dimanche 16 juin 2013

ODYSSEUS (Série TV Française-2013)



Odysseus est une série télévisée franco-italo-portugaise réalisée pour Arte par Stéphane Giusti, sur un scénario de  Frédéric Azémar. 

Synopsis

La série reprend l'histoire au chant XIII : Télémaque est revenu de chez Ménélas et Nestor chez qui il s'était rendu sur les conseils de la déesse Athéna pour tenter d'avoir des nouvelles sur la disparition de son père après la fin de la guerre de Troie, terminée depuis dix ans. 

A Ithaque, son trône est vacant : le royaume est malmené par les princes d'Ithaque qui, sous prétexte de protéger la reine Pénélope voudraient l'épouser afin de s'accaparer les richesses du royaume. Si Télémaque a fui c'est que, trop jeune pour défendre seul le trône de son père, il se sentait menacé dans sa vie par les princes qui passent leur temps à le malmener, à festoyer dans son palais en en pillant les réserves et en en violant les servantes.

Mais, bien que Ménélas et Nestor l'aient bien accueilli et couvert de présents, il retrouve Ithaque dans le même état que lorsqu'il est parti, les prétendants se faisant chaque jour plus menaçants vis à vis du jeune prince, plus arrogants dans le palais et plus pressants vis-à-vis de la reine qui, comme subterfuge pour retarder sa promesse d'en épouser l'un ou l'autre, défait chaque nuit le travail qu'elle a fait le jour sur le linceul de Laërte, son beau-père : en effet, lorsque le travail de tissage sera terminé, elle s'est engagée à épouser l'un des prétendants. 

Mon opinion sur cette série

Comme avec tous les grands classiques, on a l'impression de toujours tout connaître de l'histoire de l'Odyssée. Or, d'après les annonces que j'en avais lues, cette série avait l'ambition de "dépoussiérer" le texte antique en s'attachant à combler les zones d'ombres du texte d'Homère. Le scénario étant signé Frédéric Azémar, scénariste de l'excellente série "Un village français", je m'attendais à mieux.

Hélas, entre longueurs, invraisemblables anachronismes et erreurs grossières, dialogues ineptes (alors que les dialogues originaux sont d'une incroyable modernité !) j'ai eu du mal à rester devant mon poste jusqu'au bout de la diffusion des premiers épisodes, jeudi 13 juin 2013.

Malgré le casting des principaux protagonistes (le sympathique Niels Schneider en Télémaque, la très belle Caterina Murino en Pénélope), les seconds rôles sont interchangeables et on a du mal à s'y reconnaître entre les "prétendants", les alliés et les adversaires, tous aussi mal dégrossis les uns que les autres, du jeune prince.

J'accepte volontiers qu'on prenne des libertés avec un texte vieux de plusieurs millénaires et qu'on veuille le moderniser lorsque cela s'impose et jouer avec les "zones d'ombre" lorsqu'il y en a. Il est un fait que la civilisation mycénienne nous est obscure sur bien des points. Pourquoi pas, alors, remplacer ces incertitudes par des idées modernes.  Mais il y a certaines choses que l'on sait et qui sont parfaitement claires dans le texte d'Homère. Alors pourquoi improviser ou inventer de toutes pièces des détails qui se veulent pittoresques et ne sont que des erreurs historiques ou des hypothèses hasardeuses?

A part le casting des personnages principaux, les décors, inspirés de la civilisation mycénienne, sont le seul élément avec lequel on peut être d'accord. Quant au reste... Il est peu vraisemblable que la pudique Pénélope ait été, ainsi que ses servantes, habillée de manière aussi provocante alors qu'elle était confrontée à des prétendants avinés et avides de la mettre dans leur lit : Homère la décrit tirant un voile sur son visage avant de paraître en public. Quant à Télémaque, on a du mal à croire qu'à 20 ans passés, dans un monde ainsi dominé par la guerre et la violence, il ne soit pas un guerrier accompli et se laisse ainsi tyranniser par les prétendants. Il démontrera d'ailleurs qu'il a un caractère combatif et bien trempé lorsqu'il aidera son père, après son retour, à annihiler les prétendants. Pourquoi alors en avoir fait un être aussi veule ? C'est mal connaître l'époque : s'il laissait ainsi faire les prétendants, c'est que, tant qu'on n'était pas sûr de la mort d'Ulysse, il n'était pas le maître et n'avait aucun pouvoir, pas même celui d'affréter un bateau pour  se rendre à Sparte. Bien entendu, on a aussi droit aux relations homosexuelles entre hommes. On sait qu'elles faisaient partie intégrante de la civilisation grecque mais rien n'autorise l'auteur, dans le texte d'Homère, à donner à Léocrite un amant.

Quant à la mise en scène, du moins dans cette première partie, on est vite lassé de la répétition des festins des prétendants, des scènes d'entrainement, des bagarres, etc. 

Pari complètement raté pour Arte, donc. Et je le regrette car on aurait bien eu besoin d'une fiction bien faite, renouvelant le genre, pour nous racheter de l'absurde Troie de Wolfgang Petersen (2004) où Brad Pitt s'est ridiculisé avec son invraisemblable jupette, ou du à peine moins raté Alexandre d'Oliver Stone (lui aussi sorti en 2004).   

Attendons cependant l'arrivée d'Ulysse, dans les prochains épisodes diffusés cette semaine, pour nous faire une opinion définitive sur cette série qui, pour l'instant, relève plutôt du mauvais péplum que de la série historique sérieuse. 

Distribution

·         Alessio Boni : Ulysse
·         Caterina Murino : Pénélope
·         Niels Schneider : Télémaque
·         Bruno Todeschini : Léocrite
·         Joseph Malerba : Mentor
·        Augustin Legrand : Antinoos
·        Carlo Brandt : Laërte
-    etc.

Mon classement : 2/5 (médiocre)         

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