Ce blog est consacré au cinéma et aux séries TV. J'y traite principalement des films et des séries que j'aime mais je me réserve aussi le droit d'en critiquer certains.
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lundi 25 mars 2024
jeudi 15 février 2024
jeudi 8 février 2024
Judith GODRECHE : plaintes contre Benoît JACQUOT et Jacques DOILLON (C à vous)
Cette vidéo est à regarder directement sur YouTube.
samedi 7 octobre 2023
Isabelle HUPPERT : C'est quoi Isabelle Huppert ? - Blow up - ARTE
lundi 18 septembre 2023
lundi 18 février 2019
Catherine FROT (Actrice française)
Catherine Frot est une actrice française, née le 1er mai 1956 à
Paris.
Biographie
D’une famille originaire de
Rochefort (Charente-Maritime), Catherine Frot est la fille d'un père ingénieur
et d'une mère professeur de mathématiques.
De vocation précoce, avec une
prédilection sensible pour le comique, elle suit dès l'âge de quatorze ans les
cours du conservatoire de Versailles, tout en poursuivant sa scolarité. Elle
entre en 1974 à l'école de la rue Blanche puis au Conservatoire. À la même
époque, elle fait partie des fondateurs de la Compagnie du Chapeau Rouge, fort
remarquée au festival d'Avignon off en 1975. C'est initialement au théâtre
qu'elle va se consacrer le plus souvent, avec en point d'orgue le rôle de la
Présidente de Tourvel dans une adaptation des Liaisons dangereuses mise
en scène par Gérard Vergez (1987). Au
théâtre, elle joue aussi de nombreux classiques : La Cerisaie et La
Mouette de Tchekhov,
respectivement mis en scène par Peter
Brook en 1982 et Pierre Pradinas
en 1985, ou encore John Gabriel Borkman d'Ibsen,
dirigé par Luc Bondy en 1993, et des
créations comme C'était comment déjà ? de Jean
Bouchaud, qui lui valut le Prix de la
révélation théâtrale de l'année du Syndicat de la critique en 1980.
Nommée en 1986 pour le César de
la meilleure actrice dans un second rôle pour son interprétation de Béatrice
dans Escalier C, il lui a fallu attendre le rôle de Yolande dans le film de
Cédric Klapisch, Un air de famille, pour se faire connaître du grand public.
Elle avait précédemment déjà tenu ce rôle dans la pièce dont le film est adapté
et avait remporté le Molière de la comédienne dans un second rôle en 1995. Pour
ce même rôle au cinéma, elle reçoit ensuite le César de la meilleure actrice
dans un second rôle en 1997.
Années 2000
En 1998, elle obtient son premier
grand rôle au cinéma, celui de l'héroïne de La Dilettante de Pascal Thomas. Sorti en 1999, le film
est un succès critique et commercial et impose l'actrice comme capable de jouer
simultanément dans les tons burlesque et tragique.
Elle enchaîne alors les premiers
rôles dans ces deux registres.
En 2001, elle évolue dans trois
longs-métrages : elle retrouve Pascal
Thomas pour la comédie chorale Mercredi, folle journée !, un
nouveau succès. Elle partage aussi l'affiche du drame Chaos avec Vincent Lindon, sous la direction de Coline Serreau. Elle participe aussi au
tournage d'une trilogie réalisée par Lucas Belvaux, composée de Un
couple épatant (2001), Cavale (2002) et Après
la vie (2003).
En 2003, elle se hisse dans des
productions plus commerciales : elle apparaît d'abord dans la comédie Chouchou,
de Merzak Allouache, mais partage
surtout l'affiche de Sept ans de mariage avec Didier Bourdon, également réalisateur
de cette satire sur le couple occidental.
2004 : elle alterne entre film
d'auteur, Éros thérapie, de Danièle
Dubroux, et l'adaptation de Vipère au poing, de Philippe de Broca, où elle incarne avec
maestria le personnage de Folcoche. Enfin, elle partage l'affiche de la comédie
Les
Sœurs fâchées avec Isabelle
Huppert.
En 2005, si la comédie Boudu,
signée Gérard Jugnot, aux côtés de Gérard Depardieu, est une déception
critique et commerciale, ses retrouvailles avec Pascal Thomas lui permettent de confirmer son succès au box-office
: la comédie policière Mon petit doigt m'a dit, adaptation
d'Agatha Christie, la voit former avec André
Dussollier un tandem d'enquêteurs décalés.
En 2006, elle renoue avec le
drame pour Le Passager de l'été, de Florence
Moncorgé-Gabin, puis pour La Tourneuse de pages, de Denis Dercourt qui sont cependant des
semi-échecs. Elle tient ensuite le rôle-titre de la comédie Odette
Toulemonde, d’Éric-Emmanuel
Schmitt.
En 2008, elle partage l'affiche
du drame L'Empreinte avec Sandrine
Bonnaire puis redevient Prudence Beresford pour la suite Le
Crime est notre affaire, toujours devant la caméra de Pascal Thomas. En juillet de la même
année, elle participe aux fêtes locales de l'île-d'Aix pour y lire dans la cour
du Fort Liédot lors d'un spectacle, des lettres d'amour écrites par Napoléon
Bonaparte.
En 2009, elle seconde, avec Karin Viard, Mathieu Amalric, héros de
l'audacieuse comédie de science-fiction Les Derniers Jours du monde, de Arnaud et Jean-Marie Larrieu. Mais
surtout, elle partage l'affiche de la satire Le Vilain avec Albert Dupontel, également réalisateur.
La décennie se conclut avec la
comédie policière Imogène McCarthery, co-réalisée par Franck Magnier et Alexandre
Charlot.
Elle débute cette décennie en
tête d'affiche du drame Coup d'éclat, de José Alcala. Mais c'est 2012 qui
s'avère être une année très prolifique : elle mène d'abord le casting féminin
de la comédie sociale Bowling, de Marie-Castille Mention-Schaar. Puis elle
conclut la trilogie policière de Pascal Thomas avec Associés contre le crime,
toujours avec André Dussollier dans le rôle du colonel Bélisaire Beresford.
Enfin, elle est l'héroïne de la comédie dramatique Les Saveurs du palais, de
Christian Vincent.
Années 2010
En 2015, elle fait un retour
remarqué en incarnant le rôle-titre de la comédie dramatique Marguerite,réalisée par Xavier Giannoli.
L'année suivante, après six précédentes nominations dans cette catégorie
majeure, sa performance lui vaut le César
de la meilleure actrice pour son rôle dans Marguerite.
La même année, elle reçoit le Molière de
la comédienne dans un spectacle de théâtre privé pour la pièce Fleur
de cactus.
En 2017, elle partage l'affiche
de la comédie dramatique Sage-Femme avec Catherine Deneuve. Elle donne aussi la réplique à Christian
Clavier pour la comédie Momo,
de Sébastien Thiéry et Vincent Lobelle.
Deux ans plus tard, elle retrouve
le réalisateur José Alcala pour Qui m'aime me suive !
Je l'ai personnellement beaucoup aimée dans Les saveurs du palais, où elle joue le rôle d'Hortense Laborie, cuisinière de renom appelée par Mitterand pour prendre la tête des cuisines de l'Elysée, et dans Sage-femme, un peu moins dans le rôle tragi-comique de Marguerite, même si je m'incline devant la performance.
Filmographie
- 1980 : Mon oncle d'Amérique d’Alain Resnais : Arlette Le Gall, jeune fille
- 1981 : Psy de Philippe de Broca : Babett
- 1981 : Les Babas-cool de François Leterrier : Véronique
- 1982 : Guy de Maupassant de Michel Drach : Mouche
- 1983 : Du sel sur la peau de Jean-Marie Degèsves : Charlotte
- 1983 : Une pierre dans la bouche de Jean-Louis Leconte : Jacky
- 1985 : Escalier C de Jean-Charles Tacchella : Béatrice
- 1985 : Elsa, Elsa de Didier Haudepin : Juliette
- 1987 : Le Moine et la Sorcière de Suzanne Schiffman : Cécile
- 1989 : Chambre à part de Jacky Cukier : Babette
- 1990 : Sushi Sushi de Laurent Perrin : la banquière
- 1990 : Tom et Lola de Bertrand Arthuys : Catherine, la mère de Tom
- 1990 : Bienvenue à bord ! de Jean-Louis Leconte : la blonde
- 1993 : Vieille Canaille de Gérard Jourd'hui : Marylin
- 1993 : Vent d'est de Robert Enrico : Martha Hubber
- 1993 : Juste avant l'orage de Bruno Herbulot : Irène
- 1994 : J'ai pas sommeil de Claire Denis : la femme à la bibliothèque
- 1996 : Un air de famille de Cédric Klapisch : Yolande Ménard
- 1998 : Le Dîner de cons de Francis Veber : Marlène Sasseur
- 1998 : Paparazzi d’Alain Berberian : Évelyne Bordoni
- 1998 : Ça reste entre nous de Martin Lamotte : Hélène
- 1998 : Dormez, je le veux ! d’Irène Jouannet : la mère
- 1999 : À vot'service d’Éric Bartonio : Fanny « Europe-Secours »
- 1999 : La Nouvelle Ève de Catherine Corsini : Isabelle
- 1999 : La Dilettante de Pascal Thomas : Pierrette Dumortier
- 1999 : Inséparables de Michel Couvelard : Gisèle
- 2001 : Mercredi, folle journée ! de Pascal Thomas : Sophie
- 2001 : Chaos de Coline Serreau : Hélène
- 2001 : Un couple épatant de Lucas Belvaux : Jeanne Rivet
- 2002 : Cavale de Lucas Belvaux : Jeanne Rivet
- 2003 : Après la vie de Lucas Belvaux : Jeanne Rivet
- 2003 : Chouchou de Merzak Allouache : Dr Milovavovich
- 2003 : Sept ans de mariage de Didier Bourdon : Audrey
- 2004 : Éros thérapie de Danièle Dubroux : Agnès
- 2004 : Vipère au poing de Philippe de Broca : « Folcoche »
- 2004 : Les Sœurs fâchées d’Alexandra Leclère : Louise Mollet
- 2005 : Boudu de Gérard Jugnot : Yseult Lespinglet
- 2005 : Mon petit doigt m'a dit de Pascal Thomas : Prudence Beresford
- 2006 : Le Passager de l'été de Florence Moncorgé-Gabin : Monique
- 2006 : La Tourneuse de pages de Denis Dercourt : Ariane Fouchécour
- 2007 : Odette Toulemonde d’Éric-Emmanuel Schmitt : Odette Toulemonde
- 2007 : Cendrillon et le Prince (pas trop) charmant de Paul J. Bolger : voix française de Frieda
- 2008 : L'Empreinte de Safy Nebbou : Elsa Valentin
- 2008 : Le Crime est notre affaire de Pascal Thomas : Prudence Beresford
- 2009 : Les Derniers Jours du monde de Arnaud et Jean-Marie Larrieu : Ombeline
- 2009 : Le Vilain d’Albert Dupontel : Maniette Thomas
- 2010 : Imogène McCarthery de Franck Magnier et Alexandre Charlot : Imogène
- 2011 : Coup d'éclat de José Alcala : Fabienne
- 2012 : Bowling de Marie-Castille Mention-Schaar : Catherine
- 2012 : Associés contre le crime de Pascal Thomas : Prudence Beresford
- 2012 : Les Saveurs du palais de Christian Vincent : Hortense Laborie
- 2015 : Marguerite de Xavier Giannoli : Marguerite Dumont
- 2017 : Sage-Femme de Martin Provost : Claire Breton
- 2017 : Momo de Sébastien Thiéry et Vincent Lobelle : Madame Prioux
- 2019 : Qui m'aime me suive ! de José Alcala : Simone
lundi 31 juillet 2017
HOMMAGE A JEANNE MOREAU
Hommage à Jeanne Moreau,
une immense actrice et une femme libre.
Par un message de France Info datant d’aujourd’hui (31/07/2017),
nous apprenons le décès de Jeanne Moreau
à son domicile, dans sa 89ème année.
Je reprends ici le communiqué de
presse, non signé, de France Info :
« Elle quitte le tourbillon de la vie. Le cinéma français perd
l'une de ses plus grandes représentantes. Jeanne Moreau est morte à l'âge de 89
ans, lundi 31 juillet. Elle a été retrouvée sans vie à son domicile parisien, a
précisé Jeanne d'Hauteserre, maire du 8e arrondissement, confirmant
une information du magazine Closer. Elle a notamment joué dans Jules et Jim de
François Truffaut, Le Journal d'une femme de chambre de Luis Buñuel et Les
Amants de Louis Malle. »
Jeanne Moreau a été récompensée
par le prix d'interprétation féminine du Festival de Cannes en 1960 pour le
rôle d'Anne Desbarèdes dans Moderato Cantabile de Peter Brook.
Elle avait aussi obtenu le César de la meilleure actrice pour La
Vieille qui marchait dans la mer en 1992. L'actrice avait tourné avec
les plus grands réalisateurs français comme François Truffaut ou André
Téchiné, et internationaux, comme Orson
Welles ou Wim Wenders. »
A 19 ans, elle lâche une carrière
prometteuse à la Comédie Française, scandalisant ses collègues, pour suivre Jean Vilar qui venait de créer le
Festival d’Avignon. Dès 1947, elle y joua dans trois pièces, dont un Shakespeare,
puis, en 1951, aux côtés de Gérard
Philippe, dans un inoubliable Prince
de Hombourg mis en scène par Jean
Vilar.
Jeanne Moreau était une grande
actrice et une belle personne : bien qu’elle ait toujours refusé l’étiquette
de « féministe », elle soutint le combat de Simone Veil pour la légalisation
de l’avortement et signa le « Manifeste des 343 salopes » qui reconnaissaient avoir été contraintes à avorter au moins une fois dans leur vie.
En 2008, elle afficha son soutien
aux sans-papiers en enregistrant deux émouvantes lettres diffusées dans le
monde entier.
« Oui, c’est vraiment du
vent cette histoire ! C’est un projet de loi inapplicable, sans aucun
fondement. On nous a beaucoup dit, pour lui donner du crédit, que même des gens
de gauche le soutenaient, certains ont même écrit que le PS les avait déçus en
s’y opposant. Mais je ne suis pas sûre que ces artistes-là votent encore à
gauche… Enfin bon, c’est une question de génération. Aujourd’hui, les jeunes
artistes se font connaître par internet, par la gratuité, c’est absurde de
vouloir s’y opposer. Laissez-les voler, les internautes, c’est pas eux les
bandits ! »
Et dans la même interview, voilà
ce qu’elle disait sur la politique culturelle et les politiques en général :
« Ah oui, bien sûr ! J’ai de vrais emportements quand j’observe ce
qu’il se passe. Mais les emportements, ça ne sert pas à grand-chose. Je vais
voter, croyez-moi ! (Rires). Les gens qui s’abstiennent, ça me retourne. Je dis
à mes amis qui ne vont pas voter : “Mais l’Etat, c’est nous ! Ces gens-là, les
responsables politiques, sont nos employés. Parce que nous votons, nous les
embauchons. L’Elysée, c’est nous, c’est notre argent.” Comment peut-on refuser
la possibilité de s’exprimer là-dessus ? »
- S. Hessel : « On
me dit, Jeanne, que vous êtes une « indignée ». On me fait toujours le coup,
maintenant, depuis que j'ai publié ce petit bouquin[4] : «
Vous n'êtes pas le seul indigné, il y en a d'autres.» Ainsi, Jeanne Moreau est
une indignée perpétuelle. (…) Nous vivons dans un monde qui mérite toutes les
révoltes. Si vous vous considérez comme une révoltée, vous avez raison. »
- J. Moreau : « Quand j'ai vu le titre de votre
livre, je me suis dit : « Moi, je suis révoltée.» Je n'ai jamais dit à personne
que j'étais indignée, mais toute ma vie est celle d'une révoltée. Je me suis
révoltée contre l'autorité paternelle pour arriver à être ce que je suis.
Enfant, je me suis révoltée contre les adultes, je les trouvais trop cons (…) Maintenant
je pourrais grimper sur des barricades mais, malheureusement, j'ai passé l'âge.
Je suis devenue révolutionnaire trop tard. Les scandales politiques ou
financiers s'accumulent. On parle sans cesse de transparence alors que tout est
obscur : abus de pouvoir, appât de l'argent. »
-L’Obs : « Stéphane
Hessel, une cause vous tient à cœur depuis de nombreuses années, celle des
sans-papiers et des immigrés. Jeanne Moreau, en 2008, vous avez lu et
enregistré deux lettres ouvertes à Brice Hortefeux à l'appel de RESF (Réseau
Education sans Frontières) où vous affirmez qu'en tant que citoyenne française
vous avez honte de l'accueil fait aux immigrés, ces gens qui ont le courage de
tout quitter. Comment ce combat vous réunit-il ? »
- J. Moreau : « J'ai
du sang arabe, vous savez (…) Alors, oui, j'ai enregistré deux lettres
admirables qui ont été diffusées par internet dans le monde entier, même au
Japon. J'avais été invitée par Ariane Mnouchkine, cette femme magnifique du
Théâtre du Soleil, pour une réunion en soutien aux sans-papiers. Et j'ai choisi
deux lettres proposées par RESF. Souvenez-vous qu'à l'époque quiconque venait
en aide à un sans-papiers pour l'héberger était menacé de poursuite : 60.000
euros d'amende et la prison. J'ai signé le manifeste. J'ai dit : « Si je peux
protéger et abriter quelqu'un, je le ferai.» (…) Il faut résister. J'admire le
parcours de Stéphane Hessel. De Gaulle, la Résistance, les camps, son évasion.
Mais l'espoir... Moi, par moments je me réveille et je n'ai plus d'espoir. Je
suis désespérée et donc je peux devenir violente. [A propos de sa carrière] :
« On m'a toujours proposé des rôles de femme indépendante et révoltée.
Regardez aujourd'hui à qui sont identifiées les femmes, avec l'histoire DSK. La
femme est présentée comme une enjôleuse, un morceau de bifteck auquel il ne
peut pas résister. Pour les parties fines, si on ne lui a jamais demandé
d'argent, c'est parce que pour lui les femmes brûlent du désir de s'envoyer en
l'air avec lui. Elles sont donc un produit de consommation courante, des «
copines » que les hommes se refilent entre eux ! Mais enfin ce n'est pas possible
! Je n'ai jamais fait partie d'un groupe de féministes, je n'aime pas les
groupes. Je mène ma vie en féministe, dans mes actions quotidiennes, même les
plus infimes - respect pour l'une, respect pour l'autre (…). »
En 2013, elle soutint l'une des Pussy Riot,
emprisonnée en Russie, et décide de lire une lettre au micro de France Culture
et de Mediapart pour "exprimer (sa) révolte".
En 2015, elle signa une
tribune dans le Monde pour rappeler à François Hollande quelques-unes de ses
nombreuses promesses de campagne non tenues pendant le quinquennat.
Elle avait déclaré : « A mon âge, je ne peux plus monter sur les
barricades (…). Je prends la parole pour exprimer ma révolte. Je veux toucher
le plus de monde possible pour dénoncer ce qui arrive à cette jeune femme dont
la vie est en danger ».
Personnellement, à part son inoubliable
interprétation du « Tourbillon de la vie », dans Jules et Jim, sa
prestation qui m’a le plus marqué au cinéma, c’est, en 1967, son rôle dans La mariée était en noir de Truffaut.
Elle est aussi stupéfiante dans le rôle de Marguerite Duras dans le biopic Cet amour-là, de Josée Dayan,
aux côtés d’Aymeric Demarigny (2001).
Au revoir, Jeanne. Nous n'oublierons ni ton visage, ni ta voix.
[1] Arnaud
Schwarz, La Croix, 31/7/2017.
[2] Loi
visant à pénaliser le téléchargement sur Internet. Cf. « Jeanne Moreau à
Avignon, interview », in : Les
Inroks, 08/07/2009.
[3] "Toute
ma vie est celle d'une révoltée" : quand Jeanne Moreau s'entretenait avec
Stéphane Hessel. L’Obs, 2 janvier 2012. Toute l’interview est passionnante à
lire : http://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20111221.OBS7300/jeanne-moreau-stephane-hessel-la-rencontre.html
[4]
Indignez-vous ! Montpellier, Indigène éd., 2010.
samedi 4 février 2017
Lucie LUCAS (Actrice française)
Lucie Lucas est une actrice et mannequin française, née le 24 mars
1986 à Asnières-sur-Seine. Elle est notamment connue grâce à son rôle de
Clémentine Boissier depuis 2010, dans la série télévisée Clem.
Biographie
À neuf ans, Lucie Lucas commence
à suivre des cours de théâtre, puis durant son adolescence elle s'inscrit dans
une agence de mannequins. Elle débute au cinéma en jouant dans le film 15 ans
et demi en 2007. Sa carrière débute à la télévision en 2009 avec Les Petits
Meurtres d'Agatha Christie. La jeune femme devient connue du grand public en
2010 grâce au rôle de Clémentine Boissier dans la série télévisée Clem,
diffusée sur TF1, dans laquelle elle occupe le rôle principal aux côtés de
l'actrice espagnole Victoria Abril, qui joue le rôle de Caroline ‘Caro’, sa mère
dans la série. Le 7 novembre 2015, Lucie et Rayane Bensetti remettent un NRJ
Music Awards au duo Fréro Delavega. Le 25 décembre 2015, Rayane Bensetti annonce
qu'il jouera à ses côtés dans Coup de foudre à Jaipur, une fiction TF1, dont le
tournage a eu lieu entre février et mars 2016 en Inde. En décembre 2015, Lucie
a été dans le top 10 des femmes françaises les plus sexy derrière Alexandra
Lamy.
Cinéma
- 2008 : 15 ans et demi de François Desagnat et Thomas Sorriaux
- 2009 : Le Missionnaire de Roger Delattre
- 2016 : Porto (en) : Mati Vargnier
Télévision
Séries télévisées
- 2009 : Les Petits Meurtres d'Agatha Christie : Esther
- 2009 : Femmes de loi : Charlotte Rohmer
- 2009 : Un Flic : Bimbo
- Depuis 2010 : Clem de Joyce Bunuel : Clémentine Boissier, dite Clem
- 2013 : Nos chers voisins : Adeline, la baby-sitter des Dubernet-Carton
- 2014 : Nicolas Le Floch : Le Cadavre anglais de Philippe Bérenger, téléfilm : Agnès Guinguet.
- 2016 : Le Secret d'Élise : Christelle Bordat, l'assistante sociale (époque 1986)
- 2016 : Meurtres à l'île de Ré : Margaux Pelletier
- 2010 : Le Pigeon de Lorenzo Gabriele : Lucie Jourdain
- 2016 : Coup de foudre à Jaipur : Anne Delorm
vendredi 25 novembre 2016
Virginie EFIRA (Actrice française)
Virginie Efira
est une actrice belge naturalisée française née le 5 mai 1977 à Schaerbeek
(Région de Bruxelles-Capitale). Elle a débuté sur le petit écran en tant
qu'animatrice à la télévision belge, puis à la télévision française. Animatrice de télévision de 1998 à 2008, elle débute sa
carrière de comédienne en 2004.
Biographie
Enfance et formation
Fille du professeur André Efira, médecin oncologue, et de
Carine Verelst, esthéticienne, artiste puis restauratrice dans le Luberon, elle
a une sœur joueuse de football américain, un premier frère peintre et un second
qui construit des cabanes dans les arbres en Amérique du Sud. Elle étudie le
latin, les mathématiques, la psychologie et les sciences sociales, et entre
ensuite à l'Institut national supérieur des arts du spectacle puis au
conservatoire pour faire du théâtre.
Sa carrière d'animatrice de télévision débute en 1998 sur la
chaîne belge Club RTL quand Marc Nivesse, producteur de Mégamix, émission pour
adolescents, la choisit pour animer l'émission avec Lidia Gervasi.
En 2000, Virginie participe, aux côtés de Patrick Ridremont,
son futur époux, à l'émission Night Shop dans une courte séquence humoristique
pour la chaîne Canal+ Belgique.
En septembre 2002, RTL-TVi lui propose l'animation des
quotidiennes et des émissions en première partie de soirée (avec Frédéric
Herbays) de Star Academy en Belgique puis de À la Recherche de la Nouvelle
Star, toujours en Belgique.
Repérée par la chaîne de télévision française M6 en 2003, à
l'occasion d'un casting pour l'émission de météo, elle devient rapidement la
figure du divertissement de la chaîne. En 2003, elle co-anime la finale
d'Opération séduction ; puis présente, entre autres, Le Grand Zap, La Saga
des…, Follement Gay, Absolument 80/90, Le Grand Piège ou encore Drôles
d'équipes.
Toujours sur M6, elle présente Classé Confidentiel, en 2005,
puis remplace, en 2006, Benjamin Castaldi parti à TF1, pour présenter la
Nouvelle Star. Virginie Efira continue également de présenter des émissions
ponctuelles en Belgique, sur RTL-TVi.
Elle signe avec Canal+ en juin 2008, abandonnant ainsi la
présentation de Nouvelle Star sur M6. Elle anime sur Canal+ une émission de
divertissement, Canal Presque, avec Ahmed Hamidi, un ex-auteur des Guignols, et
avec comme invités pour la première Omar et Fred.
En 2010, elle déclare dans Paris Match qu'elle ne refera pas
d'animation télé « à moins d'avoir cinq enfants qui n'ont plus rien à manger »
et se concentre dorénavant sur sa carrière de comédienne et d'actrice qui elle
l'espère sera variée dans les propositions entre cinéma d'auteur et comédie
populaire.
En 2010, elle participe à l'émission de Frédéric Lopez
Rendez-vous en terre inconnue, où elle rencontre une minorité mongole, les
Tsaatan. L'émission, diffusée sur France 2, fait un record d'audience avec 8,1
millions de téléspectateurs. En 2013, elle est à nouveau invité par Frédéric
Lopez dans l'émission La Parenthèse inattendue, aux côtés de Philippe Gildas et
Tony Estanguet.
Doublage et comédienne de télévision (2004-2008)
Sa carrière de comédienne commence avec le doublage de
Garfield le film, en 2004, et Garfield 2 en 2006 pour le personnage de Liz
Wilson, jouée par Jennifer Love Hewitt.
Elle tourne ensuite dans le court métrage Africains poids
moyens, film belgo-congolais de Daniel Cattier présenté l'année suivante au 15e
Festival du Cinéma Africain.
En 2005, Virginie fait le doublage de Piper dans le film d'animation
Robots. Elle joue ensuite dans une pièce de théâtre en Belgique, Pour ses beaux
yeux de René de Obaldia, au théâtre de la Valette.
En 2006, Virginie Efira tourne une fiction de cinquante-deux
minutes pour la chaîne et le téléfilm Un amour de fantôme aux côtés de Bruno
Putzulu. Elle interprète également l'épouse de Bohort dans la série française
Kaamelott.
En 2007, elle joue son propre rôle dans la série Off Prime,
avec Alban Lenoir, Simon Astier et Elise Otzenberger, série réalisée par Bruno
Solo et Stéphane Kopecky dont deux saisons seront tournées, et programmées par
la chaîne M6 jusqu'en avril 2008.
Carrière au cinéma (depuis 2010)
En 2010, Philippe Lefebvre dans Le Siffleur lui offre son
premier rôle important dans un long métrage avec Thierry Lhermitte et François
Berléand. Mais c'est dans un registre romantique qu'elle s'impose : elle
obtient son premier succès au cinéma avec L'amour c'est mieux à deux, avec
notamment Manu Payet et Clovis Cornillac. Elle poursuit donc avec une autre
comédie romantique, sortie en 2011, La Chance de ma vie, face à François-Xavier
Demaison. La même année, elle évolue dans la satire franco-belge Mon pire
cauchemar, sous la direction d'Anne Fontaine, et aux côtés d'Isabelle Huppert,
Benoît Poelvoorde et André Dussollier.
En 2012, elle est la voix française de Mavis (la fille de
Dracula) dans le film d'animation Hôtel Transylvanie.
L'année 2013 est marquée par la sortie de cinq films. Elle
partage l'affiche de la comédie dramatique Cookie, avec Alice Taglioni, et
devant la caméra de Léa Fazer ; tient le premier rôle féminin de la comédie
franco-belge Dead Man Talking, réalisée par son ex-mari Patrick Ridremont ;
fait partie de la comédie chorale Les Invincibles, aux côtés de Gérard
Depardieu, Atmen Kélif, Édouard Baer et Daniel Prévost ; s'essaye au drame en
donnant la réplique à François Cluzet pour le drame En solitaire, réalisé par
Christophe Offenstein ; mais finalement confirme de nouveau dans un registre
romantique : son interprétation d'une "MILF" dans le long-métrage de
David Moreau, 20 ans d'écart est saluée, face au jeune premier Pierre Niney, pensionnaire
de la Comédie-Française.
L'actrice est élue femme de l'année 2013 par le magazine GQ.
En 2015, elle défend trois films. Elle tient le rôle d'une
mère de famille dans la comédie de Jean-Pierre Améris, Une famille à louer. Se
fait diriger par Emmanuel Mouret pour la comédie de mœurs Caprice ; et partage
l'affiche de la comédie dramatique Le Goût des merveilles, écrite et réalisée
par Éric Besnard, avec un autre pensionnaire de la Comédie-Française, Benjamin
Lavernhe. La même année, elle fait partie du jury du 26e Festival du film
britannique de Dinard, présidé par Jean Rochefort.
En 2016, elle passe vers des productions plus exposées en
tenant le rôle-titre de l'adaptation Et ta sœur ?, signée Marion Vernoux ;
partage l'affiche de la comédie romantique Un homme à la hauteur avec la star
Jean Dujardin, sixième réalisation de Laurent Tirard ; et fait partie du
casting international réuni par le cinéaste néerlandais Paul Verhoeven pour la
co-production Elle, menée par Isabelle Huppert. Enfin, elle revient pour une
seconde fois au drame en incarnant l'héroïne de Victoria, écrit et réalisé par
Justine Triet, et présenté au Festival de Cannes 2016.
Filmographie
Cinéma
- 2005 : Africains poids-moyens (court métrage) : Vickie
- 2009 : Les Barons de Nabil Ben Yadir : L'artiste
- 2010 : Le Siffleur de Philippe Lefebvre : Candice
- 2010 : L'amour c'est mieux à deux de Dominique Farrugia et Arnaud Lemort : Angèle
- 2010 : Kill Me Please de Olias Barco : Inspectrice Evrard
- 2011 : La Chance de ma vie de Nicolas Cuche : Joanna Sorini
- 2011 : Mon pire cauchemar d'Anne Fontaine : Julie
- 2012 : Hénaut Président, de Michel Muller : Elle-même
- 2013 : Cookie de Léa Fazer : Delphine
- 2013 : Dead Man Talking de Patrick Ridremont : Elisabeth Lacroix
- 2013 : 20 ans d'écart de David Moreau : Alice Lantins
- 2013 : Les Invincibles de Frédéric Berthe : Caroline
- 2013 : En solitaire de Christophe Offenstein : Marie Drevil
- 2015 : Caprice d'Emmanuel Mouret : Alicia
- 2015 : Une famille à louer de Jean-Pierre Améris : Violette
- 2015 : Le Goût des merveilles d'Éric Besnard : Louise
- 2016 : Et ta sœur ? de Marion Vernoux : Marie
- 2016 : Un homme à la hauteur de Laurent Tirard : Diane
- 2016 : Elle de Paul Verhoeven : Rebecca
- 2016 : Victoria de Justine Triet : Victoria Spick
- 2017 : Pris de court d'Emmanuelle Cuau
- 2019 : Sibyl de Justine Triet : Sibyl
- 2020 : Adieu les cons d'Albert Dupontel : Suze Trappet
- 2020 : En attendant Bojangles
- 2022 : Les enfants des autres de Rebecca Zlotowski
- 2022 : Revoir Paris d'Alice Winocour : Mia
Télévision
Séries télévisées
- 2006 / 2009 : Kaamelott : Berlewen, l'épouse de Bohort
- 2007 : Off Prime : Elle-même
- 2016 : La Folle Soirée du Palmashow 3 : Elle-même
- 2007 : Mon amour de fantôme d'Arnaud Sélignac : Anna
- 2010 : En chantier, monsieur Tanner de Stefan Liberski : La banquière
- 2011 : À la maison pour Noël de Christian Merret-Palmair : Sarah Moreau
- 2014 : Camping Paradis de Christian Merret-Palmair : Laurie Arnaud
- 2016 : Love Island de Laurie Arnaud : Laurie Arnaud
- 2010 : Rendez-vous en terre inconnue (émission de télévision) présentée par Frédéric Lopez : Chez les Tsaatans, en Mongolie
- 2013 : Le Débarquement 2 (émission de télévision) : Sketch Un jour avec
mercredi 9 novembre 2016
DANIELLE DARRIEUX (Actrice française)
Danielle Darrieux (1951)
Danielle Darrieux, née le 1er mai 1917 à Bordeaux, est une actrice
française, qui, au cours d'une des plus longues carrière cinématographiques -
huit décennies -, a traversé l’histoire du cinéma parlant et est aujourd'hui
une des dernières actrices mythiques du cinéma mondial.
Comédienne, elle a abordé tous
les genres : des rôles de jeunes filles ingénues dans des comédies musicales «
à la française », aux jeunes filles romantiques de drames historiques (Marie
Vetsera de Mayerling en 1936, Catherine Yourevska de Katia en 1938), en
passant par les mélodrames et les comédies d’Henri Decoin, dont Abus
de confiance (1938), Retour à l'aube (1938), Battement
de cœur (1939), Premier rendez-vous (1941), La
Vérité sur Bébé Donge (1952) et surtout les films de Max Ophüls, qui,
après la bourgeoise de La Ronde, lui fera jouer une
prostituée dans Le Plaisir et lui offrira son plus beau rôle dans Madame
de...
Vingt ans avant Brigitte Bardot, cette comédienne
imposait les initiales de son prénom et de son nom : DD.
Biographie
Enfance
Née au sein d’une famille de
mélomanes, Danielle Darrieux voit le
jour à Bordeaux mais passe son enfance à Paris. Son père, d'origine bordelaise,
est ophtalmologiste ; sa mère a des ascendances alsacienne et polonaise
(famille Witkowski).
Elle a un frère cadet, Olivier
André, né le 26 juillet 1921 et mort à Neuilly-sur-Seine le 16 décembre 1994,
qui a fait une carrière d’acteur.
La mort prématurée de son père,
alors qu'elle n'a que sept ans, contraint sa mère à donner des leçons de chant
pour subsister. Danielle Darrieux en
retire très tôt un goût prononcé pour la musique. Elle est dotée d’une voix
menue, mais juste et claire. Elle prend également des cours de violoncelle et
de piano, puis étudie le violoncelle au Conservatoire de musique.
Débuts
Par l’intermédiaire du mari d’une
élève de sa mère, Marie Serta, elle apprend que deux producteurs, Delac et
Vandal, recherchent une héroïne de treize ou quatorze ans pour leur prochain
film. Elle se présente aux studios d’Épinay et fait des essais qui se révèlent
concluants. Elle débute à 14 ans dans Le Bal (1931) de Wilhelm Thiele et,
séduisant les producteurs par son allant et sa spontanéité, elle obtient
immédiatement un contrat de cinq ans. Ne pensant pas alors exercer le métier
d'actrice, elle n'a jamais pris de cours d'art dramatique.
Sa carrière commence avec des
rôles de gamine facétieuse et fantasque aux côtés d'acteurs populaires du
cinéma français d'avant-guerre : Jean-Pierre
Aumont, Henri Garat, Pierre Mingand et surtout Albert Préjean avec qui elle forme, en
six films, le couple de charme des comédies musicales françaises des années
1930 (La
crise est finie, Dédé, Quelle drôle de gosse…).
Dès son premier film, elle chante et interprète, dans bon nombre de ses films
(bien souvent dans des compositions de Georges
Van Parys), des chansons populaires qui deviendront des succès : La crise est finie, Un mauvais garçon, Une charade et Premier rendez-vous.
Toujours en 1935, Anatole Litvak lui offre un rôle plus
dramatique : dans Mayerling, elle interprète une fragile et touchante comtesse
Marie Vetsera aux côtés de Charles Boyer,
déjà star en Amérique du Nord. Le film connaît un succès mondial qui lui ouvre
les portes d’Hollywood : elle signe un contrat de sept ans avec les studios
Universal. Accompagnée de son mari, elle s’embarque pour Hollywood et tourne
son premier film américain en 1938, La Coqueluche de Paris avec Douglas Fairbanks Jr. Nino Frank,
journaliste, déclare : « Danielle
Darrieux débute à Hollywood et elle le fait avec une grâce extrêmement nuancée,
un charme dépourvu de timidité, un talent qui enchante parce qu’elle est à
l’aise et ne le brandit pas comme un drapeau. » Mais très vite elle
s’ennuie à Hollywood et préfère casser son contrat pour rentrer en France.
Entre-temps, Danielle Darrieux a déjà tourné un film de Maurice Tourneur, Katia qui exploite le succès et la
magie de Mayerling. Henri Decoin
confirmera également le talent dramatique de Danielle Darrieux avec Abus de confiance et Retour
à l'aube, et surtout, profitant de son expérience acquise aux
États-Unis, il tourne Battement de cœur.
Durant cette période, elle a
aussi tourné dans le film Mauvaise Graine (1933), réalisé par
un scénariste autrichien exilé, fuyant l’Allemagne nazie, Billy Wilder. Un film tourné dans les rues de Paris en décors
naturels.
Elle devient, en 1935, l'épouse
du réalisateur Henri Decoin,
rencontré un an plus tôt lors du tournage de L'Or dans la rue. Il lui
fait tourner des comédies comme J'aime toutes les femmes, Le
Domino vert, Mademoiselle ma mère... Les trois derniers films de Decoin
sont des succès et Darrieux est l’une des vedettes les plus populaires du
moment. Son dernier film avec Decoin, Coup
de foudre, est interrompu par la déclaration de guerre et il restera
inachevé.
Divorcée d’Henri Decoin en 1941, Danielle Darrieux accepte, la même
année, de tourner dans Premier rendez-vous pour la
Continental. Le film et la chanson-titre connaissent un énorme succès.
Elle se remarie en 1942 avec Porfirio Rubirosa, rencontré dans le
Midi de la France, ambassadeur de la République dominicaine, qui sera soupçonné
d’espionnage contre l’Allemagne au point d’y être interné. Alfred Greven,
directeur de la Continental, fait subir des pressions à Danielle Darrieux au
point d’exiger d’elle, si elle ne veut pas que « la personne qui lui était
chère eût de gros ennuis », de tourner deux autres films Caprices et La
Fausse Maîtresse.
Elle fit également partie du
voyage à Berlin en mars 1942 en compagnie d’autres acteurs français sous
contrat avec la Continental[1]
dont Albert Préjean, René Dary, Suzy Delair, Junie Astor
et Viviane Romance. Dans un
documentaire diffusé sur ARTE au début des années 1990, elle déclarait qu’elle
n'était partie en Allemagne, qu'après un accord avec les Allemands, en ayant
l'assurance de rencontrer son mari Porfirio
Rubirosa qui y était incarcéré.
Une fois son mari libéré, elle
rompt son contrat avec la Continental et passe la fin de la guerre en résidence
surveillée à Megève puis, sous un faux nom, dans la région parisienne. Elle ne
fut que peu inquiétée à la Libération.
Danielle Darrieux dans l'émission de Michel Drucker "Vivement Dimanche" (2010)
L'après-guerre
Après trois ans d’interruption, Danielle Darrieux revient à l’écran,
décidée à tourner la page des rôles de jeunes filles écervelées de ses débuts.
Après quelques années un peu
grises, elle se remarie une troisième et dernière fois avec Georges Mitsinkidès en 1948, et commence
une seconde carrière.
Jean Cocteau avait envisagé, quelques années plus tôt, d’adapter La
Princesse de Clèves avec Danielle. Après
quelques films mineurs, il fait appel à elle pour interpréter la reine
d’Espagne dans Ruy Blas (1948) de Pierre
Billon avec Jean Marais. Mais
c’est Claude Autant-Lara qui,
l’employant différemment, lui donne l’occasion de renouer avec le succès avec
trois films, un vaudeville Occupe-toi d'Amélie (1949), où elle
joue une femme entretenue de la Belle Époque.
Son ex-mari, Henri Decoin la sollicite et l’impose dans un rôle très noir dans La
Vérité sur Bébé Donge (1952) avec Jean
Gabin où elle incarne une épouse aimante et bafouée qui devient une
meurtrière statufiée. Elle fera deux autres films avec Decoin, un polar, Bonnes
à tuer, et un film historique, L'Affaire des poisons, où elle
incarne Madame de Montespan.
Dans Le Bon Dieu sans confession
(1953) où, rouée et ambiguë, elle interprète la garce assumée.
Dans les années 1950, elle
retrouve Hollywood pour quelques films. Max
Ophüls fait d’elle son égérie. Il lui fait tourner trois films majeurs : La
Ronde (1951) où elle incarne une épouse infidèle que ni son mari ni son
amant ne parviennent à satisfaire ; Le Plaisir (1952) et surtout Madame
de... Film qui commence comme une comédie légère et sombre dans le
drame. Danielle Darrieux y est comparée à Dietrich et à Garbo. Karl Guérin
écrira sur cette collaboration : « … de La Ronde au Plaisir, du Plaisir à Madame de…, les personnages interprétés
par Danielle Darrieux découvrent la
réalité du masque social dont ils finissent par être les victimes. Errant au
milieu de tous les bonheurs possibles et jamais réalisés, celle qui fut la plus
célèbre ingénue du cinéma français semble de film en film découvrir avec
naïveté et étonnement l’univers des sensations et des passions. Parvenir à
animer d’un frémissement ce visage et ce corps si ordinairement élégants,
parvenir à attirer à la lumière du jour un peu de la femme dissimulée derrière
l’image frivole et rassurante chère à l’actrice : voilà l’indice d’un certain
plaisir ophulsien dont Danielle Darrieux fut plus que tout autre la victime
consentante. »
Elle tourne alors avec les plus
grands acteurs de l’époque Jean Gabin,
Jean Marais, Jeanne Moreau, Bourvil,
Fernandel, Louis de Funès, Alain Delon, Jean-Claude Brialy, Michèle Morgan, Michel Piccoli… Elle donne la réplique à Gérard Philipe dans deux adaptations de classiques de la
littérature, en amoureuse éplorée dans Le Rouge et le Noir (1954) de Claude Autant-Lara d’après Stendhal et
en femme d’affaires mêlant autorité et séduction dans Pot-Bouille (1957) de Julien Duvivier d’après Zola, deux
énormes succès. Sous sa direction, elle est entourée d’acteurs comme Paul Meurisse, Lino Ventura, Serge Reggiani, Bernard Blier… dans un huis clos
dramatique, Marie-Octobre (1959). Elle tournera encore avec Marcel L'Herbier, Sacha Guitry,
Christian-Jaque, Marc Allégret, Henri Verneuil…
Elle chante et danse dans une
comédie musicale aux côtés de Jane
Powell dans Riche, jeune et jolie. Elle est choisie par Joseph Mankiewicz pour incarner la
comtesse Anna Slaviska dans L'Affaire Cicéron avec James Mason, elle joue également la
mère de Richard Burton (pourtant son
cadet de 7 ans seulement) dans Alexandre le Grand (1956) de Robert Rossen.
Elle tourne alors avec les plus
grands acteurs de l’époque Jean Gabin,
Jean Marais, Jeanne Moreau, Bourvil,
Fernandel, Louis de Funès, Alain Delon, Jean-Claude Brialy, Michèle Morgan, Michel Piccoli…
Les années 1960 et au-delà
La nouvelle vague la fait
tourner, Claude Chabrol dans Landru
(1962) et Jacques Demy dans Les Demoiselles de Rochefort (1967). Elle reste, dans cette comédie
musicale, la seule comédienne non doublée au chant.
Parallèlement, elle retourne au
théâtre. Après avoir fait ses débuts en 1937 dans une pièce d’Henri Decoin, Jeux dangereux et
quelques pièces au cours des deux décennies suivantes (Sérénade à trois de Noel Coward, Faisons un rêve de Sacha Guitry…), Françoise Sagan, scénariste du Landru de Chabrol, lui offre un rôle
en or en 1963, dans La Robe mauve de Valentine.
Dominique Delouche, jeune cinéaste, la sollicite pour deux films, Vingt-quatre
heures de la vie d'une femme (1968), un film que Max Ophüls voulait déjà tourner avec elle et Divine (1975), une
comédie musicale.
Jacques Demy reprend le projet d’un film abandonné sept ans plus
tôt, Une
chambre en ville. Apprenant cela, Danielle
Darrieux contacte le réalisateur, démarche qu’elle n’avait jamais
entreprise pour aucun film, en espérant interpréter la baronne Margot Langlois,
rôle prévu auparavant pour SimoneSignoret. Demy, qui s’était toujours promis de retrouver l’actrice, n’osait
pas la solliciter pour incarner le rôle d’une alcoolique. Danielle Darrieux effectue son retour pour ce film, un drame social
entièrement chanté (seule elle et Fabienne
Guyon chantent avec leur propre voix), succès critique mais échec public.
Paul Vecchiali la dirige dans En haut des marches (1983). Elle y
incarne le premier rôle d’une institutrice, très proche de la propre mère du
cinéaste, qui revient à Toulon quinze ans après la guerre et affronte les
souvenirs liés à la mort de son mari, accusé de collaboration et assassiné à la
Libération. Elle y chante trois chansons. Danielle Darrieux avait déjà fait une
apparition dans son premier film Les Petits drames et le retrouvera
plus tard dans un téléfilm de 1988 avec Annie
Girardot, Le Front dans les nuages.
André Téchiné, après un projet avorté Les Mots pour le dire,
parvient à réunir Catherine Deneuve et Danielle Darrieux dans Le
Lieu du crime (1986).
Par la suite Benoît Jacquot lui donne le rôle d'une vieille excentrique qui veut
venger la mort de son amie dans Corps et biens, Claude Sautet la hisse en directrice d’une chaîne de magasins, mère
de Daniel Auteuil dans Quelques
jours avec moi, puis elle retrouve deux amies complices de toujours, Micheline Presle et Paulette Dubost, dans Le
Jour des rois.
Danielle Darrieux redouble d’activité dans les années 2000, outre
le succès au théâtre avec Oscar et la Dame rose, François Ozon lui
fait tourner son 106e film, qui marque ses soixante-dix ans de carrière, et en
fait l'une des suspectes de Huit Femmes. Mère de Catherine Deneuve pour la troisième
fois, elle y chante le poème d'Aragon mis en musique par Georges Brassens, Il n'y a pas d'amour heureux.
En 2006, Danielle Darrieux joue
un premier rôle dans Nouvelle chance d'Anne Fontaine aux côtés d'Arielle Dombasle et à 90 ans elle est
la victime du film L'Heure zéro adaptation d’un roman d’Agatha Christie. En 2008,
elle prévoit de remonter une dernière fois sur scène pour jouer La
Maison du lac aux côtés de Jean
Piat mais une chute lors des dernières répétitions l'amène à renoncer à ce
projet. En 2009, à 92 ans, elle accepte de tourner dans le nouveau film de Denys Granier-Deferre intitulé Une
pièce montée au côté de Jean-Pierre
Marielle.
Prix et distinctions
Danielle Darrieux est chevalier
de la Légion d'honneur et officier de
l'ordre des Arts et des Lettres.
- 1955 : Victoire de la meilleure actrice
- 1958 : Victoire de la meilleure actrice
- 1955 : Étoile de cristal de la meilleure actrice pour Le Rouge et le Noir
- 1985 : César d'honneur
- 1997 : Molière d'honneur
- 2003 : Molière de la comédienne pour Oscar et la Dame rose
- 2010 : Globe de cristal d'honneur
Un hommage lui a été rendu à la
Cinémathèque française à Paris du 7 janvier au 2 mars 2009, avec une
programmation spéciale de plus de 90 films de sa filmographie. En 2010, sa
carrière a été couronnée d’un Globe de
Cristal d'honneur. Un autre hommage lui a été rendu par Michel Drucker dans
l'émission Vivement dimanche
enregistrée le 24 février 2010, au cours de laquelle elle était entourée d'amis
tels que Paulette Dubost et Charles Aznavour.
[1]
La Continental-Films, dite Continental, est une société de production
cinématographique française financée par des capitaux allemands. Créée en 1940
par Joseph Goebbels et dirigée par Alfred Greven, elle produit une trentaine de
longs-métrages entre 1941 et 1944 (dont certains comme La Main du diable et Le
Corbeau sont devenus des classiques français) avant de disparaître à la
Libération.
mardi 14 juin 2016
Ana GIRARDOT (Actrice française)
Ana Girardot, née le 1er août 1988, est une actrice
française.
Biographie
Ana Girardot est la fille d'Hippolyte Girardot et d'Isabel
Otero, et la petite-fille des peintres Antonio Otero et Clotilde Vautier
(1939-1968). Elle n'a aucun lien de parenté avec la comédienne Annie Girardot.
Elle choisit d'être comédienne contre l'avis initial de son
père et, durant deux ans, prend des cours de théâtre à New York. Après quelques
rôles secondaires à la télévision et au cinéma, elle obtient un rôle principal
particulièrement remarqué par la critique dans le film Simon Werner a disparu...
de Fabrice Gobert présenté lors du Festival de Cannes 2010. Elle joue le rôle
de l’énigmatique Lucy dans les Revenants saison 1 (2012) et saison 2 (2016) du
même réalisateur.
Filmographie
Longs métrages
- 1992 : Après l'amour de Diane Kurys — Juliette
- 2010 : Simon Werner a disparu... de Fabrice Gobert — Alice Cartier
- 2012 : Cloclo de Florent Emilio Siri — Isabelle Forêt
- 2012 : Radiostars de Romain Lévy — Sabrina
- 2013 : Amitiés sincères de Stéphan Archinard et François Prévôt-Leygonie — Clémence
- 2014 : Paradise Lost (Escobar: Paradise Lost) d'Andrea Di Stefano — Anne
- 2014 : Le Beau Monde de Julie Lopes-Curval — Alice
- 2014 : La prochaine fois je viserai le cœur de Cédric Anger — Sophie
- 2014 : Un homme idéal de Yann Gozlan — Alice Fursac
- 2015 : Foujita de Kôhei Oguri - Youki
- 2016 : Saint-Amour de Gustave Kervern et Benoît Delépine
- 2016 : Le Vin et le vent de Cédric Klapisch
Courts métrages
- 2009 : Spiritual America de Marc Dujarric : Tara
- 2012 : 216 Mois de Frédéric Potier et Valentin Potier : 'Lisa
- 2012 : Les Chancelants de Nadine Lermite : Juliette
- 2013 : Aurore boréale de Keren Ben Rafael
- 2010 : Yvette collection Chez Maupassant d'Olivier Tchasky : Yvette
- 2010 : Diane, femme flic Episode Etoiles filantes de Jean-Michel Fages : Lola
- 2012 : Les Revenants de Fabrice Gobert (série) : Lucy
- 2016 : Les Revenants saison 2 de Fabrice Gobert (série) : Lucy
Clips
- 2010 : It's Working de MGMT
Théâtre
- 2014 : Roméo et Juliette de William Shakespeare, mise en scène Nicolas Briançon, Théâtre de la Porte-Saint-Martin
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