mercredi 10 décembre 2014

MR TURNER de Mike Leigh (GB - 2014)



Mr. Turner est un biopic consacré au peintre anglais, J.M.W. Turner (1775-1851). Le film, sorti en 2014, a été écrit et réalisé par Mike Leigh.

Synopsis

Bien que son père, William Turner, soit un modeste barbier, il encouragea très tôt le talent de son fils Joseph Mallord William Turner, qui entra, âgé de 14 ans seulement, à l'école de la Royal Academy of Arts avant d’être admis, un an plus tard, à la Royal Academy elle-même. Il suffit d’ailleurs de voir les tout premiers dessins et aquarelles du jeune J. M. W. pour constater que son talent était déjà éloquent. Marquant un vif intérêt pour l'architecture, Turner suit notamment des cours de perspective et de topographie avant que l’un de ses professeurs ne l’oriente vers la peinture. Une première de ses aquarelles est acceptée à l'exposition d'été de la Royal Academy alors qu'il n'y est élève que depuis un an et il devint à son tour professeur de la respectable institution dès l’âge de 27 ans.

C’est dire combien, à la différence de beaucoup d’artistes, le talent de Turner fut reconnu très tôt, lui procurant assez vite une vie à l’abri du besoin qui lui permit d’avoir son propre atelier à Londres et de pouvoir financer les nombreux voyages qu’il fit, dès son adolescence et jusqu’à ses derniers jours.
Les voyages à l’étranger étant alors interdits à cause de la guerre entre l’Angleterre et la France, J. M. W., avide de découvertes, commença donc, dès l’âge de 19 ans, par des visites dans son propre pays : il commença par le Pays de Galles et l’Ile de Wight (1794), puis, trois ans plus tard, par la région des Lake districts, réputés pour la beauté de leurs paysages.

En 1799, il accompagna en Grèce le célèbre Lord Elgin, le même qui devait faire transporter les sculptures de l’Acropole à Londres où elles sont toujours.

En 1802, la paix étant revenue entre l’Angleterre et la France, Turner s’empressa de se rendre à Paris, où il visita le Louvre, subjugué par les maîtres qu’il admirait (Claude Lorrain, Poussin), et les ateliers de peintres parisiens comme celui de David où il admira « Les Sabines ».

C’est au cours de sa traversée des Alpes enneigées pour se rendre en Suisse qu’il fut confronté pour la première fois à la magnificence de la montagne qui inspira nombre de ses toiles les plus célèbres. Son autre inspiration lui vint de sa fréquentation de la Tamise, qu’il avait constamment sous les yeux, et de l’océan, qu’il ne cessa de peindre jusqu’à son dernier souffle.

Mon opinion sur ce film

Je suis un fan de la peinture de Turner que j’ai eu l’immense chance de pouvoir admirer plusieurs fois son œuvre multiforme lors de voyages à Londres, en particulier à la Tate Gallery qui lui est presqu’entièrement consacrée. Donc, aller voir un film sur sa vie, de plus réalisé par un metteur en scène de renom, que j’avais déjà eu l’occasion d’apprécier pour Be happy me paraissait incontournable. De plus, Télérama, généralement assez sévère dans ses jugements, a publié dans son dernier numéro, une critique très enthousiaste du film, le gratifiant de son appréciation maximum «Passionnément».

En ce qui me concerne, le film, dont j'attendais beaucoup, m'a non seulement déçu mais irrité.

Le film se déroule pendant les 25 dernières années de la vie de Turner. Il était alors un artiste installé  et reconnu de la haute société anglaise qui appréciait sa peinture et lui achetait ses tableaux, même si, en raison de son style iconoclaste, quasi-abstrait, très en avance sur son temps, certains milieux conservateurs ne lui ménageaient pas leurs critiques.

Pourquoi le film s’attache alors à nous dépeindre avec une complaisance appuyée un personnage aussi caricatural, misanthrope et misogyne, très en contradiction avec ce qu’il était en réalité, même si, comme toute personnalité atypique, il avait sans doute sa part d’ombre ? Des parts d’ombre, on en trouve, même parmi les plus grands. Sans doute, comme tout génie,  et qui plus est anglais, Turner était-il un excentrique. Sans doute une partie des faits peu sympathiques du personnage sont-ils réels. Mais de là à cantonner ce grand peintre épris de beauté et travaillant d’arrache-pied pour améliorer sa technique, fans ce personnage ridicule, grognant et éructant, fuyant la société alors qu'il avait ses entrées chez les nobles et dans les salons les plus en vue, cela paraît peu crédible.

Le problème avec ce film, c’est qu’on se demande si le réalisateur a voulu faire un film « sur » Turner ou sur sa peinture. Certes, me direz-vous, les deux sont intimement liés. Si l’on doit reconnaître une qualité à ce film, c’est son aspect documentaire : la reconstitution de l’Angleterre de cette époque et les costumes sont somptueux. Le parti pris de Mike Leigh de filmer les paysages comme des tableaux est-il à saluer. Quant à la lenteur du film,  à son manque de rythme, je comprends aussi son parti pris puisque son propos est bien de nous laisser la latitude d’admirer la beauté des paysages, la lumière, pour nous plonger dans la vie intérieure du peintre.  Mais 2.50 H, c’est trop, beaucoup trop et, dans le public, je peux vous assurer que je n’ai pas été le seul à regarder plusieurs fois ma montre. Certains, même, ont quitté la salle avant la fin tant les derniers instants sont pénibles.  

Le résultat de tout cela est un film bancal, mi-documentaire, mi-biopic mais le plus insupportable est l’interprétation de Timothy Spall qui s’apparente pour moi à une grossière pantomime indigne du grand Turner. Ceux qui ont vu Harry Potter ne pourront pas s’empêcher d’y retrouver les mêmes mimiques qu’adoptait Pettygrew, le malheureux suppôt de Voldemort. Lui décerner un prix d’interprétation aurait alors été davantage justifié que le lui décerner pour ce film.    

Bref, j’ai détesté ce film et je ne le recommande pas à ceux qui aiment la peinture de Turner.


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