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dimanche 6 août 2023

VA, VIS ET DEVIENS film de Radu MIHAILEANU (FR-ISR - 2005)

 


Vu à la télévision. 

Va, vis et deviens est un film franco-israélien réalisé par Radu Mihaileanu et sorti en 2005.

Présentation

Le film est inspiré de l’histoire vraie des Falashas. En 1984, une mission de secours intitulée « opération Moïse » est créée pour exfiltrer du Soudan où sévit la famine des juifs éthiopiens et les conduire en Ethiopie.  Parmi eux, un garçon chrétien de 9 ans, Schlomo (Moshe Agazai), que sa mère confie à une jeune femme juive, pour qu’il soit sauvé. Schlomo est adopté par un couple, Yoram Harrari (Roschdy Zem) et sa femme Yaël (Yaël Abecassis), des Israéliens non-pratiquants, qui le considèrent comme un de leurs trois enfants. Mais Schlomo, qui ne connaît rien à la religion juive, même s’il réussit à s’adapter, souffre du syndrome de l’imposteur. Heureusement, à part son père adoptif avec lequel il entre en conflit à l’adolescence (Moshe Abebe), il trouve du soutien parmi sa famille adoptive, que ce soit Papy, son grand-père (Rami Danon), sa mère ou sa sœur. Quand, adulte (Sirak M. Sabahat) , il finit par avouer qu’il n’est pas juif à sa jeune épouse, celle-ci est prise de fureur, non parce qu’il lui a menti sur ses origines, mais parce qu’il ne lui a pas fait suffisamment confiance pour lui révéler son secret.

A l’âge adulte, Schlomo, après des études en France, s’engage dans l’organisation de Médecins du Monde et intervient comme médecin sur le terrain de la guerre. Lors d’une opération de sauvetage dans un camp de réfugiés, il retrouve sa mère biologique qu’il n’a jamais oubliée.    

Mon opinion

J’avais adoré Le concert, du même réalisateur mais ce film ne m’a pas séduit. Même s’il est inspiré d’une histoire vraie, je l’ai trouvé peu crédible, non par les situations qu’il décrit, mais par son scénario qui, pourtant, a été plusieurs fois récompensé, en particulier par un César du meilleur scénario original (2006). La musique d’Armand Amar est, par contre, magnifique et Yaël Abecassis, qui joue le rôle de la mère adoptive, m’a fait penser à Andie MacDowell.   

lundi 13 juillet 2020

PAS DE TOIT SANS MOI Téléfilm de Guy JACQUES (FR-2006)



Pas de toit sans moi est un téléfilm français de 2006 et diffusé en 2009 réalisé par Guy Jacques.

Synopsis

Paul Morand (Antoine Duléry), un musicien sans emploi, divorcé, vit seul dans un grand appartement dont il ne peut plus payer le loyer. Répugnant de demander de l’aide à sa mère Madeleine (Bernadette Lafont), il risque d’être expulsé comme sa voisine, Ashanti (Aïssa Maïga), une jeune femme africaine réfugiée politique qui squatte avec ses deux jeunes enfants, Léo (Samen Télésphore Teunou) et Bintou (Carine Ndoumou Ekokobe), l’appartement du dessus. Contre toute attente, ces deux exclus de la société que rien ne préparait à se rencontrer, vont faire alliance pour lutter contre le sort.

Mon opinion  

Film vu en rediffusion à la télévision. 

Sympathique téléfilm qui a le mérite d’aborder le problème des réfugiés à travers la comédie. Le sujet est néanmoins sérieux, notre pays, entre intransigeance politique et postures, n’ayant jamais réussi, depuis des années, à répondre humainement à des situations humainement dramatiques. On a adoré retrouver Bernadette Lafont en mamie déjantée. Comme toujours, les enfants sont extraordinaires de naturel. Quant à leur mère, jouée par la superbe Aïssa Maïga, elle nous touche à la fois par sa fragilité et par sa force de caractère. Antoine Duléry, en vieux bougon dépressif, est aussi excellent.

Dans le même esprit, vous pouvez voir : 

mardi 18 novembre 2014

LE HAVRE d'Aki KAURISMAKI (FI-F-D 2011)

[Repris d'un commentaire publié en 2011]


Le Havre est une comédie dramatique finno-franco-allemande produite, écrite et réalisée par Aki Kaurismäki et sortie le 8 septembre 2011. Elle a été sélectionnée, en compétition, au Festival de Cannes 2011 et a reçu le Prix Louis-Delluc.

Synopsis

Marcel Marx (André Wilms sur les épaules duquel le film repose entièrement), ex-écrivain, est devenu cireur de chaussures au Havre. Il vit pauvrement avec sa femme Arletty (Kati Outinen) et sa chienne Laïka dans une ruelle où il a ses habitudes et ses amis, Claire, la patronne du bar La Moderne (Elina Salo), Yvette, la boulangère (Evelyne Didi), l’épicier (François Monnié) Cheng, un autre cireur de chaussures, quand le destin met brusquement sur son chemin un enfant immigré originaire d’Afrique, Idrissa (Blondin Miguel).

Au même moment Arletty est prise de violentes douleurs et on doit l’hospitaliser. A son retour, il trouve le jeune clandestin chez lui en compagnie de sa chienne.
Mais un voisin (méconnaissable Jean-Pierre Léaud en ignoble délateur) les a dénoncés à la police et Marcel est surveillé par le commissaire Monet (Jean-Pierre Darroussin). Dans un premier temps, on pense que le commissaire est là pour l’arrêter et l'empêcher d'aider le jeune fugitif. En fait, il vient le prévenir et lui apporte son aide pour permettre à Idrissa de fuir la France pour l’Angleterre où il doit rejoindre sa mère qui y travaille. Film engagé, certes, qui dénonce, comme tant d’autres (en particulier Welcome), la triste dérive politique de l'ex-« patrie des droits de l’homme ». 

 Mon opinion

Dieu sait combien, en tant que citoyen, je ne peux que souscrire sur le fond au propos d’un tel film tant  je suis opposé à la politique actuelle de l’immigration et au tour « vichyste » que prend cette politique[1]. En cela, je peux comprendre le parti-pris de faire de Darroussin (merveilleux dans Les neiges du Kilimandjaro un quasi-gestapiste, ou de Jean-Pierre Léaud une caricature de ces dénonciateurs anonymes qui fleurissaient sous Vichy. Je ne me fais aucune illusion sur la possibilité que de telles situations se reproduisent, hélas, à l’identique, même et alors que notre pays n’est pas soumis (du moins pas encore !) à une dictature totalitaire.

Mais, ce qui m’a gêné, dans ce film, c’est le choix de ses décors misérabilistes, années 50, qui édulcore son propos alors que son film aurait gagné en crédibilité s’il l’avait tout bonnement filmé dans des décors contemporains avec toute la violence crue de notre époque.

Si je peux comprendre que le réalisateur ait fait parler André Wilms – qui est par ailleurs un grand acteur - comme une parodie d'écrivain, je ne comprends pas quelle était la nécessité de faire ânonner ses autres acteurs comme des débutants ? Tout cela sonne faux, comme sonne faux le « sauvetage » du gamin, la guérison miraculeuse d’Arletty que l’on croit morte et qui est ressuscitée, le comble étant l'image du pommier en fleurs saluant le retour de Marcel et d'Arletty à la maison ! J’ai prié, jusqu’à la dernière image pour qu’une telle situation mélodramatique voire vaudevillesque ne se produise pas, et, à mon grand regret, cela s’est produit.

Non, je regrette, mais pour moi Kaurismäki n’a pas démontré, dans ce film, qu’il était un cinéaste de talent.  Le seul jeu d'acteurs que j'ai aimé dans Le Havre est celui d'Yvette et de Claire, rayonnantes de chaleur et d'amour du prochain comme seuls savent l'être les gens simples, bons et authentiques. Mais tout le reste est tellement "téléphoné" que c'en est parfaitement ridicule.           

Dussé-je en prendre plein la gueule (car les attaques ne vont pas manquer comme chaque fois que je me permets de critiquer un cinéaste « reconnu »!), je vais donner mon opinion sur ce film. Comme j’ai vu hier Les neiges du Kilimandjaro  et qu’il n’est pas hors de propos de comparer les deux films qui, sur le fond, traitent de sujets de société qui nous préoccupent tous, le chômage, la pauvreté (voire la misère qui touche de plus en plus de Français),  je peux faire la différence entre un cinéaste de talent (Robert Guédiguian) et un cinéaste moyen, voire mauvais, comme Kaurismäki.

En conclusion, j’ai trouvé ce film ennuyeux, ses dialogues insipides (à part la lecture que fait Yvette à la mourante lors de sa visite à l'hôpital, mais le cinéaste nous montrant la couverture : Kafka, nous comprenons, hélas, que le texte n’est pas de lui), le jeu des acteurs artificiel, les prises de vue nulles (chez Guédiguian, où que l’on se place, on voit la mer ou on la devine), le phrasé laborieux, la grotesque parodie du vieux rockeur… le juke-box, les enregistrements "d'époque", etc., etc. Et par-dessus tout, ce qui pour moi fait un bon film, le savant mélange entre rire et larmes (ou émotion) est totalement absent de ce film qui n’est qu’un pensum lourdingue et ennuyeux.

 Allez plutôt voir :




 

[1] J’ai écrit ce commentaire après avoir vu le film lors de sa sortie en salles. Nous étions alors sous le régime sarkoziste, Claude Guéant étant ministre de l’intérieur en remplacement de l’ignoble Eric Besson, précédent ministre de « l’identité nationale ». Je dois dire que depuis, hélas, les choses n’ont pas changé si ce n’est en pire, le premier ministre du président « socialiste » François Hollande, que j’ai contribué à faire élire, Manuel Valls, s'avérant être pire que les précédents en matière de droit d'asile. Depuis deux ans, la situation des droits de l’homme dans notre pays ne s’est pas améliorée et ce n’est certainement pas la mort de Rémi Fraisse lors de manifestations contre le barrage de Sivens, une « tache indélébile sur l’action du gouvernement », comme l’a justement dit Cécile Dufflot, qui me fera changer d’avis.