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lundi 15 juin 2020

NIGHT AND DAY Comédie d'action de James MANGOLD (USA-2010)


Night and Day - film 2010 - AlloCiné

Night and Day (Titre original : Knight and Day) est une comédie d’action américaine réalisée par James Mangold, sorti le 25 juin 2010 en Amérique du Nord et le 28 juillet 2010 en France.

Résumé

Roy Miller (Tom Cruise), un agent secret de la CIA en cavale, protège Simon Feck (Paul Dano), un jeune scientifique un peu paumé, inventeur du Zephyr, une batterie aux propriétés extraordinaires, de la convoitise de plusieurs groupes mafieux. Lors d’une de ses cavales, Roy rencontre June Havens (Cameron Diaz), qui se retrouve impliquée malgré elle dans les aventures de l’agent secret. Ce film marque les retrouvailles entre Tom Cruise et Cameron Diaz, neuf ans après Vanilla Sky de Cameron Crowe.

Mon opinion

Vu lors de sa rediffusion télé le 14 juin 2020.

Ce film plaira certainement aux amateurs du genre qui ne recherchent qu'un moment de divertissement mais, en ce qui me concerne, il ne me laissera pas un grand souvenir, si ce n’est celui de belles cartes postales, comme celles de la partie qui se déroule dans le train traversant les Alpes enneigées, la poursuite à travers la vieille ville de Salzbourg, la palais de Séville ou le Cap Horn. Que dire, à part ça, que Tom Cruise fait du Tom Cruise... et le fait bien, mais bon, cela ne suffit pas pour faire un bon film.   

mardi 3 septembre 2019

EDGE OF TOMORROW film de SF de Doug LIMAN (USA-2014)



Edge of Tomorrow (Un jour sans lendemain au Québec) est un film de science-fiction américain réalisé par Doug Liman, sorti en 2014. Il s'agit de l'adaptation cinématographique du light novel japonais All You Need Is Kill de Hiroshi Sakurazaka.

Présentation

Le film est une uchronie censée se dérouler à l’époque du tournage. Suite à la chute de ce que l’on prend pour une météorite tombée à proximité de Hambourg. Mais il s’agit d’une sorte de vaisseau extraterrestre à partir duquel une espèce inconnue, les « mimics », qui ressemblent à d’horribles pieuvres noires parcourues de veines orange et se déplacent comme l’éclair, commencent à répandre la terreur sur tout le continent européen, faisant en quelques mois des millions de victimes. Leur grande force, comme s’ils devinaient les pensées des humains, est d’anticiper tous leurs mouvements. Une coalition de dix-sept nations s’organise pour les contrer à partir de l’aéroport d’Heathrow, en Grande-Bretagne, seul pays d’Europe à ne pas encore être tombé sous leur domination ennemie. Elle est dénommée FDU (« force de défense unie ») (FDU).

Mais, alors que les humains perdent tout espoir de vaincre leurs ennemis, ils gagnent la bataille de Verdun. Cette victoire est due au sergent Rita Vrataski (Emily Blunt) qui, grâce à un nouvel exosquelette, a détruit des centaines de « mimics » dès son premier jour de combat : elle devient ainsi l'héroïne de l'armée et les médias la surnomment « l'ange de Verdun » mais, entre eux, les militaires lui ont donné un surnom moins flatteur, celui de « full metal pétasse » en raison de son attitude froide et hautaine.

Le commandant William Cage (TomCruise) est un spécialiste du service des relations publiques de l'armée américaine. Il est convoqué au quartier général de la FDU, à Londres, par le général Brigham (Brendan Gleeson) qui lui annonce qu'il couvrira le lendemain l'opération « Crépuscule » comme correspondant de guerre en immersion parmi les soldats. L'opération Crépuscule consiste à lancer un débarquement sur les côtes françaises. Brigham, se fiant aux observations satellites, pense qu'il y aura peu de résistance. Cage, qui n'a jamais combattu, fait tout pour refuser la mission mais il y est intégré par le sergent-maître Farell (Bill Paxton) comme simple soldat à l'escouade J.

Mais, lors du largage de la force d’intervention alliée sur une plage française, les « mimics » sont à l’affut et détruisent en plein vol l'hélicoptère transportant l'escouade J. Cage s’en sort miraculeusement et essaie d’éviter d’être tué lorsque Rita jaillit avec son escouade d’un autre hélicoptère endommagé et se jette dans la bataille. Fasciné, Cage observe la détermination avec laquelle elle combat les « mimics ». Juste après avoir abattu un « mimic », Rita est tuée. Paniqué, Cage tente de fuir le champ de bataille mais il est arrêté par Farell qui le renvoie au combat. Les soldats qui sont parvenus à débarquer sont rapidement massacrés mais Cage est épargné. Faisant le mort, il assiste à un curieux échange entre un « mimic » bleuâtre, plus gros que les autres, auquel les « soldats » mimic semblent venir rendre des comptes. Estimant qu’il est leur chef, Cage se saisit d’une mine Claymore et, lorsque le mimic bleu bondit sur lui, il la fait exploser. Tous deux sont déchiquetés dans l'explosion, le « sang » du mimic se répand sur Cage alors qu'il est en train de mourir.

Il se réveille en sursaut à Heathrow dans la même situation que la veille. Perplexe, Cage comprend rapidement qu'il est revenu dans le passé. Il s'aperçoit rapidement qu'il est le seul à être dans cette situation, toutes les autres personnes vivent cette journée pour la première fois. Le lendemain, il débarque à nouveau sur la même plage française et, il sauve Rita mais est tué à sa place.
Comme la veille, il se réveille à nouveau à Heathrow. La scène se répète encore et encore jusqu’à ce que Cage parvienne à convaincre Rita qu’il peut prévoir les événements qui vont se produire et conduire les humains vers la victoire.

Mon opinion sur ce film

Je n’avais pas vu ce film lors de sa projection en salles. J’ai profité de son passage à la télévision pour le visionner. J’apprécie l’acteur Tom Cruise, tout en sachant qu’il est un des membres influents de la Scientologie que je considère comme une dangereuse secte. Quant à Doug Liman, j’avais déjà vu La mémoire dans la peau (2002), à mon avis le meilleur de la trilogie des Bourne, et Jumper qui, sans être un film inoubliable, m’avait plu pour son dynamisme et la fraîcheur de ses jeunes acteurs. Je n’en dirai pas autant de Edge of Tomorrow qui nous sature de bruit et de fureur et nous noie sous les scènes répétitives de combat contre des monstres peu ragoutants. Bien qu’elle ne soit pas nouvelle (par ex. Terminator, Interstellar, Looper, Source code, etc.) l’idée du paradoxe temporel me fascine mais elle est ici développée avec la finesse d’un éléphant lâché dans un magasin de porcelaine, et le résultat est une bonne prise de tête avec migraine à la clé. 

lundi 20 juin 2016

RAIN MAN comédie dramatique de Barry Levinson (USA-1989)


Rain Man est un film américain réalisé par Barry Levinson, sorti en 1988 aux États-Unis et en France en 1989.

Résumé

Lorsque Charlie Babbitt (Tom Cruise) apprend que son défunt père a légué presque toute sa fortune à son frère aîné dont il ignorait l’existence, il est furieux. Il l’est encore plus lorsqu’il découvre que Raymond (« Rain man ») est malade mental enfermé dans l'asile psychiatrique de Cincinnati.

En réalité, Raymond est un autiste Asperger aux comportements répétitifs. Il a l'habitude de regarder la télévision à une certaine heure pour ne pas manquer son émission favorite, le moindre contretemps provoquant chez lui des crises d'angoisse, ce qui donne lieu à des scènes tragi-comiques. Par exemple, lors de leur périple, Raymond voulant absolument regarder la télévision, Charlie doit s'arrêter à la première maison au bord de la route, et, après avoir tenté de faire illusion auprès de l'occupante des lieux avec un prétexte inventé à la hâte, il demande à ce que Raymond puisse regarder la télévision, pour lui éviter une de ses crises. Par ailleurs, Raymond n'a pas la moindre empathie, ce qui est l'un des signes de l'autisme. Vers la fin du film il montre cependant quelques signes d'amélioration, acceptant de partager une danse, il ne refuse plus les contacts physiques, etc.
Son vocabulaire aussi se limite à des phrases très simples; il répète inlassablement les mêmes mots, les mêmes formules, les mêmes histoires dont il n'a qu'une compréhension très superficielle (par exemple la formule « Qui est en première base ? », qu'il répète en boucle, notamment dans les situations stressantes, et dont Charlie tente vainement de lui expliquer le ressort humoristique). Comme la plupart des autistes Asperger, Raymond développe des capacités extraordinaires dans certains domaines très spécifiques : il a une faculté de mémorisation exceptionnelle qui lui permet de retenir de longues listes (accidents d'avion par date et par compagnie; numéros de téléphone, etc.) 

Dans un premier temps, Charlie, sous prétexte de l’emmener faire un tour, enlève son frère dans le but de récupérer la part d’héritage qu’il considère lui revenir. Débute alors un « road-movie » à travers les États-Unis en direction de la Californie, au cours duquel les deux frères apprendront à se connaître et finalement à s’aimer…

Autour du film

Le personnage de Raymond Babbitt est inspiré de Kim Peek, atteint du « syndrome du savant », décrit par le psychiatre américain Darold Treffert comme une maladie rare dans laquelle les personnes avec des troubles du comportement (parmi lesquels l'autisme) développent un ou plusieurs domaines de compétence, de capacité ou d'excellence qui sont en contraste avec les limitations d'ensemble de l'individu.

Le film est souvent cité pour avoir permis, en mettant en scène un personnage atteint du syndrome d'Asperger, à populariser cette forme d'autisme auprès du grand public, notamment à travers l'image du génie autistique.

Récompenses

Aux États-Unis, le film reçut quatre Oscars et en Europe à la Berlinale, il reçut l'Ours d'or du meilleur film.

Mon opinion sur ce film

L’autisme est un sujet qui me fascine. On a reproché à ce film de ne présenter qu’une facette tronquée de ce handicap complexe et encore mal connu : c’est la critique que lui font plusieurs autistes français célèbres comme Daniel Tammet ou Josef Schovanec, pour qui Raymond ne saurait être représentatif de la diversité du spectre de l'autisme ; ils jugent en outre que le film donne une vision datée, caricaturale et en partie inexacte du syndrome qu'il présente.
Sans vouloir contester ces affirmations, je rappellerai cependant que ce film date de 1988 et qu’il est l’un des premiers, sinon le premier, à aborder ce sujet, certes identifié depuis les années 1940  mais qui ne fut clairement diagnostiqué que vers la fin des années 1980. En outre, la France, toujours à la remorque des pays anglo-saxons dans le domaine de la psychiatrie, n’a reconnu l’autisme comme trouble du comportement qu’une 10e d’années plus tard.

Alors, reprocher à une œuvre de fiction, qui n’a aucune vocation scientifique, même si elle s’inspire de faits réels, de ne présenter qu’une version édulcorée d’un phénomène encore mal connu, mal diagnostiqué et encore plus mal pris en compte par la société (en particulier en France), n’est ni justifié ni honnête.


Personnellement, je considère ce film comme un film magnifique d’autant que le réalisateur a choisi, pour incarner ses deux personnages principaux, deux très grands acteurs : Tom Cruise est parfait en petit vendeur de voiture « m’as-tu vu » et flambeur, que la morale n’étouffe pas mais qui évolue vers plus d'humanité au contact de ce frère qu’il ne connaît pas et qu’il méprise au début. Ce rapprochement progressif entre deux êtres que tout sépare, est une des grandes réussites du film et offre de très beaux moments de complicité et de tendresse.

Quant à Dustin Hoffman, avec Tootsie, c’est l’un de ses plus beaux rôles. Personnellement, loin de critiquer Rain man, je n’ai aucun reproche à faire au réalisateur qui, selon moi, aborde un problème grave et sérieux avec humour et sensibilité.

lundi 14 décembre 2015

OBLIVION film de SF de J. Kosinski (USA-2013)



Oblivion est un film de science-fiction post-apocalyptique américain écrit, produit et réalisé par Joseph Kosinski, et sorti en 2013. Le scénario est basé sur le comics du même nom. Selon Kosinski, Oblivion est un hommage aux films de science-fiction des années 1970.

Résumé

L’action est censée se dérouler en 2077. En 2017, la Terre a été dévastée par un conflit contre des envahisseurs extraterrestres appelés les Scavs (pour « scavengers » ou « charognards », les « chacals » dans la version française). Après que la Lune a été détruite, les humains survivants sont provisoirement hébergés sur une gigantesque station orbitale en forme de tétraèdre que l’on appelle « le Tet », en attendant de pouvoir s’installer sur une colonie sur Titan, l’une des lunes de Saturne.

Jack Harper (Tom Cruise) est un technicien dont le rôle est de réparer et d'entretenir les drones protégeant les stations chargées d'extraire les matières premières, en particulier l'eau de mer, présentes sur Terre pour les transformer en énergie destinée à terraformer la colonie de Saturne. Lorsqu’il n’est pas en mission, il vit avec Victoria « Vika » (Andrea Riseborough) sur une plateforme-maison futuriste arrimée sur un sommet terrestre qui culmine au-dessus des nuages. Le rôle de Vika est d’assurer la liaison avec Sally (Melissa Leo), en poste sur le Tet (le Tétraèdre).

Mais cela, c’est ce que croit Jack Harper (et le spectateur). La réalité, qu’il découvre à l’occasion du crash d'un vaisseau spatial est bien différente.

Lors de ce crash d’un vaisseau terrestre, Jack décide, enfreignant en cela les ordres supérieurs, de se rendre sur les lieux. Parmi les débris fumants, il découvre les caissons de tout un équipage humain en biostase. Parmi eux se trouve le caisson d’une « inconnue » qu’il reconnaît car il l’a déjà souvent vue en rêve. Sa réaction normale est de porter assistance aux survivants du crash et en particulier de l’inconnue de ses rêves dont le nom, inscrit sur le caisson, est Julia (Olga Kurylenko). Mais il n’en a pas le temps car un drone, envoyé par le Tet, détruit les caissons et tue les survivants. Jack, n’écoutant que son instinct s’interpose entre le drone et le caisson de Julia et la sauve puis il la ramène à la station, ce qui n’est pas du goût de Vika qui, jusqu’à présent, partageait sa vie (et son lit). Ressentant une attirance inexplicable pour Julia, Jack découvre qu’ils ont été mariés et qu’on lui a menti sur toute la ligne sur ce qui s’est passé sur Terre.

Les Scavengers ne sont pas des monstres extraterrestres mais les humains survivants de la guerre dirigée contre les Terriens par ceux-là même qui ont créé le Tet et les drones, dans le seul but d’exploiter à leur profit les ressources naturelles de la Terre. La colonie sur Saturne est une pure fiction. La race humaine n’est plus représentée par les groupes de Scavengers qui survivent dans le seul but d’anéantir le Tet. Jack et Vika sont, sans le savoir, des clones d’eux-mêmes au service du Tet et, en retrouvant ses souvenirs au contact de Julia, Jack comprendra qu’il a été manipulé et sacrifiera l’un de ses clones pour détruire le Tet et débarrasser la Terre de ses véritables ennemis.

Autour du film

Les scènes du film ont été tournées avec la nouvelle caméra Sony CineAlta F657 en extérieur à travers les États-Unis et en Islande. À partir de mi-mars 2012 l'équipe a tourné six semaines en Louisiane : un mois dans la capitale Bâton-Rouge et environ deux semaines à La Nouvelle-Orléans.

Selon le réalisateur, l'ensemble du montage avait à l'origine une durée de plus de trois heures mais, il a été réduit d’une heure (124 min) pour sa projection en salles.  

Mon opinion sur ce film

Bien qu’amateur de films de science-fiction, je n’avais pas vu ce film lors de sa sortie en salles. Je ne le regrette pas car j’ai rarement vu un scénario plus confus. Kosinski n’est ni Andrew Niccol (Bienvenue à Gattaca, Les âmes vagabondes, Time out), ni Christopher Nolan (Batman begins, Inception, Interstellar). Tom Cruise, une fois de plus est très à l’aise dans un rôle de héros et tire bien son épingle du jeu mais il est bien le seul, les autres acteurs (en particulier les trois actrices) étant quasiment invisibles. Les décors sont (presque trop) sobres et les effets spéciaux pas trop envahissants. Mais c’est bien tout : ce film ne restera pas dans les mémoires et sera vite oublié (sans jeu de mots !)  Si vous ne l'avez pas encore vu, vous n'avez rien perdu.    

jeudi 19 mars 2015

JERRY MAGUIRE film de Cameron Crowe (USA - 1996)


Jerry Maguire est un film américain de Cameron Crowe, réalisé en 1996.

Synopsis

Le scénario s'inspire de la vie de l'agent sportif Leigh Steinberg qui fut consultant sur le film.

Jerry Maguire (Tom Cruise) est un jeune et brillant agent sportif travaillant dans un cabinet qui gère les sportifs à l'américaine, c'est-à-dire comme des actions ou des chevaux de course. Un jour, après être allé rendre visite à l'un de ses protégés hospitalisé et avoir pris conscience de ce qu'il était devenu, il écrit une profession de foi dans laquelle il appelle ses collègues à mettre plus d'humanité dans leur travail. A partir de là, il est grillé dans son travail et tous ses collègues, y compris ses plus proches amis comme Bob Sugar (Jay Mohr) le lâchent. Il démissionne et quitte la boîte pour monter la sienne en compagnie de la seule personne qui le soutient, Dorothy Boyd (Renée Zellweger), l'une de ses assistantes, maman célibataire d'un adorable petit Ray.

En toute bonne foi, Jerry pensait que ses plus gros clients, des sportifs de haut niveau devenus des « amis », lui resteraient fidèles mais, cédant aux promesses de Bob, tous, à part un seul, le trahissent.
Le seul à lui rester fidèle, c’est Rod Tidwell (Cuba Gooding Jr.), un joueur de football black à l'ego surdimensionné, plus doué en paroles que sur le terrain.

Lors d'une dispute où il annonce à sa petite amie, Avery (Kelly Preston), qu'ils ne partagent plus désormais les mêmes valeurs, Jerry se retrouve aussi abandonné par elle, celle-ci l'accusant d'avoir choisi le camp des loosers et elle celui des winners.

Malgré tout, grâce à la fidélité de Rod, au soutien de Dorothy qui, avec Ray, lui apporte la stabilité d'une famille qu'il n'a pas eue, Jerry remonte la pente et reconquiert peu à peu une nouvelle clientèle.

Mon opinion sur ce film

Bien entendu, ce film est un poncif de toutes les valeurs américaines à lui tout seul. On y retrouve tous les ingrédients du "rêve américain" : argent, succès, pouvoir que l'on perd d'un coup, tombant immédiatement du côté des loosers, mais aussi, possibilité de "rebondir" et de faire encore plus fort qu'avant, si l'on a le courage de relever ses manches et de se battre.

Mais, abstraction faite de ce constat, ce film est efficacement mené, malgré un sujet qui pourrait ne pas nous passionner, nous européens, car il traite de l'univers bien particulier du sport professionnel américain. Comme toujours, Tom Cruise, en chevalier blanc, est excellent et les autres acteurs, Renée Zellweger en tête et surtout le petit Ray (Jonathan Lipnicki), craquant à souhait, font de très bons seconds rôles. Un coup de chapeau particulier à Cuba Gooding Jr., hilarant dans son numéro d'egocentrique au grand cœur et un autre à Jay Mohr, qui joue le rôle de Bob Sugar, en traitre sans complexe. J'avais beaucoup apprécié cet acteur dans le rôle du professeur Payne lors des premières saisons de Ghost Whisperer pour son humour décalé et regretté sa disparition dans les saisons suivantes.   

La bande son du film fait aussi partie des excellentes bandes originales du cinéma américain avec d'excellents morceaux de Paul McCartney, Presley, The Who, Nirvana, AC/DC ou Bruce Springsteen.

Le film a eu un important succès commercial, avec un taux de critiques positives de 85 % sur Rotten Tomatoes et a reçu de nombreux prix. Sans être inoubliable, c’est un très bon film qui mérite d’être vu car il « donne la patate ».


 Disponible en DVD.

Dans le même esprit, je vous recommande aussi : 

mardi 6 janvier 2015

MAGNOLIA film de Paul Thomas Anderson (USA-1999)




Magnolia est un film américain, écrit et réalisé par Paul Thomas Anderson, sorti en 1999. Bien qu’il s’agisse de son 6ème film, ce cinéaste n'avait pas laissé, jusque-là, une production marquante.

Résumé 

Le film fait se croiser le destin de neuf personnages que, normalement, rien ne relie si ce n'est d'étranges coïncidences.

Sur le point de mourir, Earl Partridge (Jason Robards), magnat de la presse, demande à son infirmier, Phil Parma (Philip Seymour Hoffman) de retrouver le fils, Frank T.J. Mackey (Tom Cruise), qu'il a jadis abandonné. Ce dernier est devenu un télé-évangéliste célèbre défendant des thèses misogynes parfaitement insupportables. Lorsque le film commence, Frank est en pleine interview. La journaliste qu'il croyait mettre dans sa poche le déstabilise par des questions très pertinentes sur son enfance et sa jeunesse et, à la fin de l'interview, il a perdu toute l'arrogance qu'il affichait au début.

L'introduction du film développe trois faits étranges du type de ce que l'on désigne actuellement sous le terme de "légendes urbaines" :

- Sir Edmund William Godfrey, un résident de Greenberry Hill, à Londres, est assassiné devant sa pharmacie au cours d'une tentative de vol par trois vagabonds nommés Joseph Green, Stanley Berry, et Daniel Hill.

- Un croupier de blackjack, Delmer Darion, alors qu'il faisait de la plongée dans un lac, se trouve happé accidentellement par un avion de lutte contre les incendies alors que celui-ci rechargeait sa soute en eau. Delmer ne meurt pas noyé mais la cause de sa mort est une crise cardiaque lorsqu'il réalise ce qui lui est arrivé. Or le pilote de l'avion, Craig Hansen, avait rencontré Darion quelques jours avant au casino et il s'était battu avec lui après avoir perdu une main au blackjack. La culpabilité et la coïncidence incitent le pilote à se suicider.

- Un adolescent de 17 ans, Sydney Barringer, tente de se suicider en sautant du haut du toit de son immeuble; normalement, il aurait dû être sauvé car, quelques jours avant, des laveurs de carreaux avaient installé des filets de sécurité au bas de l'immeuble. Mais il est accidentellement tué par sa propre mère qui appuie sur la détente d’une arme alors que dans sa chute il passe devant la fenêtre de son appartement. Quelques jours auparavant, Sydney, fatigué des querelles continuelles qui mettaient aux prises ses parents avait justement chargé cette arme avec laquelle ils se menaçaient régulièrement, espérant qu'ils s’entre-tueraient. Le hasard en a décidé autrement et c'est lui qui est tué par le projectile qu'il a lui-même mis dans le barillet.

Ces trois "légendes", qu’a priori rien ne relie, sont censées démontrer que le hasard peut bouleverser le destin de personnages étrangers les uns aux autres. Le cinéaste a choisi le chiffre 82 comme fil rouge de son film, et le truffe de rappels de ce chiffre : il apparaît plus d'une douzaine de fois sous différentes formes tout au long du film : sur un pendu, sur les ailes d' un avion, sous forme de cordage, sur des matricules divers, numéros de téléphone, adresses, publicités, sur des tableaux et pancartes... Le film fait allusion par deux fois au 2ème verset du 8ème chapitre du livre de l'Exode (Ancien testament) qui rappelle l'une des dix plaies dont Iahvé a frappé l'Égypte : « Aaron étendit sa main sur les eaux de l’Égypte ; et les grenouilles montèrent et couvrirent le pays d’Égypte ». Cette légende trouve son accomplissement dans la scène finale où une pluie de grenouilles s’abat  sur la ville. Les pluies de grenouilles (ou de poissons) sont des phénomènes météorologiques rares mais qui ont été observés à différentes époques de l'histoire. L’hypothèse la plus couramment admise (mais jamais scientifiquement prouvée) veut qu’ils soient  dus à des tornades qui se seraient abattues sur des étendues d’eau, emportant les poissons et les batraciens qui y vivaient. Dans les temps anciens, le phénomène était interprété comme annonciateur de catastrophes. Or, cela est rare, mais, au cours des âges, des témoignages sérieux ont fait état de pluies de souris et de rats (Norvège, 1578), d’oiseaux (Franche-Comté, 1636), de serpents (Memphis,  USA, 1877), etc.

L'auteur-réalisateur a présenté son film comme « un film sur la tristesse et (sur) le deuil, sur l'amertume de la vie, sur les enfants maltraités et les adultes qui s'autodétruisent. Comme le narrateur nous le dit vers la fin : "Même si nous en avons fini avec le passé, le passé lui, n'en a pas fini avec nous". Dans ce naufrage commun, il y a deux personnages, un policier et un infirmier, qui font ce qu'ils peuvent pour offrir de l'aide, de l'espoir et de l'amour. »

Distribution
  • ·         Julianne Moore : Linda Partridge
  • ·         Tom Cruise : Frank T.J. Mackey
  • ·         Pat Healy : Sir Edmund William Godfrey
  • ·         Philip Seymour Hoffman: Phil Parma

 
Accueil du film

Le budget initial du film était de 20 millions de dollars; il a été porté à 37 millions lorsque Tom Cruise fut engagé pour jouer le rôle de Frank T.J. Mackey. Il a cependant accepté de le réduire de 7 millions sur son cachet « habituel » de 20 millions de dollars, moyennant une participation aux bénéfices). Le film a rapporté 48 451 803 $ au niveau mondial.

On aurait pu s'attendre à ce que ce film atypique et pour le moins "prise de tête" fasse un flop retentissant. Curieusement, il n'en a rien été puisque Magnolia a reçu un accueil critique très favorable : noté 4 étoiles sur 5 sur Allociné, il est noté à 83% sur le site Rotten Tomatoes.

Récompenses

  • ·         Festival du film de Berlin : Ours d'or du meilleur film (Paul Thomas Anderson) ; Prix des lecteurs du Berliner Morgenpost (Paul Thomas Anderson)
  • ·         Golden Globes : meilleur acteur dans un rôle secondaire (Tom Cruise)


Mon avis

Disons-le tout net. Moi qui n'hésite pas à aller voir des films dont je sais qu'ils seront difficiles, ce film, difficile à classer, ne m'a pas enthousiasmé. Son scénario particulièrement improbable m'a laissé perplexe. Par certains côtés, il m'a fait penser à Vanillia sky, sauf que ce dernier, qui s'appuie lui aussi sur un scénario biscornu, est beaucoup plus abouti et possède des atouts que Magnolia n'a pas. J'aurais été à la place du jury du festival du film de Berlin, je ne lui aurais certainement pas décerné un Ours d'or. Par contre, j'estime que Tom Cruise a bien mérité son Golden Globe. Même si l'on s'interroge sur son rôle dans ce film (il est en effet surprenant qu'il ait accepté d'endosser le personnage d'un télé-évangéliste qui semble bien parodier son rôle tant décrié dans la scientologie), on doit reconnaître qu'il se surpasse dans ce personnage peu glorieux, déplaisant et peu sympathique, à l'opposé des rôles de séducteur sans peur et sans reproche qu'il joue généralement.

Sur le rôle du hasard et des coïncidences bizarres, voyez plutôt :
Ou, dans un autre genre mais pas inintéressant tout de même :
  • Destination finale (du moins le 1er de la série)
  • L'effet papillon

mercredi 22 octobre 2014

LA FIRME thriller de Sydney Pollack (USA-1993)


La Firme (The Firm) est un film américain de Sydney Pollack, sorti en 1993. C'est un thriller basé sur le roman éponyme de John Grisham.

Synopsis

Mitch McDeere (Tom Cruise) est un jeune avocat fraîchement diplômé de la prestigieuse université d'Harvard. Alors qu'il aurait pu choisir n'importe quel grand cabinet d'avocats des Etats-Unis, il accepte l'offre d'un cabinet situé à Memphis, dans le Tennessee, le cabinet Bendini, Lambert et Locke. L'offre est des plus alléchantes pour un jeune diplômé car le cabinet le loge, lui et sa femme Abigail 'Abby' (Jeanne Tripplehom) dans une très jolie maison toute équipée pour laquelle on lui propose un prêt très avantageux, elle lui offre une voiture de sport, et de multiples avantages. Le cabinet s'intéresse aussi à la vie privée de ses employés, étant très en faveur de la stabilité du couple, son envie d'avoir des enfants, etc. ce qui, à nous européens, peut paraître un peu suspect, mais l'est moins pour des Américains.

Mitch doit cependant encore faire sa place au cabinet. On lui adjoint, comme mentor, un homme d'expérience, Avery Tolar (Gene Hackman) car, malgré son diplôme, il doit encore passer l'examen d'entrée au barreau.  Peu après son arrivée, et alors qu'il est submergé de dossiers, deux membres du cabinet meurent dans l'explosion (a priori accidentelle) de leur bateau alors qu'ils sont en villégiature aux Iles Caïmans, dont on sait qu'elles sont aussi un paradis fiscal et le siège de trafics internationaux d'argent plus ou moins propre.

Mitch commence à avoir des soupçons sur les gens pour qui il travaille d'autant plus que de mystérieux inconnus (en fait des agents du FBI) chargés d'enquêter sur les pratiques frauduleuses du cabinet, lui ont mis la puce à l'oreille et demandé de collaborer avec eux. Comme Mitch est un garçon foncièrement honnête, il enquête secrètement au sein du cabinet et s'aperçoit que celui-ci tire la plupart de ses ressources en couvrant les agissements d'une famille mafieuse de Chicago, les Morolto. Ces gens ne reculent devant rien pour éliminer les gens qui s'intéressent de trop près à leurs affaires : c'est ce qui se passe pour Eddie Lomax, un détective privé que Mitch avait chargé d'enquêter sur eux. Mitch, convaincu de la malhonnêteté du cabinet, voudrait pouvoir s'en ouvrir à son épouse mais il a été piégé lors d'un voyage d'affaires où il accompagnait Tolar aux Iles Caïmans car celui-ci lui a jeté une inconnue dans les bras. Il sait qu'en avouant cela à sa jeune épouse, celle-ci risque de ne pas lui pardonner son égarement et de vouloir le quitter.

Tout en connaissant les risques qu'il prend, Mitch, avec l'aide de l'ancienne secrétaire et petite amie de Tolar, se lance dans une haletante course-poursuite mortifère contre ses ennemis, accumulant, malgré le danger, les preuves contre le cabinet et les livre in extremis au FBI.

Ma critique

Moi qui ne suis pas trop friand de polars, j’adore positivement ce film. De fidèles lecteurs de ce  blog m'ont signalé que je cite souvent "La firme" (titre original "The firm") comme film de référence à plusieurs thrillers que j'ai commentés récemment et que je ne lui ai encore consacré aucun article.  Le spectateur est tenu en haleine de bout en bout, voyant peu à peu l'étau se resserrer autour du héros qui risque sa peau pour défendre ses convictions et l'idée qu'il se fait de la justice.


Le film, s'il n'a obtenu aucune récompense de la profession, a cependant été très bien accueilli par le public (Rotten Tomatoes : 76 % d'opinions favorables). On retrouve dans ce film toute la maîtrise du grand réalisateur engagé qu’est Sidney Pollack. Dans ce film, on retrouve ses marques de fabrique : un scenario rigoureux, une mise en scène énergiques et des montages sans bavure. Dans ce film, il s'appuie en outre sur des acteurs au professionnalisme confirmé (Gene Hackman, Edward 'Ed' Harris) qui tiennent bien leur place face à un éblouissant Tom Cruise toujours parfait et crédible en jeune avocat d'affaires aux dents longues qui se trouve confronté à des requins beaucoup plus dangereux et retors que lui.  

mardi 12 août 2014

COLLATERAL film de Michael Mann (USA-2004)


Collateral est un thriller de Michael Mann (2004) avec Tom Cruise et Jamie Foxx. L'action du film se déroule à Los Angeles.

Synopsis

L'action se déroule à Los Angeles. Un chauffeur de taxi, Max Durocher (Jamie Foxx) amène le procureur Annie Farrell (Jada Pinkett Smith) à son travail. Pendant la course, elle lui parle de l'affaire qu'elle suit et lui lui fait part de son rêve de devenir son propre employeur. Annie laisse à Max sa carte de visite. Son client suivant est Vincent (Tom Cruise), un homme BCBG qui pourrait passer pour n'importe quel homme d'affaires si ce n'est que le spectateur l'a vu, un peu plus tôt à l'aéroport, subtiliser une mallette à un étranger.

Vincent, qui dit à Max détester Los Angeles, lui propose de rester son chauffeur personnel pour les cinq prochains rendez-vous qu'il a en ville. Max est d'abord réticent mais il accepte lorsque Vincent lui propose 600 $ pour le "service". Pendant que Max attend son client devant l'immeuble où il l'a déposé, un cadavre tombe d'une fenêtre sur le toit du taxi. Max comprend que c'est Vincent qui l'a tué et défénestré. Affolé, il veut s'enfuir mais Vincent  menace de l'exécuter sur place s'il ne l'aide pas à mettre le corps dans le coffre.

Vincent révèle alors à Max sa véritable identité. Il n'est pas un homme d'affaire, comme l'avait cru le pauvre chauffeur de taxi, mais un tueur à gages. Et s'il est venu à Los Angeles, c'est pour exécuter cinq "contrats". Qu'il le veuille ou non, dès le premier meurtre, Max est devenu son complice et, s'il veut rester en vie, il doit continuer à transporter Vincent. Pour qu'il ne s'enfuie pas, celui-ci lui attache les mains au volant. Pendant son absence, Max essaie d'attirer l'attention des passants mais tout ce qu'il parvient à faire, c'est à se faire voler la mallette qu'avait laissé Vincent sur le siège du taxi. Vincent arrive à ce moment-là, il prend en chasse les voleurs et les abat sans le moindre état d'âme.

Une relation complexe s'établit entre les deux protagonistes du film : de peur, pour Max, et de domination pour Vincent. De cette relation n'est pas exempte une certaine admiration de la part de Max envers Vincent et une complicité, voire une sorte de bizarre amitié naît se crée entre le chauffeur de taxi et le tueur.

Le jeu de Tom Cruise est fascinant dans son en implacabilité de "machine à tuer" : il exerce ce qui est pour lui un "métier" comme un autre sans le moindre scrupule, comme d'autres exerceraient celui de représentant de commerce.

La réalisation de Michael Mann est parfaite. La beauté et la complexité du jeu sur les éclairages et les angles de prise de vue de Los Angeles, la nuit, ainsi que la bande son, très travaillée, font de ce film une réussite du film noir réactualisé. 

vendredi 13 juin 2014

MINORITY REPORT de Steven Spielberg (USA-2002)


Minority Report  est un thriller de science-fiction américain réalisé par Steven Spielberg, sorti sur les écrans en 2002. Ce film est l’adaptation cinématographique de la nouvelle éponyme de Philip K. Dick, « Minority Report ».  

Synopsis

L'action se situe à Washington de 2054 où des êtres humains mutants, les précogs, peuvent prédire les crimes à venir grâce à leur don de prescience et abattre les criminels en puissance avant qu'ils n'aient commis leur forfait. L'enjeu est énorme car, si le système s'avère fiable, il sera étendu à l’ensemble des Etats-Unis et permettra d'éradiquer le crime. Mais, un jour, le système dérape et c'est le chef de la Précrime, John Anderton (Tom Cruise) que l'ordinateur identifie comme étant le prochain meurtrier : selon l’ordinateur, il devrait assassiner quelqu'un qu'il ne connaît pas d’ici 36 heures.

Devenu la cible de ses propres troupes, Anderton prend la fuite. Il finit par semer ses poursuivants et se réfugie chez l'une des deux créatrices de la Précrime, Iris Hindeman, qui lui révèle que le système a des failles, consignées dans le "rapport minoritaire" (Minority report). La seule chance qu'a Anderton de sauver sa peau est de mettre la main sur ce "rapport minoritaire" avant d'être abattu.

Comme toujours avec les nouvelles de Philip K. Dick, la réalité est déformée et le spectateur a l'impression d'être au cœur d'un cauchemar... Au départ, bien entendu, toute notre sympathie va au héros que l’on croit innocent. On est de son côté contre une institution aveugle et totalitaire et on souhaite qu'il se sorte de l’imbroglio dont il est prisonnier. Mais on s'aperçoit très vite que les choses ne sont pas si simples. Anderton a aussi un côté sombre : son existence a été marquée par un terrible drame. Il y a plusieurs années, son fils a été enlevé et tué par un pédophile et il s’avère que celui qu'il doit tuer sans le connaître est justement ce meurtrier. Le spectateur est amené à reconsidérer son opinion sur son innocence supposée.

 Scénario complexe et imprévisible pour un film qui mêle science-fiction et thriller angoissant. Le scénario est excellent, l'esthétique futuriste à la fois épurée et glauque concourt à donner à ce film une ambiance psychotique et une tension qui ne faiblissent pas du début à la fin. Les dialogues aussi,  fins et d'une rare intelligence, contribuent à faire de ce film une réussite.

En bref, un excellent film qui, grâce à ce qu’il révèle de la complexité de la psychologie humaine,  devrait aussi intéresser ceux à qui la SF donne habituellement des boutons.

mercredi 28 mai 2014

L'ASSOCIE DU DIABLE de Taylor Hackford (USA-1997)


L'Associé du diable est un film thriller fantastique américain réalisé par Taylor Hackford en 1997 d'après le roman The Devil's Advocate d'Andrew Neiderman.

Synopsis

Kevin Lomax (Keanu Reeves) est un jeune et brillant avocat, récemment diplômé, qui vit en Floride avec sa  charmante épouse, Marie-Ann (CharlizeTheron). Il est amené à défendre un client, un professeur qu'il sait coupable d'abus sexuel sur une mineure, ou d'abandonner le procès. Cependant, pour quelqu’un qui a de l'ambition comme lui, ce serait déchoir que de s’avouer vaincu et, tout en ayant la conviction que son client est coupable, il choisit de passer outre et gagne le procès.

Le procès ayant été très médiatisé, il reçoit alors une proposition inattendue : celle de rejoindre un grand cabinet d'avocats new-yorkais dirigé par John Milton (Al Pacino). Kevin est peu enthousiaste à l’idée de quitter la Floride, mais sa femme, Marie-Ann parvient à le convaincre d'accepter l'alléchante offre de Milton bien que sa mère, Alice, une femme très croyante, le mette en garde contre les dangers que représente New-York,  pour elle, ville de tous les vices. La suite des événements prouvera que les craintes d'Alice, qui nous paraissaient au départ marquées par la superstition, étaient celles d'une visionnaire.

            Le jeune couple part alors pour New-York. Ils y sont accueillis comme des princes : le cabinet offre à Kevin un salaire mirobolant qu'il n'aurait jamais espéré s'il était resté en Floride avec, en prime, un splendide appartement. Mais la contrepartie, c'est que Milton, sous son apparence bon enfant, est un véritable tyran. Pour lui plaire, Kevin doit se plier à des horaires déments et délaisser de plus en plus sa femme au profit de son travail. Jusque là, rien que de très normal lorsqu'on commence dans la carrière d’avocat, surtout aux Etats-Unis. Tout ne va cependant pas trop mal pour Kevin jusqu'au jour où son patron lui confie un très gros dossier : défendre Alexander Cullen, un richissime client,  accusé d'avoir tué sa femme, son beau-fils et sa domestique.
            Alors que Marie-Ann, seule dans l'immense appartement, souffre de l'absence de son mari, elle commence à être victime d'hallucinations de plus en plus graves qui l'entraînent vers la folie. Kevin, plongé corps et âme dans le dossier de son client, ne se rend pas compte que la santé mentale de sa femme que, par ailleurs il adore, se détériore d'une manière inquiétante. 
            Milton, toujours très paternaliste, suggère à Kevin d'abandonner l’affaire à un autre avocat du cabinet pour mieux s’occuper de sa femme tout en lui faisant comprendre que, s'il lâche l'affaire, sa carrière en souffrira forcément. Kevin, littéralement obsédé par l'idée de gagner, refuse... Cela l'entraîne dans une spirale infernale (au sens propre) où il laissera son âme et perdra sa femme adorée.

Mon opinion sur ce film

       Al Pacino est véritablement démoniaque dans ce rôle ambigu, Charlize Théron, est touchante de fragilité en épouse sacrifiée et Keanu Reeves parfait dans le rôle du jeune avocat auquel l’ambition fait perdre tout sens des réalités. Le film aurait pu être excellent si le réalisateur avait su s'arrêter à temps. Hélas, il bascule, dans le dernier tiers, dans des scènes grand-guignolesques qui confinent au ridicule. Le film n'y gagne rien car le spectateur aurait parfaitement compris le propos sans avoir à supporter ces scènes excessives qui m'ont rappelé les grotesques excès du Dracula de Coppola (avec aussi, d'ailleurs, hélas pour lui, un certain Keanu Reeves)

Par certains côtés, ce film rappelle La firme, un autre thriller, où un jeune avocat (Tom Cruise),  fraîchement diplômé, est embauché par un grand cabinet qui lui fait un pont d'or, avant qu'il ne s'aperçoive qu'il défend la mafia et n'essaie de s'affranchir de son emprise, au péril de sa vie. A la différence de l'Avocat du diable, La firme, réalisé par Sydney Pollack, est d'une toute autre envergure. 

Une dernière précision, le réalisateur Taylor Hackford est aussi le réalisateur du beau film Soleilde nuit, avec le danseur étoile Mikhail Barychnikov

lundi 26 mai 2014

VANILLA SKY de Cameron Crowe (USA-2001)


Vanilla sky de Cameron Crowe (2001)

Vanilla Sky (Un ciel couleur vanille) est un film américain de 2001, réalisé par Cameron Crowe. C'est un remake du film espagnol Ouvre les yeux réalisé par Alejandro Amenábar en 1997.

Synopsis

David Aames (Tom Cruise) est  un jeune et brillant éditeur new-yorkais qui a tout pour lui : la beauté, le charisme, l'argent, la réussite professionnelle et les femmes. Son ami Pelayo lui présente Sofia (Penelope Cruz), sa nouvelle compagne. David en tombe instantanément amoureux. Mais une de ses anciennes amies, Julie (Cameron Diaz), qui est d'une jalousie maladive, lui fait une scène alors qu'elle conduit et précipite leur voiture par-dessus un pont. Julie meurt alors que David, bien que gravement blessé, réchappe de l'accident. Il est reste cependant défiguré et ni son argent ni la chirurgie esthétique ne peuvent lui permettre de retrouver son visage d'avant : les médecins lui annoncent qu'il restera défiguré. Il va être obligé de porter un masque en permanence, ce qui fait de lui un paria : ses anciens amis l'évitent et sa nouvelle conquête, Sofia, le rejette. Incapable ce supporter ce terrible revers du sort, il sombre dans l'alcool. Un matin, après une nuit de cuite où il erre dans la rue, David est réveillé par Sofia. Ils continuent à se revoir. Les médecins annoncent à David qu'il pourra retrouver son vrai visage. Tout semble donc s'arranger si ce n'est que David a régulièrement la vision de son visage défiguré.

Un jour, en se rendant à l'appartement de Sofia, il découvre Julie qui semble être au courant de tous les faits et gestes de Sofia. Dans un accès de colère, il l'étrangle. Arrêté par la police, il est placé en hôpital psychiatrique. Lors d'un entretien avec un psychologue, il voit une publicité pour une société intitulée "Life extension" qui propose à ses clients atteints de maladie de les placer en cryogénisation le temps qu'il faudra pour trouver un remède à leurs problèmes. Pendant cette période, le patient sera dans un état de "rêve lucide". En voyant cette information, David a une impression de déjà-vu.  Conduit dans les locaux de "Life extension", David réalise qu'il se trouve déjà en état de "rêve lucide" et que ce rêve est devenu un cauchemar. A partir de là, le spectateur a aussi l'impression de vivre un cauchemar. A la fin, David n'a d'autre option, pour mettre fin au cauchemar permanent qu'il vit, de se jeter du haut du toit d'un immeuble. Mais l’immeuble, trop haut pour exister, est une illusion. Lors de la chute interminable, David voit défiler toute sa vie sous forme de flash-back mais, au moment où il devrait toucher le sol, une voix féminine lui enjoint d'ouvrir les yeux. Le spectateur comprend alors que David était en état de rêve.  

 Vanilla Sky ("Un ciel de vanille") fait référence à un tableau de Monet qui apparaît dans le film. On le classe généralement parmi les thrillers mais il pourrait tout aussi bien être qualifié de drame psychologique, de film onirique ou de science-fiction tant on y retrouve, savamment mélangés, tous ces ingrédients. C'est, en tout cas, au même titre que L'agence/The adjustment bureau, Inception, Existenz ou Memento un film troublant où le spectateur ne sait pas où s'arrête le rêve (ou plutôt le cauchemar!) et où commence la réalité. Sans doute est-ce pourquoi le film, malgré sa distribution prestigieuse (Tom Cruise, Penelope Cruz, Cameron Diaz mais aussi Kurt Russel, Tilda Swinton, etc.) et une bande son exceptionnelle (Paul McCartney, Radiohead, REM,  Jeff Buckley, U2, etc.) n'a pas été très bien reçu par la critique. Par contre, il s'est classé n°1 au box office dès sa sortie, certainement justement en raison de sa distribution mais aussi peut-être parce que les spectateurs ont été séduits par l'histoire de base, qui contient tous les ingrédients romantiques du riche et beau séducteur détruit en un instant par sa passion pour se retrouver enfermé dans son propre cauchemar. La suite du film, passablement « prise de tête » est une autre affaire…

C’est pourquoi Vanilla sky est tout sauf un film facile qui mérite d'être vu mais qui risque aussi de vous flanquer une sacrée migraine.

Autres films de Cameron Crowe : Jerry Maguire (toujours avec Tom Cruise), heureusement beaucoup plus accessible !

jeudi 22 mai 2014

WALKYRIE de Bryan Singer (2009)


Walkyrie est un film américano-allemand de Bryan Singer, de 2008. Ce film est sorti en France le 28 janvier 2009.

Synopsis

Le film est inspiré de l'Opération Walkyrie, non de code donné à la tentative de coup d'état du 20 juillet 1944 monté par des militaires de la Wehrmacht pour tuer Adolf Hitler et mettre fin au nazisme. Le complot était dirigé par le colonel Claus Von Stauffenberg (Tom Cruise), héritier d'une grande famille de la noblesse allemande, grand combattant grièvement blessé en 1942, alors qu'il couvre la retraite de Rommel en Tunisie, il se rend compte qu'il faut mettre un terme à la folie d’Hitler et du nazisme qui précipite l'Allemagne et l'Europe dans le chaos.
Alors qu'il n'était au départ qu'un des nombreux conspirateurs, Claus von Stauffenberg se retrouve bientôt en première ligne : c'est lui qui devra assassiner Hitler...
A l'origine, l'Opération Walkyrie était destinée à donner les pleins pouvoirs aux SS en cas de tentative de coup d'Etat contre Hitler. Von Stauffenberg la transforme en complot contre le Führer et met au point son assassinat. Le plan  prévoit qu'une fois ce dernier éliminé, le pouvoir sera repris en main par des démocrates,  respectueux des valeurs anciennes de l'Allemagne, qui devront traiter avec les Alliés avant que l'Allemagne ne soit totalement écrasée.
Malheureusement, à la suite d'un concours de circonstances invraisemblable (mais réel), Hitler échappera in extremis à l'attentat et le complot sera déjoué. Les officiers qui y ont été mêlés de près ou de loin seront impitoyablement mis à mort par les SS et  la Gestapo.

Mon opinion sur ce film

Malgré des inexactitudes historiques, le film est conduit comme un thriller haletant. Il rend bien compte de l'effroyable malchance dont ont joué les conjurés. Sa mise en scène est impressionnante et réglée comme un mécanisme d'horlogerie. Le film doit aussi beaucoup à la qualité du directeur de la photographie, Newton Thomas Sigel, dont la  prise de vue et la lumière sont travaillées comme des tableaux. Quant aux acteurs, en particulier Tom Cruise, quoiqu'on puisse penser de son engagement personnel en faveur de la Scientologie, on doit reconnaître une fois de plus qu'il est un excellent acteur, parfaitement à l'aise dans un rôle difficile et complexe. Les seconds rôles ne sont pas en reste, que ce soit Kenneth Branagh dans le rôle de Henning von Tresckow ou Bill Nighy dans celui de Friedrich Olbricht.

Au départ, le rôle principal devait être tenu par Thomas Kretschmann, un acteur rare que j’apprécie beaucoup. Il tient finalement le rôle d'Otto-Ernst Remer.

dimanche 12 mai 2013

LIONS ET AGNEAUX (Film américain de Robert Redford - 2007)



[Post initialement publié le 5/7/2008]


Remarque préliminaire 

Le titre français "Lions et agneaux" peut induire en erreur. Le titre original « Lions for lambs » aurait dû être traduit par « Des lions pour les agneaux», ce qui  n’a pas du tout le même sens, on le comprend en voyant le film ! Je pense que c’est une phrase tirée de la Bible mais je ne suis pas parvenu, pour l'instant, à identifier le verset correspondant (peut-être l'Apocalypse de Jean?)

Le film

Ce film est sorti en France le 21 novembre 2007. Je ne crois pas qu’il ait eu beaucoup de succès, malgré la renommée des acteurs à l’affiche (Robert Redford, Tom Cruise et Meryl Streep). C’est en effet un film tellement atypique qu’il désarçonne le spectateur. Je l’ai vu récemment et je l’ai trouvé remarquable, bien qu’un peu court (1.30 H). C'est plutôt rare que je me plaigne qu'un film soit trop court mais, dans ce cas, à mon avis ½ H de plus n’aurait pas nui à la compréhension de l'intrigue ! Il est certain que ce n'’est pas la longueur qui fait la qualité d’un film mais, dans le cas de celui-ci, le spectateur reste un peu sur sa faim tant le générique de fin tombe brutalement. Bien qu’il nous ait été distribué toutes les cartes pour comprendre les tenants et les aboutissants de l'intrigue, par ailleurs complexe, sur laquelle est bâtie le film, le spectateur (moi en tout cas, et d’après la tête des autres spectateurs - peu nombreux, hélas -… je n'’étais pas le seul à penser cela), est surpris lorsque le film se termine.

Atypique, il l’est aussi par le duo Redford/Tom Cruise. On connaît Redford pour son engagement politique à gauche et ses prises de position anti-Bush. On sait par ailleurs à quel point Tom Cruise est impliqué dans la Scientologie à laquelle non seulement il ne se cache pas d'appartenir mais dont il est même devenu l’un des plus éminents ambassadeurs. Ce qui ne l'empêche pas d'être un excellent acteur. Son engagement pour la Scientologie l'a même fait, malgré son succès et son charisme, "remercier" par la Paramount après 14 ans de « bons et loyaux services ». Il a dû racheter une société de production, la United Artists, pour continuer à tourner. L'alliance entre Redford et Cruise pour un tel film est pour le moins surprenante...

Revenons-en au film. Il présente le destin parallèle de plusieurs personnalités hors-norme :

- Robert Redford y incarne le professeur Stephen Malley, un enseignant idéaliste et contestataire dans une université de la côte Ouest. Au cours du film, il tente de convaincre l'un de ses étudiants les plus doués (Andrew Garfield), de prendre sa vie en main alors que ce dernier a plutôt tendance à se laisser vivre et à ne pas "en ficher une rame"; 

- Tom Cruise incarne un jeune sénateur républicain ambitieux (Jasper Irving) aux dents si longues qu'’elles en rayent l'’épaisse moquette de son bureau ;

- Meryl Streep (Janine Roth) est une journaliste de haut vol qui a aussi été engagée à gauche mais qui, depuis le rachat de sa chaîne par une chaîne commerciale, s'’est « rangée » et ne fait plus de journalisme d’investigation;

- Les deux derniers personnages importants du film sont deux anciens étudiants du professeur Malley, un black et un hispano. Ils se sont engagés volontairement dans les troupes d'’intervention en Afghanistan et ils y laisseront leur peau dans des conditions dramatiques.

Le professeur Malley, homme de gauche, profondément convaincu que la guerre en Afghanistan est une monumentale erreur, se sent paradoxalement responsable de leur mort car, au travers de son enseignement,  il a défendu l'engagement personnel. Comme il ne voudrait pas que cela arrive à son nouvel étudiant, incarné par l'acteur Andrew Garfield, il le convoque pour essayer de le convaincre de ne pas s'engager dans l'armée. Mais la fin du film nous laisse plutôt penser que c'est le contraire qui se passera en fin de compte.

Le montage du film est tout à fait particulier. En effet, les personnages sont filmés indépendamment les uns des autres et ne savent pas ce que les autres pensent ou vont faire. Seul le spectateur a les cartes en main et le recul nécessaire pour juger, sauf à la fin où, brusquement, on les lui retire, lui laissant à penser qu'il s'est totalement fourvoyé.   

Voilà pourquoi Lions et agneaux est un film dérangeant et qui ébranle les certitudes que l'on a (ou que l'on croit avoir). J'en suis ressorti un peu interloqué car, visiblement, s’il est un pamphlet  contre la politique sécuritaire de Bush en Irak, en Afghanistan et en Iran, le film pose avant tout le problème de l’engagement personnel et de la remise en question de chacun.

Les acteurs

Si les prestations de Redford et de Cruise sont en tout point à la hauteur de ce qu'on attend d'eux, je suis un peu resté sur ma faim quant à celle de Meryl Streep, que j’avais trouvée autrement plus convaincante dans Out of Africa ou dans le magnifique Sur la route de Madison. Dans ce film, elle est en retrait, comme éteinte, même si le rôle en fait un simple témoin manipulé consentant du sénateur. Tom Cruise qui, il faut le reconnaître, s'y connaît en manipulation, est si parfaitement dans son rôle qu'on se demande ce qu'a bien pu penser la Scientologie de ce film !
     
Quant au jeune Andrew Garfield, ce fut, pour moi, une révélation et je pense qu'’il ira loin. Je le lui souhaite en tout cas, car c'’est un acteur remarquable. 

Additif :

J'ai vu, depuis Lions et Agneaux, Andrew Garfield dans d'autres films : Boy A (2009), Never let me go et The social network (2010) et ma première impression envers son talent s'est confirmée. Je pense que, s'il trouve de bons scénarios, il ira loin.