Ce blog est consacré au cinéma et aux séries TV. J'y traite principalement des films et des séries que j'aime mais je me réserve aussi le droit d'en critiquer certains.
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mardi 28 novembre 2023
lundi 15 juin 2020
NIGHT AND DAY Comédie d'action de James MANGOLD (USA-2010)

Night and Day (Titre
original : Knight and Day) est une comédie d’action américaine
réalisée par James Mangold, sorti le 25 juin 2010 en Amérique du Nord et
le 28 juillet 2010 en France.
Résumé
Roy Miller (Tom Cruise),
un agent secret de la CIA en cavale, protège Simon Feck (Paul Dano), un
jeune scientifique un peu paumé, inventeur du Zephyr, une batterie aux
propriétés extraordinaires, de la convoitise de plusieurs groupes mafieux. Lors
d’une de ses cavales, Roy rencontre June Havens (Cameron Diaz), qui se
retrouve impliquée malgré elle dans les aventures de l’agent secret. Ce film
marque les retrouvailles entre Tom Cruise et Cameron Diaz, neuf
ans après Vanilla Sky de Cameron Crowe.
Mon opinion
Vu
lors de sa rediffusion télé le 14 juin 2020.
Ce film plaira certainement aux
amateurs du genre qui ne recherchent qu'un moment de divertissement mais, en ce qui me concerne, il ne me laissera pas un grand souvenir, si ce n’est celui
de belles cartes postales, comme celles de la partie qui se déroule dans le
train traversant les Alpes enneigées, la poursuite à travers la vieille ville
de Salzbourg, la palais de Séville ou le Cap Horn. Que dire, à part ça, que Tom Cruise fait du Tom Cruise... et le fait bien, mais bon, cela ne suffit pas pour faire un bon film.
mardi 3 septembre 2019
EDGE OF TOMORROW film de SF de Doug LIMAN (USA-2014)
Edge of Tomorrow (Un
jour sans lendemain au Québec) est un film de science-fiction américain réalisé
par Doug Liman, sorti en 2014. Il s'agit de l'adaptation
cinématographique du light novel japonais All You Need Is Kill de Hiroshi
Sakurazaka.
Présentation
Le film est une uchronie censée
se dérouler à l’époque du tournage. Suite à la chute de ce que l’on prend pour
une météorite tombée à proximité de Hambourg. Mais il s’agit d’une sorte de
vaisseau extraterrestre à partir duquel une espèce inconnue, les « mimics », qui
ressemblent à d’horribles pieuvres noires parcourues de veines orange et se
déplacent comme l’éclair, commencent à répandre la terreur sur tout le
continent européen, faisant en quelques mois des millions de victimes. Leur grande
force, comme s’ils devinaient les pensées des humains, est d’anticiper tous
leurs mouvements. Une coalition de dix-sept nations s’organise pour les contrer
à partir de l’aéroport d’Heathrow, en Grande-Bretagne, seul pays d’Europe à ne
pas encore être tombé sous leur domination ennemie. Elle est dénommée FDU
(« force de défense unie ») (FDU).
Mais, alors que les humains
perdent tout espoir de vaincre leurs ennemis, ils gagnent la bataille de
Verdun. Cette victoire est due au sergent Rita Vrataski (Emily Blunt) qui,
grâce à un nouvel exosquelette, a détruit des centaines de « mimics »
dès son premier jour de combat : elle devient ainsi l'héroïne de l'armée
et les médias la surnomment « l'ange de Verdun » mais, entre eux, les
militaires lui ont donné un surnom moins flatteur, celui de « full metal
pétasse » en raison de son attitude froide et hautaine.
Le commandant William Cage (TomCruise) est un spécialiste du service des relations publiques de l'armée
américaine. Il est convoqué au quartier général de la FDU, à Londres, par le
général Brigham (Brendan Gleeson) qui lui annonce qu'il couvrira le
lendemain l'opération « Crépuscule » comme correspondant de guerre en immersion
parmi les soldats. L'opération Crépuscule consiste à lancer un débarquement sur
les côtes françaises. Brigham, se fiant aux observations satellites, pense qu'il
y aura peu de résistance. Cage, qui n'a jamais combattu, fait tout pour refuser
la mission mais il y est intégré par le sergent-maître Farell (Bill Paxton)
comme simple soldat à l'escouade J.
Mais, lors du largage de la force
d’intervention alliée sur une plage française, les « mimics » sont à
l’affut et détruisent en plein vol l'hélicoptère transportant l'escouade J. Cage
s’en sort miraculeusement et essaie d’éviter d’être tué lorsque Rita jaillit
avec son escouade d’un autre hélicoptère endommagé et se jette dans la
bataille. Fasciné, Cage observe la détermination avec laquelle elle combat les « mimics ».
Juste après avoir abattu un « mimic », Rita est tuée. Paniqué, Cage tente
de fuir le champ de bataille mais il est arrêté par Farell qui le renvoie au
combat. Les soldats qui sont parvenus à débarquer sont rapidement massacrés
mais Cage est épargné. Faisant le mort, il assiste à un curieux échange entre
un « mimic » bleuâtre, plus gros que les autres, auquel les
« soldats » mimic semblent venir rendre des comptes. Estimant qu’il
est leur chef, Cage se saisit d’une mine Claymore et, lorsque le mimic bleu
bondit sur lui, il la fait exploser. Tous deux sont déchiquetés dans
l'explosion, le « sang » du mimic se répand sur Cage alors qu'il est en train
de mourir.
Il se réveille en sursaut à
Heathrow dans la même situation que la veille. Perplexe, Cage comprend
rapidement qu'il est revenu dans le passé. Il s'aperçoit rapidement qu'il est
le seul à être dans cette situation, toutes les autres personnes vivent cette
journée pour la première fois. Le lendemain, il débarque à nouveau sur la même
plage française et, il sauve Rita mais est tué à sa place.
Comme la veille, il se réveille à
nouveau à Heathrow. La scène se répète encore et encore jusqu’à ce que Cage
parvienne à convaincre Rita qu’il peut prévoir les événements qui vont se
produire et conduire les humains vers la victoire.
Mon opinion sur ce film
Je n’avais pas vu ce film lors de
sa projection en salles. J’ai profité de son passage à la télévision pour le
visionner. J’apprécie l’acteur Tom Cruise, tout en sachant qu’il est un des
membres influents de la Scientologie que je considère comme une dangereuse
secte. Quant à Doug Liman, j’avais déjà vu La mémoire dans la peau (2002), à
mon avis le meilleur de la trilogie des Bourne, et Jumper qui, sans être un
film inoubliable, m’avait plu pour son dynamisme et la fraîcheur de ses jeunes acteurs. Je
n’en dirai pas autant de Edge of Tomorrow qui nous sature de bruit
et de fureur et nous noie sous les scènes répétitives de combat contre des
monstres peu ragoutants. Bien qu’elle ne soit pas nouvelle (par ex. Terminator,
Interstellar, Looper, Source code, etc.) l’idée du paradoxe temporel me
fascine mais elle est ici développée avec la finesse d’un éléphant lâché dans
un magasin de porcelaine, et le résultat est une bonne prise de tête avec
migraine à la clé.
lundi 20 juin 2016
RAIN MAN comédie dramatique de Barry Levinson (USA-1989)
Rain Man est un film
américain réalisé par Barry Levinson,
sorti en 1988 aux États-Unis et en France en 1989.
Résumé
Lorsque Charlie Babbitt (Tom Cruise) apprend que son défunt père
a légué presque toute sa fortune à son frère aîné dont il ignorait l’existence,
il est furieux. Il l’est encore plus lorsqu’il découvre que Raymond (« Rain
man ») est malade mental enfermé dans l'asile psychiatrique de
Cincinnati.
En réalité, Raymond est un autiste Asperger aux comportements
répétitifs. Il a l'habitude de regarder la télévision à une certaine heure
pour ne pas manquer son émission favorite, le moindre contretemps provoquant chez lui des crises d'angoisse, ce qui donne lieu à des scènes tragi-comiques. Par exemple, lors de leur périple, Raymond voulant absolument
regarder la télévision, Charlie doit s'arrêter à la première maison au bord de
la route, et, après avoir tenté de faire illusion auprès de l'occupante des
lieux avec un prétexte inventé à la hâte, il demande à ce que Raymond puisse
regarder la télévision, pour lui éviter une de ses crises. Par ailleurs, Raymond n'a pas la
moindre empathie, ce qui est l'un des signes de l'autisme. Vers la fin du film il montre cependant quelques signes d'amélioration, acceptant de partager une danse, il ne refuse plus les contacts physiques, etc.
Son vocabulaire aussi se limite à des phrases très simples; il répète inlassablement les
mêmes mots, les mêmes formules, les mêmes histoires dont il n'a qu'une
compréhension très superficielle (par exemple la formule « Qui est en première
base ? », qu'il répète en boucle, notamment dans les situations stressantes, et
dont Charlie tente vainement de lui expliquer le ressort humoristique). Comme la plupart des autistes Asperger,
Raymond développe des capacités extraordinaires dans certains domaines très spécifiques : il a une faculté de mémorisation exceptionnelle qui lui permet de retenir de longues listes (accidents d'avion par date
et par compagnie; numéros de téléphone, etc.)
Dans un premier temps, Charlie,
sous prétexte de l’emmener faire un tour, enlève son frère dans le but de
récupérer la part d’héritage qu’il considère lui revenir. Débute alors un « road-movie »
à travers les États-Unis en direction de la Californie, au cours duquel les
deux frères apprendront à se connaître et finalement à s’aimer…
Autour du film
Le personnage de Raymond Babbitt
est inspiré de Kim Peek, atteint du « syndrome du savant », décrit
par le psychiatre américain Darold Treffert comme une maladie rare dans
laquelle les personnes avec des troubles du comportement (parmi lesquels l'autisme)
développent un ou plusieurs domaines de compétence, de capacité ou d'excellence
qui sont en contraste avec les limitations d'ensemble de l'individu.
Le film est souvent cité pour avoir
permis, en mettant en scène un personnage atteint du syndrome d'Asperger, à
populariser cette forme d'autisme auprès du grand public, notamment à travers
l'image du génie autistique.
Récompenses
Aux États-Unis, le film reçut
quatre Oscars et en Europe à la Berlinale, il reçut l'Ours d'or du meilleur
film.
Mon opinion sur ce film
L’autisme est un sujet qui me
fascine. On a reproché à ce film de ne présenter qu’une facette tronquée de ce
handicap complexe et encore mal connu : c’est la critique que lui font
plusieurs autistes français célèbres comme Daniel Tammet ou Josef Schovanec, pour
qui Raymond ne saurait être représentatif de la diversité du spectre de
l'autisme ; ils jugent en outre que le film donne une vision datée,
caricaturale et en partie inexacte du syndrome qu'il présente.
Sans vouloir contester ces affirmations,
je rappellerai cependant que ce film date de 1988 et qu’il est l’un des
premiers, sinon le premier, à aborder ce sujet, certes identifié depuis les
années 1940 mais qui ne fut clairement
diagnostiqué que vers la fin des années 1980. En outre, la France, toujours à
la remorque des pays anglo-saxons dans le domaine de la psychiatrie, n’a reconnu
l’autisme comme trouble du comportement qu’une 10e d’années plus
tard.
Alors, reprocher à une œuvre de
fiction, qui n’a aucune vocation scientifique, même si elle s’inspire de faits
réels, de ne présenter qu’une version édulcorée d’un phénomène encore mal
connu, mal diagnostiqué et encore plus mal pris en compte par la société (en
particulier en France), n’est ni justifié ni honnête.
Personnellement, je considère ce
film comme un film magnifique d’autant que le réalisateur a choisi, pour
incarner ses deux personnages principaux, deux très grands acteurs : Tom Cruise est parfait en petit vendeur
de voiture « m’as-tu vu » et flambeur, que la morale n’étouffe pas
mais qui évolue vers plus d'humanité au contact de ce frère qu’il ne connaît pas et qu’il méprise au début. Ce rapprochement progressif entre deux êtres que tout sépare, est une des grandes réussites du film et offre de très beaux moments de complicité et de tendresse.
Quant à Dustin Hoffman,
avec Tootsie,
c’est l’un de ses plus beaux rôles. Personnellement, loin de critiquer Rain
man, je n’ai aucun reproche à faire au réalisateur qui, selon moi,
aborde un problème grave et sérieux avec humour et sensibilité.
lundi 14 décembre 2015
OBLIVION film de SF de J. Kosinski (USA-2013)
Oblivion est un film de
science-fiction post-apocalyptique américain écrit, produit et réalisé par Joseph Kosinski, et sorti en 2013.
Le scénario est basé sur le comics du même nom. Selon Kosinski, Oblivion
est un hommage aux films de science-fiction des années 1970.
Résumé
L’action est censée se dérouler en
2077. En 2017, la Terre a été dévastée par un conflit contre des envahisseurs extraterrestres
appelés les Scavs (pour « scavengers » ou « charognards », les « chacals » dans
la version française). Après que la Lune a été détruite, les humains survivants
sont provisoirement hébergés sur une gigantesque station orbitale en forme de tétraèdre
que l’on appelle « le Tet », en attendant de pouvoir s’installer sur
une colonie sur Titan, l’une des lunes de Saturne.
Jack Harper (Tom Cruise) est un technicien dont le rôle est de réparer et
d'entretenir les drones protégeant les stations chargées d'extraire les
matières premières, en particulier l'eau de mer, présentes sur Terre pour les
transformer en énergie destinée à terraformer la colonie de Saturne. Lorsqu’il
n’est pas en mission, il vit avec Victoria « Vika » (Andrea Riseborough) sur une plateforme-maison
futuriste arrimée sur un sommet terrestre qui culmine au-dessus des nuages. Le
rôle de Vika est d’assurer la liaison avec Sally (Melissa Leo), en poste sur le Tet (le Tétraèdre).
Mais cela, c’est ce que croit
Jack Harper (et le spectateur). La réalité, qu’il découvre à l’occasion du
crash d'un vaisseau spatial est bien différente.
Lors de ce crash d’un vaisseau
terrestre, Jack décide, enfreignant en cela les ordres supérieurs, de se rendre
sur les lieux. Parmi les débris fumants, il découvre les caissons de tout un
équipage humain en biostase. Parmi eux se trouve le caisson d’une « inconnue »
qu’il reconnaît car il l’a déjà souvent vue en rêve. Sa réaction normale est de
porter assistance aux survivants du crash et en particulier de l’inconnue de
ses rêves dont le nom, inscrit sur le caisson, est Julia (Olga Kurylenko). Mais il n’en a pas le temps car un drone, envoyé
par le Tet, détruit les caissons et tue les survivants. Jack, n’écoutant que
son instinct s’interpose entre le drone et le caisson de Julia et la sauve puis
il la ramène à la station, ce qui n’est pas du goût de Vika qui, jusqu’à
présent, partageait sa vie (et son lit). Ressentant une attirance inexplicable
pour Julia, Jack découvre qu’ils ont été mariés et qu’on lui a menti sur toute
la ligne sur ce qui s’est passé sur Terre.
Les Scavengers ne sont pas des
monstres extraterrestres mais les humains survivants de la guerre dirigée
contre les Terriens par ceux-là même qui ont créé le Tet et les drones, dans le
seul but d’exploiter à leur profit les ressources naturelles de la Terre. La
colonie sur Saturne est une pure fiction. La race humaine n’est plus
représentée par les groupes de Scavengers qui survivent dans le seul but
d’anéantir le Tet. Jack et Vika sont, sans le savoir, des clones d’eux-mêmes au
service du Tet et, en retrouvant ses souvenirs au contact de Julia, Jack
comprendra qu’il a été manipulé et sacrifiera l’un de ses clones pour détruire
le Tet et débarrasser la Terre de ses véritables ennemis.
Autour du film
Les scènes du film ont été
tournées avec la nouvelle caméra Sony CineAlta F657 en extérieur à travers les
États-Unis et en Islande. À partir de mi-mars 2012 l'équipe a tourné six
semaines en Louisiane : un mois dans la capitale Bâton-Rouge et environ deux
semaines à La Nouvelle-Orléans.
Selon le réalisateur, l'ensemble
du montage avait à l'origine une durée de plus de trois heures mais, il a été
réduit d’une heure (124 min) pour sa projection en salles.
Mon opinion sur ce film
Bien qu’amateur de films de
science-fiction, je n’avais pas vu ce film lors de sa sortie en salles. Je ne
le regrette pas car j’ai rarement vu un scénario plus confus. Kosinski n’est ni
Andrew Niccol (Bienvenue à Gattaca, Les âmes vagabondes, Time out), ni Christopher Nolan
(Batman begins, Inception, Interstellar). Tom Cruise, une fois de plus est très à l’aise dans un rôle de héros et tire bien son épingle du jeu mais il est bien le seul, les autres acteurs (en particulier les trois actrices) étant quasiment invisibles. Les décors sont (presque trop)
sobres et les effets spéciaux pas trop envahissants. Mais c’est bien tout :
ce film ne restera pas dans les mémoires et sera vite oublié (sans jeu de mots !) Si vous ne l'avez pas encore vu, vous n'avez rien perdu.
jeudi 19 mars 2015
JERRY MAGUIRE film de Cameron Crowe (USA - 1996)
Synopsis
Le scénario s'inspire de la vie
de l'agent sportif Leigh Steinberg qui fut consultant sur le film.
Jerry Maguire (Tom Cruise) est un jeune et brillant
agent sportif travaillant dans un cabinet qui gère les sportifs à l'américaine,
c'est-à-dire comme des actions ou des chevaux de course. Un jour, après être
allé rendre visite à l'un de ses protégés hospitalisé et avoir pris conscience
de ce qu'il était devenu, il écrit une profession de foi dans laquelle il
appelle ses collègues à mettre plus d'humanité dans leur travail. A partir de
là, il est grillé dans son travail et tous ses collègues, y compris ses plus proches
amis comme Bob Sugar (Jay Mohr) le lâchent.
Il démissionne et quitte la boîte pour monter la sienne en compagnie de la
seule personne qui le soutient, Dorothy Boyd (Renée Zellweger), l'une de ses assistantes, maman célibataire d'un
adorable petit Ray.
En toute bonne foi, Jerry pensait
que ses plus gros clients, des sportifs de haut niveau devenus des « amis »,
lui resteraient fidèles mais, cédant aux promesses de Bob, tous, à part un seul,
le trahissent.
Le seul à lui rester fidèle, c’est
Rod Tidwell (Cuba Gooding Jr.), un
joueur de football black à l'ego surdimensionné, plus doué en paroles que sur
le terrain.
Lors d'une dispute où il annonce
à sa petite amie, Avery (Kelly Preston),
qu'ils ne partagent plus désormais les mêmes valeurs, Jerry se retrouve aussi
abandonné par elle, celle-ci l'accusant d'avoir choisi le camp des loosers et
elle celui des winners.
Malgré tout, grâce à la fidélité
de Rod, au soutien de Dorothy qui, avec Ray, lui apporte la stabilité d'une
famille qu'il n'a pas eue, Jerry remonte la pente et reconquiert peu à peu une
nouvelle clientèle.
Mon opinion sur ce film
Bien entendu, ce film est un
poncif de toutes les valeurs américaines à lui tout seul. On y retrouve tous
les ingrédients du "rêve américain" : argent, succès, pouvoir que
l'on perd d'un coup, tombant immédiatement du côté des loosers, mais aussi,
possibilité de "rebondir" et de faire encore plus fort qu'avant, si
l'on a le courage de relever ses manches et de se battre.
Mais, abstraction faite de ce
constat, ce film est efficacement mené, malgré un sujet qui pourrait ne pas
nous passionner, nous européens, car il traite de l'univers bien particulier du
sport professionnel américain. Comme toujours, Tom Cruise, en chevalier blanc, est excellent et les autres
acteurs, Renée Zellweger en tête et
surtout le petit Ray (Jonathan Lipnicki),
craquant à souhait, font de très bons seconds rôles. Un coup de chapeau
particulier à Cuba Gooding Jr.,
hilarant dans son numéro d'egocentrique au grand cœur et un autre à Jay Mohr, qui joue le rôle de Bob
Sugar, en traitre sans complexe. J'avais beaucoup apprécié cet acteur dans le
rôle du professeur Payne lors des premières saisons de Ghost Whisperer pour son
humour décalé et regretté sa disparition dans les saisons suivantes.
La bande son du film fait aussi
partie des excellentes bandes originales du cinéma américain avec d'excellents
morceaux de Paul McCartney, Presley, The Who, Nirvana, AC/DC ou Bruce Springsteen.
Le film a eu un important succès
commercial, avec un taux de critiques positives de 85 % sur Rotten Tomatoes et
a reçu de nombreux prix. Sans être inoubliable, c’est un très bon film qui
mérite d’être vu car il « donne la patate ».
Disponible en DVD.
Dans le même esprit, je vous recommande aussi :
- August Rush
- Cher John
- Philadelphia
- La différence
- Field of dreams (Jusqu'au bout du rêve)
- A chacun sa guerre
- Arrête-moi si tu peux
- Will Hunting
- Forrest Gump
mardi 6 janvier 2015
MAGNOLIA film de Paul Thomas Anderson (USA-1999)
Magnolia est un film américain, écrit et réalisé par Paul Thomas
Anderson, sorti en 1999. Bien qu’il s’agisse de son 6ème film, ce cinéaste n'avait
pas laissé, jusque-là, une production marquante.
Résumé
Le film fait se croiser le destin
de neuf personnages que, normalement, rien ne relie si ce n'est d'étranges
coïncidences.
Sur le point de mourir, Earl
Partridge (Jason Robards), magnat de
la presse, demande à son infirmier, Phil Parma (Philip Seymour Hoffman) de retrouver le fils, Frank T.J. Mackey (Tom Cruise), qu'il a jadis abandonné.
Ce dernier est devenu un télé-évangéliste célèbre défendant des thèses misogynes
parfaitement insupportables. Lorsque le film commence, Frank est en pleine
interview. La journaliste qu'il croyait mettre dans sa poche le déstabilise par
des questions très pertinentes sur son enfance et sa jeunesse et, à la fin de
l'interview, il a perdu toute l'arrogance qu'il affichait au début.
L'introduction du film développe
trois faits étranges du type de ce que l'on désigne actuellement sous le terme
de "légendes urbaines" :
- Sir Edmund William Godfrey, un
résident de Greenberry Hill, à Londres, est assassiné devant sa pharmacie au
cours d'une tentative de vol par trois vagabonds nommés Joseph Green, Stanley
Berry, et Daniel Hill.
- Un croupier de blackjack,
Delmer Darion, alors qu'il faisait de la plongée dans un lac, se trouve happé
accidentellement par un avion de lutte contre les incendies alors que celui-ci
rechargeait sa soute en eau. Delmer ne meurt pas noyé mais la cause de sa mort
est une crise cardiaque lorsqu'il réalise ce qui lui est arrivé. Or le pilote
de l'avion, Craig Hansen, avait rencontré Darion quelques jours avant au casino
et il s'était battu avec lui après avoir perdu une main au blackjack. La
culpabilité et la coïncidence incitent le pilote à se suicider.
- Un adolescent de 17 ans, Sydney
Barringer, tente de se suicider en sautant du haut du toit de son immeuble;
normalement, il aurait dû être sauvé car, quelques jours avant, des laveurs de
carreaux avaient installé des filets de sécurité au bas de l'immeuble. Mais il
est accidentellement tué par sa propre mère qui appuie sur la détente d’une
arme alors que dans sa chute il passe devant la fenêtre de son appartement.
Quelques jours auparavant, Sydney, fatigué des querelles continuelles qui
mettaient aux prises ses parents avait justement chargé cette arme avec
laquelle ils se menaçaient régulièrement, espérant qu'ils s’entre-tueraient. Le
hasard en a décidé autrement et c'est lui qui est tué par le projectile qu'il a lui-même mis dans le barillet.
Ces trois "légendes",
qu’a priori rien ne relie, sont censées démontrer que le hasard peut
bouleverser le destin de personnages étrangers les uns aux autres. Le cinéaste
a choisi le chiffre 82 comme fil rouge de son film, et le truffe de rappels de
ce chiffre : il apparaît plus d'une douzaine de fois sous différentes formes
tout au long du film : sur un pendu, sur les ailes d' un avion, sous forme de
cordage, sur des matricules divers, numéros de téléphone, adresses, publicités,
sur des tableaux et pancartes... Le film fait allusion par deux fois au 2ème
verset du 8ème chapitre du livre de l'Exode (Ancien testament) qui
rappelle l'une des dix plaies dont Iahvé a frappé l'Égypte : « Aaron étendit sa
main sur les eaux de l’Égypte ; et les grenouilles montèrent et couvrirent le
pays d’Égypte ». Cette légende trouve son accomplissement dans la scène finale
où une pluie de grenouilles s’abat sur
la ville. Les pluies de grenouilles (ou de poissons) sont des phénomènes
météorologiques rares mais qui ont été observés à différentes époques de
l'histoire. L’hypothèse la plus couramment admise (mais jamais scientifiquement
prouvée) veut qu’ils soient dus à des
tornades qui se seraient abattues sur des étendues d’eau, emportant les
poissons et les batraciens qui y vivaient. Dans les temps anciens, le phénomène
était interprété comme annonciateur de catastrophes. Or, cela est rare, mais,
au cours des âges, des témoignages sérieux ont fait état de pluies de souris et
de rats (Norvège, 1578), d’oiseaux (Franche-Comté, 1636), de serpents (Memphis,
USA, 1877), etc.
L'auteur-réalisateur a présenté
son film comme « un film sur la tristesse et (sur) le deuil, sur l'amertume de
la vie, sur les enfants maltraités et les adultes qui s'autodétruisent. Comme
le narrateur nous le dit vers la fin : "Même si nous en avons fini avec le
passé, le passé lui, n'en a pas fini avec nous". Dans ce naufrage commun,
il y a deux personnages, un policier et un infirmier, qui font ce qu'ils
peuvent pour offrir de l'aide, de l'espoir et de l'amour. »
Distribution
- · Julianne Moore : Linda Partridge
- · Tom Cruise : Frank T.J. Mackey
- · Pat Healy : Sir Edmund William Godfrey
- · Philip Seymour Hoffman: Phil Parma
Accueil du film
Le budget initial du film était
de 20 millions de dollars; il a été porté à 37 millions lorsque Tom Cruise fut
engagé pour jouer le rôle de Frank T.J. Mackey. Il a cependant accepté de le
réduire de 7 millions sur son cachet « habituel » de 20 millions de dollars,
moyennant une participation aux bénéfices). Le film a rapporté 48 451 803 $ au
niveau mondial.
On aurait pu s'attendre à ce que ce film atypique et pour le moins "prise de tête" fasse un flop retentissant. Curieusement, il n'en a rien été puisque Magnolia a reçu un
accueil critique très favorable : noté 4 étoiles sur 5 sur Allociné, il est
noté à 83% sur le site Rotten Tomatoes.
Récompenses
- · Festival du film de Berlin : Ours d'or du meilleur film (Paul Thomas Anderson) ; Prix des lecteurs du Berliner Morgenpost (Paul Thomas Anderson)
- · Golden Globes : meilleur acteur dans un rôle secondaire (Tom Cruise)
Mon avis
Disons-le tout net. Moi qui n'hésite pas à aller voir des films dont je sais qu'ils seront difficiles, ce film, difficile à classer, ne
m'a pas enthousiasmé. Son scénario particulièrement improbable m'a laissé
perplexe. Par certains côtés, il m'a fait penser à Vanillia sky, sauf que ce dernier, qui s'appuie lui aussi sur un scénario biscornu, est
beaucoup plus abouti et possède des atouts que Magnolia n'a pas. J'aurais été à
la place du jury du festival du film de Berlin, je ne lui aurais certainement
pas décerné un Ours d'or. Par contre, j'estime que Tom Cruise a bien mérité son Golden Globe. Même si l'on s'interroge sur
son rôle dans ce film (il est en effet surprenant qu'il ait accepté d'endosser
le personnage d'un télé-évangéliste qui semble bien parodier son rôle tant
décrié dans la scientologie), on doit reconnaître qu'il se surpasse dans ce
personnage peu glorieux, déplaisant et peu sympathique, à l'opposé des rôles de
séducteur sans peur et sans reproche qu'il joue généralement.
Sur le rôle du hasard et des
coïncidences bizarres, voyez plutôt :
- Vanillia sky de Cameron Crowe (2001)
- The lost room série TV fantastico-policière (2006)
- Destination finale (du moins le 1er de la série)
- L'effet papillon
mercredi 22 octobre 2014
LA FIRME thriller de Sydney Pollack (USA-1993)
La Firme (The Firm) est un film américain de Sydney Pollack, sorti en 1993. C'est un
thriller basé sur le roman éponyme de John Grisham.
Synopsis
Mitch McDeere (Tom Cruise) est un jeune avocat
fraîchement diplômé de la prestigieuse université d'Harvard. Alors qu'il aurait
pu choisir n'importe quel grand cabinet d'avocats des Etats-Unis, il accepte
l'offre d'un cabinet situé à Memphis, dans le Tennessee, le cabinet Bendini,
Lambert et Locke. L'offre est des plus alléchantes pour un jeune diplômé car le
cabinet le loge, lui et sa femme Abigail 'Abby' (Jeanne Tripplehom) dans une très jolie maison toute équipée pour
laquelle on lui propose un prêt très avantageux, elle lui offre une voiture de
sport, et de multiples avantages. Le cabinet s'intéresse aussi à la vie privée
de ses employés, étant très en faveur de la stabilité du couple, son envie
d'avoir des enfants, etc. ce qui, à nous européens, peut paraître un peu
suspect, mais l'est moins pour des Américains.
Mitch doit cependant encore faire
sa place au cabinet. On lui adjoint, comme mentor, un homme d'expérience, Avery
Tolar (Gene Hackman) car, malgré son
diplôme, il doit encore passer l'examen d'entrée au barreau. Peu après son arrivée, et alors qu'il est submergé
de dossiers, deux membres du cabinet meurent dans l'explosion (a priori
accidentelle) de leur bateau alors qu'ils sont en villégiature aux Iles Caïmans,
dont on sait qu'elles sont aussi un paradis fiscal et le siège de trafics
internationaux d'argent plus ou moins propre.
Mitch commence à avoir des
soupçons sur les gens pour qui il travaille d'autant plus que de mystérieux
inconnus (en fait des agents du FBI) chargés d'enquêter sur les pratiques
frauduleuses du cabinet, lui ont mis la puce à l'oreille et demandé de
collaborer avec eux. Comme Mitch est un garçon foncièrement honnête, il enquête
secrètement au sein du cabinet et s'aperçoit que celui-ci tire la plupart de
ses ressources en couvrant les agissements d'une famille mafieuse de Chicago,
les Morolto. Ces gens ne reculent devant rien pour éliminer les gens qui
s'intéressent de trop près à leurs affaires : c'est ce qui se passe pour Eddie
Lomax, un détective privé que Mitch avait chargé d'enquêter sur eux. Mitch,
convaincu de la malhonnêteté du cabinet, voudrait pouvoir s'en ouvrir à son
épouse mais il a été piégé lors d'un voyage d'affaires où il accompagnait Tolar
aux Iles Caïmans car celui-ci lui a jeté une inconnue dans les bras. Il sait
qu'en avouant cela à sa jeune épouse, celle-ci risque de ne pas lui pardonner son
égarement et de vouloir le quitter.
Tout en connaissant les risques
qu'il prend, Mitch, avec l'aide de l'ancienne secrétaire et petite amie de Tolar, se lance dans une haletante course-poursuite mortifère contre ses ennemis, accumulant, malgré le danger, les preuves contre le cabinet et les
livre in extremis au FBI.
Ma critique
Moi qui ne suis pas trop friand
de polars, j’adore positivement ce film. De fidèles lecteurs de ce blog m'ont signalé que je cite souvent
"La firme" (titre original "The firm") comme film de
référence à plusieurs thrillers que j'ai commentés récemment et que je ne lui
ai encore consacré aucun article. Le
spectateur est tenu en haleine de bout en bout, voyant peu à peu l'étau se
resserrer autour du héros qui risque sa peau pour défendre ses convictions et
l'idée qu'il se fait de la justice.
Le film, s'il n'a obtenu aucune
récompense de la profession, a cependant été très bien accueilli par le public
(Rotten Tomatoes : 76 % d'opinions favorables). On retrouve dans ce film toute
la maîtrise du grand réalisateur engagé qu’est Sidney Pollack. Dans ce film, on retrouve ses marques de fabrique :
un scenario rigoureux, une mise en scène énergiques et des montages sans
bavure. Dans ce film, il s'appuie en outre sur des acteurs au professionnalisme
confirmé (Gene Hackman, Edward 'Ed' Harris) qui tiennent bien leur place face à un éblouissant Tom Cruise toujours parfait et crédible en jeune avocat d'affaires
aux dents longues qui se trouve confronté à des requins beaucoup plus dangereux
et retors que lui.
mardi 12 août 2014
COLLATERAL film de Michael Mann (USA-2004)
Collateral est un thriller de Michael Mann (2004) avec Tom Cruise et Jamie Foxx. L'action du film se déroule à Los Angeles.
Synopsis
L'action se déroule à Los Angeles. Un chauffeur de taxi, Max Durocher (Jamie Foxx) amène le procureur Annie Farrell (Jada Pinkett Smith) à son travail. Pendant la course, elle lui
parle de l'affaire qu'elle suit et lui lui fait part de son rêve de devenir son
propre employeur. Annie laisse à Max sa carte de visite. Son client suivant est
Vincent (Tom Cruise), un homme BCBG
qui pourrait passer pour n'importe quel homme d'affaires si ce n'est que le
spectateur l'a vu, un peu plus tôt à l'aéroport, subtiliser une mallette à un étranger.
Vincent, qui dit à Max détester Los Angeles, lui propose de
rester son chauffeur personnel pour les cinq prochains rendez-vous qu'il a en
ville. Max est d'abord réticent mais il accepte lorsque Vincent lui propose 600
$ pour le "service". Pendant que Max attend son client devant
l'immeuble où il l'a déposé, un cadavre tombe d'une fenêtre sur le toit du
taxi. Max comprend que c'est Vincent qui l'a tué et défénestré. Affolé, il veut
s'enfuir mais Vincent menace de l'exécuter
sur place s'il ne l'aide pas à mettre le corps dans le coffre.
Vincent révèle alors à Max sa véritable identité. Il n'est
pas un homme d'affaire, comme l'avait cru le pauvre chauffeur de taxi, mais un
tueur à gages. Et s'il est venu à Los Angeles, c'est pour exécuter cinq
"contrats". Qu'il le veuille ou non, dès le premier meurtre, Max est
devenu son complice et, s'il veut rester en vie, il doit continuer à
transporter Vincent. Pour qu'il ne s'enfuie pas, celui-ci lui attache les mains
au volant. Pendant son absence, Max essaie d'attirer l'attention des passants
mais tout ce qu'il parvient à faire, c'est à se faire voler la mallette
qu'avait laissé Vincent sur le siège du taxi. Vincent arrive à ce moment-là, il
prend en chasse les voleurs et les abat sans le moindre état d'âme.
Une relation complexe s'établit entre les deux protagonistes
du film : de peur, pour Max, et de domination pour Vincent. De cette relation
n'est pas exempte une certaine admiration de la part de Max envers Vincent et
une complicité, voire une sorte de bizarre amitié naît se crée entre le
chauffeur de taxi et le tueur.
Le jeu de Tom Cruise
est fascinant dans son en implacabilité de "machine à tuer" : il
exerce ce qui est pour lui un "métier" comme un autre sans le moindre
scrupule, comme d'autres exerceraient celui de représentant de commerce.
La réalisation de Michael Mann est parfaite. La beauté et la complexité du jeu sur les éclairages et
les angles de prise de vue de Los Angeles, la nuit, ainsi que la bande son,
très travaillée, font de ce film une réussite du film noir réactualisé.
vendredi 13 juin 2014
MINORITY REPORT de Steven Spielberg (USA-2002)
Minority Report est un thriller de science-fiction américain
réalisé par Steven Spielberg, sorti sur les écrans en 2002. Ce film est l’adaptation
cinématographique de la nouvelle éponyme de Philip K. Dick, « Minority
Report ».
Synopsis
Devenu la cible de ses propres
troupes, Anderton prend la fuite. Il finit par semer ses poursuivants et se réfugie chez l'une des deux
créatrices de la Précrime, Iris Hindeman, qui lui révèle que le système a des failles, consignées dans le "rapport minoritaire" (Minority report). La seule chance qu'a Anderton de sauver sa peau est de mettre la main sur ce "rapport minoritaire" avant d'être abattu.
Comme toujours avec les nouvelles
de Philip K. Dick, la réalité est déformée et le spectateur a l'impression
d'être au cœur d'un cauchemar... Au départ, bien entendu, toute notre sympathie
va au héros que l’on croit innocent. On est de son côté contre une institution
aveugle et totalitaire et on souhaite qu'il se sorte de l’imbroglio dont il est
prisonnier. Mais on s'aperçoit très vite que les choses ne sont pas si simples.
Anderton a aussi un côté sombre : son existence a été marquée par un terrible
drame. Il y a plusieurs années, son fils a été enlevé et tué par un pédophile
et il s’avère que celui qu'il doit tuer sans le connaître est justement ce
meurtrier. Le spectateur est amené à reconsidérer son opinion sur son innocence
supposée.
Scénario complexe et imprévisible pour un film
qui mêle science-fiction et thriller angoissant. Le scénario est excellent,
l'esthétique futuriste à la fois épurée et glauque concourt à donner à ce film
une ambiance psychotique et une tension qui ne faiblissent pas du début à la
fin. Les dialogues aussi, fins et d'une
rare intelligence, contribuent à faire de ce film une réussite.
En bref, un excellent film qui,
grâce à ce qu’il révèle de la complexité de la psychologie humaine, devrait aussi intéresser ceux à qui la SF
donne habituellement des boutons.
mercredi 28 mai 2014
L'ASSOCIE DU DIABLE de Taylor Hackford (USA-1997)
L'Associé du diable est un film thriller
fantastique américain réalisé par Taylor Hackford en 1997 d'après le roman The
Devil's Advocate d'Andrew Neiderman.
Synopsis
Kevin Lomax (Keanu Reeves) est un
jeune et brillant avocat, récemment diplômé, qui vit en Floride avec sa charmante épouse, Marie-Ann (CharlizeTheron). Il est amené à défendre un client, un professeur qu'il sait coupable
d'abus sexuel sur une mineure, ou d'abandonner le procès. Cependant, pour
quelqu’un qui a de l'ambition comme lui, ce serait déchoir que de s’avouer
vaincu et, tout en ayant la conviction que son client est coupable, il choisit de
passer outre et gagne le procès.
Le jeune couple part
alors pour New-York. Ils y sont accueillis comme des princes : le cabinet offre à Kevin un salaire mirobolant qu'il n'aurait jamais espéré s'il était resté en Floride avec, en prime, un splendide appartement. Mais la
contrepartie, c'est que Milton, sous son apparence bon enfant, est un véritable tyran. Pour lui plaire, Kevin doit se plier
à des horaires déments et délaisser de plus en plus sa femme au profit de son
travail. Jusque là, rien que de très normal lorsqu'on commence dans la carrière
d’avocat, surtout aux Etats-Unis. Tout ne va cependant pas trop mal pour Kevin jusqu'au jour où son
patron lui confie un très gros dossier : défendre Alexander
Cullen, un richissime client, accusé
d'avoir tué sa femme, son beau-fils et sa domestique.
Alors que Marie-Ann, seule dans
l'immense appartement, souffre de l'absence de son mari, elle commence à être victime d'hallucinations de plus en plus graves qui l'entraînent vers la folie. Kevin, plongé corps et âme dans le
dossier de son client, ne se rend pas compte que la santé mentale de sa femme que,
par ailleurs il adore, se détériore d'une manière inquiétante.
Milton, toujours très paternaliste,
suggère à Kevin d'abandonner l’affaire à un autre avocat du cabinet pour mieux
s’occuper de sa femme tout en lui faisant comprendre que, s'il lâche l'affaire, sa carrière en souffrira forcément. Kevin, littéralement obsédé par l'idée de
gagner, refuse... Cela l'entraîne dans une spirale infernale (au sens propre)
où il laissera son âme et perdra sa femme adorée.
Mon opinion sur ce film
Al Pacino est véritablement démoniaque dans ce rôle ambigu, Charlize Théron, est touchante de fragilité en épouse sacrifiée et Keanu Reeves parfait dans le rôle du jeune avocat auquel l’ambition fait
perdre tout sens des réalités. Le film aurait pu être excellent si le réalisateur avait su s'arrêter à temps. Hélas, il bascule, dans le dernier tiers, dans des scènes grand-guignolesques qui confinent au ridicule. Le film n'y gagne rien car le spectateur aurait parfaitement compris le propos sans avoir à supporter ces scènes excessives qui m'ont rappelé les grotesques excès du Dracula de Coppola (avec aussi, d'ailleurs, hélas pour lui, un certain Keanu Reeves).
Par certains côtés, ce film
rappelle La firme, un autre thriller, où un jeune avocat (Tom Cruise),
fraîchement diplômé, est embauché par un grand cabinet qui lui fait un pont d'or, avant qu'il ne s'aperçoive qu'il défend la mafia et n'essaie de s'affranchir de son emprise, au péril de sa vie. A la différence de l'Avocat du diable, La firme, réalisé par Sydney Pollack, est d'une toute autre envergure.
Une dernière précision, le
réalisateur Taylor Hackford est aussi le réalisateur du beau film Soleilde nuit, avec le danseur étoile Mikhail Barychnikov.
lundi 26 mai 2014
VANILLA SKY de Cameron Crowe (USA-2001)
Vanilla sky de Cameron Crowe (2001)
Vanilla Sky (Un ciel couleur
vanille) est un film américain de 2001, réalisé par Cameron Crowe. C'est un
remake du film espagnol Ouvre les yeux réalisé par Alejandro Amenábar en 1997.
Synopsis
David Aames (Tom Cruise) est un jeune et
brillant éditeur new-yorkais qui a tout pour lui : la beauté, le charisme,
l'argent, la réussite professionnelle et les femmes. Son ami Pelayo lui
présente Sofia (Penelope Cruz), sa
nouvelle compagne. David en tombe instantanément amoureux. Mais une de ses
anciennes amies, Julie (Cameron Diaz),
qui est d'une jalousie maladive, lui fait une scène alors qu'elle conduit et
précipite leur voiture par-dessus un pont. Julie meurt alors que David, bien
que gravement blessé, réchappe de l'accident. Il est reste cependant défiguré
et ni son argent ni la chirurgie esthétique ne peuvent lui permettre de
retrouver son visage d'avant : les médecins lui annoncent qu'il restera
défiguré. Il va être obligé de porter un masque en permanence, ce qui fait de
lui un paria : ses anciens amis l'évitent et sa nouvelle conquête, Sofia, le
rejette. Incapable ce supporter ce terrible revers du sort, il sombre dans
l'alcool. Un matin, après une nuit de cuite où il erre dans la rue, David est
réveillé par Sofia. Ils continuent à se revoir. Les médecins annoncent à David
qu'il pourra retrouver son vrai visage. Tout semble donc s'arranger si ce n'est
que David a régulièrement la vision de son visage défiguré.
Un jour, en se rendant à
l'appartement de Sofia, il découvre Julie qui semble être au courant de tous
les faits et gestes de Sofia. Dans un accès de colère, il l'étrangle. Arrêté
par la police, il est placé en hôpital psychiatrique. Lors d'un entretien avec
un psychologue, il voit une publicité pour une société intitulée "Life
extension" qui propose à ses clients atteints de maladie de les placer en
cryogénisation le temps qu'il faudra pour trouver un remède à leurs problèmes.
Pendant cette période, le patient sera dans un état de "rêve lucide".
En voyant cette information, David a une impression de déjà-vu. Conduit dans les locaux de "Life
extension", David réalise qu'il se trouve déjà en état de "rêve
lucide" et que ce rêve est devenu un cauchemar. A partir de là, le
spectateur a aussi l'impression de vivre un cauchemar. A la fin, David n'a
d'autre option, pour mettre fin au cauchemar permanent qu'il vit, de se jeter
du haut du toit d'un immeuble. Mais l’immeuble, trop haut pour exister, est une
illusion. Lors de la chute interminable, David voit défiler toute sa vie sous
forme de flash-back mais, au moment où il devrait toucher le sol, une voix
féminine lui enjoint d'ouvrir les yeux. Le spectateur comprend alors que David
était en état de rêve.
Vanilla Sky ("Un ciel de vanille")
fait référence à un tableau de Monet qui apparaît dans le film. On le classe
généralement parmi les thrillers mais il pourrait tout aussi bien être qualifié
de drame psychologique, de film onirique ou de science-fiction tant on y
retrouve, savamment mélangés, tous ces ingrédients. C'est, en tout cas, au même
titre que L'agence/The adjustment bureau, Inception, Existenz ou Memento un film troublant où le spectateur ne
sait pas où s'arrête le rêve (ou plutôt le cauchemar!) et où commence la
réalité. Sans doute est-ce pourquoi le film, malgré sa distribution
prestigieuse (Tom Cruise, Penelope Cruz, Cameron Diaz mais aussi Kurt Russel,
Tilda Swinton, etc.) et une bande son exceptionnelle (Paul McCartney,
Radiohead, REM, Jeff Buckley, U2, etc.)
n'a pas été très bien reçu par la critique. Par contre, il s'est classé n°1 au
box office dès sa sortie, certainement justement en raison de sa distribution
mais aussi peut-être parce que les spectateurs ont été séduits par l'histoire
de base, qui contient tous les ingrédients romantiques du riche et beau
séducteur détruit en un instant par sa passion pour se retrouver enfermé dans
son propre cauchemar. La suite du film, passablement « prise de tête »
est une autre affaire…
C’est pourquoi Vanilla sky est tout sauf un film facile qui mérite d'être vu mais qui risque aussi de vous flanquer une sacrée migraine.
C’est pourquoi Vanilla sky est tout sauf un film facile qui mérite d'être vu mais qui risque aussi de vous flanquer une sacrée migraine.
Autres films de Cameron Crowe :
Jerry Maguire (toujours avec Tom Cruise), heureusement beaucoup plus accessible !
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jeudi 22 mai 2014
WALKYRIE de Bryan Singer (2009)
Walkyrie est un film
américano-allemand de Bryan Singer, de 2008. Ce film est sorti en France le 28
janvier 2009.
Synopsis
Le film est inspiré de
l'Opération Walkyrie, non de code donné à la tentative de coup d'état du 20
juillet 1944 monté par des militaires de la Wehrmacht pour tuer Adolf Hitler et
mettre fin au nazisme. Le complot était dirigé par le colonel Claus Von
Stauffenberg (Tom Cruise), héritier d'une grande famille de la noblesse
allemande, grand combattant grièvement blessé en 1942, alors qu'il couvre la
retraite de Rommel en Tunisie, il se rend compte qu'il faut mettre un terme à
la folie d’Hitler et du nazisme qui précipite l'Allemagne et l'Europe dans le
chaos.
Alors qu'il n'était au départ
qu'un des nombreux conspirateurs, Claus von Stauffenberg se retrouve bientôt en
première ligne : c'est lui qui devra assassiner Hitler...
A l'origine, l'Opération Walkyrie
était destinée à donner les pleins pouvoirs aux SS en cas de tentative de coup
d'Etat contre Hitler. Von Stauffenberg la transforme en complot contre le Führer
et met au point son assassinat. Le plan
prévoit qu'une fois ce dernier éliminé, le pouvoir sera repris en main
par des démocrates, respectueux des
valeurs anciennes de l'Allemagne, qui devront traiter avec les Alliés avant que
l'Allemagne ne soit totalement écrasée.
Malheureusement, à la suite d'un
concours de circonstances invraisemblable (mais réel), Hitler échappera in
extremis à l'attentat et le complot sera déjoué. Les officiers qui y ont été
mêlés de près ou de loin seront impitoyablement mis à mort par les SS et la Gestapo.
Mon opinion sur ce film
Malgré des inexactitudes
historiques, le film est conduit comme un thriller haletant. Il rend bien
compte de l'effroyable malchance dont ont joué les conjurés. Sa mise en scène
est impressionnante et réglée comme un mécanisme d'horlogerie. Le film doit
aussi beaucoup à la qualité du directeur de la photographie, Newton Thomas
Sigel, dont la prise de vue et la lumière
sont travaillées comme des tableaux. Quant aux acteurs, en particulier Tom Cruise, quoiqu'on puisse penser de son engagement personnel en faveur de la
Scientologie, on doit reconnaître une fois de plus qu'il est un excellent
acteur, parfaitement à l'aise dans un rôle difficile et complexe. Les seconds
rôles ne sont pas en reste, que ce soit Kenneth Branagh dans le rôle de Henning
von Tresckow ou Bill Nighy dans celui de Friedrich Olbricht.
Au départ, le rôle principal devait
être tenu par Thomas Kretschmann, un acteur rare que j’apprécie beaucoup. Il
tient finalement le rôle d'Otto-Ernst Remer.
dimanche 12 mai 2013
LIONS ET AGNEAUX (Film américain de Robert Redford - 2007)
[Post initialement publié le 5/7/2008]
Le titre français "Lions et agneaux" peut induire en erreur. Le titre original « Lions for lambs » aurait dû être traduit par « Des lions pour les agneaux», ce qui n’a pas du tout le même sens, on le comprend en voyant le film ! Je pense que c’est une phrase tirée de la Bible mais je ne suis pas parvenu, pour l'instant, à identifier le verset correspondant (peut-être l'Apocalypse de Jean?)
Le film
Ce film est sorti en France le 21 novembre 2007. Je ne crois pas qu’il ait eu beaucoup de succès, malgré la renommée des acteurs à l’affiche (Robert Redford, Tom Cruise et Meryl Streep). C’est en effet un film tellement atypique qu’il désarçonne le spectateur. Je l’ai vu récemment et je l’ai trouvé remarquable, bien qu’un peu court (1.30 H). C'est plutôt rare que je me plaigne qu'un film soit trop court mais, dans ce cas, à mon avis ½ H de plus n’aurait pas nui à la compréhension de l'intrigue ! Il est certain que ce n'est pas la longueur qui fait la qualité d’un film mais, dans le cas de celui-ci, le spectateur reste un peu sur sa faim tant le générique de fin tombe brutalement. Bien qu’il nous ait été distribué toutes les cartes pour comprendre les tenants et les aboutissants de l'intrigue, par ailleurs complexe, sur laquelle est bâtie le film, le spectateur (moi en tout cas, et d’après la tête des autres spectateurs - peu nombreux, hélas - je n'étais pas le seul à penser cela), est surpris lorsque le film se termine.
Atypique, il l’est aussi par le duo Redford/Tom Cruise. On connaît Redford pour son engagement politique à gauche et ses prises de position anti-Bush. On sait par ailleurs à quel point Tom Cruise est impliqué dans la Scientologie à laquelle non seulement il ne se cache pas d'appartenir mais dont il est même devenu l’un des plus éminents ambassadeurs. Ce qui ne l'empêche pas d'être un excellent acteur. Son engagement pour la Scientologie l'a même fait, malgré son succès et son charisme, "remercier" par la Paramount après 14 ans de « bons et loyaux services ». Il a dû racheter une société de production, la United Artists, pour continuer à tourner. L'alliance entre Redford et Cruise pour un tel film est pour le moins surprenante...
Revenons-en au film. Il présente
le destin parallèle de plusieurs personnalités hors-norme :
- Robert Redford y incarne le professeur Stephen Malley, un enseignant idéaliste et contestataire dans une université de la côte Ouest. Au cours du film, il tente de convaincre l'un de ses étudiants les plus doués (Andrew Garfield), de prendre sa vie en main alors que ce dernier a plutôt tendance à se laisser vivre et à ne pas "en ficher une rame";
- Tom Cruise incarne un jeune sénateur républicain ambitieux (Jasper Irving) aux dents si longues qu'elles en rayent l'épaisse moquette de son bureau ;
- Meryl Streep (Janine Roth) est une journaliste de haut vol qui a aussi été engagée à gauche mais qui, depuis le rachat de sa chaîne par une chaîne commerciale, s'est « rangée » et ne fait plus de journalisme d’investigation;
- Les deux derniers personnages importants du film sont deux anciens étudiants du professeur Malley, un black et un hispano. Ils se sont engagés volontairement dans les troupes d'intervention en Afghanistan et ils y laisseront leur peau dans des conditions dramatiques.
Le professeur Malley, homme de gauche, profondément convaincu que la guerre en Afghanistan est une monumentale erreur, se sent paradoxalement responsable de leur mort car, au travers de son enseignement, il a défendu l'engagement personnel. Comme il ne voudrait pas que cela arrive à son nouvel étudiant, incarné par l'acteur Andrew Garfield, il le convoque pour essayer de le convaincre de ne pas s'engager dans l'armée. Mais la fin du film nous laisse plutôt penser que c'est le contraire qui se passera en fin de compte.
Le montage du film est tout à fait particulier. En effet, les personnages sont filmés indépendamment les uns des autres et ne savent pas ce que les autres pensent ou vont faire. Seul le spectateur a les cartes en main et le recul nécessaire pour juger, sauf à la fin où, brusquement, on les lui retire, lui laissant à penser qu'il s'est totalement fourvoyé.
Voilà pourquoi Lions et
agneaux est un film dérangeant et qui ébranle les certitudes que l'on a
(ou que l'on croit avoir). J'en suis ressorti un peu interloqué car,
visiblement, s’il est un pamphlet contre
la politique sécuritaire de Bush en Irak, en Afghanistan et en Iran, le film
pose avant tout le problème de l’engagement
personnel et de la remise en question de chacun.
Les acteurs
Les acteurs
Si les prestations de Redford et
de Cruise sont en tout point à la hauteur de ce qu'on attend d'eux, je suis un
peu resté sur ma faim quant à celle de Meryl Streep, que j’avais trouvée autrement plus convaincante dans Out of Africa ou dans le
magnifique Sur la route de Madison. Dans ce film, elle est en retrait, comme
éteinte, même si le rôle en fait un simple témoin manipulé consentant du sénateur. Tom
Cruise qui, il faut le reconnaître, s'y connaît en manipulation, est si parfaitement dans son rôle qu'on se demande ce qu'a bien pu penser la Scientologie de ce film !
Quant au jeune Andrew Garfield, ce
fut, pour moi, une révélation et je pense qu'il ira loin. Je le lui souhaite en tout cas, car c'est un acteur remarquable.
Additif :
J'ai vu, depuis Lions et Agneaux, Andrew Garfield
dans d'autres films : Boy A (2009), Never let me go et The social network (2010) et ma première impression envers son talent s'est confirmée. Je pense que, s'il trouve de bons scénarios, il ira loin.
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