Affichage des articles dont le libellé est Cédric Kahn. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Cédric Kahn. Afficher tous les articles

dimanche 21 janvier 2024

MAKING OF Comédie de Cédric KAHN (FR-2023)

 

Making of est une comédie française réalisée par Cédric Kahn, sorti en 2023.

Présentation

Simon (Denis Podalydès) est réalisateur de cinéma. Son film est inspiré du combat mené par des ouvriers pour empêcher la fermeture de leur usine et le déménagement de ses outils de production. Le making of du film doit être fait par un jeune stagiaire. Le tournage vient de débuter lorsque deux coproducteurs, accompagnés de leur avocate, convoquent une réunion au cours de laquelle ils annoncent qu’ils retireront leur participation financière au film si la fin, qui devait, dans le scenario original, se terminer de manière positive (rachat de l’usine par les ouvriers), se termine par l’échec. Or, dans la réalité, les choses se sont déroulées autrement, le tribunal ayant ordonné l’expulsion des ouvriers de l’usine et leur licenciement, Simon, pour rester en accord avec la vérité, refuse de changer la conclusion de son film.

Chacun restant sur sa position, les coproducteurs se retirent et le producteur, Marquez (Xavier Beauvois), un ami de longue date de Simon, s’engage à trouver de nouveaux financeurs. Mais il fait faux bond.         

Le tournage devient chaotique :

- le stagiaire chargé du making of s’avère incapable et est remplacé au pied levé par un des figurants, Joseph (Stefan Crepon), pizzaiolo dans le civil, qui rêve de faire du cinéma et a écrit un scénario qu’il remet à Simon ;

-  Alain (Jonathan Cohen), l'acteur principal, suggère sans cesse de nouvelles modifications au scénario afin de mettre son personnage en valeur. Il se met ainsi à dos les autres comédiens, en particulier Nadia (Souheila Jacoub) pour qui ce rôle est important ;

- Simon, quant à lui, a des problèmes dans son couple, sa femme ne supportant plus que sa famille passe au second plan après le cinéma, elle lui annonce qu’elle veut divorcer. Epuisé physiquement et moralement par tous ces conflits, Simon fait une attaque cardiaque et doit être hospitalisé.

Le tournage reprendra cependant et arrivera jusqu’au bout grâce à la mobilisation des comédiens, des bénévoles, mais aussi de Marquez qui trouvera in extremis l’argent qui manquait pour boucler les financements.

Mon opinion

Comédie, si l’on veut. Certes, il y a quelques échanges verbaux raffinés (on entend beaucoup la phrase « Vous me faites tous chier ! ») mais le fond, la liquidation d’une usine par des patrons-voyous ainsi que les difficultés d’un tournage, où le réalisateur est pris entre son désir de réussir une œuvre et les contingences matérielles (le temps, l’argent, les egos des uns et des autres…), relève plutôt du drame social. En fait, ce film est plus un documentaire sur le tournage d’un film, un « making of » qu’un film à proprement parler. Mais c’est réussi car le spectateur est en haleine de bout en bout, assistant aux passes d’arme, aux échanges parfois violents, aux rebondissements, sans en perdre une miette. On ne peut s’empêcher de penser que, même si c’est une fiction, le film est en grande partie autobiographique, tous les réalisateurs ayant sans doute peu ou prou vécu les mêmes choses. Un grand bravo à Stefan Crepon qui crève l’écran, comme il l’avait déjà fait dans le personnage de Karl dans le film de François Ozon Peter von Kant.      

jeudi 12 octobre 2023

LE PROCES GOLDMAN de Cédric KAHN (FR-2023)

 


Le Procès Goldman est un film français réalisé par Cédric Kahn et sorti en 2023. Il raconte le second procès de Pierre Goldman qui donne lieu à son acquittement au printemps 1976, la condamnation à la prison à perpétuité de décembre 1974 dans l'affaire du double meurtre du 19 décembre 1969, ayant été annulée par la Cour de cassation. Le film mêle au second procès quelques détails du premier et des éléments fictifs, ce qui a été critiqué par la veuve de l'acquitté, la cinéaste Christiane Succab-Goldman. Le film a été présenté en ouverture de la Quinzaine des cinéastes du festival de Cannes 2023.

Présentation

Pierre Goldman était le demi-frère du célèbre chanteur Jean-Jacques Goldman qui, sans partager ses idées, l’a toujours soutenu. Pierre Goldman, militant d'extrême gauche dans les années 1960, a passé quatorze mois dans les maquis du Vénézuela. Pendant ce séjour, il aurait commis un vol à main armée contre la Royal Bank of Canada. A son retour en France, il commet trois attaques à main armée qui lui valent une condamnation à douze ans de réclusion. Il reconnaît les trois vols à main armée mais dément catégoriquement avoir participé en 1969 au hold-up d’une pharmacie, Boulevard Richard-Lenoir à Paris, au cours duquel les deux pharmaciennes ont été tuées et un client grièvement blessé. Pour ce dernier forfait, qu’il a toujours contesté, il a été condamné à la perpétuité en 1974. En prison, il écrit un livre de mémoires « Souvenirs obscurs d’un juif polonais né en France » où il se décrit comme un bouc-émissaire politique et dénonce ce qu’il considère comme une erreur judiciaire. A la suite de cette publication, son premier procès est annulé par la Cour de cassation et il est rejugé en 1976. Ce second procès, très médiatisé, devient alors une véritable affaire d’Etat, Pierre Goldman, étant soutenu par une partie de la gauche et de l’opinion publique. Goldman devient un symbole de la présomption d'innocence.

Le film

Le film commence par une entrevue entre maître Chouraqui (Jeremy Lewin), jeune avocat ami de Goldman, et son confrère, l’avocat Georges Kiejman (Arthur Harari) que Goldman, mécontent de lui, a décidé de dessaisir peu de jours avant le début du procès. Le reste du film est le déroulé du procès, avec un Pierre Goldman (Arieh Worthalter) qui intervient en permanence, coupant la parole à ses avocats, tenant des propos où il fait le procès de la société bourgeoise et de sa justice « aux ordres », ses propos les plus polémiques étant applaudis par un public dont l’enthousiasme est difficilement contenu par le président (Stéphan Guérin-Tillié). Entre les éclats de Goldman, la claque de son comité de soutien venu le soutenir (parmi lesquels des intellectuels de gauche comme Simone Signoret, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Régis Debré, etc.) et les attaques vicieuses de maître Henri-René Garaud (Nicolas Briançon), l’avocat des victimes, on assiste pendant deux heures à un éblouissant pugilat verbal qui ne faiblit pas une seule minute. On est presque surpris, à la fin, d’apprendre que Pierre Goldman a été acquitté de l’accusation de meurtre. Après sa libération, Pierre Goldman sera assassiné en 1979 dans des circonstances qui n’ont jamais été éclaircies.    

Personnellement, j’ai trouvé la distribution un peu faible. Si l’acteur qui incarne le charismatique Goldman (Arieh Worthalter) est parfait, je n’en dirais pas de même de celui jouant le rôle de Georges Kiejman (Arthur Harari), que j'ai trouvé très faible dans son interprétation. Certes, à l’époque, Kiejman n’avait peut-être pas la faconde qu’on lui a connu dans la suite de sa carrière, mais il avait déjà 20 ans de métier !  C’est le seul reproche que je ferais à ce film dont le mérite est de nous révéler l’importance d’un procès qui eut un incroyable retentissement et remua toute la société de l’époque.

 

mercredi 11 septembre 2019

FÊTE DE FAMILLE film de Cédric KAHN (FR-2019)


Fête de famille est une comédie dramatique française réalisée par Cédric Kahn sortie en 2019.

Résumé

Réunie dans la grande maison familiale, tout le monde s’apprête à fêter l’anniversaire d’Andréa (Catherine Deneuve). Il y a là son mari, Jean, ses fils, Vincent (Cédric Kahn) – celui qui a réussi – avec sa femme médecin et ses deux jeunes fils, et son frère Romain (Vincent Macaigne) – qui bricole dans le cinéma – avec sa nouvelle compagne argentine, Marie, l’une des deux filles d’Andréa, et Emma, la fille de Claire, qui est absente et dont on comprend plus tard qu’elle vit aux Etats-Unis et n’a pas donné de nouvelle depuis trois ans. Soudain, alors que l’on prépare le repas dans un joyeux foutoir, arrive Claire (Emmanuelle Bercot) que tout le monde (à part sa fille Emma) accueille avec joie. Au cours du repas, Claire fait un esclandre en réclamant sa part d’héritage, exigeant que ses parents vendent la maison.

Mon opinion sur ce film

Nous avons tous plus ou moins connu ces fêtes de famille empoisonnées par quelques contentieux longuement ressassés. Mais ici le réalisateur ne fait pas dans la dentelle et cette fête de famille prend très vite des allures de « règlement de comptes à OK corral » qui en font une tragi-comédie dont certaines scènes confinent à la commedia del arte. Catherine Deneuve est une fois de plus parfaite en impériale grand-mère qui tente avec opiniâtreté à maintenir un semblant d’ordre dans ce maelstrom de sentiments contradictoires. La performance d’Emmanuelle Bercot, dans le rôle de Claire, est aussi à saluer. La bande-son est très bien choisie.  

lundi 18 août 2014

L'AVION de Cédric Kahn (FR-2005)


L'Avion est un film français réalisé par Cédric Kahn, sorti en 2005. Le film est adapté des quatre 1ers tomes de la bande dessinée fantastique « Charly » de Magda et Lapière (Ed. Dupuis, coll. Repérages).

Synopsis

Charly, un petit garçon de 8 ans reçoit à Noël une grande maquette d'avion que son père lui a offerte. Son père meurt peu après et le garçon s'aperçoit que l'avion, qui n’a aucun moyen de propulsion, se déplace seul et agit selon sa propre personnalité. Il arrive à le dompter et part, avec son aide, à la recherche de son père.

Mon jugement sur ce film

J'attendais beaucoup de ce film, adapté des 4 premiers tomes d’une série de bandes dessinées fantastiques que j'adore, "Charly" dont les auteurs sont Magda (dessinatrice) et Denis Lapière (scénariste). Cette série a été publiée entre 1990 et 2007 (date de parution du 13ème et vraisemblablement dernier volume), d'abord dans le Journal de Spirou puis repris en albums par l'éditeur belge Dupuis dans la collection "Repérages". Malgré sa qualité et son ambition (ou peut-être justement en raison de cela), la série n'a jamais trouvé son public. Il est vrai que lorsqu'on prend en main le 1er volume, "Jouet d'enfer", le lecteur s'attend plus à trouver une BD destinée à un jeune public, voire à des enfants, mais il change très vite d'opinion à la lecture du volume, lorsque Charly voit son père être happé sous ses yeux par une créature marine géante sur une île de la Frise dévastée par la tempête. En effet, le style de Magda, très épuré, très "ligne claire", est trompeur. En réalité, elle et son complice Denis Lapière nous entraînent, sans sembler y toucher, dans une histoire fantastique dont nous suivrons le héros, Charly, de l'enfant traumatisé par la mort terrifiante et inexpliquée de son père, à l'adolescent perturbé accusé de meurtres qu’il n’a pas commis.. On voit qu'on est très loin de la gentille  « aventurette » à laquelle semblait nous être destiner la couverture et à les premières images de la BD.

Voilà pourquoi, séduit moi-même par l'aspect inclassable de cette histoire, je m'attendais à mieux de la part de Cédric Kahn, qui est le réalisateur de l'excellent  Roberto Succo (2001). Je suis le premier à faire crédit à un réalisateur de cinéma et accepter qu'il prenne des libertés avec l'œuvre originale qui l’a inspiré mais je sais aussi reconnaître les échecs. Et, dans ce cas, cette adaptation est un échec.

Déjà, le titre "L'avion" aurait dû me mettre sur mes gardes. Donner à l'engin (un jouet futuriste dans la BD) - une simple maquette de planeur dans le film - "le" rôle principal était une erreur complète car on comprend relativement vite dans la BD que c'est Charly (et non le jouet !) qui a des pouvoirs incontrôlables. C’est un contresens inexcusable. Le réalisateur s'est fourvoyé dans son adaptation et il n'a rien compris à l'univers fantastique des auteurs de Charly. Dans le jargon d’un prof, on dirait qu'il est "hors sujet".  J'espérais naïvement que le réalisateur respecterait la complexité de cette histoire qui navigue entre fantastique, science-fiction, parapsychologie, thriller et espionnage. 

Il y a cependant dans le film de bons passages mais tout est annihilé par une fin grotesque, digne des pires navets hollywoodiens, qui affaiblit l'histoire en lui retirant tout ce qui faisait son intérêt fantastique.


C'est d'autant plus regrettable que les acteurs, Isabelle Carré, dans le rôle de la mère de l'enfant et  Vincent Lindon, qui incarne son mari et le père de Charly, sont impeccables. Mais, comme je l'ai déjà souvent constaté dans les films mettant en scène de jeunes enfants, ceux-ci, par la fraîcheur et la vérité de leur jeu,  éclipsent souvent les acteurs confirmés qui leur donnent la réplique. Ici, le jeune acteur qui incarne Charly est un inconnu du nom de Roméo Botzaris. J'ai eu beau chercher, je n'ai pas trouvé grand-chose sur lui, si ce n'est qu'il serait né en 1997. Il avait donc 7 ou 8 ans lorsqu'il a tourné ce film ;  il doit en avoir 17 à présent. Il semble bien qu'il n'ait plus tourné depuis. Personne n’a l’air de savoir ce qu'il est devenu. C'est très dommage qu'il n'ait pas continué la carrière d'acteur car je suis persuadé qu'il aurait pu y être excellent. Si quelqu'un a des nouvelles de lui, je me ferai un plaisir de m’en faire l’écho.