés d'Arielle Dombasle et à 90 ans elle est la victime du film L'Heure zéro adaptation d’un roman d’Agatha Christie. En 2008, elle prévoit de remonter une dernière fois sur scène pour jouer La Maison du lac aux côtés de Jean Piat mais une chute lors des dernières répétitions l'amène à renoncer à ce projet. En 2009, à 92 ans, elle accepte de tourner dans le nouveau film de Denys Granier-Deferre intitulé Une pièce montée au côté de Jean-Pierre Marielle.

Prix et distinctions

Danielle Darrieux est chevalier de la Légion d'honneur et officier de l'ordre des Arts et des Lettres.
  • 1955 : Victoire de la meilleure actrice
  • 1958 : Victoire de la meilleure actrice
  • 1955 : Étoile de cristal de la meilleure actrice pour Le Rouge et le Noir
  • 1985 : César d'honneur
  • 1997 : Molière d'honneur
  • 2003 : Molière de la comédienne pour Oscar et la Dame rose
  • 2010 : Globe de cristal d'honneur

Un hommage lui a été rendu à la Cinémathèque française à Paris du 7 janvier au 2 mars 2009, avec une programmation spéciale de plus de 90 films de sa filmographie. En 2010, sa carrière a été couronnée d’un Globe de Cristal d'honneur. Un autre hommage lui a été rendu par Michel Drucker dans l'émission Vivement dimanche enregistrée le 24 février 2010, au cours de laquelle elle était entourée d'amis tels que Paulette Dubost et Charles Aznavour.

[1] La Continental-Films, dite Continental, est une société de production cinématographique française financée par des capitaux allemands. Créée en 1940 par Joseph Goebbels et dirigée par Alfred Greven, elle produit une trentaine de longs-métrages entre 1941 et 1944 (dont certains comme La Main du diable et Le Corbeau sont devenus des classiques français) avant de disparaître à la Libération.

mardi 14 juin 2016

Ana GIRARDOT (Actrice française)



Ana Girardot, née le 1er août 1988, est une actrice française.

Biographie

Ana Girardot est la fille d'Hippolyte Girardot et d'Isabel Otero, et la petite-fille des peintres Antonio Otero et Clotilde Vautier (1939-1968). Elle n'a aucun lien de parenté avec la comédienne Annie Girardot.

Elle choisit d'être comédienne contre l'avis initial de son père et, durant deux ans, prend des cours de théâtre à New York. Après quelques rôles secondaires à la télévision et au cinéma, elle obtient un rôle principal particulièrement remarqué par la critique dans le film Simon Werner a disparu... de Fabrice Gobert présenté lors du Festival de Cannes 2010. Elle joue le rôle de l’énigmatique Lucy dans les Revenants saison 1 (2012) et saison 2 (2016) du même réalisateur.

Filmographie

Longs métrages

  • 1992 : Après l'amour de Diane Kurys — Juliette
  • 2010 : Simon Werner a disparu... de Fabrice Gobert — Alice Cartier
  • 2012 : Cloclo de Florent Emilio Siri — Isabelle Forêt
  • 2012 : Radiostars de Romain Lévy — Sabrina
  • 2013 : Amitiés sincères de Stéphan Archinard et François Prévôt-Leygonie — Clémence
  • 2014 : Paradise Lost (Escobar: Paradise Lost) d'Andrea Di Stefano — Anne
  • 2014 : Le Beau Monde de Julie Lopes-Curval — Alice
  • 2014 : La prochaine fois je viserai le cœur de Cédric Anger — Sophie
  • 2014 : Un homme idéal de Yann Gozlan — Alice Fursac
  • 2015 : Foujita de Kôhei Oguri - Youki
  • 2016 : Saint-Amour de Gustave Kervern et Benoît Delépine
  • 2016 : Le Vin et le vent de Cédric Klapisch

Courts métrages

  • 2009 : Spiritual America de Marc Dujarric : Tara
  • 2012 : 216 Mois de Frédéric Potier et Valentin Potier : 'Lisa
  • 2012 : Les Chancelants de Nadine Lermite : Juliette
  • 2013 : Aurore boréale de Keren Ben Rafael
Télévision
  • 2010 : Yvette collection Chez Maupassant d'Olivier Tchasky : Yvette
  • 2010 : Diane, femme flic Episode Etoiles filantes de Jean-Michel Fages : Lola
  • 2012 : Les Revenants de Fabrice Gobert (série) : Lucy
  • 2016 : Les Revenants saison 2 de Fabrice Gobert (série) : Lucy

Clips
  • 2010 : It's Working de MGMT

Théâtre

  • 2014 : Roméo et Juliette de William Shakespeare, mise en scène Nicolas Briançon, Théâtre de la Porte-Saint-Martin