vendredi 19 décembre 2014

MY OWN PRIVATE IDAHO film de Gus Van Sant (USA-1991)


My Own Private Idaho est un film écrit et réalisé par Gus Van Sant en 1991. Le titre du film a été inspiré au réalisateur par la chanson « Private Idaho » des B-52's. Les dialogues sont en grande partie tirés de Henry IV de Shakespeare.

Synopsis

 Le film commence par la magnifique image d’une route déserte  sinuant parmi les champs de blés et sous un ciel d’orage qui se perd à l’horizon. Sur la route, un jeune zonard, Mike ‘Miky’ Waters (RiverPhoenix), s’écroule pris d’une des crises de narcolepsie qui surviennent sans prévenir.

Plus tard, on le découvre se prostituant dans la chambre miteuse d’un hôtel de Portland. On fait ensuite la connaissance de tout un groupe de jeunes gens plus ou moins réunis autour d’un vieil excentrique homosexuel,  Bob Pigeon (stupéfiant William Richert), qui, comme le Fagin d'Oliver Twist, héberge sa troupe d'éclopés dans un ancien hôtel désaffecté. Parmi ces jeunes gens, l’un d’entre eux détonne par son élégance naturelle et ses manières raffinées : il s’agit de Scott Favor (Keanu Reeves), le fils du maire de Portland, un gosse de riche qui s’est encanaillé et se prostitue plus pour faire enrager son père que par conviction ou besoin véritable. Scott prend soin de Micky et, à l’occasion, couche avec lui. Micky, drogué et sous-alimenté, a été abandonné quand il était enfant par une mère qu’il idéalise ; il souffre de crises de narcolepsie foudroyantes qui surviennent dès qu’il est soumis à un stress. Et le stress fait partie de son quotidien. A un moment du film, dans une scène d’une intense émotion, il confie à Scott son amour pour lui mais Scott ne lui cache pas qu’il n'est homosexuel que par opportunisme et ne ressent rien pour lui. Il lui dit aussi qu’il reprendra sa vie d’avant dès qu’il aura été débarrassé de l’autorité de son père, c’est-à-dire dès qu’il sera  majeur et aura touché son héritage.

Les deux amis partent pour l’état de l’Idaho pour essayer de retrouver la mère de Miky, Sharon, dont ils ont appris qu’elle travaillait dans un hôtel. Lorsqu’ils arrivent, la déception est grande car le réceptionniste leur apprend que, si une certaine Sharon Waters a bien travaillé chez eux, elle est partie depuis longtemps pour l’Italie. Comme elle a laissé une adresse dans la région de Rome, les deux amis revendent la moto volée qui leur a permis de rejoindre l’Idaho et achètent des billets d’avion pour Rome. A l’arrivée dans la ferme miteuse dont elle avait donné l’adresse, ils ne trouvent pas Sharon, qui est repartie pour les USA, mais Scott tombe amoureux de Carmela (Chiara Caselli), la fille de la ferme et, laissant à son copain son billet de retour et un peu d’argent, il repart avec elle à Portland. Lorsque Mike revient à son tour aux Etats-Unis, Scott a abandonné le squat. Bob et sa bande viennent le trouver dans un hôtel de luxe où, bien habillé et parfaitement à l’aise, avec une Carmela, délicate comme une porcelaine transfigurée à son bras, il renie ses anciens amis avec une froideur glaciale.

Bob meurt peu après de chagrin et de honte. Quant à Mike, désespéré et blessé par la trahison de Scott qu'il croyait être son ami et son amant, il repart seul pour l’Idaho. On le revoit sur la même route désespérément vide qu’au début du film. Pris d’une de ses crises de narcolepsie, il s’écroule sur l’asphalte. Une camionnette s’arrête à son niveau. En descendent deux « red-necks » qui le délestent de ses maigres biens. Peu après, un second véhicule s’arrête à son tour. Un homme, dont on ne connaît pas les intentions, le charge, toujours inconscient, à l’arrière de la voiture. Sauveur ou assassin ? On ne saura jamais ce qui advient au pauvre Mike.

Distribution

  • ·         Michael ‘ Miky’» Waters (River Phoenix)
  • ·         Scott Favor (Keanu Reeves)
  • ·         Richard Waters (James Russo)
  • ·         Bob Pigeon (William Richert)
  • ·         Carmela (Chiara Caselli)


Critique

Malgré son côté désespéré et sa noirceur, ce film est un chef d'oeuvre, sans doute l'un des plus beaux films de Gus Van Sant. On y retrouve tous les leitmotivs de ce réalisateur particulièrement doué : une jeunesse abandonnée à elle-même (voire trahie) par les adultes démissionnaires ou incapables de s’assumer, la drogue, la déchéance, l'homosexualité... Tout cela filmé avec un talent stupéfiant. Dans ce film, la 1ère scène (et la dernière qui lui fait écho et "boucle la boucle"), sont d'une beauté à couper le souffle. Dans son rôle de gosse perdu, River Phoenix (21 ans à l'époque), dégage une intense fragilité et un mal être qui sont sans doute plus authentiques qu'il y paraît puisqu'il devait mourir, deux ans après ce film, d'une overdose. Quant à Keanu Reeves, il est flamboyant dans le rôle d’orgueilleux salopard qu’il joue avec l'élégance détachée qu'on lui connaît.  Dans la réalité, River et Keanu étaient liés par une amitié sincère et profonde et la mort du premier plongea Keanu dans une terrible dépression dont il se remit avec difficulté après avoir sombré pendant plusieurs années dans l'alcoolisme.  

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