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lundi 29 mai 2023

JEANNE DU BARRY film historique de MAÏWEN (FR-BE-GB 2023)

 


Jeanne du Barry est un drame historique franco-belgo-britannique co-écrit et réalisé par Maïwenn, sorti en 2023.

Résumé

Le film présente l’ascension fulgurante de Jeanne Gomard de Vaubernier (Maïwen), une jeune femme d'origine modeste, qui sera connue sous le nom de comtesse du Barry, comme la dernière favorite de Louis XV (Johnny Depp). Après une première carrière dans la prostitution de luxe auprès de la haute noblesse française, elle devient la concubine du comte Jean-Baptiste du Barry-Cérès (Melvil Poupaud), qui en 1768 l’introduit à la cour. Elle devient ensuite la maîtresse du roi. Etant elle-même roturière le comte du Barry étant déjà marié, il lui fait épouser son frère, le comte Guillaume du Barry, pour qu'elle puisse être présentée à la noblesse de Versailles.

Dès lors qu’elle est devenue la favorite du roi, elle se trouve mêlée malgré elle aux intrigues de la cour, en particulier aux querelles qui opposent ses amis, le duc d'Aiguillon (Pascal Greggory) et le maréchal-duc de Richelieu (Pierre Richard), au duc de Choiseul (Patrick d’Assumçao), principal ministre d'État de Louis XV. La comtesse Jeanne du Barry mène une grande vie à la Cour, appréciée pour son esprit et son mécénat, mais détestée pour ses origines et son statut de maîtresse royale, en particulier par Mesdames, les trois filles du roi qui montent contre elle la jeune dauphine Marie-Antoinette d'Autriche (Pauline Pollmann), malgré la position mesurée du dauphin, futur Louis XVI (Diego Le Fur). Un autre personnage est omniprésent à ses côtés, et lui apporte son soutien et son aide, La Borde (Benjamin Lavernhe), premier valet de chambre du roi.

Mon opinion

Prévenu par la trop grande publicité que l’on faisait à ce film, en particulier lors de l’ouverture du Festival de Cannes où il était présenté « hors compétition », j’ai failli faire l’impasse sur sa projection au cinéma. J’aurais eu tort tant ce film, malgré les libertés qu’il prend avec l’histoire, est réussi. Je n’aurais jamais imaginé Maïwen, avec son physique ingrat, en Mme du Barry, ni d’ailleurs Johnny Depp dans le rôle du vieillissant Louis XV. Pourtant, ils « font le job » et, la première surprise passée, on oublie les acteurs au profit des rôles, même si on aurait aimé un peu plus de retenue de la part de Maïwen. Mais la meilleure prestation doit être décernée à Benjamin Lavernhe, omniprésent jusqu’à la mort du roi, dont on avait déjà pu apprécier le talent, ainsi qu’à Pierre Richard, en étonnant duc de Richelieu. Pour les amateurs de films historiques, la réalisation somptueuse, les ravira, aussi bien pour les décors, les costumes et même la musique (de Stephen Waebeck), dont on apprécie la discrétion.

vendredi 16 novembre 2018

LES ANIMAUX FANTASTIQUES : LES CRIMES DE GRINDELWALD de David Yates (GB-USA 2018)




Les Animaux fantastiques : Les Crimes de Grindelwald (Titre original : Fantastic Beasts : The Crimes of Grindelwald) est un film fantastique américano-britannique réalisé par David Yates, sorti en novembre 2018.

Il s'agit du deuxième volet de la série Les Animaux fantastiques et du dixième film de la franchise du monde des sorciers de J. K. Rowling. Il fait suite au film Les Animaux fantastiques, du même réalisateur, sorti en 2016.

Présentation

Le premier volet des Animaux fantastiques se déroulait en 1926 à New-York où Norbert Dragonneau (Eddie Redmayne) s’était rendu pour rassembler de la documentation sur le livre qu’il écrivait, aussi nommé Les animaux fantastiques, livre censé se trouver dans la bibliothèque de Poudlard où Harry et Ron le découvrent.

Ce deuxième film commence à New York où, quelques mois après son arrestation par le Congrès magique des États-Unis, Gellert Grindelwald (JohnnyDepp) s'évade et souhaite rassembler des sorciers de « sang-pur » afin de régner sur l’ensemble de la population « moldue ». Albus Dumbledore (interprété par Jude Law), alors jeune professeur à l'école de sorcellerie de Poudlard semble être le seul en mesure de l'arrêter. Les deux hommes, anciens amis d'enfance, seraient devenus ennemis depuis un accident au cours duquel la jeune sœur de Dumbledore, Ariana, aurait perdu la vie.

Dumbledore accepte la mission et fait alors appel à son ancien élève Norbert Dragonneau, qui a fait ses preuves en ayant déjà su déjouer les plans du mage noir. C'est l'occasion pour Norbert de retrouver ses amis Tina Goldstein (Katherine Waterston), dont il est amoureux et qui deviendra sa femme, la sœur de cette dernière, Queenie Goldstein (Alison Sudol) et Jacob Kowalski (Dan Fogler)[1], un « moldu » dont le rêve est de devenir boulanger, qu’il avait rencontré à New York.

Mon opinion sur ce film

Beaucoup plus sombre que LesAnimaux Fantastiques (1ère partie), qui, malgré quelques scènes d’action, restait relativement léger, Les crimes de Grindewald se rapproche beaucoup, par son atmosphère angoissante et sa noirceur, aux derniers opus de la saga Harry Potter, Harry Potter et les reliques de la mort 1 et 2 (2010 et 2011) où Harry et ses amis sont confrontés au combat final avec Voldemort. Tous les fans inconsolables de la fin bâclée de Harry Potter doivent cependant aller voir ce film et surtout le voir en 3D car ils y retrouveront toute l’ambiance magique qu’ils ont adorée dans Harry Potter. Les effets spéciaux sont stupéfiants, beaucoup plus impressionnants que tout ce que j’ai vu jusqu’alors depuis Avatar. Il faut aussi voir ce film sur grand écran, seul cadre où les images 3D prennent toute leur dimension. Je vous conseille aussi de lire (ou de relire car les interactions entre personnages sont complexes), les deux livres reprenant le scénario écrit pour les films par J. K. Rowling.   



[1] Personnages absents de la série Harry Potter.

samedi 28 mars 2015

INTRUSION film de science-fiction de Rand Ravich (USA-1999)



Intrusion est un thriller de science-fiction sorti  en 1999. Plusieurs films portent le même titre. Je veux parler ici du film américain de science-fiction réalisé par Rand Ravich (anglais) et sorti sous le titre anglais de « The Astronaut's wife » (La femme de l'astronaute), avec Johnny Depp et Charlize Theron.

Synopsis

Le commandant Spencer Armacost (Johnny Depp) est astronaute à la NASA. Sa jolie épouse, Jillian (CharlizeTheron) et lui forment le jeune couple parfait. Bien entendu, à chaque nouvelle mission, Jillian est inquiète car Spencer risque chaque fois sa vie.

Or, la mission sur laquelle Spencer vient d'embarquer, avec son ami Alex Streck (Nick Cassavettes) se passe mal. Une explosion a lieu sur la navette et les communications sont interrompues pendant deux minutes avec la Terre. Néanmoins, les pilotes reviennent sains et saufs. Cependant, à leur retour, leur comportement change, celui d'Alex en particulier qui accuse Spencer de ne plus être celui qu'il prétend être.  Peu de temps après, lors d'une conférence, Alex meurt d'une hémorragie foudroyante. La NASA conclut qu'il a été victime d'une rupture d'anévrisme rare. Quelques jours après, la femme de Streck se suicide en s'électrocutant dans sa douche.

Après cela, Spencer quitte la NASA et trouve un emploi de cadre à New York. Tout semble cependant aller pour le mieux dans le couple d'autant que Jillian apprend qu'elle attend des jumeaux. Elle est malgré tout inquiète des changements d'humeur qu'elle constate chez son époux. Spencer n’est plus le même : il est devenu irritable, distant, a des réactions inexpliquées et, bizarrement, Jillian commence à être mal à l’aise en sa présence, ne reconnaissant plus l’homme qu’elle aime dans ce quasi-étranger qui vit avec elle. Elle s'ouvre de ses doutes à sa sœur, Nan, qui ressent la même chose qu’elle en présence de son beau-frère. Cependant, les deux sœurs mettent ce changement de comportement sur le compte de l’accident auquel a été confronté Spencer et de son nouvel emploi. Alors qu'elle se pose toutes ces questions, Jillian est contactée, en l'absence de son mari, par Sherman Reese (Joe Morton), un des anciens collègues de Spencer, licencié par la NASA peu après la fameuse mission qui a mal tourné. Il lui révèle que Spencer n'est plus celui qu'elle croit être et il lui propose un rendez-vous pour lui en apporter les preuves. Jillian est d'autant plus bouleversée que ce que lui raconte Reese confirme ses propres doutes et ceux de sa sœur.

 Mais, avant que le rendez-vous avec Reese n'ait pu avoir lieu, Spencer le tue. Il tue aussi Nan, la sœur de Jillian, qui l'avait démasqué. Entre-temps, Jillian a reçu une cassette vidéo que Reese lui avait postée. Convaincue que son mari est habité par une entité extra-terrestre, elle essaie d’électrocuter Spencer en se suicidant avec lui mais l'entité qui occupait le corps de Spencer parvient à passer dans celui de Jillian et à survivre.

On retrouve Jillian plusieurs années après. Elle s'est remariée avec un pilote et a donné naissance à des jumeaux. On les voit intégrer leur nouvelle école. Le film nous laisse entendre que les fils de Jillian  sont le résultat d’une mutation réussie entre aliens et humains et qu'ils sont destinés à suivre la carrière de leur père.

Critique

Malgré un début prometteur et de très bons acteurs, le film dérape, hélas complètement dans sa dernière partie (l'assassinat de Nan, la sœur de Jillian, était tout à fait inutile). Johnny Depp est par contre épatant dans sa transformation du mari aimant et attentionné en un individu de plus en plus inquiétant qui finit par devenir cet inconnu glacé qui n'a plus rien d'humain. Mais quel dommage que le réalisateur ne s'en soit pas tenu là et qu’il ait fait de Charlize Theron cette trop fragile et hystérique Jillian (rôle qui rappelle de manière surprenant celui qu’elle incarne dans un autre film l'Associé du diable, face à un mari (Keanu Reeves) qui devient lui aussi un monstre d’un autre ordre) La jolie Charlize n'a décidément pas de chance avec les scénaristes!

Le film tourne au Grand Guignol lorsque l'alien se révèle au grand jour. Il faut dire que, dans ce domaine, quel que soient le talent des réalisateurs, on en est souvent réduit, lorsqu'on nous montre des entités extraterrestres, à nous dépeindre des créatures plus ridicules qu’effrayantes (ET, Rencontres de troisième type, etc. Même d'excellentes séries comme Taken ["Disparition" en français], n'échappent pas à ce travers alors que tout le reste de la série est par ailleurs remarquablement mené). Mieux vaudrait que les réalisateurs ne montrent rien (comme dans « Solaris », où l’on ressent la menace sans qu’elle prenne une forme physique ou, à la rigueur, dans le remake des Visiteurs, version 2009, où les corps de lézard ne sont qu’entrevus...)

Réception

Comme on pouvait s'y attendre, malgré la présence d'acteurs aussi réputés que Johnny Depp ou CharlizeTheron, le film n'a pas été une réussite. Il a même perdu de l'argent : il n’a rapporté que 19 millions de dollars pour un coût de 75 millions, ce qui est plutôt rare, même avec de francs navets ! Ce qui démontre une fois de plus qu'un casting excellent et de bons acteurs (je parle pour Johnny Depp), ne suffit jamais à faire un bon film si le scénario est indigent ou insuffisamment crédible. A part une mince récompense au Catalonian International film Festival de Sitges (Espagne), le film n'a obtenu qu'un pourcentage ridicule d’opinions favorables (16%) sur le site Rotten Tomatoes qui, il faut le reconnaître, ne fait généralement pas dans la complaisance. Cet échec a sans doute fortement entravé la carrière de Rand Ravich réalisateur qui n'a plus, depuis cet échec, réalisé de film. Il s'est surtout consacré à la télévision avec la série Life sur NBC.

mercredi 22 octobre 2014

DARK SHADOWS film de Tim Burton (USA-2012)


Dark Shadows est une comédie fantastique américaine réalisée par Tim Burton, sortie en 2012. Le chanteur de rock Alice Cooper joue son propre rôle dans le film. Il s'agit de l'adaptation en long métrage d’une série télévisée américaine du même nom réalisée par Dan Curtis, diffusée de 1966 à 1971 sur ABC.

Synopsis

En 1760, la famille Collins émigre de Liverpool pour s'installer dans le Nouveau Monde, dans une région du Maine où elle fonde la ville de Collinsport et crée une industrie de pêche florissante.
En l'année 1775, Angélique Bouchard (Eva Green), la servante de Barnabas Collins (Johnny Depp), en tombe amoureuse. Mais il repousse ses avances, et par vengeance, Angélique assassine ses parents. Plus tard, Barnabas décide d'épouser Josette, la jeune fille qu'il aime. Angélique, furieuse, utilise ses pouvoirs de sorcière pour le transformer en vampire, provoquer le suicide de Josette et retourner la ville contre lui. Barnabas se retrouve enfermé dans un cercueil métallique enterré dans la forêt à proximité du manoir des Collins.

Deux siècles plus tard, Barnabas est accidentellement libéré de sa tombe par des ouvriers. Étant toujours un vampire, il est contraint de boire leur sang. Il retrouve sa demeure, Collinwood : autrefois splendide et symbole de la richesse incarnée, le château est tombé en ruine. Barnabas apprend ensuite par Willie Loomis, le servant de la maison, qu'il s'est réveillé en 1972.

Barnabas rencontre Elizabeth Collins Stoddard (Michelle Pfeiffer), la matriarche de la maison; son adolescente de fille Carolyn (Chloë Moretz), âgée de 15 ans, rebelle et amatrice de rock; le frère d'Elizabeth, Roger Collins (Jonny Lee Miller) et son fils précoce David, âgé de 10 ans (Gully McGrath). Barnabas rencontre également le docteur Julia Hoffman (Helena Bonham Carter), une psychiatre alcoolique employée chez les Collins qui s'occupe du traitement de David, ainsi que la mystérieuse Victoria Winters (Bella Heathcote), la nouvelle gouvernante de David qui ressemble trait pour trait à Josette. Barnabas, au départ perdu dans ce monde totalement différent de celui dans lequel il a vécu, choisit de se réintégrer en commençant par renflouer l'entreprise Collins.

Mais Angelique (qui se fait désormais appeler Angie) vit toujours et, apprenant que Barnabas est revenu, compte provoquer une vendetta contre la famille Collins si Barnabas se refuse à elle une fois de plus...

Distribution principale


  • Johnny Depp : Barnabas Collins
  • Michelle Pfeiffer : Elizabeth Collins Stoddard
  • Helena Bonham Carter : Dr Julia Hoffman
  • Eva Green : Angelique Bouchard
  • Jackie Earle Haley : Willie Loomis
  • Jonny Lee Miller : Roger Collins
  • Chloë Moretz : Carolyn Stoddard
  • Bella Heathcote : Victoria Winters/Maggie Evans/Josette du Pres
  • Gully McGrath : David Collins
  • Alice Cooper : Lui-même (caméo)
Mon opinion sur ce film

J'avais hésité à aller voir ce film lors de sa sortie au cinéma, d'abord parce que je ne suis pas un grand fan de Tim Burton dont le meilleur film restera pour moi l'émouvant Edward aux mains d'argent. Depuis celui-là, tous les films que j'ai vus de lui m'ont généralement déçu, même Charlie et la chocolaterie. En effet,  j'ai eu l'occasion de voir la version de Mel Stuart (1971) que j'ai préféré mille fois à la version de Burton. Je n'arrive pas vraiment à accrocher à son univers que je trouve lassant dans sa répétitivité. En outre, je suis très vite saturé de la surenchère d'effets visuels que comportent ses films. Un peu plus de sobriété serait la bienvenue. Mais, en cela, Tim Burton n'est pas le seul  et on pourrait en faire le reproche à la plupart des cinéastes qui ont réussi (principalement les Américains). 

Bref, vous comprendrez que Dark Shadows ne m'a pas emballé outre mesure : un bon divertissement, sans plus. Une fois de plus le film tourne autour de Johnny Depp qui éclipse tous les autres acteurs. A part l'excellente Michelle Pfeiffer qui tire assez bien son épingle du jeu, tous les seconds rôles sont renvoyés dans lex choux : Eva Green est insupportable par ses outrances. Quant aux autres, on ne les voit pas. On a même du mal à reconnaître Helena Bonham Carter (l'épouvantable Bellatrix Lestrange de Harry Potter) dans la pitoyable psychiatre alcoolique qu'est le Dr Hoffman. Heureusement que l'humour est là avec quelques bonnes scènes mais c'est insuffisant pour faire un bon film. 

samedi 16 août 2014

ARIZONA DREAM d'Emir Kusturica (FR-USA 1993)


Arizona Dream est un film franco-américain réalisé par Emir Kusturica, sorti en 1993.

Synopsis

Après la mort de ses parents, Axel (Johnny Depp) vit à New York où il travaille à recenser les poissons pour un service municipal. Il fait un étrange rêve qui se passe dans le Grand Nord. Un eskimo attrape un poisson rarissime, un halibut qu'il rapporte à sa famille qui vit dans un igloo.

Le cousin d'Axel, Paul (Vincent Gallo), vient chercher le jeune homme pour l'emmener en Arizona où son oncle Leo (Jerry Lewis), marchand de Cadillac, va se remarier avec une très jeune femme.

Axel est hébergé chez deux femmes étranges, Elaine (Faye Dunaway), qui n'a qu'un rêve, celui de construire une machine volante et sa belle-fille, Grace (Lili Taylor) dont le rêve à elle est de se suicider et de se réincarner en tortue, animal qu'elle adore.

Axel, amoureux d'Elaine, l'aide à construire son improbable engin pendant que Grace, jalouse de sa belle-mère, passe son temps à détruire le prototype. Mais sans se lasser, Axel remonte la machine jusqu'au jour où ils sont prêts, Elaine et lui, à faire les premiers essais de vol. Bien entendu, ceux-ci sont voués à l'échec et, après quelques centaines de mètres dans les airs, la machine volante s'écrase dans un arbre.
Leo meurt et le film se termine sur une scène où Axel rêve qu'il est avec son oncle en Alaska, qu'ils pêchent le poisson de son premier rêve et que celui-ci leur échappe en s'envolant.

Il ne se doute pas que dans ce désert il a rendez-vous avec son destin : son oncle complote des projets d’avenir pour lui, et deux femmes étranges n’attendent qu’à s’immiscer dans sa vie.

Mon jugement

Ce film déjanté, surréaliste, don t la construction fait penser aux rêves où les images bizarres se succèdent qu'on puisse forcément leur trouver un sens, est porté par une superbe musique, composée par Goran Bregovic et interprétée par Iggy Pop. En raison de son caractère inclassable, et bien qu'il ait été couronné par un Ours d'or à Berlin, le film d'Emir Kusturika a été relativement apprécié en Europe mais boudé par le public américain.

Les acteurs, à commencer par Johnny Depp, mais aussi Faye Dunaway et surtout Jerry Lewis, sont aussi pour beaucoup dans la réussite de ce film atypique. 


Par son esthétique, par son ton original, par l'importance que tient la musique dans le film, je le rapprocherai d'un autre film inclassable, que j’aime beaucoup, Bagdad Café.

mardi 26 novembre 2013

NEVERLAND de Marc Forster (2004)


Neverland (Titre original anglais : Finding Neverland) est un film américain réalisé par Marc Forster, sorti en 2004. Le film s’inspire librement de la vie de l’écrivain écossais J. M. Barrie, et de l’œuvre qui a fait sa renommée, Peter Pan. Le scénario, écrit par David Magee est base sur la pièce The Man Who Was Peter (L’homme qui était Peter Pan) d’Allan Knee.

Synopsis

L’histoire est centrée sur la vie de J. M. Barrie,  de sa relation avec  Sylvia Llewelyn Davies, et de son amitié avec ses enfants, qui lui inspira l’écriture de la pièce Peter Pan, or The Boy Who Never Grew Up (Peter Pan, le garçon qui ne voulut jamais grandir).

Le film commence à Londres au début du XXe siècle. Le dramaturge à succès J. M. Barrie (Johnny Depp), est en manque d'inspiration après l’échec de sa dernière pièce, Little Mary, qui a été huée par le public. Par ailleurs, son mariage, avec la comédienne Mary Ansell, bat de l’aile. C’est au cours d’une de ses promenades avec son chien Porthos à Kensington Gardens, qu’il fait la connaissance des quatre jeunes garçons de Sylvia Llewelyn Davies (Kate Winslet), une jeune veuve sans ressources. Lui qui n’a pas d’enfants, et dont la femme, privilégiant sa carrière théâtrale, n’en veut pas, se trouve une affinité particulière avec les garçons, en particulier par Peter (Freddie Highmore), le benjamin de la fratrie, qui lui inspirera le personnage de Peter Pan. Une complicité immédiate naît entre l’écrivain et la famille Llewelyn Davies, malgré l’opposition de leur grand-mère, Emma Du Maurier (Julie Christie), qui ne trouve  cette relation entre sa fille et l’écrivain, pourtant toute platonique, peu convenable et néfaste pour les enfants.

Une fois écrite, Barrie doit aussi convaincre son producteur Charles Frohman (Dustin Hoffman), de monter la pièce. En effet, ce dernier, après l’échec de la précédente pièce, n’est pas très enthousiaste pour monter un spectacle qui lui paraît plutôt destiné à des enfants qu’à son public habituel. Pour promotionner sa pièce, Barrie a l’idée d’inviter à la première les enfants d’un orphelinat voisin. Les adultes présents, d’abord réservés, sont entraînés par l’enthousiasme des enfants et la pièce obtient un énorme succès.
Sylvia étant trop malade pour assister à la Première, Barrie organise une représentation privée à son domicile. Elle meurt peu après, après avoir chargé par testament J.M. Barrie  et sa mère de veiller sur ses enfants.  

Distribution
·         Johnny Depp  : J. M. Barrie, l'auteur de Peter Pan
·         Kate Winslet  : Sylvia Llewelyn Davies, la mère des enfants
·         Julie Christie  : Mrs. Emma du Maurier, la grand-mère
·         Radha Mitchell : Mary Barrie, la femme de J.M.Barrie
·         Dustin Hoffman  : Charles Frohman (l'ami de J.M. Barrie, directeur du théâtre)
·         FreddieHighmore : Peter Llewelyn Davies

Mon opinion

J’ai adoré ce film inspiré de la vie de J.M. Barrie, car je l’ai trouvé à la fois drôle, émouvant et touchant. Les jeunes acteurs (en particulier Freddie Highmore, qui incarne Peter, impressionnant de naturel) sont épatants. Johnny Depp met beaucoup de fraîcheur et de sincérité à incarner J. M. Barrie et Kate Winslet est parfaite dans le rôle de la mère fragile et désemparée. On retrouve aussi avec plaisir Julie Christie dans le rôle de Mrs. du Maurier, la grand-mère, grande bourgeoise coincée qui finit cependant par se laisser amadouer par la gentillesse  et l'enthousiasme communicatifs de  James M. Barrie.

Mon classement : 5/5

Récompenses

Le film a été nominée pour plusieurs Oscars, en particulier celui de meilleur acteur pour Johnny Depp, dans le rôle de J. M. Barrie et de meilleure musique pour Jan A. P. Kaczmarek.

Si vous avez aimé ce film, vous devriez aimer :


samedi 16 novembre 2013

GILBERT GRAPE de Lasse Hallström (1993)


Gilbert Grape de Lasse Hallström (1993)

Synopsis

L'action du film se déroule dans une petite ville imaginaire du nom d'Endora, dans l'Iowa. Depuis la mort de leur père (qui s'est pendu dans la cave de la maison familiale), Gilbert (Johnny Depp) assume toutes les responsabilités de la famille et veille sur Arnie (Leonardo DiCaprio), son jeune frère handicapé mental, pendant que ses sœurs Amy (Laura Harrington) et Ellen (Mary Kate Schellhardt) s'occupent de la maison. Leur mère, Bonnie (Darlene Cates), est devenue obèse après les années de dépression qui ont suivi la mort de son mari. Dans l'incapacité de s'occuper d'elle ou de sa famille, elle passe son temps affalée sur un canapé devant la télé, se gavant de nourriture. Elle n'a même plus la force de monter se coucher dans sa chambre à l'étage. 

Outre son emploi dans la petite épicerie où il est vendeur, Gilbert passe tout son temps à surveiller Arnie qui, dès qu'il échappe à la surveillance des adultes, est capable des pires bêtises, l'une de ses préférées étant d'escalader le château d'eau de la ville. La relation entre les deux frères est faite d'attention et de protection (Gilbert interdit à quiconque de s'en prendre à Arnie) mais aussi d'exaspération quand Gilbert n'en peut plus de devoir tout assumer. Gilbert a un autre problème. Chaque fois qu'il va effectuer une livraison d'épicerie chez Betty Carver, mariée et mère de deux enfants, celle-ci lui fait des avances qu'il tente de repousser. Un jour, le mari de celle-ci, un assureur, est retrouvé mort dans des circonstances étranges et toute la ville pense que c'est sa femme qui l'a assassiné.

A quelques jours du 18ème anniversaire d'Arnie, une jeune femme prénommée Becky (Juliette Lewis) et sa grand-mère, victimes d'une panne, se retrouvent coincées à Endora. Gilbert est attiré par Becky mais sa vie habituelle ne lui facilite pas les choses. Un soir, répondant à une invitation de la jeune fille d'aller voir le coucher de soleil, il passe la soirée avec elle. Pour la première fois de sa vie, il a laissé Arnie seul en train de prendre son bain. Rentré tard, Gilbert s'effondre tout habillé sur son lit. A son réveil, le lendemain, il trouve Arnie claquant des dents dans l'eau glacée. La culpabilité éprouvée par Gilbert est aggravée par la colère de sa mère qui considère toujours Arnie, malgré ses 18 ans, comme "son bébé". Après cet incident, Arnie refuse désormais tout contact avec l'eau, ce qui inclut les bains. Conséquence prévisible, la crasse s'accumule sur son visage et ses mains, ce qui ajoute un problème à la liste de ceux que doit affronter son grand frère. 

Gilbert est manifestement attiré par Becky et réciproquement. Vis-à-vis d'Arnie, sa grand-mère et elle font preuve de patience et de gentillesse. Un jour, après que Gilbert, mis hors de lui par une énième frasque d'Arnie,  ait frappé son jeune frère, celui-ci se réfugie auprès de Becky, qui arrive à le convaincre de prendre un bain. En voyant qu'elle a réussi là où lui-même avait échoué, Gilbert se rapproche davantage de Becky mais, la panne ayant été réparée, s'apprête à repartir. Elle accepte toutefois de remettre son départ afin d'assister à l'anniversaire d'Arnie et d'être présentée à sa mère. 


À la fin de la fête d'Arnie, et après avoir rencontré Becky pour la première fois, Bonnie décide de monter les escaliers pour rejoindre sa chambre, ce qu'elle n'avait plus fait depuis des années mais l'effort est trop grand et, peu après, elle meurt d'une crise cardiaque. 

La police déclare à la famille Grape qu'ils auront besoin de l'assistance d'une grue pour sortir Bonnie de la maison. Après le départ des officiers, Gilbert et ses sœurs passent la nuit à veiller leur mère, pleurant sa perte. La fratrie sait que le spectacle de leur mère extirpée de la maison par une grue va attirer une foule de badauds et ils refusent de donner Bonnie en spectacle. Ils vident la maison, y laissant seulement leur mère, toujours sur son lit, et Gilbert met le feu à la maison. 

Un an plus tard, Gilbert et Arnie attendent le passage annuel des caravanes. Gilbert parle d'Amy, qui a réussi à trouver un petit boulot dans une boulangerie, et d'Ellen, apparemment heureuse de changer d'école. Comme au début du film, Arnie court après les véhicules, bras au vent, impatient de revoir Becky. Lorsqu'elle arrive, Gilbert et Arnie sont fous de joie et on les voit partir ensemble dans le véhicule.

Mon opinion sur ce film

Le titre original du film, raccourci en français en Gilbert Grape, est « What’s eating Gilbert Grape » que l'on pourrait traduire par « Qu’est-ce qui mange Gilbert Grape ? ». Il faut bien entendu prendre cette expression au sens figuré, "Qu'est-ce qui dévore Gilbert Grape ?" : son  travail, son temps passé à s’occuper de son frère handicapé, sa famille, sa mère obèse, sa cliente hystérique…  Ce film dénonçait, il y a dix ans déjà, l'obsession des Américains pour la nourriture et la consommation à travers l'obésité de la mère, l'installation d'un nouveau supermarché du nom significatif de Foodland ("la terre de la bouffe") et d'un fast-food, Burger Barn, problème qui est en train de toucher désormais notre pays.  

Ce film est souvent cité parmi les filmographies de Johnny Depp et de Leonardo DiCaprio (dont ce n'était que le 4ème rôle). Pour cette performance exceptionnelle, DiCaprio obtint une récompense importante, un Academy Award, et fut nominé au Golden Globe. 

Il faut aussi dire un mot de Darlene Cates, l'actrice qui interprète le rôle de la mère. Elle est réellement obèse et a pesé jusqu'à 245 kg. Sa propre histoire a inspiré en partie le film car elle a commencé à grossir à l'âge de 12 ans, lorsque ses parents ont divorcé. Il lui a fallu une sacrée dose de courage pour accepter de jouer son propre rôle dans Gilbert Grape. Malgré son handicap, après ce film, elle a encore tourné dans deux séries télé (en 1994 et 1996) et elle a eu un autre rôle au cinéma, en 2001, dans le film Wolf Girl. Mariée, elle a eu une fille et deux fils et elle a quatre petits enfants. Elle vit toujours avec sa famille dans les environs de Dallas. 

Mon classement : 4/5

vendredi 1 novembre 2013

EDWARD AUX MAINS D'ARGENT de Tim Burton (1990)


Film fantastique américain de Tim Burton, sorti en 1990. Avec Johnny Depp (dans le rôle d'Edward).

Synopsis

L'histoire se déroule dans une banlieue résidentielle américaine dominée par un château en ruine. Depuis très longtemps, personne ne s'aventure plus dans le parc du château car on le dit habité par un monstre. Ce monstre, c'est Edward aux mains d'argent, une créature que son inventeur, le savant propriétaire du château, n'a pu terminer avant d'être tué par accident par Edward. Depuis, le "monstre" vit seul dans le château délabré, sa seule occupation étant de tailler en extraordinaires topiaires les massifs et les arbustes du parc. 

Peg est représentante en produits de beauté qui se vendent selon la méthode Tuperware. Un jour, après une tournée ratée, elle s'aventure dans le château  et y découvre Edward. Le prenant en pitié malgré son aspect effrayant,elle le ramène chez elle et, malgré leur réticence, l'impose à sa famille.

Malgré son étrangeté, mais grâce à sa gentillesse, Edward est, dans un premier temps, bien accepté par le voisinage qui apprécie son talent à réaliser d'extraordinaires topiaires, d'extravagantes coiffures et des miracles en tant que toiletteur canin.

Tout se passe bien jusqu'à ce qu'Edward qui, malgré ses bras terminés par des cisailles, ressent tous les sentiments d'un jeune homme, montre son intérêt pour la fille de la maison, Kim (Winona Ryder) et ne rende jaloux son petit ami "en titre", l'irascible Jim (Anthony Michael Hall). Ce dernier, mettant à profit la gentillesse la générosité et la naïveté d'Edward, l'entraîne alors dans des situations dont il se sort que grâce à son innocence. Mais la haine de Jim envers Edward n'est pas désamorcée pour autant, bien au contraire : dans un accès de rage, Jim poursuit Edward dans le manoir. Celui-ci, affolé par cette violence qui lui est étrangère, tue son agresseur en voulant se défendre. 

Mon opinion sur ce film

Je vais sans doute faire hurler plus d'un lecteur en avouant que je n'ai jamais été un grand fan de Tim Burton (son côté "too much" m'a toujours dérangé.) Mais il ne fait aucun doute qu'Edward aux mains d'argent se classe parmi ses meilleures œuvres.

Le titre Edward aux mains d'argent est inspiré de la mythologie irlandaise dans laquelle le dieu Nuada avait vu sa main coupée lors d'un combat, être remplacée par une main d'argent à la puissance décuplée. Ici, on à affaire à un monstre, dans son apparence mais qui, à l'instar de la créature de Frankenstein, n'est pas foncièrement mauvaise. A contrario, les méchants ici sont les humains qui, sous une apparence de normalité, sont mauvais et dangereux. 

Il convient de prendre ce film pour un conte, alliant comédie, drame et fantastique. Les situations décrites, les décors, les costumes, tout y est suffisamment caricatural pour que le spectateur comprenne qu'il s'agit d'une fable et? soit accepte de se laisser embarquer dans l'univers du réalisateur, soit s'en détourne.

Mais le propos est grave : avec les armes du merveilleux et de la comédie, le film traite des conventions et de l'exclusion, du racisme, en quelque sorte (on rejette ce qu'on ne comprend pas). La banlieue apparemment idéale où toutes les maisons identiques sont entourées des mêmes pelouses taillées au millimètre (cela rappelle le début de Weeds avec le génial générique "Boxes"), où la vie est rythmée par le départ et le retour de voitures identiques peintes des mêmes couleurs pastel que les façades des maisons. La normalité est ici plus oppressant que ne l'est le sombre château en ruine abandonné sur la colline.


Ce film, où l'on retrouve en amorce tous les leitmotivs de Tim Burton, est une fable philosophique sur la marginalité et la difficulté pour ceux qui sont soumis à la norme de l'accepter et de l'intégrer. 

L'une des plus belles prestation de Johnny Depp.  

A voir, même si, comme moi, l'on n'est pas fan de Tim Burton.

Mon classement 4/5 (Si vous ne devez voir qu'un film de Tim Burton, c'est celui-là qu'il faut voir).