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vendredi 23 octobre 2020

SLEEPERS film de Barry LEVINSON (USA-1996)

Sleepers est un film américain sorti en 1996 et réalisé par Barry Levinson (Rain man, Good morning Vietnam). Il est inspiré de faits réels, racontés par Lorenzo Carcaterra dans un livre autobiographique du même nom paru en 1995.

Résumé

L’action commence dans le quartier populaire de Hell’s Kitchen à Manhattan (New York) dans les années 60. Les héros du film sont quatre jeunes amis inséparables, Lorenzo connu sous le surnom de « Shakes » (Joseph « Joe » Perrino), Michael (Brad Renfro à voir dans le film Le client), John (Geoffrey Wigdor) et Tommy (Jonathan Tucker). Ils font les 400 coups dans le quartier sous le regard affectueux et vigilant du père Bobby (Robert de Niro) sans que cela porte réellement à conséquences, les habitants de Hell’s Kitchen ayant tous, peu ou prou, une notion assez peu orthodoxe de la morale et de la loi. Jusqu’à ce jour fatal de l’été 1967 où les choses dérapent et où les quatre adolescents sont les auteurs involontaires d’un drame. Etant tous mineurs, ils ne vont pas en prison mais dans un centre dit « d’éducation », The Wilkinson Home for Boys, où, dès leur arrivée, ils sont victimes de violences et d’abus sexuels de la part de plusieurs gardiens, menés par Sean Nokes (Kevin Bacon).

A l’âge adulte, deux d’entre eux, John (Ron Eldard) et Tommy (Billy Crudup), devenus des criminels, reconnaissent Nokes dans le bar où ils ont l’habitude d’aller et ils l’abattent devant témoins. Lorsqu’ils arrivent devant le tribunal pour y être jugés, ils sont confrontés à leur ancien ami Michael (joué par Brad Pitt), devenu procureur. En secret, celui-ci contacte les autres membres de l’équipe pour agir contre son camp et les faire innocenter, alors que son rôle serait de les faire condamner. Il charge « Shakes », devenu journaliste (Jason Patric) de contacter l’avocat Danny Snyder (Dustin Hoffman) et d’agir en sous-main auprès du chef de la mafia locale, en la personne de King Benny (Vittorio Gassman) et Little Caesar (Wendell Pierce), pour piéger et régler leur compte aux complices de Nokes, Ferguson (Terry Kinney), Haddison (Jeffrey Donovan) et Styler (Lennie Loftin).

Lors du procès, Ferguson, soumis à un interrogatoire implacable (en fait conçu par Michael) de l’avocat Danny Snyder, va finir par confesser toutes les horreurs qu’ont subi les enfants.   

Afin de totalement désavouer le seul témoignage oculaire du meurtre, « Shakes » doit convaincre le père Bobby d’affirmer, qu’à l’heure du meurtre, les accusés assistaient en sa compagnie à un match de volley. Ce dernier, après une longue réflexion, accepte de faire un faux-témoignage et John et Tommy seront blanchis par le jury.

Mon opinion

Ce film est conduit comme un thriller qui bouleverse au plus profond le spectateur. Le récit des sévices subis par des enfants (rappelons que le plus jeune n’avait que 9 ans et le plus âgé 12 !), plus d’ailleurs évoqué en paroles qu’en images, fait froid dans le dos. On a beau savoir que les maltraitances et les abus sexuels ont été légion dans toutes sortes d’institutions, qu’elles soient religieuses ou non et que bien peu ont été reconnues et condamnées par les autorités. Le phénomène de la honte de la victime est aussi bien analysé dans le film. Les acteurs, les jeunes, en particulier, sont remarquables de justesse et de sincérité. Parmi les adultes, on remarquera bien sûr les formidables prestations de Kevin Bacon, Robert de Niro, Brad Pitt et Dustin Hoffman à contre-emploi mais aussi l’impressionnant Vittorio Gassman dans celui d’un mafieux hors du commun.

Malgré le succès du livre et du film qui ont eu un grand retentissement auprès du public, il faut savoir que les autorités dont dépendait The Wilkinson Home for Boys ont toujours nié la véracité des faits dénoncés par Lorenzo Carcaterra.   

Dans le même esprit, vous pouvez voir :

- Philomena 

 - Never let me go

- Grâce à dieu

lundi 20 juin 2016

RAIN MAN comédie dramatique de Barry Levinson (USA-1989)


Rain Man est un film américain réalisé par Barry Levinson, sorti en 1988 aux États-Unis et en France en 1989.

Résumé

Lorsque Charlie Babbitt (Tom Cruise) apprend que son défunt père a légué presque toute sa fortune à son frère aîné dont il ignorait l’existence, il est furieux. Il l’est encore plus lorsqu’il découvre que Raymond (« Rain man ») est malade mental enfermé dans l'asile psychiatrique de Cincinnati.

En réalité, Raymond est un autiste Asperger aux comportements répétitifs. Il a l'habitude de regarder la télévision à une certaine heure pour ne pas manquer son émission favorite, le moindre contretemps provoquant chez lui des crises d'angoisse, ce qui donne lieu à des scènes tragi-comiques. Par exemple, lors de leur périple, Raymond voulant absolument regarder la télévision, Charlie doit s'arrêter à la première maison au bord de la route, et, après avoir tenté de faire illusion auprès de l'occupante des lieux avec un prétexte inventé à la hâte, il demande à ce que Raymond puisse regarder la télévision, pour lui éviter une de ses crises. Par ailleurs, Raymond n'a pas la moindre empathie, ce qui est l'un des signes de l'autisme. Vers la fin du film il montre cependant quelques signes d'amélioration, acceptant de partager une danse, il ne refuse plus les contacts physiques, etc.
Son vocabulaire aussi se limite à des phrases très simples; il répète inlassablement les mêmes mots, les mêmes formules, les mêmes histoires dont il n'a qu'une compréhension très superficielle (par exemple la formule « Qui est en première base ? », qu'il répète en boucle, notamment dans les situations stressantes, et dont Charlie tente vainement de lui expliquer le ressort humoristique). Comme la plupart des autistes Asperger, Raymond développe des capacités extraordinaires dans certains domaines très spécifiques : il a une faculté de mémorisation exceptionnelle qui lui permet de retenir de longues listes (accidents d'avion par date et par compagnie; numéros de téléphone, etc.) 

Dans un premier temps, Charlie, sous prétexte de l’emmener faire un tour, enlève son frère dans le but de récupérer la part d’héritage qu’il considère lui revenir. Débute alors un « road-movie » à travers les États-Unis en direction de la Californie, au cours duquel les deux frères apprendront à se connaître et finalement à s’aimer…

Autour du film

Le personnage de Raymond Babbitt est inspiré de Kim Peek, atteint du « syndrome du savant », décrit par le psychiatre américain Darold Treffert comme une maladie rare dans laquelle les personnes avec des troubles du comportement (parmi lesquels l'autisme) développent un ou plusieurs domaines de compétence, de capacité ou d'excellence qui sont en contraste avec les limitations d'ensemble de l'individu.

Le film est souvent cité pour avoir permis, en mettant en scène un personnage atteint du syndrome d'Asperger, à populariser cette forme d'autisme auprès du grand public, notamment à travers l'image du génie autistique.

Récompenses

Aux États-Unis, le film reçut quatre Oscars et en Europe à la Berlinale, il reçut l'Ours d'or du meilleur film.

Mon opinion sur ce film

L’autisme est un sujet qui me fascine. On a reproché à ce film de ne présenter qu’une facette tronquée de ce handicap complexe et encore mal connu : c’est la critique que lui font plusieurs autistes français célèbres comme Daniel Tammet ou Josef Schovanec, pour qui Raymond ne saurait être représentatif de la diversité du spectre de l'autisme ; ils jugent en outre que le film donne une vision datée, caricaturale et en partie inexacte du syndrome qu'il présente.
Sans vouloir contester ces affirmations, je rappellerai cependant que ce film date de 1988 et qu’il est l’un des premiers, sinon le premier, à aborder ce sujet, certes identifié depuis les années 1940  mais qui ne fut clairement diagnostiqué que vers la fin des années 1980. En outre, la France, toujours à la remorque des pays anglo-saxons dans le domaine de la psychiatrie, n’a reconnu l’autisme comme trouble du comportement qu’une 10e d’années plus tard.

Alors, reprocher à une œuvre de fiction, qui n’a aucune vocation scientifique, même si elle s’inspire de faits réels, de ne présenter qu’une version édulcorée d’un phénomène encore mal connu, mal diagnostiqué et encore plus mal pris en compte par la société (en particulier en France), n’est ni justifié ni honnête.


Personnellement, je considère ce film comme un film magnifique d’autant que le réalisateur a choisi, pour incarner ses deux personnages principaux, deux très grands acteurs : Tom Cruise est parfait en petit vendeur de voiture « m’as-tu vu » et flambeur, que la morale n’étouffe pas mais qui évolue vers plus d'humanité au contact de ce frère qu’il ne connaît pas et qu’il méprise au début. Ce rapprochement progressif entre deux êtres que tout sépare, est une des grandes réussites du film et offre de très beaux moments de complicité et de tendresse.

Quant à Dustin Hoffman, avec Tootsie, c’est l’un de ses plus beaux rôles. Personnellement, loin de critiquer Rain man, je n’ai aucun reproche à faire au réalisateur qui, selon moi, aborde un problème grave et sérieux avec humour et sensibilité.

vendredi 3 janvier 2014

QUARTET de Dustin HOFFMAN (GB-2013)


Quartet (ou Le Quatuor) est une comédie dramatique britannique réalisée par Dustin Hoffman, sortie en 2012. Il sort le 3 avril 2013 en France.

[Il existe aussi un film intitulé Le Quatuor avec Philip Seymour-Hoffman, sorti en 2012.]

Synopsis

Quartet est l’adaptation d’une pièce de théâtre à succès de Ronald Harwood, qui est aussi le scénariste du film. Le dramaturge s’était lui-même inspiré d’un documentaire suisse des années 80 décrivant le quotidien des résidents d’une maison de retraite pour musiciens âgés fondée par Giuseppe Verdi. 

A quelques jours du gala de bienfaisance destiné à rassembler des dons pour maintenir ouverte Beecham House, luxueuse maison au cœur de la campagne anglaise, qui accueille les musiciens âgés, l’annonce de l’arrivée imminente d’une grande cantatrice agite la petite communauté. Pour Wilf, Regginald (Reggie) et Cissy, le choc est encore plus grand que pour les autres résidents lorsqu’ils découvrent que la nouvelle venue est Jean Horton. En effet, tous les quatre ont fait partie, par le passé, du Quatuor, une mythique formation qui s'est dissoute en raison de l’ambition de Jean et de son ego de diva. En outre, Reginald, qui a été son mari, ne lui a jamais pardonné de l'avoir quitté. Malgré les vieilles blessures et les reproches, le Quatuor se reformera pour un dernier concert à l'occasion de l'anniversaire du grand Verdi.

Distribution

  • ·       Maggie Smith (Jean Horton)
  • ·         Tom Courtenay (Reggie Paget)
  • ·         Billy Connolly  (Wilf Bond)
  • ·         Pauline Collins (Cissy Robson)
  • ·         Michael Gambon (Cidric Levingston)


Lieu de tournage

Le film a été tourné à Hedsor House, dans le Buckinghamshire.

Réception

Quartet a reçu un accueil positif des professionnels et du public. Rotten Tomatoes lui a attribué 80% d’opinions favorable et Metacritic un score de 64/100. Mais, en France, une diffusion confidentielle l'a privé du succès qui l'aurait sans doute accueilli. 
  
Après avoir vu ce film, on ne ne peut s'empêcher de faire le rapprochement avec le film Indian Palace, dont il reprend un peu les ingrédients (la situation d'anglais âgés et relativement aisés confrontés à la solitude et aux difficultés financières).

Mon classement 4/5 (Bon film, mais un cran au-dessous d'Indian Palace dont il n'a pas la gaieté ni le dynamisme). La photographie de John de Borman est toutefois remarquable. Maggie Smith est toujours aussi épatante.    

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mardi 26 novembre 2013

NEVERLAND de Marc Forster (2004)


Neverland (Titre original anglais : Finding Neverland) est un film américain réalisé par Marc Forster, sorti en 2004. Le film s’inspire librement de la vie de l’écrivain écossais J. M. Barrie, et de l’œuvre qui a fait sa renommée, Peter Pan. Le scénario, écrit par David Magee est base sur la pièce The Man Who Was Peter (L’homme qui était Peter Pan) d’Allan Knee.

Synopsis

L’histoire est centrée sur la vie de J. M. Barrie,  de sa relation avec  Sylvia Llewelyn Davies, et de son amitié avec ses enfants, qui lui inspira l’écriture de la pièce Peter Pan, or The Boy Who Never Grew Up (Peter Pan, le garçon qui ne voulut jamais grandir).

Le film commence à Londres au début du XXe siècle. Le dramaturge à succès J. M. Barrie (Johnny Depp), est en manque d'inspiration après l’échec de sa dernière pièce, Little Mary, qui a été huée par le public. Par ailleurs, son mariage, avec la comédienne Mary Ansell, bat de l’aile. C’est au cours d’une de ses promenades avec son chien Porthos à Kensington Gardens, qu’il fait la connaissance des quatre jeunes garçons de Sylvia Llewelyn Davies (Kate Winslet), une jeune veuve sans ressources. Lui qui n’a pas d’enfants, et dont la femme, privilégiant sa carrière théâtrale, n’en veut pas, se trouve une affinité particulière avec les garçons, en particulier par Peter (Freddie Highmore), le benjamin de la fratrie, qui lui inspirera le personnage de Peter Pan. Une complicité immédiate naît entre l’écrivain et la famille Llewelyn Davies, malgré l’opposition de leur grand-mère, Emma Du Maurier (Julie Christie), qui ne trouve  cette relation entre sa fille et l’écrivain, pourtant toute platonique, peu convenable et néfaste pour les enfants.

Une fois écrite, Barrie doit aussi convaincre son producteur Charles Frohman (Dustin Hoffman), de monter la pièce. En effet, ce dernier, après l’échec de la précédente pièce, n’est pas très enthousiaste pour monter un spectacle qui lui paraît plutôt destiné à des enfants qu’à son public habituel. Pour promotionner sa pièce, Barrie a l’idée d’inviter à la première les enfants d’un orphelinat voisin. Les adultes présents, d’abord réservés, sont entraînés par l’enthousiasme des enfants et la pièce obtient un énorme succès.
Sylvia étant trop malade pour assister à la Première, Barrie organise une représentation privée à son domicile. Elle meurt peu après, après avoir chargé par testament J.M. Barrie  et sa mère de veiller sur ses enfants.  

Distribution
·         Johnny Depp  : J. M. Barrie, l'auteur de Peter Pan
·         Kate Winslet  : Sylvia Llewelyn Davies, la mère des enfants
·         Julie Christie  : Mrs. Emma du Maurier, la grand-mère
·         Radha Mitchell : Mary Barrie, la femme de J.M.Barrie
·         Dustin Hoffman  : Charles Frohman (l'ami de J.M. Barrie, directeur du théâtre)
·         FreddieHighmore : Peter Llewelyn Davies

Mon opinion

J’ai adoré ce film inspiré de la vie de J.M. Barrie, car je l’ai trouvé à la fois drôle, émouvant et touchant. Les jeunes acteurs (en particulier Freddie Highmore, qui incarne Peter, impressionnant de naturel) sont épatants. Johnny Depp met beaucoup de fraîcheur et de sincérité à incarner J. M. Barrie et Kate Winslet est parfaite dans le rôle de la mère fragile et désemparée. On retrouve aussi avec plaisir Julie Christie dans le rôle de Mrs. du Maurier, la grand-mère, grande bourgeoise coincée qui finit cependant par se laisser amadouer par la gentillesse  et l'enthousiasme communicatifs de  James M. Barrie.

Mon classement : 5/5

Récompenses

Le film a été nominée pour plusieurs Oscars, en particulier celui de meilleur acteur pour Johnny Depp, dans le rôle de J. M. Barrie et de meilleure musique pour Jan A. P. Kaczmarek.

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samedi 9 novembre 2013

LE PARFUM de Tom Tykwer (D-2006)



Film allemand réalisé en 2006 par Tom Tykwer, avec Ben Whishaw dans le rôle de Jean-Baptiste Grenouille.

Synopsis

Le film est une adaptation du fameux roman de Patrick Suskind, Le parfum. Ce roman raconte l'histoire d'un enfant, Jean-Baptiste Grenouille, né en 1738 à Paris, sur le marché aux poissons du cimetière des Innocents. Abandonné à son sort à la naissance, il s'élève comme il peut et se nourrit de détritus. Il sort de sa condition misérable grâce à deux dons, qui sont autant des qualités que des défauts, celui d'avoir un odorat anormalement développé, l’autre de n’avoir aucune sensibilité. 

Il met le premier au service de son ascension sociale, se faisant embaucher par un parfumeur (remarquable Dustin Hoffman) qui lui apprend tous les secrets de son métier avant qu'il ne l'assassine sans scrupule, avant de parvenir à Grasse, capitale européenne du parfum, où il devient un parfumeur renommé.

Mais sa passion pour les odeurs (plus que pour les parfums) le poussera à devenir un monstrueux serial-killer avant la lettre et, de héros adulé, il deviendra une victime-expiatoire honnie de toute une population.   

Mon opinion sur ce film

J'attendais beaucoup, peut-être trop, de cette adaptation du chef d'œuvre de Patrick Süskind. J'avais bien pensé que l'exercice serait difficile, voire impossible et, hélas, j'avais raison. C'est toujours une gageure, rarement réussie, de tenter d'adapter au cinéma un chef-d’œuvre de la littérature, et "Le parfum" de Suskind, est un roman génial. Ce livre est un véritable ovni littéraire. Mêlant un style exceptionnel et un polar, il échappe à tous les genres. De grands metteurs en scène comme Stanley Kubrick, Ridley Scott, Tim Burton ou Martin Scorserse avaient caressé l'idée de l’adapter et  y avaient renoncé. Il aurait mieux valu que Tom Tykwer, dont aucun film n'avait jusque-là été particulièrement remarqué, fasse de même.

Le film n'a gardé du roman que son aspect le plus noir, le plus glauque, le plus nauséabond et du personnage, que le côté monstrueux ce qu’on ne peut que regretter. On baigne dans la crasse du début à la fin (coup de chapeau particulier à Ben Wishaw, qui incarne Grenouille dans le film car  il a dû en baver ! Rien ne lui a été épargné : du début à la fin du film, il est quasiment nu et couvert de crasse.) Heureusement que l'on n'a pas encore inventé les odeurs au cinéma, sinon tous les spectateurs auraient rendu leur déjeuner dès les premières minutes. Dans le film, l'extraordinaire talent descriptif de Süskind, qui sait, avec un talent stupéfiant, décrire l'odeur du moindre objet (y compris celui des pierres !), s'efface au profit des odeurs exclusivement nauséabondes et se noient dans une intrigue où le héros est transformé en un banal serial-killer. Le roman est tellement plus complexe et raffiné qu'il aurait méritait une réalisation plus sensible. Quant aux images complaisantes de l'orgie finale, elles confinent au grand Guignol, quelque chose que je déteste par-dessus tout au cinéma et qui met par terre, de mon point de vue, des films qui, par ailleurs, auraient été relativement réussis (je pense, en particulier, à l'Associé du diable de Taylor Hackford, avec Al Pacino et Keanu Reeves ou du grotesque Dracula de Francis Ford Coppola, dont il n’y a pas grand-chose à sauver).

Voyez plutôt :
  • Dans un grand vent de fleurs de Gérard Vergez (1996)