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dimanche 7 novembre 2021

THE SPANISH PRINCESS Série historique britannique (GB-USA 2020)

 


The Spanish Princess est une mini-série dramatique anglo-américaine, élaborée par Emma Frost et Matthew Graham. Elle a commencé sa diffusion le 5 mai 2019 pour s'achever le 29 novembre 2020. Elle est fondée sur les romans The Constant Princess et The King's Curse de Philippa Gregory et est une suite des mini-séries The White Queen et The White Princess. En France, elle est disponible depuis le 13 mai 2019 sur StarzPlay, dès le 6 novembre 2021 sur Chérie 25. Elle reste inédite dans les autres pays francophones. 2 saisons de 16 épisodes.

Résumé

La série commence avec le départ d’Espagne de l’infante Catherine d’Aragon (Charlotte Hope), fille des souverains espagnols Isabelle et Ferdinand, et son voyage mouvementé pour se rendre en Grande-Bretagne Angleterre afin de consommer le mariage arrangé depuis des années avec le prince Arthur, héritier de Henri VII d'Angleterre.

Dès son arrivée, elle est confrontée au climat, aux mœurs brutales des Anglais et aux intrigues de la cour. Elle peut cependant compter sur l’aide de sa dame de compagnie Lina (Stephanie Levi-John), d’ascendance maure, et des soldats de sa garde personnelle.

Sur place, elle doit aussi affronter Henri ‘Harry’ (Ruairi O’Connor), le frère cadet d’Arthur et futur Henri VIII, arrogant et sûr de lui autant que son frère aîné est timide et renfermé. Malgré tout, Catherine parvient à se faire aimer d’Arthur qui, hélas, meurt subitement de la terrible suette, une maladie qui a fait des ravages en Europe à cette époque.

Mon opinion

Je n’ai vu à ce jour que les deux premiers épisodes de cette série qui s’annonce, comme les précédentes The White Queen et The White Princess, prometteuse et nous replongent dans l’histoire, non seulement de l’Angleterre, mais de l’Europe. Les costumes et les prises de vue sont superbes.  

samedi 20 février 2021

LES AVENTURES DU JEUNE VOLTAIRE Série historique (FR-BE 2021)

 

Les Aventures du jeune Voltaire est une mini-série franco-belge en quatre épisodes de 52 minutes réalisé par Alain Talma, Georges-Marc Benamou et Henri Helman et diffusée en deux parties en février 2021 sur France 2.

Résumé

Ce biopic est consacré aux années de jeunesse de François-Marie Arouet qui adoptera le nom de Voltaire) depuis sa naissance, le 21 novembre 1694 à Paris, jusqu'à l'année 1730 où il doit s’exiler pour la 2ème fois après avoir défié le Duc de Rohan-Chabot et déplu au roi Louis XV.

Voltaire, de son vrai nom François-Marie Arouet est le cadet de François Arouet (1647-1722), notaire.  Il perd sa mère à l’âge de sept ans. Son frère aîné, Armand Arouet (1685-1745), dont tout le sépare, prendra la suite de leur père alors que François ne rêve que d’une chose, écrire de la poésie et des pièces de théâtre.

Lors de ses études chez les Jésuites au Lycée Louis-Le-Grand, il fera le coup de poing contre des élèves qui s’en étaient pris à un de ses camarades qui s’avèrera être le duc Louis de Richelieu (Victor Meutelet), le petit-neveu du terrible cardinal. Ils deviendront ainsi d’indéfectibles amis et Voltaire, qui avait un don particulier pour se mettre dans des situations impossibles, fera souvent appel à lui pour le sortir du pétrin.

Mon opinion

A travers ce biopic rondement enlevé, on découvre un jeune Voltaire survolté (interprété par le remarquable Thomas Solivéres - vu dans Edmond), loin du maître vieillissant de Ferney, un jeune freluquet vindicatif,  conscient de sa supériorité intellectuelle et faisant tout pour se sortir de sa condition de roturier, n’hésitant jamais à se lancer dans le combat pour défendre ses idées, quitte à se mettre en danger en permanence. Avec quatre épisodes seulement, on reste sur sa faim et on espère vivement une saison 2 pour cette série historique passablement détonnante dans le paysage télévisuel grisounet ambiant où l’on nous programme jusqu’à l’écœurement séries policières et rediffusions éculées.

dimanche 31 mai 2020

THE WHITE PRINCESS Série historique (USA-GB 2017)



The White Princess est une minisérie britanno-américaine en 8 épisodes de 52 minutes diffusée du 16 avril au 4 juin 2017 sur Starz. Basée sur le roman du même nom de Philippa Gregory, The White Princess s'inscrit dans la continuité de The White Queen. Cette série est diffusée en France depuis le 9 mai 2020 sur la chaîne Chérie25. Une suite appelée The Spanish Princess sera bientôt diffusée sur la même chaîne.

Présentation

En 1485, Henri Tudor devient roi sous le nom d'Henri VII (Jacob Collins-Levy), fondant par là-même la dynastie des Tudor. La princesse Élisabeth d'York (Jodie Comer), fille d'Édouard IV et d'Élisabeth Woodville, devient son épouse, réunissant de ce fait les deux maisons rivales de Lancastre et d'York. Henri VII choisit pour emblème la rose Tudor, qui fusionne les deux roses, emblèmes des Lencastre et des York, pensant ainsi mettre un terme à la Guerre des Deux-Roses qui déchire le pays depuis trente ans. L'Angleterre est alors unifiée, mais le mariage est rapidement mis en péril par les familles des deux époux qui tentent chacune de s'attribuer le pouvoir.
Elizabeth Woodville, la mère d’Elisabeth d’York conspire pour remettre sur le trône Edouard Plantagenêt, dit « Teddy » (Rhys Connah), comte de Warwick, mais celui-ci finira par être enfermé à la Tour de Londres puis exécuté pour trahison en compagnie de Richard d’York (Patrick Gibson) qui avait pris la tête de la révolte contre Henri VII.

Leur plus terrible ennemie est Margaret Beaufort (Michelle Fairley), la mère d’Henri VII (« Madame la mère du roi ») qui finira par faire une alliance contre-nature avec sa belle-fille Elisabeth d’York pour la stabilité du royaume.

Mon opinion    

A l'instar de The White Queen, dont elle prend la suite chronologique, cette remarquable série historique britannique à la réalisation soignée nous entraîne dans le labyrinthe des intrigues entre familles royales britanniques au XVe siècle. C’est passionnant mais il faut tout de même s’accrocher tant les intrications entre les généalogies des uns et des autres sont complexes. Mais on doit saluer la somptuosité des costumes, ainsi que la qualité des reconstitutions des décors et des scènes de combat. 

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dimanche 24 février 2019

ALIAS CARACALLA, AU CŒUR DE LA RÉSISTANCE, téléfilm d'Alain TASMA (FR-2013)



Alias Caracalla, au cœur de la Résistance est un téléfilm dramatique historique français en deux parties, réalisé par Alain Tasma, diffusé en 2013.

Présentation

Ce téléfilm est en deux épisodes : Les Rebelles du 17 juin et Rex (pseudonyme de Jean Moulin).
Il reprend le récit de Daniel Cordier, compagnon de la Libération, dans son livre autobiographique Alias Caracalla (Paris, Gallimard, 2009), de juin 1940, et sa mission en France comme secrétaire de Jean Moulin, jusqu'au 23 juin 1943, date de l’arrestation et de la mort de Jean Moulin à Lyon.

Daniel Cordier a 20 ans quand il s’engage dans la France Libre en juin 1940. Venu de l’Action française, ses convictions d’extrême droite auraient plutôt dû le rapprocher de Pétain. Mais, après la défaite française, il choisit de poursuivre le combat en Afrique du Nord et se retrouve à Londres où il se rallie aussitôt à la France libre et devient, deux ans plus tard, le collaborateur et homme de confiance de Jean Moulin, de 1942 à 1944.

Distribution
  • Jules Sadoughi : Daniel « Alain » Cordier
  • Éric Caravaca : Jean « Rex » Moulin
  • Nicolas Marié : Georges « Bip » Bidault
  • Jean-Michel Fête : Henri « Charvet » Frenay
  • Léo-Paul Salmain : François Briant
  • Gauthier Battoue : Philippe Marmissolle-Daguerre
  • Julie Gayet : Marguerite Moret
  • Louis-Do de Lencquesaing : « Bernard » d’Astier de La Vigerie
  • Laurent Stocker : Pierre « Brumaire » Brossolette
  • Grégory Gadebois : Yvon « Léo » Morandat
  • Thierry Hancisse : Yves « Grégoire » Farge
  • Lou de Laâge : Suzanne « Suzette » Olivier
  • François Loriquet : Monsieur Moret
  • Géraldine Martineau : Laure « Mado » Diebold
  • Lazare Herson-Macarel : Hugues « Germain » Limonti
  • Olivier Chantreau : Paul « Kim » Schmidt
  • François Civil : Maurice « Salm » de Cheveigné
  • Milan Mauger : Stéphane Hessel
  • Laurent Capelluto : Raymond Aron

Mon opinion

Je n’avais pas encore vu ce téléfilm, pourtant sorti en 2013 et, depuis, diffusé à plusieurs reprises par la télévision. Je l’ai finalement visionné hier soir (23/02/2019) sur la chaîne RMC.

Je n’ai pas encore lu le livre de Daniel Cordier dont est tiré le film mais, autant que j’ai pu en juger, l’adaptation m’a paru fidèle. J’ai surtout apprécié le réalisme des reconstitutions de l’époque et le jeu sobre des acteurs, Jules Sadoughi, en tête, qui incarne Alain, pseudonyme de Cordier, et Eric Caravaca, qui joue le rôle de « Rex », autrement dit Jean Moulin. Mais, ce qui est la réussite d’une bonne réalisation, ce sont aussi les seconds rôles, particulièrement bien traités ici. Certains critiques ont reproché à ce film son manque d’action. Je trouve au contraire que c’est une de ses qualités de rendre avec finesse la tension permanente que vécurent ces héros « de l’ombre » qui ne rend que plus magnifique le sort terrible dont certains ont été les victimes. Le film m’a aussi beaucoup intéressé quand il montre les difficultés qu’a rencontré Jean Moulin pour organiser et unifier des mouvements au départ animés d’opinions et d’objectifs différents, voire irréconciliables. Il décrit aussi admirablement l’immense solitude de ces « héros du quotidien », baignant dans la délation et les risques permanents de la trahison. Cela m’a donné envie d’approfondir cette période que je connais mal.

jeudi 13 avril 2017

THE WHITE QUEEN - Série historique (GB-2013)


The White Queen est une mini-série britannique en dix parties de 60 minutes basée sur les romans de Philippa Gregory : The White Queen, The Red Queen et The Kingmaker's Daughter. Le premier épisode fut diffusé sur BBC One le 16 juin 2013 et aux États-Unis le 10 août 2013 sur la chaîne Starz. La chaîne BBC a annoncé le 20 août 2013 qu'il n'y aura qu'une seule saison. Chez Starz, on a néanmoins laissé entendre qu'ils pourraient continuer seul la saga avec l'adaptation du roman The White Princess de Philippa Gregory.


Résumé

La série débute en 1464, peu de temps après la fin de la Guerre de Cent Ans. L'Angleterre est à nouveau engagée dans une guerre sanglante qui dure depuis neuf ans : la guerre des Deux-Roses où s'opposent violemment deux familles, les York et les Lancastre, afin de s'emparer du trône d'Angleterre.

Dans les 1ers épisodes, on assiste à la rencontre entre Edouard IV d’York (Max Irons) avec Elizabeth Grey (Rebecca Ferguson), une roturière, veuve et désargenté, qui a tout perdu dans la guerre et qu’il imposera à Lord Warwick (James Frain) et à la cour qui voulaient organiser son mariage avec une héritière du trône de France.

Édouard IV d'Angleterre (28 avril 1442 – 9 avril 1483), est le quatrième enfant de Richard Plantagenêt, duc d'York. Les prétentions de son père à la couronne d'Angleterre furent le facteur déclenchant du terrible conflit connu sous le nom de « guerre des Deux-Roses ». Edouard IV devint roi d'Angleterre de 1461 à 1483 après avoir vaincu Henri VI de Lancastre à la bataille de Towton. Il fut le premier héritier de la maison d'York à monter sur le trône d’Angleterre.

La première partie de son règne fut troublée par la poursuite de la guerre des Deux-Roses mais, une fois la menace de la maison de Lancastre éliminée à la suite de la bataille de Tewkesbury, l'Angleterre connut la paix jusqu'à sa mort soudaine (maladie ou plus vraisemblablement empoisonnement ?) Son règne fut brièvement interrompu par un retour de Henri VI entre le 3 octobre 14701 et le 11 avril 1471. Ce sont ses fils, Edouard V et son jeune frère Richard de Shrewsbury, nés de son union avec Elizabeth, qui furent enfermés et sans doute assassinés dans la Tour de Londres,par leur oncle Richard III (le fameux Richard III de Shakespeare).   

Acteurs


Maison d'York
  • Max Irons (V. F. : Paolo Domingo) : Édouard IV d'Angleterre
  • Rebecca Ferguson (V. F. : Laura Blanc) : Élisabeth puis Woodville, la « Reine Blanche » et reine consort d'Angleterre d'Édouard IV
  • James Frain (V. F. : Jean-Pierre Michaël) : Richard Neville (16e comte de Warwick), le « Faiseur de rois »
  • Caroline Goodall (V. F. : Liliane Patrick) : Cécile Neville, Duchesse d'York, mère d'Édouard IV d'Angleterre, George, duc de Clarence et du futur Richard III d'Angleterre, et tante de Lord Warwick
  • David Oakes (V. F. : Cédric Dumond) : George, duc de Clarence, frère d'Édouard IV d'Angleterre
  • Aneurin Barnard (V. F. : Stéphane Ronchewski) : Richard, Duc de Gloucester, futur Richard III d'Angleterre, frère d'Édouard IV d'Angleterre
  • Janet McTeer (V. F. : Isabelle Gardien) : Jacquette de Luxembourg, Lady Rivers, mère d'Élisabeth Woodville
  • Faye Marsay (V. F. : Marie Tirmont) : Anne Neville, fille de Lord Warwick -un pion dans la bataille pour le pouvoir de son père en tant que princesse de Galles (Maison Lancastre), futur reine consort de Richard III d'Angleterre (Maison d'York)
  • Eleanor Tomlinson (V. F. : Delphine Rivière) : Isabelle Neville, fille de Lord Warwick et sœur aînée d'Anne Neville, Duchesse de Clarence par son mariage avec George, Duc de Clarence
  • Sonny Ashbourne Serkis : prince de Galles, futur roi Édouard V d'Angleterre, fils aîné et héritier d'Édouard IV et d'Élisabeth Woodville, un des princes dans la Tour
Maison Lancastre
  • Amanda Hale (V. F. : Hélène Bizot) : Margaret Beaufort, La « Reine Rouge », femme très pieuse prête à tout pour mettre son jeune fils Henri Tudor sur le trône
  • Tom McKay (V. F. : Matthieu Albertini) : Jasper Tudor, beau-frère de Lady Margaret Beaufort et oncle d'Henri Tudor
Mon opinion sur cette série

Je n’ai vu pour l’instant et par le plus grand des hasards que les deux premières parties de cette série sur la chaîne 23. Elle traite d'un épisode de l'histoire de l'Angleterre dont tout le monde a entendu parler (la "Guerre des Deux-Roses"), autrement dit la guerre sanglante que se sont livrées sur plusieurs générations deux familles anglaises, les York et les Lancastre (dont chacune avait une rose pour emblème), pour placer un roi sur le trône d’Angleterre. Comme toutes les séries historiques, elle souffre de beaucoup de raccourcis et d'approximations (voire de libertés avec l'histoire) mais elle se laisse regarder en raison de la beauté de ses acteurs, des costumes et des décors, servis par une grande qualité d'image.

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samedi 13 septembre 2014

LES TUDORS série historique (2007-2010)


Les Tudors (The Tudors) est une série télévisée historique réalisée en coproduction par les télévisions canadienne et irlandaise. Elle compte 4 saisons de 38 épisodes de 52 minutes. Créé par Michael Hirst, elle a été tourné en Irlande. Elle a été diffusée sur Arte à partir de 2007. 

Présentation

Le fait que Les Tudors soit une coproduction canado-irlandaise et non britannique a peut-être permis aux scénaristes de prendre des libertés (Ô combien !!!) que n'auraient pas pris les "Sa Gracieuse Majesté" avec leur histoire.

On n'attendait pas Jonathan Rhys Meyers en Henry VIII d'Angleterre tant nous en avons gardé de ce roi l'image d'un ogre vieillissant, énorme et bouffi par les excès de tout ordre qui l’achevèrent. A sa mort, à 56 ans, d'un ulcère infecté, il pesait 178 kg, ce qui, de nos jours est considéré pour de l'obésité morbide, même pour un homme de haute taille, puisqu'il mesurait 1,83, ce qui le faisait apparaître comme un géant pour ses contemporains.   

Le jeune acteur irlandais incarne Henri VIII au début de son règne, alors qu'il était appelé à succéder à 18 ans à son père décédé subitement. Ses débuts furent d'autant plus difficiles qu'on le maria, contre sa volonté, et pour des raisons purement politiques, à l'austère Catherine d'Aragon, qui, pour arranger les choses, était sa propre belle-mère puisqu'elle était la veuve de son père ! O tempora, o mores où la raison politique était la loi et passait par-dessus toute autre considération.

Comme de nombreux autres monarques, le jeune Henry dut affronter, dès son accession au pouvoir, les grands du royaume qui, plus encore en Angleterre qu’ailleurs, croyaient pouvoir manipuler à leur guise ce tout jeune homme sans expérience. Cette réalité des débuts du règne d’Henri VIII est fidèlement rendue.

Jonathan Rhys Meyers incarne à merveille ce jeune monarque, plein d'énergie, insistant peut-être un peu beaucoup (trop à mon avis) sur son attrait pour le sexe qui s'explique aussi en partie par le fait que son épouse officielle était beaucoup plus âgée que lui et d’une pruderie qui ne convenait pas à un jeune homme débordant de vitalité. En outre, elle était espagnole, très portée sur la religion et sur la morale et on peut comprendre que, dans ces conditions, le monde qui les séparait.

Une fois le premier choc de voir le beau Jonathan RhysMeyers incarner Henry VIII, on apprécie une réalisation dégagée de tout complexe et où l'on n'a lésiné ni sur les décors, ni sur les costumes, qui sont somptueux.

Mais la série n'est pas, loin de là, « tous publics », tant en raison de certaines scènes ouvertement sexuelles qu'en raison d'autres, même si elles correspondent aux mœurs de l'époque, d'une cruauté à laquelle on n'est pas habitué dans une série télévisée grand public.
C'est dommage car, si les producteurs avaient été un peu plus modérés dans ces deux domaines, cela aurait permis de montrer de manière nettement plus ludique que dans des manuels poussiéreux une partie de l'histoire de l'Angleterre à des élèves ou des étudiants de langue et de littérature anglaise (tout en rectifiant certaines libertés prises par la série comme certains faits omis - ou de  pure invention - ainsi qu'une chronologie par moments parfaitement arbitraire). Les spécialistes reconnaissent cependant que l'œuvre reste, dans ses grandes lignes, proche de la vérité.

Outre l'acteur qui joue Henri VIII, la distribution est particulièrement soignée avec des acteurs de grand talent, notamment Sam Neill dans le rôle du cardinal Thomas Wolsey, Jeremy Northam dans celui de l'érudit Thomas More, Max von Sydow dans le rôle du cardinal Von Waldburg ou Peter O'Toole dans celui du Pape Paul III ainsi qu'une pléiade de jeunes acteurs moins connus mais tout aussi sympathiques comme l'ami intime d'Henry III, Charles Brandon (Henry Cavill qui faillit jouer le rôle-titre du beau vampire Edward Cullen dans Twilight, ce qui aurait sans doute été une promotion pour lui, en tant qu'acteur, mais une erreur de casting manifeste).

Quant aux costumes et aux décors, ils sont tout simplement sublimes. Le problème, avec cette série, est sa durée. Quatre saisons, là où deux auraient amplement suffi, c'est beaucoup trop. En effet, quelles que soient ses qualités, on est très vite lassé de voir se répéter, saison après saison, les mêmes scènes de chasse, de repas, de réceptions mondaines, de ballets (on finit par être saturé de menuets !!!) et de coucheries...

vendredi 21 juin 2013

ODYSSEUS (2ème partie) : UNE FARCE TRAGIQUE !

20/06/2013

Je me suis astreint à regarder hier soir la 2ème partie d'Odysseus en espérant qu'elle rattraperait un début décevant. 

Malheureusement, il n'en a rien été, bien au contraire. Dans cette 2ème partie, les scénaristes se sont encore plus éloignés du texte originel : le premier épisode montrait les prétendants ayant pris le pouvoir par la force à Ithaque, massacrant les alliés de Télémaque et de Pénélope, ripaillant et violant les servantes à qui mieux-mieux, enfermant le prince, la reine et Mentor dans des cages (!), décidés à les exécuter le lendemain matin. Entre temps, Léocrite étant allé chercher du renfort auprès de Ménélas, il revient avec la flotte de Sparte (dans l'Odyssée, c'est Télémaque qui s'en va auprès de Nestor à Pylos puis de Ménélas à Sparte).  Ulysse, rejeté par la mer sur l'une des côtes d'Ithaque assiste, sans se faire reconnaître, au combat singulier qu'est forcé de livrer le jeune Télémaque contre Liodès, un guerrier éprouvé (là encore, on imagine mal qu'un père, un roi, puisse assister sans lever le petit doigt, à un combat où se joue l'avenir de son royaume.) Le massacre des prétendants, l'un des épisodes les plus glorieux (et les plus théâtraux) de l'Odyssée, est reporté à plus tard et expédié comme une énième bagarre à peine plus notable que toutes celles auxquelles se livrent les prétendants dans les épisodes précédents... Le comble du ridicule est atteint dans la scène où Ulysse demande à son fils de le laver en utilisant un strigile (les strigiles étaient utilisés par les athlètes non pour se laver mais pour ôter la poussière collée par l'huile dont on s'enduisait la peau après une compétition sportive !) Mais ce n'est qu'un exemple ! 

Inutile de dire que rien de tout cela n'est dans l'Odyssée. On se demande ce qui a pu passer par la tête du  scénariste, Frédéric Azémar, et du réalisateur, Stéphane Giusti, pour dénaturer à ce point un texte magnifique, dont l'écriture, à la fois poétique et épique (et extrêmement moderne !) se suffit à elle-même et qui nul besoin d'être réécrit par des barbares ignorants des mœurs de la Grèce archaïque et de la déférence de son peuple envers les règles et les dieux. 

En effet, avec Odysseus, si on ne dépasse pas les sommets de ridicule atteints par le mauvais remake des Rois Maudits que nous donna en 2005 Josée Dayan, on n'en est pas loin ! Je suis désolé pour les acteurs (je pense en particulier au jeune Niels Schneider/Télémaque et à la sublime Caterina Murino/Pénélope) qui méritaient mieux que cette farce tragique.

dimanche 16 juin 2013

ODYSSEUS (Série TV Française-2013)



Odysseus est une série télévisée franco-italo-portugaise réalisée pour Arte par Stéphane Giusti, sur un scénario de  Frédéric Azémar. 

Synopsis

La série reprend l'histoire au chant XIII : Télémaque est revenu de chez Ménélas et Nestor chez qui il s'était rendu sur les conseils de la déesse Athéna pour tenter d'avoir des nouvelles sur la disparition de son père après la fin de la guerre de Troie, terminée depuis dix ans. 

A Ithaque, son trône est vacant : le royaume est malmené par les princes d'Ithaque qui, sous prétexte de protéger la reine Pénélope voudraient l'épouser afin de s'accaparer les richesses du royaume. Si Télémaque a fui c'est que, trop jeune pour défendre seul le trône de son père, il se sentait menacé dans sa vie par les princes qui passent leur temps à le malmener, à festoyer dans son palais en en pillant les réserves et en en violant les servantes.

Mais, bien que Ménélas et Nestor l'aient bien accueilli et couvert de présents, il retrouve Ithaque dans le même état que lorsqu'il est parti, les prétendants se faisant chaque jour plus menaçants vis à vis du jeune prince, plus arrogants dans le palais et plus pressants vis-à-vis de la reine qui, comme subterfuge pour retarder sa promesse d'en épouser l'un ou l'autre, défait chaque nuit le travail qu'elle a fait le jour sur le linceul de Laërte, son beau-père : en effet, lorsque le travail de tissage sera terminé, elle s'est engagée à épouser l'un des prétendants. 

Mon opinion sur cette série

Comme avec tous les grands classiques, on a l'impression de toujours tout connaître de l'histoire de l'Odyssée. Or, d'après les annonces que j'en avais lues, cette série avait l'ambition de "dépoussiérer" le texte antique en s'attachant à combler les zones d'ombres du texte d'Homère. Le scénario étant signé Frédéric Azémar, scénariste de l'excellente série "Un village français", je m'attendais à mieux.

Hélas, entre longueurs, invraisemblables anachronismes et erreurs grossières, dialogues ineptes (alors que les dialogues originaux sont d'une incroyable modernité !) j'ai eu du mal à rester devant mon poste jusqu'au bout de la diffusion des premiers épisodes, jeudi 13 juin 2013.

Malgré le casting des principaux protagonistes (le sympathique Niels Schneider en Télémaque, la très belle Caterina Murino en Pénélope), les seconds rôles sont interchangeables et on a du mal à s'y reconnaître entre les "prétendants", les alliés et les adversaires, tous aussi mal dégrossis les uns que les autres, du jeune prince.

J'accepte volontiers qu'on prenne des libertés avec un texte vieux de plusieurs millénaires et qu'on veuille le moderniser lorsque cela s'impose et jouer avec les "zones d'ombre" lorsqu'il y en a. Il est un fait que la civilisation mycénienne nous est obscure sur bien des points. Pourquoi pas, alors, remplacer ces incertitudes par des idées modernes.  Mais il y a certaines choses que l'on sait et qui sont parfaitement claires dans le texte d'Homère. Alors pourquoi improviser ou inventer de toutes pièces des détails qui se veulent pittoresques et ne sont que des erreurs historiques ou des hypothèses hasardeuses?

A part le casting des personnages principaux, les décors, inspirés de la civilisation mycénienne, sont le seul élément avec lequel on peut être d'accord. Quant au reste... Il est peu vraisemblable que la pudique Pénélope ait été, ainsi que ses servantes, habillée de manière aussi provocante alors qu'elle était confrontée à des prétendants avinés et avides de la mettre dans leur lit : Homère la décrit tirant un voile sur son visage avant de paraître en public. Quant à Télémaque, on a du mal à croire qu'à 20 ans passés, dans un monde ainsi dominé par la guerre et la violence, il ne soit pas un guerrier accompli et se laisse ainsi tyranniser par les prétendants. Il démontrera d'ailleurs qu'il a un caractère combatif et bien trempé lorsqu'il aidera son père, après son retour, à annihiler les prétendants. Pourquoi alors en avoir fait un être aussi veule ? C'est mal connaître l'époque : s'il laissait ainsi faire les prétendants, c'est que, tant qu'on n'était pas sûr de la mort d'Ulysse, il n'était pas le maître et n'avait aucun pouvoir, pas même celui d'affréter un bateau pour  se rendre à Sparte. Bien entendu, on a aussi droit aux relations homosexuelles entre hommes. On sait qu'elles faisaient partie intégrante de la civilisation grecque mais rien n'autorise l'auteur, dans le texte d'Homère, à donner à Léocrite un amant.

Quant à la mise en scène, du moins dans cette première partie, on est vite lassé de la répétition des festins des prétendants, des scènes d'entrainement, des bagarres, etc. 

Pari complètement raté pour Arte, donc. Et je le regrette car on aurait bien eu besoin d'une fiction bien faite, renouvelant le genre, pour nous racheter de l'absurde Troie de Wolfgang Petersen (2004) où Brad Pitt s'est ridiculisé avec son invraisemblable jupette, ou du à peine moins raté Alexandre d'Oliver Stone (lui aussi sorti en 2004).   

Attendons cependant l'arrivée d'Ulysse, dans les prochains épisodes diffusés cette semaine, pour nous faire une opinion définitive sur cette série qui, pour l'instant, relève plutôt du mauvais péplum que de la série historique sérieuse. 

Distribution

·         Alessio Boni : Ulysse
·         Caterina Murino : Pénélope
·         Niels Schneider : Télémaque
·         Bruno Todeschini : Léocrite
·         Joseph Malerba : Mentor
·        Augustin Legrand : Antinoos
·        Carlo Brandt : Laërte
-    etc.

Mon classement : 2/5 (médiocre)