vendredi 6 juin 2014

LE DERNIER JOUR de Rodolphe Marconi (FR-2004)


Le dernier jour de Rodolphe Marconi (FR-2004)

Drame réalisé par Rodolphe Marconi, sorti en 2004. Le film met notamment en scène Nicole Garcia, Gaspard Ulliel, Mélanie Laurent, Thibault Vinçon, Christophe Malavoy et Bruno Todeschini..

Synopsis
Le film commence au moment où Simon (Gaspard Ulliel), étudiant aux Beaux-arts, son carton à dessin sous le bras et un sac en bandoulière, prend le train à la gare d'Austerlitz pour rejoindre ses parents qui passent l'été dans une maison de vacances sur la côte atlantique. Dans le train, il fait la connaissance de Louise (Mélanie Laurent), qui lui demande une cigarette. Plus tard, alors que Simon est endormi sur la banquette du train de nuit, Louise entre dans son compartiment et se love sur la banquette en face de lui. Au matin, ils arrivent chez les parents de Simon et son accueillis par sa mère (Nicole Garcia), qui les croit en couple et leur propose de partager le même lit. Ni Simon ni Louise ne démentent et ils dorment ensemble, comme frères et sœurs. Jusque-là, le film est empreint d'une grâce et d'une fraîcheur qui laissent augurer du meilleur.

Le lendemain, Simon emmène Louise voir son meilleur ami, Mathieu (Thibault Vinçon), qui vit dans un phare. Louise tombe instantanément amoureuse de ce garçon plus mature, plus viril et aussi plus sombre que Simon (du moins en apparence).

La situation commence cependant à devenir trouble quand Louise, revenue chez les parents de Simon, continue comme si de rien n'était avec lui et qu’il accepte de faire « comme si ». Le trouble s’installe alors. Sans doute était-ce le but du réalisateur : mettre le spectateur dans la position du voyeur, ce qui nous fait (du moins moi) nous sentir mal à l'aise. On sent bien que quelque chose couve et qu'un drame se noue dans l'ombre. Le drame se complique d'un mensonge. La mère de Simon, mal dans sa peau, va retrouver en cachette dans un hôtel presque "de passe" son amour de jeunesse, Marc (Bruno Todeschini).  Les choses s'éclairent un peu car nous apprenons que Simon n'est pas le fils de Jean-Louis (Christophe Malavoy), qui comble par contre de marques d'affection sa cadette, Alice (Alysson Paradis, soeur de Vanessa), une insupportable ado "tête-à-claques". Mais - et là, je trouve personnellement que la barque commence à être un peu trop chargée pour mon goût - on nous révèle que Marc est aussi le père de Louise. Sacré imbroglio dont seul le cinéma français a le secret. Ce "coup de théâtre" digne d'une pièce de boulevard, n'apporte strictement rien à l'histoire car on ne sait pas si cela a joué dans la rencontre de Simon et de Louise ou si celle-ci est due au pur hasard.

Quoiqu'il en soit, le dernier jour, alors que tout le monde a quitté la maison, (l'imbuvable sœur cadette est allée chez des amis, les parents, apparemment rabibochés - du moins en surface,  sont repartis pour Paris, Louise et Mathieu sont eux aussi partis filer le parfait amour...), Simon se retrouve seul dans la maison vide. Il monte dans sa chambre et, d'un coup de tête, il en brise la vitre, se tranchant en même temps la carotide. Geste stupide d'un adolescent qui tourne mal ? Suicide suite à la trahison de son ami qui lui a "soufflé" sa conquête ? On nous laisse dans le brouillard. Le film pourrait se terminer là, mais non, le réalisateur nous réserve encore un « lapin sorti de son chapeau » car il a dû penser que cette  fin sanglante et granguignolesque n'était pas assez pour le spectateur. En effet, après l'image traumatisante du sang qui s'écoule le long de la vitre brisée intervient un noir pendant lequel on entend la voix de Simon se demander s'il est mort ou s'il est encore en vie et on le voit errer sur la jetée face à l'océan... Cette dernière scène  a fini de m'achever .

Par ailleurs le film, fait de longs plans séquences où il ne se passe rien (si ce n'est la fin, brutale, inutile et choquante, du moins à mon point de vue), sans action, sans dialogues, sans de véritable scénario m'a paru extrêmement ennuyeux. Dommage, car les jeunes acteurs sont beaux dans leur innocence et leur fragilité : la grâce de Gaspard Ulliel et de Mélanie Laurent méritaient mieux que ce film sans queue ni tête. Par contre, les acteurs adultes sont insupportables : Nicole Garcia surjoue l'hystérique (comme, hélas, souvent), Christophe Malavoy est absent, Bruno Todeschini est totalement ridicule en vieux beau...

Mon opinion sur ce film

Je dis souvent être déçu par le cinéma français. Ce film n’est pas fait pour me rabibocher. C'est la présence, dans ce film, de Gaspard Ulliel et surtout de Mélanie Laurent, dont j'avais apprécié la beauté et la fragilité dans d'autres films (elle est magnifique, dans Je vais bien, ne t'en fais pas de Philippe Lioret  mais encore mieux dans un film que j'ai vu depuis cette critique, Le concert ). A la différence de la critique du Téléobs qui lui est consacrée, disant que justement ce film "évite l'ornière auteuriste snob et marginale qui caractérise un certain jeune cinéma français", je dirais au contraire que ce film est tout ce que je déteste dans le « jeune cinéma français ».

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