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lundi 8 juillet 2019

THE AMAZING SPIDER-MAN : LE DESTIN D'UN HEROS (USA-2014)


The Amazing Spider-Man : Le Destin d'un héros, fait partie de la saga Spider-Man. Réalisé, comme le précédent volet The Amazing Spider-Man (2012) par Marc Webb, ce second épisode est sorti au cinéma en 2014.

Résumé

L'histoire reprend peu après la fin de The Amazing Spider-Man. Peter Parker (Andrew Garfield) termine ses études secondaires, partageant son temps entre son combat contre les méchants et la personne qu’il aime, Gwen Stacy (Emma Stone). Il attend donc son diplôme de fin de lycée avec impatience. Peter est partagé entre la promesse qu’il a faite au père de Gwen : la protéger en restant éloigné d’elle et l’amour qu’il lui porte.

Dans cet épisode, Peter va se trouver confronté à un nouveau méchant, Electro et Harry Osborn (Dane DeHaan), son ancien meilleur ami revenu à New York pour prendre la succession de son père  à la tête des entreprises Osborn. Grâce à un cartable qui est le seul bien légué par son père, Peter découvrira aussi de nouveaux indices sur son passé.

Mon opinion sur ce film

Je n’étais pas allé voir ce film lors de sa sortie au cinéma bien que j’adore les acteurs principaux, Andrew Garfield,découvert dans Lions et agneaux (2007), et la très jolie Emma Stone, éblouissante dans La La Land (2016). J’aime bien les films de super-héros mais, après avoir vu les trois Spider-Man de Sam Raimi, avec Tobey Maguire (2002-2004-2007), j’étais arrivé à saturation. J’ai profité de la rediffusion de cet opus sur TF1 hier soir (7/7/2019) pour le visionner. Mais je ne suis pas convaincu de l’utilité d’une telle suite, si ce n’est pour faire entrer dans les caisses des producteurs quelques millions de dollars de plus. Car à part une surenchère d'effets spéciaux, un montage hystérique, et une musique tonitruante,seules surnageront pour moi de cet océan de bruit et de fureur quelques scènes intimistes entre le héros et sa tante, sa petite amie, et son copain Harry...  Et quelques répliques pleines d'humour. 
  

mercredi 12 décembre 2018

DEUX SŒURS POUR UN ROI film historique de Justin CHADWICK (USA-GB 2008)



Deux Sœurs pour un Roi (Titre original : The Other Boleyn Girl) est un film américano-britannique réalisé par Justin Chadwick, sorti en 2008. Le film de Chadwick est une adaptation du bestseller du même nom écrit par la romancière britannique Philippa Gregory.

Présentation

L’action se déroule au XVIe siècle, sous le règne d’Henri VIII d’Angleterre (Eric Bana). Le duc de Norfolk, Thomas Howard (David Morissey), frère de Lady Elizabeth Boleyn (Kristin Scott Thomas), bien que déjà très puissant, cherche encore à se rapprocher du trône. Tandis que le mariage d’Henri XVIII et de Catherine d’Aragon (Ana Torrent) se délite car la reine ne parvient pas à donner un héritier mâle au trône, il décide de placer sa nièce, l’ambitieuse Anne Boleyn (Natalie Portman) auprès du roi dans l’espoir qu’il en fasse sa maîtresse.

Or, le roi jette son dévolu sur sa sœur cadette, Mary (Scarlett Johansson), qui vient à peine de se marier avec William Carey (Benedict Cumberbacht). Contrainte et forcée, elle abandonne à regret une vie paisible à la campagne et devient la maîtresse du roi à la place de sa sœur. Anne, dépitée, épouse alors secrètement l'homme dont elle est réellement amoureuse, Henry Percy (Oliver Coleman) sans en référer au roi. Dénoncée par sa sœur, son mariage est annulé et elle est envoyée à la cour de France. La guerre entre les deux sœurs est alors déclarée.

Quelques mois après, Mary donne naissance à un fils mais, n’étant pas l’épouse officielle du roi, celui-ci est considéré comme un bâtard. Mary, affaiblie, est rejetée par le roi et son oncle, Thomas Howard, pense que c’est le moment de rappeler Anne pour qu’elle remplace sa sœur dans le lit du roi.
Anne, refusant d’être une maîtresse de plus dans le lit du roi, rejette ses avances tant qu’il n’aura pas trouvé le moyen de répudier la reine en titre, Catherine d’Aragon afin de se faire épouser et donner au trône un héritier officiel.  Afin d'y parvenir, le roi rompt avec l'Église catholique romaine, ce qui déclenchera l’une des pires guerres religieuses du royaume. Libéré de Catherine, Henri épouse officiellement Anne qui donnera bientôt naissance non au fils tant attendu mais à une fille, la future Élisabeth. Cependant, n’acceptant pas les infidélités du roi, la relation entre Anne et Henri se dégradent. Dans l’attente d’un autre enfant mâle, Anne refuse d’avoir des rapports sexuels avec le roi. Malheureusement pour elle, cette nouvelle grossesse se terminera par une fausse couche et elle n’osera avouer la vérité de crainte que le roi ne se détourne définitivement d’elle. L’avenir qui l’attendait était bien pire. Accusée de sorcellerie, et malgré l’intervention de Mary qui cherche par tous les moyens à obtenir sa grâce, Anne et leur frère George (Jim Sturgess), accusé d’inceste, sont décapités sur ordre du roi qui, désormais, convole avec Jeanne Seymour (Corinne Galloway) qui deviendra la mère d’Edward VI.

 Accablé et disgracié, sir Thomas Boleyn (Mark Rylance) meurt deux ans plus tard. Le duc de Norfolk, Thomas Howard sera emprisonné pour trahison ; son fils, son petit-fils et son arrière-petit-fils seront à leur tour exécutés pour trahison.

Mary épousera William Stafford (Eddie Redmayne) avec qui, loin de la cour et de ses intrigues, elle vivra heureuse jusqu’à la fin de ses jours.

N’ayant pu obtenir d’héritier mâle, Henri VIII aura pour successeur Élisabeth Iere, la fille d’Anne, qui restera 45 ans sur le trône. 

Autour du film

Le bestseller dont est tiré le film prenait déjà beaucoup de libertés avec l’histoire. Le film en prend encore plus : même s’il est vraisemblable qu’elle fut la maîtresse d’un soir pour le roi, Mary n’eut jamais d’enfant de lui et n’a jamais joué le rôle que lui attribue le film. Le seul enfant appartenant à la fois à la maison Boleyn et à la maison Tudor fut Élisabeth, fille d'Anne et d’Henry VIII. On observe aussi la quasi absence du cardinal Wolsey, ennemi des Boleyn, principal ministre d'Henri VIII du début de son règne à sa disgrâce en 1529, causée par les Boleyn. Il joua pourtant un rôle de premier plan dans le litige entre le roi et Rome qui aboutit à la création de l’église anglicane. Il en est de même de : Thomas Cromwell, aumônier des Boleyn, luthérien convaincu, chancelier d'Henri VIII de 1534 à 1540, qui apparaît une seule fois dans le film alors qu’il joua lui aussi un rôle éminent dans le conflit. Enfin, le film évoque, comme cause de la disgrâce d’Anne et de son frère Georges, la possibilité d'un inceste entre eux. On estime aujourd’hui que Georges et Anne furent victimes de fausses accusations des extrémistes catholiques pour se venger des Boleyn, rendus responsables, par leurs manigances, du terrible conflit religieux qui devait ensanglanter l’Angleterre.

Mon jugement sur ce film

Bien qu’il ait une dizaine d’années et repasse régulièrement à la télévision, je n’avais jamais encore visionné ce film au casting pourtant prestigieux (on y retrouve même Andrew Garfield, il est vrai crédité pour un rôle très secondaire). Ce film confirme une nouvelle fois qu’une éblouissante distribution ne suffit hélas pas à faire un bon film. Que lui manque-t-il pour en faire un bon film ? Les comédiens sont bien choisis, le cadre et les costumes somptueux…  Peut-être que l’insatisfaction que l’on éprouve vient du scénario, trop alambiqué et tortueux… J’ai de beaucoup préféré, même si j’ai fini par décrocher à cause des scènes de cruauté (qui, ceci dit, faisait partie des mœurs de l’époque), la série Les Tudors de la BBC avec Jonathan Rhys Meyers.   

Si vous aimez les films historiques, je vous conseille de voir :




vendredi 8 septembre 2017

THE AMAZING SPIDER-MAN film de Marc WEBB (USA-2012)


The Amazing Spider-Man est un film de super-héros en 3-D réalisé par Marc Webb et sorti en 2012. C'est le quatrième film du studio Columbia Pictures basé sur le personnage de Spider-Man de Marvel Comics et c'est le premier film d'une nouvelle franchise. Le second volet de cette série, The Amazing Spider-Man : Le Destin d'un héros, est sorti au cinéma en 2014, toujours réalisé par Marc Webb.

Résumé

Alors qu’il est enfant, Peter Parker joue à cache-cache avec ses parents quand il découvre que le bureau de son père, un chercheur en biologiste, a été cambriolé. Quand il découvre à son tour le cambriolage, Richard Parker, le père de Peter, rassemble précipitamment des documents cachés dans un tiroir secret de son bureau avant de conduire son fils à la maison de ceux qui deviendront pour le garçon Oncle Ben (Martin Sheen) et Tante May (Sally Field). Puis Richard Parker et son épouse s’enfuient pour une destination inconnue pour ne plus jamais revenir.

Des années après ces évènements, Peter (Andrew Garfield) est lycéen au Midtown Science High School, où il est en butte aux brimades de Flash Thompson (Chris Zylka) et n’ose pas avouer ses sentiments pour Gwen Stacy (Emma Stone), la plus brillante élève du lycée. Un soir, alors qu’il  donne la main à son oncle pour colmater une fuite d’eau dans la cave, il découvre le cartable de son père, dans lequel se trouvent encore les documents récupérés la nuit de sa disparition. Il y découvre une photo sur laquelle, au côté de son père, figure un homme amputé du bras droit. Son oncle lui en révèle le nom : il s’agit du docteur Curtis Connors (Rhys Ifan), devenu depuis le patron d’une puissante société de biotechnologie dénommée Oscorp.

En se mêlant à une visite des locaux d’Oscorp, Peter tombe sur Gwen qui y travaille comme assistante. Il ne parvient pas à avoir un entretien avec le docteur Connors mais découvre que l’un des laboratoires d’Oscorp fabrique une forme de fil ultra-résistant fabriqué par des araignées génétiquement modifiées. Avant qu’il ne soit expulsé des locaux, il est mordu par l’une de ces araignées et il développe des facultés surhumaines, en particulier une force et une agilité accrues ainsi que la possibilité de s'accrocher à n'importe quelle surface.

Peter étudie par la suite les documents de son père et découvre qu’ils contiennent une formule, un « algorithme de régression », qu'il donne au docteur Connors lors d'une visite à son domicile. Cette formule est la pièce manquante aux recherches de Connors sur la régénération de membres perdus. Tout se précipite quand Connors teste sur lui-même le sérum obtenu qui le transforme en un monstre reptilien.

Peter traque Connors sous sa forme de lézard et l’empêche in extremis de transformer les habitants de New-York en autant de monstres reptiliens.

Mon opinion sur ce film

Malgré mon intérêt pour Andrew Garfield, dont j’avais apprécié la prestation dans Lions et agneaux, je n’étais pas allé voir ce film pensant qu’il s’agissait d’une énième déclinaison de Spider Man. J’ai profité de son passage hier soir sur TMC pour le voir. Autant les effets spéciaux me laissent froid, autant j’ai apprécié le jeu d’Andrew Garfield et d’Emma Stone, découverte depuis dans La La land. J’ai aussi beaucoup aimé l’humour qui s’exprime tout au long du film. 

mardi 12 novembre 2013

THE SOCIAL NETWORK de David Fincher (2010)


Film américain de David Fincher (2010) avec Jesse Eisenberg, Andrew Garfield et Justin Timberlake.

Synopsis

Le film est un biopic de Mark Zuckerberg (Jesse Eisenberg), alors jeune étudiant américain de l'Université d'Harvard, devenu multimilliardaire avec la création du plus important réseau social du monde, Facebook. 

Le film commence dans un café bruyant et semi-obscur d'Harvard où Mark Zuckerberg se fait lourder par sa copine qui en a marre qu'il la néglige, préférant ses chers programmes informatiques et ses copains à elle-même.

Sur le coup de la colère, il traverse le campus et se venge en créant aussitôt, avec l'aide de son meilleur et seul ami, Eduardo (Andrew Garfield), un site destiné à noter les mérites respectifs des filles de l'Université. Pour ce faire, il pirate les bases de données des différents collèges, ce qui est évidemment répréhensible, et met en ligne les profils des étudiantes avec une appréciation plus ou moins élogieuse sur chacune.

Le site rencontre, auprès des garçons de Harvard, un succès foudroyant, faisant exploser le nombre de connexions au point que le responsable de la sécurité informatique de l'Université, réveillé en pleine nuit, doit débrancher les serveurs. Du jour au lendemain, Mark, garçon timide et peu communicatif auquel auparavant personne ne faisait attention, devient le héros du campus. Ce qu'il a fait l'entraîne cependant devant une commission de discipline qu'il écrase avec toute la morgue de sa supériorité intellectuelle (qui est réelle). 

Ce premier avertissement ne lui suffit pas et lui donne même des ailes pour passer à la vitesse supérieure, embarquant Eduardo (qui, bien que réticent, lui fournit ses premiers financements en plus de ses connaissances informatiques) et, s'appropriant sans le moindre scrupule l'idée des frères Winklevoss, deux étudiants friqués, de créer un réseau social à l'échelle de l'Université, il n'hésite pas à envisager de l'étendre à l'échelle du pays puis, pourquoi pas (Mark Zuckerberg ne s'arrête pas pour si peu) au monde. C'est ainsi qu'est né, fin 2002-début 2003 (eh oui, cela fait à peine 10 ans !), le fameux Facebook.

Devant les premiers succès de son projet, poussé par le machiavélique et totalement amoral Sean Parker, fondateur ruiné de Napster (épatant Justin Timberlake), Mark trahit tous ceux qui l'ont aidé (à commencer par Eduardo et les frères Winkelvoss). Ignorant tous les avertissements, il devient un "super geek", se lançant à corps perdu dans le développement de "son" projet, se retrouvant en quelques mois à la tête d'un réseau de plusieurs millions "d'amis" virtuels mais aussi entraîné dans des procès pour plagiat, vol de données personnelles, non-respect du copyright, etc. Malgré tout, et vu l'enjeu financier de l'affaire, les avocats entrent dans la danse et tout se règle par des compromis, faisant de lui, à 26 ans, l'un des hommes les plus riche du monde.

Mon opinion sur ce film

Ce film est une réussite. Rarement, un biopic (à part, peut-être Aviator) n'a été mené sur un tel rythme. En outre, on ne peut pas dire que le réalisateur ait épargné son "héros". Certes, on est fasciné par son intelligence, son entregent, mais on est aussi écœuré par le manque de scrupule qu'il met à trahir ses amis. Après avoir vu ce film mi-figue mi-raisin, les détracteurs, souvent mal-informés sur ce qu'est réellement Facebook et s'imaginant des dangers qui n'existent pas, seront encore plus renforcés dans leur paranoïa. Quant à ceux qui l'utilisent, ils y mettront sans doute plus de discernement surtout en "verrouillant" leurs données personnelles, ce qui est l'essentiel.

Quoiqu'il en soit, personne ne pourra plus jamais ignorer l'importance du plus gros réseau social du monde et du tournant qu'il représente désormais dans la communication d'un bout à l'autre de la Terre (sauf peut-être encore, mais pour combien de temps, dans les dictatures qui empêchent sa réception) et les relations qui s'établissent entre individus séparés par des continents entiers.

Si Mark Zuckerberg n'est pas épargné, l'université d'Harvard, l'une des plus prestigieuses du monde, ne l'est pas non plus. Le film nous montre jusqu'à l'indigestion une jeunesse ultra-privilégiée, en permanence à la recherche de sensations fortes (fric, sexe, drogue et alcool) et dénuée de toute valeur morale. On se rend compte, en voyant ce film, combien la jeunesse américaine (mais cela est aussi valable pour le reste des pays "développés") a perdu ses repères (et pas seulement dans les banlieues pauvres). Un film qui laisse une amère impression de dérive où les vraies valeurs, de morale, d'honnêteté et d'amitié, sont sérieusement mises à mal. Les héros du film ne sont en rien sympathiques mais on ne peut s'empêcher de les plaindre car leur victoire se fait au détriment de leur humanité : en effet, si  Mark sort de cette aventure richissime, il se retrouve plus solitaire qu'il ne l'a jamais été malgré ses "500 millions d'amis" virtuels.

Jesse Eisenberg, qui joue le rôle de Mark, a l'âge du personnage qu'il incarne. Il y est excellent. Il faut dire que, si ce film l'a porté au devant de la scène, il a déjà l'expérience d'une 20e de films et de plusieurs pièces de théâtre. Quant à Andrew Garfield (son copain Eduardo, devenu, après que Mark l'ait trahi, son plus acharné ennemi), j'avais déjà remarqué son excellente prestation dans Lions et agneaux de (et avec) Robert Redford (2007) ainsi que dans le difficile Boy A. Je l'ai aussi vu, depuis, dans le terrifiant film de politique fiction Never let me go. On doit aussi saluer la prestation du chanteur Justin Timberlake, très crédible en parfait salaud cynique sans foi ni loi dont le seul but est de trouver un pigeon qui lui permettra de redorer son blason.

Un dernier mot sur la bande originale du film, composée par Trent Reznor et Atticus Ross qui mêle savamment le rock électrisé de The White Stripes, les Beatles, la musique classique (mélancolique Grieg) et surtout, à la fin, une superbe et étonnante reprise du titre Creap du groupe Radiohead (que j'adore) par la chorale féminine des Scala and Kolacny Brothers dans une réinterprétation d'une beauté à couper le souffle.

Réplique culte : 

"- I don't understand.
  - Which part ?"


mardi 14 mai 2013

BOY A (GB - 2009)



Boy A de John CROWLEY 

Boy A, est un film dramatique britannique réalisé par par John Crowley (2009). Il est adapté d'un roman de Jonathan Trigell, lui-même librement inspiré d'un fait divers dramatique qui s'est déroulé en Angleterre en 1993, le meurtre gratuit d'un enfant de 3 ans (James Bulger) par deux garçons de 10 ans. Ce meurtre avait révolté la Grande-Bretagne et le monde. Ce qu’on ne savait pas c’est que les deux assassins avaient été remis en liberté à leur majorité, bénéficiant d'une nouvelle identité et d'un nouveau départ, ce qui déchaîna une campagne de presse d'une rare violence en Grande-Bretagne, une grande partie de la population considérant les assassins comme "irrécupérables" et ne méritant aucun pardon pour leurs terribles actes. 

Le film s’attache à l’un des deux assassins, décrit sous le nom de Child A, prénommé Eric. Il est interprété par Andrew Garfield.  Pris en charge à sa sortie de prison par Terry, le contrôleur judiciaire en charge de sa réinsertion, Eric s'installe, sous l'identité d’emprunt de Jack Burridge, dans une petite ville ouvrière des environs de Manchester. Terry lui trouve un logement, un emploi et il le traite comme son propre fils. Eric/Jack essaye de se construire une nouvelle vie mais, lorsqu'il devient amoureux de Michèle, son secret l'étouffe et il est sur le point de tout lui révéler quand un concours de circonstances le fait reconnaître comme le "monstre" à laquelle l'Angleterre n'a jamais pardonné. Hanté sous forme de flash-back par ses propres souvenirs, poursuivi par la haine de tout un pays, confronté à un secret et une culpabilité qu'il ne peut affronter, abandonné par ses nouveaux amis, il finit par se suicider.  
Un film difficile, exigeant, dans un style minimaliste trop inspiré par Ken Loach qui m'a personnellement déçu, sauf pour la prestation d'Andrew Garfield, jeune acteur magnétique que j'avais découvert dans le film "Lions et agneaux" ("Lions and lambs") , dont j'ai parlé ici même.


Ce film existe en DVD. 


ANDREW GARFIELD (Acteur britannique)



Bien que né à Los Angeles le 20 août 1983, Andrew Garfield, né Andrew Russell Garfield, est de nationalité britannique et vit en Angleterre. Je l'avais déjà remarqué en 2007 dans  Lions et agneaux de (et avec) Robert Redford, qui était son premier film. Il y jouait le rôle d'un étudiant doué qui tient allègrement tête à Robert Redford lui-même. Avant ce film qui le porta véritablement au-devant de la scène et le révéla au grand public, il avait cependant eu des rôles dans 6 téléfilms ou séries télé (dont la fameuse série Dr. Who) et déjà joué dans 7 pièces au théâtre (dont Roméo et Juliette de Shakespeare). En le voyant, face à Redford dans Lions et agneaux, j'avais pressenti en lui un talent qui le mènerait loin. C'est désormais chose faite puisque, depuis ce 1er film, il en a tourné 10 autres dont trois nous ont donné un échantillon supplémentaire de son talent : Boy A (2009), sorti à la télévision puis en DVD (pour lequel il a obtenu le British Academy Television Awards du meilleur acteur) mais aussi, en 2010, Never let me go et The social Network, où il joue le rôle d'Eduardo Saverin, le meilleur ami de Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook, avant que celui-ci, après avoir utilisé ses talents d'informaticien, ne le trahisse sans le moindre état d'âme. Mais c'est dans Never let me go, le film de science-fiction bouleversant de Mark Romanek (2010), où il incarne Tommy, qu'il est le plus remarquable.
    
Andrew Garfield, bien que né aux États-Unis, a vécu toute sa jeunesse en Grande Bretagne où il a suivi les cours de la City of London Freemen's School, une école renommée pour ses cours de théâtre et de musique, puis ceux de la Central School of Speech and Drama, une école d'art dramatique tout aussi prestigieuse dont il est sorti diplômé en 2004. C'est cette même année qu'il a obtenu son premier rôle, celui de Deccy, dans la pièce Mercy, qui fut présentée au Théâtre de Soho à Londres.La même année, il remporta un MEN Theatre Award pour sa performance dans Kes au Royal Exchange Theatre de Manchester (où il a également interprété Roméo et Juliette de Shakespeare l'année suivante), et il remporta également le Prix de la révélation de l'année à l'Evening Standard Theatre Awards en 2006. En juin 2010, il a été choisi pour succéder à Tobey Maguire, qui avait incarné Peter Parker dans les trois premiers Spider-man dans une nouvelle adaptation de Marc Webb, The amazing Spider-man dont la sortie est prévue pour 2012.

J'espère pour lui qu'il ne se laissera pas appâter par les rôles alimentaires car son talent mérite mieux que cela. 



dimanche 12 mai 2013

LIONS ET AGNEAUX (Film américain de Robert Redford - 2007)



[Post initialement publié le 5/7/2008]


Remarque préliminaire 

Le titre français "Lions et agneaux" peut induire en erreur. Le titre original « Lions for lambs » aurait dû être traduit par « Des lions pour les agneaux», ce qui  n’a pas du tout le même sens, on le comprend en voyant le film ! Je pense que c’est une phrase tirée de la Bible mais je ne suis pas parvenu, pour l'instant, à identifier le verset correspondant (peut-être l'Apocalypse de Jean?)

Le film

Ce film est sorti en France le 21 novembre 2007. Je ne crois pas qu’il ait eu beaucoup de succès, malgré la renommée des acteurs à l’affiche (Robert Redford, Tom Cruise et Meryl Streep). C’est en effet un film tellement atypique qu’il désarçonne le spectateur. Je l’ai vu récemment et je l’ai trouvé remarquable, bien qu’un peu court (1.30 H). C'est plutôt rare que je me plaigne qu'un film soit trop court mais, dans ce cas, à mon avis ½ H de plus n’aurait pas nui à la compréhension de l'intrigue ! Il est certain que ce n'’est pas la longueur qui fait la qualité d’un film mais, dans le cas de celui-ci, le spectateur reste un peu sur sa faim tant le générique de fin tombe brutalement. Bien qu’il nous ait été distribué toutes les cartes pour comprendre les tenants et les aboutissants de l'intrigue, par ailleurs complexe, sur laquelle est bâtie le film, le spectateur (moi en tout cas, et d’après la tête des autres spectateurs - peu nombreux, hélas -… je n'’étais pas le seul à penser cela), est surpris lorsque le film se termine.

Atypique, il l’est aussi par le duo Redford/Tom Cruise. On connaît Redford pour son engagement politique à gauche et ses prises de position anti-Bush. On sait par ailleurs à quel point Tom Cruise est impliqué dans la Scientologie à laquelle non seulement il ne se cache pas d'appartenir mais dont il est même devenu l’un des plus éminents ambassadeurs. Ce qui ne l'empêche pas d'être un excellent acteur. Son engagement pour la Scientologie l'a même fait, malgré son succès et son charisme, "remercier" par la Paramount après 14 ans de « bons et loyaux services ». Il a dû racheter une société de production, la United Artists, pour continuer à tourner. L'alliance entre Redford et Cruise pour un tel film est pour le moins surprenante...

Revenons-en au film. Il présente le destin parallèle de plusieurs personnalités hors-norme :

- Robert Redford y incarne le professeur Stephen Malley, un enseignant idéaliste et contestataire dans une université de la côte Ouest. Au cours du film, il tente de convaincre l'un de ses étudiants les plus doués (Andrew Garfield), de prendre sa vie en main alors que ce dernier a plutôt tendance à se laisser vivre et à ne pas "en ficher une rame"; 

- Tom Cruise incarne un jeune sénateur républicain ambitieux (Jasper Irving) aux dents si longues qu'’elles en rayent l'’épaisse moquette de son bureau ;

- Meryl Streep (Janine Roth) est une journaliste de haut vol qui a aussi été engagée à gauche mais qui, depuis le rachat de sa chaîne par une chaîne commerciale, s'’est « rangée » et ne fait plus de journalisme d’investigation;

- Les deux derniers personnages importants du film sont deux anciens étudiants du professeur Malley, un black et un hispano. Ils se sont engagés volontairement dans les troupes d'’intervention en Afghanistan et ils y laisseront leur peau dans des conditions dramatiques.

Le professeur Malley, homme de gauche, profondément convaincu que la guerre en Afghanistan est une monumentale erreur, se sent paradoxalement responsable de leur mort car, au travers de son enseignement,  il a défendu l'engagement personnel. Comme il ne voudrait pas que cela arrive à son nouvel étudiant, incarné par l'acteur Andrew Garfield, il le convoque pour essayer de le convaincre de ne pas s'engager dans l'armée. Mais la fin du film nous laisse plutôt penser que c'est le contraire qui se passera en fin de compte.

Le montage du film est tout à fait particulier. En effet, les personnages sont filmés indépendamment les uns des autres et ne savent pas ce que les autres pensent ou vont faire. Seul le spectateur a les cartes en main et le recul nécessaire pour juger, sauf à la fin où, brusquement, on les lui retire, lui laissant à penser qu'il s'est totalement fourvoyé.   

Voilà pourquoi Lions et agneaux est un film dérangeant et qui ébranle les certitudes que l'on a (ou que l'on croit avoir). J'en suis ressorti un peu interloqué car, visiblement, s’il est un pamphlet  contre la politique sécuritaire de Bush en Irak, en Afghanistan et en Iran, le film pose avant tout le problème de l’engagement personnel et de la remise en question de chacun.

Les acteurs

Si les prestations de Redford et de Cruise sont en tout point à la hauteur de ce qu'on attend d'eux, je suis un peu resté sur ma faim quant à celle de Meryl Streep, que j’avais trouvée autrement plus convaincante dans Out of Africa ou dans le magnifique Sur la route de Madison. Dans ce film, elle est en retrait, comme éteinte, même si le rôle en fait un simple témoin manipulé consentant du sénateur. Tom Cruise qui, il faut le reconnaître, s'y connaît en manipulation, est si parfaitement dans son rôle qu'on se demande ce qu'a bien pu penser la Scientologie de ce film !
     
Quant au jeune Andrew Garfield, ce fut, pour moi, une révélation et je pense qu'’il ira loin. Je le lui souhaite en tout cas, car c'’est un acteur remarquable. 

Additif :

J'ai vu, depuis Lions et Agneaux, Andrew Garfield dans d'autres films : Boy A (2009), Never let me go et The social network (2010) et ma première impression envers son talent s'est confirmée. Je pense que, s'il trouve de bons scénarios, il ira loin.