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vendredi 27 septembre 2024

GOOD BYE, DAME MAGGIE SMITH



Maggie Smith, la grande actrice anglaise, est décédée aujourd'hui dans un hôpital de Londres à l'âge de 89 ans. On la croyait éternelle mais la mort qui l'avait épargnée en 2007, alors qu'elle tournait Harry Potter et le Prince de Sang Mêlé, a hélas fini par la rattraper.

Maggie Smith c'était l'irrésistible professeur MacGonagal de Harry Potter mais c'était avant tout une très grande actrice dont la carrière avait commencé au théâtre en 1950 (82 pièces). Elle est montée pour la dernière fois sur les planches dans la pièce A German Life de Christopher Hampton, en 2019, rôle qu'elle reprend au cinéma en 2024 (61 films), l'année même de sa mort. 

Faite Dame commandeur de l'ordre de l'empire britannique par la reine Elisabeth en 1990, les distinctions obtenues tout au long de sa carrière d'actrice de théâtre (82 pièces), de cinéma (61 films) et de télévision (9 téléfilms et séries télévisées), sont aussi innombrables que les rôles qu'elle y a tenus (Oscars, Golden Globes, Emmy Awards, BAFTA Awards ne se comptent plus).  

A elle seule, elle représentait la quintessence de ce qui nous fait aimer l'Angleterre et les Anglais : leur côté à la fois pincé et déjanté égayé par cet humour qui n'appartient qu'à eux.  

La leçon de thé anglais qu'elle donne aux financiers américains dans le 2ème volet de Indian Palace Hotel restera pour tous les cinéphiles une page d'anthologie. 

jeudi 20 juin 2024

Décès de Donald SUTHERLAND


Donald Sutherland était né au Canada le 17 juillet 1935 à Saint-Jean (Nouveau-Brunswick). Il est mort le 20 juin 2024. Sa carrière s'étend sur 70 ans. Il a reçu un Oscar d'honneur en 2017. Il a joué dans 149 films de long métrage parmi lesquels :

  • ·         Les 12 salopards de Robert Aldrich (1967)
  • ·         M*A*S**H de Robert Altman (1970)
  • ·         Johnny s’en va-t-en guerre de Dalton Trumbo (1971)
  • ·         1900 de Bernardo Bertolucci (1975)
  • ·         Casanova de Fellini (1976)
  • ·         JFK d’Oliver Stone (1991)
  • ·         Retour à Cold Mountain d’Anthony Minghella (2003)
  • ·         Orgueil et préjugés de Joe Wright (2005)
  • ·         Lord of war d’Andrew Niccol (2005)
  • ·         L’aigle de la Neuvième Légion de Kevin MacDonald (2011) 
  •        Ad Astra de James Gray (2019) 
  • Et bien entendu le rôle du machiavélique dictateur Coriolanus Snow dans


mercredi 19 juillet 2023

JANE BIRKIN ET LE CINEMA

 Jane Birkin est morte le 16 juillet 2023 à Paris (6e arrondissement) à l’âge de 76 ans. Surtout connue pour son couple avec Serge Gainsbourg dont elle n’a cessé d’interpréter les chansons dont beaucoup ont été écrites pour elle, elle avait aussi à son actif plus de 70 films. Après des débuts cinématographiques en Angleterre notamment dans le film Blow-Up d’Antonioni, elle entame une carrière en France.

Parmi ses rôles les plus marquants

- Au cinéma  

  • 1966 : Blow-Up de Michelangelo Antonioni
  • 1968 : Slogan de Pierre Grimblat – Evelyne
  • 1969 : La Piscine de Jacques Deray – Penelope
  • 1969 : Les Chemins de Katmandou d'André Cayatte – Jane
  • 1973 : Don Juan 73 ou si Don Juan était une femme de Roger Vadim avec Brigitte Bardot, Robert Hossein et Mathieu Carrière – Clara
  • 1973 : Projection privée de François Leterrier avec Françoise Fabian et Bulle Ogier – Kate / Hélène
  • 1974 : Le Mouton enragé de Michel Deville avec Jean-Louis Trintignant, Romy Schneider, Jean-Pierre Cassel et Jean-François Balmer – Marie-Paule
  • 1974 : La moutarde me monte au nez de Claude Zidi avec Pierre Richard et Claude Piéplu – Jackie Logan
  • 1974 : Comment réussir quand on est con et pleurnichard de Michel Audiard avec Jean Carmet, Jean-Pierre Marielle, Jean Rochefort, Stéphane Audran et Évelyne Buyle – Jane
  • 1975 : La Course à l'échalote de Claude Zidi avec Pierre Richard et Michel Aumont – Janet
  • 1975 : Sept morts sur ordonnance de Jacques Rouffio avec Gérard Depardieu, Michel Piccoli, Michel Auclair et Marina Vlady – Jane Berg
  • 1977 : L'Animal de Claude Zidi avec Jean-Paul Belmondo, Raquel Welch – la vedette féminine (participation)
  • 1978 : Mort sur le Nil (Death on the Nile) de John Guillermin avec Bette Davis, Peter Ustinov et Maggie Smith – Louise Bourget
  • 1980 : La Fille prodigue de Jacques Doillon avec Michel Piccoli – Anne
  • 1983 : L'Ami de Vincent de Pierre Granier-Deferre avec Philippe Noiret et Jean Rochefort – Marie-Pierre
  • 1983 : Circulez y'a rien à voir de Patrice Leconte avec Michel Blanc – Hélène Duvernet
  • 1983 : L'Amour par terre de Jacques Rivette avec Géraldine Chaplin – Emily
  • 1984 : La Pirate de Jacques Doillon avec Andrew Birkin, Maruschka Detmers et Laure Marsac – Alma
  • 1986 : La Femme de ma vie de Régis Wargnier – Laura
  • 1987 : Comédie ! de Jacques Doillon avec Alain Souchon – Elle
  • 1988 : Jane B. par Agnès V. d'Agnès Varda avec Alain Souchon, Jean-Pierre Léaud et Philippe Léotard – elle-même (portrait)
  • 1991 : La Belle Noiseuse de Jacques Rivette avec Michel Piccoli, Emmanuelle Béart et Marianne Denicourt – Liz
  • 1995 : Noir comme le souvenir de Jean-Pierre Mocky avec Sabine Azéma et Jean-François Stévenin – Caroline
  • 1997 : On connaît la chanson d'Alain Resnais (scénario de et avec Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri) et aussi André Dussollier, Lambert Wilson et Sabine Azéma – Jane
  • 2013 : Quai d'Orsay de Bertrand Tavernier – Molly Hutchinson
  • 2021 : Jane par Charlotte de Charlotte Gainsbourg

Télévision

  • 1971 : Melody (téléfilm) de Jean-Christophe Averty : Melody Nelson
  • 1988 : Médecins des hommes : Mer de Chine, le pays pour mémoire de Jacques Perrin : Joy
  • 1990 : L'Ex-femme de ma vie (téléfilm) de Josée Dayan : Aurélie
  • 2006 : Les Aventuriers des mers du Sud (téléfilm) de Daniel Vigne : Fanny Stevenson
  • 2011 : Les Saisons meurtrières : épisode Hiver rouge (téléfilm) de Xavier Durringer : Lili Rouseau
  • 2013 : Les Saisons meurtrières : épisode Bleu catacombes (téléfilm) de Charlotte Brändström : Lili Rousseau

Théâtre

  • 1985 : La Fausse Suivante de Marivaux, mise en scène Patrice Chéreau, Théâtre Nanterre-Amandiers, TNP Villeurbanne
  • 1988 : L'Ex-femme de ma vie de Josiane Balasko, mise en scène de l'auteur, Le Splendid Saint-Martin
  • 1990 : Quelque part dans cette vie d'Israël Horovitz, mise en scène Jean-Loup Dabadie, Théâtre des Bouffes-Parisiens
  • 1993 : L'Aide-mémoire de Jean-Claude Carrière, mise en scène Bernard Murat, Comédie des Champs-Élysées
  • 1995 : Les Troyennes d'Euripide, National Theatre Londres
  • 1999 : Oh ! pardon tu dormais de Jane Birkin, mise en scène Xavier Durringer, Théâtre de la Gaîté-Montparnasse
  • 2005 : Hamlet de Shakespeare, mise en scène Rupert Goold, Royal Theatre Northampton
  • 2006 : Électre de Sophocle, mise en scène Philippe Calvario, Le Quartz, Théâtre Nanterre-Amandiers, Théâtre du Gymnase, Théâtre national de Nice, tournée
  • 2014 : Gainsbourg, poète majeur, lecture au Théâtre de l'Odéon
 

samedi 1 juillet 2023

CAPTAIN FANTASTIC Film de Matt ROSS (USA-2016)

 

Vu à la télé

Captain Fantastic est une comédie dramatique américaine écrite et réalisée par Matt Ross, sortie en 2016. Le film a été présenté au Festival du film de Sundance. Il a remporté le prix de la mise en scène dans la catégorie Un certain regard au Festival de Cannes 2016. Au festival de Deauville 2016, il a remporté le prix du jury et le prix du public. Il a aussi obtenu le Golden Space Needle du meilleur film au Festival international du film de Seattle.

Présentation

Le film se déroule aux États-Unis de nos jours Ben (Viggo Mortensen) et sa femme Leslie (Trin Miller) vivent en marge de la société, dans les bois de l’Etat de Washington. Ils ont élevé leurs enfants dans l’esprit « survivaliste » avec une éducation à la dure, avec entraînement physique intensif, apprentissage des techniques de chasse qui leur permettent de trouver leur propre subsistance, sans toutefois négliger la culture intellectuelle et le développement de l’esprit critique. Malgré leurs dures conditions de vie, les six enfants du couple (Bodevan « Bo »/George MacKay ; Kielyr/Samantha Isler ; Vespyr/Annalise Basso ; Rellian/Nicholas Hamilton ; Zaja/Shree Crooks ; Nai/Charlie Shotwell ) semblent étonnamment épanouis et matures pour leur âge et adorent leurs parents. Mais leur mère, Leslie, souffrant de graves troubles de santé mentale a dû être hospitalisée. La famille, qui se déplace dans un immense bus équipé comme un mobil-home, s’est frontalement heurtée à la civilisation.

Lorsque Leslie meurt, le conflit éclate entre ses parents, en particulier Jack, son père (Frank Langella) et Abigail (Ann Dowd), très conservateurs, et leur gendre, qu’ils considèrent comme responsable de la mort de leur fille. On assiste alors à la confrontation brutale de deux mondes que tout oppose : les beaux-parents, qui imposent un enterrement classique pour Leslie et Ben et ses enfants qui voudraient respecter ses dernières volontés, à savoir qu’elle soit incinérée et qu’on fasse la fête autour de son bûcher funèbre. 

Mon opinion

Tout en comprenant le propos du réalisateur, je n’ai pas vraiment accroché avec ce film dans lequel mon esprit critique m’a fait trouver beaucoup de failles. Que l’on puisse vivre en autarcie dans un pays aux immenses zones quasi vierges comme les Etats-Unis, je le conçois. Il y a de nombreuses communautés marginales qui vivent, y compris à côté de grandes villes ultra-urbanisées, presque totalement coupées de la civilisation. Là où le bât blesse, c’est quand il faut se déplacer à l’autre bout du pays et que l’on quitte le relatif « confort » d’une vie autarcique pour se confronter à la civilisation. La réalisation fait ainsi l’impasse sur beaucoup de choses : argent, essence, nourriture, police, etc. Vous me direz : « C’est une fable ! », sans doute, et je l’ai bien compris. Cela n’enlève rien aux mérites du film, aux scènes cocasses, parfois comico-tragiques (l’exhumation du corps de la mère) mais on se serait volontiers passé de la scène où ses cendres sont jetées dans les toilettes d’un aéroport... J’ai souri, parfois ri, mais les grands parents sont par trop caricaturaux. Seuls les jeunes acteurs, admirables comme souvent (pas toujours, hélas), de naturel, sont attachants. On remarquera George MacKay (déjà vu dans Peter Pan et surtout 1917) et surtout Charlie Shotwell.

jeudi 9 février 2023

AMORE MIO film de Guillaume GOUIX (FR-2023)

 


Amore mio est un film français réalisé par Guillaume Gouix sorti en 2023. Il s'agit du premier long métrage réalisé par Guillaume Gouix.

Présentation

Lola (Alysson Paradis) vit heureuse avec Raphaël (Félix Maritaud) et leur fils Gaspard (Viggo Ferreira-Redier), un garçonnet de 9 ans qui adore son père jusqu’à l’accident qui rompt cet équilibre. Lola est dévastée même si elle ne le montre pas et refuse d’assister aux obsèques de Raphaël. Au moment de se rendre au cimetière, elle monte dans la voiture de sa sœur aînée Margaux (Elodie Bouchez) et lui demande de « rouler ». Les deux sœurs, que tout séparait jusque-là, vont se trouver embarquées dans un périple désordonné qui les emmènera en Sardaigne où elles retrouveront la complicité que la vie leur avait fait perdre.   

Mon opinion

Hier soir, nous étions deux dans la salle lors de la projection d’Amore moi et le 2ème spectateur est parti avant la fin. J’ai bien failli le suivre tant le film m’a paru long et décousu : on se bien demande où l’errance de Lola et de Margaux va bien pouvoir les mener et si tout cela ne va pas finir en catastrophe. Sans Gaspard, Margaux aurait certainement plaqué sa sœur fantasque et déséquilibrée avec laquelle elle n’a pas beaucoup de points communs. Heureusement, le garçonnet est le lien qui permettra aux deux sœurs de se retrouver. Du haut de ses 9 ans (il est peut-être plus jeune dans le film), il paraît plus mûr que sa mère et la justesse de son jeu, sa parfaite diction, laissent espérer pour lui une éblouissante carrière. Il y a aussi la fin, lumineuse, où tous les trois se retrouvent sur une plage de Sardaigne, dans une ambiance solaire et enfin apaisée.   

lundi 25 avril 2022

HOMMAGE A JACQUES PERRIN

 Un autre acteur que j’aimais vint de nous quitter pour aller filmer les étoiles : Jacques Perrin, décédé le 21 avril 2022 à l’âge de 80 ans. Depuis Microcosmos (1996) il était très engagé en faveur de la nature et de la défense de l'environnement. Dans Goliath (2022), son dernier film, il joue le rôle d'un lanceur d'alerte contre les agissements de grands groupes agrochimiques. 

Biographie

Né à Paris, 13 juillet 1941, Jacques Perrin avait été acteur, réalisateur et producteur. Il était d’une famille de « saltimbanques ». Son père, Alexandre Simonet, était régisseur à la Comédie-Française puis souffleur au TNP de Jean Vilar et sa mère, Marie Perrin, était comédienne. Il choisira d’adopter son patronyme comme nom de scène plutôt que celui de son père, Simonet. Comme le grand Michel Bouquet, qui vient lui aussi de tirer sa révérence, il avait été très tôt placé en pension où il resta jusqu'à l'âge de onze ans. Après avoir obtenu son certificat d'études à quatorze ans, il exerça plusieurs emplois aussi différents que télétypiste à Air France, commis d'épicerie et même mousse sur un chalutier. Il fait de la figuration dès l’âge de 4 ans. Avec une de ses sœurs, Pierrette, dite Eva Simonet, il entre au Conservatoire d'art dramatique dans la classe de Jean Yonnel, qu'il quitte rapidement pour monter sur les planches avec un 1er rôle à 16 ans, celui de Ptolémée dans la pièce César et Cléopâtre de George Bernard Shaw et, la même année, dans le film La peau de l’ours de Claude Boissol. Il jouera ensuite au cinéma dans plus de 80 films, prêtera sa voix reconnaissable entre toutes à 7 documentaires, jouera dans une 40e de séries télévisées ou de téléfilms. Il s’illustrera aussi dans la réalisation et la production.

Famille

Marié à la réalisatrice et productrice Valentine Perrin, ils ont eu deux enfants ensemble : Maxence Perrin (né en 1995) – terriblement émouvant dans le rôle de Pépinot dans Les Choristes et Lancelot (né en 1999). Jacques Perrin a eu d'une précédente union un enfant : Mathieu Simonet (né en 1975), acteur. Jacques Perrin est également l’oncle du réalisateur Christophe Barratier, fils de sa sœur Eva.

Parmi ses rôles ou ses films les plus marquants, je citerai :

·         1960 : La vérité, de Henri-Georges Clouzot

·         1965 : Compartiment tueurs, de Costa-Gavras

·         1967 : Les demoiselles de Rochefort, de Jacques Demy

·         1969 : Z de Costa-Gavras (acteur, co-producteur)

·         1970 : Peau d’âne de Jacques Demy

·         1973 : Etat de siège, de Costa-Gavras (acteur, coproducteur)

·         1977 : Le crabe-tambour, de Pierre Schoendoerffer

·         1984 : Paroles et musique, d’Elie Chouraqui

·         1989 : Cinema Paradiso, de Giuseppe Tornatore

·         1996 : Microcosmos (co-producteur)

·         2001 : Le peuple migrateur (documentaire) – réalisateur, co-producteur, narrateur

·         2003 : La planète bleue (documentaire)

·         2004 : Les Choristes, de Cristophe Barratier (acteur, producteur)

·         2005 : Le petit lieutenant, de Xavier Beauvois

·         2005 : L’odyssée de la vie (documentaire)

·         2009 : Océans (documentaire) – réalisateur, narrateur

·         2018 : Rémi sans famille, d’Antoine Blossier

       2022 : Goliath de Frédéric Tellier

Récompenses

  • ·         Mostra de Venise 1966 : coupe Volpi du meilleur acteur pour Un homme à moitié de Vittorio De Seta
  • ·         César 1997 : Meilleur producteur pour Microcosmos : Le Peuple de l'herbe
  • ·         7 d'or 1997 : Meilleure émission culturelle pour La 25e Heure
  • ·         Prix spécial 1999 de l'aide à la création de la Fondation Gan pour le cinéma pour Le Peuple migrateur
  • ·         Prix Icare décerné en 2002 par l'Association des journalistes professionnels de l'aéronautique et de l'espace (AJPAE)
  • ·         Étoiles d'or de la presse du cinéma français 2005 : Étoile d'or du producteur
  • ·         Prix Henri-Langlois 2007
  • ·         César 2011 : Meilleur film documentaire et meilleure bande originale pour Océans

 

jeudi 14 avril 2022

HOMMAGE A MICHEL BOUQUET

 


Michel Bouquet est mort à Paris le 13 avril 2022.  Il avait 96 ans. C’était un immense acteur de théâtre et de cinéma.

Collaborateur de Jean Vilar, il participa, en 1947, au premier festival d’Avignon. Au cinéma, il fut acteur dans des films de réalisateurs aussi différents que Robert Guédiguian, Anne Fontaine, Bertrand Blier, Clouzot, Chabrol ou Truffaut.   

Né en 1925, il garde un mauvais souvenir de ses années d’enfance qu’il passa en pension à partir de l’âge de 7 ans. Après ses études, il enchaîne les petits métiers : apprenti pâtissier, mécanicien-dentiste, manutentionnaire, employé de banque… pour aider sa mère restée seule pour élever ses enfants, son père étant prisonnier au début de la seconde guerre mondiale. 

En 1943, alors que sa mère le croit à la messe, Michel Bouquet se rend chez Maurice Escande, sociétaire de la Comédie-Française, qui lui propose de suivre ses cours. Il intègre alors le Conservatoire d'art dramatique de Paris en compagnie de Gérard Philipe. Il débute sur les planches un an plus tard en 1944 dans La Première Étape, puis obtient son premier rôle principal dans Roméo et Jeannette de Jean Anouilh. 

En 1977, il est nommé professeur au Conservatoire national supérieur d'art dramatique. Sa carrière au théâtre, où il jouera dans plus de 70 pièces, se termine en 2017 avec le rôle de Tartuffe mis en scène par Michel Fau et au cinéma, où il jouera dans presqu’autant de films, en 2021 dans Cérémonie secrète de Tatiana Becquet Genel.

Il avait obtenu à deux reprises le César du meilleur acteur (2002 et 2006) ainsi que deux fois le Molière du comédien (1998 et 2005) pour 7 nominations. En 2014, Fabrice Luchini lui remet un Molière d'honneur.

Parmi les films emblématiques où il a joué, citons :

·         1967 : La mariée était en noir de François Truffaut (Coral)

·         1982 : Les misérables de Robert Hossein (l’inspecteur Javert)

·         1991 : Tous les matins du monde d’Alain Corneau

·         2005 : Le promeneur du Champ-de-Mars de Robert Guédiguian (François Mitterrand)

·         2012 : Renoir de Gilles Bourdos (Renoir)



mercredi 19 janvier 2022

DECES DE GASPARD ULLIEL (18 janvier 2022)

 


J'apprends avec tristesse que Gaspard ULLIEL est mort aujourd'hui après un accident de ski en Savoie. Il avait 37 ans.    

Depuis 1997, il avait tourné dans 27 films, 12 téléfilms et joué au théâtre. 

Parmi les films que j'ai chroniqués dans ce blog : 

- Un long dimanche de fiançailles de Jean-Pierre Jeunet (2004)

- Le dernier jour de Rodolphe Marconi (2005)

- Jacquou le Croquant de Laurent Boutonnat (2007)

- Tu honoreras ta mère et ta mère de Brigitte Roüan (2013)  

- Saint Laurent de Bertrand Bonello (2014)

- Juste la fin du monde de Xavier Dolan (2016)

- Sibyl de Justine Triet (2017)

Eva de Benoit Jacquot (2018)

dimanche 17 février 2019

HOMMAGE A BRUNO GANZ



Bruno Ganz était un comédien de théâtre et un acteur de cinéma et de télévision suisse, né le 22 mars 1941 à Zurich où il est mort d’un cancer, décelé en 2018, le 16 février 2019.
Au cinéma, parmi les rôles qui ont fait sa renommée, figurent celui de l’ange Damiel dans Les Ailes du désir de Wim Wenders et celui de Hitler dans La Chute, film d’Oliver Hirschbiegel qui relate les derniers jours du dictateur, terré dans son Führerbunker à Berlin.

Biographie

Bruno Ganz était né à Zurich, d'un père suisse exerçant la profession de mécanicien et d'une mère originaire d'Italie du Nord. Il entame sa carrière artistique au théâtre en 1961, et quitte la Suisse pour Berlin. Il co-fonde la troupe de la Berliner Schaubühne avec Peter Stein. Déjà, le grand acteur Gustav Knuth est convaincu de son talent. Dans le même temps, il fait des apparitions au cinéma, avec moins de succès qu'au théâtre. En 1967, il joue dans Haut les mains de Jerzy Skolimowski.

En 1972, il apparaît au Festival de Salzbourg dans la première mise en scène de Der Ignorant und der Wahnsinnige de Thomas Bernhard, sous la direction de Claus Peymann. L'année suivante, il est désigné « acteur de l'année » par le magazine allemand Theater heute pour ce rôle.

En 1975, son rôle dans Sommergäste lui permet d'afficher son talent.

En 1993, il refuse le rôle d'Oskar Schindler dans La Liste de Schindler.

En 2000, il joue le Faust (I et II) de Goethe dans l'adaptation de Peter Stein, qui dure 13 heures.

Parmi ses principaux rôles au cinéma, il a joué l'ange Damiel dans Les Ailes du désir de Wim Wenders, le Pr Stanciulescu dans L'Homme sans âge de Francis Ford Coppola et Hitler dans La Chute.

Récompenses

  • Acteur de l'année 1973 pour le magazine théâtral allemand Theater heute.
  • Prix de l'interprète allemand (la « chaussure de Chaplin »).
  • Prix fédéral du film.
  • Anneau Hans-Reinhart de la Société suisse pour la culture théâtrale.
  • Anneau de Iffland de 1996 à sa mort en 2019.
  • Prix du film suisse 2000.
  • Officier des Arts et des Lettres (France)
  • Prix David di Donatello 2000.
  • Prix du film de Berlin 2001.
  • Chevalier de la Légion d’honneur en avril 2007.
  • Spéciale Caméra d'or 300 pour l'ensemble des réalisations - Festival international du film des frères Manaki.
  • Prix d'honneur - Prix du cinéma suisse 2017.

Filmographie

Cinéma

Années 1960

  • 1960 : Der Herr mit der schwarzen Melone de Karl Suter : le majordome
  • 1962 : Es Dach überem Chopf de Kurt Früh : Fred Weber
  • 1964 : Chikita de Karl Suter
  • 1967 : Der sanfte Lauf de Haro Senft : Barnhard Kral

Années 1970

  • 1976 : Sommergäste de Peter Stein : Jakov Shalimov
  • 1976 : Lumière de Jeanne Moreau : Heinrich Grün
  • 1976 : La Marquise d'O... de Éric Rohmer : le comte russe
  • 1976 : Le Canard sauvage (Die Wildente) de Hans W. Geißendörfer : Gregers
  • 1977 : L'Ami américain (Der Amerikanische Freund) de Wim Wenders : Jonathan Zimmermann
  • 1978 : La Femme gauchère (Die linkshändige Frau) de Peter Handke : Bruno
  • 1978 : Le Couteau dans la tête (Messer im Kopf) de Reinhard Hauff : Hoffmann
  • 1978 : Ces garçons qui venaient du Brésil (The Boys from Brazil) de Franklin J. Schaffner : le professeur Bruckner
  • 1978 : L'Échiquier de la passion (Schwarz und weiß wie Tage und Nächte ) de Wolfgang Petersen : Thomas Rosemund
  • 1979 : Nosferatu, fantôme de la nuit (Nosferatu: Phantom der Nacht ) de Werner Herzog : Jonathan Harker
  • 1979 : Retour à la bien-aimée de Jean-François Adam : Dr. Stephan Kern

Années 1980

  • 1980 : Une femme italienne (Oggetti smarriti) de Giuseppe Bertolucci : Werner
  • 1980 : 5 % de risques de Jean Pourtalé : David
  • 1981 : La Provinciale de Claude Goretta : Remy
  • 1981 : Le Vietnam nous appartient (Etwas wird sichtbar ) de Harun Farocki
  • 1981 : La Dame aux camélias (La storia vera della signora delle camelie) de Mauro Bolognini : Perregaux
  • 1981 : Le Faussaire (Die Fälschung) de Volker Schlöndorff : Georg Laschen
  • 1981 : Haut les mains (Ręce do góry) de Jerzy Skolimowski : son propre rôle (prologue ajouté à ce film de 1967)
  • 1982 : Der Erfinder de Kurt Gloor : Jakob Nüssli
  • 1982 : Logik des Gefühls de Ingo Kratisch
  • 1982 : Polenta de Maya Simon : Jules, le narrateur
  • 1982 : Krieg und Frieden de Stefan Aust, Axel Engstfeld, Alexander Kluge et Volker Schlöndorff (documentaire)
  • 1983 : Dans la ville blanche d'Alain Tanner : Paul
  • 1983 : La Main dans l'ombre (System ohne Schatten) de Rudolf Thome : Faber
  • 1983 : Killer aus Florida de Klaus Schaffhauser
  • 1985 : Private Resistance de Dimitri Frenkel Frank : Gustav
  • 1986 : El río de oro de Jaime Chávarri : Peter
  • 1986 : Der Pendler de Bernhard Giger
  • 1987 : Les Ailes du désir (Der Himmel über Berlin) de Wim Wenders : Damiel
  • 1988 : Un amore di donna de Nelo Risi : Franco Bassani
  • 1989 : Bankomatt de Villi Hermann : Bruno
  • 1989 : Strapless de David Hare : Raymond Forbes
  • 1989 : The Legendary Life of Ernest Hemingway de José María Sánchez : Ezra Pound

Années 1990

  • 1991 : Erfolg de Franz Seitz Jr. : Jacques Tüverlin
  • 1991 : Le Dimanche de préférence « La domenica specialmente » sketch réalisé par Giuseppe Bertolucci : Vittorio
  • 1991 : Les Enfants de la nature de Friðrik Þór Friðriksson : Engill
  • 1992 : L'Absence de Peter Handke : Joueur
  • 1992 : Prague d'Ian Sellar : Josef
  • 1992 : The Last Days of Chez Nous de Gilliam Armstrong : J.P.
  • 1993 : Si loin, si proche ! (In weiter Ferne, so nah!) de Wim Wenders : Damiel
  • 1993 : Brandnacht de Markus Fischer : Peter Keller
  • 1994 : Heller Tag de Andre Nitzschke : Georg
  • 1995 : Diario senza date de Roberto Andò (documentaire)
  • 1996 : Saint-Ex d'Anand Tucker : Antoine de Saint-Exupéry
  • 1998 : L'Éternité et un jour de Théo Angelopoulos : Alexandros

Années 2000

  • 2000 : Pain, Tulipes et Comédie de Silvio Soldini : Fernando Girasole
  • 2000 : WerAngstWolf de Clemens Klopfenstein
  • 2002 : La forza del passato de Piergiorgio Gay : Bogliasco
  • 2002 : La Nuit d'Epstein (Epsteins Nacht) de Urs Egger : Adam Rose
  • 2003 : Luther de Eric Till : Johann von Staupitz
  • 2004 : Un crime dans la tête (The Manchurian Candidate ) de Jonathan Demme : Delp
  • 2004 : La Chute (Der Untergang) de Oliver Hirschbiegel : Adolf Hitler
  • 2006 : Vitus de Fredi Murer : Grand-père
  • 2006 : Baruto no gakuen de Masanobu Deme : Kurt Heinrich
  • 2007 : L'Homme sans âge (Youth Without Youth) de Francis Ford Coppola : Professeur Roman Stanciulescu
  • 2008 : La Bande à Baader de Uli Edel : Horst Herold
  • 2008 : Stairway to Nowhere de Ahmet Tas : Brot Darsteller
  • 2008 : La Poussière du temps (Η Σκόνη του Χρόνου) de Théo Angelopoulos : Jacob
  • 2009 : The Reader de Stephen Daldry : Professeur Rohl
  • 2009 : La Disparition de Giulia (Giulias Verschwinden) de Christoph Schaub : John

Années 2010

  • 2010 : Le Grand Voyage de la vie (Das Ende ist mein Anfang / La fine è il mio inizio) de Jo Baier : Tiziano Terzani
  • 2010 : Taxiphone : El Mektoub de Mohammed Soudani
  • 2011 : Sans identité (Unknown) de Jaume Collet-Serra : Ernst Jürgen
  • 2011 : Sport de filles de Patricia Mazuy : Franz Mann
  • 2013 : Un train de nuit pour Lisbonne de Bille August : Jorge O'Kelly
  • 2013 : Michael Kohlhaas d'Arnaud des Pallières : le gouverneur
  • 2013 : Cartel (The Counselor) de Ridley Scott : le diamantaire
  • 2014 : Refroidis (Kraftidioten) de Hans Petter Moland : « Papa »
  • 2015 : Amnesia de Barbet Schroeder : Bruno, le grand-père de Jo
  • 2015 : Heidi de Alain Gsponer : Grand-père
  • 2016 : Remember d'Atom Egoyan : Rudy Kurlander
  • 2016 : Un Juif pour l'exemple de Jacob Berger : Arthur Bloch
  • 2017 : The Party de Sally Potter : Gottfried
  • 2017 : In Times of Fading Light de Matti Geschonneck : Wilhelm Powileit
  • 2017 : Fortuna de Germinal Roaux : Frère Jean
  • 2018 : The House that Jack Built de Lars von Trier : Verge
  • 2019 : Radegund de Terrence Malick : Juge Lueben

Théâtre
  • 1972 : Prinz Friedrich von Homburg de Heinrich von Kleist, mise en scène Peter Stein, Schaubühne am Lehniner Platz, Théâtre national de l'Odéon
  • 1996 : Le Pôle de Vladimir Nabokov, mise en scène Klaus Michael Grüber, Schaubühne am Lehniner Platz, MC93 Bobigny
  • 2012 : Le Retour d'Harold Pinter, mise en scène Luc Bondy, Théâtre de l'Odéon

lundi 31 juillet 2017

HOMMAGE A JEANNE MOREAU


Hommage à Jeanne Moreau, une immense actrice et une femme libre.

Par un message de France Info datant d’aujourd’hui (31/07/2017), nous apprenons le décès de Jeanne Moreau à son domicile, dans sa 89ème année.

Je reprends ici le communiqué de presse, non signé, de France Info :

« Elle quitte le tourbillon de la vie. Le cinéma français perd l'une de ses plus grandes représentantes. Jeanne Moreau est morte à l'âge de 89 ans, lundi 31 juillet. Elle a été retrouvée sans vie à son domicile parisien, a précisé Jeanne d'Hauteserre, maire du 8e arrondissement, confirmant une information du magazine Closer. Elle a notamment joué dans Jules et Jim de François Truffaut, Le Journal d'une femme de chambre de Luis Buñuel et Les Amants de Louis Malle. »

Jeanne Moreau a été récompensée par le prix d'interprétation féminine du Festival de Cannes en 1960 pour le rôle d'Anne Desbarèdes dans Moderato Cantabile de Peter Brook. Elle avait aussi obtenu le César de la meilleure actrice pour La Vieille qui marchait dans la mer en 1992. L'actrice avait tourné avec les plus grands réalisateurs français comme François Truffaut ou André Téchiné, et internationaux, comme Orson Welles ou Wim Wenders. »

A 19 ans, elle lâche une carrière prometteuse à la Comédie Française, scandalisant ses collègues, pour suivre Jean Vilar qui venait de créer le Festival d’Avignon. Dès 1947, elle y joua dans trois pièces, dont un Shakespeare, puis, en 1951, aux côtés de Gérard Philippe, dans un inoubliable Prince de Hombourg mis en scène par Jean Vilar.

Jeanne Moreau était une grande actrice et une belle personne : bien qu’elle ait toujours refusé l’étiquette de « féministe », elle soutint le combat de Simone Veil pour la légalisation de l’avortement et signa le « Manifeste des 343 salopes » qui reconnaissaient avoir été contraintes à avorter au moins une fois dans leur vie.  

Elle avait aussi toujours refusé tout engagement politique, ce qui ne l’empêchait pas de dire, haut et fort et parfois même crûment, ce qu’elle pensait car Jeanne Moreau était, avant, tout, une femme libre. Comme le dit La Croix, elle avait « le don de l’insoumission »[1]

En 2008, elle afficha son soutien aux sans-papiers en enregistrant deux émouvantes lettres diffusées dans le monde entier.

En 2009, elle s’était violemment prononcée contre la loi Hadopi, déclarant[2] :

« Oui, c’est vraiment du vent cette histoire ! C’est un projet de loi inapplicable, sans aucun fondement. On nous a beaucoup dit, pour lui donner du crédit, que même des gens de gauche le soutenaient, certains ont même écrit que le PS les avait déçus en s’y opposant. Mais je ne suis pas sûre que ces artistes-là votent encore à gauche… Enfin bon, c’est une question de génération. Aujourd’hui, les jeunes artistes se font connaître par internet, par la gratuité, c’est absurde de vouloir s’y opposer. Laissez-les voler, les internautes, c’est pas eux les bandits ! »

Et dans la même interview, voilà ce qu’elle disait sur la politique culturelle et les politiques en général :

« Ah oui, bien sûr ! J’ai de vrais emportements quand j’observe ce qu’il se passe. Mais les emportements, ça ne sert pas à grand-chose. Je vais voter, croyez-moi ! (Rires). Les gens qui s’abstiennent, ça me retourne. Je dis à mes amis qui ne vont pas voter : “Mais l’Etat, c’est nous ! Ces gens-là, les responsables politiques, sont nos employés. Parce que nous votons, nous les embauchons. L’Elysée, c’est nous, c’est notre argent.” Comment peut-on refuser la possibilité de s’exprimer là-dessus ? »

En 2012, lors d’une rencontre avec Stéphane Hessel, organisée par l’Obs[3] ; extrait :

- S. Hessel : « On me dit, Jeanne, que vous êtes une « indignée ». On me fait toujours le coup, maintenant, depuis que j'ai publié ce petit bouquin[4] : « Vous n'êtes pas le seul indigné, il y en a d'autres.» Ainsi, Jeanne Moreau est une indignée perpétuelle. (…) Nous vivons dans un monde qui mérite toutes les révoltes. Si vous vous considérez comme une révoltée, vous avez raison. »
- J. Moreau : « Quand j'ai vu le titre de votre livre, je me suis dit : « Moi, je suis révoltée.» Je n'ai jamais dit à personne que j'étais indignée, mais toute ma vie est celle d'une révoltée. Je me suis révoltée contre l'autorité paternelle pour arriver à être ce que je suis. Enfant, je me suis révoltée contre les adultes, je les trouvais trop cons (…) Maintenant je pourrais grimper sur des barricades mais, malheureusement, j'ai passé l'âge. Je suis devenue révolutionnaire trop tard. Les scandales politiques ou financiers s'accumulent. On parle sans cesse de transparence alors que tout est obscur : abus de pouvoir, appât de l'argent. »
-L’Obs : « Stéphane Hessel, une cause vous tient à cœur depuis de nombreuses années, celle des sans-papiers et des immigrés. Jeanne Moreau, en 2008, vous avez lu et enregistré deux lettres ouvertes à Brice Hortefeux à l'appel de RESF (Réseau Education sans Frontières) où vous affirmez qu'en tant que citoyenne française vous avez honte de l'accueil fait aux immigrés, ces gens qui ont le courage de tout quitter. Comment ce combat vous réunit-il ? »   
- J. Moreau : « J'ai du sang arabe, vous savez (…) Alors, oui, j'ai enregistré deux lettres admirables qui ont été diffusées par internet dans le monde entier, même au Japon. J'avais été invitée par Ariane Mnouchkine, cette femme magnifique du Théâtre du Soleil, pour une réunion en soutien aux sans-papiers. Et j'ai choisi deux lettres proposées par RESF. Souvenez-vous qu'à l'époque quiconque venait en aide à un sans-papiers pour l'héberger était menacé de poursuite : 60.000 euros d'amende et la prison. J'ai signé le manifeste. J'ai dit : « Si je peux protéger et abriter quelqu'un, je le ferai.» (…) Il faut résister. J'admire le parcours de Stéphane Hessel. De Gaulle, la Résistance, les camps, son évasion. Mais l'espoir... Moi, par moments je me réveille et je n'ai plus d'espoir. Je suis désespérée et donc je peux devenir violente. [A propos de sa carrière] : « On m'a toujours proposé des rôles de femme indépendante et révoltée. Regardez aujourd'hui à qui sont identifiées les femmes, avec l'histoire DSK. La femme est présentée comme une enjôleuse, un morceau de bifteck auquel il ne peut pas résister. Pour les parties fines, si on ne lui a jamais demandé d'argent, c'est parce que pour lui les femmes brûlent du désir de s'envoyer en l'air avec lui. Elles sont donc un produit de consommation courante, des « copines » que les hommes se refilent entre eux ! Mais enfin ce n'est pas possible ! Je n'ai jamais fait partie d'un groupe de féministes, je n'aime pas les groupes. Je mène ma vie en féministe, dans mes actions quotidiennes, même les plus infimes - respect pour l'une, respect pour l'autre (…). »

 En 2013, elle soutint l'une des Pussy Riot, emprisonnée en Russie, et décide de lire une lettre au micro de France Culture et de Mediapart pour "exprimer (sa) révolte"

En 2015, elle signa une tribune dans le Monde pour rappeler à François Hollande quelques-unes de ses nombreuses promesses de campagne non tenues pendant le quinquennat.

Elle avait déclaré : « A mon âge, je ne peux plus monter sur les barricades (…). Je prends la parole pour exprimer ma révolte. Je veux toucher le plus de monde possible pour dénoncer ce qui arrive à cette jeune femme dont la vie est en danger ».

Personnellement, à part son inoubliable interprétation du « Tourbillon de la vie », dans Jules et Jim, sa prestation qui m’a le plus marqué au cinéma, c’est, en 1967, son rôle dans La mariée était en noir de Truffaut. Elle est aussi stupéfiante dans le rôle de Marguerite Duras dans le biopic Cet amour-là, de Josée Dayan, aux côtés d’Aymeric Demarigny (2001).

Au revoir, Jeanne. Nous n'oublierons ni ton visage, ni ta voix.  




[1] Arnaud Schwarz, La Croix, 31/7/2017.
[2] Loi visant à pénaliser le téléchargement sur Internet. Cf. « Jeanne Moreau à Avignon, interview », in : Les Inroks, 08/07/2009.  
[3] "Toute ma vie est celle d'une révoltée" : quand Jeanne Moreau s'entretenait avec Stéphane Hessel. L’Obs, 2 janvier 2012. Toute l’interview est passionnante à lire : http://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20111221.OBS7300/jeanne-moreau-stephane-hessel-la-rencontre.html
[4] Indignez-vous ! Montpellier, Indigène éd., 2010. 

lundi 20 juin 2016

HOMMAGE A ANTON YELCHIN


Mort de l’acteur Anton Yelchin


Anton Yelchin est un acteur russe naturalisé américain, né le 11 mars 1989 à Léningrad, en URSS, et mort le 19 juin 2016 à San Fernando, aux États-Unis, dans des circonstances mystérieuses. Il avait 27 ans.

Biographie

Anton naît en URSS en 1989. Il est le fils de Viktor Yelchin et Irina Korina, deux patineurs artistiques professionnels. En raison de leur religion judaïque, le gouvernement soviétique leur interdit de participer aux Jeux olympiques d'hiver de 1972 à Sapporo au Japon. En septembre 1989, ils immigrent aux États-Unis, alors qu'Anton est âgé de six mois, et obtiennent le statut de réfugiés politiques.

En grandissant, Anton est attiré par la musique. Il fait partie d'un groupe punk appelé The Hammerheads et dans lequel il joue de la guitare.

En 2000, il décroche son premier rôle au cinéma dans le film indépendant A Time for Dancing. Il apparaît également dans la saison 6 de la série Urgences.

En 2001, il est le 1er rôle de Delivering Milo de Nick Castle. Il commence à se faire un nom et apparaît dans 2 épisodes de la mini-série de science-fiction Disparition (Taken) produite par Steven Spielberg. Il y joue le rôle de Jacob Clarke.

Il joue ensuite un rôle régulier dans Huff et apparaît dans plusieurs autres séries comme The Practice, New York Police Blues, FBI : Portés disparus, Esprits criminels, New York, section criminelle, ...

Il se fait surtout connaître du grand public en 2007 avec Alpha Dog de Nick Cassavetes. Il y joue le rôle de Zach Mazursky, inspiré de Nicholas Markowitz, un adolescent tué en 2000 par un groupe de jeunes dirigé par Jesse James Hollywood. Anton Yelchin reçoit alors davantage de propositions. En 2009, il joue ainsi dans le blockbuster Star Trek de J. J. Abrams, 11e films de l'univers Star Trek. Il interprète le russe Pavel Chekov, autrefois incarné par Walter Koenig. La même année, il reprend un autre personnage connu, dans Terminator Renaissance, 4e volet de la saga Terminator : il y incarne Kyle Reese, déjà joué par Michael Biehn dans Terminator de James Cameron en 1984. Il apparaît également dans le film à sketches New York, I Love You, « suite new-yorkaise » de Paris, je t'aime.
En 2011, il est dirigé par Jodie Foster dans Le Complexe du castor aux côtés de Mel Gibson. Il prête ensuite sa voix au Schtroumpf Maladroit dans le film américano-belge Les Schtroumpfs et est surtout repéré dans le drame indépendant Like Crazy qui repart du Festival de Sundance avec le Prix du meilleur film.

Il tient à nouveau le rôle de Chekov en 2013, dans Star Trek Into Darkness.

En 2011, il joue dans le film de Craig Gillespie Fright Night, la comédie horrifique avec Colin Farrell et David Tennant.

Le 18 juin 2016, l'acteur est attendu par ses amis pour une répétition. Après plusieurs heures, et ne le voyant pas arriver, ses amis se rendent à son domicile de Studio City à Los Angeles et le trouvent mort, écrasé entre sa voiture et un mur : selon les premières constatations, il serait mort sur le coup. L'allée de sa maison est en pente et sa voiture est en marche, au point mort. Son décès est prononcé le jour suivant. Il avait 27 ans. 

Filmographie

Cinéma
  • 2001 : Delivering Milo, de Nick Castle : Milo
  • 2001 : 15 minutes de John Herzfeld : le garçon dans le building en flamme
  • 2001 : Le Masque de l'araignée de Lee Tamahori : Dimitri Starodubov
  • 2002 : Rooftop Kisses : Charlie
  • 2002 : Cœurs perdus en Atlantide de Scott Hicks : Bobby Garfield enfant
  • 2004 : Le Prince de Greenwich Village de David Duchovny : Tommy
  • 2005 : Des gens impitoyables de Griffin Dunne : Finn Earl
  • 2007 : Alpha Dog de Nick Cassavetes : Zach Mazursky
  • 2008 : Charlie Bartlett de Jon Poll : Charlie Bartlett
  • 2008 : Middle of Nowhere de John Stockwell : Dorian Spitz
  • 2009 : New York, I Love You : Kane, le jeune homme à Central Park
  • 2009 : Star Trek de J. J. Abrams : Pavel Chekov
  • 2009 : Terminator Renaissance de McG : Kyle Reese
  • 2010 : Memoirs of a Teenage Amnesiac : Ace Zuckerman
  • 2011 : You and I de Roland Joffé : Edvard Nikitin
  • 2011 : Le Complexe du castor de Jodie Foster : Porter Black
  • 2011 : Like Crazy de Drake Doremus : Jacob
  • 2011 : Les Schtroumpfs de Raja Gosnell : Schtroumpf Maladroit (voix)
  • 2011 : Fright Night : Charley Brewster
  • 2013 : Odd Thomas de Stephen Sommers : Odd Thomas
  • 2013 : Star Trek Into Darkness de J. J. Abrams : Pavel Chekov
  • 2013 : Only Lovers Left Alive de Jim Jarmusch : Ian
  • 2013 : Les Schtroumpfs 2 de Raja Gosnell : Schtroumpf Maladroit (voix)
  • 2013 : Broken Horses de Vidhu Vinod Chopra : Jacob Heckum
  • 2014 : Rudderless de William H. Macy : Quentin
  • 2014 : Cymbeline de Michael Almereyda : Clotus
  • 2014 : 5 to 7 de Victor Levin : Brian
  • 2014 : Burying the Ex de Joe Dante
  • 2014 : La Sentinelle (Dying of the Light) de Paul Schrader : Milton Schultz
  • 2015 : Green Room de Jeremy Saulnier : Pat
  • 2015 : Experimenter de Michael Almereyda : Rensaleer
  • 2015 : The Driftless Area de Zachary Sluser : Pierre
  • 2016 : Star Trek : Sans limites (Star Trek Beyond) de Justin Lin : Pavel Chekov

Télévision
  • 1999 : Urgences, saison 6, épisode 13 : Robbie Edelstein
  • 2000 : Geppetto de Tom Moore
  • 2002 : Amy, saison 3, épisode 18 : Davis Bishop (voix)
  • 2002 : Disparition, épisodes 2 et 3 : Jacob Clarke
  • 2002 : The Practice : Bobby Donnell et Associés, saison 7, épisode 7 : Justin
  • 2003 : FBI : Portés disparus, saison 2, épisode 1 : Johnny Atkins
  • 2003 : New York Police Blues, saison 11, épisode 13 : Evan Grabber
  • 2004 : Larry et son nombril (Curb Your Enthusiasm), saison 4, épisode 3 : Stewart
  • 2004 : Jack de Lee Rose : Jack
  • 2004-2006 : Huff : Byrd Huffstodt
  • 2006 : Esprits criminels, saison 2, épisode 11 : Nathan Harris
  • 2006 : New York, section criminelle, saison 6, épisode 2 : Keith Tyler

Distinctions

Récompenses
  • Young Artist Awards 2002 : meilleur jeune premier rôle dans un film pour Cœurs perdus en Atlantide.
  • Boston Society of Film Critics Awards 2009 : meilleure distribution pour les acteurs de Star Trek.

Nominations
  • Phoenix Film Critics Society Awards 2002 : meilleur espoir pour Cœurs perdus en Atlantide
  • Young Artist Awards 2003 : meilleur jeune second rôle dans un téléfilm ou mini-série pour Disparition
  • Young Artist Awards 2005 : meilleur jeune second rôle dans un téléfilm ou mini-série pour Jack
  • Washington D.C. Area Film Critics Association Awards 2009 : meilleure distribution pour les acteurs de Star Trek
  • Critics Choice Awards 2010 : meilleure distribution pour les acteurs de Star Trek