Ce blog est consacré au cinéma et aux séries TV. J'y traite principalement des films et des séries que j'aime mais je me réserve aussi le droit d'en critiquer certains.
Retour chez ma mère
est une comédie française réalisée par Éric Lavaine et sortie en 2016.
Présentation
À 40 ans, Stéphanie (Alexandra
Lamy) est contrainte de retourner vivre chez sa mère Jacqueline (Josiane
Balasko).
C’est un documentaire sur la « génération
boomerang » sur de jeunes adultes confrontés au chômage, qui a donné l’idée
à Eric Lavaine de réaliser ce film. C’est une autre forme de « génération
Tanguy" caricaturé par le film Tanguy, où de jeunes diplômés
restent chez leurs parents soit parce qu’ils n’ont pas encore pu trouver un
emploi soit parce que celui-ci est trop mal payé pour pouvoir prendre un
appartement indépendant. Pour construire le personnage interprété par Alexandra
Lamy, Eric Lavaine s’est aussi inspiré d’une de ses amies, architecte,
confrontée à la précarité après avoir perdu un procès.
Ce n’est pas de gaieté de cœur que
Stéphanie, jeune femme libre et indépendante, retrouve l’appartement surchauffé
de sa mère, ses choix de musique qui ne sont pas les siens, ses habitudes et
surtout ses conseils maternels sur la façon de mener sa vie. Chacune va devoir
faire preuve d’une infinie patience pour supporter cette nouvelle vie à deux.
Et lorsque le reste de la fratrie,
composée de Carole (Mathilde Seigner), en instance de divorce avec
Alain, son mari (Jerôme Commandeur) et de Nicolas (Philippe Lefebvre),
invités à dîner par Jacqueline qui veut leur présenter Jean (Didier Flamand),
son nouveau compagnon avec qui elle veut refaire sa vie, on assiste à un règlement de compte sans pitié où les secrets de famille, les critiques acerbes
et les révélations vont se déchaîner.
Du coup, Jacqueline, qui assiste impuissante
à ce lavage de linge en famille fait mine de quitter l’appartement.
Mon opinion
C’est divertissant, même si les
poncifs ne nous sont pas épargnés. Josiane Balasko est royale dans son
rôle de matriarche qui domine ses rejetons immatures de tout son bon sens et
son amour.
Les Petites Victoires
est une comédie française réalisée par Mélanie Auffret, sortie en 2023.
Le film a été présenté au festival international du film de comédie de l'Alpe
d'Huez 2023, où il a obtenu les prix spécial du Jury et le prix du public.
Présentation
Le film se déroule dans le petit
village breton fictif de Kerguen. Son maire, Alice Le Guennic (Julia Piaton), qui est aussi l’institutrice de la petite
école uniclasse, est impliquée dans la
survie de son village qui se meurt peu à peu depuis la perte de son café et de
sa boulangerie. Elle convainc les habitants d’ouvrir un dépôt de pain communautaire
et se bat pour que son école soit maintenue malgré les menaces du rectorat.
Le trublion du village, Émile
Menoux (Michel Blanc) est un sexagénaire qui se met à dos tous ses concitoyens
par son comportement irascible. Il a perdu son frère voici plusieurs mois et
vit désormais seul et quasiment reclus jusqu’au jour où on comprend que son
attitude vient du fait qu’il ne sait pas lire. Mais, loin de se décourager, il
décide d’apprendre à lire et s’invite dans la classe d’Alice. Aussi désagréable
avec les enfants qu’il l’est avec les adultes, il finit cependant par s’en
faire des amis et devient un soutien indéfectible d’Alice qui a souvent du mal
à instaurer la discipline dans sa classe.
Les « petites victoires »,
commencées avec Emile, s’enchaînent alors, que ce soit avec Jeannine (Marie-Pierre
Casey), Patrick (Sébastien Chassagne), etc.
Mon opinion
Ce film, qui peut n’être vu que comme
une sympathique comédie, pose malgré tout la question de l’illettrisme qui
touche en France plus de 7% de personnes (soit 2,5 millions) entre 18 et 65 ans.
La plupart des causes de l’illettrisme remontent à l’enfance (parcours scolaire
perturbé, surtout en zones rurales, enseignants incompétents, etc.) Les personnes victimes d’illettrisme trompent
leur monde en développant leur mémoire
visuelle mais, au quotidien, elles manquent d’autonomie et sont dépendantes des
autres, ou se ferment peu à peu à une vie sociale normale. Michel Blanc, en
vieux bougon désagréable, est parfait et fait un super-duo avec Julia Paton.
Les enfants, comme toujours, sont formidables de naturel et apportent la touche
de fraîcheur indispensable à ce type de film. Ils mériteraient autant d'être crédités au générique que les adultes.
Les Femmes du 6e étage est une comédie sociale française réalisé par Philippe Le Guay, sorti en 2011.
Résumé
Le film se déroule à Paris en
1962. Jean-Louis Joubert (Fabrice Luchini), agent de change, sa femme
Suzanne (Sandrine Kiberlain) et leurs deux fils vivent une vie bourgeoise
et routinière dans l’immeuble cossu qu’ils habitent dans le XVIe
arrondissement. Comme dans la formidable série britannique Maîtres et Valets, on
a affaire à deux mondes qui cohabitent tout en s’ignorant : les patrons ne
se préoccupent pas de la vie des domestiques qui occupent des chambres de
bonnes miteuses situées sous les toits. Les choses changent lorsque Suzanne embauche
une bonne espagnole, María (Natalia Verbeke), une jeune femme qui a
laissé son fils en Andalousie. Grâce à
elle, Jean-Louis Joubert se rapprochera des « femmes du 6ème
étage », travailleuses, pétries de valeurs d’amitié et de courage, qu’il
finira par admirer. Son épouse, convaincue qu’il la trompe avec Maria (alors
que l’idée ne lui en est même pas venue) lui demandera de choisir, ce qu’il
fera en allant s’installer dans une chambre de bonne à l’étage des domestiques,
devenant par là-même un tout autre homme.
Mon opinion
J’ai beaucoup aimé ce film qui
nous plonge avec bonhommie et humanité au cœur des rapports de classe. Il en
ressort un film gai et tendre qui doit évidemment beaucoup à la remarquable
prestation de Fabrice Luchini mais aussi à la présence lumineuse de Natalia
Verbeke et de ses comparses espagnoles, en particulier Carmen Maura
(César de la meilleure actrice dans un second rôle) toutes marquées d’une
forte personnalité.
Pas de toit sans moi
est un téléfilm français de 2006 et diffusé en 2009 réalisé par Guy Jacques.
Synopsis
Paul Morand (Antoine Duléry),
un musicien sans emploi, divorcé, vit seul dans un grand appartement dont il ne
peut plus payer le loyer. Répugnant de demander de l’aide à sa mère Madeleine (Bernadette
Lafont), il risque d’être expulsé comme sa voisine, Ashanti (Aïssa Maïga),
une jeune femme africaine réfugiée politique qui squatte avec ses deux jeunes
enfants, Léo (Samen Télésphore Teunou) et Bintou (Carine Ndoumou
Ekokobe), l’appartement du dessus. Contre toute attente, ces deux exclus de
la société que rien ne préparait à se rencontrer, vont faire alliance pour
lutter contre le sort.
Mon opinion
Film vu en rediffusion à la télévision.
Sympathique téléfilm qui a le
mérite d’aborder le problème des réfugiés à travers la comédie. Le sujet est
néanmoins sérieux, notre pays, entre intransigeance politique et postures, n’ayant
jamais réussi, depuis des années, à répondre humainement à des situations
humainement dramatiques. On a adoré retrouver Bernadette Lafont en mamie
déjantée. Comme toujours, les enfants sont extraordinaires de naturel. Quant à
leur mère, jouée par la superbe Aïssa Maïga, elle nous touche à la fois
par sa fragilité et par sa force de caractère. Antoine Duléry, en vieux
bougon dépressif, est aussi excellent. Dans le même esprit, vous pouvez voir :
Madame est une
comédie dramatique française coécrite et réalisée par Amanda Sthers,
sortie en 2017.
Présentation
Alors qu'elle prépare un dîner important, Anne Fredericks (Toni Collette), découvre que
les convives seront treize à table. Très superstitieuse, elle demande à Maria,
l’une de ses femmes de service (Rossy de Palma) de se joindre au repas en
espérant que sa présence passera inaperçue. Les choses se compliquent lorsque
David Reville (Michael Smiley), l'une des relations d’affaires de son
mari Bob (Harvey Keitel), sur le point de leur acheter un tableau de
maître, tombe amoureux de Maria et la prend pour une princesse voulant passer
incognito.
Mon opinion Vu à la télévision.
A partir d’un quiproquo peu
crédible mais propice aux rebondissements, Amanda Sthers réalise une comédie grinçante sur les travers d’une
société qui, sous une apparence de progrès, reproduit des schémas de classe dépassés
et passablement ridicules. « Madame », bourgeoise capricieuse et mal
dans sa peau, en vient à jalouser son employée de maison pour sa liberté et sa sincérité,
deux qualités qu’elle n’aura jamais. Toni Collette, en sale garce
hautaine et prétentieuse que l’on adore détester, est largement éclipsée par Rossy
de Palma, qui habite littéralement son rôle et le rend sympathique et
chaleureux.
Docteur ? est
une comédie française de Tristan Séguéla sortie sur les écrans le 11
décembre 2019 (durée : 1h 28min). Avec Michel Blanc et Hakim
Jemili.
Présentation
L’action se déroule à Paris, le
soir de Noël. Le Dr. Serge Mamou Mani (Michel Blanc), un ancien de
Médecins sans frontières proche de la retraite travaille pour « Médecins
de Paris » et assure seul les visites. Au bout du rouleau, physiquement et
moralement épuisé, il ne tient qu’en picolant allègrement et flirte en
permanence avec la légalité et il est à deux doigts de la radiation. Alors qu’il
est appelé en urgence pour une tentative de suicide chez sa belle-fille Rose (Solène
Rigot), à qui il a prescrit illégalement des anxiolytiques, il arrive sur
les lieux en même temps qu'un livreur à vélo, Malek (Hakim Jemili), qui
lui ouvre la porte dont il a oublié le code.
Malek ne se désarçonne pas malgré
les rebuffades de Serge et, voulant bien faire, il lui fait à sa demande une
piqûre pour combattre la sciatique qui torture le vieux médecin.
Malheureusement, il s’y prend si mal qu’il touche le nerf sciatique. Serge, désormais
incapable d’assurer le reste de ses consultations, va charger Malek de faire comme s'il était médecin, tout en le guidant grâce à une
oreillette.
Bien entendu, les situations
aussi cocasses que drôles s’enchaînent car Malek n’a aucune notion de médecine, d'un stéthoscope ni des termes médicaux et ne sait même pas utiliser un thermomètre ! Mais, cahin-caha, la nuit se passe
et, au matin, les deux compères sont devenus les meilleurs amis du monde. A la
fin, on comprend que Malek est même devenu médecin.
Mon opinion
Cette pure comédie où l’on rit beaucoup
surfe sur le constat de la précarité qui touche désormais toutes les classes de
la société françaises et conduit à des situations totalement absurdes. Michel
Blanc est parfait en vieux médecin ronchon et alcoolique tout en restant
dévoué jusqu’au bout à ses malades, et Malik Jemili, vraiment épatant,
dans le rôle du livreur candide et débrouillard. C’est d’autant plus remarquable qu’il
s’agit-là de son tout premier rôle au cinéma ! Une comédie sociale sur
fond de crise parfaitement maîtrisée.
Tout ce qu'il me reste de la
révolution est une comédie française réalisée par Judith Davis, sortie en 2019 (1 :28 H).
Présentation
Angèle (Judith Davis) est née dans une famille dont les parents étaient des
militants politiques. Mais sa mère (Mélanie
Bestel) a abandonné du jour au lendemain son combat politique, pour vivre
en Ardèche. Sa sœur, elle, s’est mariée avec Stéphane et vit une vie
bourgeoise. Seul son père, un ancien maoïste, chez qui elle retourne vivre
après avoir perdu son emploi dans « une société de gauche », est
resté fidèle à ses idéaux. Toujours en colère contre la société, les banques,
les petits-bourgeois, Angèle s’applique autant à essayer de changer le monde
qu’à fuir les rencontres amoureuses.
Que lui reste-t-il de la
révolution, de ses transmissions, de ses rendez-vous ratés et de ses espoirs à
construire ? Tantôt Don Quichotte, tantôt Bridget Jones, Angèle peine à trouver un équilibre en constituant un groupe de paroles formé d’éclopés de la
société, comme elle…
Mon opinion
J’ai vu ce film dans le cadre du Festival Telerama qui en vantait les
mérites : « Une comédie rageuse
et très drôle. Coup de coeur ! » Rageuse, certes, "très" drôle, voire... car, pour une comédie, elle manque singulièrement d'humour. C'est en tout cas valable pour l'héroïne principale, Angèle, qui est ausi la réalisatrice : sa révolte et sa rogne perpétuelle envers tous ceux qui l’entourent (envers
sa brave copine Léonor (Claire Dumas), envers sa sœur et son beau-frère, qui ne
parle que chiffres et bénéfices, envers son père, envers sa mère (la traîtresse !),
envers son petit-ami (Malek Zidi, que l’on aimerait voir plus souvent)… etc. Le
problème avec elle est qu’elle ne met dans cette révolte aucune trace d’autodérision ou d’empathie,
ce qui finit par nous la rendre vraiment antipathique.
Qu’elle soit révoltée, on peut le
comprendre. Nous le sommes aussi : la crise des Gilets Jaunes n’est rien d’autre
que l’expression d’un grand ras-le-bol contre cette société égoïste et égocentrique dont
le seul but semble être d’amasser toujours plus d’argent.
Mais quand on veut
réaliser une comédie, le moins que l’on puisse faire, c’est qu’elle soit drôle.
Or, il ne suffit pas d’hurler contre tous et contre tout pour l’être, drôle :
pour cela, il faudrait des dialogues incisifs et décapants, ce
qui est loin d’être le cas dans ce film. Certes, il y a quelques moments réussis : le
discours de la patronne « de gauche » où l’on croirait entendre une
députée de la République en marche pérorer sur un plateau télé, l'engueulade du beau-frère... mais c’est à peu près tout.
En conclusion,
un film décevant dont j’attendais beaucoup mieux mais qui ne mérite vraiment
pas tout l’honneur que lui font les critiques. J'avais de beaucoup préféré le film de Jean-Jacques ZilbermannTout le monde n'a pas eu la chance d'avoir des parents communistes (1993) avec l'inénarrable Josiane Balasko.
Les Invisibles est une
comédie sociale française réalisée par Louis-Julien
Petit, sortie en 2018.
Présentation
L’Envol est un centre d’accueil
de jours pour femmes SDF. Dirigé par quatre femmes, assistantes sociales et psychologue,
il ouvre ses portes à 8H pour permettre aux femmes qui vivent dans la rue de
prendre un petit-déjeuner, une douche, se reposer, recharger leur portable... jusqu’au soir où
elles sont censées retrouver un foyer de nuit… ou la rue.
Or, sous un prétexte absurde dont
seule l’administration française a le secret, la mairie le menace de fermeture.
Mon opinion
Ce film met les spectateur en équilibre permanent
entre rire et larmes tant les situations dépeintes sont pitoyables mais aussi
tant la joie et l’humour sont constamment présents.
La bande de bracassés est
menée tambour battant par l’impayable Corinne
Masiero (Manu), suivie de près par les non-moins épatantes Audrey Lamy (Audrey) qui fait avaler
des couleuvres à Dimitri, son gentil épagneul de frère (Pablo Pauly), mais aussi Noémie
Lvovsky (Hélène) et l’inénarrable Angélique (Déborah Lukumuena).
Toutes quatre se démènent à leur façon peu catholique pour trouver des
solutions en faisant des pieds de nez aux institutions et, à force de roublardise, de mensonges et de débrouillardise, elles
parviennent à révéler les talents de chacune de ces femmes cassées et salies
par la vie, leur redonner l’envie de vivre et l’orgueil de se dresser face à la
société qui en a fait des « invisibles ». On aimerait que toutes las
assistantes sociales ressemblent à Manu, Audrey ou Hélène. Un film qui nous
touche par sa générosité et sans voyeurisme. Jubilatoire !
Potiche est une comédie
française, adaptée d'une célèbre pièce de théâtre de boulevard, réalisée par
François Ozon et sortie en novembre 2010. La pièce de théâtre, écrite par
Barillet et Grédy, fut un énorme succès avec, en vedette, la regrettée et
irrésistible Jacqueline Maillan.
Synopsis
Le film se déroule dans les
années 70. Dans la petite ville imaginaire de Sainte-Gudule, censée se situer
près de St. Amand-les-Eaux, dans le Nord-Pas de Calais, la famille
Pujol-Michonneau détient la seule industrie de la ville, une usine de
parapluie. Le patron Robert Pujol (Fabrice
Luchini) a épousé l'héritière des établissements Michonneau, Suzanne (Catherine Deneuve). Ils ont eu deux
enfants, Suzanne (Judith Godrèche),
mariée, maman de deux jeunes garçons, et un fils, Laurent (Jérémie Rénier), étudiant.
Lorsque le film commence, on voit
Suzanne faire du jogging. Elle habite une somptueuse maison bourgeoise et
occupe son temps en écrivant des poèmes, son mari la tenant à l’écart de ses
affaires et sa propre fille, Joëlle, la
traitant même de "potiche" (d’où le titre).
Robert Pujol traite ses ouvriers
comme il traite sa femme, les méprise et refusant toute avancée sociale, y
compris l'aménagement de toilettes décentes pour son personnel. Un jour, alors
qu'une altercation l'a opposé à un syndicaliste de son usine, sa secrétaire,
Nadège (Karin Viard), qui est aussi
sa maîtresse, déboule affolée chez madame Pujol pour lui annoncer que les
ouvriers se sont mis en grève et séquestrent son mari.
D'abord désorientée, tiraillée
entre les conseils contraires de sa fille, aussi réactionnaire que son père,
qui veut faire intervenir les CRS, et son fils, qui lui conseille plutôt de
composer, Suzanne décide d'aller demander son aide au député-maire communiste,
Maurice Babin (Gérard Depardieu),
avec qui elle a eu une aventure lorsqu'ils étaient jeunes et qui, malgré les
années, est secrètement resté amoureux d'elle. Grâce à son intervention et la
promesse de négocier avec les ouvriers, elle obtient que son mari soit libéré.
Lorsque Robert revient chez lui
et apprend que sa femme a fait appel à Babin et promis de négocier avec les
ouvriers, il entre dans une fureur noire et prend une crise cardiaque qui le
conduit à l'hôpital.
Contrainte et forcée, Suzanne
prend les choses en main, accepte une grande partie des revendications des
salariés, et devient le véritable patron de l'usine, lui insufflant un souffle
nouveau en faisant entrer son fils pour dessiner de nouveaux modèles de parapluies,
plus dynamiques et plus colorés, et sa fille pour développer les ventes à
l'export. Sa réussite est complète : non seulement elle se fait aimer des
employés (y compris de la secrétaire !) mais relance l'entreprise qui était sur
le déclin, avec, en prime, la satisfaction d’avoir prouvé à tout le monde (à
commencer par elle-même) qu’elle était capable, mieux que son mari, de relever
l’entreprise familiale.
Lorsque Robert revient guéri, il
s'imagine qu'elle va gentiment lui rétrocéder son fauteuil qu’il a quitté,
contraint et forcé, mais Suzanne refuse de redevenir la « potiche »
de service. Robert, se lançant dans un odieux chantage dans lequel il entraîne
le maire, provoque un vote du Conseil d'administration et regagne son poste de
PDG grâce à la défection de sa fille.
Bien que sonnée, Suzanne ne se
laisse pas abattre et décide de se lancer en politique contre le député-maire
Maurice Babin, voulant lui faire payer sa trahison et, au grand dam de celui-ci
et de son époux, elle gagne et devient députée. Elle fête sa victoire avec tous
ceux qui l'on soutenue.
Mon opinion sur ce film
J'avais beaucoup aimé une
précédente comédie de François Ozon, Huit femmes, dont je n'ai pas encore
parlé dans ce blog. Pourtant, elles sont si rares les comédies françaises
réussies, qui échappent à la vulgarité et qui font tout de même réfléchir car Potiche
est tout cela : divertissante, certes, mais aussi pleine de références à la
situation féminine, cantonnée au rôle de "potiche" pendant des
siècles. Ce film n'est pas non plus dénué de références à notre époque. On ne
peut s'empêcher de penser entre l'affrontement entre Ségolène Royal et Nicolas
Sarkozy pour la présidence de la République, aux attaques machistes et aux
moqueries qu'elle a dû essuyer (y compris dans son propre camp) et, au regard
des dernières critiques dont ont fait l'objet des ministres socialistes femmes
à l'Assemblée nationale, se dire que le combat de Suzanne Pujol, les
délocalisations, les malversations financières, les compromissions politiques
sont toujours (et même plus que jamais !) d'actualité.
Bien entendu, ce film est, et
reste, une comédie et il ne faut pas le prendre pour un pamphlet politique. Il
ne changera pas les mœurs ni la ségrégation dont les femmes restent victimes dans
ce pays qui est, soi-disant, la patrie de la liberté, de l'égalité et de la
fraternité. Mais il y contribuera.
Un grand coup de chapeau à Catherine Deneuve qui est
"la" star incontestée de ce film, même si les seconds rôles sont
épatants aussi. Elle a accepté de s'enlaidir au début pour mieux rayonner
ensuite et quelle belle leçon d'acteur quand, à la fin, elle entonne elle-même,
sans doublage et sans fausses notes, la belle chanson écrite et interprétée par
Jean Ferrat dans les années 60 : "C'est
beau la vie".